Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
D'autres que nous — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
D'autres que nous
Chapitre 1
1- 14 août. 23h07
L'homme est debout, discret à l'ombre d'un arbre. Il regarde la façade de l'immeuble. Un flot de souvenirs le submerge. Des larmes discrètes coulent de ses yeux rougis. La tension dans son entrejambe est désagréable. C'est ridicule : bander en regardant dans la nuit une fenêtre éclairée.
Il se souvient pourtant de la passion. C'était il y a si longtemps. C'était hier. Il sent sa présence, éternelle. Il souffre de l'absence, du vide laissé.
Les murs de cet appartement se souviennent-ils d'eux ?
Une ombre passe. Plus qu'une ombre. Une silhouette qui s'approche de la fenêtre. Jeune. Homme. Un jeune homme…
Et puis une deuxième silhouette. Tout aussi jeune. Homme. Sont-ils amis ? Amants ?
Son érection devient complète. Fred et lui se sont tant aimés dans cet appartement !
Brusquement il étouffe. Il fait si chaud en ce soir d'août ! Il sent la transpiration. Il est en nage. Il bouge légèrement. Les pieds. Le corps. La tête.
Qu'est-ce ?
Là-bas, à vingt mètres. Une présence. Une femme. Une femme qui regarde… la même fenêtre ouverte de l'appartement du deuxième étage. Sa fenêtre ! Son appartement !
D'autres que nous ?
La femme tourne lentement la tête vers lui. Aussitôt il détourne la sienne pour replonger son regard sur la fenêtre. C'est ridicule ! De quoi a-t-il peur ?
Il n'est pas seul dans ce qui n'est plus tout à fait un square. Pas complètement un parc. Un espace de verdure qu'il traversait avec Fred lors de leurs footings ou quand ils allaient dans le centre de Paris. Traverser… Traverser leur vie ensemble, c'est ce qu'ils s'étaient promis. Mais jamais ils ne s'étaient arrêtés dans cet ilot arboré. Non, c'est bien la première fois qu'il le fait. Seul.
Ensemble c'est dans cet appartement qu'ils s'étaient arrêtés. Pour vivre pleinement leur passion. Combien de fois ont-ils fait l'amour entre ces murs ?
Comme si ce souvenir était honteux, il frémit et tourne à nouveau la tête vers la femme. Il ne peut réprimer un sourire. Cette fois-ci c'est elle qui se retourne brusquement pour na pas qu'il voit qu'elle regardait vers lui. Trop tard.
Cette silhouette, à quinze mètres. Pourquoi lui semble-t-elle familière ? A nouveau c'est ridicule.
Décidément cette soirée est ridicule. Ridicule d'avoir eu cette pulsion nostalgique de retourner sous les fenêtres de l'appartement qui a résonné sous les gémissements tendres et les râles puissants de leur amour. Et maintenant sa gêne vis-à-vis de cette femme. Sans doute ne se sent-elle pas en sécurité avec un homme tapis dans la pénombre, si proche d'elle.
Ne pas l'inquiéter !
Il sort de l'ombre blafarde pour se camper à la lumière bien faible d'un vieux candélabre typiquement parisien.
Elle le regarde. Cette fois il ne détourne pas les yeux. Il lui semble qu'elle lui sourit. Il lui rend son sourire. Dans la nuit. Comme si elle pouvait le voir. Poursuite de son comportement ridicule…
Il se souvient pourtant de la passion. C'était il y a si longtemps. C'était hier. Il sent sa présence, éternelle. Il souffre de l'absence, du vide laissé.
Les murs de cet appartement se souviennent-ils d'eux ?
Une ombre passe. Plus qu'une ombre. Une silhouette qui s'approche de la fenêtre. Jeune. Homme. Un jeune homme…
Et puis une deuxième silhouette. Tout aussi jeune. Homme. Sont-ils amis ? Amants ?
Son érection devient complète. Fred et lui se sont tant aimés dans cet appartement !
Brusquement il étouffe. Il fait si chaud en ce soir d'août ! Il sent la transpiration. Il est en nage. Il bouge légèrement. Les pieds. Le corps. La tête.
Qu'est-ce ?
Là-bas, à vingt mètres. Une présence. Une femme. Une femme qui regarde… la même fenêtre ouverte de l'appartement du deuxième étage. Sa fenêtre ! Son appartement !
D'autres que nous ?
La femme tourne lentement la tête vers lui. Aussitôt il détourne la sienne pour replonger son regard sur la fenêtre. C'est ridicule ! De quoi a-t-il peur ?
Il n'est pas seul dans ce qui n'est plus tout à fait un square. Pas complètement un parc. Un espace de verdure qu'il traversait avec Fred lors de leurs footings ou quand ils allaient dans le centre de Paris. Traverser… Traverser leur vie ensemble, c'est ce qu'ils s'étaient promis. Mais jamais ils ne s'étaient arrêtés dans cet ilot arboré. Non, c'est bien la première fois qu'il le fait. Seul.
Ensemble c'est dans cet appartement qu'ils s'étaient arrêtés. Pour vivre pleinement leur passion. Combien de fois ont-ils fait l'amour entre ces murs ?
Comme si ce souvenir était honteux, il frémit et tourne à nouveau la tête vers la femme. Il ne peut réprimer un sourire. Cette fois-ci c'est elle qui se retourne brusquement pour na pas qu'il voit qu'elle regardait vers lui. Trop tard.
Cette silhouette, à quinze mètres. Pourquoi lui semble-t-elle familière ? A nouveau c'est ridicule.
Décidément cette soirée est ridicule. Ridicule d'avoir eu cette pulsion nostalgique de retourner sous les fenêtres de l'appartement qui a résonné sous les gémissements tendres et les râles puissants de leur amour. Et maintenant sa gêne vis-à-vis de cette femme. Sans doute ne se sent-elle pas en sécurité avec un homme tapis dans la pénombre, si proche d'elle.
Ne pas l'inquiéter !
Il sort de l'ombre blafarde pour se camper à la lumière bien faible d'un vieux candélabre typiquement parisien.
Elle le regarde. Cette fois il ne détourne pas les yeux. Il lui semble qu'elle lui sourit. Il lui rend son sourire. Dans la nuit. Comme si elle pouvait le voir. Poursuite de son comportement ridicule…
Dans les minutes qui suivent l'homme et la femme guettent le moindre mouvement derrière cette fenêtre ouverte et éclairée. Et vérifient qu'ils regardent bien la même chose.
Un homme passe, un de ces pseudo-chien moche et stupide au nez écrasé au bout de la laisse. Il tente de voir ce que ces étranges noctambules regardent. Il ne voit rien. Il hausse les épaules. Il poursuit son chemin.
Alors qu'il se dit qu'il serait peut-être temps de s'approcher de la femme au comportement aussi étrange que le sien, la voilà qui se déplace vers lui. Comme toujours les femmes sont plus courageuses que les hommes !
Son pas est décidé même si sa posture est en défense.
Elle s'arrête devant lui. Elle sourit.
– Oui, je me souviens. Vous aussi avez vécu là.
– Pardon ? Vous… Vous avez habité cet appartement ?
– Avant vous. Oui. Je me souviens de vous. Lors de l'état des lieux.
– Il est vrai que nous avons habité là, mais… Pardonnez-moi de vous dévisager ainsi…
– Je vous en prie.
– Oui. Je me souviens… La femme triste ! Oups ! Excusez-moi !
– Ne vous excusez pas. J'étais effectivement triste. Désespérée même.
– Et vous vous souvenez de moi !
– Bien sûr ! Car vous rayonniez de bonheur ! Comme moi quand j'ai pris possession de cet appartement, trois ans plus tôt. Enfin… « Pris possession »… J'en garde tant de souvenirs que j'ai fini par admettre que c'est lui qui a pris possession de nous. On a tant fait l'amour sous ces fenêtres !
– Cela ne se dit pas, madame… Mais c'est si vrai ! On fait tellement l'amour sous ces fenêtres ! On a vécu tellement de longues nuits de fêtes !
– La vie était tellement plus belle… Vous aussi vous vous êtes beaucoup aimé, là, dans cet appartement ? Physiquement, je veux dire.
– Oh que oui ! Beaucoup est sans doute un terme faible !
– Pareil ! Et vous croyez que les deux petits homos qui l'occupent font comme nous à l'époque, s'aimer avec avidité ?
– Je ne sais pas si ce sont deux petits homos ! Deux minets, c'est sûr. Mais sont-ils en couple ? Amis ou amants… Ah oui. Vous aviez raison. Amants. C'est bien un couple.
Les deux silhouettes étaient à la fenêtre, enlacées, s'embrassant goulument.
– Mimines ! dit la femme, amusée, le regard focalisé sur eux.
– Gourmands ! réplique l'homme en souriant, regardant dans la même direction.
– Je vois de la tendresse, là. Regardez les mains, elles sont tout en délicatesse !
– Des prémices… Ils ne vont pas en rester là longtemps.
– C'est vrai que vous connaissez bien les relations entre hommes !
– Comment cela ?
– En tant que pédé, vous comprenez bien ce qu'il se passe entre ces deux petits pédés, même si vous étiez probablement un peu plus âgés qu'eux, non ?
– Qu'est-ce qui vous fait dire que je suis pédé ? Et puis que j'étais en couple dans cet appartement ?
– Je vous ai vexé ? Désolée !
– Pas du tout. Je m'en fous.
– Je me souviens du mâle magnifique qui vous aidait à monter vos cartons.
– Un ami.
– Qui vous dévorait des yeux ! Quel homme superbe ! Je peux vous faire un aveu ?
– Au point où nous en sommes !
– Je l'ai rêvé dans mon lit, m'épuisant d'amour ! Un magnifique athlète ! Je le surnommai « mon étalon ». Un militaire, non ?
– « Mon étalon » ! Génial ! On se surnommait mutuellement comme cela…
– Suivant les postures…
– Bien sûr ! Mais oui, il était militaire.
– « Était » ?
– C'est une longue histoire.
– Triste ou heureuse ?
– Les deux. Comme souvent les histoires… Quoique celle-là est pire que la moyenne… Et vous ? Vous m'aviez touché tant vous sembliez désespérée.
– J'étais désespérée. J'avais tout perdu. Absolument tout. Après avoir connu les plus merveilleux des bonheurs.
– « Les » ?
– C'est une longue histoire.
– Donc comme la mienne, d'abord heureuse, puis bien triste.
– « Triste » est un faible mot…
– Je partage ce sentiment…
– Regardez comme ils respirent la fraicheur et le bonheur, nos deux tourtereaux sans tourterelle ! A cet âge-là, vous copuliez combien de fois par jour ?
– Quelle question ! J'ignore leur âge !
– Ils sont jeunes. Vingt ans.
– De là où nous sommes, c'est difficile à dire ! Beaucoup de gays tentent longtemps de rester avec un corps de twink. Cela m'étonne souvent de voir des trentenaires, voire plus, qui s'obligent à garder leur corps de minet. C'est contre nature !
– Il faut assumer son âge, c'est certain ! Vous les voyez où, ces vieux gays qui ne veulent pas assumer leur âge ?
– Là où les gays se rencontrent, dans les saunas, les soirées…
– Chaudes ?
– Il faut bien que le corps exulte, disait Aznavour.
– Et cela ne vous dérange pas de raconter à une femme inconnue que vous être gay et que vous vous envoyez en l'air bestialement ?
– C'est vous qui m'interrogez ! Je vous réponds. Et puis nous ne sommes pas des inconnus l'un pour l'autre, n'est-il pas ?
– Nous avons vécu dans le même appartement. Oui. Nous avons vécu des passions physiques intenses. Oui. Cela nous lie. Un peu.
– Même si je suis gay.
– Quelle importance ?
– D'autant que je ne le suis pas.
– Ah bon ? Vous êtes hétéro ?
– Non. Je suis bi.
– En voilà une bonne nouvelle !
– Pourquoi, êtes-vous intéressée ?
– Vous êtes plutôt bien fait comme mâle !
– Et vous… Comment dire ? Sans paraitre macho…
– Bien roulée ?
– C'est un peu à cela que je pense, mais puis-je le dire ainsi ?
– Je le pense bien quand une petite nana attire mon regard ! Alors ne craignez rien !
– C'est vrai que vous êtes bien roulée. De là à coucher avec un pédé…
– Rien de ce que vous faites entre garçons ne m'est étranger… Tiens ? La lumière s'éteint.
– C'est donc maintenant le temps de l'étreinte !
– Je parie qu'ils vont s'aimer en douceur.
– Très féminin comme analyse…
– Je n'ai pas dit chastement, délicatement, par quelques caresses et des bisous ! Non. Ils vont se prendre l'un l'autre, les fesses comblées par de longues sodomies tendres en cuillère.
– C'est une hypothèse. Mais mon expérience de ces situations me fait penser que, s'ils commencent ainsi, à un moment l'enculé va se redresser en cuillère et demander à son amant de le chevaucher plus ardemment.
– C'est très masculin comme comportement ! Un peu de tendresse, d'accord, mais point trop ! Vite, du bestial, de l'animal, du physique intense !
– C'est qu'on ne se refait pas…
– Vous n'avez rien d'efféminé, en effet.
– Et j'imagine que c'est aussi ce que vous aimez avec un homme.
– Vous lisez en moi ?
– J'ai quelques expériences hétéros ! D'abord tout doux, tout mignon, tout tendre. Et puis, même si l'esprit résiste et que parfois une femme fait sa mijaurée, le corps a ses besoins que l'esprit ne contrôle pas ! Et le corps à corps devient aussi animal chez l'homme que chez la femme !
– Ah oui ? C'est comme cela que vous nous voyez . Mijaurées ?
– La pression sociale, c'est tout ! Il est difficile pour un homme de montrer qu'il est tendre et doux. C'est pour cela qu'on le traite de pédale et qu'on raille les enculés ! Il est tout aussi difficile pour une femme de montrer qu'elle veut du coït intense !
– Mais vous comme moi sommes au-dessus de cela, n'est-ce pas ?
– Vous, je n'en doute pas. Moi, je me soigne.
– Je me soigne aussi, rassurez-vous !
Un homme passe, un de ces pseudo-chien moche et stupide au nez écrasé au bout de la laisse. Il tente de voir ce que ces étranges noctambules regardent. Il ne voit rien. Il hausse les épaules. Il poursuit son chemin.
Alors qu'il se dit qu'il serait peut-être temps de s'approcher de la femme au comportement aussi étrange que le sien, la voilà qui se déplace vers lui. Comme toujours les femmes sont plus courageuses que les hommes !
Son pas est décidé même si sa posture est en défense.
Elle s'arrête devant lui. Elle sourit.
– Oui, je me souviens. Vous aussi avez vécu là.
– Pardon ? Vous… Vous avez habité cet appartement ?
– Avant vous. Oui. Je me souviens de vous. Lors de l'état des lieux.
– Il est vrai que nous avons habité là, mais… Pardonnez-moi de vous dévisager ainsi…
– Je vous en prie.
– Oui. Je me souviens… La femme triste ! Oups ! Excusez-moi !
– Ne vous excusez pas. J'étais effectivement triste. Désespérée même.
– Et vous vous souvenez de moi !
– Bien sûr ! Car vous rayonniez de bonheur ! Comme moi quand j'ai pris possession de cet appartement, trois ans plus tôt. Enfin… « Pris possession »… J'en garde tant de souvenirs que j'ai fini par admettre que c'est lui qui a pris possession de nous. On a tant fait l'amour sous ces fenêtres !
– Cela ne se dit pas, madame… Mais c'est si vrai ! On fait tellement l'amour sous ces fenêtres ! On a vécu tellement de longues nuits de fêtes !
– La vie était tellement plus belle… Vous aussi vous vous êtes beaucoup aimé, là, dans cet appartement ? Physiquement, je veux dire.
– Oh que oui ! Beaucoup est sans doute un terme faible !
– Pareil ! Et vous croyez que les deux petits homos qui l'occupent font comme nous à l'époque, s'aimer avec avidité ?
– Je ne sais pas si ce sont deux petits homos ! Deux minets, c'est sûr. Mais sont-ils en couple ? Amis ou amants… Ah oui. Vous aviez raison. Amants. C'est bien un couple.
Les deux silhouettes étaient à la fenêtre, enlacées, s'embrassant goulument.
– Mimines ! dit la femme, amusée, le regard focalisé sur eux.
– Gourmands ! réplique l'homme en souriant, regardant dans la même direction.
– Je vois de la tendresse, là. Regardez les mains, elles sont tout en délicatesse !
– Des prémices… Ils ne vont pas en rester là longtemps.
– C'est vrai que vous connaissez bien les relations entre hommes !
– Comment cela ?
– En tant que pédé, vous comprenez bien ce qu'il se passe entre ces deux petits pédés, même si vous étiez probablement un peu plus âgés qu'eux, non ?
– Qu'est-ce qui vous fait dire que je suis pédé ? Et puis que j'étais en couple dans cet appartement ?
– Je vous ai vexé ? Désolée !
– Pas du tout. Je m'en fous.
– Je me souviens du mâle magnifique qui vous aidait à monter vos cartons.
– Un ami.
– Qui vous dévorait des yeux ! Quel homme superbe ! Je peux vous faire un aveu ?
– Au point où nous en sommes !
– Je l'ai rêvé dans mon lit, m'épuisant d'amour ! Un magnifique athlète ! Je le surnommai « mon étalon ». Un militaire, non ?
– « Mon étalon » ! Génial ! On se surnommait mutuellement comme cela…
– Suivant les postures…
– Bien sûr ! Mais oui, il était militaire.
– « Était » ?
– C'est une longue histoire.
– Triste ou heureuse ?
– Les deux. Comme souvent les histoires… Quoique celle-là est pire que la moyenne… Et vous ? Vous m'aviez touché tant vous sembliez désespérée.
– J'étais désespérée. J'avais tout perdu. Absolument tout. Après avoir connu les plus merveilleux des bonheurs.
– « Les » ?
– C'est une longue histoire.
– Donc comme la mienne, d'abord heureuse, puis bien triste.
– « Triste » est un faible mot…
– Je partage ce sentiment…
– Regardez comme ils respirent la fraicheur et le bonheur, nos deux tourtereaux sans tourterelle ! A cet âge-là, vous copuliez combien de fois par jour ?
– Quelle question ! J'ignore leur âge !
– Ils sont jeunes. Vingt ans.
– De là où nous sommes, c'est difficile à dire ! Beaucoup de gays tentent longtemps de rester avec un corps de twink. Cela m'étonne souvent de voir des trentenaires, voire plus, qui s'obligent à garder leur corps de minet. C'est contre nature !
– Il faut assumer son âge, c'est certain ! Vous les voyez où, ces vieux gays qui ne veulent pas assumer leur âge ?
– Là où les gays se rencontrent, dans les saunas, les soirées…
– Chaudes ?
– Il faut bien que le corps exulte, disait Aznavour.
– Et cela ne vous dérange pas de raconter à une femme inconnue que vous être gay et que vous vous envoyez en l'air bestialement ?
– C'est vous qui m'interrogez ! Je vous réponds. Et puis nous ne sommes pas des inconnus l'un pour l'autre, n'est-il pas ?
– Nous avons vécu dans le même appartement. Oui. Nous avons vécu des passions physiques intenses. Oui. Cela nous lie. Un peu.
– Même si je suis gay.
– Quelle importance ?
– D'autant que je ne le suis pas.
– Ah bon ? Vous êtes hétéro ?
– Non. Je suis bi.
– En voilà une bonne nouvelle !
– Pourquoi, êtes-vous intéressée ?
– Vous êtes plutôt bien fait comme mâle !
– Et vous… Comment dire ? Sans paraitre macho…
– Bien roulée ?
– C'est un peu à cela que je pense, mais puis-je le dire ainsi ?
– Je le pense bien quand une petite nana attire mon regard ! Alors ne craignez rien !
– C'est vrai que vous êtes bien roulée. De là à coucher avec un pédé…
– Rien de ce que vous faites entre garçons ne m'est étranger… Tiens ? La lumière s'éteint.
– C'est donc maintenant le temps de l'étreinte !
– Je parie qu'ils vont s'aimer en douceur.
– Très féminin comme analyse…
– Je n'ai pas dit chastement, délicatement, par quelques caresses et des bisous ! Non. Ils vont se prendre l'un l'autre, les fesses comblées par de longues sodomies tendres en cuillère.
– C'est une hypothèse. Mais mon expérience de ces situations me fait penser que, s'ils commencent ainsi, à un moment l'enculé va se redresser en cuillère et demander à son amant de le chevaucher plus ardemment.
– C'est très masculin comme comportement ! Un peu de tendresse, d'accord, mais point trop ! Vite, du bestial, de l'animal, du physique intense !
– C'est qu'on ne se refait pas…
– Vous n'avez rien d'efféminé, en effet.
– Et j'imagine que c'est aussi ce que vous aimez avec un homme.
– Vous lisez en moi ?
– J'ai quelques expériences hétéros ! D'abord tout doux, tout mignon, tout tendre. Et puis, même si l'esprit résiste et que parfois une femme fait sa mijaurée, le corps a ses besoins que l'esprit ne contrôle pas ! Et le corps à corps devient aussi animal chez l'homme que chez la femme !
– Ah oui ? C'est comme cela que vous nous voyez . Mijaurées ?
– La pression sociale, c'est tout ! Il est difficile pour un homme de montrer qu'il est tendre et doux. C'est pour cela qu'on le traite de pédale et qu'on raille les enculés ! Il est tout aussi difficile pour une femme de montrer qu'elle veut du coït intense !
– Mais vous comme moi sommes au-dessus de cela, n'est-ce pas ?
– Vous, je n'en doute pas. Moi, je me soigne.
– Je me soigne aussi, rassurez-vous !
L'homme et la femme se regardent avec intensité. Brusquement un claquement de porte les fait se retourner. Des rires, non loin.
Les deux minets viennent de sortir de chez eux. Ils se chamaillent, se cherchent physiquement, rient fort. Ces deux-là s'en vont faire la fête avec l'insouciance de leur jeunesse.
– Nous avons tous les deux tout faux ! dit l'homme. Ce n'est pas maintenant qu'ils vont faire l'amour sous ces fenêtres.
– Sans doute s'en vont-ils pour une longue nuit de fête !
– Et rentreront-ils épuisés au petit matin, s'enlaçant sans être capable de faire l'amour.
– Qu'ils feront à la puissance dix demain matin !
– Demain midi, plutôt…
– Oui, vous avez raison… Je me souviens de nos longues nuits de fête… Pas de tendresse avant le milieu du jour…
– C'est curieux comme le son de cette porte me rappellent tant de souvenirs… Pourtant des portes qui claquent, j'en ai entendu plus d'une au cours de ma vie !
– Mais je suis d'accord avec vous. Celle-là fait un son mat assez particuliers… Vous ne trouvez pas que nous sommes un peu ridicules avec nos nostalgies devant un appartement maintenant vide ?
– Effectivement ! Je ne suis pourtant pas vraiment nostalgique, même si les souvenirs du bonheur vécu dans cet appartement me reviennent toujours.
– Moi non plus, je ne suis pas du genre à vivre dans le passé… Et si… Si au lieu de ressasser chacun de notre côté dans notre tête ces souvenirs, nous nous les racontions ?
– C'est que… Mes souvenirs de cette époque sont quand même très sexe !
– Justement ! Les miens aussi, vous savez.
– Et vous avez envie de me les raconter, vos souvenirs sexuels vécus dans cet appartement ?
– Pourquoi pas. Je ne les ai jamais racontés à quiconque. Peut-être que cela me ferait du bien de les sortir de ma tête… De les raconter à un inconnu… Qui ne m'est pas si inconnu que cela.
– Une psychothérapie de comptoir, défoulatoire, de nuit, dans ce parc mal éclairé, par une chaude nuit d'été ?
– Oui. A condition qu'on se dise mutuellement notre vécu très sexe ! Je sens que cela vous ferait du bien de me parler de votre vie passé de grand pédé !
– Grand pédé, grand pédé, il faut le dire vite ! Vous ne serez pas choquée ?
– Si. Et c'est justement ce qui me plait ! Choquez-moi très cher !
– A la condition que vous me choquiez à votre tour !
– Là-dessus, n'ayez crainte ! Vous croyez peut-être que je suis une sainte Nitouche ? Vous allez être surpris !
– Nous restons debout, là ?
– Il se fait tard. Asseyons-nous sur un de ces bancs.
– Lequel ? Il y en a deux. Du moins deux qui donnent sur la façade de cet appartement.
– Et bien définissons un banc mâle, et un banc femelle ! Vous commencez ?
– Si vous voulez.
– Alors prenons ce banc-ci !
– Pourquoi celui-là ?
– Vous ne voyez pas ? C'est que vous n'êtes pas si obsédé de bite, si je peux me permettre cette vulgarité…
– De bite… Nous ne sommes pas sur un port… Ah oui, je vois ! L'ombre !
– Quand même ! Ne trouvez-vous pas que l'ombre de cet arbre a un vrai aspect phallique ?
– Si cela vous fait plaisir ! Déjà côté ombre, c'est léger ! Une vague tâche sombre générée par ce lampadaire blafard… Quant au côté phallique…
– Faites-moi plaisir : reconnaissez qu'elle a une forme…
– De bite ! D'accord. S'il n'y a que cela pour vous satisfaire !
– Il en faut bien plus ! Allons-y, asseyons-nous. Des fois que nos petits pédés reviennent plus tôt que nous ne l'imaginons. Peut-être ont-ils eu juste besoin d'aller acheter des capotes au distributeur du coin ?
– Vous ne seriez pas un peu obsédée ?
– juste un peu !
Les deux minets viennent de sortir de chez eux. Ils se chamaillent, se cherchent physiquement, rient fort. Ces deux-là s'en vont faire la fête avec l'insouciance de leur jeunesse.
– Nous avons tous les deux tout faux ! dit l'homme. Ce n'est pas maintenant qu'ils vont faire l'amour sous ces fenêtres.
– Sans doute s'en vont-ils pour une longue nuit de fête !
– Et rentreront-ils épuisés au petit matin, s'enlaçant sans être capable de faire l'amour.
– Qu'ils feront à la puissance dix demain matin !
– Demain midi, plutôt…
– Oui, vous avez raison… Je me souviens de nos longues nuits de fête… Pas de tendresse avant le milieu du jour…
– C'est curieux comme le son de cette porte me rappellent tant de souvenirs… Pourtant des portes qui claquent, j'en ai entendu plus d'une au cours de ma vie !
– Mais je suis d'accord avec vous. Celle-là fait un son mat assez particuliers… Vous ne trouvez pas que nous sommes un peu ridicules avec nos nostalgies devant un appartement maintenant vide ?
– Effectivement ! Je ne suis pourtant pas vraiment nostalgique, même si les souvenirs du bonheur vécu dans cet appartement me reviennent toujours.
– Moi non plus, je ne suis pas du genre à vivre dans le passé… Et si… Si au lieu de ressasser chacun de notre côté dans notre tête ces souvenirs, nous nous les racontions ?
– C'est que… Mes souvenirs de cette époque sont quand même très sexe !
– Justement ! Les miens aussi, vous savez.
– Et vous avez envie de me les raconter, vos souvenirs sexuels vécus dans cet appartement ?
– Pourquoi pas. Je ne les ai jamais racontés à quiconque. Peut-être que cela me ferait du bien de les sortir de ma tête… De les raconter à un inconnu… Qui ne m'est pas si inconnu que cela.
– Une psychothérapie de comptoir, défoulatoire, de nuit, dans ce parc mal éclairé, par une chaude nuit d'été ?
– Oui. A condition qu'on se dise mutuellement notre vécu très sexe ! Je sens que cela vous ferait du bien de me parler de votre vie passé de grand pédé !
– Grand pédé, grand pédé, il faut le dire vite ! Vous ne serez pas choquée ?
– Si. Et c'est justement ce qui me plait ! Choquez-moi très cher !
– A la condition que vous me choquiez à votre tour !
– Là-dessus, n'ayez crainte ! Vous croyez peut-être que je suis une sainte Nitouche ? Vous allez être surpris !
– Nous restons debout, là ?
– Il se fait tard. Asseyons-nous sur un de ces bancs.
– Lequel ? Il y en a deux. Du moins deux qui donnent sur la façade de cet appartement.
– Et bien définissons un banc mâle, et un banc femelle ! Vous commencez ?
– Si vous voulez.
– Alors prenons ce banc-ci !
– Pourquoi celui-là ?
– Vous ne voyez pas ? C'est que vous n'êtes pas si obsédé de bite, si je peux me permettre cette vulgarité…
– De bite… Nous ne sommes pas sur un port… Ah oui, je vois ! L'ombre !
– Quand même ! Ne trouvez-vous pas que l'ombre de cet arbre a un vrai aspect phallique ?
– Si cela vous fait plaisir ! Déjà côté ombre, c'est léger ! Une vague tâche sombre générée par ce lampadaire blafard… Quant au côté phallique…
– Faites-moi plaisir : reconnaissez qu'elle a une forme…
– De bite ! D'accord. S'il n'y a que cela pour vous satisfaire !
– Il en faut bien plus ! Allons-y, asseyons-nous. Des fois que nos petits pédés reviennent plus tôt que nous ne l'imaginons. Peut-être ont-ils eu juste besoin d'aller acheter des capotes au distributeur du coin ?
– Vous ne seriez pas un peu obsédée ?
– juste un peu !
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Commentaires ()
Merci pour ta franchise ! C'est si rare ici et ailleurs que des personnes qui n'aiment pas le disent en restant simplement courtoises. On ne peut pas plaire à tout le monde !
trop forte
par contre, je suis navrée, je n'ai pas du tout accrochée.
Pas contre toi, il en faut pour tout le monde
MERCI :o)