Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous la peau des silences — Chapitre 6 · lumiere noir
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous la peau des silences
Chapitre 6 · lumiere noir
Le parc universitaire baignait dans une lumière irréelle. Le soleil filtrait à travers les feuillages printaniers, dessinant sur les allées pavées des ombres dansantes. Les oiseaux n'étaient pas silencieux, mais discrets, comme s'ils respectaient quelque chose de sacré.
Skygge attendait.
Il s'était installé près du kiosque, à quelques pas du piano droit que l'université laissait en libre accès, à condition qu'on le respecte. Les touches blanches luisaient sous la lumière, et les cordes vibraient parfois toutes seules, frôlées par une brise plus légère que l'air.
Il s'était installé près du kiosque, à quelques pas du piano droit que l'université laissait en libre accès, à condition qu'on le respecte. Les touches blanches luisaient sous la lumière, et les cordes vibraient parfois toutes seules, frôlées par une brise plus légère que l'air.
Il portait un costume trois pièces noir, chemise boutonnée jusqu'au col. Pas de cravate. Un long manteau sombre, vestige d'un autre siècle, lui donnait l'allure étrange d'un croque-mort romantique égaré dans une époque trop vive. Ses gants de cuir fin étaient neufs. Il s'en souvenait, de sa remarque : " C'est étrange, Tes mains ne vont pas avec ton costume."
Il avait souri en les enfilant ce matin-là.
Un contraste amusant, aussi, avec l'image d'Olympe. Elle avait ce style gothique assumé, ce noir vibrant d'âme, cette désinvolture précise. Ensemble, ils ressemblaient à deux pages arrachées d'un vieux roman victorien… mais qui auraient été réécrites par quelqu'un de plus libre.
Un contraste amusant, aussi, avec l'image d'Olympe. Elle avait ce style gothique assumé, ce noir vibrant d'âme, cette désinvolture précise. Ensemble, ils ressemblaient à deux pages arrachées d'un vieux roman victorien… mais qui auraient été réécrites par quelqu'un de plus libre.
Il regarda l'heure : 15h57.
Il n'était pas nerveux. Mais il se surprenait à espérer. Ce qui, pour lui, était déjà une vulnérabilité rare.
Autour, des étudiants passaient, riaient, mangeaient sur les bancs. Mais l'endroit semblait protégé, comme suspendu dans une bulle. Son regard revint au kiosque, puis au sentier d'où elle pourrait surgir.
Il n'était pas nerveux. Mais il se surprenait à espérer. Ce qui, pour lui, était déjà une vulnérabilité rare.
Autour, des étudiants passaient, riaient, mangeaient sur les bancs. Mais l'endroit semblait protégé, comme suspendu dans une bulle. Son regard revint au kiosque, puis au sentier d'où elle pourrait surgir.
Skygge attendait, observant la lumière qui filtrait à travers les feuilles des arbres, les éclats de lumière caressant le sol du parc universitaire. L'endroit, silencieux, semblait figé dans une atmosphère presque irréelle, comme une vision de paradis suspendue dans le temps. Il avait retiré ses gants pour cette rencontre, un geste presque symbolique, comme une préparation intime. La remarque d'Olympe sur ses mains, sur ce qu'elles représentaient pour elle, lui revenait sans cesse. Il avait voulu la surprendre, comme pour lui prouver qu'il n'était pas qu'une silhouette dans l'ombre.
Il se sentit soudainement un peu ridicule, ses vêtements chics contrastant de manière absurde avec l'ambiance de l'université. l'allure soignée, mais décalée dans ce décor de jeunes qui se cherchaient encore. Et pourtant, ce petit côté excentrique semblait lui convenir. Olympe, de son côté, était loin d'être une convention. Elle était une rupture totale avec l'image qu'il voulait projeter.
Un frisson parcourut son échine. Il se sentait étrangement vulnérable dans ce décor idyllique. Le piano, abandonné, semblait l'attendre, comme une promesse de musique qu'il ne pourrait jamais jouer. Il leva les yeux, cherchant la silhouette familière, mais il n'aperçut qu'un mouvement furtif dans la végétation.
Puis, quelque chose attira son attention. Sur le piano, il aperçut une lettre. Un petit papier plié soigneusement, posé juste à côté du clavier, avec une pièce d'échecs – un roi blanc – posée dessus. Le contraste était frappant, presque irréel, dans ce lieu où l'on aurait plus attendu des oiseaux ou des fleurs que des symboles de jeu.
Il s'approcha lentement, le cœur battant plus fort à mesure qu'il se penchait pour saisir l'enveloppe. Les mots inscrits sur la lettre étaient clairs et concis :
"Tu crois vraiment avoir maîtrisé la partie ? Viens me retrouver à la vieille serre près du lac. Peut-être y découvrirons-nous de nouveaux coups."
Skygge prit un moment pour digérer la phrase. Un sourire en coin se dessina sur son visage. Une autre provocation, ou peut-être, cette fois, une véritable invitation. La mention de la serre près du lac avait quelque chose d'intime, de secret. Olympe savait comment jouer avec lui, et elle le poussait dans ses retranchements à chaque mouvement.
Il rangea la lettre dans sa poche, le roi blanc entre ses doigts comme un talisman étrange. Sans un regard en arrière, il se dirigea vers la serre, son esprit tourné vers ce que cette rencontre pourrait signifier. Une nouvelle partie, encore plus imprévisible. Une nouvelle énigme à résoudre. Mais pour la première fois, il avait hâte de savoir ce que l'avenir lui réservait.
Le chemin menant à la vieille serre serpentait entre les bosquets et les statues anciennes du parc universitaire, vestiges d'un passé oublié. Peu d'étudiants s'aventuraient de ce côté du campus. L'endroit semblait hors du temps, protégé par la végétation qui avait lentement grignoté les pierres et le verre.
Skygge marchait d'un pas lent, attentif à chaque son, chaque frisson de vent dans les feuilles. Le roi blanc tournait entre ses doigts gantés. Il ne savait pas ce qu'il allait trouver là-bas. Mais au fond, il s'en moquait presque. Ce n'était pas la destination qui comptait. C'était le fait qu'elle ait laissé une trace, un signe. Une énigme, oui. Mais qui lui était destinée.
Quand il aperçut enfin la serre, son cœur fit un léger sursaut. Les vitres sales reflétaient à peine la lumière du soir. Des lianes enlaçaient les montants de fer, comme si la nature tentait de la refermer à jamais. Pourtant, la porte était entrouverte.
Il hésita un instant. Puis entra.
À l'intérieur, la chaleur humide des plantes le frappa d'un coup. L'air sentait la terre, les feuilles, et un parfum discret, qu'il reconnut vaguement sans pouvoir le nommer. Peut-être celui qu'elle portait. La lumière passait par les interstices entre les vitres, dessinant des rayons dorés dans la poussière.
À l'intérieur, la chaleur humide des plantes le frappa d'un coup. L'air sentait la terre, les feuilles, et un parfum discret, qu'il reconnut vaguement sans pouvoir le nommer. Peut-être celui qu'elle portait. La lumière passait par les interstices entre les vitres, dessinant des rayons dorés dans la poussière.
Et au centre, entre deux grands palmiers, une chaise. Sur la chaise, un jeu d'échecs miniature, en bois sombre. Les pièces étaient toutes alignées… sauf une. Le roi noir manquait.
À la place, un petit mot manuscrit, coincé dans l'écrin.
À la place, un petit mot manuscrit, coincé dans l'écrin.
"J'ai pris ton roi. À toi de venir le récupérer.
Indice : ce n'est ni une bibliothèque, ni un champ de bataille. Mais parfois, les mots s'y affrontent."
Indice : ce n'est ni une bibliothèque, ni un champ de bataille. Mais parfois, les mots s'y affrontent."
Skygge lut la phrase trois fois. Un sourire lentement étira ses lèvres. Elle poursuivait le jeu. Et elle le connaissait bien. C'était une chasse, une danse, une partie sans cases ni pendule.
Il releva les yeux, un instant figé dans le silence moite de la serre. Elle était là, quelque part, invisible, mais proche. Et lui, déjà, reprenait sa marche.
Il sortit de la serre lentement, le mot toujours en main.
« Ce n'est ni une bibliothèque, ni un champ de bataille. Mais parfois, les mots s'y affrontent. »
Skygge ferma les yeux, concentré. Il récita mentalement : pas une bibliothèque, donc pas la BU… pas un champ de bataille, donc pas une salle de débat, ni une arène… mais où les mots s'affrontent ?
Il releva les yeux, un instant figé dans le silence moite de la serre. Elle était là, quelque part, invisible, mais proche. Et lui, déjà, reprenait sa marche.
Il sortit de la serre lentement, le mot toujours en main.
« Ce n'est ni une bibliothèque, ni un champ de bataille. Mais parfois, les mots s'y affrontent. »
Skygge ferma les yeux, concentré. Il récita mentalement : pas une bibliothèque, donc pas la BU… pas un champ de bataille, donc pas une salle de débat, ni une arène… mais où les mots s'affrontent ?
Il marcha à pas lents entre les pavés, le soir tombait doucement, rosant le ciel d'une teinte tranquille. Et soudain, une idée jaillit.
L'amphithéâtre 4.
Le vieil amphi, en contrebas du bâtiment principal. Celui où les cours magistraux de littérature comparée avaient parfois des allures de joutes verbales. Il s'y était déjà glissé, pour écouter sans être inscrit. Les profs s'y lâchaient, certains élèves aussi. Les mots s'y élevaient, s'y opposaient, s'y écrasaient.
L'amphithéâtre 4.
Le vieil amphi, en contrebas du bâtiment principal. Celui où les cours magistraux de littérature comparée avaient parfois des allures de joutes verbales. Il s'y était déjà glissé, pour écouter sans être inscrit. Les profs s'y lâchaient, certains élèves aussi. Les mots s'y élevaient, s'y opposaient, s'y écrasaient.
Il pressa le pas.
Le couloir était désert. Une lampe grésillait au plafond, projetant une lumière jaune un peu glauque sur les murs. La porte de l'amphithéâtre était entrouverte. Skygge la poussa doucement.
Le lieu était vide. Les gradins vides, la scène silencieuse.
Mais sur la grande estrade, posée à même le bois, une boîte noire. Petite, discrète. Et devant elle, comme pour l'accueillir, le roi noir, sa pièce, debout.
Skygge s'approcha. Lentement. Il ramassa le roi, et souleva le couvercle de la boîte.
À l'intérieur, une autre lettre, pliée avec soin.
« Je savais que tu viendrais. Tu ne peux pas t'empêcher de comprendre. De suivre les signes.
Je t'attends à l'endroit où l'on ne parle pas… mais où tout s'exprime. »
Il ne réfléchit pas longtemps, cette fois.
La salle de danse.
Une salle vitrée au dernier étage du bâtiment des arts, rarement utilisée. Elle était délaissée, souvent vide. Et silencieuse, justement. On y répétait parfois en silence, avec de la musique dans les écouteurs. Mais surtout,
Le couloir était désert. Une lampe grésillait au plafond, projetant une lumière jaune un peu glauque sur les murs. La porte de l'amphithéâtre était entrouverte. Skygge la poussa doucement.
Le lieu était vide. Les gradins vides, la scène silencieuse.
Mais sur la grande estrade, posée à même le bois, une boîte noire. Petite, discrète. Et devant elle, comme pour l'accueillir, le roi noir, sa pièce, debout.
Skygge s'approcha. Lentement. Il ramassa le roi, et souleva le couvercle de la boîte.
À l'intérieur, une autre lettre, pliée avec soin.
« Je savais que tu viendrais. Tu ne peux pas t'empêcher de comprendre. De suivre les signes.
Je t'attends à l'endroit où l'on ne parle pas… mais où tout s'exprime. »
Il ne réfléchit pas longtemps, cette fois.
La salle de danse.
Une salle vitrée au dernier étage du bâtiment des arts, rarement utilisée. Elle était délaissée, souvent vide. Et silencieuse, justement. On y répétait parfois en silence, avec de la musique dans les écouteurs. Mais surtout,
Skygge rangea la lettre dans sa veste, remit ses gants, et partit à nouveau.
Skygge poussa la porte du bâtiment, son pas résonnant dans le couloir vide. L'air portait l'odeur vague de bois ciré et de résine ancienne. Il s'approcha de la salle 104, celle qu'indiquait l'énigme. Il poussa la porte.
Vide.
Pas une note, pas un murmure, pas de roi blanc. Juste un parquet bien ciré, un miroir sur le mur du fond et une grande baie vitrée qui laissait entrer une lumière oblique, dorée et indifférente.
Son cœur se serra. Il resta immobile, quelques secondes, comme s'il pouvait faire apparaître Olympe par la seule force de sa volonté. Mais non. Rien. Ni elle, ni mot, ni trace.
Il referma sèchement la porte. Sa mâchoire était tendue, son pas agacé. Il sortit du bâtiment d'un mouvement vif, traversa l'escalier de pierre trois marches à la fois, et fut soudain arrêté net.
Elle était là.
Assise sur un muret, jambes croisées, dos droit. Un pied battait l'air au rythme d'une musique qu'elle seule entendait, ses écouteurs tombant de son col comme deux grappes d'ébène. Ses cheveux noirs étaient lâchés cette fois, et encadraient son visage avec un naturel maîtrisé. Un trait de liner précis soulignait ses yeux, et une bouche d'un rouge noir contrastait avec la pâleur de sa peau.
Pas une note, pas un murmure, pas de roi blanc. Juste un parquet bien ciré, un miroir sur le mur du fond et une grande baie vitrée qui laissait entrer une lumière oblique, dorée et indifférente.
Son cœur se serra. Il resta immobile, quelques secondes, comme s'il pouvait faire apparaître Olympe par la seule force de sa volonté. Mais non. Rien. Ni elle, ni mot, ni trace.
Il referma sèchement la porte. Sa mâchoire était tendue, son pas agacé. Il sortit du bâtiment d'un mouvement vif, traversa l'escalier de pierre trois marches à la fois, et fut soudain arrêté net.
Elle était là.
Assise sur un muret, jambes croisées, dos droit. Un pied battait l'air au rythme d'une musique qu'elle seule entendait, ses écouteurs tombant de son col comme deux grappes d'ébène. Ses cheveux noirs étaient lâchés cette fois, et encadraient son visage avec un naturel maîtrisé. Un trait de liner précis soulignait ses yeux, et une bouche d'un rouge noir contrastait avec la pâleur de sa peau.
Elle portait un pantalon cigarette noir, des bottines à lacets, une chemise blanche boutonnée jusqu'au col, et un gilet à motifs floraux sombres, presque victorien. À son poignet, une montre à gousset détournée en bracelet. À sa manière, elle semblait sortie d'un autre siècle — comme lui.
Elle le vit. Et sans bouger, déclara d'un ton calme, presque moqueur :
— Tu es en retard. Il me semble que c'est toi qui avais fixé le rendez-vous à 16h.
Un léger sourire effleura ses lèvres. Pas railleur. Juste amusé. Elle n'était ni vexée ni distante. Elle jouait, encore, mais cette fois à ciel ouvert.
Skygge resta interdit. Un souffle passa entre ses lèvres, plus soupir que mot. Il regarda autour de lui, comme pour vérifier que ce n'était pas une hallucination.
Elle inclina la tête, curieuse.
Skygge resta interdit. Un souffle passa entre ses lèvres, plus soupir que mot. Il regarda autour de lui, comme pour vérifier que ce n'était pas une hallucination.
Elle inclina la tête, curieuse.
— Tu m'as cherchée dans la salle ? Je voulais voir si tu viendrais pour moi… ou juste pour résoudre une énigme.
Elle se leva alors, d'un mouvement fluide. Son regard était franc. Vif. Un peu troublant.
— Alors… qu'est-ce qu'on fait maintenant, Skygge ? Tu joues blanc ou noir ?
Skygge la suivit en silence, le roi blanc serré dans sa main gantée. Olympe marchait devant, sans se retourner, ses pas rapides mais souples, comme si elle connaissait parfaitement le chemin, comme si le campus entier était son territoire nocturne.
Ils quittèrent les allées bien tracées du parc universitaire. Elle l'entraîna derrière un vieux bâtiment désaffecté, là où la lumière des réverbères s'effilochait dans les feuillages épais.
Un escalier en pierre, à demi envahi par la mousse, descendait vers une ancienne serre. Le verre était fêlé par endroits, l'ossature en fer forgé dévorée par la rouille, mais à l'intérieur… tout était vivant.
Des plantes sauvages s'étaient installées là, luxuriantes, entremêlées. L'air était tiède, presque humide. Une lumière pâle filtrait par les vitres cassées — la lune.
Olympe poussa la porte avec précaution.
Ils quittèrent les allées bien tracées du parc universitaire. Elle l'entraîna derrière un vieux bâtiment désaffecté, là où la lumière des réverbères s'effilochait dans les feuillages épais.
Un escalier en pierre, à demi envahi par la mousse, descendait vers une ancienne serre. Le verre était fêlé par endroits, l'ossature en fer forgé dévorée par la rouille, mais à l'intérieur… tout était vivant.
Des plantes sauvages s'étaient installées là, luxuriantes, entremêlées. L'air était tiède, presque humide. Une lumière pâle filtrait par les vitres cassées — la lune.
Olympe poussa la porte avec précaution.
— Bienvenue dans mon refuge.
Skygge entra à son tour, lentement. L'endroit semblait irréel. Des fougères géantes frémissaient sous la brise. Une vieille chaise en osier reposait au milieu de ce chaos végétal, à côté d'une pile de livres. Des chandelles éteintes, un échiquier en pierre recouvert de poussière, et sur une table bancale… une boîte à musique entrouverte, qui laissait deviner une valse figée.
— Je viens ici quand j'ai besoin de silence, dit-elle. Pas le silence vide… le silence habité.
Elle se tourna vers lui, plus sérieuse maintenant.
— Tu n'es pas obligé de rester. Mais si tu veux comprendre, c'est ici que ça commence.
Skygge s'approcha de l'échiquier, l'effleura du bout des gants.
— Comprendre quoi ?
— Pourquoi je t'ai laissé gagner. Pourquoi je joue avec toi. Pourquoi je te cherche.
— Pourquoi je t'ai laissé gagner. Pourquoi je joue avec toi. Pourquoi je te cherche.
Un battement de cœur. Puis un autre.
— Alors parle, dit-il.
Elle s'assit sur la chaise en osier, le regard plongé dans l'ombre.
— Pas ce soir. Ce soir, tu restes. Ou tu pars. Mais demain, je jouerai un autre coup. À toi de décider si tu continues la partie.
Un murmure du vent dans la serre.
Skygge s'assit lentement sur une vieille souche face à elle. Il posa le roi blanc entre eux.
Skygge s'assit lentement sur une vieille souche face à elle. Il posa le roi blanc entre eux.
— Je reste.
Olympe ferma les yeux une seconde. Puis elle alluma une chandelle.
— Bien. Alors laisse tomber tes gants. Ici, il n'y a rien à cacher.
Il hésita. Puis, lentement, il les retira.
Et la nuit commença à respirer autrement.
La boîte à musique s'était tue. Le silence n'était plus un vide, mais une tension suspendue, comme une note tenue trop longtemps. Skygge, resté debout, la fixa du regard. Il n'en pouvait plus d'avancer à tâtons.
Et la nuit commença à respirer autrement.
La boîte à musique s'était tue. Le silence n'était plus un vide, mais une tension suspendue, comme une note tenue trop longtemps. Skygge, resté debout, la fixa du regard. Il n'en pouvait plus d'avancer à tâtons.
— Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu fais ici. À l'université.
Elle se redressa lentement, fit mine de réfléchir.
— Je pourrais te dire que je fais de l'archéologie des émotions perdues. Ou des mathématiques appliquées au hasard. Mais la vérité est plus banale.
Elle se tourna vers lui, la lumière effleurant les angles de son visage.
— Je suis en master de philosophie. Spécialisation esthétique et symbolique. J'écris un mémoire sur la mélancolie comme forme de résistance.
Skygge ne sut quoi répondre. Un silence, encore. Elle s'approcha, cette fois pour de bon. Sa voix se fit plus basse, plus précise.
— Tu sais, les gens pensent qu'on fait de la philo pour avoir des réponses. Mais en vérité, on la fait pour vivre avec de meilleures questions.
Il la fixa. Quelque chose se brisa en lui. Ou peut-être que quelque chose, enfin, s'ouvrait.
— Et moi, je suis quoi ? Une question ? Une hypothèse ? Une anecdote de terrain ?
— Tu es un contre-exemple, répondit-elle avec un sourire mystérieux. Un jour, je t'utiliserai dans une note de bas de page. Si tu veux bien.
— Tu es un contre-exemple, répondit-elle avec un sourire mystérieux. Un jour, je t'utiliserai dans une note de bas de page. Si tu veux bien.
Elle se pencha, l'effleura, de ce geste trop précis pour être accidentel.
Puis, brusquement, elle se détourna, saisit une petite télécommande dans sa poche, et appuya dessus. D'un coup, les guirlandes accrochées tout autour s'allumèrent, projetant dans le feuillage une constellation de petites lumières. La music se mit à jouer tout seul — une boucle enregistrée, une valse étrange et bancale, presque enfantine.
Skygge écarquilla les yeux.
Puis, brusquement, elle se détourna, saisit une petite télécommande dans sa poche, et appuya dessus. D'un coup, les guirlandes accrochées tout autour s'allumèrent, projetant dans le feuillage une constellation de petites lumières. La music se mit à jouer tout seul — une boucle enregistrée, une valse étrange et bancale, presque enfantine.
Skygge écarquilla les yeux.
— C'était ton plan depuis le début ?
Olympe s'assit, ses jambes croisées dans le vide.
— J'avais envie d'un final. Tu sais, comme dans les films. Où la fille semble un peu folle, mais au fond elle sait très bien ce qu'elle fait.
Elle plongea son regard dans le sien, puis tendit la main, paume ouverte.
— Alors ? Tu veux danser avec une idée un peu trop vivante pour toi ?
Skygge hésita. Puis, lentement, il s'approcha.
Le roi blanc était toujours là, posé à côté de la boîte à musique.
Il le prit, le plaça sur la rambarde, et glissa sa main dans celle d'Olympe.
La valse continua. La pièce , baigné de lumière, semblait hors du monde.
Et pour la première fois depuis longtemps, Skygge ne cherchait plus les règles. Il suivait le mouvement.
Le roi blanc était toujours là, posé à côté de la boîte à musique.
Il le prit, le plaça sur la rambarde, et glissa sa main dans celle d'Olympe.
La valse continua. La pièce , baigné de lumière, semblait hors du monde.
Et pour la première fois depuis longtemps, Skygge ne cherchait plus les règles. Il suivait le mouvement.
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Le jeu de piste, course après cette fille, m'évoque une métaphore de la mère idéalisée et perdue, ou de la femme idéale, fuyante parce qu'inatteignable. Le songe "étrange et pénétrant" de Verlaine.