00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Vivi75 Pas évident, les études ! XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Pas évident, les études ! — Chapitre 1 · Fin de soirée

24 minutes
18k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Vivi75
Histoires publiées
54
Abonnés
79
J'aime cumulés
3.5k

Pas évident, les études !

Chapitre 1 · Fin de soirée

Ils montaient les escaliers lentement. Ilyes évitait son regard depuis qu'ils étaient sortis de la voiture. Il ne comprenait même plus pourquoi il était là. Il pensait la déposer, lui dire bonne nuit, et basta. Mais elle s'était tournée vers lui, sourire en coin :
— Tu veux monter ? Juste pour un verre.
Juste un.
Il avait dit oui. Évidemment qu'il avait dit oui. Il aurait dit oui à tout. Et maintenant, il était là, derrière elle, à suivre ses hanches qui se balançaient sous sa robe noire. Une robe simple, mais qui en laissait deviner beaucoup. Ses jambes, ses épaules bronzées et dénudées, ses cheveux qui lui tombaient dans le dos.
Elle ouvrit la porte de son petit appart et, d'une main sûre, appuya sur l'interrupteur. La lumière se fit. L'endroit était calme, propre, parfumé. Une odeur chaude, boisée emplissait l'air. Ilyes éprouva une appréhension étrange. Elle retira ses chaussures sans se presser, pieds nus sur un revêtement tiède. La porte claqua doucement derrière eux.
Ilyes resta près de l'entrée, figé comme s'il venait d'entrer dans un musée.
— Fais pas ton timide, vas-y, entre. Tu veux boire quoi ?
— Je sais pas… ce que t'as.
— Ok… Vas-y, installe-toi, je ramène.
Il s'avança lentement vers la pièce principale, qui faisait office de salon. L'appartement n'était pas grand. Mais il était bien rangé et un peu trop silencieux. Une baie vitrée fermée par un store, un canapé en velours beige, un tapis épais, quelques bougies éteintes. Il y avait une odeur de musc doux, de vanille. Intime. Timide, le garçon ne savait où poser ses mains.
— Tu peux t'asseoir, hein. Je vais pas te manger.
La voix féminine lui parvint de la cuisine. Ilyes s'assit au bord du canapé, les genoux serrés, le dos droit. Il essuya ses paumes moites contre son jogging. Il réalisa que le pantalon était un peu trop petit : ses cuisses serraient et il sentait tirer l'entrejambe. Il se trouva d'un grotesque. Il regardait autour, évitait le miroir en face. Elle revint avec deux verres. Du vin blanc. Elle s'installa en tailleur face à lui, directement sur le tapis épais, à l'aise, pieds nus.
— Je ne bois pas d'alcool…, murmura-t-il, l'air de s'excuser.
Les mots d'Ilyes tremblaient. Il craignait de briser le moment par cette prévention, de la vexer, de passer pour ridicule. Son malaise grandit encore. Elle alla chercher une bouteille de coca.
Ilyes connaissait Soraya depuis des années. Ils avaient grandi dans le même quartier, dans une banlieue triste du nord de la France. À l'époque, elle n'était pas aussi sûre d'elle, pas aussi à l'aise ni libre dans ses gestes. Elle avait changé, ce n'était plus vraiment la même fille.
Déjà, pourtant, il la trouvait trop brillante pour lui. Au collège, il s'était retrouvé dans la même classe que Safia, la plus jeune sœur de Soraya, et c'est grâce à elle qu'il l'avait rencontrée. D'emblée, il l'avait trouvée belle ; il aimait son sourire, un sourire discret qu'il avait gardé en mémoire. Mais il était encore un enfant, un adolescent grassouillet et mal dans sa peau. Il s'était senti toujours impressionné par cette fille discrète.
Et, encore l'aurait-il voulu, il lui aurait été très difficile d'aborder cette fille plus âgée que lui, déjà presque une femme. Au quartier, les cercles des filles ne croisaient que rarement ceux des garçons et, à l'adolescence, les frontières devenaient encore plus étanches, jusqu'à constituer deux univers distincts. Par ailleurs, Safia et Soraya étaient d'une famille assez traditionaliste. Elles portaient parfois le voile, à l'époque. Pas de maquillage, pas un mot plus haut que l'autre. Dans ce contexte, Ilyes n'eut jamais vraiment l'occasion d'échanger avec Soraya.
Et surtout, il ne croyait pas l'intéresser. S'il l'observait en silence, elle ne le regardait jamais. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Elle avait deux ou trois ans de plus que lui, une réputation d'intello, de fille sérieuse, fière, déjà ailleurs dans sa tête.
Elle avait habité ses fantasmes d'adolescent. Puis les années avaient passé. Soraya avait disparu du quartier après le bac, comme beaucoup de ceux qui voulaient « autre chose ». Fac de lettres modernes, avait dit Safia un jour. Puis plus de nouvelles. Même sur les réseaux, elle semblait avoir effacé l'ancienne version d'elle-même. Et lui était resté. Ses années de lycéen furent médiocres. Des petits boulots, un corps qui s'était empâté, des cheveux courts, un regard un peu fuyant et des boutons plein la gueule. Rien de remarquable.
Jusqu'à ce soir-là. C'était Safia, avait qui il était resté en contact après le bac, qui l'avait traîné à cette soirée dans un bar de Lille. Ambiance tamisée, vieux tubes RnB. Il avait reconnu Soraya tout de suite. Ce n'était plus la fille studieuse et voilée. C'était une femme maintenant. Robe noire, lèvres rouges. Elle riait mais restait toujours discrète. Elle buvait.
Elle l'avait reconnu. Il avait souri, d'un air emprunté. Et ils avaient parlé, un peu, échangé quelques vagues souvenirs. Lui, il n'avait presque rien bu. Il la regardait trop. Il écoutait trop. Elle était allé rejoindre d'autres amis, lui était resté avec les siens. Ils s'étaient retrouvés vers une heure du matin, à la fermeture de l'établissement, tandis que tous les autres se disaient au revoir.
Quand elle avait vacillé un peu, en sortant de l'atmosphère enfumée et étouffante du bar, il avait tendu le bras sans réfléchir.
— Je te ramène, t'habites où ?
Elle avait levé un sourcil, amusée. Elle vivait dans un petit appartement, dans une rue étroite, quelque part entre Moulins et Wazemmes. Elle avait accepté qu'il la raccompagne. Durant le trajet, elle somnolait, elle n'avait pas parlé.
Et maintenant, il était là. Sur ce canapé. Chez elle. Devant elle. Il ne savait toujours pas ce qu'il devait faire de tout. Elle s'inquiéta un peu de le voir si tendu, si fermé :
— Ça va ? T'as pas l'air très à l'aise.
Il secoua la tête, esquissa un sourire.
— Si, si… un peu. C'est juste… j'suis pas trop habitué, c'est tout.
— À quoi ? À être chez une meuf ? Ou à être avec une meuf tout court ?
Elle le fixa. Il déglutit. Ne sut pas quoi répondre et sentit qu'il rougissait violemment. Un sourire aux lèvres, elle reprit :
— Avoue… T'as pas trop l'habitude de boire chez les filles, hein ?
— Non… enfin… pas trop.
Elle l'avait deviné, elle souriait doucement. Mais le jeune homme, gauche, n'était pas difficile à cerner.
— Je me disais aussi. Tu regardes partout sauf moi !
Il tenta un rire mais n'émit qu'un son bizarre. Elle s'étira. Alors, involontairement, il devina ses seins qui tendaient le tissu de sa robe. Il détourna les yeux. Elle reprit la conversation :
— Et tu vis où ? Toujours à Lens ?
— Oui. Je reste chez mes parents.
— Ah ouais. Petit garçon sage.
Elle but une gorgée. Puis se pencha légèrement vers lui.
— Tu bosses ? Tu fais quoi ?
— J'suis en BTS… maintenance informatique.
— Informatique. Bien vu. Tu passes ton temps devant l'écran, du coup.
Elle le fixa. Il rougit encore.
— Bah… ouais, un peu.
— À regarder quoi ?... Mmm... je préfère pas savoir !!
Il ne comprit pas tout de suite. Puis il saisit l'allusion. Et se figea. Devant la perplexité évidente de ce garçon, elle éclata de rire.
— Non, je rigole. T'inquiète.
Il sourit, gêné. Il voulait jouer le garçon à l'aise, mais à la vérité il se sentait déshabillé du regard. Soraya s'amusait de la situation. Pendant près d'une heure, ils discutaient de choses et d'autres. Il tentait tant bien que mal de se donner une contenance ; elle l'écoutait, baillait parfois. Puis elle revint à la charge.
— T'as une copine ?
Il fut bien obligé admettre qu'il n'en avait pas. La question avait bloqué leur échange, il ne savait plus quoi dire. La beauté de cette fille l'anéantissait. 23 ans, Brune, regard charbon, lèvres pleines, peau dorée comme du miel. Corps en sablier, gestes lents, sûrs, dangereux. Elle but une gorgée de vin et recommença. Elle était passablement éméchée. Ilyes crut qu'elle avait changé de sujet :
— T'as quoi… 18 ? 19 ?
— 19, ouais.
— Et t'as déjà couché avec une meuf ?
Il leva les yeux vers elle. Elle le regarda droit dans les siens, en souriant. Il était bloqué, il ne répondit pas. Elle insista :
— Allez… Dis la vérité.
Elle but une nouvelle une gorgée. Lui osait à peine porter le verre à ses lèvres. Elle continue, posée, presque moqueuse :
— T'as jamais couché avec quelqu'un, Ilyes ?
Silence. Il regardait ses chaussettes. Elle pencha un peu la tête.
— Ça se voit, tu sais. Mais c'est pas grave. À ton âge, y a plein de gens qui l'ont jamais fait.
Il acquiesça mais cette espèce de pitié qu'il avait cru entendre dans sa phrase lui flanqua un coup. Elle posa une autre question :
— Et t'as déjà embrassé une fille ? Vraiment je veux dire ?
— Une fois. En soirée. Une meuf du lycée.
Il mentait. Elle s'en doutait. Elle se recula, le détailla. Assis sur le canapé, il était trapu, un peu enrobé. Il portait un jogging moche, baskets sans âge, un tee-shirt un peu douteux. Ses cheveux étaient courts, mal coiffés et lui-même n'avait pas correctement rasé les quelques poils drus qui semblaient vouloir pousser épars sur ses joues. Vraiment pas beau, non. Mais quelque chose en lui l'amusa. La poussa à vouloir aller plus loin. Elle finit son verre et dit :
— Tu veux que je te montre comment ça fait ?… Ou t'as encore peur de moi ?
Elle sourit, mais ses doigts jouaient nerveusement avec le pied de son verre. Une seconde à peine, elle eut un flottement dans le regard. Il crut avoir mal compris.
Elle avait chaud. Elle se resservit un nouveau verre de vin. Puis, elle se redressa un peu, sûre d'elle, et, gardant son verre à la main, vint s'asseoir à côté de lui sur le canapé. Elle sentit son odeur : mélange de lessive, d'eau de toilette bon marché et de transpiration. Il la fixa, les pupilles dilatées. Elle sourit. Un sourire chaud, doux, presque affectueux cette fois. Elle se rapprocha jusqu'à être contre lui. Il ressentit la chaleur de sa peau à travers le tissu de sa robe lorsque la poitrine de Soraya effleura son bras. Elle posa sa main sur sa nuque.
— T'es trop mignon quand tu sais pas où regarder.
Elle l'obligea doucement à tourner le visage vers elle.
— Regarde-moi.
Derrière ses grands cils, ses yeux noirs brillaient. Elle avait les lèvres légèrement entrouvertes. Pulpeuses, brillantes et pleines. Ilyes n'osait plus faire un mouvement, happé par ce moment. Elle approcha son visage, mais marqua un infime léger arrêt, comme si elle vérifiait qu'il n'allait pas reculer. Puis elle demanda :
— C'est la première fois qu'on t'embrasse, Ilyes ?
Il sentit son ventre se nouer, ses tempes battre comme si son cœur y avait migré. Il hocha la tête, d'un mouvement minuscule, fragile mais intense. Alors elle l'embrassa. Doucement. Avec une lenteur calculée. Sa bouche se posa sur celle du garçon comme une chaleur tiède, moelleuse. Les jambes d'Ilyes tremblaient. Un frisson lui traversa l'échine, violent, inattendu. Un vertige, brutal, s'était emparé de lui. Son estomac se tordait, ses paumes brûlaient. Le baiser l'avait traversé comme une gifle douce, une agression tendre.
Puis, elle le guida, calmement. Lui ne bougeait pas, pétrifié ; puis il fondit. Ses lèvres répondirent à celles de la jeune femme. Maladroitement. Soraya l'aidait, l'accompagnait. Elle souffla entre deux baisers :
— Tu veux me toucher, hein ?
Il fermait les yeux. Son cœur battait trop fort. Il était en apnée, sa bouche brûlait. Chaque nerf dans son corps semblait avoir été électrisé. Elle l'embrassa à nouveau, puis elle s'éloigna d'un centimètre et murmura :
— T'as le droit d'avoir envie.
Ilyes demeurait immobile, comme s'il avait perdu la capacité de bouger. Ses lèvres gardaient encore la chaleur de celles de Soraya. Il restait la bouche à peine entrouverte. Elle le regarda et elle éclata de rire. Pas méchamment, mais franchement.
— Oh là là, t'as vu ta tête !
Hilare presque, elle se pencha en arrière sur le canapé, sa robe remonta un peu sur ses cuisses ; elle continuait à rire doucement, à le considérer comme on regarde un chiot maladroit.
— On dirait que t'as vu un fantôme, wesh. C'était juste un bisou !
Il tenta et bafouilla :
— J'suis… j'savais pas…
— Que j'allais faire ça ? Ben ouais. T'es pas habitué, ça se confirme !
Elle riait, mais son regard se posa sur lui avec une lueur plus douce, presque inquiète. Elle baissa les yeux un instant. Puis, comme pour balayer ce moment, elle reprit sur un ton léger :
— T'es tout rouge ! Regarde tes oreilles ! Et ton cœur, on l'entend d'ici !… Sérieux, je me disais : « il va faire un malaise, c'est pas possible » !
Il essaya de se défendre, mais elle ne lui en laissa pas le temps :
— T'avais jamais eu une fille aussi proche de toi, hein ?
Il avait l'impression d'observer la scène depuis l'extérieur de son propre corps. Comme si ses jambes ne lui appartenaient plus. Son souffle était court, le sol instable. Tout devenait flou, sauf elle. À nouveau, il resta silencieux, se contentant de hocher la tête, grotesque.
Puis, Soraya se pencha vers une table basse, à droite, pour récupérer son verre. Exprès, mais sans rien dire. Alors, sa robe glissa un tout petit peu. Le décolleté se détendit, s'ouvrit légèrement. Ilyes ne put s'empêcher de regarder. On devinait sous le tissu noir la chair ronde, lisse. Elle ne portait pas de soutien-gorge. Elle tourna la tête et surprit l'œil d'Ilyes.
— T'as jamais vu un décolleté ou quoi ?
Encore une fois il fut saisi par la brutalité de la question. Ses joues étaient rouge vif. Il suait. Voulant accroître son malaise, elle le provoqua :
— Tu m'as déjà imaginée toute nue ?
Il garda le silence.
— Tu m'as regardée toute la soirée, avoue !
Il marmonna quelque chose. Elle leva un sourcil, joueuse :
— Hein ? Dis-le.
— Oui…
— Oui quoi ?
— Oui… je t'ai regardée.
Elle s'humecta les lèvres et regarda sa proie avec un air de défi.
— Et tu penses à quoi exactement ? Pendant que tu me regardes ?
Il avala sa salive. Il voulait fuir. Il voulait rester.
— Tu penses à mes seins ? Mes fesses ? À ce qu'on pourrait faire tous les deux ?
Il était à la torture, ne sachant plus où mettre ses jambes. Il tirait sur son t-shirt, cherchait une échappatoire.
— T'aimerais bien caresser une vraie fille, Ilyes ?
Elle s'était penchée vers lui, confiante. Mais il vit sa main se crisper une demi-seconde sur le bord du canapé. Il ne répondit pas. Elle effleura le tissu de sa robe du bout de la main et ses doigts agrippèrent son décolleté, le firent descendre d'un centimètre. Un tout petit glissement. Juste assez pour que le haut de sa poitrine bombe davantage. La courbe était hypnotisante.
— Tu veux les voir, hein ?
Sa voix était douce. Mais derrière, quelque chose vibrait. Un fond de tension, une fragilité peut-être. Comme si elle se testait elle-même. Elle se pencha encore un peu. Elle était tout près.
— Tu veux que je te montre ? Juste un peu ? … Regarde bien, Ilyes. Je le fais pas deux fois.
Il avala sa salive. Ses mains tremblaient. Le silence s'était fait dans la pièce, seulement entrecoupé par le souffle irrégulier du jeune homme assis quelques centimètres d'elle. Les yeux d'Ilyes fuyaient, puis revenaient, happés par le spectacle qu'elle orchestrait à son rythme. À deux mains cette fois, elle tira un peu plus son bustier vers le bas. La naissance de ses seins s'offrit plus franchement à la lumière, révélant la courbe douce de sa peau, fine, mate. Ses yeux riaient, empreints d'une curiosité joueuse. Comme si elle voulait voir jusqu'où elle pouvait le pousser.
— Tu regardes pas ? murmura-t-elle enfin, penchée un peu plus vers lui.
Ilyes sentit une brûlure lui monter dans le ventre. Il ne savait plus où se mettre ni comment respirer. Il se forçait à garder les yeux sur le haut du visage de Soraya, mais ses prunelles glissaient vers la poitrine. Ses joues étaient en feu. La jeune femme le laissait fondre, basculer doucement. Ses doigts, toujours posés sur le bord de sa robe, jouaient distraitement avec le tissu élastique du bustier. Puis, sans le quitter des yeux, elle fit glisser un peu plus le décolleté. Un nouveau centimètre, puis un autre. Le tissu noir glissait sur sa peau brune, découvrant davantage la rondeur de sa poitrine. La lumière douce de la pièce caressait les courbes apparentes, révélait un galbe tendre, délicat.
— Je te plais, Ilyes ?
Elle n'attendait pas de réponse. Elle savait. Elle le devinait à ses yeux écarquillés, à ses mains crispées sur ses genoux, à sa gorge qui se contractait. Lui se sentait bête, terriblement maladroit. Il fixait sans oser vraiment regarder. Sa gorge était sèche, son cœur cognait dans ses tempes.
Elle se redressa légèrement, s'appuya sur le dossier du canapé. a poitrine se souleva doucement avec sa respiration. Elle ne pouvait plus tirer plus bas l'ouverture du décolleté. Alors, elle entreprit d'en défaire le premier bouton.
— T'as jamais vu des vrais seins, hein ? murmura-t-elle, presque comme une confidence.
Son sourire s'était adouci. Ce n'était plus tout à fait du jeu. Pas tout à fait de la provocation. Quelque chose d'autre s'était glissé dans le regard de la jeune fille. De la curiosité ? Un soupçon de puissance aussi. Elle dégrafa un deuxième bouton et ouvrit le bustier jusqu'à ce que le haut de ses seins soit totalement visible. Deux demi-lunes pleines, fermes, aux contours lisses et dorés, tendues sous la lumière tamisée. Une ligne fine au creux de sa poitrine, une ombre qui glissait entre les globes.
Soraya fixa Ilyes. Pendant une seconde, son doigt, posé sur le tissu, hésita. Comme si elle se demandait elle-même : « et si j'allais plus loin ? » Au lieu de ça, elle croisa les bras sous sa poitrine — ce qui la fit encore davantage ressortir par échancrure du bustier— et le regarda droit dans les yeux. Elle recommença à le provoquer
— Quelquefois tu regardes du porno, Ilyes ?
Il fut choqué par la question mais murmura un « ouais » presque inaudible.
— Quel genre ?
Il n'osa pas répondre. Elle insista.
— Vas-y, balance. Je te juge pas. Promis.
— J'sais pas… des trucs normaux…
— C'est quoi « normal » pour toi ? Quel genre de meuf ? Des blondes à gros seins ? Des blacks ?
Elle le provoquait, oui, mais sans le casser. Elle jouait avec lui comme on joue avec une allumette : un peu trop longtemps.
— Et tu te branles ?
— Bah… Oui… des fois…
— Tu te branles souvent ?
Ilyes hocha la tête, presque imperceptiblement. Il avait honte. Mais il ne pouvait pas mentir. Elle décroisa ses bras et dégrafa un autre bouton. Les seins semblaient vouloir exploser en dehors du tissu qui les comprimait avec peine. Soraya les montrait, jusqu'aux aréoles. Ilyes voyait tout, sauf l'essentiel. La limite.
— Tu bandes là ?
La question le laissa sans voix. Il la regardait, choqué. Elle souriait.
— Ben réponds… Tu bandes ?
Il lui était désormais totalement impossible de croiser son regard. Encore une fois, un hochement de tête discret fut sa seule réponse.
— T'as honte ?
— Un peu…
— Pourquoi ? Ça veut dire que t'aimes ce que tu vois.
— Je sais pas si j'ai le droit, souffla-t-il, la bouche était sèche.
Elle effleura son bras. Il sursauta. Puis, elle fit sauter les derniers boutons et écarta les deux pans de son bustier. Deux seins lourds, pleins, à la peau brune tendue, aux larges aréoles, jaillirent dans la lumière faible. Les tétons, foncés, fermes, pointaient vers lui comme deux flèches vivantes. Ilyes restait le souffle court.
— Soraya…
— Regarde…
Il ne se faisait pas prier. Ses yeux étaient bloqués sur les deux globes de chair brune qui étaient à quelques centimètres de lui. Soraya le regarda sans un mot, puis fit lentement glisser ses paumes sur ses propres seins, les soulevant, le fixant droit dans les yeux.
— Maintenant à toi. Je veux voir, dit-elle.
— Voir quoi ? demanda-t-il, la voix brisée d'une angoisse nerveuse.
— L'effet que ça te fait... Sors-la.
Il écarquilla les yeux et s'étrangla.
— Soraya… t'es sérieuse ?
— Tu crois que je plaisante ? Vas-y. Montre-moi !
Il se recula un peu contre le dossier, mal à l'aise, sa main glissant sur le bas de son t-shirt comme pour se protéger.
— C'est pas… j'sais pas, j'ai jamais fait ça devant une fille.
À présent Soraya caressait ses seins. Ses doigts en soulignaient lentement l'arrondi.
— T'es pas devant n'importe qui. T'es devant moi. Et j'veux voir.
Il baissa les yeux, honteux.
— Fais-le ! Tout de suite !
L'autorité de la voix de jeune femme ne laissa pas le choix à Ilyes. Il obéit d'un geste maladroit, les mains tremblantes. Il leva un peu ses fesses et fit glisser son jogging. Puis, sa main gauche écarta son caleçon douteux. La droite fouilla à l'intérieur et en extirpa un sexe, circoncis, court mais épais. La verge, raide mais mal proportionnée, bandait dure et le gland violacé était mouillé. L'odeur était âcre mêlée à une trace de sueur ancienne. Elle leur sauta aux narines et Ilyes eut terriblement honte.
— Montre-moi ce que tu fais quand tu penses à moi, demanda Soraya d'une voix plus basse. Montre-moi !
Les yeux au plafond, il commença à faire des allers et retours sur la bite durcie. Maintenant, c'était Soraya qui le regardait avec attention. Mais elle n'en avait pas fini avec lui et continua à chercher son excitation. Elle bascula légèrement les épaules en arrière, offrant sa poitrine nue sans gêne. Sa peau caramel brillait. Ses seins, fermes et jeunes, semblaient défier la gravité. Elle fit rouler un téton entre deux doigts, puis l'autre.
— Ça te plaît, hein ? murmura-t-elle avec un sourire en coin.
La main d'Ilyes allait et venait sur son petit sexe, gonflé et presque tremblant sous la pression. Son souffle était court, les joues empourprées. Soraya prit ses seins dans ses paumes, les souleva, les fit doucement rebondir du bout des doigts, comme si elle testait sa propre sensualité. Dans un mouvement naturel, charnel, elle les faisait onduler sous ses mains. Elle sentit un feu lui brûler dans le bas-ventre. Les aréoles étaient larges, foncées, tendues par l'excitation, les tétons devenaient durs comme des cailloux. Elle pinça le droit entre le pouce et l'index, l'étira légèrement en retenant un soupir, plus pour le spectacle que pour le plaisir.
— Mmmm… Tu voudrais les lécher, hein ? Les mordre peut-être ? Ou y coller ta petite bite ? Et te frotter comme un chien ?
La violence des mots les excita tous les deux. Soraya s'étonna de l'envie qu'elle éprouvait d'humilier ce garçon qui se torturait le sexe face à elle.
— Regarde-moi ! Je t'ai posé une question !
— J… j'aimerais bien… les lécher, oui.
— Oui… Tu bandes pour mes seins… C'est pas mignon, ça… Allez, lève toi, et mets toi là, bien en face, que je voie bien ta petite bite !
Elle rit doucement. Ilyes se leva face à elle et accéléra un peu ses mouvements sans s'en rendre compte. Debout, la bave aux lèvres, il gémissait.
— Tu penses à quoi, là ? Tu te dis quoi, pendant que tu me regardes en te branlant ?
— J'sais pas, marmonna-t-il.
— Tu penses à me baiser, c'est ça ? À fourrer ton petit truc entre mes seins ? Ou ailleurs ? Dis-le.
— Je… je sais pas…
— Oh que si tu sais. Allez, dis-le. Où tu voudrais le mettre, ton sexe ?
— J'sais pas… peut-être… entre tes seins…,
Elle les soulevait, les écrasait, jouait avec le poids, la forme, comme si elle se montrait à lui comme un jouet précieux. Ilyes émit un gémissement étouffé. Elle les fit se frôler l'un contre l'autre, les pressa avec exagération.
— T'aimerais baiser une fille avec des seins comme les miens ? Avec des tétons comme ça ?
Il ouvrit la bouche pour répondre, mais ne trouva rien à dire. Il fixait ses gros seins, fasciné et honteux, sa main toujours occupée, mais son souffle se faisait de plus en plus irrégulier.
— Dis-moi… T'as déjà joui dans ta main en pensant à une fille qui te parlait comme ça ? Qui te traitait comme un petit garçon ?
Il déglutit difficilement.
— Non… jamais…
Elle fit couler mince filet se salive entre ses doigts et en massa ses mamelons. Elle tira ses deux tétons en même temps, en gémissant, les tournant entre ses doigts, les étirant doucement, avant de souffler sur eux.
— Il est dur à crever, ton pauvre machin… Tu vas te vider ? Juste en me regardant, c'est ça ?
Ilyes se branlait comme jamais. Il était prêt à venir, elle le devina.
— T'as envie de m'en foutre partout sur les nichons ?
— Oui ! Oui !
Il la suppliait ! Elle sourit. Et soudainement, elle lâcha un léger soupir théâtral, puis relâcha sa poitrine. D'un geste lent et désinvolte, elle replaça les pans de son bustier, couvrant ses seins encore brillants de salive.
— Voilà, spectacle terminé.
Ilyes la regarda, hagard, toujours debout, son sexe dur dans sa main.
— Rhabille-toi, ordonna-t-elle d'un ton sec, sans même lui adresser un regard et refermant les boutons de sa robe.
Il mit quelques instants avant de comprendre ce qu'elle venait de dire. Puis il obéit, docile, remettant son caleçon à la hâte, puis son pantalon de jogging, les joues rouges. Ses mains tremblaient légèrement.
— Tu pensais quoi, sérieusement ? Que j'allais te laisser jouir ?
Elle le fixait maintenant avec un rictus amusé. Il était mortifié.
— T'as vu ta gueule ? Tu fais pitié, non ? Mais j'avoue, c'était marrant.
Elle se leva et, sans ménagement, l'invita à partir.
— Allez. Dégage maintenant.
Il hésita une seconde, puis sortit, la tête basse, la verge toujours douloureusement tendue sous son jogging. Son cœur battait à tout rompre. Honte. Frustration. Mais aussi une drôle de chaleur, au creux du ventre. Il n'arrivait pas à la haïr. Bien au contraire.
De l'autre côté de la porte, Soraya resta un instant immobile, un sourire en coin aux lèvres. Elle ne se reconnaissait pas ! Elle ne comprenait pas ce qu'elle venait de faire, qui lui ressemblait si peu. Et pourtant, elle avait aimé ce pouvoir. Elle s'assit dans le canapé, fatiguée, et se servit un verre de vin. Et elle se souvint du tournage auquel elle devait se rendre dans quelques heures. Une lassitude vague s'empara d'elle.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 2 · Au studio
26 minutes
10k
96
1
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer le commentaire
Photo de profil de plemagne
plemagne
25 juin 2025 à 10:50
La montée progressive du désir, la gêne, le plaisir de s'exhiber, j'ai tout aimé.
La fin du chapitre est bien cruelle ...
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Vivi75 Pas évident, les études ! (saison 2) XSTORY
Pas évident, les études ! (saison 2)
Chapitre unique
Par Vivi75
67
2
4.8k
Lesbiennes
✦ Thibou67 Le garçon de compagnie XSTORY
Le garçon de compagnie
Chapitre 4
Par
112
21
5.4k
Hétéro
✦ Teträm Une Saint-Sylvestre pas comme les autres … XSTORY
Une Saint-Sylvestre pas comme les autres …
Chapitre 11
Par Teträm
60
3
2.6k
Hétéro
✦ mysterwolf L'aventure d'un soir entre autres XSTORY
L'aventure d'un soir entre autres
Chapitre 2
Par mysterwolf
48
8
4.9k
Hétéro
✦ Docile20A Magali, la jolie Tarnaise XSTORY
Magali, la jolie Tarnaise
Chapitre 2
Par Docile20A
19
0
975
Hétéro
✦ Lucax Lucas & Blandine, Une relation incandescente XSTORY
Lucas & Blandine, Une relation incandescente
Chapitre 1
Par Lucax
138
8
7k
Hétéro
✦ Darkminou Léa, ma copine XSTORY
Léa, ma copine
Chapitre 2
Par Darkminou
192
4
8.6k
Hétéro
✦ Angell Une Douce Première Fois [O.S. JLPN] XSTORY
Une Douce Première Fois [O.S. JLPN]
Chapitre unique
Par Angell
100
4
7k
Hétéro
✦ Haleros Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas XSTORY
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas
Chapitre 2
Par Haleros
156
17
8.4k
Lesbiennes
✦ Lady B J’ai aimé la maman- j’ai épousé la fille XSTORY
J’ai aimé la maman- j’ai épousé la fille
Chapitre unique
Par Lady B
2
0
578
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio