Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous la peau des silences — Chapitre 3 · 3 juste un café
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous la peau des silences
Chapitre 3 · 3 juste un café
Le claquement sec de la porte d'entrée avait quelque chose de rassurant. Chez lui. Enfin. Skygge défit lentement son veston, puis sa chemise, qu'il plia avec soin. Son costume trois-pièces attendrait demain. Ce soir, il avait besoin de silence, de murs familiers, et de la voix bourrue de son père.
Dans la cuisine, ça sentait le café tiède et la vieille lumière. Son père, fidèle au poste, l'attendait devant l'échiquier posé au centre de la table en bois massif. Deux verres. Une bouteille de vin rouge ouverte, presque vide. Un classique.
Dans la cuisine, ça sentait le café tiède et la vieille lumière. Son père, fidèle au poste, l'attendait devant l'échiquier posé au centre de la table en bois massif. Deux verres. Une bouteille de vin rouge ouverte, presque vide. Un classique.
— T'as l'air lessivé, lança-t-il, sans détour.
— J'ai croisé une tempête... en robe noire et mots bien placés.
— Une femme, donc ?
— J'ai croisé une tempête... en robe noire et mots bien placés.
— Une femme, donc ?
Skygge haussa les épaules. Il sourit à demi. Son père n'était pas du genre à fouiller ni à poser des questions à l'aveugle. Il regardait, il sentait. Il connaissait son fils comme on connaît une pièce de musique jouée trop souvent, avec ses montées, ses silences, et ses cassures.
— Un vin un peu trop boisé pour un jour comme ça, tu trouves pas ? lança son père, en remplissant leur verre à moitié.
— Peut-être. Mais j'ai pas eu mieux aujourd'hui que le bois de cette bouteille.
— Peut-être. Mais j'ai pas eu mieux aujourd'hui que le bois de cette bouteille.
Le vieux sourit. Pas moqueur, juste tendre. Il posa une main sur l'échiquier, caressant un pion noir comme s'il pesait des siècles de stratégie.
— Tu sais, les jours moches ont ça de bien qu'on peut les oublier. Mais les bons, faut les fabriquer.
Skygge le regarda. Il ne disait jamais grand-chose, mais ce qu'il disait laissait des traces. Il y avait chez lui quelque chose d'un poète fatigué, d'un sage en jean troué.
Ils entamèrent la partie sans bruit. Chaque mouvement était un mot. Chaque prise, une confession déguisée. Et l'échiquier, avec ses pièces fatiguées et son bois patiné, était leur façon à eux de se dire qu'ils s'aimaient, sans le dire.
Ce soir-là, la défaite de Skygge fut totale. Il s'en plaignit à peine. C'était son père qui gagnait. Alors c'était bien.
Ils entamèrent la partie sans bruit. Chaque mouvement était un mot. Chaque prise, une confession déguisée. Et l'échiquier, avec ses pièces fatiguées et son bois patiné, était leur façon à eux de se dire qu'ils s'aimaient, sans le dire.
Ce soir-là, la défaite de Skygge fut totale. Il s'en plaignit à peine. C'était son père qui gagnait. Alors c'était bien.
— T'as jamais eu envie de tout lâcher ? demanda Skygge.
— Si. Et je l'ai pas fait. C'est la seule chose qui compte.
— Si. Et je l'ai pas fait. C'est la seule chose qui compte.
Cette phrase le poursuivit jusque dans ses draps. La nuit s'annonçait noire.
Il rêva.
Sa chambre d'enfant. Froide. Le radiateur en fonte contre le mur du fond. Le papier peint fleuri. Et cette odeur de sang séché.
Elle était là.
Sa mère.
Plus qu'un visage, une ombre hurlante. Un monstre qui avait pris la forme d'une femme. Il se revoyait, gamin tremblant, traîné par le col. Puis... bang... sa tête, heurtant le métal glacé. Une fois. Deux fois. Trois. Le sang, chaud sur ses joues. Le silence. La fièvre qui avait suivi. Et l'excuse : "Grippe", avait-elle dit à l'école.
Puis un autre visage. Plus récent. Plus cruel encore, car aimé.
Celui de son ex. Le sourire moqueur, les yeux pleins de jugement. Et cette phrase qui le poignarda à nouveau :
Sa chambre d'enfant. Froide. Le radiateur en fonte contre le mur du fond. Le papier peint fleuri. Et cette odeur de sang séché.
Elle était là.
Sa mère.
Plus qu'un visage, une ombre hurlante. Un monstre qui avait pris la forme d'une femme. Il se revoyait, gamin tremblant, traîné par le col. Puis... bang... sa tête, heurtant le métal glacé. Une fois. Deux fois. Trois. Le sang, chaud sur ses joues. Le silence. La fièvre qui avait suivi. Et l'excuse : "Grippe", avait-elle dit à l'école.
Puis un autre visage. Plus récent. Plus cruel encore, car aimé.
Celui de son ex. Le sourire moqueur, les yeux pleins de jugement. Et cette phrase qui le poignarda à nouveau :
— Tu fais pitié, Skygge. T'es un poids. T'as besoin d'aide, pas d'amour.
Il se réveilla en sursaut. En sueur. Haletant. Les murs de sa chambre, d'un coup trop proches, trop blancs, trop silencieux.
Le matin mit du temps à percer.
Il se leva tard, l'amertume au ventre. Mais dehors, la vie reprenait. Et parfois, le hasard joue les prolongations.
Il marchait dans le couloir de la fac, lunettes de soleil sur le nez malgré la lumière artificielle. Devant la salle de droit constitutionnel, une silhouette apparut.
Olympe.
Non. Pas cette fois.
Nina, sortant d'un cours de droit constitutionnel, vêtue d'un pantalon noir taille haute et d'un pull crème trop large pour elle. Ses cheveux, lâchés aujourd'hui, encadraient son visage pâle. Elle tapotait sur son téléphone, concentrée.
Puis, elle releva les yeux.
Elle s'arrêta à moitié, pivota avec ce sourire léger, presque moqueur.
Il se leva tard, l'amertume au ventre. Mais dehors, la vie reprenait. Et parfois, le hasard joue les prolongations.
Il marchait dans le couloir de la fac, lunettes de soleil sur le nez malgré la lumière artificielle. Devant la salle de droit constitutionnel, une silhouette apparut.
Olympe.
Non. Pas cette fois.
Nina, sortant d'un cours de droit constitutionnel, vêtue d'un pantalon noir taille haute et d'un pull crème trop large pour elle. Ses cheveux, lâchés aujourd'hui, encadraient son visage pâle. Elle tapotait sur son téléphone, concentrée.
Puis, elle releva les yeux.
Elle s'arrêta à moitié, pivota avec ce sourire léger, presque moqueur.
— Tiens. Le fantôme de la bibliothèque. Tu existes donc aussi à la lumière du jour ?
— J'ai parfois une vie hors des livres. Parfois.
— Ah. Et dans cette vie-là, on prend des cafés... ou on pose des lapins ?
— J'ai parfois une vie hors des livres. Parfois.
— Ah. Et dans cette vie-là, on prend des cafés... ou on pose des lapins ?
Il grimaça. Touché. Il leva les mains, à moitié désarmé.
— OK, je l'ai mérité. Je suis désolé. J'ai eu une journée de merde. Vraiment.
— C'est fou comme "j'ai eu une journée de merde" est devenu l'alibi universel.
— Pour moi, ce jour-là, c'était l'univers tout court. Plus rien tournait rond. Pas même moi.
— C'est fou comme "j'ai eu une journée de merde" est devenu l'alibi universel.
— Pour moi, ce jour-là, c'était l'univers tout court. Plus rien tournait rond. Pas même moi.
Elle ne répondit pas tout de suite. Il y eut un silence, tendu, mais pas froid. Puis elle reprit, plus douce.
— T'as au moins eu la décence de ne pas ghoster définitivement.
— J'avais pas envie de fuir. Juste... pas la force d'affronter. C'est différent.
— J'avais pas envie de fuir. Juste... pas la force d'affronter. C'est différent.
Elle le scruta, un sourcil haussé, puis soupira.
— Bon. J'ai une pause dans dix minutes, j'allais au café du coin. Mais attention... cette fois, t'as pas le droit de disparaître.
— Promis. Plus de disparition. Même si je suis une légende urbaine, faut bien que je boive un café, parfois.
— Promis. Plus de disparition. Même si je suis une légende urbaine, faut bien que je boive un café, parfois.
Elle sourit enfin, sincèrement cette fois, et se remit en marche. Il la suivit, légèrement soulagé. Ce n'était pas un pardon total. Mais c'était un début.
Ils marchèrent quelques pas en silence, leurs chaussures résonnant mollement sur les pavés humides. Nina gardait les bras croisés, non pas par froideur, mais comme si elle se protégeait du vent – ou peut-être de lui. Skygge, lui, avait les mains dans les poches, les épaules un peu voûtées, son long manteau battant derrière lui comme une ombre bien dressée.
Il hocha la tête. Ils entrèrent. L'intérieur était tamisé, des livres posés un peu partout.
Ils s'assirent dans une alcôve, à l'abri des regards. Un serveur maigre et muet vint prendre leur commande d'un signe de tête.
Ils marchèrent quelques pas en silence, leurs chaussures résonnant mollement sur les pavés humides. Nina gardait les bras croisés, non pas par froideur, mais comme si elle se protégeait du vent – ou peut-être de lui. Skygge, lui, avait les mains dans les poches, les épaules un peu voûtées, son long manteau battant derrière lui comme une ombre bien dressée.
Il hocha la tête. Ils entrèrent. L'intérieur était tamisé, des livres posés un peu partout.
Ils s'assirent dans une alcôve, à l'abri des regards. Un serveur maigre et muet vint prendre leur commande d'un signe de tête.
— Tu sais que t'as un sacré culot de m'adresser la parole, après m'avoir posé un lapin comme un malpropre ?
— J'allais pas fuir à vie non plus.
— Non ? Je pensais que t'avais pris un aller simple pour le pays des mecs flippés.
— J'ai eu un contretemps.
— Ah, le fameux « contretemps ». Le joker préféré des types qui savent pas dire qu'ils ont paniqué.
— J'ai pas paniqué. Juste eu besoin d'un peu de silence.
— T'aurais pu prévenir. Même un pigeon voyageur aurait suffi. Ou un hibou. Vu ton style, j'imagine que t'es plus hibou que smartphone.
— J'ai merdé, OK. Je suis pas doué pour... ça.
— Pour quoi ? Prévenir ? Ou te pointer quand tu dis que tu vas venir ?
— Pour les deux. Et pour éviter de me saboter quand quelqu'un me plaît.
— Oh. Alors c'était ç ?
— J'allais pas fuir à vie non plus.
— Non ? Je pensais que t'avais pris un aller simple pour le pays des mecs flippés.
— J'ai eu un contretemps.
— Ah, le fameux « contretemps ». Le joker préféré des types qui savent pas dire qu'ils ont paniqué.
— J'ai pas paniqué. Juste eu besoin d'un peu de silence.
— T'aurais pu prévenir. Même un pigeon voyageur aurait suffi. Ou un hibou. Vu ton style, j'imagine que t'es plus hibou que smartphone.
— J'ai merdé, OK. Je suis pas doué pour... ça.
— Pour quoi ? Prévenir ? Ou te pointer quand tu dis que tu vas venir ?
— Pour les deux. Et pour éviter de me saboter quand quelqu'un me plaît.
— Oh. Alors c'était ç ?
Elle le fixe, faussement sérieuse, un demi-sourire aux lèvres. Il hésite à répondre. Elle lève les yeux au ciel.
— Sérieusement, t'es toujours aussi lent à répondre ou c'est juste avec moi ? Faudra penser à huiler un peu la machine... parce que là, ça grince.
Elle le détaille de haut en bas, l'air faussement critique.
— Pourtant t'as l'air d'avoir de bonnes fondations... Faudrait voir si le reste suit. À l'usage.
Skygge rougit légèrement, déstabilisé. Elle se rapproche, un rien trop près, assez pour qu'il sente son parfum — une odeur sucrée et épicée.
— T'as le genre de regard qui donne envie de poser des questions bêtes... du genre : est-ce que t'es aussi intense dans tout ce que tu fais ?
Il avale sa salive, se redresse un peu, mal à l'aise.
— T'es en train de me draguer, là ?
— Moi ? Jamais. J'observe. C'est scientifique. Méthodique. Empirique, même. Faut bien tester les hypothèses, non ?
— Moi ? Jamais. J'observe. C'est scientifique. Méthodique. Empirique, même. Faut bien tester les hypothèses, non ?
Elle recule d'un pas, le laissant dans sa torpeur. Puis elle reprend, plus légère :
— Bon. Disons que je te retire ton carton rouge. Mais t'as un carton jaune, là. Et un chrono. T'as jusqu'à la fin de la semaine pour me montrer que t'as plus de ressort qu'un lit d'étudiant.
Elle se penche un peu, comme pour souligner le double sens, un sourire malicieux au coin des lèvres.
— En plus, t'as de la chance, je suis d'humeur généreuse. Et le café ferme dans... elle jette un œil derrière elle... huit minutes. Pas le temps pour une rédemption complète, mais assez pour un verre.
Skygge la regarde, un peu surpris.
— Un verre ?
— Chez moi. J'habite à deux rues. C'est pas une embuscade, relax. Juste un verre. Deux max, si t'as des trucs intéressants à dire.
— Et si je suis pas intéressant ?
— Alors je t'ouvre une bière, je mets Brel très fort, et je te laisse méditer sur ta nullité existentielle. Avec un coussin. Je suis pas cruelle.
— Chez moi. J'habite à deux rues. C'est pas une embuscade, relax. Juste un verre. Deux max, si t'as des trucs intéressants à dire.
— Et si je suis pas intéressant ?
— Alors je t'ouvre une bière, je mets Brel très fort, et je te laisse méditer sur ta nullité existentielle. Avec un coussin. Je suis pas cruelle.
Il sourit, malgré lui. Elle hausse un sourcil, joueuse.
— Bon. Tu viens ou tu préfères rentrer ruminer dans ton antre sombre en écrivant des poèmes qui saignent ?
— J'hésite.
— T'as dix secondes. Après, je pars seule et tu t'en veux pendant trois mois. Peut-être plus. Je suis inoubliable.
— J'hésite.
— T'as dix secondes. Après, je pars seule et tu t'en veux pendant trois mois. Peut-être plus. Je suis inoubliable.
Elle se détourne lentement, sans se presser. Il la suit, évidemment. Elle rit sans se retourner.
— Bien. T'as encore un peu d'instinct. T'es peut-être pas complètement foutu.
Et tandis qu'ils s'éloignent ensemble, le ciel de fin d'après-midi devient un peu moins gris, comme si, pour une fois, le monde voulait bien les laisser jouer.
L'appartement de Nina est à son image : vivant, lumineux, un brin chaotique. Un plaid léopard jeté sur le canapé, des coussins colorés, une table basse jonchée de vernis à ongles, de canettes vides et d'un jeu de cartes oublié. Des LED violets courent le long du plafond, diffusant une lumière douce. Une enceinte Bluetooth bourdonne une basse lourde : du Aya Nakamura, ou peut-être SCH en remix lo-fi.
L'appartement de Nina est à son image : vivant, lumineux, un brin chaotique. Un plaid léopard jeté sur le canapé, des coussins colorés, une table basse jonchée de vernis à ongles, de canettes vides et d'un jeu de cartes oublié. Des LED violets courent le long du plafond, diffusant une lumière douce. Une enceinte Bluetooth bourdonne une basse lourde : du Aya Nakamura, ou peut-être SCH en remix lo-fi.
— Fais pas trop gaffe au bordel, j'avais pas prévu que Monsieur “je pose des lapins” se pointe à l'improviste.
Skygge esquisse un sourire, mal à l'aise dans cet environnement étranger.
— C'est... chaleureux.
— Traduction : c'est pas rangé, ça pue la clope et ça crie “décadence étudiante”. T'inquiète, t'es pas chez Versailles.
— Traduction : c'est pas rangé, ça pue la clope et ça crie “décadence étudiante”. T'inquiète, t'es pas chez Versailles.
Elle s'engouffre dans la cuisine ouverte, sort deux bières du frigo. Pas des bières de connaisseurs, des Heineken fraîches, efficaces.
— J'ai aussi de la vodka si tu veux oublier ton enfance, ou mes playlists.
— La bière, ça ira.
— La bière, ça ira.
Elle décapsule les deux bouteilles, lui en tend une. Il s'assoit sur un coin de canapé, évitant un sweat roulé en boule.
— Je vais te poser une question importante, Skygge. Une question qui définira notre futur : t'écoutes quoi comme musique ?
Il la regarde, un sourire en coin.
— Je te retourne la question. Réponds d'abord, ça m'aidera à calibrer mon honnêteté.
— Facile. Je suis team playlists TikTok, un peu d'électro, du rap, et le vieux hit honteux qui fout l'ambiance. Genre Céline Dion en soirée à trois heures du mat'.
— Facile. Je suis team playlists TikTok, un peu d'électro, du rap, et le vieux hit honteux qui fout l'ambiance. Genre Céline Dion en soirée à trois heures du mat'.
Il rit doucement, prend une gorgée.
— J'aurais parié sur ça. Avec un petit côté Lady Gaga pour les jours de pluie.
— Gaga c'est une queen, fais gaffe à ce que tu dis. Et toi, alors ?
— Brel. Brassens. Piaf. Et du rock. Le vrai.
— Gaga c'est une queen, fais gaffe à ce que tu dis. Et toi, alors ?
— Brel. Brassens. Piaf. Et du rock. Le vrai.
Elle cligne des yeux, mi-sérieuse, mi-fascinée.
— Attends... genre “Ne me quitte pas” ? Tu vas vraiment au fond du gouffre quand t'es triste ou c'est ton état par défaut ?
— Disons que j'y mets du style.
— Disons que j'y mets du style.
Elle éclate de rire, s'installe en tailleur sur le tapis.
— T'es un cas, toi. Une sorte d'anachronisme élégant. J'aime bien. Ça change des types en jogg qui parlent comme des threads Twitter.
Elle lève sa bière, trinque avec la sienne.
— À toi, le mec bizarre qui cite Brassens au lieu de draguer.
— À toi, la fille qui cache son sarcasme derrière des paillettes et du reggaeton.
— T'es pas aussi con que tu veux le faire croire, hein ?
— À toi, la fille qui cache son sarcasme derrière des paillettes et du reggaeton.
— T'es pas aussi con que tu veux le faire croire, hein ?
Elle le regarde en coin, joue avec sa bouteille, la fait tourner entre ses doigts.
Skygge hausse les épaules, le regard fixe, presque trop calme.
Skygge hausse les épaules, le regard fixe, presque trop calme.
— Peut-être que j'aime bien qu'on me sous-estime.
— Ça marche pas trop avec moi, ça. Je te vois venir, le mec mystérieux avec des pensées profondes et des blessures d'artiste maudit. T'as pas besoin de jouer un rôle. T'es intéressant même quand t'essaies pas de l'être.
— Ça marche pas trop avec moi, ça. Je te vois venir, le mec mystérieux avec des pensées profondes et des blessures d'artiste maudit. T'as pas besoin de jouer un rôle. T'es intéressant même quand t'essaies pas de l'être.
Elle se rapproche un peu, jambes croisées, bras posés sur ses genoux. Moins d'espace entre eux maintenant. Son ton devient plus doux. Moins provoc, plus précis.
— T'as une manière de me regarder... J'sais pas si t'analyses ce que je dis ou si tu m'imagines déjà sans mes fringues.
Il sourit, mais c'est le silence qui parle pour lui. Il la fixe, avec cette intensité qu'il n'a pas besoin de déguiser. Sa voix est basse quand il répond.
— Peut-être les deux.
Elle penche un peu la tête, un éclat de surprise amusée dans les yeux. Elle aime ce jeu. Elle y est bonne.
— J'aime bien les types comme toi. Ceux qui parlent peu, mais qui regardent fort.
Un battement de silence. Elle se redresse légèrement, vient s'asseoir à côté de lui sur le canapé, leurs jambes se frôlent.
— Et là, tu te dis quoi ? Que tu devrais me sauter dessus ? Ou que t'as trop de principes pour ça ?
— Je me dis que j'ai aucune envie de partir ce soir.
— Je me dis que j'ai aucune envie de partir ce soir.
Elle ne répond pas tout de suite. Elle l'observe, puis son regard glisse vers ses lèvres.
— Tant mieux.
Elle attrape sa bière, en boit une gorgée lente, presque provocante, puis la pose sur la table. Ses doigts frôlent ceux de Skygge. Elle murmure, juste assez fort pour qu'il entende :
— J'ai toujours préféré les mecs qui savent prendre leur temps.
Le silence s'installe, lourd, suspendu. Quelque chose bascule doucement entre eux.
— J'ai toujours préféré les mecs qui savent prendre leur temps.
Skygge ne détourne pas les yeux. Il répond, calme, presque grave :
— Et moi, les femmes qui testent les limites sans jamais dire ce qu'elles veulent vraiment.
Elle le fixe, un coin des lèvres relevé. Elle aime ça. Ce genre de répartie. Il n'est pas tombé dans le piège, mais il a répondu présent.
Alors, lentement, elle se lève du canapé, pivote vers lui sans le lâcher du regard. Elle glisse ses doigts le long de son col, puis de son épaule, descend à peine, juste assez pour qu'il sente son ongle frôler la couture de sa chemise.
Alors, lentement, elle se lève du canapé, pivote vers lui sans le lâcher du regard. Elle glisse ses doigts le long de son col, puis de son épaule, descend à peine, juste assez pour qu'il sente son ongle frôler la couture de sa chemise.
— T'as pas besoin de comprendre ce que je veux. T'as juste à regarder.
D'un geste fluide, elle attrape le bas de son t-shirt court et le retire, dévoilant un corps sculpté par la danse et les nuits trop longues. Ni exagéré ni parfait, mais vivant, vibrant, assumé.
Elle ne le touche pas. Ne s'approche pas plus. Elle reste là, debout devant lui, à moitié déshabillée, les yeux plantés dans les siens. C'est un défi. Un jeu. Une scène.
Elle ne le touche pas. Ne s'approche pas plus. Elle reste là, debout devant lui, à moitié déshabillée, les yeux plantés dans les siens. C'est un défi. Un jeu. Une scène.
— Je suis pas pressée, Skygge. Mais toi, t'as pas dit si t'aimais regarder.
Il incline légèrement la tête, s'appuie contre le dossier du canapé, jambes écartées. Il la détaille, lentement, sans honte ni empressement. Pas un regard glissant, mais un regard qui s'arrête, qui pèse, qui marque.
— J'ai pas besoin de toucher pour te sentir vibrer.
Elle sourit, surprise par la phrase, comme si elle venait de perdre une manche sans s'en rendre compte. Elle joue avec la ceinture de son jean, hésite, teste.
— Tu penses pouvoir rester là... à me regarder... sans rien faire ?
— Tu crois que c'est toi qui mènes le jeu, mais tu sais même pas où t'as mis les règles.
— Tu crois que c'est toi qui mènes le jeu, mais tu sais même pas où t'as mis les règles.
Un silence dense. Elle lâche sa ceinture. Recule d'un pas. Comme une battante qui reconnaît un égal.
— Intéressant.
Elle reprend sa bière, d'un geste tranquille, presque comme si rien ne s'était passé. Mais le feu est là. Dans l'air. Dans leurs souffles retenus. Et dans leurs yeux qui ne se lâchent plus.
Nina boit une gorgée. Son regard est plus trouble maintenant, mais pas à cause de l'alcool. Elle reprend contenance, remet ses cheveux en arrière d'un geste trop étudié pour être innocent.
Nina boit une gorgée. Son regard est plus trouble maintenant, mais pas à cause de l'alcool. Elle reprend contenance, remet ses cheveux en arrière d'un geste trop étudié pour être innocent.
— Tu sais, y en a qui trouvent ça bizarre... un mec qui reste aussi calme. Genre, ça cache quelque chose.
Skygge hausse un sourcil, impassible.
— Ce monde est obsédé par les réactions immédiates. Moi, j'aime laisser venir.
Elle ricane, mi-amusée, mi-intriguée. Elle s'approche à nouveau, mais cette fois sans gestes inutiles. Elle se penche légèrement, juste assez pour lui parler à l'oreille :
— Tu veux laisser venir... ou t'as peur de ce qui pourrait arriver si tu bouges ?
Son souffle chaud contre sa peau. Skygge ne bronche pas. Il tourne la tête vers elle, lentement, la regarde comme s'il analysait une œuvre qu'il ne peut encore totalement comprendre.
— J'ai pas peur de ce qui peut arriver. J'ai peur que tu regrettes que ça soit arrivé trop vite.
Elle reste un instant figée, surprise par la répartie. Elle recule d'un pas, un rire étouffé lui échappant malgré elle.
— Merde... T'es vraiment pas comme les autres.
— Je sais.
— Je sais.
Elle reprend sa bière, cette fois en s'asseyant de nouveau sur le canapé, plus proche. Sa peau frôle la sienne. Volontairement. Ses yeux verts pétillent d'un éclat nouveau.
— J'te préviens, Skygge. J'suis pas un jouet. Et j'suis pas le genre à attendre qu'on m'explique comment faut jouer.
Il se penche à son tour, un peu plus près, assez pour qu'elle sente sa voix vibrer dans son oreille.
— Alors t'as trouvé le bon adversaire.
Ils restent là. L'un contre l'autre. À se jauger, à frôler sans toucher, à parler pour cacher ce qu'ils ne veulent pas encore avouer. Le jeu vient de commencer. Et aucun des deux ne sait vraiment jusqu'où il ira.
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Commentaires ()
J'aime toujours le style, lapidaire.
Et le personnage du héros est très intéressant, contradictoire. Le type qui veut donner l'impression d'un mec déterminé et sûr de lui, mais qui n'a pas l'air de vraiment savoir ce qu'il veut et se laisse déstabiliser et manipuler par les femmes. Plus fragile qu'il veut en donner l'air(syndrome abandonnique ? "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve")