00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ tounet777 Le prix de la victoire XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le prix de la victoire — Chapitre 8

23 minutes
5
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de tounet777
tounet777
Histoires publiées
516
Abonnés
167
J'aime cumulés
6.3k

Le prix de la victoire

Chapitre 8

Chapitre 8
Je sens le corps de Kylian se détendre enfin contre le mien, son souffle régulier effleurant ma poitrine comme une caresse apaisante. La nuit est tombée depuis longtemps, et la chambre est plongée dans une pénombre douce, éclairée seulement par la lueur diffuse de la ville qui filtre à travers les volets mi-clos. Il est lové contre moi, sa tête nichée dans le creux de mon épaule, une main posée sur mon torse comme s'il cherchait à s'ancrer à moi-même dans son sommeil. Sa peau est encore chaude, légèrement moite des efforts de notre étreinte récente – cette première fois où je l'ai pris complètement, où nos corps se sont fondus en une union totale, ses yeux plantés dans les miens jusqu'au bout, jusqu'à ce que l'orgasme le submerge comme une vague impitoyable. Il a gémi mon nom, s'est cambré sous moi, et maintenant, il dort comme un enfant épuisé, vulnérable, entièrement à moi.
Je caresse distraitement ses cheveux noirs, humides de sueur séchée, et je savoure ce moment. Il est à moi. Complètement. Le bracelet à son poignet – cet anneau d'acier gravé de mes initiales et de ce serment intérieur : « TU ES ENTIÈREMENT À MOI » – brille faiblement dans l'ombre, un rappel constant de sa soumission. Mais ce soir, après cette fusion, je sens quelque chose de plus profond se tisser entre nous. Pas seulement de la domination, mais une connexion viscérale, comme si j'avais gravé mon emprise non seulement sur son corps, mais sur son âme. Il s'est abandonné à moi sans réserve, et cela me remplit d'une satisfaction primitive, presque animale.
Pourtant, je sais que demain sera une épreuve. Jordan. Son meilleur ami depuis que vous avez sept ans. Pas un copain rencontré plus tard – Jordan est là depuis le tout début : les premières bêtises dans la cour de récré, les secrets chuchotés sous les couvertures, les colères d'enfants, les premiers rêves partagés. C'est lui qui a vu Kylian grandir, qui l'a soutenu dans les pires moments, qui connaît chaque facette de l'homme qu'il était avant moi. L'invitation au dîner est un test ultime : pour Kylian, avouer à l'être qui le connaît depuis presque vingt ans ; pour moi, affirmer mon emprise face à celui qui pourrait encore le « reconnaître » comme son frère de cœur. Je ferme les yeux, laissant le sommeil me gagner, avec Kylian blotti contre moi comme une possession précieuse.
Le matin arrive trop vite. La lumière du soleil filtre à travers les volets, chaude sur nos corps nus entrelacés. Je me réveille en premier, comme toujours. Kylian dort encore, mais même dans son sommeil ses traits sont crispés : une ride profonde entre les sourcils, les mâchoires serrées, les paupières qui tressaillent comme s'il luttait contre un cauchemar éveillé. Il est au bord de la crise de nerfs. Je le sens dans chaque muscle tendu, dans la façon dont ses doigts se crispent sur le drap. Ce soir, il va devoir affronter Jordan, et l'idée le ronge déjà de l'intérieur.
Je me dégage doucement de son étreinte, ma main effleurant son dos nu une dernière fois avant de me lever. Aujourd'hui, c'est moi qui fais le café. Pas parce que je le dois, mais parce que je veux l'aider à surmonter ça – ou du moins, à tenir jusqu'au soir. Je traverse l'appartement pieds nus, le parquet frais sous mes plantes de pieds, et je prépare la machine avec des gestes calmes, méthodiques. Les grains moulus frais emplissent l'air d'un arôme réconfortant. Je sors deux tasses, dispose les toasts, le beurre, la confiture – un rituel simple pour ancrer Kylian dans la réalité du jour avant que l'angoisse ne le submerge complètement.
Il apparaît enfin dans l'encadrement de la porte, les cheveux ébouriffés, les yeux rougis par une nuit agitée. Il porte seulement un boxer noir moulant, le bracelet scintillant à son poignet comme un rappel muet. Il s'approche lentement, hésitant, et je le tire contre mon torse nu, mes bras l'enveloppant fermement.
— Bien dormi ? je murmure contre ses cheveux.
Il secoue la tête, la voix rauque :
— Non… Je pense à ce soir. À Jordan. Et s'il ne comprend pas ? S'il me juge ? S'il ne veut plus me parler après ça ?
Je resserre mon étreinte, mes mains descendant vers le creux de ses reins, pressant légèrement pour le plaquer contre moi. Je sens son cœur battre trop vite, trop fort. – Il comprendra. Ou pas. Mais c'est ton meilleur ami depuis que vous avez sept ans. S'il te tourne le dos après ça, c'est qu'il ne t'a jamais vraiment connu. Et tu as moi maintenant. C'est tout ce dont tu as besoin.
Il déglutit, ses mains s'accrochant à mes hanches. Je sens son angoisse comme une vibration sous sa peau, et cela m'excite – cette vulnérabilité qu'il me confie sans réserve. Je l'embrasse sur le front, un geste presque tendre, mais chargé de possession. – Assieds-toi. Je t'ai fait du café. Respire. On va passer la journée ensemble, et ce soir, tu lui diras tout. Pas de secrets.
Il obéit, s'assoit à la table, les mains tremblantes autour de la tasse que je lui tends. Il boit une gorgée, ferme les yeux un instant comme si la chaleur pouvait chasser la peur. Toute la journée, il reste nerveux. Il essaie de s'occuper : un footing court pour évacuer, une douche interminable, ranger l'appartement deux fois, vérifier dix fois la table, le menu, le vin. À chaque bruit, il sursaute. À chaque silence, il fixe le vide. Je le surveille du coin de l'œil, intervenant quand il commence à tourner en rond : une main sur sa nuque, un baiser bref dans le cou, un ordre doux mais ferme pour le ramener à moi.
En fin d'après-midi, il laisse tomber un verre ; il se brise au sol dans un fracas qui le fait trembler de tout son corps. Je m'approche par derrière, l'enlace, mes mains sur ses hanches, mon torse contre son dos.
— Calme-toi. Ce soir, c'est une étape. Tu vas lui dire, et ce sera fini. Tu seras libre.
Il se retourne dans mes bras, pose sa tête contre mon épaule.
— Libre ? Avec toi qui décides de tout ? murmure-t-il, un soupçon d'ironie dans la voix, mais sans révolte.
Je souris intérieurement. Oui, libre dans sa cage. Libre d'être à moi.
— Exactement.
Le soir tombe enfin. L'appartement est impeccable : table dressée avec soin, bougies allumées, une bouteille de vin rouge décantée sur la table basse du salon pour l'apéritif. Kylian a enfilé un jean slim noir et une chemise blanche ajustée, qui met en valeur son torse athlétique. Le bracelet dépasse légèrement de sa manche, visible mais discret. Moi, je porte un pantalon de costume gris foncé et une chemise noire ouverte au col, décontracté mais dominant. L'air sent le rôti au four, les herbes fraîches, l'anticipation.
La sonnette retentit à 20 heures précises. Kylian sursaute, son visage pâlit. Je pose une main sur son épaule, serre légèrement.
— Va ouvrir.
Il obéit, les jambes tremblantes. Jordan est là, sur le seuil, un bouquet de fleurs à la main – un geste poli, presque formel. Il est habillé simplement : jean bleu foncé, polo gris qui moule ses épaules larges, ses cheveux châtains coupés court, ses yeux bruns scrutateurs. Il serre Kylian dans une étreinte fraternelle, longue, comme on le fait quand on se connaît depuis l'enfance.
— Salut, petit con. T'as l'air d'avoir vu un fantôme.
Kylian bredouille un « oui, oui », prend le bouquet, le pose sur la table. Nous passons au salon pour l'apéritif. Je sers le vin, des verres généreux, et nous nous asseyons : Jordan sur un fauteuil, Kylian et moi sur le canapé, côte à côte. L'atmosphère est tendue dès le début. Kylian fixe son verre, le tourne entre ses doigts, son genou tressautant nerveusement.
Jordan parle le premier, brisant le silence avec des souvenirs d'enfance : la fois où ils avaient construit une cabane qui s'était écroulée sur eux, la fois où ils avaient séché l'école pour aller voir un match en cachette. Mais Kylian est ailleurs. Au bout de quelques minutes, il pose son verre et déglutit.
— Jordan… J'ai quelque chose de très important à te dire. Mais j'ai peur de ton jugement.
Jordan se fige, son verre à mi-chemin de ses lèvres. Il pose le verre, se penche en avant, les coudes sur les genoux, son regard fixé sur Kylian avec une intensité fraternelle.
— Vas-y, Kylian. Tu sais que je suis là pour toi. Quoi que ce soit.
Kylian inspire profondément, ses mains tremblant sur ses genoux. Je pose une main sur son genou, ouverte, visible sur le tissu de son jean – un geste calme, possessif, qui dit à Jordan sans mots : il est à moi, même ici, même maintenant.
— Je… J'ai quitté Emma. Pour Octavien. Je suis avec lui maintenant. Et je me sens bien. Vraiment bien.
Les mots sortent en bégayant, hachés, comme si chaque syllabe lui coûtait un effort surhumain. Jordan cligne des yeux, surpris, mais pas choqué. Il boit une gorgée rapide de son vin, puis une autre, vidant presque son verre d'un trait. Ses joues rougissent légèrement – de nervosité, peut-être.
— Wow… OK. Mec, je… Je n'ai pas de problème avec ça. T'es mon meilleur ami depuis qu'on est gosse. Je ne te juge pas là-dessus.
Kylian exhale un souffle tremblant, ses épaules s'affaissant de soulagement. Des larmes perlent au coin de ses yeux, mais il les retient. Jordan se resserre un verre, boit encore, comme pour digérer l'information.
— Sérieux, Kylian. Si t'es heureux, c'est tout ce qui compte.
Mais Jordan n'en reste pas là. Il pose son verre, se penche plus près, ses yeux passant de Kylian à moi.
— Mais dis-moi… Comment ça a commencé ? T'as toujours détesté Octavien, non ? Sur le terrain, c'était la guerre entre vous.
Kylian rougit, jette un regard vers moi. Je hoche la tête, l'encourageant silencieusement, ma main toujours posée sur son genou, le pouce caressant doucement le tissu en un mouvement circulaire apaisant et dominateur.
— Oui… Au début, je le haïssais. Vraiment. Il me rendait fou, avec son arrogance, sa façon de me défier. Mais intérieurement… J'étais attiré par lui. Sans le savoir. On avait ce petit jeu, se chercher, se provoquer. Et un jour, dans les vestiaires, après un match… Ça a basculé. On s'est touchés, on s'est embrassés. Et depuis, c'est comme si tout s'était aligné. Je me suis trouvé avec lui.
Jordan écoute, fasciné, buvant ses mots. Il vide son deuxième verre, ses gestes un peu plus saccadés. Puis il se tourne vers moi, son regard plus perçant.
— Et toi, Octavien ? Emma m'a appelé, tu sais. Elle était hystérique. Elle m'a dit que t'avais une emprise sur lui. Que t'étais manipulateur, que t'avais tout orchestré pour le séparer d'elle. C'est vrai ?
Je soutiens son regard, impassible, un sourire froid aux lèvres. Ma main reste sur le genou de Kylian, ferme, visible.
— Emma est blessée. Elle voit ce qu'elle veut voir. Kylian est avec moi parce qu'il le choisit. Tous les jours. Et oui, j'ai une emprise – parce qu'il me la donne. Volontairement.
Jordan fronce les sourcils, mais ne pousse pas plus loin pour l'instant. Nous passons à table. Le repas est servi : entrée de salade composée, rôti de bœuf aux herbes avec des légumes rôtis, du vin qui coule généreusement. Jordan boit plus que de raison, ses joues rougissantes, sa langue se déliant au fur et à mesure. L'ambiance se détend un peu, mais la tension sous-jacente reste palpable.
Au milieu du plat principal, Jordan, un peu éméché maintenant, pose sa fourchette, fixe Kylian avec un sourire en coin.
— Tu sais, mec… J'ai un truc à te dire. Moi aussi, j'ai couché avec un gars une fois. À la fac, après une soirée arrosée. C'était… expérimental. Pas mon truc à fond, mais je ne regrette pas. Donc, vraiment, zéro jugement.
Kylian écarquille les yeux, un soulagement immense inondant son visage. Il rit nerveusement, pose une main sur l'épaule de Jordan à travers la table.
— Sérieux ? Putain, ça me soulage. Merci de me dire ça.
Mais à cet instant, je sens une pointe de jalousie me piquer. Jordan, avec son sourire charmeur, ses yeux brillants d'alcool, sa confession qui rapproche Kylian de lui d'une façon intime. Il est sexy, oui – corps athlétique, présence magnétique. Pas question de rivalité. Je me rapproche de Kylian sur la banquette, passe un bras autour de sa taille, le tire contre moi de façon possessive. Mes doigts s'enfoncent légèrement dans sa hanche, un geste clair : il est à moi.
— C'est bien que tu partages ça, Jordan. Mais Kylian est à moi maintenant. Complètement.
Jordan cligne des yeux, surpris par mon ton, mais il hoche la tête, un peu mal à l'aise. Le repas continue, les conversations dérivant sur des sujets plus légers – des souvenirs d'enfance, les bêtises qu'ils ont faites à sept ans, à dix ans, à quinze ans –, mais je garde Kylian contre moi, ma main sur sa taille comme une marque invisible.
À la fin de la soirée, après le dessert – une tarte aux fruits maison que Kylian a préparée dans l'après-midi, les mains tremblantes –, Kylian se racle la gorge, fixe Jordan avec appréhension.
— Jordan… S'il te plaît, ne dis rien à personne. Pas encore. Tout ça… Ça ne doit pas se savoir tout de suite. Laisse-nous du temps.
Jordan, un peu chancelant à cause du vin, se lève, pose une main sur l'épaule de Kylian.
— Promis, mec. Ton secret est en sécurité avec moi. Depuis toujours, je garde tes secrets. Ça ne change pas aujourd'hui.
Il regarde alors vers moi. Je me lève, enlace Kylian par la taille, et dépose un baiser possessif dans son cou, mes lèvres effleurant sa peau chaude, sentant son pouls s'accélérer sous ma bouche. Jordan observe, un sourcil levé, puis se tourne vers moi avec un regard soudain plus dur, presque menaçant.
— Octavien… Si un jour tu lui fais du mal, je viendrai te casser la gueule. Compris ?
Je soutiens son regard sans ciller, un sourire froid étirant mes lèvres. Ma main reste sur la taille de Kylian, possessive.
— C'est compris.
Jordan hoche la tête une dernière fois, un mélange de méfiance et de résignation dans les yeux, puis il se dirige vers la porte. Je le raccompagne, laissant Kylian dans le salon.
Sur le seuil, Jordan s'arrête une seconde, me jette un dernier coup d'œil, mais ne dit rien de plus. Il part, ses pas résonnant dans le couloir. Je ferme la porte, un sourire satisfait aux lèvres. Pas de rivalité.
De retour dans le salon, je trouve Kylian en train de ranger la vaisselle, empilant les assiettes avec des gestes mécaniques, encore sous le choc de la soirée. Je m'approche par derrière, passe mes bras autour de sa taille, me colle contre son dos, sentant la chaleur de son corps à travers ses vêtements. Mon torse contre ses omoplates, mon bassin contre ses fesses, mon souffle dans son cou.
— Laisse tout ça. Tu le feras demain. On va se coucher.
Il se raidit un instant, puis se détend contre moi, sa tête basculant en arrière sur mon épaule.
— Merci… Pour ce soir. Pour tout.
Je l'embrasse dans le cou une fois de plus, mes mains descendant sur son ventre, possessives.
— Tu as été parfait. À moi.
Nous montons dans la chambre, la nuit nous enveloppant comme un cocon. La soirée est finie, mais le jeu continue. Et Kylian est plus à moi que jamais.
Le lendemain matin, la lumière filtre à travers les volets à peine entrouverts, une lueur dorée qui caresse les draps froissés et nos corps encore emmêlés. Je me réveille avant Kylian, comme toujours. Il est blotti contre moi, sa tête nichée dans le creux de mon épaule, une jambe passée par-dessus la mienne comme s'il craignait que je disparaisse pendant son sommeil. Sa respiration est profonde, régulière, presque paisible – un contraste saisissant avec la tension qui l'avait rongé toute la journée d'hier. Le dîner avec Jordan l'a libéré d'un poids énorme ; je le sens dans la façon dont ses muscles sont détendus, dans la douceur involontaire avec laquelle il se colle à moi, même inconscient.
Je passe une main lente dans ses cheveux noirs, encore humides de sueur de la nuit. Le bracelet à son poignet glisse légèrement contre mon torse quand il remue ; l'acier froid contraste avec la chaleur de sa peau. Je le regarde dormir, ce visage que j'ai appris à décrypter : les cernes atténués, les lèvres entrouvertes, les paupières qui frémissent parfois comme s'il rêvait de moi. Hier soir, après le départ de Jordan, il s'est effondré contre moi dans le salon, tremblant de soulagement, murmurant « Il a compris… il a vraiment compris… » comme si c'était un miracle. Et moi, je l'ai porté jusqu'au lit, je l'ai déshabillé lentement, je l'ai embrassé partout – front, tempes, cou, poitrine, ventre – en lui répétant à voix basse : « Tu as été parfait. Tu es à moi. Et maintenant, tout le monde le sait, au moins une personne. »
Je descends ma main le long de son dos, effleure la courbe de ses fesses, sens la chair encore marquée par mes doigts de la veille. Mon sexe durcit contre sa cuisse ; je ne résiste pas. Je le réveille doucement, mes lèvres contre son oreille :
— Kylian… Réveille-toi.
Il grogne, se frotte contre moi comme un chat, ouvre les yeux lentement. Ses pupilles se dilatent quand il me voit, un sourire timide, presque enfantin, illumine son visage.
— Octavien… Bonjour toi.
Je l'embrasse, profondément, possessivement. Ma langue envahit sa bouche, goûte la douceur du sommeil et la trace légère du vin de la veille. Il gémit dans ma bouche, ses hanches se soulèvent instinctivement vers moi. Je le retourne sur le dos, m'installe entre ses cuisses écartées, mes avant-bras de part et d'autre de sa tête. Nos regards se verrouillent – comme la première fois, comme chaque fois désormais. Je veux qu'il voit, qu'il sente, qu'il sache.
— Tu as été courageux hier soir, je murmure contre ses lèvres. Tu as dit la vérité à ton meilleur ami. Tu as tenu. Tu mérites une récompense.
Il rougit, ses pupilles s'élargissent encore plus. Je descends lentement le long de son corps : baisers sur la pomme d'Adam qui monte et descend nerveusement, sur les clavicules, sur les pectoraux où je m'attarde, suçant un téton jusqu'à ce qu'il durcisse et qu'il arque le dos en gémissant. Je continue : ventre plat, nombril, la ligne de poils noirs qui descend vers son sexe déjà dur, gonflé, luisant de précum à la pointe.
Je le prends en bouche sans préambule, lentement, profondément. Il crie mon nom, ses mains s'accrochent aux draps. Je le suce avec une lenteur calculée, ma langue tournant autour du gland, descendant jusqu'à la base, remontant en aspirant fort. Ses hanches se soulèvent, cherchent plus ; je le maintiens fermement par les cuisses, contrôlant le rythme. Quand je sens qu'il est au bord, je m'arrête, remonte sur lui, nos sexes frottant l'un contre l'autre, humides, brûlants.
— Regarde-moi, Kylian.
Il obéit, les yeux brillants, la bouche entrouverte.
— Je vais te prendre. Lentement. Pour que tu sentes chaque centimètre. Pour que tu te souviennes que tu es à moi. Que Jordan sait maintenant que tu m'appartiens. Que tu as choisi ça.
Il hoche la tête frénétiquement, un « oui » étranglé sort de sa gorge. Je m'enduis de lubrifiant, le prépare avec deux doigts, puis trois, lentement, en le regardant dans les yeux tout le temps. Il gémit, se cambre, supplie sans mots. Quand je le pénètre enfin, c'est millimètre par millimètre, mes hanches roulant avec une douceur torturante. Il halète, ses ongles s'enfoncent dans mes épaules, ses yeux ne quittent pas les miens.
Je bouge en lui, profond, lent, chaque retrait presque complet, chaque poussée jusqu'à la garde. À chaque coup de reins, je murmure contre son oreille :
— Tu as vu comment Jordan t'a regardé hier ? Il a compris que tu n'étais plus à lui. Que tu étais à moi. Que tu m'as choisi. Que tu jouis pour moi.
Il gémit plus fort, ses hanches se soulèvent pour venir à ma rencontre. J'accélère légèrement, mais reste dans ce rythme contrôlé, mes mains encadrant son visage pour qu'il ne puisse pas détourner le regard.
— Dis-le. Dis à qui tu appartiens.
— À toi… À toi, Octavien… Putain, à toi…
Je le prends plus fort maintenant, nos peaux claquent doucement, la sueur perle sur nos torses. Il tremble, au bord. Je glisse une main entre nous, empoigne son sexe, le branle au même rythme que mes coups de reins.
— Jouis pour moi. Montre-moi que tu es à moi.
Il explose avec un cri rauque, son sperme giclant entre nos ventres, chaud, abondant. Ses muscles se contractent autour de moi, me serrent, me tirent avec lui. Je le suis presque immédiatement, me vidant profondément en lui, grognant son nom contre sa gorge, mes dents marquant légèrement sa peau.
Nous restons comme ça, haletants, collés l'un à l'autre. Je ne sors pas tout de suite ; je reste en lui, mes lèvres contre son front, mes bras autour de lui. Il tremble encore des répliques de l'orgasme, murmure des « merci » incohérents contre mon épaule.
— Tu as été parfait hier soir. Et tu l'es encore maintenant.
Il sourit faiblement, épuisé, heureux.
Mais au fond de moi, une pensée fugace traverse mon esprit alors que je le regarde sombrer à nouveau dans un demi-sommeil contre mon torse : et si je le pousse trop loin ? Et si un jour, malgré tout cet amour tordu qu'il me porte, il craque vraiment ? S'il se réveille un matin et réalise qu'il a tout sacrifié – Emma, Jordan, une partie de lui-même – pour moi ? La peur est minuscule, presque imperceptible, mais elle est là. Elle me serre la gorge une seconde. Je resserre mes bras autour de lui, presque trop fort, comme pour l'empêcher de partir un jour. Non. Il ne partira pas. Je ne le laisserai pas partir. Je vais juste… l'attacher plus fort. Plus profondément.
Je l'embrasse sur le front, murmure contre sa peau :
— Dors encore un peu. On a toute la journée.
Il s'endort presque instantanément, lové contre moi comme un chat confiant. Je reste éveillé, à fixer le plafond, la main dans ses cheveux. La peur s'estompe, remplacée par une détermination froide : je vais augmenter le contrôle. Pas par cruauté. Par nécessité. Pour qu'il n'ait jamais envie de regarder ailleurs.
Quelques heures plus tard, après une douche partagée où je l'ai lavé moi-même – savon sur son torse, sur ses cuisses, entre ses fesses encore sensibles –, nous sommes dans le salon. Kylian est assis sur le canapé, torse nu, en jogging gris, le bracelet brillant à son poignet. Il me regarde avec cette nouvelle douceur dans les yeux, cette confiance fragile qui s'installe depuis hier soir.
— Octavien… je peux te demander quelque chose ?
Je m'assois à côté de lui, passe un bras autour de ses épaules, l'attire contre moi.
— Tout ce que tu veux.
Il hésite, rougit légèrement, baisse les yeux sur ses mains.
— Est-ce que… on pourrait sortir ensemble un soir, juste tous les deux ? Comme un couple normal ? Pas un resto chic où tout le monde nous regarde, juste… un truc simple. Un bar, un cinéma, une balade. Je sais que tu décides de tout, mais… j'aimerais ça. Juste une fois.
Je le regarde un long moment. La demande est innocente, presque touchante. Elle me rappelle que sous toute cette soumission, il reste un homme qui a envie de moments ordinaires. Ça me touche – et ça m'inquiète. Parce que « normal » veut dire hors de mon contrôle total. Mais je décide de dire oui. À ma façon.
— D'accord. Demain soir. On ira boire un verre dans un petit bar discret que je connais. Mais à une condition.
Il relève les yeux, attentif.
— Laquelle ?
Je glisse ma main dans la poche de mon pantalon, sors une petite boîte noire que j'avais préparée depuis plusieurs jours. Je l'ouvre : un plug en acier inoxydable, noir mat, de taille moyenne, avec une base large et un petit bijou rouge discret à l'extrémité.
— Tu le portes pendant toute la soirée. Dedans. Tout le temps. Tu sentiras que tu es à moi, même quand on sera assis côte à côte comme un couple « normal ». Et quand on rentrera, je te le retirerai moi-même. Lentement.
Il déglutit, ses joues s'enflamment, mais ses yeux brillent d'excitation. Il hoche la tête.
— D'accord… Je veux bien.
Je souris, pose le plug sur la table basse.
— Parfait. Va te préparer. On va le mettre maintenant. Pour que tu t'habitues.
Il se lève, enlève son jogging et son boxer sans que je le lui demande. Il se met à quatre pattes sur le canapé, les fesses offertes, le visage rougi mais déterminé. Je m'agenouille derrière lui, lubrifie abondamment le plug et son entrée encore sensible de ce matin. Je le pénètre lentement avec mes doigts d'abord, le préparant, le faisant gémir doucement. Puis je pousse le plug, millimètre par millimètre, jusqu'à ce que la base soit bien calée contre ses fesses. Il halète, tremble, mais ne recule pas.
— C'est bien, je murmure en caressant son dos. Tu le gardes jusqu'à demain soir. Et demain, on sort. Comme un couple.
Il se redresse, se retourne, m'embrasse avec une urgence nouvelle.
— Merci… Je t'aime.
Les mots me frappent comme un coup de poing doux. Je le serre contre moi, fort, et je murmure contre ses lèvres :
— Moi aussi.
Mais dans ma tête, la petite peur de ce matin est toujours là. Je vais l'aimer. Je vais le protéger. Et je vais l'attacher encore plus fort. Pour qu'il n'ait jamais, jamais, envie de partir.
Fin du chapitre 8.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 9
29 minutes
2
0
0
Chapitre suivant

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ tounet777 Putain d'homophobe XSTORY
Putain d'homophobe
Chapitre 26
Par tounet777
0
0
4
Gays
✦ tounet777 Le nouveau voisin de palier XSTORY
Le nouveau voisin de palier
Chapitre 6
Par tounet777
43
2
5.6k
Gays
✦ tounet777 Putain d'homophobe XSTORY
Putain d'homophobe
Chapitre 25
Par tounet777
0
0
4
Gays
✦ tounet777 La dernière notification XSTORY
La dernière notification
Chapitre 6
Par tounet777
0
0
3
Gays
✦ tounet777 A cause d'un regard XSTORY
A cause d'un regard
Chapitre 4
Par tounet777
0
0
5
Gays
✦ croquant29 Amanda et Julien XSTORY
Amanda et Julien
Chapitre 15
Par croquant29
184
8
3.2k
Hétéro
✦ tounet777 Putain d'homophobe XSTORY
Putain d'homophobe
Chapitre 24
Par tounet777
0
0
2
Gays
✦ tounet777 Le feu sur la glace XSTORY
Le feu sur la glace
Chapitre 6
Par tounet777
0
0
4
Gays
✦ Romo36 Mon patron - Mon fantasme XSTORY
Mon patron - Mon fantasme
Chapitre 9
Par Romo36
21
1
2.1k
Gays
✦ tounet777 Les joies du divorce XSTORY
Les joies du divorce
Chapitre 5
Par tounet777
0
0
4
Gays

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio