Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Si jolie — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Si jolie
Chapitre 1
MARGAUX
— Voilà ! Je suis prête ! Vous pouvez commencer quand vous voudrez !
Margaux toise avec effronterie l'estrade encore vide. La petite blondinette jubile. Elle est très fière d'elle-même et ‘'gonflée à bloc'' à l'orée de cette nouvelle année universitaire.
Les étudiants qui devaient passer ou repasser des épreuves en septembre ont maintenant libéré la place. C'est le premier jour ; ce sont les premiers cours ; et pour Margaux, c'est aussi le premier petit pas sur le long chemin qui la conduira au ‘'graal ‘'dans une dizaine d'années.
Les étudiants qui devaient passer ou repasser des épreuves en septembre ont maintenant libéré la place. C'est le premier jour ; ce sont les premiers cours ; et pour Margaux, c'est aussi le premier petit pas sur le long chemin qui la conduira au ‘'graal ‘'dans une dizaine d'années.
Cette fois ça y est ! Elle y est !
Après avoir obtenu brillamment sa licence, elle va enfin pouvoir commencer ces études de médecine dont elle rêve depuis tant d'années. Elle a réussi à vaincre les derniers obstacles mais elle a bel et bien perdu deux années en licence de biologie au lieu de passer directement par l'année préparatoire.
Après avoir obtenu brillamment sa licence, elle va enfin pouvoir commencer ces études de médecine dont elle rêve depuis tant d'années. Elle a réussi à vaincre les derniers obstacles mais elle a bel et bien perdu deux années en licence de biologie au lieu de passer directement par l'année préparatoire.
Trop jeune ! Trop fragile ! Elle en a assez de cette étiquette qui lui colle à la peau ! Il est temps que ça s'arrête !
Depuis qu'elle a dix ans elle a décidé qu'elle serait un jour médecin. Elle repense à tous ces esprits chagrins, ces oiseaux de mauvaise augure qui l'ont mise en garde : ‘'Tu ne te rends pas compte ! Les études de médecine sont horrrrrriblement longues et terrrrrriblement difficiles ! Seuls les meilleurs et les plus résistants vont jusqu'au bout !''. Mais elle, elle sait qu'elle a tous les atouts en main pour réussir : elle est bûcheuse, intelligente, organisée et, par-dessus tout, extrêmement motivée. Et puis, elle a toujours fait partie des meilleurs. Alors, si elle n'est pas capable de réussir, qui d'autre en sera capable ?
Depuis qu'elle a dix ans elle a décidé qu'elle serait un jour médecin. Elle repense à tous ces esprits chagrins, ces oiseaux de mauvaise augure qui l'ont mise en garde : ‘'Tu ne te rends pas compte ! Les études de médecine sont horrrrrriblement longues et terrrrrriblement difficiles ! Seuls les meilleurs et les plus résistants vont jusqu'au bout !''. Mais elle, elle sait qu'elle a tous les atouts en main pour réussir : elle est bûcheuse, intelligente, organisée et, par-dessus tout, extrêmement motivée. Et puis, elle a toujours fait partie des meilleurs. Alors, si elle n'est pas capable de réussir, qui d'autre en sera capable ?
Elle a eu suffisamment de mal à en convaincre ses parents qui doutent de sa capacité à aller jusqu'au bout d'études aussi lourdes et ont longtemps hésité devant le coût que cela va représenter pour eux.
En fait, c'est son père, le problème. C'est lui qui a toujours pris les décisions concernant sa fille et, il faut bien le dire, concernant tous les aspects de la vie de sa famille. Sa famille ! son épouse ! sa fille !Elles lui appartiennent, apparemment.
Lui, il se serait volontiers contenté d'une licence pour Margaux. C'est bien une licence pour une fille ! Une licence, ça permet de trouver facilement un mari ; un mari qui n'aura pas peur d'avoir une femme plus diplômée que lui ; et qui plaira à papa, naturellement !
Elle a réussi à vaincre ses réticences en lui présentant un plan financier comportant une solution économique pour son logement et une participation au financement à base de stages d'étés et de petits boulots. Il a accepté du bout des lèvres, mais il a accepté. A elle de lui prouver qu'ils n'a pas eu tort.
Le prix à payer a été de s'exiler à Clermont-Ferrand à plusieurs milliers de kilomètres de ses parents dans une ville où elle ne connait personne en dehors d'une grand-tante qu'elle connait à peine mais qui a accepté de lui faire profiter gratuitement d'un chambre de bonne dans sa villa. Enfin ! pour un exil, Clermont-Ferrand est loin d'être ce qu'il y a de pire. La région est belle, même si avec ses études elle n'aura pas vraiment l'occasion de faire du tourisme ; la ville est animée et l'ambiance est sympa.
Elle a dû ramer pour venir s'installer à Clermont-Ferrand et pour s'inscrire à la faculté de médecine. Un parcours scolaire impeccable, des parents à l'autre bout du monde et le fait qu'elle ait de la famille pour la loger n'ont pas été de trop pour convaincre le rectorat mais il lui a fallu se débrouiller toute seule pour emporter la décision. Ses parents, déjà partis pour Nouméa depuis deux mois , ne lui ont étés d'aucune aide. Elle soupçonne d'ailleurs son père d'avoir fait exprès de la laisser se débrouiller toute seule dans l'espoir qu'elle se ‘'plante'' et les rejoigne , penaude et découragée, en nouvelle Calédonie pour s'y trouver un mari parmi les officiers célibataires ; un mari qui saura d'occuper d'elle.
Eh bien, cette fois tout est prêt. Elle ne s'est pas ‘'plantée''. Il ne lui reste plus qu'à déposer au secrétariat une dernière attestation qui lui est parvenue un peu tard et à aller s'acheter ses premiers tickets restaurants ce qui lui permettra enfin de manger normalement. Des broutilles !
Elle a tout préparé pour profiter le mieux possible du cours qui va bientôt débuter. Installée dans les tout premiers rangs des gradins du grand amphi, elle entendra parfaitement le cours et pourra en saisir le compte-rendu sur sa tablette sans être perturbée par le brouhaha de la salle. Pour plus de sécurité, elle a aussi l'intention d'enregistrer l'intégralité du cours sur son enregistreur mp3. Enfin, au cas où il y aurait un problème, elle a pris un bloc et un stylo à bille quatre couleurs. Il ne manque pas un bouton de guêtres, comme dirait son père.
— Bon ! Il arrive ou pas ? On est là, Monsieur le professeur ! On est là ! On n'attend plus que vous, Monsieur le professeur ! … Il doit être timide. C'est ça ! C'est moi qui dois l'intimider. …
— …
— Bonjour !
— (Quoi, encore !)
— …
— Bonjour !
— (Quoi, encore !)
CLAIRE
Margaux tourna la tête un peu agacée, se demandant si l'importun où plutôt l'importune s'adressait à elle car elle ne connaissait encore personne. En tout cas, ça n'était pas le moment de bavarder. Elle leva les yeux et vit une fille au visage de madone qui la regardait en souriant aimablement. Grande et bien faite, les cheveux châtain foncé, mi longs, sagement ramenés en arrière à l'aide d'un serre-tête, de grands yeux gris-bleu, un nez droit et une bouche pulpeuse : elle était très jolie.
Charmée par l'attitude souriante de son interlocutrice, Margaux lui sourit à son tour.
Charmée par l'attitude souriante de son interlocutrice, Margaux lui sourit à son tour.
— Bonjour !
— J'espère que je ne te dérange pas, mais je me demandais si la place à côté de la tienne est libre et si tu permets que je m'y installe.
— J'espère que je ne te dérange pas, mais je me demandais si la place à côté de la tienne est libre et si tu permets que je m'y installe.
Margaux, un peu étonnée, regarda autour d'elle. Il restait encore plusieurs places un peu plus loin sur sa rangée et celle de devant était quasiment vide. Elle fut tentée, un instant, de le faire remarquer à son interlocutrice mais cette dernière lui souriait si gentiment qu'elle y renonça. Elle ne s'exprimait pas du ton condescendant qu'employaient la plupart des gens avec Margaux à cause de son physique d'adolescente. Pourtant elle faisait sûrement partie de cette catégorie de nanas qui traînent derrière elles une véritable cour de chevaliers servants et suscitent la haine de la concurrence. Elle avait l'air d'avoir vraiment envie de s'asseoir à côté d'elle et, en outre, elle sentait bon. Du coup, elle se sentit plutôt flattée de l'intérêt qu'elle semblait susciter chez cette ‘'star'' des amphis. Elle aurait même été déçue de la voir changer d'avis et décider finalement d'aller s'asseoir plus loin.
Elle se déplaça donc un peu sur sa droite pour lui faire de la place en lui adressant de nouveau un grand sourire.
— Bien sûr ! Personne n'occupe cette place et je ne crois pas qu'elle soit réservée. De toute façon tu as autant le droit de t'y installer que n'importe qui d'autre. Après tout, ce n'est pas comme au théâtre… encore que…
— Encore que…, comme tu dis. En tout cas, merci beaucoup ! Tu es gentille.
— Encore que…, comme tu dis. En tout cas, merci beaucoup ! Tu es gentille.
La grande fille au visage de madone s'installa à sa gauche et déballa rapidement ses propres affaires. Elles constatèrent qu'elles avaient à peu près le même matériel à la marque près et se sourirent de nouveau. Elles n'eurent cependant pas le loisir d'entamer la conversation car le professeur arriva et commença le cours sans aucune entrée en matière. Les deux jeunes filles se concentrèrent immédiatement et commencèrent à écrire frénétiquement sur leurs tablettes. Margaux bénit la bonne idée qu'elle avait eue d'apprendre la sténographie et d'enregistrer le cours car celui-ci n'était pas filmé et le professeur allait à toute vitesse. Ce professeur était sûrement très compétent mais certainement pas pédagogue. Ou alors, il faisait partie de ces enseignants chercheurs qui ne s'intéressent qu'à la partie recherche de leur profession, la transmission du savoir n'étant à leurs yeux qu'une obligation purement alimentaire.
D'autre part, il avait commencé son exposé avec un bon quart d'heure de retard et désirait manifestement rattraper le temps perdu (Super ! on va avoir droit à une arrivée au sprint !). Sa voisine n'avait pas l'air d'être aussi à l'aise qu'elle pour la saisie sur tablette ; elle ne semblait pas connaître la sténographie. Elle aurait davantage besoin de l'enregistreur mp3.
Le cours dura deux heures et lorsqu'il prit fin, il était vraiment temps pour tout le monde qu'il se termine. Les étudiants se levèrent un peu sonnés et plièrent leurs affaires avant de se diriger d'un pas hésitant vers la sortie. La voisine de Margaux ramassa ses affaires d'un air dépité.
— Je crois qu'il va falloir que je m'habitue à ce rythme sinon je vais devoir me coucher très tard le soir pour reprendre tout ça.
Puis elle sourit et rajouta avec humour.
— Allons ! Haut les cœurs ! La victoire est au bout du chemin !
Margaux se préparait à entamer la conversation avec cette fille aussi sympathique que belle lorsqu'elle s'aperçut qu'il était déjà onze heures trente.
— Merde !
Sa voisine sursauta, perdit son sourire et balbutia.
— Pardonne-moi. Je ne voulais pas te déranger.
— Non ! Pas toi ! Je dois passer d'urgence aux services administratifs qui ferment à midi et, en plus, je n'ai pas encore pu acheter mes tickets restaurant. Je sens que je vais encore devoir me contenter d'un sandwich.
— Attends ! Je vais te passer un ticket. Tu me le rendras plus tard.
— Non ! Pas toi ! Je dois passer d'urgence aux services administratifs qui ferment à midi et, en plus, je n'ai pas encore pu acheter mes tickets restaurant. Je sens que je vais encore devoir me contenter d'un sandwich.
— Attends ! Je vais te passer un ticket. Tu me le rendras plus tard.
Margaux la regarda un peu surprise car elles ne se connaissaient même pas. Mais la fille lui souriait d'un air si engageant en lui tendant son ticket qu'elle accepta avec simplicité.
— Merci beaucoup ! Tu es super gentille. Je te le revaudrai.
— Ce n'est rien. Dépêche-toi d'y aller !
— Ce n'est rien. Dépêche-toi d'y aller !
Elle se précipita vers la sortie en se faufilant au milieu de la cohue puis, une fois dehors, trottina le plus rapidement qu'elle put en direction du bâtiment administratif malgré sa sacoche qui, se balançant au bout de son bras, lui cognait périodiquement la jambe droite. Elle arriva complètement essoufflée et en boitillant et elle chercha le bureau auquel s'adresser. Elle perdit naturellement du temps à le trouver pour finalement constater qu'une file d'attente conséquente attendait déjà devant le guichet. Comme elle n'avait pas le choix, elle attendit comme tout le monde tout en maudissant intérieurement les personnes qui se trouvaient devant elle dans la file et l'employé qui n'avait pas l'air de se presser.
Pendant qu'elle patientait, elle repensa à la grande fille qui voulait absolument s'asseoir à côté d'elle alors qu'il y avait de la place ailleurs. Finalement, elle ne semblait pas avoir le profil d'une ‘'star'' car elle n'avait pas l'air d'être si sûre d'elle que ça. Elle avait déjà connu des filles comme ça; des filles un peu trop grandes pour se sentir à l'aise dans leur corps. Elle devait être plutôt timide et voulait certainement se mettre à côté de quelqu'un qui n'était pas intimidant. Elle était d'ailleurs bien tombée car si quelqu'un savait mettre les autres à l'aise, c'était bien Margaux.
Naturellement, juste au moment où c'était son tour de passer, l'employé qui était au guichet annonça tranquillement et conformément à la loi dite de l'emm … quiquinement maximum qu'il était midi et que les bureaux étaient fermés jusqu'à quatorze heures. Elle fit alors ce qu'elle faisait d'ordinaire dans ces cas-là : elle commença par un sourire ensorcelant puis, voyant que cela ne suffisait pas, passa aux larmes, technique qu'elle maîtrisait parfaitement. Elle réussit à attendrir le guichetier qui accepta de faire une exception pour elle. Lorsque tout fut terminé, elle le remercia chaleureusement en lui dédiant de nouveau un sourire ravageur et en essuyant une larme imaginaire. On ne savait jamais, elle pouvait avoir encore besoin de ses services. Elle quitta le bureau en tortillant triomphalement du popotin et en ignorant superbement le troupeau des étudiants qui étaient restés à attendre derrière elle et que le guichetier éconduisait. A chacun ses problèmes ; et ses solutions !
Elle se dirigea ensuite vers le restaurant universitaire qui se trouvait à quelques centaines de mètres. Elle avait arrêté de tortiller son popotin mais continuait à boitiller. Elle avait sûrement un bleu là où sa sacoche n'avait pas cessé de cogner.
Naturellement, il y avait aussi la queue pour manger mais cette fois, rien ne pressait. En tout cas, sa voisine d'amphi. avait été vraiment gentille car elle n'aurait jamais eu le temps d'aller acheter ses tickets de restaurant. Elle le lui revaudrait. En plus celle-ci avait l'air d'avoir un tempérament plutôt doux et pourrait peut-être faire une bonne copine.
Comme elle regardait autour d'elle en rêvassant, elle l'aperçut cinq ou six rangs devant elle. Elles étaient séparées par un groupe de garçons chahuteurs. Margaux l'aurait bien rejointe mais elle ne se voyait pas traverser le groupe de garçons. Elle avait horreur des mains baladeuses. Elle resta donc discrètement derrière eux.
Les deux garçons situés juste devant elle avaient remarqué l'autre fille et faisaient des commentaires plus ou moins salaces à son sujet.
— T'as vu cette paire de fesses ?
— Ouais ! ça a l'air super ferme. Si j'osais, j'irai bien tester.
— Oh ! Tu ne risques pas grand-chose ! Je connais bien ce genre de meuf. C'est le style grande bringue timide et complexée par sa taille. Elle n'oserait sûrement rien dire.
— Ouais ! ça a l'air super ferme. Si j'osais, j'irai bien tester.
— Oh ! Tu ne risques pas grand-chose ! Je connais bien ce genre de meuf. C'est le style grande bringue timide et complexée par sa taille. Elle n'oserait sûrement rien dire.
Le garçon semblait avoir lui aussi cerné le tempérament de la fille. Mais quel salaud tout de même !
— J'oserais jamais !
— Mais si ! Il suffit d'être discret et de faire un petit compliment au passage.
— Vas-y, toi, si tu l'oses !
— Tu vas voir !
— Mais si ! Il suffit d'être discret et de faire un petit compliment au passage.
— Vas-y, toi, si tu l'oses !
— Tu vas voir !
Le garçon se faufila au milieu de ses copains avec force clins d'œil et l'index devant les lèvres. Il alla se coller contre la fille puis, en lui chuchotant quelques mots à l'oreille, il lui posa la main sur une fesse.
Cela faisait maintenant au moins dix minutes que Claire faisait la queue pour pouvoir avaler la nourriture médiocre proposée par le ‘'R.U.''. Il était mal fichu ce self ! Trop lent !
D'accord ! c'était de sa faute. Si elle n'avait pas passé une demi-heure assise sur un banc à attendre en espérant que la petite blonde allait se décider à rejoindre la queue, elle aurait peut-être déjà fini de manger.
D'accord ! c'était de sa faute. Si elle n'avait pas passé une demi-heure assise sur un banc à attendre en espérant que la petite blonde allait se décider à rejoindre la queue, elle aurait peut-être déjà fini de manger.
Bon ! Pas la peine de s'énerver. Ca ne changerait rien, alors autant essayer de penser à autre chose. A quelque chose d'agréable, tant qu'à faire ; à Freddy peut-être ? Mais s'ils avaient passé quelques ‘'très, très bons moments'' ensemble, les souvenirs qu'elle en avait étaient totalement gâchés par leur rupture, même si celle-ci était en partie due à elle. Et puis, c'était un vrai con ; un très beau con, un assez bon amant, mais un con quand même ; un macho, un violent. Elle avait jugé qu'il valait mieux tout arrêter avant que cela finisse mal. Elle avait réussi à limiter la casse à une bousculade qui s'était limitée à une paire de baffes. Il était donc inutile de rêver que les choses auraient pu tourner autrement. Alors exit le Freddy !
Non ! autre chose ! Tiens ! la blondinette, puisque c'était à cause d'elle qu'elle avait poireauté une demi-heure pour rien. La jeune fille n'en revenait toujours pas. Dès qu'elle l'avait aperçue en pénétrant dans l'amphi, il lui avait paru évident qu'elle allait s'asseoir à côté d'elle. C'était comme si elle avait une sorte de droit ; une priorité. C'était sa place à elle et à personne d'autre. Sa réaction lui paraissait maintenant un peu puérile mais, heureusement, elle avait été bien accueillie. D'ailleurs, elle comptait bien remettre ça à la première occasion. Il fallait que ‘'bout de chou'' devienne son amie.
D'habitude, elle ne s'entendait pas avec les filles. Elle les trouvait trop compliquées et ridicules avec leurs petits rires et leurs chuchotements de demeurées à propos de cancans qui n'intéressaient qu'elles.
Mais cette fois elle sentait que ça pourrait être différent avec ‘'bout de chou''. Elle était littéralement fascinée par cette poupée blonde frisée comme un mouton avec un corps d'adolescente qui suivait avec passion un cours dispensé pourtant par un imbécile et maniait sa tablette avec une rapidité et une dextérité incroyables tout en tirant de temps en temps un bout de langue rose ou en fronçant un petit nez parsemé de taches de rousseur. Elle avait un charme enfantin qui faisait complètement craquer Claire : La petite sœur idéale !
Elle fut interrompue dans ses réflexions par une voix masculine qui lui chuchotait tendrement à l'oreille :
— Tu sais que tu es belle, toi ?
Cette remarque, oh combien !, intellectuelle, était accompagnée d'une main baladeuse qui s'était emparée d'une de ses fesses. Elle soupira.
— Encore un taré !
Elle se retourna et gratifia son admirateur d'une beigne monumentale, …PAFFF !... (Aie ! pourrait pas se raser, ce con ?), puis elle le toisa avec mépris.
— Je ne te conseille pas de recommencer, pauvre connard !
Margaux , ravie du spectacle ne put se retenir de ricaner.
— Perdu !
Au bout du compte, cette fille ne devait pas être si timide que ça.
Le garçon, qui l'avait entendue ricaner, se retourna vers elle, l'air furieux.
Le garçon, qui l'avait entendue ricaner, se retourna vers elle, l'air furieux.
— De quoi tu te mêles, toi ? tu es jalouse, c'est ça ?
— ( Zut ! J'aurais mieux fait de la fermer.), pensa Margaux.
— ( Zut ! J'aurais mieux fait de la fermer.), pensa Margaux.
Elle n'avait pas le sens de la répartie et n'avait pas un gabarit lui permettant de gifler un garçon en espérant déclencher autre chose qu'un éclat de rire général . En plus, elle risquait de se faire mal à la main. Mais ce fut l'autre fille qui vint à son secours.
Claire n'avait pas l'intention de laisser maltraiter ‘bout de chou'', sa future meilleure amie.
Claire n'avait pas l'intention de laisser maltraiter ‘bout de chou'', sa future meilleure amie.
— Laisse la tranquille ou tu auras affaire à moi ! ( Oups ! Elle avait failli dire ‘'laisse bout de chou tranquille''.)
— Dis donc ce n'est pas ton problème ! C'est entre elle et moi. Ça ne te regarde pas !
— Dis donc ce n'est pas ton problème ! C'est entre elle et moi. Ça ne te regarde pas !
Le cerveau de Claire se mit à fonctionner à cent à l'heure. Elle ne pouvait pas dire ‘'C'est ma copine''. Cela déclencherait aussitôt rires et quolibets de la part des mâles présents. Alors elle répondit la première chose qui lui vint à l'esprit.
— Ça me regarde parce que… c'est ma cousine ! et que… j'en suis responsable ! (Mouais ! pas terrible mais faudra faire avec.)
Elle regarda Margaux droit dans les yeux et lui intima d'un ton autoritaire :
— Viens près de moi… heu ! … Gwendoline ! (Décidément !)
Margaux ne comprit pas immédiatement que c'était elle, la Gwendoline en question mais la fille la regardait fixement. Elle s'adressait manifestement à elle. Elle s'apprêtait à la rejoindre lorsque le garçon qui s'était si rudement fait remettre à sa place protesta. Il affichait un air profondément vexé et une joue qui allait porter pendant plusieurs heures une superbe empreinte rouge en forme de main.
— A non alors ! A la queue comme tout le monde !(Il n'allait tout de même pas, en plus ! faire preuve de galanterie !).
— S'il n'y a que ça pour te consoler ! ironisa Claire qui vint se placer à côté de Margaux et lui posa une main protectrice sur l'épaule tout en secouant discrètement l'autre main, celle qui lui avait servi à exprimer ses réticences à son admirateur qui se prenait pour barbidur le fils de barbapapa poilu comme un hérisson.
— On va reculer un petit peu dans la file. Comme ça, ils nous ficheront la paix.
— S'il n'y a que ça pour te consoler ! ironisa Claire qui vint se placer à côté de Margaux et lui posa une main protectrice sur l'épaule tout en secouant discrètement l'autre main, celle qui lui avait servi à exprimer ses réticences à son admirateur qui se prenait pour barbidur le fils de barbapapa poilu comme un hérisson.
— On va reculer un petit peu dans la file. Comme ça, ils nous ficheront la paix.
Claire entama ensuite la conversation comme si elles se connaissaient depuis longtemps.
— Alors ma puce ? Tu as pu régler ton problème administratif ?
Un peu dépassée par les événements mais complètement séduite, Margaux se mit au diapason et elles commencèrent à bavarder avec animation pendant que la file des étudiants affamés avançait dans le self. Au moment de prendre son plateau, Margaux, encombrée par sa sacoche, faillit tout faire tomber. Sa nouvelle amie avait dû trouver un endroit où ranger la sienne car elle n'avait visiblement pas le même problème. Elle prit d'autorité la sacoche de Margaux et la coinça sous son bras gauche. Quand elle se servait, elle n'utilisait que sa main droite ou bien posait la sacoche sur le chemin de plateaux le temps de se servir. Margaux pensa, confuse, qu'elle aurait pu y penser elle-même. Elle essaya de récupérer sa sacoche mais la jeune fille qui en avait pris possession n'avait manifestement pas l'intention de la lui rendre.
Elles réussirent à trouver deux places libres côte à côte et s'y installèrent.
Elles réussirent à trouver deux places libres côte à côte et s'y installèrent.
— A propos, dit tout bas la fille, moi c'est Claire.
— Moi c'est Gwendoline, répondit Margaux du tac au tac, mais, figure-toi que je ne m'en souvenais plus. D'ailleurs je ne me souvenais plus que j'avais une cousine qui était responsable de moi.
— Et comment tu croyais que tu t'appelais ?
— Moi, j'étais persuadée que je m'appelais Margaux. Bizarre non ?
— Margaux comment ?
— Margaux Chastelain ; ‘'a i n'' à la fin.
— Moi, c'est Claire Lefront ; en un seul mot. Eh bien, si ça te fait plaisir, quand nous serons seules je veux bien t'appeler Margaux. Mais , à la fac, tu seras Gwendoline ma cousine.
— Moi c'est Gwendoline, répondit Margaux du tac au tac, mais, figure-toi que je ne m'en souvenais plus. D'ailleurs je ne me souvenais plus que j'avais une cousine qui était responsable de moi.
— Et comment tu croyais que tu t'appelais ?
— Moi, j'étais persuadée que je m'appelais Margaux. Bizarre non ?
— Margaux comment ?
— Margaux Chastelain ; ‘'a i n'' à la fin.
— Moi, c'est Claire Lefront ; en un seul mot. Eh bien, si ça te fait plaisir, quand nous serons seules je veux bien t'appeler Margaux. Mais , à la fac, tu seras Gwendoline ma cousine.
Margaux se mit à chantonner doucement sur un air de Chantal Goya ‘' Gwendoli ne, c'est ma cousi ne, Gwendoli ne, c'est ma copi ne.'' d'une voix de fausset puis elle remarqua :
— Tu risques de t'emmêler les pinceaux. Tu n'aurais pas dû raconter cette histoire.
— J'ai dit la première chose qui m'est venue à l'esprit. Et si je n'avais pas dit que tu étais ma cousine, on passerait déjà pour deux lesbiennes. Tant pis, je suis désolée, c'est de ma faute.
— Pas du tout ! Si j'avais fermé mon clapet, çà ne serait pas arrivé. Mais j'étais trop contente de ta réaction. Figure-toi que l'imbécile que tu as giflé avait parié que tu n'oserais rien dire.
— Le genre de gros con pour qui une fille est soit une 'pute', soit une 'gouine' soit encore une 'conne' ou alors un 'boudin'. Moi, j'ai dû passer du statut de conne à celui de gouine.
— Probablement.
— Heureusement qu'ils ne sont pas tous comme ça. Tu es d'ici ?
— Non. J'ai eu ma licence à Strasbourg.
— Tu es passée par la licence ?
— Oui. Je suis bac plus 3.
— Mais tu as quel âge ?
— Ben, j'aurai vingt et un ans en décembre.
— C'est bizarre, moi je les ai en janvier alors que je suis passée par l'année préparatoire. Je suis seulement bac plus un. Pourtant je n'ai pas de retard.
— C'est parce que j'avais un an d'avance. Ça et le fait que je suis de la fin de l'année ça fait que j'ai eu mon bac deux ans avant toi. Tu m'as rattrapée en faisant directement l'année préparatoire au lieu de passer par la licence.
— Et pourquoi tu n'as pas continué à Strasbourg au lieu de venir à Clermont-Ferrand ?
— Disons que c'est pour des raisons familiales. Je vais essayer de faire court. Mon père est colonel dans l'armée de terre tandis que ma mère est femme au foyer. Je suis fille unique. Comme mon père a une nouvelle affectation à peu près tous les trois ans, ma scolarité s'est déroulée dans de nombreuses écoles, privées la plupart du temps, un peu partout en métropole et dans les dom tom. J'ai eu mon bac en région parisienne et ma licence à Strasbourg, simplement parce que nous y habitions à ce moment-là. Mon père a été muté en Nouvelle Calédonie et il m'a fallu trouver une fac de médecine. J'avais des contraintes budgétaires car mes parents n'étaient pas favorables à mon projet d'être médecin à cause du coût et de la difficulté.
— J'ai dit la première chose qui m'est venue à l'esprit. Et si je n'avais pas dit que tu étais ma cousine, on passerait déjà pour deux lesbiennes. Tant pis, je suis désolée, c'est de ma faute.
— Pas du tout ! Si j'avais fermé mon clapet, çà ne serait pas arrivé. Mais j'étais trop contente de ta réaction. Figure-toi que l'imbécile que tu as giflé avait parié que tu n'oserais rien dire.
— Le genre de gros con pour qui une fille est soit une 'pute', soit une 'gouine' soit encore une 'conne' ou alors un 'boudin'. Moi, j'ai dû passer du statut de conne à celui de gouine.
— Probablement.
— Heureusement qu'ils ne sont pas tous comme ça. Tu es d'ici ?
— Non. J'ai eu ma licence à Strasbourg.
— Tu es passée par la licence ?
— Oui. Je suis bac plus 3.
— Mais tu as quel âge ?
— Ben, j'aurai vingt et un ans en décembre.
— C'est bizarre, moi je les ai en janvier alors que je suis passée par l'année préparatoire. Je suis seulement bac plus un. Pourtant je n'ai pas de retard.
— C'est parce que j'avais un an d'avance. Ça et le fait que je suis de la fin de l'année ça fait que j'ai eu mon bac deux ans avant toi. Tu m'as rattrapée en faisant directement l'année préparatoire au lieu de passer par la licence.
— Et pourquoi tu n'as pas continué à Strasbourg au lieu de venir à Clermont-Ferrand ?
— Disons que c'est pour des raisons familiales. Je vais essayer de faire court. Mon père est colonel dans l'armée de terre tandis que ma mère est femme au foyer. Je suis fille unique. Comme mon père a une nouvelle affectation à peu près tous les trois ans, ma scolarité s'est déroulée dans de nombreuses écoles, privées la plupart du temps, un peu partout en métropole et dans les dom tom. J'ai eu mon bac en région parisienne et ma licence à Strasbourg, simplement parce que nous y habitions à ce moment-là. Mon père a été muté en Nouvelle Calédonie et il m'a fallu trouver une fac de médecine. J'avais des contraintes budgétaires car mes parents n'étaient pas favorables à mon projet d'être médecin à cause du coût et de la difficulté.
Elle finit son assiette de poisson et de riz et regarda l'assiette vide d'un air consterné.
— Tu crois que je peux aller demander du rab de riz ?
— Ça m'étonnerait. Le service est fini. On va bientôt se faire virer. La prochaine fois, quand on te servira, tu fais ton plus joli sourire et tu leur demande de t'en donner plus. Les jolis sourires, ça doit te connaitre, non ?
— Oui, je fais ça assez bien ; ça et les larmes.
— Oh ! la coquine !
— C'est quand-même mieux qu'une beigne, non ?
— Un à un, balle au centre.
— Où j'en étais déjà ? ah oui ! J'ai trouvé une solution à Clermont-Ferrand grâce à une grand-tante qui a accepté de mettre à ma disposition gratuitement une chambre de bonne dans sa villa. Comme ma grand-tante n'a que soixante-quinze ans et jouit d'une excellente santé, cette solution m'a paru pérenne sur le plan financier. De toutes façons, je n'avais pas d'autres choix pour me loger. Mes parents payent les frais d'inscription et de mutuelle étudiante et me versent mensuellement une somme qui couvre la nourriture, les transports et l'entretien courant à condition de faire attention. Je me suis engagée à trouver moi-même les ressources nécessaires pour les dépenses liées à mes études proprement dites comme des livres et les polycop par exemple. Ça n'est pas gagné mais c'est à moi d'assumer les conséquences de mon choix.
— Ton logement est correct ?
— C'est une simple chambre de bonne mais j'ai une douche et un lavabo, une chaise, une table une commode et un grand placard. Il y a le chauffage central. Le principal défaut c'est que c'est un peu excentré. Et puis je n'ai pas le wifi. Et toi ? Tu es d'ici ?
— Oui, je suis auvergnate ; de l'Allier pour être précise. J'ai honte de le dire mais les choses sont beaucoup plus faciles pour moi que pour toi. Mes parents sont tous les deux médecins à Montluçon. Ils sont ravis que je fasse des études de médecine et me fournissent tous les moyens matériels pour qu'elles se déroulent au mieux.
— Tu n'as pas de raisons d'avoir honte. Tu n'es pas responsable de ma situation. De toute façon, je suis tellement contente de pouvoir faire des études de médecine que je suis prête à accepter tous les sacrifices pour réaliser mon rêve de toujours. Je me suis toujours vue dans la peau d'un médecin.
— Ça m'étonnerait. Le service est fini. On va bientôt se faire virer. La prochaine fois, quand on te servira, tu fais ton plus joli sourire et tu leur demande de t'en donner plus. Les jolis sourires, ça doit te connaitre, non ?
— Oui, je fais ça assez bien ; ça et les larmes.
— Oh ! la coquine !
— C'est quand-même mieux qu'une beigne, non ?
— Un à un, balle au centre.
— Où j'en étais déjà ? ah oui ! J'ai trouvé une solution à Clermont-Ferrand grâce à une grand-tante qui a accepté de mettre à ma disposition gratuitement une chambre de bonne dans sa villa. Comme ma grand-tante n'a que soixante-quinze ans et jouit d'une excellente santé, cette solution m'a paru pérenne sur le plan financier. De toutes façons, je n'avais pas d'autres choix pour me loger. Mes parents payent les frais d'inscription et de mutuelle étudiante et me versent mensuellement une somme qui couvre la nourriture, les transports et l'entretien courant à condition de faire attention. Je me suis engagée à trouver moi-même les ressources nécessaires pour les dépenses liées à mes études proprement dites comme des livres et les polycop par exemple. Ça n'est pas gagné mais c'est à moi d'assumer les conséquences de mon choix.
— Ton logement est correct ?
— C'est une simple chambre de bonne mais j'ai une douche et un lavabo, une chaise, une table une commode et un grand placard. Il y a le chauffage central. Le principal défaut c'est que c'est un peu excentré. Et puis je n'ai pas le wifi. Et toi ? Tu es d'ici ?
— Oui, je suis auvergnate ; de l'Allier pour être précise. J'ai honte de le dire mais les choses sont beaucoup plus faciles pour moi que pour toi. Mes parents sont tous les deux médecins à Montluçon. Ils sont ravis que je fasse des études de médecine et me fournissent tous les moyens matériels pour qu'elles se déroulent au mieux.
— Tu n'as pas de raisons d'avoir honte. Tu n'es pas responsable de ma situation. De toute façon, je suis tellement contente de pouvoir faire des études de médecine que je suis prête à accepter tous les sacrifices pour réaliser mon rêve de toujours. Je me suis toujours vue dans la peau d'un médecin.
Margaux, pensive, regarda Claire.
— Du coup, tu n'as pas dû beaucoup voyager.
— Ben non, à part pendant les vacances.
— Vous alliez loin ?
— Au début, non. Mes parents prenaient peu de congés et nous on allait à Vichy dans la famille de papa. Quand j'ai eu dix ans, ils ont commencé à nous amener faire du ski dans les Pyrénées et l'été on allait dans des villages de vacances sur la côte d'azur ou dans des iles. Maintenant, ils se payent une croisière chaque année mais, moi je ne viens plus avec eux.
— Pourquoi ?
— Passer quinze jours aux Seychelles, c'est bien sympa mais avec les parents ça gâche un peu.
— Je vois.
— Et toi, tes vacances, c'était où ?
— Quand on était en métropole, c'était des résidences de vacances de l'armée. Sympas quand on est petit, mais un peu… spartiates. Quand on était dans les Dom Tom, on restait sur place, tu penses bien !
— Ben non, à part pendant les vacances.
— Vous alliez loin ?
— Au début, non. Mes parents prenaient peu de congés et nous on allait à Vichy dans la famille de papa. Quand j'ai eu dix ans, ils ont commencé à nous amener faire du ski dans les Pyrénées et l'été on allait dans des villages de vacances sur la côte d'azur ou dans des iles. Maintenant, ils se payent une croisière chaque année mais, moi je ne viens plus avec eux.
— Pourquoi ?
— Passer quinze jours aux Seychelles, c'est bien sympa mais avec les parents ça gâche un peu.
— Je vois.
— Et toi, tes vacances, c'était où ?
— Quand on était en métropole, c'était des résidences de vacances de l'armée. Sympas quand on est petit, mais un peu… spartiates. Quand on était dans les Dom Tom, on restait sur place, tu penses bien !
Après avoir terminé leur repas, elles seraient bien restées discuter mais il fallait vider les lieux ce que leur fit remarquer fort peu aimablement un employé en leur montrant l'horloge qui marquait treize heures. Claire empila les deux plateaux et alla les poser sur le tapis roulant prévu à cet effet tandis que Margaux l'attendait à la sortie après avoir récupéré sa sacoche .
— Tu comptes travailler avant le prochain cours ? Demanda Claire.
— Aujourd'hui, c'est le premier jour alors je voudrais profiter un peu du soleil.
— Dans ce cas, on va ranger ta sacoche avec la mienne. On ira les récupérer juste avant le cours pour 14 heures.
— Ou l'as-tu mise, la tienne ?
— Dans le coffre de ma FIAT.
— Tu as une voiture ?
— Oui. Une petite FIAT 500. Je t'ai dit que j'étais une petite gâtée.
— Aujourd'hui, c'est le premier jour alors je voudrais profiter un peu du soleil.
— Dans ce cas, on va ranger ta sacoche avec la mienne. On ira les récupérer juste avant le cours pour 14 heures.
— Ou l'as-tu mise, la tienne ?
— Dans le coffre de ma FIAT.
— Tu as une voiture ?
— Oui. Une petite FIAT 500. Je t'ai dit que j'étais une petite gâtée.
Margaux examina sa nouvelle amie d'un œil critique.
— Tu veux dire une grande gâtée, plutôt !
— Ah bon ? Tu avais remarqué ?
— Ah bon ? Tu avais remarqué ?
Elles se dirigèrent vers le parking situé à l'extrémité de l'allée centrale en dérangeant au passage les pigeons et les moineaux qui prenaient, eux aussi leur repas de midi. Il consistait pour l'essentiel en miettes de pains fournies gracieusement par les étudiants malgré les nombreuses affichettes demandant de ne pas nourrir les animaux.
Quand elles arrivèrent à la petite FIAT blanche, Margaux la contempla avec envie.
Quand elles arrivèrent à la petite FIAT blanche, Margaux la contempla avec envie.
— Qu'est-ce que j'aimerais en avoir une comme ça ! Quelle chance tu as ! Elle est trop mignonne !
— Ta tante en a une ?
— Elle a une grosse Mercedes.
— Elle te la prête ?
— Encore faudrait-il que j'aie mon permis. Pour me le payer, je ne peux compter que sur les petits boulots et les stages rémunérés ou emplois d'été. Mais ma priorité ce sont les livres.
— Tu es très portée sur les livres ?
— Je considère que c'est un investissement. Quand je serai médecin, j'aurai une bibliothèque pleine de livres de médecine.
— Tu vois grand et loin !
— Je ne fais jamais les choses à moitié.
— Eh bien je t'admire beaucoup !
— À propos, pour mon prénom, on n'aura qu'à dire que je m'appelle Margaux mais que quand nous étions gamines, tu t'amusais à m'appeler Gwendoline et que tu m'appelles encore de temps en temps comme ça pour rigoler.
— Pas bête ! Au fait, pourquoi tu boites ?
— Une sacoche malveillante.
— Ah ?
— Oui, bon !
— Ta tante en a une ?
— Elle a une grosse Mercedes.
— Elle te la prête ?
— Encore faudrait-il que j'aie mon permis. Pour me le payer, je ne peux compter que sur les petits boulots et les stages rémunérés ou emplois d'été. Mais ma priorité ce sont les livres.
— Tu es très portée sur les livres ?
— Je considère que c'est un investissement. Quand je serai médecin, j'aurai une bibliothèque pleine de livres de médecine.
— Tu vois grand et loin !
— Je ne fais jamais les choses à moitié.
— Eh bien je t'admire beaucoup !
— À propos, pour mon prénom, on n'aura qu'à dire que je m'appelle Margaux mais que quand nous étions gamines, tu t'amusais à m'appeler Gwendoline et que tu m'appelles encore de temps en temps comme ça pour rigoler.
— Pas bête ! Au fait, pourquoi tu boites ?
— Une sacoche malveillante.
— Ah ?
— Oui, bon !
Le cours de l'après-midi était de nouveau un cours de deux heures en amphi. Les deux nouvelles copines se mirent naturellement à côté l'une de l'autre au premier rang. Margaux était ravie. Claire était adorable. Elle parlait toujours d'une voix douce et amicale et n'exprimait que des pensées positives. Elles allaient sûrement devenir de très bonnes amies.
A 16 heures, en sortant du cours, elles bavardèrent un petit quart d'heure avant de se séparer. Claire retournait chez elle tandis que Margaux restait à la fac pour s'acheter ses tickets pour le restaurant. Elle rejoignit ensuite la bibliothèque pour y travailler en attendant le repas du soir. La bibliothèque possédant le wifi, elle avait une solution pour faire des recherches sur le net et pour échanger des mails avec ses parents.
Sitôt arrivée devant chez elle, Claire gara sa voiture à sa place habituelle sous l'immeuble et rejoignit le petit appartement chaleureux et confortablement aménagé mis à sa disposition par ses parents. Elle se mit tout de suite en pyjama avant de s'installer devant la table du séjour et de commencer à travailler. Elle savait qu'elle allait passer plusieurs heures à reprendre le contenu des deux cours qu'elle avait suivis ce premier jour mais ça ne lui faisait pas peur. Elle avait toujours fait comme ça et de toutes façons, on ne pouvait pas réussir les études de médecine en mégotant sur le temps à leur consacrer. Elle ne prit même pas la peine de s'interrompre pour manger, se contentant d'un morceau de pain, d'un bout de fromage et de deux pommes. Elle s'interrompit vers vingt-trois heures ce qui lui permettrait d'avoir ses huit heures de sommeil quotidiennes. Elle aurait pu continuer à travailler plus longtemps mais il fallait être raisonnable.
*****
Margaux mangea tôt et partit retrouver sa chambre de bonne heure. Entre le tram, le bus et la marche à pied, elle avait à peu près une heure de trajet. Ça lui faisait deux bonnes heures de perdues chaque jour sans compter les temps d'attente à l'arrêt du bus. Il ne s'agissait pas d'en rater un le matin ou tard le soir. Ce n'était pas l'idéal mais il faudrait bien faire avec. Il lui faudrait peut-être zapper le restaurant le soir et se contenter d'un sandwich et d'un fruit. Elle y fut encouragée par la bonne surprise qu'elle eut en retrouvant sa chambre. Pendant son absence sa tante Alice avait fait installer un petit réfrigérateur sur lequel était posée une plaque chauffante. Il était surmonté d'un placard de rangement mural. Ce dernier contenait un verre, une assiette, quelques couverts, une bouilloire et une petite casserole ; du thé, du café et un paquet de biscottes.
Elle eut le plaisir de constater que le réfrigérateur contenait une bouteille de lait, quelques fruits et un sachet de jambon. Un petit mot était posé sur le réfrigérateur :
—Je suis très occupée chaque jour et nous n'aurons pas souvent l'occasion de nous voir mais si tu as besoin de quelque chose, n'hésite surtout pas à me laisser un petit mot dans ma boîte aux lettres. J'ai d'ailleurs mis ton nom dessus pour que tu puisses t'y faire envoyer ton propre courrier. La clé à côté de ce mot est la clé de la boîte aux lettres.”.
Margaux avait entamé cette première journée avec allant et celle-ci se terminait encore mieux que prévu.
Premièrement l'organisation, qu'elle avait adoptée pour suivre les cours, jointe à sa formation en sténographie avait parfaitement fonctionné. Elle n'avait même pas besoin de retranscrire en français ce qu'elle avait saisi en sténo sur sa tablette puisque, si elle avait su l'écrire, elle était d'autant plus capable de le relire chaque fois qu'elle en aurait besoin. De plus, en cas de doute, elle disposait de l'enregistrement mp3.
Premièrement l'organisation, qu'elle avait adoptée pour suivre les cours, jointe à sa formation en sténographie avait parfaitement fonctionné. Elle n'avait même pas besoin de retranscrire en français ce qu'elle avait saisi en sténo sur sa tablette puisque, si elle avait su l'écrire, elle était d'autant plus capable de le relire chaque fois qu'elle en aurait besoin. De plus, en cas de doute, elle disposait de l'enregistrement mp3.
Deuxièmement le ''cadeau'' de tante Alice allait lui simplifier la vie car elle allait pouvoir manger chez elle le soir et le week-end ce qui, accessoirement, lui ferait faire des économies.
Troisièmement elle avait fait la connaissance de Claire. Si sur le plan matériel ça n'avait pas la même importance, ça en avait énormément sur le plan affectif. Claire était tout simplement adorable. Il fallait vraiment être un imbécile comme le garçon qu'elle avait giflé pour ne pas s'entendre avec elle. Margaux était convaincue qu'elle venait de se faire plus qu'une simple copine. C'était une amie qu'elle s'était faite ce jour-là.
Troisièmement elle avait fait la connaissance de Claire. Si sur le plan matériel ça n'avait pas la même importance, ça en avait énormément sur le plan affectif. Claire était tout simplement adorable. Il fallait vraiment être un imbécile comme le garçon qu'elle avait giflé pour ne pas s'entendre avec elle. Margaux était convaincue qu'elle venait de se faire plus qu'une simple copine. C'était une amie qu'elle s'était faite ce jour-là.
Jusqu'à présent elle n'avait eu que des copines car les fréquentes mutations professionnelles de son père ne lui avaient jamais permis des amitiés durables. Cette amitié, elle comptait bien l'approfondir. Elle avait devant elle sept à huit ans d'études et l'amitié qu'elle espérait tisser durerait au moins ce temps-là. Après, la vie les séparerait sans doute mais, le temps de ses études, elle aurait un contact affectif épanouissant que ni ses parents, toujours par monts et par vaux, ni tante Alice, très gentille mais peu présente, n'étaient en mesure de lui fournir.
Bref, une réussite totale ; un sans-faute. Elle décida de préparer un e-mail qu'elle enverrait le lendemain à ses parents depuis la bibliothèque : un e-mail triomphal pour leur montrer combien les choses se passaient bien et combien ils avaient eu raison d'accepter qu'elle fasse des études de médecine. Cela fait, elle se remit au travail. Elle réécouta encore une fois des parties des deux cours qu'elle avait suivis tout en relisant ses notes puis, vers onze heures, décida de se coucher.
Elle était éreintée et avait besoin de sommeil. Il allait falloir qu'elle arbitre entre besoin de sommeil et travail à fournir si elle voulait tenir le coup. En plus, la journée du lendemain promettait d'être lourde avec une heure de travaux pratiques et deux heures de cours magistral le matin et la même chose l'après-midi. Les deux heures de trajet chaque jour ne lui facilitaient pas les choses.
Apres avoir réglé l'alarme de son réveil pour six heures du matin, elle se déshabilla, fit un peu de toilette et gagna son lit où elle sombra immédiatement dans un profond sommeil.
—
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Commentaires ()
Super! Le rythme est leger comme l'esprit de Margaux
Belle envie de lire la suite!!