Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous la peau des silences — Chapitre 8 · Le rythme des jours
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous la peau des silences
Chapitre 8 · Le rythme des jours
Skygge avait trouvé un travail.
Ce n'était pas grand-chose, juste quelques heures par semaine, mais cela lui donnait un cadre, un faux sentiment de contrôle. Il travaillait comme livreur pour un petit restaurant libanais situé juste à côté de l'université. Un endroit chaleureux, aux odeurs d'épices et de charbon, qu'il connaissait bien. Les habitués lui souriaient, le patron l'appelait "frérot", et lui, casque vissé sur les oreilles, fonçait à travers la ville sur son vieux vélo noir.
Ce n'était pas grand-chose, juste quelques heures par semaine, mais cela lui donnait un cadre, un faux sentiment de contrôle. Il travaillait comme livreur pour un petit restaurant libanais situé juste à côté de l'université. Un endroit chaleureux, aux odeurs d'épices et de charbon, qu'il connaissait bien. Les habitués lui souriaient, le patron l'appelait "frérot", et lui, casque vissé sur les oreilles, fonçait à travers la ville sur son vieux vélo noir.
Les semaines passèrent, étrangement calmes.
Il voyait Nina régulièrement. Des soirs flous, faits de corps enlacés, de baisers emportés, de plaisirs physiques, sans drame ni attache. Leur relation suivait une ligne claire : deux étudiants qui se cherchaient un refuge temporaire. C'était agréable. Doux, même.
Il voyait Nina régulièrement. Des soirs flous, faits de corps enlacés, de baisers emportés, de plaisirs physiques, sans drame ni attache. Leur relation suivait une ligne claire : deux étudiants qui se cherchaient un refuge temporaire. C'était agréable. Doux, même.
Mais elle n'était pas Olympe.
Et Olympe… avait disparu.
Il l'avait cherchée.
Au café. À la bibliothèque.
Il était même retourné dans le petit coin du parc, près du piano, là où ils s'étaient retrouvés la première fois. Rien. Pas même un mot griffonné, pas même une trace.
Il avait traîné autour de son squat. Ce lieu étrange, presque sacré, qui semblait désormais vidé de toute vie. Le matelas était là, les livres aussi, mais tout était figé. Comme si elle s'était évaporée.
Et Olympe… avait disparu.
Il l'avait cherchée.
Au café. À la bibliothèque.
Il était même retourné dans le petit coin du parc, près du piano, là où ils s'étaient retrouvés la première fois. Rien. Pas même un mot griffonné, pas même une trace.
Il avait traîné autour de son squat. Ce lieu étrange, presque sacré, qui semblait désormais vidé de toute vie. Le matelas était là, les livres aussi, mais tout était figé. Comme si elle s'était évaporée.
Il se demandait parfois si elle avait vraiment existé. Si ses énigmes, ses yeux perçants, ce roi blanc sur le piano… tout cela n'était pas une invention de son esprit en manque d'absolu.
Mais non. Il sentait encore son parfum.
Et parfois, la nuit, dans les bras de Nina, c'était son prénom à elle qu'il murmurait en silence.
Il poussa la porte de son appartement, fatigué, le sweat imbibé d'odeur de grillades et de pluie. Son sac en bandoulière heurta le chambranle, comme d'habitude. Il n'y prêta pas attention.
Mais non. Il sentait encore son parfum.
Et parfois, la nuit, dans les bras de Nina, c'était son prénom à elle qu'il murmurait en silence.
Il poussa la porte de son appartement, fatigué, le sweat imbibé d'odeur de grillades et de pluie. Son sac en bandoulière heurta le chambranle, comme d'habitude. Il n'y prêta pas attention.
— Skygge ?
La voix de son père, rauque, cassée, le surprit. Il n'avait pas l'habitude de l'entendre à cette heure-là. Encore moins avec ce ton-là. Un mélange de prudence et de gravité.
Il fronça les sourcils et entra dans le salon. Et là, le monde se rétracta.
Assise dans le vieux fauteuil bleu qu'il détestait, les jambes croisées, les mains jointes, la tête penchée… Olympe.
Olympe avec un œil au beurre noir.
Olympe qui le regardait à peine, comme si elle hésitait à rester ou à fuir.
Il sentit une colère muette monter en lui. Pas contre elle. Contre ce qu'il ne comprenait pas. Contre l'instant suspendu où personne ne parlait.
Elle releva enfin les yeux.
Ils étaient un peu moins tranchants. Ou plutôt : ils tremblaient derrière leur intensité.
Il fronça les sourcils et entra dans le salon. Et là, le monde se rétracta.
Assise dans le vieux fauteuil bleu qu'il détestait, les jambes croisées, les mains jointes, la tête penchée… Olympe.
Olympe avec un œil au beurre noir.
Olympe qui le regardait à peine, comme si elle hésitait à rester ou à fuir.
Il sentit une colère muette monter en lui. Pas contre elle. Contre ce qu'il ne comprenait pas. Contre l'instant suspendu où personne ne parlait.
Elle releva enfin les yeux.
Ils étaient un peu moins tranchants. Ou plutôt : ils tremblaient derrière leur intensité.
— Salut, dit-elle simplement, la voix rauque. Elle essayait de paraître nonchalante, mais son pied tapotait nerveusement le sol.
Skygge voulut parler, hurler, poser mille questions.
Mais il ne fit rien. Il resta là, planté, le souffle court.
Son père brisa le silence :
Mais il ne fit rien. Il resta là, planté, le souffle court.
Son père brisa le silence :
— Elle est venue me voir cet après-midi. Elle voulait… Elle ne savait pas à qui d'autre s'adresser.
Son père, l'air gêné, quitte la pièce en disant simplement qu'il a à faire. Ils sont seuls. Tension électrique. Silences lourds.
Olympe baissa les yeux. Elle semblait si petite d'un coup, comme repliée sur elle-même. Ses doigts jouaient nerveusement avec une bague argentée.
Olympe baissa les yeux. Elle semblait si petite d'un coup, comme repliée sur elle-même. Ses doigts jouaient nerveusement avec une bague argentée.
— J'ai merdé, lâcha-t-elle enfin. Et maintenant, je crois que j'ai plus d'endroit où aller.
Skygge s'approcha lentement.
Il se rendait compte qu'il n'avait jamais vraiment vu Olympe comme ça : vulnérable. Le mystère n'était pas parti, il avait juste pris une autre teinte — plus humaine. Presque douloureuse.
Il se rendait compte qu'il n'avait jamais vraiment vu Olympe comme ça : vulnérable. Le mystère n'était pas parti, il avait juste pris une autre teinte — plus humaine. Presque douloureuse.
— Tu veux m'expliquer ? demanda-t-il doucement, sans la brusquer.
Elle hocha la tête, puis, très bas :
— Pas tout de suite. Juste… laisse-moi rester un peu, ici. S'il te plait.
Skygge l'observait du coin de l'œil. Olympe n'avait pas bougé du fauteuil. Elle triturait toujours cette foutue bague argentée, comme si toute son angoisse s'était réfugiée dans le creux de ses doigts. L'éclat noir sous son œil la rendait moins spectrale, plus réelle. Fragile, même.
Il soupira.
Il soupira.
— Tu peux rester ici.
Elle redressa la tête, surprise.
— Sérieux ? Je t'ai posé un lapin, disparu pendant des semaines, et je débarque chez toi avec une sale gueule et zéro explication… et toi tu proposes l'hospitalité, comme un moine tibétain ?
— Je suis pas moine. Et t'es pas juste « quelqu'un ». Tu le sais très bien.
— Je suis pas moine. Et t'es pas juste « quelqu'un ». Tu le sais très bien.
Elle baissa les yeux. Un sourire mince étira ses lèvres.
— T'as toujours ce truc pour retourner les cartes sans prévenir, Skygge.
Il ne répondit rien. Il la regarda simplement, un peu plus longtemps, puis se leva.
— Tu vas dormir dans ma chambre. Les draps sont propres. Si t'as besoin de vêtements, prends dans mon placard. Le pyjama licorne c'est pas à moi, je préviens.
— Tu me files ta chambre ? Et toi, tu dors où, sur la moquette ?
— Le canapé fera l'affaire.
— Tu me files ta chambre ? Et toi, tu dors où, sur la moquette ?
— Le canapé fera l'affaire.
Elle le fixa, longuement. Il sentit dans son regard quelque chose d'indéchiffrable. Pas de la gratitude, pas vraiment. Plutôt un mélange de trouble et de soulagement.
— Tu veux pas dormir avec moi ?, lança-t-elle, mi-provoc, mi-sincère.
Il esquissa un sourire.
— Pas ce soir. Pas comme ça. Je veux que tu sois bien. Que tu respires un peu.
Elle se mordit la lèvre, brièvement.
— T'as changé, Skygge. Avant, t'aurais pas hésité une seconde.
— Avant, je savais pas à quel point t'étais… humaine.
— Avant, je savais pas à quel point t'étais… humaine.
Un silence. Juste le tic-tac de l'horloge. Puis elle se leva lentement, le regard fuyant.
— Bonne nuit, alors.
— Bonne nuit, Olympe.
— Bonne nuit, Olympe.
Elle s'arrêta dans l'encadrement de la porte, dos à lui. Et sans se retourner :
— Merci. Même si j'suis pas foutue de le dire comme il faut.
Puis elle disparut dans sa chambre. Skygge resta seul dans le salon, les bras croisés, le cœur trop éveillé pour un sommeil immédiat.
Un bruit. Discret. Une porte qui s'ouvre avec précaution. Des pas, nus, hésitants sur le parquet.
Il ne bougea pas, mais son souffle se suspendit.
Un bruit. Discret. Une porte qui s'ouvre avec précaution. Des pas, nus, hésitants sur le parquet.
Il ne bougea pas, mais son souffle se suspendit.
— Skygge... ?
Sa voix était à peine audible. Il tourna la tête. Olympe, dans l'encadrement, silhouette floue dans un tee-shirt trop large pour elle — probablement le sien.
— Je… Je fais pas souvent ça. Demander de l'aide, dormir ailleurs… faire confiance.
Il s'assit doucement.
— Tu veux parler ?
Elle hésita, puis s'approcha, lentement, comme si chaque pas vers lui était un combat contre elle-même. Finalement, elle s'assit à côté, jambes repliées contre elle, la tête penchée sur le côté.
— Quand j'étais gamine, je me faisais toujours engueuler quand je pleurais. Alors j'ai appris à me taire. À m'éteindre.
Skygge restait silencieux. Il la laissait dérouler son fil.
— Et là, ce soir, j'ai eu peur. Peur que tu sois plus là, peur d'être de trop… peur que t'aies choisi la lumière à l'ombre. Tu vois ce que je veux dire ?
Il hocha la tête.
Elle détourna le regard, troublée. Puis, doucement, elle posa sa tête contre son épaule.
Elle détourna le regard, troublée. Puis, doucement, elle posa sa tête contre son épaule.
— Je vais pas rester longtemps. J'ai juste… besoin d'un endroit où je peux respirer. Un endroit où je suis pas qu'une pièce de plus dans un échiquier.
Il passa un bras autour d'elle. Elle ne bougea pas.
— Tu peux rester. Autant que tu veux.
Elle sourit dans l'ombre, fatiguée mais sincère.
— Tu dors ici ce soir… ou… ? demanda-t-elle, à mi-voix.
— Je reste là. Juste comme ça.
— Je reste là. Juste comme ça.
Un silence, presque doux cette fois.
Skygge ouvrit lentement la porte de sa chambre. La lumière tamisée diffusait une douceur rassurante sur les draps soigneusement tirés. Olympe entra sans bruit, gardant les bras croisés contre elle, comme si elle voulait se faire oublier.
Il prit une grande inspiration.
Skygge ouvrit lentement la porte de sa chambre. La lumière tamisée diffusait une douceur rassurante sur les draps soigneusement tirés. Olympe entra sans bruit, gardant les bras croisés contre elle, comme si elle voulait se faire oublier.
Il prit une grande inspiration.
— Tu dors ici. La chambre est à toi, le temps qu'il faut.
Elle le regarda, surprise, presque vexée.
— Et toi, tu fais quoi ? Tu poses une tente sur le balcon ?
Un sourire léger étira ses lèvres.
— Je dors sur le canapé. Et ne commence pas à râler, c'est pas négociable.
Elle le fixa un instant, une ombre de défi dans les yeux, puis hocha lentement la tête. Mais lorsqu'elle passa devant lui pour se glisser dans la pièce, elle murmura :
— Merci... mon chevalier à la veste froissée.
Il ne répondit pas, laissa la porte entrouverte derrière elle, et alla s'effondrer dans le silence du salon.
Le jour filtrait doucement à travers les rideaux de la chambre. Une odeur de café discret s'élevait déjà dans l'air.
Olympe ouvrit les yeux lentement, encore engourdie. Sa tempe pulsait, mais c'était moins vif que la veille. Dans le calme de la pièce, elle sentit quelque chose qu'elle n'avait pas eu depuis longtemps : un peu de paix.
Une main toqua doucement à la porte, déjà entrouverte.
Le jour filtrait doucement à travers les rideaux de la chambre. Une odeur de café discret s'élevait déjà dans l'air.
Olympe ouvrit les yeux lentement, encore engourdie. Sa tempe pulsait, mais c'était moins vif que la veille. Dans le calme de la pièce, elle sentit quelque chose qu'elle n'avait pas eu depuis longtemps : un peu de paix.
Une main toqua doucement à la porte, déjà entrouverte.
— Je peux entrer ?
Elle se redressa, se frottant les yeux.
— C'est ta chambre, tu sais.
Skygge entra, un plateau dans les mains : café, tartines, une compresse, et une pommade.
— Correction : c'est ta chambre tant que t'as besoin d'un abri.
Il s'approcha et s'assit au bord du lit.
— Faut que je regarde ton œil. Ça commence à virer au violet bien profond.
Elle soupira, puis se laissa faire. Il s'installa face à elle et, avec une douceur inattendue, appliqua la compresse sur l'hématome. Olympe ferma les yeux, ne parlant pas. Il sentait son souffle contre ses doigts.
— T'as appris ça où ? murmura-t-elle.
— À force de me cogner en solitaire dans les chiottes de la fac.
— À force de me cogner en solitaire dans les chiottes de la fac.
Elle rit doucement. Un rire fatigué, mais vrai.
— T'as pas changé, Skygge. Juste... t'as l'air plus... patient.
Il haussa un sourcil.
— J'essaie.
Un silence les enveloppa de nouveau.
Puis elle ouvrit les yeux.
Puis elle ouvrit les yeux.
— Tu vas me demander ce qui m'est arrivé ?
Il secoua la tête.
— Non. Tu me le diras quand tu voudras.
Elle le fixa longtemps, puis hocha lentement la tête, l'émotion fragile sur les traits.
— Alors je vais rester. Un peu.
Skygge posa la pommade sur la table de nuit et se leva pour récupérer le plateau.
— Tu devrais manger un peu. Ça a l'air con, mais le corps guérit mieux avec du sucre et du gras.
Olympe prit une tartine, presque mécaniquement. Elle grignota en silence, les yeux rivés sur le mur. Lui ne bougeait pas. Il restait là, simplement. Présent.
— Tu fais quoi aujourd'hui ? demanda-t-elle, la voix encore rauque.
— Livraison à midi. Fac à quinze heures. Rien d'insurmontable. Et toi ?
— Livraison à midi. Fac à quinze heures. Rien d'insurmontable. Et toi ?
Elle haussa les épaules.
— Rien. Pas aujourd'hui. J'ai mis trop de choses en pause. Et là… c'est moi qui suis en pause.
Skygge la regarda, attentif.
— T'as le droit. T'as même le droit de t'écrouler un peu. Je reste dans le coin si jamais.
Elle hésita.
— Tu peux rester là… un peu ? Juste… là.
Il n'ajouta rien, revint s'asseoir au bord du lit, sans la toucher. Le silence revint, mais un silence apaisé, pas celui qui fait mal. Le genre de silence qui permet à la respiration de redevenir régulière.
Au bout d'un moment, elle s'allongea, tournant le dos à lui, mais sa main effleura la sienne.
Au bout d'un moment, elle s'allongea, tournant le dos à lui, mais sa main effleura la sienne.
— Je dors encore un peu. Tu fais trop de bruit avec ton cœur, murmura-t-elle.
Skygge sourit.
— C'est pas moi. C'est toi qui y prêtes attention.
Elle ne répondit pas. Il resta là quelques minutes, jusqu'à ce que sa respiration devienne plus lente, plus paisible.
Les sacs en main, Skygge zigzaguait entre les voitures mal garées, son sac isotherme battant contre sa hanche. Le restaurant libanais lui avait filé trois commandes, toutes à livrer autour de la fac. La routine s'installait peu à peu, même s'il n'aimait pas ce mot. Trop rigide. Trop loin de lui.
Son téléphone vibra dans sa poche. Il reconnut immédiatement le prénom : Nina.
Il décrocha en marchant.
Les sacs en main, Skygge zigzaguait entre les voitures mal garées, son sac isotherme battant contre sa hanche. Le restaurant libanais lui avait filé trois commandes, toutes à livrer autour de la fac. La routine s'installait peu à peu, même s'il n'aimait pas ce mot. Trop rigide. Trop loin de lui.
Son téléphone vibra dans sa poche. Il reconnut immédiatement le prénom : Nina.
Il décrocha en marchant.
— Yo.
— Tu réponds enfin, t'es vivant, c'est cool, lança-t-elle avec son ironie habituelle. Je t'ai pas vu depuis trois jours. On est en train de rompre ou tu bosses pour la CIA ?
— Plutôt la bouffe du peuple, j'suis en plein service.
— Hmm… donc tu cuisines pas pour moi ce soir ?
— Tu réponds enfin, t'es vivant, c'est cool, lança-t-elle avec son ironie habituelle. Je t'ai pas vu depuis trois jours. On est en train de rompre ou tu bosses pour la CIA ?
— Plutôt la bouffe du peuple, j'suis en plein service.
— Hmm… donc tu cuisines pas pour moi ce soir ?
Il hésita, changea son sac d'épaule.
— Pas ce soir, Nina. J'ai… quelqu'un à la maison. Une amie. Elle a besoin d'aide.
Silence au bout du fil.
— Une amie, répéta-t-elle, avec cette inflexion entre sarcasme et jalousie.
— Ouais. Une amie. Rien de plus.
— Si tu le dis. T'as changé, Skygge. C'est pas une critique. Juste… je t'avais jamais entendu refuser une nuit avec moi pour quelqu'un d'autre.
— Ouais. Une amie. Rien de plus.
— Si tu le dis. T'as changé, Skygge. C'est pas une critique. Juste… je t'avais jamais entendu refuser une nuit avec moi pour quelqu'un d'autre.
Il soupira, doucement.
— Moi non plus. Faut croire que je change.
Elle rit, mais c'était un rire plus fragile qu'à l'accoutumée.
— Alors bonne soirée, chevalier. J'espère qu'elle sait ce qu'elle a entre les mains.
Elle raccrocha sans laisser place à une réponse.
Skygge s'arrêta, fixa son écran noir quelques secondes. Le monde autour de lui bruissait, mais il n'entendait plus rien.
La lumière bleue de la télévision avait fini par s'éteindre d'elle-même. Le silence s'était glissé dans l'appartement, à peine troublé par les voitures au loin. Skygge dormait sur le canapé, emmitouflé dans une couverture, les bras repliés comme pour se protéger de quelque chose. Ses traits étaient tendus. Son souffle irrégulier.
Puis, d'un coup, son corps se crispa.
Dans son rêve, des murs clos. Des visages flous. Un père absent, puis trop présent. Une silhouette en robe claire — Nina ? Olympe ? Il ne savait plus. Le sang. Une main tendue. Un cri. Il courait, sans jamais avancer.
Il se redressa brusquement, haletant, les yeux écarquillés, perdu entre deux mondes.
Skygge s'arrêta, fixa son écran noir quelques secondes. Le monde autour de lui bruissait, mais il n'entendait plus rien.
La lumière bleue de la télévision avait fini par s'éteindre d'elle-même. Le silence s'était glissé dans l'appartement, à peine troublé par les voitures au loin. Skygge dormait sur le canapé, emmitouflé dans une couverture, les bras repliés comme pour se protéger de quelque chose. Ses traits étaient tendus. Son souffle irrégulier.
Puis, d'un coup, son corps se crispa.
Dans son rêve, des murs clos. Des visages flous. Un père absent, puis trop présent. Une silhouette en robe claire — Nina ? Olympe ? Il ne savait plus. Le sang. Une main tendue. Un cri. Il courait, sans jamais avancer.
Il se redressa brusquement, haletant, les yeux écarquillés, perdu entre deux mondes.
— Skygge… murmura une voix douce. Skygge, c'est moi…
Olympe, accroupie à côté du canapé, une main posée sur son bras.
Mais Skygge, encore dans la panique, recula violemment, attrapa son oreiller comme une arme dérisoire.
Mais Skygge, encore dans la panique, recula violemment, attrapa son oreiller comme une arme dérisoire.
— Non ! Me touche pas ! T'approche pas !
Ses yeux fuyants ne la voyaient pas vraiment. Il voyait encore l'ombre du cauchemar.
Olympe recula, blessée, mains levées.
Olympe recula, blessée, mains levées.
— C'est moi. Juste… moi. Olympe. Tu rêvais. Tu hurlais.
Il cligna des yeux plusieurs fois. La réalité revenait, comme une marée froide. Il vit le salon, la lampe de la cuisine, le visage inquiet d'Olympe.
Il baissa les bras. Laissa tomber l'oreiller. Puis se couvrit le visage de ses mains.
Il baissa les bras. Laissa tomber l'oreiller. Puis se couvrit le visage de ses mains.
— Putain… pardon… j'ai cru…
— C'est rien, chuchota-t-elle. Tu veux que je te laisse ?
— Non. Non, reste. Mais… je peux pas dormir. Pas maintenant.
— C'est rien, chuchota-t-elle. Tu veux que je te laisse ?
— Non. Non, reste. Mais… je peux pas dormir. Pas maintenant.
Elle hésita, puis s'assit doucement sur le sol, près du canapé, en tailleur.
— Alors on reste là. Ensemble. Sans bouger. Jusqu'à ce que ton cœur ralentisse.
Un silence s'installa, mais un silence habité. Pas pesant. Elle ne le regardait pas. Elle attendait. Et ça, c'était peut-être ce qu'il avait toujours espéré sans le savoir.
Le jour s'était levé sur une lumière pâle, filtrée par les rideaux. L'appartement était calme. Skygge dormait encore, recroquevillé sur le canapé, une couverture remontée jusqu'au menton. Dans la chambre, Olympe s'était levée doucement, sans bruit.
Elle avait passé un sweat trop large, celui de Skygge, et ses cheveux étaient en bataille. Son œil encore marqué d'un bleu violacé, elle le masqua maladroitement avec une mèche. Elle sortit de l'appartement, pieds nus dans les baskets d'emprunt, juste pour prendre l'air. Sentir le monde. Respirer.
Mais à peine la porte refermée derrière elle… une silhouette l'attendait, adossée au muret en contrebas de l'immeuble.
Le jour s'était levé sur une lumière pâle, filtrée par les rideaux. L'appartement était calme. Skygge dormait encore, recroquevillé sur le canapé, une couverture remontée jusqu'au menton. Dans la chambre, Olympe s'était levée doucement, sans bruit.
Elle avait passé un sweat trop large, celui de Skygge, et ses cheveux étaient en bataille. Son œil encore marqué d'un bleu violacé, elle le masqua maladroitement avec une mèche. Elle sortit de l'appartement, pieds nus dans les baskets d'emprunt, juste pour prendre l'air. Sentir le monde. Respirer.
Mais à peine la porte refermée derrière elle… une silhouette l'attendait, adossée au muret en contrebas de l'immeuble.
— Tiens donc... tu comptes pas répondre à tes messages maintenant ?
Elle s'arrêta net. Tout son corps se figea. Sa gorge se serra.
Lui. Il était là. Ce regard froid, ce sourire en coin qui l'avait tant fait trembler. Son copain. Ou ce qu'il prétendait être.
Lui. Il était là. Ce regard froid, ce sourire en coin qui l'avait tant fait trembler. Son copain. Ou ce qu'il prétendait être.
— Va-t'en, Samuel...
— Ah non, non, non, ma belle. Tu disparais comme une voleuse, tu te planques chez un type, et tu crois que je vais juste rentrer chez moi ?
— Ah non, non, non, ma belle. Tu disparais comme une voleuse, tu te planques chez un type, et tu crois que je vais juste rentrer chez moi ?
Il s'approcha. Lentement. Un chat prêt à bondir.
Elle recula d'un pas.
Elle recula d'un pas.
— Je t'interdis de me toucher.
— Toi, tu me parles d'interdiction ? Il ricana. T'as oublié à qui tu parles ?
— Toi, tu me parles d'interdiction ? Il ricana. T'as oublié à qui tu parles ?
Il tenta d'attraper son poignet, mais elle esquiva, tremblante.
— Tu crois que j'ai pas compris ? Le type là-haut… tu couches avec, c'est ça ? C'est pour ça que tu te planques chez lui comme une chienne ?
Ses mots étaient des coups. Et Olympe vacilla, mais ne chuta pas.
— Tu ne me fais plus peur, articula-t-elle, même si ses jambes tremblaient. Je suis plus ta chose. Tu peux pas m'avoir cette fois.
Il s'approcha plus vite. Trop vite.
Et soudain…
Et soudain…
— Dégage de là. La voix de Skygge, sèche, glaciale. Il descendait les marches en t-shirt, les poings serrés, les yeux noirs.
Samuel se figea. Juste un instant. Puis il sourit.
— Ah. Voilà le héros du jour. Tu devrais te mêler de tes affaires, frangin.
— Elle est chez moi. C'est mes affaires. Et si tu l'approches encore, je te jure que tu regretteras.
— Elle est chez moi. C'est mes affaires. Et si tu l'approches encore, je te jure que tu regretteras.
Samuel le défia du regard. Puis, après une seconde de silence, il cracha au sol et fit volte-face.
— On verra combien de temps elle reste chez toi. Ces filles-là… finissent toujours par revenir. C'est dans leur nature.
Et il disparut au coin de la rue.
Olympe s'effondra presque sur les marches, en larmes.
Skygge, sans dire un mot, vint s'asseoir à côté d'elle, posa sa main sur la sienne.
Et cette fois, elle ne le repoussa pas.
Skygge, sans dire un mot, vint s'asseoir à côté d'elle, posa sa main sur la sienne.
Et cette fois, elle ne le repoussa pas.
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