Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous la peau des silences — Chapitre 10 · Le carnet blanc
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous la peau des silences
Chapitre 10 · Le carnet blanc
Le matin filtrait à peine à travers les stores que Skygge ouvrait les yeux, encore engourdi. Il était seul dans la pièce, Olympe dormait encore, sans doute, ou déjà levée, silencieuse comme souvent. Il s'étira doucement, se leva, attrapa son téléphone sur la table basse.
Un message clignotait.
Nina : « On peut se voir ? Faut qu'on parle. »
Il hésita. Puis répondit simplement :
Skygge : « Dis-moi où. »
Un message clignotait.
Nina : « On peut se voir ? Faut qu'on parle. »
Il hésita. Puis répondit simplement :
Skygge : « Dis-moi où. »
Le banc derrière le bâtiment H était désert, à cette heure. Elle l'attendait, bras croisés, les traits fermés. Dès qu'il arriva, elle se leva, droite, tendue.
— Alors comme ça, elle dort chez toi ?
Skygge haussa les sourcils. Elle alla droit au but, comme toujours.
— C'est pas ce que tu crois, répondit-il, prudent. Elle a pas d'endroit où aller. Et puis... Elle en a bavé. Elle est pas là pour moi. Elle est là pour survivre.
Nina ricana. Un rictus sec, sans joie.
— Tu crois que j'en ai pas bavé, moi ? Que j'ai pas ma part de galères ? J'ai juste pas décidé d'en faire une armure de porcelaine. Tu me vois pleurer sur un canapé en attendant qu'un mec me console ?
Il ne répondit pas. Elle le fixa, plus intense, plus blessée qu'il ne l'aurait cru.
— J'suis pas faite de larmes, Skygge. Je ris, je vis, je t'emmerde même parfois... Mais je te fais pas porter mon sac à dos plein de cauchemars.
Il voulut protester, mais elle leva la main.
— Et arrête. Je suis pas jalouse parce qu'elle est fragile. Je suis jalouse parce qu'elle a ce que j'ai jamais eu avec toi. Une vraie présence. Des silences partagés. Des nuits. Même ton canapé, je le connais pas. Ta chambre ? Encore moins.
Elle s'approcha, le regard planté dans le sien.
— Tu passes plus de temps à essayer de la réparer qu'à me voir pour ce que je suis.
Il la regardait, sans savoir quoi dire. Et alors, d'un geste lent, elle sortit de son sac un petit carnet noir, au cuir lisse, vierge de tout.
— Voilà. Si t'arrives pas à parler, si t'as trop peur qu'on lise en toi… Écris. Personne viendra fouiller. C'est ton carnet. Ton espace.
Elle le lui tendit. Il ne bougea pas tout de suite, puis le prit.
— Merci, murmura-t-il.
Nina tourna les talons. Avant de partir, elle lança, sans se retourner :
— Et au passage, pour ton ego… Je suis peut-être pas ton type, mais j'suis plus désirable qu'elle. Plus de formes, plus d'énergie, plus de feu. Mais j'suis pas une flamme qui mendie. Je brûle toute seule.
Puis elle s'éloigna, droite, le cœur lourd, mais le pas décidé.
La porte claqua doucement derrière lui.
Skygge retira ses chaussures en silence, le cœur lourd. Le carnet de Nina pesait dans sa poche comme un adieu déguisé. Il n'avait pas su retenir sa lumière et maintenant qu'elle était partie, il se sentait plus vide encore qu'avant.
Il passa par la cuisine, jeta un regard vers le salon : vide. Le calme pesait dans l'appartement, presque irréel. Il monta les marches doucement, la tête ailleurs, l'âme chiffonnée.
Sa chambre. Il poussa la porte.
Olympe était là. Assise sur son lit, jambes croisées, son carnet entre les mains.
Elle leva la tête d'un coup, surprise.
La porte claqua doucement derrière lui.
Skygge retira ses chaussures en silence, le cœur lourd. Le carnet de Nina pesait dans sa poche comme un adieu déguisé. Il n'avait pas su retenir sa lumière et maintenant qu'elle était partie, il se sentait plus vide encore qu'avant.
Il passa par la cuisine, jeta un regard vers le salon : vide. Le calme pesait dans l'appartement, presque irréel. Il monta les marches doucement, la tête ailleurs, l'âme chiffonnée.
Sa chambre. Il poussa la porte.
Olympe était là. Assise sur son lit, jambes croisées, son carnet entre les mains.
Elle leva la tête d'un coup, surprise.
— Je... pardon. Il était ouvert. Je voulais pas...
Skygge resta figé sur le seuil. Il vit les pages éparpillées sur la couette, certaines ouvertes, d'autres encore vierges. Elle avait tourné les feuillets comme on tourne les pages d'un journal secret.
— Je croyais que t'écrivais. Mais tu dessines...
Elle montra une page. Dessin au crayon, d'une précision presque douloureuse : un hibou aux yeux grands ouverts, posé sur un livre éventré. À côté, un masque vénitien craquelé, penché contre une bouteille brisée. Un chien maigre dormait à moitié sur un tapis d'épines.
— T'as tout ça dans la tête ? demanda-t-elle.
Il haussa les épaules.
— Je sais pas. C'est juste... des trucs qui sortent. Quand j'écris pas, je dessine.
Elle tourna une autre page. Une silhouette humaine sans visage, à la place un assemblage de fragments : une montre, un cri, un œil, un nœud.
— T'as mis ta douleur là-dedans. Et tes fantômes, souffla-t-elle.
Skygge s'approcha enfin. Il s'assit au bord du lit, lentement. Il n'était pas en colère qu'elle ait regardé. Juste fatigué. Défait.
— Nina m'a donné un carnet. pas celui la un autre noir luis .Elle voulait que je parle. Et maintenant elle est partie.
Olympe posa le carnet blanc . Doucement.
— Elle t'aimait. À sa manière.
— Ouais. Et je l'ai perdue.
— Ouais. Et je l'ai perdue.
Un silence.
Puis elle dit, très doucement :
Puis elle dit, très doucement :
— Tu sais, moi aussi, j'ai perdu des gens sans les avoir vraiment eus.
Leurs regards se croisèrent. Pas de compassion. Juste une reconnaissance mutuelle. Celle des âmes qui boitent.
Elle ajouta :
Elle ajouta :
— Tu dessines comme on crie sans faire de bruit. C'est beau. Et triste.
Il la regarda un instant, puis se laissa tomber en arrière sur le lit.
— J'ai plus envie de jouer à être fort, souffla-t-il.
Elle s'allongea à côté de lui. Ne dit rien. Ne toucha rien. Mais resta.
Et le carnet, posé entre eux, semblait battre comme un cœur discret, fait de papier et de silence.
Et le carnet, posé entre eux, semblait battre comme un cœur discret, fait de papier et de silence.
plus tard, Le soleil avait basculé derrière les immeubles. Une lumière dorée filtrait par la fenêtre de la chambre. Le crayon de Skygge glissait lentement sur le papier.
Chaque ligne, chaque ombre, chaque pli était millimétré. Le dessin, presque achevé, lui avait pris des heures. Nina, debout, nue sous une simple écharpe de soie. Elle tenait dans sa main gauche une balance, symbole évident de ses études, de son équilibre toujours en quête de justice. Dans la droite, un cœur noir, modelé avec soin, presque douloureux à regarder : le sien.
Skygge recula d'un pas pour contempler l'œuvre. Elle vibrait de vérité. De manque aussi.
Il ne l'entendit pas arriver. Olympe était là, adossée à la porte.
Chaque ligne, chaque ombre, chaque pli était millimétré. Le dessin, presque achevé, lui avait pris des heures. Nina, debout, nue sous une simple écharpe de soie. Elle tenait dans sa main gauche une balance, symbole évident de ses études, de son équilibre toujours en quête de justice. Dans la droite, un cœur noir, modelé avec soin, presque douloureux à regarder : le sien.
Skygge recula d'un pas pour contempler l'œuvre. Elle vibrait de vérité. De manque aussi.
Il ne l'entendit pas arriver. Olympe était là, adossée à la porte.
— C'est elle ? demanda-t-elle, sans émotion apparente.
Il sursauta légèrement, puis hocha la tête. Il ne chercha pas à cacher le dessin.
— Oui. C'est Nina.
Olympe s'avança, le regard fixé sur le papier.
— Tu lui rends hommage... comme à une déesse. Chaque détail... même cette mèche de cheveux en désordre. Tu l'as retenue par cœur.
— C'est un adieu, Olympe, répondit Skygge calmement. Pas une déclaration.
— T'appelles ça un adieu ? On dirait un fantasme.
— C'est un adieu, Olympe, répondit Skygge calmement. Pas une déclaration.
— T'appelles ça un adieu ? On dirait un fantasme.
Il baissa les yeux. Il savait que l'image pouvait troubler. Mais il n'avait pas cherché l'érotisme. Juste la vérité nue d'un souvenir.
— C'est ce qu'elle a représenté pour moi. Elle m'a offert de la légèreté. Du désir simple. Un rire qui ne pesait pas. Je la perds, je la dessine. C'est comme ça que je dis au revoir.
Olympe se tut un moment. Son regard s'attarda sur la balance. Puis sur le cœur noir.
Elle s'approcha plus encore, passa lentement une main sur le bord de la feuille sans le toucher.
Elle s'approcha plus encore, passa lentement une main sur le bord de la feuille sans le toucher.
— Et moi ? Tu ne me dessineras jamais ? Même pas pour m'oublier ?
— Ce n'est pas pareil, souffla-t-il.
— Pourquoi ? Parce que je suis cassée ? Moins facile à croquer ?
— Ce n'est pas pareil, souffla-t-il.
— Pourquoi ? Parce que je suis cassée ? Moins facile à croquer ?
Il releva les yeux. Elle le fixait, droite, le regard brûlant.
— Tu me vois chaque jour. Je dors dans ton lit. Tu connais mes silences, mes peurs. Et pourtant c'est son corps que tu immortalises...
Elle s'approcha encore, jusqu'à effleurer son torse.
— Tu veux du vrai ? Tu veux de la matière ? Dessine-moi. Maintenant. Je peux me déshabiller si tu veux.
Ses doigts étaient déjà sur l'ourlet de son sweat trop grand. Mais Skygge posa une main douce.
— Olympe... je ne dessine pas par désir. Je dessine ce que je perds. Ce que je cherche à comprendre. Ce que je n'ai plus.
Elle le fixa, interdite.
— Alors je dois mourir pour t'inspirer ?
Il secoua la tête.
— Tu es là. Vivante. Et bordel, complexe. C'est pas une esquisse, ça. C'est une tempête.
Un silence épais s'installa.
Puis elle recula d'un pas. Les bras croisés. Blessée. Mais pas brisée.
Puis elle recula d'un pas. Les bras croisés. Blessée. Mais pas brisée.
— Tu sais... t'es peut-être pas aussi inaccessible que tu le crois. Mais t'as pas encore compris que certains cœurs valent mieux qu'un dessin. Même noir.
Elle quitta la pièce.
Skygge resta seul. Le dessin de Nina devant lui. Mais c'est le regard d'Olympe qu'il avait en tête.
Skygge resta seul. Le dessin de Nina devant lui. Mais c'est le regard d'Olympe qu'il avait en tête.
Le lendemain la lumière du jour décline lentement, filtrée par les rideaux tirés à moitié. Olympe est assise sur le canapé, les jambes croisées, une tasse de thé fumant entre les mains. Le carnet noir de Skygge est posé devant elle, fermé. Elle ne le lit pas ,pas cette fois. Elle l'a déjà lu. Chaque mot y résonne encore dans sa tête.
Son regard est fixe, absent, perdu dans la contemplation du vide. Un vide où flottent des images : le dessin de Nina, trop sensuel à son goût, trop intime pour ne pas la blesser. Elle serre sa tasse un peu trop fort.
Son regard est fixe, absent, perdu dans la contemplation du vide. Un vide où flottent des images : le dessin de Nina, trop sensuel à son goût, trop intime pour ne pas la blesser. Elle serre sa tasse un peu trop fort.
La porte s'ouvre. Skygge entre, un peu fatigué, les traits tirés. Il ôte son manteau et referme sans un mot. Ses yeux croisent ceux d'Olympe.
Olympe calme, presque trop
Olympe calme, presque trop
— Tu l'as déposée, cette œuvre d'art ?
Skygge hésite, penche la tête légèrement.
— Ouais.
Il pose son sac au sol, avance dans le salon. Elle l'observe sans rien dire, puis reprend
— Tu l'as dessinée comme on sacralise une déesse. Belle, offerte… importante.
— Elle l'était. Elle l'est toujours, d'une certaine manière.
— Elle l'était. Elle l'est toujours, d'une certaine manière.
Un silence. Olympe sourit, mais c'est un sourire amer.
— Tu sais ce que je suis, moi ? Une ombre sur ton canapé. Une fille qui lit ton carnet quand t'es pas là.
Il fronce les sourcils en voyant le carnet.
— T'as lu.
— Je l'ai lu, ouais. Pas pour te juger. Pour comprendre pourquoi t'avais besoin de dessiner une autre fille nue, alors que je dors à quinze pas de toi chaque nuit.
— Je l'ai lu, ouais. Pas pour te juger. Pour comprendre pourquoi t'avais besoin de dessiner une autre fille nue, alors que je dors à quinze pas de toi chaque nuit.
Elle boit une gorgée de thé, les yeux rivés dans les siens.
— Tu sais ce qui m'a le plus marquée dans ce que t'as écrit ?
Elle lut à voix basse, un extrait.
— Aujourd'hui je me sens minable. J'ai fait du mal à toutes les personnes que j'aime, et ça m'a fait du bien. Je ne sais pas qui détester, moi ou eux…
Un silence.
— Tu le pensais vraiment ? demanda-t-elle doucement.
— Je le pense encore parfois, admit-il.
— Je le pense encore parfois, admit-il.
Elle tourna une page. Encore un autre.
— J'aimerais tellement une mère. Une femme qui me prendrait dans ses bras, qui me protégerait. Mais ça n'existe pas, pas pour moi…
Elle s'arrêta. Referma doucement le carnet. Le posa sur ses genoux.
— Pourquoi tu m'as jamais dit tout ça ? T'écris que t'as envie de mourir, mais aussi qu'on te prenne dans les bras. Qu'on te protège.
C'est pas juste un appel au secours, Skygge. C'est une supplique.
Skygge détourne les yeux. Il s'avance lentement vers elle.
Skygge détourne les yeux. Il s'avance lentement vers elle.
— Je veux récupérer mon carnet.
Elle le lui tend sans résister, mais garde la main dessus une seconde de plus.
— Tu m'as dessinée une fois, dans un coin, comme une silhouette floue. Tu pourrais au moins me voir maintenant. Pas juste la survivante jalouse dans ton salon. La fille qui te comprend. La seule peut-être.
Skygge ne répond pas tout de suite. Il serre le carnet contre lui.
— Je n'ai pas voulu que tu lises tout ça.
— Trop tard. Mais au moins, je vois clair maintenant.
— Trop tard. Mais au moins, je vois clair maintenant.
Skygge ne répond et partit ranger le carnet dans sa chambre.
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