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✦ Etrenu D'autres que nous XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

D'autres que nous — Chapitre 10

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Etrenu
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D'autres que nous

Chapitre 10

—10 15 août. 11h25
Toute la nuit les mains cherchent les chairs, les corps s'attirent et se lovent. La fatigue est lourde. Le cœur est léger. Les âmes sont sereines.
Les souvenirs magnifiés des jours heureux alimentent les rêves de chacun des deux. Des courts pincements au cœur rappellent la douleur de l'absence. Des longs sourires béats noyés dans le sommeil disent bien que le meilleur fait partie d'eux.
Leur présent est forgé dans le souvenir du bonheur, et dans la conviction que le meilleur reste à venir.
L'homme se réveille en sentant bien que son érection est prise en main et guidée dans une fente humide, douce, accueillante. Il tente de prolonger ses rêves tout en acceptant les mouvements lascifs du bassin qui lui sont imposés. Il entend le petit rire coquin de la femme. Il sent son souffle sur son visage. Il sourit au contact de ses seins moelleux sur son torse. C'en est trop. Il ne va pas la laisser diriger indéfiniment leur coït du matin !
Pourtant, alors qu'elle tente de le réveiller en soufflant sur ses lèvres, en les léchant, en caressant son fessier, en ondulant de manière plus vivace, il résiste encore de très longues et délicieuses minutes.
Quand, enfin, une phalange s'enfonce dans son anus détendu, il ne peut qu'ouvrir les yeux et admirer le regard ardent de celle qui a réjoui sa soirée et sa nuit. Leurs lèvres se trouvent. Leurs langues s'enlacent. Le baiser est d'une infinie tendresse alors que les bassins dansent sensuellement leur coït complice.
L'un comme l'autre ne rêve que de passer ainsi le reste de ses jours. Mourir ainsi. S'aimer pour l'éternité, sans l'urgence des pulsions charnelles, juste pour être en communion, juste pour ne faire qu'un.
Combien de temps ondulent-ils tendrement ? Elle rompt le charme en parlant. Pourquoi ? Pourquoi vouloir exprimer ses sentiments alors que leur accouplement fait sens à lui seul ?
Elle lui demande s'il a bien dormi, s'il a récupéré. Il grogne une vague réponse. Elle le remercie pour cette nuit magique.
Elle veut savoir ce qu'il a préféré. « Tout ». La réponse, brève, ne la satisfait pas. Elle insiste. Elle se livre. Elle dit qu'elle a adoré se livrer intimement à lui, l'inconnu, dans la pénombre blafarde de la nuit parisienne. Elle dit qu'elle a adoré l'intensité de leur accouplement, quand l'un et l'autre se faisaient alternativement sauvages. Elle lui interdit de se laver seul dorénavant : c'est à elle de s'occuper de son corps. Elle veut le laver chaque jour jusqu'à ce qu'ils soient des petits vieux grabataires.
Il l'écoute en souriant doucement. Malgré une lueur de moquerie dans le regard, toute son attitude n'est que tendresse et bienveillance. Comme elle lui répète plusieurs fois qu'elle a adoré quand il se faisait animal avec elle, il la renverse brusquement, écarte ses bras vers le haut, et déchaine de puissants coups de bassin en elle.
Elle crie aussitôt son approbation. Elle veut qu'il la chevauche puissamment ainsi, en missionnaire, puis dans toutes les positions qu'il voudra. Il rit. Elle grogne de contentement. Elle accroche ses chevilles au-dessus de ses fesses. Elle lui ordonne de poursuivre, longtemps, et de décharger en elle.
Le regard de l'homme se pose sur les préservatifs usagés qui trainent au sol. Elle affirme qu'il peut continuer, qu'il peut jouir en elle, qu'elle a confiance.
Pourquoi refuser ?
Le lit cogne contre la paroi de la chambre. Ils le perçoivent. Ils n'en ont cure. Il entre et sort de son vagin trempé qui se précipite vers son bas-ventre dans une brutale harmonie.
Pourtant il aurait dû le deviner. Cette femme n'est pas du genre à se laisser coïter passivement longtemps. Profitant d'un faux mouvement de l'homme trop impétueux, elle le bascule et s'installe au-dessus de lui. Si dans un premier temps elle reste couchée sur lui tout en remuant son bassin pour être coïtée, très vite elle ressent le besoin de redevenir amazone en le chevauchant.
L'homme l'a vu venir. Il la serre fortement e enroulant ses bars sur le bas de son dos, la tenant prisonnière contre lui. Elle lui demande de la libérer. Elle le supplie. Elle finit par s'arracher de son emprise.
L'homme éclate de rire, content d'avoir résisté. Il rayonne de plaisir en la voyant onduler en s'empalant sur son membre gluant, en montant et descendant, en croisant ses mains derrière sa nuque pour bientôt ne remuer plus que son bassin.
Il admire ses seins gonflés. Il caresse délicatement sa peau trempée de sueur, comme pour la soutenir, l'encourager dans son plaisir. Quand elle rouvre les yeux c'est pour sourire magnifiquement devant son regard à lui, passionné.
Après une belle escapade dans les steppes du plaisir, elle l'autorise à sucer se mamelons. Elle caresse sa crinière, si sauvage. Ils sont en harmonie. Ils s'aiment aussi intensément que suavement.
Il finit par la prévenir qu'il ne va plus résister longtemps. Le visage de la femme s'éclaire d'un sourire victorieux. Elle veut le faire craquer le premier. Il ne veut qu'une chose : qu'ils jouissent simultanément.
Elle insiste. Elle veut sa victoire. Elle sait bien comment le faire céder à l'orgasme. Mais il est couché sur le dos. Elle n'a pas accès à son anus. Elle s'acharne sur lui, variant les angles d'attaque sur son membre. Mais ce faisant elle excite davantage encore son clitoris. Et bientôt elle doit se rendre à l'évidence : c'est lui qui a raison. La seule conclusion digne de leur rencontre est bien une jouissance commune.
Elle se résout donc à parler, à exprimer l'état de son plaisir. Il en fait de même. Ils s'attendent. Ils accélèrent ensemble. Ils cherchent à mieux s'harmoniser encore. Chacun scrute l'autre. Chacun devine l'imminence de l'orgasme de l'autre. Chacun ne s'occupe bientôt plus que de la montée de la jouissance de l'autre.
Et à peu de chose près c'est ensemble qu'ils crient la puissance de leur plaisir en se contractant et en jouissant avec une force décuplée, bientôt poursuivie par de multiples répliques.
Epuisés, ils restent enlacés l'un contre l'autre, hagard, sans voix, le corps ruisselant. L'homme caresse tendrement le dos et les fesses de cette amante si volontaire. Elle se contente d'embrasser, de suçoter son cou en reprenant sa respiration.
Enfin elle se redresse, le regarde, lui dit qu'elle l'aime avant de l'embrasser avec une tendresse appuyée.
La verge amollie glisse sourdement hors du vagin gluant. Ils ricanent. Elle se contente d'un « pipi… » qui les fait éclater de rire avant de bondir ensemble hors du lit pour se précipiter sous la douche.
Alors qu'un flot d'urine sort de son vagin, elle saisit le pénis et le dirige vers son ventre pour en apprécier la chaleur qui arrose sa peau. Tout à leur jeu de touche pipi, ils s'embrassent farouchement.
Ce n'est que quand ils sont soulagés que l'homme, les lèvres toujours collées à celles de sa belle, ouvre le robinet de douche.
Ils hurlent au contact de l'eau froide mais se serrent davantage encore jusqu'à ce l'eau chaude arrive. Alors, comme si le rituel était instauré depuis toujours, chacun mouille le corps de l'autre, le savonne, le rince.
Elle veut mettre son pénis en bouche en s'abaissant. Il refuse. Il l'oblige à quitter la cabine de douche. Il la sèche et se laisse sécher.
Puis il l'entraine dans la chambre. Il ouvre les rideaux puis la fenêtre en grand. Il s'assoit jambes écartées dans le fauteuil et l'invite à s'approcher.
Elle se sent incapable de résister. Elle trouve l'attitude de l'homme un peu macho, mais elle s'avoue volontiers qu'elle aime cela. Il ne perd rien pour attendre !
Elle lèche ses bourses et sa hampe longuement tandis qu'il caresse ses cheveux en lui disant des mots doux. Elle se met à sucer son bonbon qu'elle décalotte quand son membre se gonfle enfin. Et après une longue gâterie qui fait voyager sa langue depuis son gland jusqu'à son anus en passant par ses bourses et son pubis, elle se met à le pomper dans une fellation franche.
Il se dégage au moment où elle sent une saveur métallique en bouche. Elle s'e réjouit. Il est prêt.
Il se lève et l'invite à s'assoir à sa place. Il s'agenouille entre ses cuisses. Il ne dit qu'une chose :
— Guide-moi.
Elle comprend. Elle accepte le challenge. Elle veut que cet homme sache faire d'aussi bon cunnis que la plus saphique des femmes. Alors elle l'aide. Elle le conseille. Elle le dirige. Elle l'éduque. Et l'homme se révèle être un bouffeur de minou particulièrement talentueux.
C'est elle qui le repousse quand elle sent que son orgasme est trop proche. Elle lui demande de se relever, d'approcher son sexe redevenu mou de ses lèvres. Elle embrasse le membre. Elle le lèche. Elle le suce. Elle le pompe encore.
Et brusquement elle le repousse et le jette sur le lit. Il n'a pas besoin qu'elle lui fasse un dessin pour comprendre qu'il lui faut se mettre tête-bêche.
Elle est d'abord au-dessus de lui, sa chatte écrasant son visage. Puis ils basculent pour inverser les positions. Une fois, dix fois, vingt fois.
A nouveau ils communiquent ensemble dans leur communion buccale et linguale pour s'informer de la montée de l'orgasme. Pas avec des paroles cette fois. Avec des grognements. Avec des gémissements ? Avec des mouvements lascifs, suspendus, amplifiés.
C'est comme si leur rencontre n'avait eu que ce seul but : apprendre à se nourrir intimement au même moment. Ils réussissent. Lui, à éjaculer dans sa gorge d'une bien petite giclée claire. Elle, à napper son minou d'un généreux flot de foutre. Si elle déglutit l'offrande, presse le membre pour en faire sortir la dernière goutte, lui grogne son contentement en léchant toute sa féminité avec méthode et passion, dégustant le nectar en poussant des petits cris, inspirant son parfum femelle pour saturer ses poumons, se réjouissant de la douceur des peaux intimes.
C'est aussi difficile pour l'un que pour l'autre de quitter l'entrejambe savoureuse pour se retrouver face à face, s'embrasser encore avec passion, s'enlacer fermement, se caresser et pétrir les fesses ardemment.
Se séparer pour retourner sous la douche est un crève-cœur. Confier son corps aux mains de l'autre est un nouveau délice. Mais malgré tous les efforts de l'amante, le sexe de l'homme reste flasque.
Ils quittent la chambre laissée en désordre après avoir jeté les préservatifs usagés dans la poubelle. Ils retrouvent le réceptionniste de la veille qui fait mine d'être étonné.
— Oh, c'est dommage, le service de petit déjeuner vient de fermer.
Les amants regardent leur montre : 12h44. Etonnés ils relèvent la tête vers l'hôte d'accueil qui éclate de rire.
— Non, je déconne… Je vous souhaite un bon retour dans le triste monde réel !
— Pourquoi « triste », demande-t-elle.
— Moins agréable que la nuit passée, en tous cas.
— Nous avons été trop bruyants ?
— Non, rassurez-vous, je n'ai eu aucune plainte.
— Ah, tant mieux ! Tenez, je vous rends les quelques préservatifs non utilisés. Et le gel. Ce sera pour une autre fois.
— Il ne faut pas tout vouloir tout de suite, vous avez raison. Cela servira à d'autres. Mais, dites-moi, j'imagine que vous êtes affamés ?
— Oh que oui ! dit le couple d'une seule voix, avant d'éclater de rire.
— Je peux vous servir une assiette froide : salade, légumes, jambons de pays, fromages, melon. Cela vous ira ?
— Parfait ! Quelque chose de frais et de léger, super !
— Installez-vous dans la salle de restauration, j'en ai pour dix minutes.
— Vous êtes vraiment adorable, vous savez ?
— Que voulez-vous, j'aime les gens, j'aime l'amour, j'aime les amoureux. Et j'aime Paris !
— Eh bien nous aussi. Ce quartier en particulier. Cet hôtel, dont j'ai longtemps rêvé.
— Vous le connaissiez ?
— Nous avons tous les deux vécus dans le même appartement, un peu plus loin en face du square, dit-il.
— A des époques différentes, précise-t-elle. Notre lien c'est d'abord cet appartement.
— Ah ? Original. Et maintenant ?
Le couple se regarde, se sourit, ne répond pas. Le réceptionniste comprend qu'il a posé une question indiscrète. Il balbutie une vague excuse et s'éloigne pour préparer les assiettes.
Ils s'assoient face à face dans un patio agréable. Elle pose sa main sur la table. Il pose sa main sur la sienne. Ils se regardent. Ils se sourient encore.
Un peu trop brusquement l'homme dit :
— Au fait, moi c'est Aymeric.
Elle le regarde, d'abord surprise, avant de répondre :
— Je n'ai pas besoin de connaitre votre prénom pour savoir qui vous êtes. Je vous aime comme vous êtes. Je me prénomme Lise.
Les regards noyés l'un dans l'autre, une irrépressible hilarité monte petit à petit, éclate, les tord de rire avant qu'ils ne puissent se calmer.
— Cela me rappelle les réveils après des soirées étudiantes, quand je découvrais le mec avec qui j'avais copulé la nuit ! « Au fait, c'est quoi ton prénom, toi ? ». Cela t'est arrivé aussi ?
— Quelques fois, oui. Certainement moins souvent que toi. Une soirée bien arrosée, la fatigue physique après une nuit de… de baise plutôt que d'amour… La découverte de la fille ou du garçon nu à mes côtés. C'était un peu nul.
— Mais c'était bon ! Nous étions jeunes.
— Ne le sommes-nous pas encore un peu ?
— Jeunes, je ne sais pas. C'est relatif. Mais frais, oui.
— Frais… C'est une manière de voir après une nuit et un matin très chauds !
Elle rit.
— D'accord, je précise : frais sur le plan affectif. Chauds sur le plan physique. Cela te va, beau garçon ?
— Ma foi, oui. Pourtant…
— Pourtant ?
— Cela me fait bizarre de vous tutoyer. C'était tellement… meilleur ? De se vouvoyer en se racontant tant de choses intimes. En faisant tant de choses intimes ! J'ai un peu le sentiment que nous n'aurions pas été autant en confiance si nous nous étions tutoyés. Comme si le vouvoiement permettait la distance nécessaire à la confidence.
— Je suis assez en phase avec cela. Et faire l'amour en se vouvoyant, cela a été divin !
— Qu'est-ce qui a été divin ? Faire l'amour ensemble ou bien se vouvoyer ?
— Les deux ensemble, grand crétin !
Aymeric sourit béatement. Il semble aux anges. Elle reprend :
— Je peux vous traiter de « grand crétin » sans vous vexer ?
— Cela vous fait plaisir ?
— Oui. J'adore les grands crétins, les grands maladroits, les gestes gauches attentionnés. La maladresse des hommes sincères me touche.
— Alors faites ! Vous qui n'avez pas fini de me reprendre et de me corriger quand je vous mangerai à nouveau le minou.
Un raclement de gorge se fait entendre derrière Aymeric. Lise éclate de rire. Le réceptionniste, deux grandes assiettes en main, a tout entendu.
Alors que les joues de l'amant rosissent légèrement, le serveur pose les assiettes et fait mine de n'avoir rien entendu, puis de ne jamais répéter ce qu'il sait de leur relation. Il leur propose un verre de vin ou de l'eau fraiche. Ils commandent une grande bouteille d'eau pétillante.
— Pétillante ? demande, amusé, le réceptionniste. Comme votre nuit ? Non, pardon, je ne devrais pas… Excusez-moi, dit-il d'un ton qui ne veut pas s'excuser.
— Je ne suis pas sûre que « pétillante » soit le mot qu'emploiera la femme de chambre après le bazar que nous avons laissé.
— Ne vous inquiétez pas, elle a l'habitude, je vous l'ai dit. Je vous souhaite un bon appétit.
Chacun des deux se jettent sur son assiette, réalisant en commençant à manger qu'ils étaient affamés.
— Nous avions besoin de reprendre des forces, remarque Aymeric.
Lise sourit. Elle ne répond pas, perdue dans ses pensées. Puis, après quelques longues minutes de silence, elle lance :
— Tu sais quoi ? Il y a une chose qui m'amuserait, entre nous.
— Accordé ! Quoi donc ?
— Et si on se tutoyait dans la vie de tous les jours, pour se vouvoyer quand nous ferons l'amour.
— Amusant ! Oui, c'est vrai que je n'ai jamais fait l'amour en vouvoyant mon ou ma partenaire. Cela serait notre petit secret d'alcôve. Sucez-moi, ma chère !
— Venez me brouter le minou, beau mâle !
— Non, laissez mon anus en paix ! Je ne résisterais plus longtemps !
— Suçotez mon clito, oui, plus doucement, plus fermement…
— Un secret d'alcôve, en plus de savoir que j'aime le corps des hommes, et que vous aimez aussi le corps des femmes.
— Un joli petit pédé qui s'accouple gaillardement avec une jolie petite lesbienne… Je ne suis pas certaine que ce soit aussi original que de se vouvoyer en s'accouplant, mais cela restera entre nous. A ceci près que vous aimez le corps des hommes et que vous avez besoin du corps des hommes en vous. Que j'aime le corps des femmes et que j'ai besoin de forniquer avec des femmes. Ni vous ni moi ne serons capables de nous passer d'un corps du même sexe. Moi, cela ne me dérange pas que vous vous fassiez enculer par un mec après l'avoir sucé. Et vous, cela vous dérangerait que je me vautre dans des plaisirs saphiques ?
— Non. Je ne crois pas.
— Il faudra juste que nous sachions nous le dire. Il faudra trouver une manière d'exprimer notre besoin homosexuel.
— Pour ma part l'inspiration viendra quand vous m'aurez godé le cul avec un de vos jouets.
— N'oubliez pas que j'en attend autant de vous ! Pas que vous me godiez, quoi que, mais que vous me sodomisiez.
— On lui redemande le tube de lubrifiant ?
— Vous devez bien avoir ce qu'il faut chez vous.
— Exact.
Le repas se poursuit avec des pieds et des chevilles qui ne cessent de se toucher. Quand Lise lui demande « tu prendras un dessert ? », il éclate de rire avant de faire remarquer que, oui, pour les choses courantes de la vie le tutoiement est spontané, mais que pour les choses du sexe le vouvoiement est bien présent.
— Le dessert rêvé à déguster se trouve entre vos cuisses, ma chère. Mais si tu préfères la carte de l'hôtel… Une panacotta ? Un fruit défendu ?
Ils éclatent de rire, s'embrassent, scellent ainsi leur accord.
Ils quittent l'hôtel main dans la main après avoir promis à leur hôte d'accueil qu'ils reviendront chaque année pour passer là une nuit torride.
Leurs pas les conduisent immanquablement devant l'appartement sous les fenêtres duquel ils ont tant fait l'amour. Eux, et bien d'autres qu'eux. Aymeric les entraine dans le square, jusque devant le banc où ils se sont raconté tant de choses la veille. En plein cagnard, l'ambiance n'est plus du tout la même. Il fait trop chaud. Il y a trop de lumière. Il y a trop de monde, trop de cris d'enfants.
Lise se place face à son amant. Ils s'embrassent. La tête dans son cou, elle murmure :
— Merci Jean, merci Nicole. Grâce à vous j'ai rencontré l'homme qu'il me fallait.
Emu, il l'embrasse, avant de murmurer à son tour :
— Merci Fred ! Grâce à toi j'ai rencontré une femme merveilleuse, la femme qu'il me fallait. Elle ne retirera rien à notre histoire. Je sais que tu es d'accord pour que je construise une nouvelle avec elle.
— Jean, Nicole, je me contrefous de votre avis ! je vais construire une nouvelle et belle histoire avec cet homme. Un point c'est tout !
Chacun a une larme à l'œil. Ce qui ne les empêche pas de rire à nouveau, de s'embrasser à nouveau, de marcher ensemble, main dans la main, sans but défini.
Epilogue
Cela fait deux jours qu'ils sont tous les trois ensemble. Deux jours de malaise. Deux jours au cours desquels Aymeric ne cesse d'hésiter sur la conduite à tenir tandis que Lise ne cesse de le rassurer.
Deux jours que Caroline a à peine grogné quelques mots inintelligibles. Encore cinq jours à tenir. Il avait pourtant essayé de bien faire les choses en louant cette maison avec piscine pour leurs premières vacances à trois.
Il n'avait croisé Caro que deux fois avant cela. Sans doute aurait-il dû y aller plus progressivement.
Alors qu'il rejoint les filles sur la terrasse avec un plateau portant le café, brusquement Caroline se met à lui parler.
— En fait je crois que je t'aime bien. Malgré ton humour de vieux, tu fais rire ma mère. Et moi j'aime bien quand elle rit. Elle est plus belle quand elle rit. Elle est plus belle depuis qu'elle te connait. Et je reconnais que tu peux me faire rire. Tu la fais bien jouir en tous cas…
— Caro ! s'exclame sa mère.
— Ben quoi, ne dis pas que c'est faux. Vous copulez toute la nuit comme des lapins ! Il n'arrête pas de te faire jouir, de te faire rire, de te faire gémir. Il fallait louer une barraque bien insonorisée ! Impossible de ne pas vous entendre. Et puis vous roucoulez comme des abrutis toute la journée. Vous n'arrêtez pas de vous dévorer du regard. Je sais bien que l'heure de la sieste crapuleuse approche. Cela ne me dérange pas de savoir que ma mère et… mon beau-père forniquent sans arrêt ! Je vous trouve plus sympas comme cela. Plus humains… Sans compter que tout le temps que passe ma mère à te dévorer du regard n'est pas du temps qu'elle passe à être tout le temps sur mon dos !
— Sympa… regrette Lise.
— Votre problème à vous les vieux c'est que vous n'êtes pas en capacité d'être lucides. Profitez pendant qu'il vous reste un peu de vitalité ! Dans vingt ans vous serez des petits vieux !
— Peut-être un peu plus tard que cela, non ?
— mouais, peut-être, je n'y connais rien en vieux.
— En tous cas la vieille apprécierait que tu la respectes un peu plus.
— Oh, ne te vexe pas, mamounette ! C'est plutôt gentil ce que je vous dis, non ? J'adore te voir comme cela, heureuse. Tu as raison, je crois que tu as trouvé le bon. Il est cool ton homme. Pas trop con pour son âge, cultivé, attentionné. A ta place je ferais tout pour le garder.
— J'y compte bien !
— J'adore quand on parle de moi gentiment, remarque Aymeric, faussement vexé.
— C'est sans doute parce qu'il est aussi pédé que queutard de meufs.
— Caroline !
— Ah ben voilà, dès qu'on balance une vérité, la daronne s'énerve. La vérité sort pourtant de la bouche des enfants, non ? Essaie de me démontrer qu'il n'est pas bi !
— Qu'est-ce que cela peut te faire ?
— Vous êtes vraiment lourds, les vieux. Aveugles. Ne croyez-vous pas, chers humanoïdes de la génération précédant la mienne, qu'une femme totalement bisexuelle ne peut s'épanouir qu'avec un homme totalement bisexuel ? Tous les mâles alpha que tu as ramenés se sont avérés être des gros cons machos, sans intérêt, ne pensant qu'à te baiser. Aymeric, s'il est doux et tendre, et viril en même temps si j'en crois les cognements du lit contre la cloison, c'est qu'il sait donner et recevoir, c'est qu'il sait te prendre en main et s'abandonner à toi. C'est évident, non ?
— Je ne sais pas si c'est évident, dit Aymeric. Mais je suis bluffé par ton sens de l'observation, par ta perspicacité. Pour une ado tu n'es pas aussi égocentrée que tu en as l'air ! Quand tu te décides à ne plus être mutique, tu es plutôt agréable, tu sais ?
— Ce que je sais c'est que tu as intérêt à rendre ma mère heureuse sinon je pourrais bien venir te couper les couilles dans la nuit.
— J'en accepte l'augure. Et je suis heureux que la jeunesse soit plus ouverte que ma génération sur la sexualité. Es-tu vraiment sincère quand tu affirmes que ma bisexualité est une chance ?
— Je crois que tu ne comprends pas tout. Moi je protège maman. Je dis ce que je pense. Je ne suis pas une vieille : je ne triche pas.
— Continue ! C'est mieux ainsi. Je préfère. A condition que tu fasses parfois un effort pour mettre les formes. Tu sais, les formes, ce n'est pas qu'une question anatomique avantageuse ou désavantageuse, c'est une marque de respect envers autrui, la manière de passer un message. Parce que l'important quand on s'exprime, ce n'est pas ce qu'on dit ou qu'on veut dire, c'est ce que l'autre reçoit réellement.
Caroline reste songeuse un moment, avant de répondre :
— Ce n'est pas con ce que tu dis. Peut-être que c'est ce qui m'énerve chez certaines de mes copines.
— Nous pouvons creuser le sujet ensemble, si tu veux.
— On verra.
— Et toi, alors, est-ce que tu as choisi ? Tu es plutôt hétéro ou bisexuelle comme nous ?
— Comment tu sais cela, toi ? Ah oui, les secrets d'alcôve… Je vais te dire un truc, beau-papa : si maman te confie les secrets de sa fille c'est qu'elle a totalement confiance en toi. Mérite-le !
— Je répète que je ferai tout pour. Mais toi, tu réponds ?
Après un moment de réflexion, Caroline se décide à répondre.
— J'espère ne pas vous choquer… J'ai essayé les filles. C'est sympa. J'ai essayé les mecs. C'est bon. Vous avez de la chance, vous les mecs, avec cette queue que vous avez entre les jambes. Quand vous savez vous en servir. Je jouis plus avec une queue qu'avec une chatte. Je jouis, plus fort, bien plus fort. Mais j'hésite. Je me dis que je choisirais bien les mecs, uniquement les mecs. Mais entre ceux qui jouissent trop vite et ceux qui ne se préoccupent pas de on plaisir, c'est parfois chiant.
— Tu parles de garçons de ton âge ?
— Ben oui ! Tu ne crois pas que je vais me faire baiser par des vieux de vingt ans ou plus !
— Tous les goûts sont dans la nature ! Mais tu as raison, reste donc avec des garçons de ton âge, répond Aymeric. Mais sois sympa avec eux : tu ne peux pas leur reprocher de manquer d'expérience. Donne-leur du temps pour apprendre à devenir de bons amants.
— Comment ? Il y a vraiment des moments, c'est pénible. J'ai beau en essayer plusieurs, ce n'est vraiment pas top.
— Parce que toi tu te considères comme une amante au top ?
— Non ! Bien sûr que non ! Je jouis trop vite, je suis trop pressée quand je les suce, je m'emballe et ils ne suivent pas.
— Mon Dieu, entendre cela de la bouche de sa propre fille, se désole Lise.
— Ben quoi, c'est révolutionnaire ce que je dis ?
— Non. Mais nous n'avons jamais parlé de cela avant. Jamais aussi… Précisément.
— C'est la faute à Aymeric.
— Pardon ? Ma faute ? Pourquoi ?
— Je ne sais pas, avec toi on a envie de tout raconter, de ne rien cacher.
Aymeric et Lise se regardent, éclatent de rire. Lise secoué de hoquets joyeux prend sa fille sa ses bras, l'enserre, l'embrasse, la cajole.
L'adolescente comprend que le couple se dit beaucoup de choses. Elle murmure à sa mère :
— Je t'aime maman. T'es chiante, mais je t'aime.
— Je t'aime ma fille ! Tu es très chiante, mais quoi que tu fasses et quoi que tu dises, je t'aimerai toujours.
Après un long enlacement, Caro regarde Aymeric et lui dit :
— Tu as compris, je crois. Je t'aime bien. Fais ce qu'il faut pour que je retire le « bien ». Okay ?
— Okay ma belle ! Je ferai ce qu'il faut.
— Et moi, d'accord, je vais essayer de ne pas multiplier les mecs, mais d'en trouver un ou deux de mignons et sympas et d'approfondir la baise ensemble.
— Commence donc par un !
— Et tâche de trouver par toi-même la différence entre faire l'amour et baiser, ajoute Aymeric avec un clin d'œil.
— Oui beau-daron ! Je vais mettre du cœur et du cul à la tâche !
— Caro ! reproche sa mère.
L'adolescente ne répond pas. Elle dégrafe sa robe légère et la fait glisser le long de son corps pour se retrouver nue devant les adultes.
— Quoi ? Vous n'avez jamais vu une fille à poil ?
— Si, mais…
— Sache, mec, qu'entre ma mère et moi il n'a jamais été question de pudeur. On n'a pas peur d'être à poil l'une devant l'autre. On est nature dans cette famille !
— Je sais, mais…
— Alors si tu veux en faire partie, il va falloir faire pareil ! Allez, tous à poil dans la piscine !
Alors que Caro plonge, Aymeric interroge Lise du regard. L'amante mère de famille sourit et cligne des yeux d'approbation. Elle a toute confiance. Elle aussi se retrouve nue en un rien de temps. Elle aide l'homme qu'elle a choisi à ôter son short, provoquant un sifflement moqueur de sa fille. Et les deux adultes, dans le plus simple appareil, sautent ensemble dans l'eau pour asperger l'adolescente de toute leur expérience de vie.
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espritlibre
18 décembre 2025 à 17:33
Fort belle histoire que je viens de lire d'une traite, c'est beau, touchant, et bien écrit, que du plaisir pour le lecteur.
Merci
Soyez respectueux
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