Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Pas évident, les études ! — Chapitre 4 · Un cours pas si ennuyeux
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Pas évident, les études !
Chapitre 4 · Un cours pas si ennuyeux
L'amphi était gris, trop chauffé. L'odeur de chauffage, de café renversé et de tissu mouillé flottait dans l'air, mêlée à celle des corps en veille. Étudiants tassés, épaules rentrées, visages cernés. Soraya fixait vaguement le tableau blanc où s'étalaient quelques titres griffonnés la hâte, au marqueur : « Madame Bovary – Éros et répression dans la fiction bourgeoise du XIXe siècle. » Le cours sur Flaubert avait beau être intéressant, il ne parvenait pas à la tirer de sa torpeur moite. Son dos collait au dossier de la chaise. Elle se dandina légèrement, sans raison apparente.
Elle s'était installée à côté de Lilou, comme toujours. Mais cette fois, elle n'écoutait pas. Ou plutôt : elle n'écoutait qu'à moitié. Chaque phrase du cours, chaque allusion à la sensualité contenue dans le texte la ramenait aux derniers événements : la chair rêvée, contenue, bridée par la morale, le désir féminin mis en scène, puis refoulé. La voix de la professeure, Madame Clarens, résonnait calmement dans l'amphithéâtre studieux.
— Finalement, ce qu'on appelle « la faute » d'Emma Bovary, c'est en réalité son désir. Mais on le voit ici : ce désir est souvent encadré. Il est discrètement érotisé, puis puni. La femme désirante est donc forcément coupable.
Soraya sentit un nœud lui serrer la gorge. « La femme désirante est donc forcément coupable. » Elle ne savait pas si c'était à cause du manque de sommeil ou du souvenir encore brûlant d'Ilyes, de Malik, de son sexe noir et tendu dans sa main, dans sa bouche. Elle tenta de se convaincre que ce n'était rien.
À côté d'elle, Lilou mâchait un chewing-gum et griffonnait distraitement sur la marge de sa feuille. Elle la fit glisser discrètement vers Soraya. Quelques mots avaient été écrits, au stylo bleu : « Bref : Emma veut se faire démonter !! »
Soraya leva les yeux vers elle. Lilou souriait, un brin moqueuse, le menton dans la main. Puis, sur la même ligne, elle ajouta : « Toi aussi, non ? » Un choc. Soraya sentit ses joues chauffer brutalement. Elle sourit et haussa les épaules, faisant mine d'écouter le cours de Madame Clarens. Soraya éprouva un malaise sourd. Lilou ne dit rien, elle récupéra sa feuille et continua à dessiner distraitement un sein stylisé en bas de la page. Le cours s'acheva sans que les deux jeunes filles ne s'adressent une parole.
À dix heures, elles se rendirent à dans une autre salle, plus petite, pour suivre le cours de latin de Monsieur Delmas. Seule une quinzaine d'étudiants y assistaient, parmi eux, personne n'écoutait vraiment. Âgé d'une petite quarantaine d'années, mince, grand, le professeur n'était pas un modèle de charisme. Ses cheveux blonds mal coupés, son costume trop grand, son dos légèrement voûté, ses lunettes embuées, tout en lui hurlait l'ennui méthodique. Il dictait lentement des phrases latines à traduire, les yeux rivés à ses notes.
Le cours de latin avait commencé depuis dix minutes, et déjà, Soraya fixait le vide. Les lettres latines se confondaient sur sa feuille. Elle notait sans y croire. À côté d'elle, Lilou était allongée sur sa chaise comme une sirène désœuvrée, genoux croisés ; elle pianotait parfois sur son téléphone, qu'elle gardait posé à moitié caché sous sa trousse.
— Tu veux savoir ce qu'on a fait avec Jessy ? murmura-t-elle sans prévenir, l'œil brillant.
Soraya sursauta puis émit un simple « Quoi ? » Lilou précisa :
— Ce qu'on a fait. Au studio. Tu veux que je te raconte ?
— T'es sérieuse ?
— T'es sérieuse ?
Lilou haussa les épaules, narquoise, et, désignant le professeur d'un coup de menton :
— De toute manière l'autre, personne l'écoute. Me dis pas que le cours t'intéresse !
Soraya sourit malgré elle, mais détourna vite les yeux.
— Laisse tomber, chuchota-t-elle.
— T'es sûre que tu veux savoir comment il m'a prise ?
— T'es sûre que tu veux savoir comment il m'a prise ?
Soraya sursauta à peine à ces mots plus crus. Elle manifesta un début d'agacement.
— Lou, pas maintenant.
— Mais si, justement…
— Mais si, justement…
Elle sourit, mutine. Soraya lui lança un regard noir, mais son amie continua, voix basse, ton joueur :
— Juste un détail alors. Je dis juste ce qu'il me disait quand on le faisait. C'était trash. Genre, vraiment.
— Lou…
— Il m'a dit : « Ouvre bien tes cuisses, princesse. Je veux voir ton trou s'ouvrir. »… Le délire !
— Lou…
— Il m'a dit : « Ouvre bien tes cuisses, princesse. Je veux voir ton trou s'ouvrir. »… Le délire !
Elle se mit à rire de ce qu'elle venait d'avouer. Soraya tourna vivement la tête vers elle, choquée.
— T'es pas obligée de…
— Rhoo ça va !
— Rhoo ça va !
M. Delmas avait entrepris de traduire des phrases de Virgile. Soraya se forçait à rester concentrée. Mais Lilou reprit son récit obscène :
— Après on a baisé comme des oufs. Il m'a retournée comme une crêpe ! Genre direct. Sur la table. J'étais à moitié bourrée. On était trop excité !
Elle rit à nouveau. Soraya s'agita un peu sur son siège et grogna :
— Je m'en fous ! Ça m'intéresse pas…
Mais Lilou ne l'écoutait plus, se laissant entièrement aller à ses confidences.
— Je m'attendais à un truc pépère, tu vois ? Style petite baise tranquille. Bah non. Putain il m'a attrapée, il m'a bloquée les hanches… Et là, le mec me sort : « Je veux t'entendre supplier. » Sans déconner, je l'ai fait ! J'ai gémi comme une salope !
Soraya sentit une décharge lui traverser le bas-ventre. Un spasme furtif. Elle croisa les jambes, tenta de respirer doucement. Mais ses lèvres collaient à sa culotte. Elle sentait l'humidité monter, traître, inévitable. Elle voulut parler, mais Lilou, lancée, l'interrompit :
— Il m'a tenue comme ça, aussi, regarde, dit-elle en mimant avec ses doigts une prise ferme autour d'un poignet. Genre possessif, animal… j'ai eu des bleus. J'ai adoré.
— Lilou, stop… murmura Soraya, les joues rouges.
— Le pire, c'est qu'il sait. Il sait exactement quand t'es en train de partir. Et ce bâtard, il accélère à ce moment-là !
— Lilou, stop… murmura Soraya, les joues rouges.
— Le pire, c'est qu'il sait. Il sait exactement quand t'es en train de partir. Et ce bâtard, il accélère à ce moment-là !
Ses yeux pétillaient. Elle adorait ça. Jouer avec les limites.
— Et tu veux savoir le plus dingue ? Il m'a demandé de le regarder dans les yeux quand il m'a prise. Genre profondément. Et moi j'y arrivais pas. Il me faisait trop mal. Mais trop de bien en même temps.
Elle souriait, épanouie, impudique. Soraya, elle, sentait son ventre se tordre, non de jalousie, mais de gêne. Elle restait silencieuse mais les mots tournaient dans sa tête comme des giclées invisibles. Alors, Lilou s'approcha un peu plus d'elle et, sans vergogne, elle demanda :
— Et toi… hein ? Malik ? Vous avez fait quoi tous les deux ?
Son regard brillait d'un intérêt sincère.
— Il t'a touchée ? Il t'a fait quoi ? Vous avez baisé ?
Le mot tomba, cru, tranchant. Soraya eut un mouvement de recul. Son stylo glissa de sa main. Elle secoua la tête, sèchement.
— Non.
— Vous vous êtes embrassés ?
— Non !
— Il t'a sorti sa queue ?
— Vous vous êtes embrassés ?
— Non !
— Il t'a sorti sa queue ?
Soraya fixa monsieur Delmas.
— Tu l'as sucé ?
Elle n'eut pas le temps de répondre. Elle ouvrit la bouche, la referma aussitôt, tandis que Lilou, satisfaite d'avoir deviné juste, s'exclama, triomphale :
— J'en étais sûre !
Soraya blêmit. Les murs de la salle semblaient plus proches. L'air plus épais. Elle regardait le tableau mais un brouillard s'était fait devant ses yeux. La honte l'étreignait. Elle était mortifiée d'être si prévisible ! Cette fille lisait en elle comme dans un livre !
— Je te juge pas, hein. T'as le droit d'aimer ça, la rassura Lilou, d'un air innocent, en replaçant une mèche brune ondulée derrière son oreille. Mais tu peux me le dire. On est des sœurs, non ?
Elle s'humecta les lèvres et posa un doigt sur le bras de Soraya, comme pour l'encourager à se livrer.
— Raconte ! Vas-y ! Je veux tous les détails !… Il a une grosse bite, hein ? Avoue.
Soraya déglutit. Elle sentait son cœur cogner dans sa poitrine. Elle aurait voulu disparaître sous la table. Elle supplia :
— Lilou, arrête…
— T'as kiffé, hein ? Il est énorme, non ? Jessy m'a dit qu'il bandait comme un cheval !
— T'as kiffé, hein ? Il est énorme, non ? Jessy m'a dit qu'il bandait comme un cheval !
Soraya ferma les yeux une seconde. Elle se sentait piégée dans son propre corps. Ses seins étaient tendus, ses cuisses moites. C'était insupportable. Dans sa tête, elle revivait des instants de la scène. Sa peau se souvenait encore : Malik, ses mots, son odeur. La verge épaisse dans la bouche. La chaleur. Le goût. Le sperme salé. Lilou continua, plus bas encore :
— Il t'a fait quoi ? Il t'a parlé sale ? C'est toi qui t'es jetée dessus ou pas ?
Soraya ne répondait plus. Mais Lilou savait, lisait les tremblements dans ses doigts, le rouge de ses joues, la tension de ses jambes croisées. Ses questions se firent encore plus insistantes :
— T'as avalé ? demanda-t-elle, presque fascinée.
La jeune arabe craqua :
— C'est bon, Lou !
— Non, c'est pas bon. Moi je te raconte tout, et toi tu caches. C'est pas juste.
— Non, c'est pas bon. Moi je te raconte tout, et toi tu caches. C'est pas juste.
Mais elle regarda Soraya avec un sourire plus doux, constata le trouble qu'elle avait fait naître et se fit plus affectueuse tout à coup.
— C'est bon, meuf. Respire ! C'est pas grave... Au contraire. Je suis grave jalouse de toi !
Elle pencha la tête vers elle, glissa sa main sur son bras.
— Tu devrais me remercier, en vrai. Grâce à moi, t'étais là. T'aurais jamais osé y aller toute seule.
Puis, se voulant plus complice, elle souffla, presque avec tendresse :
— Franchement… t'as de la chance. Il est super bien foutu, Malik.
Soraya était incapable de dire un mot. Elle restait là, raide, les mains serrées sur sa table, la honte brûlante au creux du ventre. Lilou la scruta encore un instant, puis soupira bruyamment, appuyant son dos contre le dossier de la chaise.
— T'es trop coincée, meuf. Sérieux.
Elle mâchait son chewing-gum d'un air blasé, yeux levés vers le plafond.
— C'est triste. Faudrait que tu te lâches un peu. Genre, vraiment.
Soraya ouvrit la bouche pour protester, mais Lilou l'arrêta :
— Non, non. T'as rien à dire. Et je t'ai même pas encore décrit le goût du sperme de Jessy !
Elle éclata de rire. Soraya secoua la tête, murmurant :
— T'es grave…
— Ouais… Je sais. Et en parlant de mec bandant… tu crois que Delmas se fait sucer parfois ?
— Ouais… Je sais. Et en parlant de mec bandant… tu crois que Delmas se fait sucer parfois ?
Le virage était tellement absurde que Soraya faillit éclater de rire. Lilou s'amusa également, le regard méprisant planté vers le professeur de latin qui commentait un vers de l'Énéide.
— Nan mais regarde-le. Tu crois qu'il a déjà vu une chatte depuis l'an 2000 ?
Soraya posa la main sur sa bouche pour étouffer un rire. Lilou continua, hilare :
— Imagine-le en date Tinder. Il te parle de déclinaisons pendant qu'il t'écarte les cuisses. Genre, le latin, c'est son dirty talk !
Les deux étudiantes gloussèrent. Lilou, toute fière, continua son délire :
— J'te jure, je suis sûre, quand il baise il dit des trucs genre « Veni, vidi, vixi… »
— Veni, ouais, ça il doit le dire vite ! répondit Soraya, malgré elle.
— Veni, ouais, ça il doit le dire vite ! répondit Soraya, malgré elle.
Les deux partirent à nouveau d'un éclat de rire, moins discrètement qu'elles l'auraient voulu. Monsieur Delmas leva brièvement les yeux, suspicieux, mais ne dit rien. Il retourna à son cours. Lilou, moqueuse, ajouta :
— J'aimerais trop voir sa bite. Juste pour savoir si elle aussi elle est déclinable. Genre « pénisus, pénisum »…
Soraya s'écroula en avant, riant contre son bras ; puis, se revenant à elle, elle regarda son amie avec une lueur plus douce, plus complice.
— T'es conne.
— Grave. Mais t'aimes bien, avoue !
— Grave. Mais t'aimes bien, avoue !
Et Soraya, malgré tout, hocha la tête. Pendant plusieurs dizaines de minutes, le cours se poursuivit. La salle était plongée dans une torpeur studieuse et dans l'ennui. Monsieur Delmas, récitait son commentaire, expliquait la construction d'un ablatif absolu. Certains étudiants prenaient des notes machinalement, d'autres somnolaient.
Lilou, elle, ne somnolait pas. Elle fixait l'enseignant, avait l'air de s'amuser d'un spectacle que personne d'autre ne remarquait. Elle se pencha vers Soraya et lui chuchota :
Lilou, elle, ne somnolait pas. Elle fixait l'enseignant, avait l'air de s'amuser d'un spectacle que personne d'autre ne remarquait. Elle se pencha vers Soraya et lui chuchota :
— Allez, on parie : j'suis sûre que je peux lui filer une érection avant la fin du cours.
La jeune fille la regarda, abasourdie. Elle crut d'abord ne pas avoir compris ce que lui avait dit son amie. Mais l'autre la détrompa rapidement, ajoutant d'un air faussement innocent :
— C'est un prof de langue morte. On va le réveiller. Pour une fois.
Soraya ne répondit pas. Lilou prit son silence pour un oui.
— Ok, j'le fais.
— Tu… tu vas faire quoi ?
— Un défi. Je vais l'exciter. Ici. Maintenant.
— Tu… tu vas faire quoi ?
— Un défi. Je vais l'exciter. Ici. Maintenant.
Soraya se retourna vers elle, les yeux écarquillés.
— Non… Lou, non. Tu vas pas faire ça.
Lilou haussa les épaules, tranquille :
— Il mérite bien un peu de fun, non ? T'as vu sa tête ?
— Lou, sérieusement…
— Lou, sérieusement…
Mais Lilou ne l'écoutait plus. Elle s'étira lentement, les bras au-dessus de la tête, faisant remonter son t-shirt sur ses hanches. Soraya devina la fine ligne de son ventre, la courbe douce au-dessus du nombril. Puis, Lilou se pencha légèrement en arrière, fit glisser ses fesses contre le plastique du siège, décroisa lentement les jambes sous la table et les ouvrit légèrement. D'abord un simple geste d'aération, dirait-on. Mais Soraya entrevit la jupe qui remontait, les cuisses bronzées, nues. Et elle imagina, sous cette jupe courte, une culotte en coton tendue. Surtout, elle fut horrifiée par l'absence de gêne et la posture totalement assumée. Son cœur bondit.
— Mais t'es malade…
Lilou se contenta d'un sourire de coin, les yeux fixés droit devant. Monsieur Delmas continuait de parler, mais sa voix marqua un imperceptible flottement. Il leva les yeux, croisa le regard de Lou. Puis baissa les yeux… une seconde de trop. Son regard frôla ses cuisses. Il se reprit aussitôt, revint à ses notes. Mais son ton s'était un peu enroué.
Soraya n'osait plus bouger. Lilou, toujours jambes ouvertes, feignait l'innocence. Son bassin très légèrement basculé, la jupe ne cachait plus rien. Et elle murmura, fière, sans tourner la tête :
Soraya n'osait plus bouger. Lilou, toujours jambes ouvertes, feignait l'innocence. Son bassin très légèrement basculé, la jupe ne cachait plus rien. Et elle murmura, fière, sans tourner la tête :
— T'as vu comme il a bloqué ? Il essayait de pas le faire. Mais je l'ai trop capté.
Soraya avait la bouche sèche.
— Tu veux que je lui montre plus ?
— Lilou…
— J'te jure, je veux qu'il bande grave ! Qu'il ait honte toute la nuit !
— Lilou…
— J'te jure, je veux qu'il bande grave ! Qu'il ait honte toute la nuit !
Elle riait doucement. Puis, elle ouvrit les jambes un peu plus. Soraya était terrifiée. Ses yeux allaient et venaient vers les autres étudiants, redoutant qu'à tout instant l'un d'entre eux ne remarque le manège. Devant elles, monsieur Delmas continuait à réciter ses explications. Puis, au moment où il leva brièvement les yeux vers la salle, son regard glissa encore sur l'entre-cuisse de Lilou. Il détourna les yeux, mais pas complètement, revint, s'arrêta. Une seconde. Assez pour noter les détails : la lingerie blanche marquait un pli léger, laissait deviner le sexe de Lilou. Il distingua la fente entre ses lèvres, le relief précis de sa chatte compressée par le tissu tendu. Il vit. Il comprit. Et il vacilla. Soraya s'en aperçut. Un vertige monta en elle. Elle se retourna vers Lilou, et murmura, cette fois, d'un ton aigu, presque paniqué :
— Il l'a vu ! Putain, Lou, il l'a vu !
Lilou ne bougeait plus. Assise là, jambes ouvertes sous sa jupe courte, elle fixait droit devant elle avec une tranquillité souveraine, comme si elle n'était que l'incarnation du calme. Et doucement, avec un naturel déconcertant, elle écarta un peu plus les cuisses et remonta encore sa jupe, juste ce qu'il fallait pour qu'elle ne couvre plus rien.
Soraya sentit une pulsation lui traverser le bas-ventre.
Delmas s'éclaircit la gorge et reprit :
Soraya sentit une pulsation lui traverser le bas-ventre.
Delmas s'éclaircit la gorge et reprit :
— Euh… L'ablatif absolu, donc… est souvent… utilisé pour marquer la circonstance.
Il s'interrompit à nouveau. Ses doigts tremblèrent légèrement en retournant sa feuille. Il rougissait. Insensiblement, ses yeux retournaient vers la culotte de son étudiante. À présent, elle semblait plus fine encore, presque transparente à la lumière. Soraya était obligée de constater l'émotion du professeur : sa mâchoire serrée, sa voix enrayée, ses regards fuyants. Et surtout ce léger mouvement de recul, ce pas incertain vers le bureau, comme pour cacher quelque chose.
— Et voilà, souffla Lilou. Il bande.
Effectivement, Soraya fut suffoquée lorsqu'elle constata que le pantalon trop serré de Monsieur Delmas marquait à l'entrejambe la forme explicite d'une bite bien tendue. La jeune fille n'en pouvait plus. Elle voulait regarder, rire, fuir. Mais elle était clouée à sa chaise, les jambes croisées trop fort. C'était obscène, violent mais terriblement captivant.
Lilou chuchota :
Lilou chuchota :
— Comment il mate, le porc ! Je parie qu'il a envie de plonger la tête dedans.
Delmas perdit le fil d'une phrase, balbutia, tenta de se rattraper. Mais Lilou, elle aussi, était excitée, c'était visible. Elle souriait. Elle savourait. Elle souffla, avec un plaisir évident :
— Il bande ! Regarde comme il bande, Soraya !
Elle se redressa lentement, puis, avec un geste d'une assurance confondante, glissa deux doigts entre ses cuisses, sur le tissu de sa culotte.
— Je suis trempée, souffla-t-elle.
Soraya comprit que son amie se touchait. Il lui fut impossible de répondre, un frisson de honte et d'électricité grimpa le long de son échine. Elle voulait détourner les yeux, mais son regard restait paralysé, accroché à Lilou et à leur professeur. Son amie se pencha vers elle, les lèvres proches de son oreille :
— Tu veux que je lui montre un peu plus ? Juste pour qu'il voie que je suis mouillée ?
Mortifiée, Soraya aurait voulu supplier son amie de mettre fin à tout cela. La honte ! La honte ! Et si l'un des étudiants, à quelques mètres d'elles, s'apercevait de quelque chose ! Mais ses doigts sur sa culotte, Lilou caressa ses lèvres, les pressa, indiquant au professeur de latin ce qu'il devait observer. Celui-ci put percevoir les courbes douces, et une petite tache, sombre et humide.
Alors, Soraya réalisa que c'était aussi à sans doute elle aussi que Lilou offrait tout ce manège. Toute cette obscénité lui était destinée, autant qu'à monsieur Delmas lui-même ! Elle sentit ses tempes cogner. Son souffle s'accéléra. Elle ferma les yeux. Oui, Lilou le faisait certainement exprès !
Alors, Soraya réalisa que c'était aussi à sans doute elle aussi que Lilou offrait tout ce manège. Toute cette obscénité lui était destinée, autant qu'à monsieur Delmas lui-même ! Elle sentit ses tempes cogner. Son souffle s'accéléra. Elle ferma les yeux. Oui, Lilou le faisait certainement exprès !
— Regarde-moi. Regarde mes cuisses ! T'as envie de toucher, hein ?
À qui s'adressait Lilou ? À son enseignant ou à son amie ? Soraya fut prise d'un doute qui l'excita encore davantage, tout en l'étranglant de honte. Lilou parlait sans la regarder, les yeux rivés sur Delmas, ses doigts jouant sur sa culotte souillée par son plaisir.
— T'as chaud hein ?
Soraya eut une vision : celle de Lilou, offerte et dominatrice ; et celle de Delmas, faible et broyé de l'intérieur par le désir et la culpabilité. Elle repensa à Ilyes. Elle sentit un spasme violent, presque douloureux. Elle serra les cuisses mais c'était en vain : la chaleur était là, poisseuse, dense.
— Lou… tu vas trop loin…
Mais sa voix tremblait. C'aurait voulu être un reproche, ce fut une supplique, un aveu. Elle se rendait compte qu'elle aussi mouillait. Pas beaucoup, mais assez pour sentir sa culotte coller à elle. Assez pour que son bas-ventre se contracte, comme pris d'une vague chaude et coupable. Elle sentit son clitoris se raidir. Elle n'aurait jamais cru éprouver pareil plaisir en en public. Et pourtant, elle suait entre les cuisses. Elle avait envie de toucher Lilou, de se toucher elle aussi, de sentir la mouille sur ses doigts. Mais c'était impensable. Et terriblement excitant.
Monsieur Delmas n'en pouvait plus. Il s'était assis (ou plutôt caché) derrière son bureau. Il ne regardait plus vers la salle, restait vissé à ses feuilles. Sa voix avait changé, plus sèche. Il parlait trop vite. Comme pour fuir. Comme pour que personne ne remarque le feu qu'il avait dans le pantalon. Il venait de perdre le contrôle. Et Soraya, elle, se tenait là, brûlante. Fendue en deux entre l'indignation et la stupeur. Entre la honte et une envie trouble, moite, impossible à nommer.
Alors Lilou ferma doucement les cuisses, remit sa jupe en place comme si de rien n'était, puis redressa le dos, et griffonna quelques mots sur son cours, un rictus toujours figé sur les lèvres. Soraya l'observa, les joues en feu, les cuisses tremblantes, la respiration courte. Les yeux de Lilou croisèrent alors les siens. Et dans ce regard, il y avait quelque chose d'autre. Un feu plus doux. Moqueur, mais pas cruel. Une main tendue vers le précipice. Elle susurra :
— C'est fini. Mais t'as perdu : il m'a vue et il a craqué.
Et finalement, le cours de latin se termina : bruit des chaises qu'on repousse, sacs qu'on referme, voix qui reprennent vie. Les étudiants se levaient, bavardaient, quittaient la salle sans se douter de la scène qui venait de se jouer. Lou attrapa son sac, l'air léger, presque joyeuse. Comme si elle sortait d'un spectacle.
— Bon, on mange où ? demanda-t-elle.
Mais Soraya se leva brusquement, ramassa ses affaires dans un geste nerveux. Lilou la regarda, interloquée.
— Tu vas où ?
— Je reviens. J'ai besoin d'air.
— Je reviens. J'ai besoin d'air.
Elle sortit. Sans se retourner. Loin de Delmas, de Lilou, du latin et du reste. Mais dans sa poitrine, tout continuait de résonner. Le malaise d'Ilyes. La voix de Malik. Ses mains. Son sexe. Et maintenant, celle de Lilou, qui, sans le savoir, venait d'ouvrir une brèche. Elle serra les dents. Le cœur cognait, le ventre aussi. Lilou la rattrapa quelques minutes plus tard, dans un couloir désert de la fac.
— Bah alors ?
Soraya ne répondit pas. Puis, tout à coup, elle craqua :
— Mais t'es complètement folle, Lou !
Lilou se figea. « Pardon ? »
— T'as vu ce que t'as fait ? Tu te rends compte ou pas ? Tu t'es carrément exhibée devant un prof, en plein cours !
Lilou haussa les sourcils.
— Roh ça va… Il a vu une culotte. C'est pas un film de cul !
— Arrête ! C'était pas juste une culotte ! T'as écarté les jambes, tu savais exactement ce que tu montrais.
— Arrête ! C'était pas juste une culotte ! T'as écarté les jambes, tu savais exactement ce que tu montrais.
Lilou éclata d'un rire franc.
— Et alors ? Il avait qu'à pas mater. C'est lui le vieux pervers, pas moi.
Soraya la fixa, indignée :
— Mais c'est pas une excuse ! T'as pas le droit de faire ça, de… de manipuler les gens comme ça ! Et tout le monde aurait pu te voir !
— Allez, c'est bon… T'as vu ? J'ai fait bander un prof en quinze minutes. Il va penser à ma chatte jusqu'à sa retraite !
— Mais c'est pas un jeu, merde !
— Allez, c'est bon… T'as vu ? J'ai fait bander un prof en quinze minutes. Il va penser à ma chatte jusqu'à sa retraite !
— Mais c'est pas un jeu, merde !
Lilou la toisa, les bras croisés, bouche pincée. Puis elle souffla, lasse :
— Tu fais chier. Sérieux.
— Quoi ?
— T'es relou. T'es jamais marrante. T'es toujours en train de juger, de faire la morale, de flipper pour tout. Mais tu faisais quoi, pendant le cours, hein ? Moi je t'ai vue. Tu regardais aussi. T'as pas détourné les yeux. Avoue que tu mouillais. Je l'ai senti.
— Va te faire foutre, Lou !
— C'est bon ! J'ai 23 ans ans ! s'énerva Lilou. Je suis assez grande pour savoir ce que je fais ou ce que je veux faire !
— Tu te rends même pas compte de ce que tu dis !
— Non mais c'est vrai. T'es là à me traiter de folle, mais t'es incapable de dire ce que tu veux. T'as envie. Tu crèves d'envie. Mais tu préfères souffrir en silence, avec ton petit air digne et ta chatte trempée.
— T'es qu'une pute.
— Quoi ?
— T'es relou. T'es jamais marrante. T'es toujours en train de juger, de faire la morale, de flipper pour tout. Mais tu faisais quoi, pendant le cours, hein ? Moi je t'ai vue. Tu regardais aussi. T'as pas détourné les yeux. Avoue que tu mouillais. Je l'ai senti.
— Va te faire foutre, Lou !
— C'est bon ! J'ai 23 ans ans ! s'énerva Lilou. Je suis assez grande pour savoir ce que je fais ou ce que je veux faire !
— Tu te rends même pas compte de ce que tu dis !
— Non mais c'est vrai. T'es là à me traiter de folle, mais t'es incapable de dire ce que tu veux. T'as envie. Tu crèves d'envie. Mais tu préfères souffrir en silence, avec ton petit air digne et ta chatte trempée.
— T'es qu'une pute.
Les paroles étaient sorties trop vite. Lilou s'approcha d'elle, très près. Soraya la fixa, les yeux brillants. Entre colère et… autre chose. Elle voulait la gifler. L'embrasser. Hurler. Elle ne bougea pas. Lilou la fixa encore un instant et lui asséna : « Je m'en fous de ton avis. » Et elle tourna les talons. Elle s'éloigna, pas pressé, sac à l'épaule. Soraya resta là, au bord de l'effondrement.
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