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✦ MaîtreJean Sous la peau des silences XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sous la peau des silences — Chapitre 4 · fil de cuivre

11 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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MaîtreJean
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Sous la peau des silences

Chapitre 4 · fil de cuivre

Skygge sentit le frisson parcourir sa nuque. Nina était toujours là, espiègle et troublante, ses yeux brillants d'un éclat amusé. Il s'était rapproché d'elle presque sans s'en rendre compte, guidé par l'électricité dans l'air, par cette joute légère qui ne cachait plus grand-chose de ses intentions.
— T'es vachement plus amusant quand t'essaies de faire genre "je suis indifférent", lâcha-t-elle, un sourire en coin, les bras croisés sous sa poitrine, provocatrice.
— Et toi, t'es plus dangereuse que tu veux bien le faire croire.
Elle arqua un sourcil, approcha encore un peu. Il n'y avait plus qu'un souffle entre eux.
— Alors ? Tu comptes faire quoi, "danger" ?
Il ne répondit pas. Il posa simplement sa main sur sa joue, douce, chaude, presque tremblante. Elle ne recula pas. Au contraire. Elle attendait. Il s'inclina lentement, s'arrêta à quelques centimètres. Leurs souffles se mêlaient.
Et puis, le contact. Le baiser.
Pas brutal. Pas hésitant non plus. Juste... vrai. Un instant suspendu, un besoin silencieux qui trouvait enfin son exutoire. Nina répondit avec ferveur, ses mains accrochées à sa chemise, le tirant vers elle, plus proche encore. Leurs corps se cherchaient, se reconnaissaient, comme deux âmes qui avaient trop attendu.
Le souffle court, elle murmura :
— T'as mis le temps,
Il sourit contre ses lèvres.
— Tu sais ce qu'on dit, les meilleurs coups prennent leur temps.
Elle éclata de rire, le repoussa doucement sur le lit, sans vraiment vouloir s'éloigner.
Ils n'étaient plus dans un jeu. Plus vraiment.
Elle retira son jean, gênée dans son élan. Et Skygge la vit enfin, offerte à lui.
Ses cheveux roux, couleur cuivre, encadraient un visage fin, aux lèvres bien dessinées. Ses yeux verts, intenses, rappelaient l'herbe d'un pré en été.
Son buste, élégant comme une peinture de maître, laissait place à une poitrine généreuse un 90E soutenue par un soutien-gorge noir en dentelle qui tranchait joliment avec la douceur crème de sa peau.
Ses hanches galbées, ses fesses pleines, étaient rehaussées par une petite culotte assortie, devinant une toison soigneusement entretenue.
Skygge, de son côté, n'était pas en reste. Il avait retiré ses vêtements sérieux, ne gardant qu'un boxer noir sobre qui moulait parfaitement son érection.
Son corps n'était pas celui d'un athlète : un peu de ventre, des cuisses ni trop grasses ni trop musclées, des bras à l'avenant, et cette peau pâle parcourue de veines apparentes par endroits.
Sans se faire attendre, Nina vint se glisser sur lui, cherchant ses lèvres, glissant ses mains sur cet homme qui partageait désormais son lit.
— Si tu savais depuis combien de temps j'ai pas touché un homme… Avec les partiels, j'ai dû me retenir.
Tout en finissant sa phrase, elle l'embrassa dans le cou, y plantant légèrement ses dents, comme pour exprimer sa faim carnassière.
— Eh bien… laisse-moi vérifier ça.
Skygge la renversa doucement, l'embrassa, descendit le long de sa gorge, y déposant de petits baisers jusqu'à atteindre ses seins.
Il les libéra de leur emballage délicat, les caressa, les embrassa avec une attention mêlée de tendresse et de désir.
— Putain… t'es bon. Continue...
Ses doigts dans ses cheveux, elle tentait de guider sa tête vers le bas.
— Pas la peine de me tirer, souffla-t-il, je te torture à ma manière.
— S'il te plaît, Skygge… occupe-toi de moi. J'ai envie de toi...
Ravi de la voir aussi réceptive, il descendit ses mains vers son intimité. Le regard planté dans celui de Nina, il la débarrassa d'un geste sûr de sa petite culotte.
— Qu'est-ce que tu veux, Nina ?
Elle hésita un instant, rougit un peu.
— Toi… en moi. Mais s'il te plaît…
Elle baissa les yeux, gênée.
— Je suis désolée, mais je ne fais pas de fellation. J'aime pas ça, et je trouve ça… humiliant.
— Aucun souci. C'est rien. À part ça, j'ai carte blanche ?
— Oui… Merci. Juste… pas de sodomie. Je me sens pas prête.
Skygge hocha la tête avec bienveillance, descendit entre ses cuisses et commença à la caresser, avant de glisser sa langue pour savourer cette amante toute offerte.
— Hmmm… t'es cruel… t'es pas patient. T'es sûr que ça te dérange pas si je te rends pas la pareille ?
— Chut… Profite, future avocate en manque...
Il reprit sa lente dégustation, encouragé par ses gémissements et la tension de ses mains dans ses cheveux.
Les minutes passèrent, jusqu'à ce que son corps se tende dans un cri étouffé. Skygge s'extirpa, alla chercher un peu d'eau pour elle, puis la reprit dans ses bras.
— Ça t'a plu ?
— Beaucoup… Merci. Tu veux qu'on continue ? T'es encore dur, je me suis pas occupée de toi…
Il la regarda, affalée contre lui, le regard fatigué mais comblé.
— Tu n'es pas en état. Profite un peu de tendresse, c'est que partie remise.
Une demi-heure passa entre baisers et caresses douces. Nina finit par s'endormir dans ses bras.
Skygge, en silence, la déposa dans son lit, débarrassa la table et s'éclipsa.
Avant de partir, il laissa un mot sur la table :
— Merci pour le café et la soirée. Ce fut très agréable. Hâte de fixer une date pour ce ciné.
Le jour peine à se lever, comme s'il devinait que Skygge n'avait pas envie de lumière. Le café coule dans un silence pesant. Il est rentré chez lui vers quatre heures du matin, après avoir veillé Nina. Il n'a pas dormi. Il n'en a pas eu besoin. Pas cette fois.
Le salon, toujours impeccablement rangé, semble moquer son trouble intérieur. Les livres alignés, les objets posés au millimètre, rien n'a bougé. Tout est à sa place, sauf lui.
Il s'installe à la table, devant la fenêtre entrouverte. Une cigarette glisse entre ses doigts. Il l'allume sans envie, par réflexe. La nuit avec Nina flotte dans son esprit, mais déjà, elle s'efface. Pas par désintérêt, non. Plutôt par mécanisme de défense. Skygge n'aime pas ce qu'elle provoque en lui : de l'attente.
Il détourne les yeux et les pose sur un échiquier immobile. Une partie laissée en plan. Une pièce renversée. Il se lève, ouvre une armoire, et en sort un carnet à couverture usée. Un journal. Il ne l'avait pas ouvert depuis des mois. Pas depuis la dernière crise. Il s'assoit, l'ouvre, écrit quelques mots sans réfléchir.
— Ce matin, elle dormait comme un chat repu. Elle n'a pas vu que je la regardais avec tendresse. Ou avec peur. Je ne sais pas. Je crois que je pourrais l'aimer. Et ça, c'est dangereux.
Il referme le carnet brutalement, comme s'il venait d'avouer un crime. Il se lève, attrape sa veste. Il faut qu'il sorte, qu'il s'éloigne de cette ambiance étouffante. Il enfile son manteau comme un masque, remet sa montre, range son téléphone, pas un regard dans le miroir. Ce visage, il le connaît trop bien.
Dans le hall de l'immeuble, une vieille voisine lui sourit poliment. Il répond d'un signe de tête. Dehors, l'air est tranchant. Il prend à droite, sans but, sans destination. Juste marcher.
Il marcha longtemps, sans vraiment savoir où aller. L'aube colorait la ville de reflets gris-bleu, et le froid matinal mordait encore la peau. Skygge avançait, mains dans les poches, silhouette sobre parmi les rues encore endormies.
Le souvenir de la nuit passée s'accrochait à lui comme un parfum trop entêtant. Il revoyait Nina, ses sourires moqueurs, ses gestes brûlants, et ce regard – à la fois joueur et perdu. Il ne regrettait rien. Mais il savait que ce genre de parenthèse avait un goût amer une fois refermée.
Arrivé devant son immeuble, il gravit les marches d'un pas lent. Il ouvrit la porte de son appartement dans un silence mécanique, referma sans bruit, comme s'il craignait de déranger les fantômes qui habitaient encore les lieux.
Il laissa tomber sa veste sur le dossier du fauteuil, puis s'avança dans le salon plongé dans la pénombre. Aucun son, pas même un tic-tac. Juste lui, et ce calme un peu trop parfait pour être honnête.
Il se leva, ôta sa chemise et la jeta sur le dossier d'une chaise. Dans le miroir du couloir, son reflet lui renvoya ce qu'il évitait de regarder trop souvent : les cicatrices, la peau pâle et fine marquée de lignes anciennes, les yeux lourds, pas de fatigue — de mémoire.
Il ferma les yeux. Derrière ses paupières, tout refit surface. Sa mère. Le radiateur. Le sang. Les cris étouffés et la douleur tue pendant des années. Et cette fois-là, cette fois précise, où il avait cru mourir pour de bon.
Il secoua la tête et ouvrit les yeux. Non. Pas aujourd'hui.
Un soupir. Un café noir. Une table dressée pour deux. Et puis le bruit familier de la clé dans la serrure.
Son père entra, silhouette imposante, port droit malgré les années. Il posa son manteau et, sans un mot, s'assit face à lui. Les pièces d'échecs étaient déjà à leur place. La conversation n'avait pas besoin d'être verbale. Elle viendrait au fil des mouvements.
— Tu as changé quelque chose dans ton jeu, dit finalement l'homme en déplaçant un cavalier.
Skygge leva un sourcil.
— Peut-être. Ou peut-être que je commence à comprendre les règles.
Le vieux sourit. Puis, au détour d'un silence :
— Tu dors mieux ?
Skygge hésita. Puis haussa les épaules.
— J'ai rêvé d'elle.
Un silence lourd.
— Et ?
— Et j'ai revu ce jour-là. Le radiateur. Les quinze jours d'absence. La "grippe". Tout.
Le père acquiesça lentement. Il n'ajouta rien.
— Tu aurais pu ne pas me croire, à l'époque, dit Skygge.
— Je t'ai cru. Mais j'étais lâche.
Le regard de Skygge se durcit, mais il n'ajouta rien. Le vieux homme reprit :
— Tu t'en sors mieux que ce que je craignais. T'as fait du chemin, fiston.
— Et pourtant, je suis encore là, à aligner des pions pour ne pas affronter les rois.
Le père sourit, fatigué.
— Peut-être. Mais aujourd'hui, tu avances. Même si c'est en boitant.
Skygge ne répondit pas. Il observa l'échiquier comme s'il y voyait le monde. Un monde déséquilibré, cruel, mais où il restait encore quelques bons coups à jouer.
Plus tard dans la journée, Skygge s'isola dans sa chambre, comme on retourne dans une tanière familière. Le silence y régnait, seulement troublé par le bruissement discret de la ville derrière la fenêtre. Il s'assit à son bureau, face au vieux carnet à la couverture cornée, celui qui avait déjà tout vu : les nuits d'errance, les aveux qu'on ne fait à personne, et les fragments d'une vérité morcelée.
Il l'ouvrit, avec la même lenteur qu'on déplie un souvenir trop lourd. Chaque page était un bout de lui : pensées éparses, esquisses nerveuses, lettres jamais envoyées. Ses doigts effleuraient les mots comme s'il craignait qu'ils s'effacent. Parfois, un mot, une date, une phrase griffonnée dans une nuit d'orage émotionnel lui revenait comme une gifle douce.
— Je me demande parfois si ce que je ressens est réel, ou juste la mémoire d'un feu que j'ai trop bien étouffé.
Il s'arrêta là. Le trait était tremblant, encré au bord d'une page. L'avait-il écrit pour elle ? Pour sa mère ? Pour la version de lui-même qu'il avait dû abandonner ce jour-là, sans vraiment se retourner ?
Un bruit discret interrompit le fil de ses pensées. Le téléphone vibra, court battement de rappel au monde extérieur.
Nina : "Je me suis réveillée seule… mais avec le sourire. Merci. On remet ça ?"
Un rictus, presque imperceptible, traversa son visage. Il resta un instant immobile, le regard perdu sur l'écran. Son pouce hésita, suspendu entre le confort du recul et le vertige du lien.
Puis il tapa lentement :
— Quand tu veux. Mais pas que pour ça. J'aimerais aussi apprendre qui tu es quand tu ne fais pas tomber les murs.
Il posa le téléphone, attrapa sa tasse de café — tiède, amer, familier — et regarda dehors. La ville s'éveillait à peine, indifférente. Pourtant, lui, pour la première fois depuis longtemps, avait l'étrange sensation de ne plus être tout à fait en marge.
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mozart
17 février 2026 à 19:58
Toujours agréable à suivre.
Soyez respectueux
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Docsevere
24 novembre 2025 à 09:26
La première nuit : la classe. Mais l'attitude de Skygge n'est-elle pas simplement la peur de ne pas se livrer ?

J'aime beaucoup certaines expressions, comme "ce calme un peu trop parfait pour être honnête" (ça me rappelle mon studio quand j'étais étudiant) ; et l'image de l'échiquier, métaphore de la vie où on joue des coups l'un après l'autre...

Cette histoire me fait remonter des tas de souvenirs de l'époque où j'étais étudiant.

Toujours très brillant en tout cas.
Modifié 24 novembre 2025 à 09:27
Soyez respectueux
Répondre

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