Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
De l’amour aux cendres — Chapitre 2 · Cendre tiède
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
De l’amour aux cendres
Chapitre 2 · Cendre tiède
La lumière dorée du dimanche matin s’infiltra lentement dans la chambre principale, glissant sur les draps blancs du lit king-size. Ayako bougea légèrement, et la sensation la saisit aussitôt — une sensibilité sourde, tiède, entre ses fesses. Pas une douleur vive. Plutôt un rappel persistant, comme une empreinte laissée par la nuit précédente. Elle replia les jambes, le drap glissant sur sa cuisse nue, et resta immobile un instant, les yeux mi-clos, le visage tourné vers la baie vitrée où les reflets du lac dansaient sur le plafond. La descente de la veille pesait sur ses membres. Une lassitude cotonneuse. Diffuse. Collante.
Lucas était déjà éveillé. Allongé sur le côté, le torse nu hors de la couette, il la regardait. Sa barbe de trois jours accentuait les angles de sa mâchoire. Ses yeux bruns, calmes et perçants, suivaient chaque micro-mouvement de son corps.
— Comment tu te sens ? demanda-t-il de sa voix basse et posée.
Ayako se retourna vers lui. Ses cheveux noirs, défaits, s’étalaient en éventail sur l’oreiller.
— Un peu… sensible, murmura-t-elle. Derrière. C’est gênant.
Lucas tendit le bras. Sa main vint se poser sur sa hanche. Pas un geste sexuel. Un contact mesuré, presque protecteur. Il l’attira contre lui. Ayako se laissa faire. Son front vint se poser contre la base de son cou. L’odeur de son parfum boisé persistait encore sur sa peau. Elle ferma les yeux.
— C’est normal, dit-il. Ça va passer.
Sa main remonta le long de sa colonne, traçant une ligne lente entre ses omoplates. Ayako frissonna. La pièce était tiède, mais elle avait froid. Un froid qui venait de l’intérieur. La veille… la terrasse… le lac noir en bas… la voix de Lucas dans le noir… Un jour il y aura quelqu’un… et tu seras à moi quand il te prendra… Les mots tournaient encore. Pas vraiment digérés. Pas vraiment expulsés non plus. Ils restaient là, coincés quelque part entre la gorge et la poitrine.
Un silence s’installa. Lucas laissa passer plusieurs respirations avant de reprendre.
— J’ai repensé à hier soir.
Ayako ne bougea pas. Ses doigts, posés contre le torse de Lucas, se crispèrent légèrement.
— À ce que tu as dit… sur la terrasse, murmura-t-elle.
— Oui.
— Tu parlais… d’un autre.
— Oui.
Elle resta silencieuse un moment.
— Tu avais quelqu’un en tête, dit-elle finalement. Ce n’était pas juste une idée en l’air.
Lucas ne mentit pas.
— J’ai quelqu’un en tête, oui.
Ayako se redressa un peu. Assez pour croiser son regard.
— Qui ?
— Il s’appelle Ibra.
Le nom tomba. Pas brutalement. Mais assez clairement pour que l’air de la chambre change de densité. Ayako resta immobile. Puis, d’une voix plus basse :
— Lucas… j’ai peur.
Il ne détourna pas les yeux.
— Je sais. Je le vois. Et je ne te demande pas de ne pas avoir peur. La peur, chez toi, ça veut souvent dire que la chose compte. Que ce n’est pas anodin.
Il laissa ses mots se poser.
— Je ne te pousse pas. Je veux juste qu’on regarde ensemble. Rien de plus pour l’instant.
Ayako se mordit l’intérieur de la lèvre. Ses cuisses se pressèrent l’une contre l’autre sous le drap. Elle pensait encore à la terrasse. Au lac. À cette façon qu’avait eue Lucas de formuler la chose. Plus comme un projet que comme un fantasme. Plus posé. Plus décidé.
Lucas se pencha vers la table de nuit. Son téléphone s’alluma.
— Regarde.
Il tourna l’écran vers elle.
La photo montrait un homme assis, le buste droit. Noir, la peau sombre et profonde, le crâne rasé, une barbe courte et nette. Des épaules larges qui remplissaient le cadre, des mains massives. Le visage était anguleux, les traits marqués, les yeux sombres fixant l’objectif avec une intensité tranquille. Il portait un polo bordeaux, presque lie-de-vin, qui moulait un torse puissant. Pas de sourire. Une présence qui occupait l’espace sans effort.
Ayako regarda. Son pouls accéléra dans son cou. Elle ne dit rien. Ses yeux restèrent fixés sur l’écran, parcourant les détails — la mâchoire, la barbe, les avant-bras, la façon dont il se tenait, décontracté et solide à la fois. Ce n’était pas l’homme qu’elle avait imaginé. Elle s’était figuré quelqu’un de plus jeune, peut-être. Plus souriant. Plus accessible. Ibra n’avait rien de tout cela. Ibra ressemblait à exactement ce qu’il était : quelqu’un qui n’avait pas besoin d’essayer.
Sous la photo, quelques lignes simples. Trente-six ans. D’origine malienne. Un mètre quatre-vingt-dix. Dominateur. Respectueux des limites. Cherche femme ou couple pour exploration progressive.
Ayako resta silencieuse. Sa respiration était devenue plus courte. Elle n’arrivait pas à détacher son regard de l’écran. L’image d’Ibra occupait un espace qu’elle ne savait pas avoir. Entre la peur et autre chose. Quelque chose que son corps reconnaissait déjà.
— Il s’appelle Ibra, dit Lucas. D’origine malienne. Il travaille dans la sécurité privée.
Ayako ne répondit pas. Son regard restait rivé sur la photo.
— Tu vois sa carrure, continua Lucas. Tu vois comment il se tient. Ce n’est pas un mec qui joue un rôle. Il est ce qu’il est.
Ayako déglutit. Elle pensa aux mains de Lucas sur ses hanches la veille… et, malgré elle, à d’autres mains. Plus larges. Plus sombres. L’image traversa son esprit trop vite. Elle la repoussa. Mais pas assez vite pour empêcher la vague de chaleur dans le bas-ventre. Elle serra les cuisses.
— Il fait… peur, murmura-t-elle. Mais…
Le mais resta suspendu.
— Mais quoi ? demanda Lucas doucement.
Ayako ferma les yeux une seconde.
— Je ne sais pas. Je n’arrive pas à expliquer.
Lucas posa le téléphone sur le matelas. Puis il prit le visage d’Ayako entre ses mains et la força à le regarder.
— Écoute-moi. Je ne te demande pas de coucher avec lui. Je ne te demande rien de sexuel. Je te demande de le rencontrer. Un café. L’après-midi. En public. Tu le vois, tu parles, tu rentres. C’est tout.
— Et après ?
— Après, on en reparle. Ensemble. Et si tu dis non, c’est non.
Ayako baissa les yeux vers le téléphone éteint. Elle pensait encore à la terrasse. Aux mots de la veille. À la façon dont son corps avait réagi, malgré elle.
— C’est juste un café, répéta Lucas. Rien de plus.
Ayako se redressa. Le drap glissa le long de son corps, découvrant la ligne de ses seins fermes, le creux de son ventre, la courbe nette de ses hanches. Elle ne chercha pas à se couvrir. Elle prit le téléphone, regarda une dernière fois la photo, puis le reposa. L’écran s’éteignit.
— Où ? demanda-t-elle.
— Juste en bas. Le café en bas de l’immeuble. Tu n’auras même pas à prendre le tram.
Ayako hocha lentement la tête. Puis, d’une voix très basse :
— D’accord.
Le mot resta suspendu dans l’air matinal. Lucas la prit dans ses bras et posa ses lèvres sur son front. Un baiser long, appuyé.
Ayako ferma les yeux. Son corps tremblait encore légèrement contre le sien. Pas de froid. Pas tout à fait de la peur. Plutôt cette sensation précise d’être au bord de quelque chose.
Lucas la regarda un instant, le visage encore tout proche. Les traits délicats, un peu tirés par la fatigue. Les yeux brun très foncé, légèrement bridés, encore brillants. La bouche pleine, entrouverte. Il y avait dans ce visage quelque chose de fragile et d’obstiné à la fois. Quelque chose qu’il aimait précisément pour cela.
Il murmura contre ses cheveux :
— C’est bien.
Ayako ne répondit pas. Elle resta contre lui, le souffle court, les yeux ouverts dans le vide. Au-delà de la baie vitrée, le lac Léman scintillait sous le soleil naissant. Et quelque part derrière ses yeux, l’image d’Ibra persistait. Les épaules. La barbe. Le regard sombre. Comme une empreinte qu’elle n’avait pas demandée, mais qu’elle ne pouvait plus effacer.
Lucas était déjà éveillé. Allongé sur le côté, le torse nu hors de la couette, il la regardait. Sa barbe de trois jours accentuait les angles de sa mâchoire. Ses yeux bruns, calmes et perçants, suivaient chaque micro-mouvement de son corps.
— Comment tu te sens ? demanda-t-il de sa voix basse et posée.
Ayako se retourna vers lui. Ses cheveux noirs, défaits, s’étalaient en éventail sur l’oreiller.
— Un peu… sensible, murmura-t-elle. Derrière. C’est gênant.
Lucas tendit le bras. Sa main vint se poser sur sa hanche. Pas un geste sexuel. Un contact mesuré, presque protecteur. Il l’attira contre lui. Ayako se laissa faire. Son front vint se poser contre la base de son cou. L’odeur de son parfum boisé persistait encore sur sa peau. Elle ferma les yeux.
— C’est normal, dit-il. Ça va passer.
Sa main remonta le long de sa colonne, traçant une ligne lente entre ses omoplates. Ayako frissonna. La pièce était tiède, mais elle avait froid. Un froid qui venait de l’intérieur. La veille… la terrasse… le lac noir en bas… la voix de Lucas dans le noir… Un jour il y aura quelqu’un… et tu seras à moi quand il te prendra… Les mots tournaient encore. Pas vraiment digérés. Pas vraiment expulsés non plus. Ils restaient là, coincés quelque part entre la gorge et la poitrine.
Un silence s’installa. Lucas laissa passer plusieurs respirations avant de reprendre.
— J’ai repensé à hier soir.
Ayako ne bougea pas. Ses doigts, posés contre le torse de Lucas, se crispèrent légèrement.
— À ce que tu as dit… sur la terrasse, murmura-t-elle.
— Oui.
— Tu parlais… d’un autre.
— Oui.
Elle resta silencieuse un moment.
— Tu avais quelqu’un en tête, dit-elle finalement. Ce n’était pas juste une idée en l’air.
Lucas ne mentit pas.
— J’ai quelqu’un en tête, oui.
Ayako se redressa un peu. Assez pour croiser son regard.
— Qui ?
— Il s’appelle Ibra.
Le nom tomba. Pas brutalement. Mais assez clairement pour que l’air de la chambre change de densité. Ayako resta immobile. Puis, d’une voix plus basse :
— Lucas… j’ai peur.
Il ne détourna pas les yeux.
— Je sais. Je le vois. Et je ne te demande pas de ne pas avoir peur. La peur, chez toi, ça veut souvent dire que la chose compte. Que ce n’est pas anodin.
Il laissa ses mots se poser.
— Je ne te pousse pas. Je veux juste qu’on regarde ensemble. Rien de plus pour l’instant.
Ayako se mordit l’intérieur de la lèvre. Ses cuisses se pressèrent l’une contre l’autre sous le drap. Elle pensait encore à la terrasse. Au lac. À cette façon qu’avait eue Lucas de formuler la chose. Plus comme un projet que comme un fantasme. Plus posé. Plus décidé.
Lucas se pencha vers la table de nuit. Son téléphone s’alluma.
— Regarde.
Il tourna l’écran vers elle.
La photo montrait un homme assis, le buste droit. Noir, la peau sombre et profonde, le crâne rasé, une barbe courte et nette. Des épaules larges qui remplissaient le cadre, des mains massives. Le visage était anguleux, les traits marqués, les yeux sombres fixant l’objectif avec une intensité tranquille. Il portait un polo bordeaux, presque lie-de-vin, qui moulait un torse puissant. Pas de sourire. Une présence qui occupait l’espace sans effort.
Ayako regarda. Son pouls accéléra dans son cou. Elle ne dit rien. Ses yeux restèrent fixés sur l’écran, parcourant les détails — la mâchoire, la barbe, les avant-bras, la façon dont il se tenait, décontracté et solide à la fois. Ce n’était pas l’homme qu’elle avait imaginé. Elle s’était figuré quelqu’un de plus jeune, peut-être. Plus souriant. Plus accessible. Ibra n’avait rien de tout cela. Ibra ressemblait à exactement ce qu’il était : quelqu’un qui n’avait pas besoin d’essayer.
Sous la photo, quelques lignes simples. Trente-six ans. D’origine malienne. Un mètre quatre-vingt-dix. Dominateur. Respectueux des limites. Cherche femme ou couple pour exploration progressive.
Ayako resta silencieuse. Sa respiration était devenue plus courte. Elle n’arrivait pas à détacher son regard de l’écran. L’image d’Ibra occupait un espace qu’elle ne savait pas avoir. Entre la peur et autre chose. Quelque chose que son corps reconnaissait déjà.
— Il s’appelle Ibra, dit Lucas. D’origine malienne. Il travaille dans la sécurité privée.
Ayako ne répondit pas. Son regard restait rivé sur la photo.
— Tu vois sa carrure, continua Lucas. Tu vois comment il se tient. Ce n’est pas un mec qui joue un rôle. Il est ce qu’il est.
Ayako déglutit. Elle pensa aux mains de Lucas sur ses hanches la veille… et, malgré elle, à d’autres mains. Plus larges. Plus sombres. L’image traversa son esprit trop vite. Elle la repoussa. Mais pas assez vite pour empêcher la vague de chaleur dans le bas-ventre. Elle serra les cuisses.
— Il fait… peur, murmura-t-elle. Mais…
Le mais resta suspendu.
— Mais quoi ? demanda Lucas doucement.
Ayako ferma les yeux une seconde.
— Je ne sais pas. Je n’arrive pas à expliquer.
Lucas posa le téléphone sur le matelas. Puis il prit le visage d’Ayako entre ses mains et la força à le regarder.
— Écoute-moi. Je ne te demande pas de coucher avec lui. Je ne te demande rien de sexuel. Je te demande de le rencontrer. Un café. L’après-midi. En public. Tu le vois, tu parles, tu rentres. C’est tout.
— Et après ?
— Après, on en reparle. Ensemble. Et si tu dis non, c’est non.
Ayako baissa les yeux vers le téléphone éteint. Elle pensait encore à la terrasse. Aux mots de la veille. À la façon dont son corps avait réagi, malgré elle.
— C’est juste un café, répéta Lucas. Rien de plus.
Ayako se redressa. Le drap glissa le long de son corps, découvrant la ligne de ses seins fermes, le creux de son ventre, la courbe nette de ses hanches. Elle ne chercha pas à se couvrir. Elle prit le téléphone, regarda une dernière fois la photo, puis le reposa. L’écran s’éteignit.
— Où ? demanda-t-elle.
— Juste en bas. Le café en bas de l’immeuble. Tu n’auras même pas à prendre le tram.
Ayako hocha lentement la tête. Puis, d’une voix très basse :
— D’accord.
Le mot resta suspendu dans l’air matinal. Lucas la prit dans ses bras et posa ses lèvres sur son front. Un baiser long, appuyé.
Ayako ferma les yeux. Son corps tremblait encore légèrement contre le sien. Pas de froid. Pas tout à fait de la peur. Plutôt cette sensation précise d’être au bord de quelque chose.
Lucas la regarda un instant, le visage encore tout proche. Les traits délicats, un peu tirés par la fatigue. Les yeux brun très foncé, légèrement bridés, encore brillants. La bouche pleine, entrouverte. Il y avait dans ce visage quelque chose de fragile et d’obstiné à la fois. Quelque chose qu’il aimait précisément pour cela.
Il murmura contre ses cheveux :
— C’est bien.
Ayako ne répondit pas. Elle resta contre lui, le souffle court, les yeux ouverts dans le vide. Au-delà de la baie vitrée, le lac Léman scintillait sous le soleil naissant. Et quelque part derrière ses yeux, l’image d’Ibra persistait. Les épaules. La barbe. Le regard sombre. Comme une empreinte qu’elle n’avait pas demandée, mais qu’elle ne pouvait plus effacer.
La terrasse du Café du Lac baignait dans une lumière ambrée. Les mâts des voiliers amarrés découpaient l’horizon du Léman en lames verticales, nettes, presque noires. Lucas avait choisi la table la plus éloignée de l’entrée, collée à la rambarde de fer forgé, face au lac. Il s’installa dos au quai. Position calculée. Il voyait arriver. Ayako prit place à sa droite. La chaise vide restait entre eux et l’eau. Elle croisa les jambes sous sa robe de soie crème — une pièce simple, ajustée, qui suivait le corps sans le montrer. Ses mains se posèrent à plat sur la nappe blanche. Un talon tapota une fois le pied de la chaise. Puis plus rien.
Elle regarda autour d’elle. Un couple d’âge moyen deux tables plus loin. Un homme en costume qui lisait Le Temps. Deux serveurs en gilet noir près de l’entrée. Personne ne faisait attention à eux. L’odeur du café torréfié se mêlait à l’air tiède du quai, un peu gras, un peu sucré.
Lucas commanda deux expressos. Ayako ne dit rien. Ses yeux revenaient sans cesse vers le quai. Lucas le vit. Il ne commenta pas. Il posa seulement son poignet sur la table, laissant le cadran de sa montre prendre un éclat de soleil. Chemise bleu nuit, col ouvert. Décontracté. Précis.
— Tu n’as pas besoin d’être nerveuse.
— Je sais.
Ses doigts se crispèrent sur la nappe.
Le serveur apporta les cafés. Ayako ne toucha pas le sien. Une mèche noire glissa devant son épaule quand elle tourna la tête vers le lac. L’eau bougeait en plaques sombres et dorées. Rien d’autre.
Ibra apparut au bout du quai à seize heures trois. Lucas le vit en premier. Impossible de le rater. Un mètre quatre-vingt-dix. Muscle dense. Polo bordeaux qui moulait le torse. Bras massifs le long du corps. Démarche régulière, sans hâte, comme s’il avait tout son temps. Il avançait droit. Pas de sourire. Pas de geste. Il repéra la table, corrigea légèrement sa trajectoire, et s’approcha.
Ayako le vit au moment où il franchissait la rambarde. Son dos se redressa d’un coup. Les doigts quittèrent la nappe, glissèrent sur ses genoux, sous la table. Ibra tira la chaise libre et s’assit entre eux, face au lac.
— Ibra.
Lucas tendit la main. Ibra la serra. Poigne ferme. Brève. Puis il tourna la tête vers Ayako. Ses yeux sombres, enfoncés sous l’arcade, se posèrent sur elle sans détour. Deux secondes. Trois. Quatre. Le regard avait un poids. Elle le sentit sur la poitrine. Elle lui tendit la main. La paume d’Ibra engloutit la sienne — large, sèche, un peu calleuse. Il la garda une seconde de trop. Puis la relâcha.
— Ayako.
Sa voix était sortie plus basse qu’elle ne l’avait voulu.
Ibra hocha la tête une fois. Son regard ne partit pas tout de suite. Il prit son visage, son cou, le haut de la robe, puis revint aux yeux. Ayako détourna la première. Elle fixa le lac. Une chaleur sourde venait de s’allumer bas dans le ventre. Un écho de la veille. Elle serra les cuisses.
— Merci d’être venu, dit Lucas. C’est bien qu’on se voie comme ça. Simplement.
Ibra acquiesça. Il ne commanda rien. Le serveur s’approcha, hésita, repartit. Le silence entre eux trois avait une densité. On aurait pu le toucher. Le tintement d’une tasse, deux tables plus loin, parut démesuré.
— Tu habites Genève depuis longtemps ? demanda Lucas.
— Depuis l’enfance. Les Vernets.
— Et le travail ?
— Sécurité privée. Entreprises. Résidences. Parfois du personnel diplomatique.
La voix d’Ibra était grave, posée, avec un grain rauque qui restait un peu dans l’air après chaque phrase. Ayako ne le regardait plus. Elle fixait un point sur la nappe. Mais elle écoutait. Chaque syllabe se déposait quelque part en elle, lentement, comme de l’eau chaude.
Lucas parla de Genève. Du quartier. Du lac. Des banalités. Le genre de conversation qu’on a n’importe où. Mais sous les mots, quelque chose circulait. Un courant. Lucas le savait. Ibra le savait. Ayako le sentait sans encore pouvoir le nommer.
— On explore, dit Lucas à un moment. On prend le temps. Rien n’est pressé.
Il regardait Ibra en disant ça. Mais la phrase était aussi pour elle. Ayako le comprit. Un frisson minuscule lui parcourut les épaules. Lucas le vit. Il nota la tension dans son cou. La façon dont ses doigts se crispaient sur le bord de la nappe. Il ne dit rien. Il observa.
Ibra se tourna vers Ayako. Lentement. Délibérément. Ce n’était pas un regard de drague. C’était un regard qui évalue.
— Et toi. Tu fais quoi dans la vie ?
La question était simple. Trois mots. Mais le ton, la profondeur de la voix, le regard fixe — tout cela changeait la nature de la chose. Ayako leva les yeux. Elle rencontra les siens. Ses lèvres s’ouvrirent un instant avant de trouver les mots.
— Je… je reste à la maison. Je m’occupe de… de la maison.
Ibra ne bougea pas. Il la regarda encore une seconde, puis hocha lentement la tête. Comme s’il avait entendu autre chose que les mots. Comme s’il avait lu, dans la posture, dans les épaules, dans le tremblement à peine visible de la lèvre, tout ce qui n’avait pas été dit.
Lucas intervint, d’une voix calme :
— Elle dessine aussi. Elle peint.
Ayako sentit la phrase comme un petit coup. Léger. Mais net. Elle aurait préféré le dire elle-même. Choisir le moment. Le ton. Là, on le lui avait retiré. Elle garda les yeux baissés une seconde de trop. La mâchoire un peu contractée.
Un silence. Le lac clapotait contre le quai. Ayako regardait son café intact. Elle sentait le regard d’Ibra sur elle comme on sent le soleil quand on a les yeux fermés. Impossible à ignorer. Et quelque chose en elle ne voulait pas s’en éloigner. Ce quelque chose lui faisait peur.
Lucas, en silence, regardait l’espace entre eux. Un mètre. Peut-être moins. Il vit le corps d’Ayako légèrement tourné vers Ibra, un angle minuscule, inconscient. Il nota sa respiration, plus courte. Les mains d’Ibra, posées à plat sur la table, ne bougeaient pas. Il ne forçait rien. Il n’en avait pas besoin.
— Tu aimes Genève ? demanda Ibra.
— Oui. J’y ai grandi. Mes parents sont japonais, mais je suis arrivée ici toute petite. C’est… chez moi, d’une certaine façon. Même si je n’ai jamais vraiment su à quoi ressemblait l’autre.
Ibra l’observa.
— On le sent, dit-il simplement.
Il ne relança pas. La phrase resta là. Ayako dut relever les yeux pour voir s’il attendait autre chose. Il attendait. Son regard la tenait. Elle le soutint deux secondes. Une éternité. Puis elle détourna. Un rose léger était monté sur ses pommettes. Lucas le reconnut aussitôt. Il l’avait vu souvent. Ce rose-là voulait toujours dire la même chose.
Le soleil baissait. Les ombres s’allongeaient sur la nappe. Le serveur passa, emporta le café d’Ayako sans qu’elle y ait touché. Lucas commanda un autre expresso et un verre d’eau. Ibra refusa d’un geste.
— On pourrait se revoir, dit Lucas. Sans pression. Quand vous voulez.
Il avait dit vous. Le pronom tomba entre eux comme une clé posée sur la table. Ibra le regarda. Un silence. Puis il hocha la tête.
— Quand vous voulez.
Sa voix fit vibrer quelque chose dans la poitrine d’Ayako.
Ibra se leva le premier. La chaise grinca. Debout, il était immense. Le soleil du lac derrière lui découpait sa silhouette. Il regarda Lucas, puis Ayako. Il ne tendit pas la main. Il la regarda seulement. Longuement. Comme on fixe un visage pour le garder.
— À bientôt.
Il tourna les talons et s’éloigna sur le quai. Dos large. Démarche régulière. Sans se retourner. Ayako le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière un groupe de touristes. Puis son regard retomba sur la nappe. Ses mains étaient revenues sur ses genoux. Elle les serrait.
Lucas laissa le silence s’installer. Le lac. Les cygnes. Le bruit lointain d’une tasse. Il but une gorgée de son second expresso, posa la tasse.
— Ayako.
Elle ne leva pas les yeux tout de suite. Puis elle tourna la tête vers lui.
— Qu’est-ce que tu as ressenti ?
La question était nette. Sans détour. Ayako ouvrit la bouche. La referma. Elle cherchait le mot juste. Celui qui ne mentirait pas.
— Je ne sais pas. Il est… impressionnant.
Elle s’arrêta. Chercha encore.
— Il m’a intimidée. Dès qu’il s’est assis. Et en même temps…
Elle hésita. Les doigts crispés sur le tissu de la robe.
— En même temps, je n’étais pas… insensible. À sa façon d’être. À son calme. À la manière dont il regarde.
Elle baissa les yeux.
— C’est confus. Je n’aime pas cette confusion.
Lucas la regardait. Il ne souriait pas. Mais il y avait dans ses yeux une attention précise, presque froide, qui trahissait ce qu’il attendait depuis le début. Il posa ses doigts sur le dos de la main d’Ayako. Une pression brève.
— C’est normal. Tu n’as rien à trancher aujourd’hui.
Ayako hocha faiblement la tête. Elle ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, le lac avait viré au gris plomb. Les voiliers bougeaient à peine.
— Il m’a regardée comme s’il savait déjà quelque chose de moi, murmura-t-elle. Ça m’a… déstabilisée.
— Je sais.
Lucas laissa revenir le silence, puis ajouta plus bas :
— Et tu n’as pas fui.
Ayako ne répondit pas. Elle se leva, lissa sa robe, et suivit Lucas vers la sortie sans un mot. Sa démarche restait gracieuse. Mais quelque chose avait bougé en elle. Une plaque, loin sous la surface. Le séisme n’avait pas encore commencé.
Elle regarda autour d’elle. Un couple d’âge moyen deux tables plus loin. Un homme en costume qui lisait Le Temps. Deux serveurs en gilet noir près de l’entrée. Personne ne faisait attention à eux. L’odeur du café torréfié se mêlait à l’air tiède du quai, un peu gras, un peu sucré.
Lucas commanda deux expressos. Ayako ne dit rien. Ses yeux revenaient sans cesse vers le quai. Lucas le vit. Il ne commenta pas. Il posa seulement son poignet sur la table, laissant le cadran de sa montre prendre un éclat de soleil. Chemise bleu nuit, col ouvert. Décontracté. Précis.
— Tu n’as pas besoin d’être nerveuse.
— Je sais.
Ses doigts se crispèrent sur la nappe.
Le serveur apporta les cafés. Ayako ne toucha pas le sien. Une mèche noire glissa devant son épaule quand elle tourna la tête vers le lac. L’eau bougeait en plaques sombres et dorées. Rien d’autre.
Ibra apparut au bout du quai à seize heures trois. Lucas le vit en premier. Impossible de le rater. Un mètre quatre-vingt-dix. Muscle dense. Polo bordeaux qui moulait le torse. Bras massifs le long du corps. Démarche régulière, sans hâte, comme s’il avait tout son temps. Il avançait droit. Pas de sourire. Pas de geste. Il repéra la table, corrigea légèrement sa trajectoire, et s’approcha.
Ayako le vit au moment où il franchissait la rambarde. Son dos se redressa d’un coup. Les doigts quittèrent la nappe, glissèrent sur ses genoux, sous la table. Ibra tira la chaise libre et s’assit entre eux, face au lac.
— Ibra.
Lucas tendit la main. Ibra la serra. Poigne ferme. Brève. Puis il tourna la tête vers Ayako. Ses yeux sombres, enfoncés sous l’arcade, se posèrent sur elle sans détour. Deux secondes. Trois. Quatre. Le regard avait un poids. Elle le sentit sur la poitrine. Elle lui tendit la main. La paume d’Ibra engloutit la sienne — large, sèche, un peu calleuse. Il la garda une seconde de trop. Puis la relâcha.
— Ayako.
Sa voix était sortie plus basse qu’elle ne l’avait voulu.
Ibra hocha la tête une fois. Son regard ne partit pas tout de suite. Il prit son visage, son cou, le haut de la robe, puis revint aux yeux. Ayako détourna la première. Elle fixa le lac. Une chaleur sourde venait de s’allumer bas dans le ventre. Un écho de la veille. Elle serra les cuisses.
— Merci d’être venu, dit Lucas. C’est bien qu’on se voie comme ça. Simplement.
Ibra acquiesça. Il ne commanda rien. Le serveur s’approcha, hésita, repartit. Le silence entre eux trois avait une densité. On aurait pu le toucher. Le tintement d’une tasse, deux tables plus loin, parut démesuré.
— Tu habites Genève depuis longtemps ? demanda Lucas.
— Depuis l’enfance. Les Vernets.
— Et le travail ?
— Sécurité privée. Entreprises. Résidences. Parfois du personnel diplomatique.
La voix d’Ibra était grave, posée, avec un grain rauque qui restait un peu dans l’air après chaque phrase. Ayako ne le regardait plus. Elle fixait un point sur la nappe. Mais elle écoutait. Chaque syllabe se déposait quelque part en elle, lentement, comme de l’eau chaude.
Lucas parla de Genève. Du quartier. Du lac. Des banalités. Le genre de conversation qu’on a n’importe où. Mais sous les mots, quelque chose circulait. Un courant. Lucas le savait. Ibra le savait. Ayako le sentait sans encore pouvoir le nommer.
— On explore, dit Lucas à un moment. On prend le temps. Rien n’est pressé.
Il regardait Ibra en disant ça. Mais la phrase était aussi pour elle. Ayako le comprit. Un frisson minuscule lui parcourut les épaules. Lucas le vit. Il nota la tension dans son cou. La façon dont ses doigts se crispaient sur le bord de la nappe. Il ne dit rien. Il observa.
Ibra se tourna vers Ayako. Lentement. Délibérément. Ce n’était pas un regard de drague. C’était un regard qui évalue.
— Et toi. Tu fais quoi dans la vie ?
La question était simple. Trois mots. Mais le ton, la profondeur de la voix, le regard fixe — tout cela changeait la nature de la chose. Ayako leva les yeux. Elle rencontra les siens. Ses lèvres s’ouvrirent un instant avant de trouver les mots.
— Je… je reste à la maison. Je m’occupe de… de la maison.
Ibra ne bougea pas. Il la regarda encore une seconde, puis hocha lentement la tête. Comme s’il avait entendu autre chose que les mots. Comme s’il avait lu, dans la posture, dans les épaules, dans le tremblement à peine visible de la lèvre, tout ce qui n’avait pas été dit.
Lucas intervint, d’une voix calme :
— Elle dessine aussi. Elle peint.
Ayako sentit la phrase comme un petit coup. Léger. Mais net. Elle aurait préféré le dire elle-même. Choisir le moment. Le ton. Là, on le lui avait retiré. Elle garda les yeux baissés une seconde de trop. La mâchoire un peu contractée.
Un silence. Le lac clapotait contre le quai. Ayako regardait son café intact. Elle sentait le regard d’Ibra sur elle comme on sent le soleil quand on a les yeux fermés. Impossible à ignorer. Et quelque chose en elle ne voulait pas s’en éloigner. Ce quelque chose lui faisait peur.
Lucas, en silence, regardait l’espace entre eux. Un mètre. Peut-être moins. Il vit le corps d’Ayako légèrement tourné vers Ibra, un angle minuscule, inconscient. Il nota sa respiration, plus courte. Les mains d’Ibra, posées à plat sur la table, ne bougeaient pas. Il ne forçait rien. Il n’en avait pas besoin.
— Tu aimes Genève ? demanda Ibra.
— Oui. J’y ai grandi. Mes parents sont japonais, mais je suis arrivée ici toute petite. C’est… chez moi, d’une certaine façon. Même si je n’ai jamais vraiment su à quoi ressemblait l’autre.
Ibra l’observa.
— On le sent, dit-il simplement.
Il ne relança pas. La phrase resta là. Ayako dut relever les yeux pour voir s’il attendait autre chose. Il attendait. Son regard la tenait. Elle le soutint deux secondes. Une éternité. Puis elle détourna. Un rose léger était monté sur ses pommettes. Lucas le reconnut aussitôt. Il l’avait vu souvent. Ce rose-là voulait toujours dire la même chose.
Le soleil baissait. Les ombres s’allongeaient sur la nappe. Le serveur passa, emporta le café d’Ayako sans qu’elle y ait touché. Lucas commanda un autre expresso et un verre d’eau. Ibra refusa d’un geste.
— On pourrait se revoir, dit Lucas. Sans pression. Quand vous voulez.
Il avait dit vous. Le pronom tomba entre eux comme une clé posée sur la table. Ibra le regarda. Un silence. Puis il hocha la tête.
— Quand vous voulez.
Sa voix fit vibrer quelque chose dans la poitrine d’Ayako.
Ibra se leva le premier. La chaise grinca. Debout, il était immense. Le soleil du lac derrière lui découpait sa silhouette. Il regarda Lucas, puis Ayako. Il ne tendit pas la main. Il la regarda seulement. Longuement. Comme on fixe un visage pour le garder.
— À bientôt.
Il tourna les talons et s’éloigna sur le quai. Dos large. Démarche régulière. Sans se retourner. Ayako le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière un groupe de touristes. Puis son regard retomba sur la nappe. Ses mains étaient revenues sur ses genoux. Elle les serrait.
Lucas laissa le silence s’installer. Le lac. Les cygnes. Le bruit lointain d’une tasse. Il but une gorgée de son second expresso, posa la tasse.
— Ayako.
Elle ne leva pas les yeux tout de suite. Puis elle tourna la tête vers lui.
— Qu’est-ce que tu as ressenti ?
La question était nette. Sans détour. Ayako ouvrit la bouche. La referma. Elle cherchait le mot juste. Celui qui ne mentirait pas.
— Je ne sais pas. Il est… impressionnant.
Elle s’arrêta. Chercha encore.
— Il m’a intimidée. Dès qu’il s’est assis. Et en même temps…
Elle hésita. Les doigts crispés sur le tissu de la robe.
— En même temps, je n’étais pas… insensible. À sa façon d’être. À son calme. À la manière dont il regarde.
Elle baissa les yeux.
— C’est confus. Je n’aime pas cette confusion.
Lucas la regardait. Il ne souriait pas. Mais il y avait dans ses yeux une attention précise, presque froide, qui trahissait ce qu’il attendait depuis le début. Il posa ses doigts sur le dos de la main d’Ayako. Une pression brève.
— C’est normal. Tu n’as rien à trancher aujourd’hui.
Ayako hocha faiblement la tête. Elle ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, le lac avait viré au gris plomb. Les voiliers bougeaient à peine.
— Il m’a regardée comme s’il savait déjà quelque chose de moi, murmura-t-elle. Ça m’a… déstabilisée.
— Je sais.
Lucas laissa revenir le silence, puis ajouta plus bas :
— Et tu n’as pas fui.
Ayako ne répondit pas. Elle se leva, lissa sa robe, et suivit Lucas vers la sortie sans un mot. Sa démarche restait gracieuse. Mais quelque chose avait bougé en elle. Une plaque, loin sous la surface. Le séisme n’avait pas encore commencé.
Ibra poussa la porte du penthouse à vingt heures quatorze. Lucas l’avait fait entrer d’un geste, sans un mot. Le salon s’ouvrait directement, baigné d’une lumière tamisée. Derrière les baies vitrées, le Léman était noir. Les lumières de la rive vaudoise tremblaient à la surface.
Ayako se tenait près du canapé, les mains jointes. Sa robe de soie crème épousait le corps. Elle avait dit oui la veille. Un oui bas, fragile, après un long silence. Mais un oui.
Lucas referma la porte.
— Tu veux quelque chose à boire ?
Ibra posa son regard sur Ayako une seconde, puis revint à Lucas.
— Pas d’alcool.
Lucas revint avec un whisky et un Coca Zero. Ibra prit le verre sans un mot, but une gorgée, le reposa.
Le silence s’installa. Le lac clapotait au loin.
Lucas s’assit sur le canapé, jambe croisée. Il ne regardait pas Ibra. Il regardait Ayako.
— Assieds-toi.
Ibra s’assit face à lui. Polo bordeaux tendu sur le torse. Cuisses écartées. Mains sur les genoux. Il attendait.
Ayako restait debout. Ses yeux allaient de Lucas à la baie vitrée. Rarement vers Ibra. Sa respiration était courte. Elle savait pourquoi ils étaient là. Savoir et vivre n’étaient pas la même chose.
Lucas but une gorgée, puis :
— Viens ici.
Elle fit trois pas. Raide. S’arrêta à côté de lui. Lucas posa sa main sur sa hanche. Le pouce glissa sur la soie. Lent. Possessif. Il leva les yeux vers Ibra.
— On en a reparlé. Elle est d’accord.
Ibra la détailla une seconde.
— T’es sûr ?
Lucas serra légèrement la hanche d’Ayako. Assez pour qu’elle sente la pression. Assez pour lui rappeler qu’elle pouvait encore refuser. Elle ne dit rien.
— Oui.
Il retira sa main.
— Tu peux la toucher.
Ayako se raidit. Les épaules montèrent. Les doigts se crispèrent contre ses cuisses. Le oui pesait maintenant.
Ibra se leva. Un pas. Puis un autre. Il s’arrêta devant elle. Elle était petite face à lui. Fine. Lui, large, silencieux.
Sa main monta. Lentement. Le bout des doigts se posa sur sa nuque. Cinq points de contact.
Ayako ne bougea pas. Sa mâchoire se serra. Ses yeux cherchèrent Lucas. Comme pour vérifier encore une fois qu’il était là. Qu’il voyait. Qu’il permettait.
Lucas ne dit rien. Mais il la regardait. Et dans ce regard, elle trouva ce qu’elle cherchait.
Les doigts d’Ibra descendirent. Nuque. Épaule. Clavicule. Bras. La peau d’Ayako se hérissa aussitôt.
Il posa l’autre main sur sa hanche. Les deux mains maintenant. Il la tint. Pouces dans les creux des os. Il l’évaluait.
Ayako respirait par la bouche. Sa poitrine se soulevait par saccades. Elle ne quittait pas Lucas des yeux.
Il hocha la tête. Un mouvement minuscule. Elle le vit. Ses épaules redescendirent d’un cran. Un souffle lui échappa.
Ibra fit glisser la soie le long de sa cuisse. Découvrit le genou, puis la peau plus claire. Ayako ferma les yeux une seconde. Les rouvrit. Lucas était toujours là.
— Laisse-le faire, murmura-t-il. Tu peux.
Elle déglutit.
Ibra attrapa les bretelles. Les fit glisser. La robe coula, s’accrocha un instant aux seins, puis tomba.
Elle se retrouva en lingerie noire, fine. Soutien-gorge à demi-coques. Triangle de dentelle.
Ibra recula d’un pas. La regarda longuement. Les seins qui débordaient des coques. Les pointes déjà dures. La taille. Les hanches.
Ayako croisait les bras sur son ventre. Les doigts tremblaient. Elle n’avait pas reculé. Elle n’avait pas dit non. Mais elle n’avançait que parce que Lucas était là.
— Baisse les bras.
Elle obéit.
Ibra posa sa main sur son sein, à travers le tissu. Paume large. Il pesa. Le pouce tourna sur le mamelon. Un cercle. Puis un autre.
Le souffle d’Ayako se brisa. Un son court, sec, lui échappa.
Il prit les deux seins. Les pétrit. Les rapprocha. La dentelle grinça. Les aréoles dépassaient sous ses doigts noirs.
Ayako mordit sa lèvre. Ses yeux brillaient. Elle ne regardait toujours qu’un seul homme.
Ibra pencha la tête. Sa bouche se posa sous son oreille. Il aspira. Sa barbe râpa la mâchoire. Une marque humide resta sur la peau.
Ayako ferma les yeux. Les rouvrit aussitôt. Chercha Lucas.
Il buvait son whisky. Calme. Attentif. Présent.
Ibra s’accroupit. Ses mains remontèrent à l’intérieur des cuisses. Lentement. Elle écarta les jambes d’un centimètre. Involontaire.
Il appuya sur la culotte. Le tissu était déjà mouillé. Son majeur suivit la fente à travers la dentelle. Un seul geste, lent, précis.
Ayako laissa échapper un gémissement court, aigu. Les genoux fléchirent.
Ibra se releva. Prit son menton. Tourna son visage vers lui. Elle résista une seconde, les yeux encore sur Lucas, puis céda. Leurs regards se croisèrent de très près.
Il l’embrassa. Fermement. Sa main glissa dans ses cheveux, tira légèrement. Sa bouche s’ouvrit. Le baiser devint plus profond, plus mouillé.
Quand il se recula, un fil de salive se rompit entre eux et tomba sur sa clavicule.
Ayako revint immédiatement à Lucas. Joues roses. Yeux vitreux. Respiration courte. La culotte montrait une tache sombre.
Lucas posa son verre et se leva.
— Regarde-moi.
Elle le regarda.
Il défit le soutien-gorge. Un clic. Ibra tira les bretelles. Les seins d’Ayako se déployèrent, fermes, mamelons durs.
Ibra les prit à pleines mains. Pétrit plus fort. Pinça. Tira. Un son aigu sortit de la gorge d’Ayako.
Lucas fit glisser la culotte le long de ses hanches. Elle tomba. Elle en sortit, un pied puis l’autre.
Nue. Talons encore aux pieds. Triangle de poils noirs taillé court. Peau mate, lisse.
Ibra la regarda une dernière fois. Puis sa main descendit. Paume sur le ventre. Plus bas. Doigts entre les lèvres. Le majeur trouva le clitoris. Le frotta lentement.
Ayako jappa. Ses mains s’accrochèrent aux avant-bras d’Ibra. Ses yeux cherchèrent Lucas.
— Regarde-moi.
Elle le regarda.
Le doigt d’Ibra travaillait avec régularité. Le clitoris gonflait. Les lèvres s’ouvraient. L’humidité coulait sur ses phalanges.
Il ajouta un second doigt. Les enfonça juste d’une phalange. Retira. Replongea. Rythme lent.
Ayako gémit. Bas. Long. Brisé. Ses hanches avancèrent d’elles-mêmes.
Ibra retira ses doigts, les porta à sa bouche, les suça. Puis il défit sa ceinture. Le bruit métallique claqua dans le salon. Il libéra sa verge. Épaisse. Circoncise. Déjà dure.
Lucas guida Ayako vers le canapé.
— Penche-toi.
Elle se pencha en avant. Mains sur le dossier. Dos arqué. Fesses offertes. La position la mettait à la bonne hauteur. Elle pouvait encore tourner la tête vers Lucas.
Ibra se plaça derrière elle. Ses mains larges prirent ses hanches. Sa verge glissa d’abord contre ses fesses, puis descendit. Le gland trouva l’entrée. Lourd. Tiède.
Ayako ferma les yeux.
— Ouvre les yeux, murmura Lucas. Regarde-moi.
Elle tourna légèrement la tête. Ses yeux bruns, vitreux, trouvèrent les siens.
Ibra pressa. Le gland écarta les lèvres. La chair céda. Un centimètre. Deux.
Ayako gémit. Un son long, bas, brisé.
Lucas ne la quittait pas des yeux.
Ayako se tenait près du canapé, les mains jointes. Sa robe de soie crème épousait le corps. Elle avait dit oui la veille. Un oui bas, fragile, après un long silence. Mais un oui.
Lucas referma la porte.
— Tu veux quelque chose à boire ?
Ibra posa son regard sur Ayako une seconde, puis revint à Lucas.
— Pas d’alcool.
Lucas revint avec un whisky et un Coca Zero. Ibra prit le verre sans un mot, but une gorgée, le reposa.
Le silence s’installa. Le lac clapotait au loin.
Lucas s’assit sur le canapé, jambe croisée. Il ne regardait pas Ibra. Il regardait Ayako.
— Assieds-toi.
Ibra s’assit face à lui. Polo bordeaux tendu sur le torse. Cuisses écartées. Mains sur les genoux. Il attendait.
Ayako restait debout. Ses yeux allaient de Lucas à la baie vitrée. Rarement vers Ibra. Sa respiration était courte. Elle savait pourquoi ils étaient là. Savoir et vivre n’étaient pas la même chose.
Lucas but une gorgée, puis :
— Viens ici.
Elle fit trois pas. Raide. S’arrêta à côté de lui. Lucas posa sa main sur sa hanche. Le pouce glissa sur la soie. Lent. Possessif. Il leva les yeux vers Ibra.
— On en a reparlé. Elle est d’accord.
Ibra la détailla une seconde.
— T’es sûr ?
Lucas serra légèrement la hanche d’Ayako. Assez pour qu’elle sente la pression. Assez pour lui rappeler qu’elle pouvait encore refuser. Elle ne dit rien.
— Oui.
Il retira sa main.
— Tu peux la toucher.
Ayako se raidit. Les épaules montèrent. Les doigts se crispèrent contre ses cuisses. Le oui pesait maintenant.
Ibra se leva. Un pas. Puis un autre. Il s’arrêta devant elle. Elle était petite face à lui. Fine. Lui, large, silencieux.
Sa main monta. Lentement. Le bout des doigts se posa sur sa nuque. Cinq points de contact.
Ayako ne bougea pas. Sa mâchoire se serra. Ses yeux cherchèrent Lucas. Comme pour vérifier encore une fois qu’il était là. Qu’il voyait. Qu’il permettait.
Lucas ne dit rien. Mais il la regardait. Et dans ce regard, elle trouva ce qu’elle cherchait.
Les doigts d’Ibra descendirent. Nuque. Épaule. Clavicule. Bras. La peau d’Ayako se hérissa aussitôt.
Il posa l’autre main sur sa hanche. Les deux mains maintenant. Il la tint. Pouces dans les creux des os. Il l’évaluait.
Ayako respirait par la bouche. Sa poitrine se soulevait par saccades. Elle ne quittait pas Lucas des yeux.
Il hocha la tête. Un mouvement minuscule. Elle le vit. Ses épaules redescendirent d’un cran. Un souffle lui échappa.
Ibra fit glisser la soie le long de sa cuisse. Découvrit le genou, puis la peau plus claire. Ayako ferma les yeux une seconde. Les rouvrit. Lucas était toujours là.
— Laisse-le faire, murmura-t-il. Tu peux.
Elle déglutit.
Ibra attrapa les bretelles. Les fit glisser. La robe coula, s’accrocha un instant aux seins, puis tomba.
Elle se retrouva en lingerie noire, fine. Soutien-gorge à demi-coques. Triangle de dentelle.
Ibra recula d’un pas. La regarda longuement. Les seins qui débordaient des coques. Les pointes déjà dures. La taille. Les hanches.
Ayako croisait les bras sur son ventre. Les doigts tremblaient. Elle n’avait pas reculé. Elle n’avait pas dit non. Mais elle n’avançait que parce que Lucas était là.
— Baisse les bras.
Elle obéit.
Ibra posa sa main sur son sein, à travers le tissu. Paume large. Il pesa. Le pouce tourna sur le mamelon. Un cercle. Puis un autre.
Le souffle d’Ayako se brisa. Un son court, sec, lui échappa.
Il prit les deux seins. Les pétrit. Les rapprocha. La dentelle grinça. Les aréoles dépassaient sous ses doigts noirs.
Ayako mordit sa lèvre. Ses yeux brillaient. Elle ne regardait toujours qu’un seul homme.
Ibra pencha la tête. Sa bouche se posa sous son oreille. Il aspira. Sa barbe râpa la mâchoire. Une marque humide resta sur la peau.
Ayako ferma les yeux. Les rouvrit aussitôt. Chercha Lucas.
Il buvait son whisky. Calme. Attentif. Présent.
Ibra s’accroupit. Ses mains remontèrent à l’intérieur des cuisses. Lentement. Elle écarta les jambes d’un centimètre. Involontaire.
Il appuya sur la culotte. Le tissu était déjà mouillé. Son majeur suivit la fente à travers la dentelle. Un seul geste, lent, précis.
Ayako laissa échapper un gémissement court, aigu. Les genoux fléchirent.
Ibra se releva. Prit son menton. Tourna son visage vers lui. Elle résista une seconde, les yeux encore sur Lucas, puis céda. Leurs regards se croisèrent de très près.
Il l’embrassa. Fermement. Sa main glissa dans ses cheveux, tira légèrement. Sa bouche s’ouvrit. Le baiser devint plus profond, plus mouillé.
Quand il se recula, un fil de salive se rompit entre eux et tomba sur sa clavicule.
Ayako revint immédiatement à Lucas. Joues roses. Yeux vitreux. Respiration courte. La culotte montrait une tache sombre.
Lucas posa son verre et se leva.
— Regarde-moi.
Elle le regarda.
Il défit le soutien-gorge. Un clic. Ibra tira les bretelles. Les seins d’Ayako se déployèrent, fermes, mamelons durs.
Ibra les prit à pleines mains. Pétrit plus fort. Pinça. Tira. Un son aigu sortit de la gorge d’Ayako.
Lucas fit glisser la culotte le long de ses hanches. Elle tomba. Elle en sortit, un pied puis l’autre.
Nue. Talons encore aux pieds. Triangle de poils noirs taillé court. Peau mate, lisse.
Ibra la regarda une dernière fois. Puis sa main descendit. Paume sur le ventre. Plus bas. Doigts entre les lèvres. Le majeur trouva le clitoris. Le frotta lentement.
Ayako jappa. Ses mains s’accrochèrent aux avant-bras d’Ibra. Ses yeux cherchèrent Lucas.
— Regarde-moi.
Elle le regarda.
Le doigt d’Ibra travaillait avec régularité. Le clitoris gonflait. Les lèvres s’ouvraient. L’humidité coulait sur ses phalanges.
Il ajouta un second doigt. Les enfonça juste d’une phalange. Retira. Replongea. Rythme lent.
Ayako gémit. Bas. Long. Brisé. Ses hanches avancèrent d’elles-mêmes.
Ibra retira ses doigts, les porta à sa bouche, les suça. Puis il défit sa ceinture. Le bruit métallique claqua dans le salon. Il libéra sa verge. Épaisse. Circoncise. Déjà dure.
Lucas guida Ayako vers le canapé.
— Penche-toi.
Elle se pencha en avant. Mains sur le dossier. Dos arqué. Fesses offertes. La position la mettait à la bonne hauteur. Elle pouvait encore tourner la tête vers Lucas.
Ibra se plaça derrière elle. Ses mains larges prirent ses hanches. Sa verge glissa d’abord contre ses fesses, puis descendit. Le gland trouva l’entrée. Lourd. Tiède.
Ayako ferma les yeux.
— Ouvre les yeux, murmura Lucas. Regarde-moi.
Elle tourna légèrement la tête. Ses yeux bruns, vitreux, trouvèrent les siens.
Ibra pressa. Le gland écarta les lèvres. La chair céda. Un centimètre. Deux.
Ayako gémit. Un son long, bas, brisé.
Lucas ne la quittait pas des yeux.
Ibra poussa ses hanches en avant. Le gland écarta les lèvres d’Ayako et s’enfonça dans la chaleur humide. Elle laissa échapper un cri bref — aigu, presque surpris — qui se brisa dans le silence du salon. Derrière les baies vitrées, le Léman restait noir. Les reflets des trois corps tremblaient faiblement sur la vitre.
Ibra n’alla pas vite. Il entra lentement, centimètre par centimètre, les doigts refermés sur les hanches d’Ayako, les pouces posés dans le creux des reins. Sa verge disparut progressivement en elle jusqu’à ce que son bas-ventre vienne buter contre le sien. Ayako ferma les yeux, la bouche entrouverte, les doigts crispés sur le dossier du canapé. Ses parois se resserrèrent instinctivement autour de lui.
Lucas, légèrement sur le côté, face à elle, resserra sa prise sur une de ses hanches.
— Regarde-moi.
Ayako ouvrit les yeux. Ses prunelles brunes, vitreuses, trouvèrent le regard de Lucas. Elle émit un son étouffé, à mi-chemin entre un gémissement et un sanglot. Un filet de cyprine coula le long de la verge d’Ibra.
— C’est bien, dit Lucas. Sa voix était basse, contrôlée. Tu le prends.
Ibra commença à bouger. Il se retira presque entièrement — le gland réapparut, brillant — puis la réinséra d’un mouvement long et ferme. Le bruit mouillé de la pénétration résonna dans le salon. Ayako cambra le dos. Ses seins oscillèrent sous l’impact. Elle gémit plus fort.
Le rythme d’Ibra était régulier, mesuré. Des va-et-vient profonds. Le bassin pivotait légèrement à chaque poussée. Il ne disait rien. Son souffle était lourd, rauque, régulier. Chaque retrait tirait les lèvres d’Ayako vers l’extérieur. Chaque poussée les repoussait.
Lucas glissa sa main dans les cheveux noirs d’Ayako, les agrippa à la racine et tira doucement vers l’arrière. Sa gorge s’étira, exposée. Elle émit un gémissement aigu. Sa chatte se contracta autour d’Ibra, qui grogna sans ralentir.
— Ouvre-toi, murmura Lucas. Laisse-le te prendre.
Ayako obéit. Elle relâcha les muscles de son ventre, écarta légèrement les jambes. Ses talons décalèrent sur le parquet. Ibra s’enfonça plus profondément. Le bruit mouillé s’intensifia. Des gouttes coulèrent le long de sa cuisse interne.
La main libre de Lucas descendit. Ses doigts trouvèrent le mont de Vénus, puis le clitoris gonflé sous son capuchon. Il posa le pouce dessus et frotta en cercles lents, fermes. Ayako émit un cri rauque. Son bas-ventre tressaillit.
Son corps se contracta autour d’Ibra. Celui-ci grogna — un son grave, le premier depuis qu’il l’avait pénétrée — mais ne ralentit pas. Ses coups de reins devinrent plus amples, plus secs. Le claquement de sa peau contre les fesses d’Ayako ponctuait chaque impact.
Lucas ne quittait pas son visage des yeux. Il regardait chaque pli, chaque battement de paupière, chaque gémissement. Son pouce continuait ses cercles sur le clitoris, ajustant la pression selon ses réactions.
— Tu es belle, dit-il. Regarde ce qu’il te fait.
Ayako le regardait. Pas Ibra. Seulement lui. Son regard était fixe, vitreux, presque suppliant. Ses lèvres formèrent des mots sans son, puis elle dit, la voix brisée :
— S’il te plaît…
— S’il te plaît quoi ?
Elle ne répondit pas. Elle gémit seulement. Ses hanches ondulaient entre les mains d’Ibra et le pouce de Lucas. Ibra la tenait fermement. Le contraste de leurs peaux était violent. Il accéléra légèrement — des coups plus rapides, plus courts, le gland restant profond.
Lucas lâcha un instant le clitoris. Sa main trouva le flacon de gel sur la table basse. Il en versa une noisette sur son index et son majeur, réchauffa le gel entre ses doigts, puis écarta la fesse droite d’Ayako. La main d’Ibra remplaça immédiatement la sienne sur le clitoris.
Ayako se raidit. Elle connaissait ce geste. Son anus frémit sous le contact du gel.
Le doigt de Lucas trouva l’anneau. Il frotta d’abord en cercles, enduisant le pourtour, puis appuya. Le sphincter résista, puis céda. L’index s’enfonça jusqu’à la première phalange, puis la deuxième. Ayako émit un son guttural — plus profond, plus rauque — qui monta depuis le fond de sa gorge. Son rectum se referma autour du doigt, chaud, serré, pulsant.
Ibra ne s’arrêta pas. Il continua de la baiser pendant que le doigt de Lucas s’enfonçait en elle. Les deux pénétrations la remplissaient en même temps. La fine paroi entre les deux orifices était comprimée, étirée. Chaque mouvement d’un côté faisait bouger l’autre.
— Regarde-moi, ordonna Lucas.
Ayako ouvrit les yeux. Des larmes perlèrent au coin de ses cils — pas de douleur, pas de tristesse. Quelque chose de plus confus. Son regard trouva celui de Lucas et s’y accrocha. Sa bouche était ouverte, les lèvres gonflées.
Lucas fit des va-et-vient lents avec son doigt, en synchronisation inverse avec les coups d’Ibra. Quand Ibra se retirait, Lucas enfonçait. Quand Ibra s’enfonçait, Lucas retirait. Elle était remplie en permanence.
— Prends-le, dit Lucas. Sa voix était plus rauque maintenant. Tout.
Ibra intensifia le rythme. Ses coups devinrent plus rapides, plus fermes. Le claquement de peau contre peau résonna dans le salon. Ayako gémissait à chaque impact — des sons brefs, aigus, coupés par le souffle. Son corps oscillait entre les deux hommes.
Lucas ajouta un second doigt. Le majeur rejoignit l’index. Les deux glissèrent dans le rectum d’Ayako avec une lenteur délibérée, écartant le sphincter. Elle émit un cri plus long, plus aigu. Ses jambes tremblèrent. La cyprine coulait librement maintenant, mouillant les cuisses, le parquet.
— C’est bien, dit Lucas. Tu prends tout.
Ayako hoqueta. Son corps se contracta autour des deux pénétrations. Ses muscles abdominaux se durcirent. Ses seins oscillèrent sous les coups d’Ibra. Elle chercha la main de Lucas — ses doigts trouvèrent son avant-bras, s’y agrippèrent. Ses ongles s’enfoncèrent dans la chemise.
Ibra grogna. Ses mains quittèrent les hanches d’Ayako et remontèrent, saisissant ses seins à pleines paumes. Ses doigts s’enfoncèrent dans la chair. Il la tira légèrement vers lui, son torse massif collé contre son dos, et la pénétra plus court, plus profond. Ses couilles venaient frapper le périnée à chaque poussée.
Ayako cria. Pas un gémissement. Un cri rauque, brisé, qui se perdit contre les baies vitrées. Ses ongles s’enfoncèrent plus fort dans l’avant-bras de Lucas. Sa chatte se contracta violemment autour de la verge d’Ibra.
Lucas ne recula pas. Il maintint ses doigts dans son anus et, de l’autre main, prit le menton d’Ayako entre le pouce et l’index. Il tourna son visage vers lui. Ses yeux bruns, perçants, fixèrent les yeux vitreux d’Ayako.
— Jouis pour moi.
Le corps d’Ayako se raidit. Ses jambes tremblèrent. Ses cuisses se serrèrent, puis s’écartèrent. Son ventre se contracta par vagues. Sa respiration devint saccadée, ponctuée de petits cris aigus. Sa chatte commença à palpiter autour de la verge d’Ibra — des contractions involontaires, rapides, qui montaient depuis le fond du ventre.
Ibra ne ralentit pas. Il la prit plus fort, plus vite. Des impacts secs et profonds. Le bruit mouillé se mêlait au claquement de peau. Ses doigts pétrissaient ses seins, roulaient les mamelons.
Lucas enfonça ses deux doigts plus profondément dans l’anus d’Ayako, les pliant légèrement pour presser la paroi interne, et accéléra. Sa main droite redescendit vers le clitoris, le frottant fermement, rapidement, en cercles serrés. Trois stimulations — la verge dans la chatte, les doigts dans le cul, le pouce sur le clito — convergeaient.
Ayako émit un son long, brisé, qui monta depuis le fond de sa gorge. Ses yeux restèrent fixés sur Lucas, vitreux, suppliants. Sa bouche pendait ouverte.
Son corps commença à convulser. Des contractions ondulèrent depuis son ventre, irradiant vers les cuisses, le sexe, l’anus. Ses parois se serrèrent autour de la verge d’Ibra, qui grogna et ralentit à peine, les doigts crispés sur ses seins. Le liquide coulait d’elle, trempant tout.
— Regarde-moi, répéta Lucas, la voix rauque. Ne lâche pas.
Ayako ne lâcha pas. Son regard resta rivé sur Lucas même quand son corps se tordit entre les deux hommes, même quand les contractions devinrent des vagues continues, même quand un cri long et aigu franchit ses lèvres et se brisa contre les baies vitrées. Sa chatte se serrait et se relâchait autour d’Ibra. Son cul faisait de même autour des doigts de Lucas. Le bas de son ventre tremblait, secoué de spasmes.
Elle approchait du point de rupture, le regard noyé dans celui de Lucas, le corps livré, pris entre les deux hommes qui la remplissaient sans répit.
Ibra n’alla pas vite. Il entra lentement, centimètre par centimètre, les doigts refermés sur les hanches d’Ayako, les pouces posés dans le creux des reins. Sa verge disparut progressivement en elle jusqu’à ce que son bas-ventre vienne buter contre le sien. Ayako ferma les yeux, la bouche entrouverte, les doigts crispés sur le dossier du canapé. Ses parois se resserrèrent instinctivement autour de lui.
Lucas, légèrement sur le côté, face à elle, resserra sa prise sur une de ses hanches.
— Regarde-moi.
Ayako ouvrit les yeux. Ses prunelles brunes, vitreuses, trouvèrent le regard de Lucas. Elle émit un son étouffé, à mi-chemin entre un gémissement et un sanglot. Un filet de cyprine coula le long de la verge d’Ibra.
— C’est bien, dit Lucas. Sa voix était basse, contrôlée. Tu le prends.
Ibra commença à bouger. Il se retira presque entièrement — le gland réapparut, brillant — puis la réinséra d’un mouvement long et ferme. Le bruit mouillé de la pénétration résonna dans le salon. Ayako cambra le dos. Ses seins oscillèrent sous l’impact. Elle gémit plus fort.
Le rythme d’Ibra était régulier, mesuré. Des va-et-vient profonds. Le bassin pivotait légèrement à chaque poussée. Il ne disait rien. Son souffle était lourd, rauque, régulier. Chaque retrait tirait les lèvres d’Ayako vers l’extérieur. Chaque poussée les repoussait.
Lucas glissa sa main dans les cheveux noirs d’Ayako, les agrippa à la racine et tira doucement vers l’arrière. Sa gorge s’étira, exposée. Elle émit un gémissement aigu. Sa chatte se contracta autour d’Ibra, qui grogna sans ralentir.
— Ouvre-toi, murmura Lucas. Laisse-le te prendre.
Ayako obéit. Elle relâcha les muscles de son ventre, écarta légèrement les jambes. Ses talons décalèrent sur le parquet. Ibra s’enfonça plus profondément. Le bruit mouillé s’intensifia. Des gouttes coulèrent le long de sa cuisse interne.
La main libre de Lucas descendit. Ses doigts trouvèrent le mont de Vénus, puis le clitoris gonflé sous son capuchon. Il posa le pouce dessus et frotta en cercles lents, fermes. Ayako émit un cri rauque. Son bas-ventre tressaillit.
Son corps se contracta autour d’Ibra. Celui-ci grogna — un son grave, le premier depuis qu’il l’avait pénétrée — mais ne ralentit pas. Ses coups de reins devinrent plus amples, plus secs. Le claquement de sa peau contre les fesses d’Ayako ponctuait chaque impact.
Lucas ne quittait pas son visage des yeux. Il regardait chaque pli, chaque battement de paupière, chaque gémissement. Son pouce continuait ses cercles sur le clitoris, ajustant la pression selon ses réactions.
— Tu es belle, dit-il. Regarde ce qu’il te fait.
Ayako le regardait. Pas Ibra. Seulement lui. Son regard était fixe, vitreux, presque suppliant. Ses lèvres formèrent des mots sans son, puis elle dit, la voix brisée :
— S’il te plaît…
— S’il te plaît quoi ?
Elle ne répondit pas. Elle gémit seulement. Ses hanches ondulaient entre les mains d’Ibra et le pouce de Lucas. Ibra la tenait fermement. Le contraste de leurs peaux était violent. Il accéléra légèrement — des coups plus rapides, plus courts, le gland restant profond.
Lucas lâcha un instant le clitoris. Sa main trouva le flacon de gel sur la table basse. Il en versa une noisette sur son index et son majeur, réchauffa le gel entre ses doigts, puis écarta la fesse droite d’Ayako. La main d’Ibra remplaça immédiatement la sienne sur le clitoris.
Ayako se raidit. Elle connaissait ce geste. Son anus frémit sous le contact du gel.
Le doigt de Lucas trouva l’anneau. Il frotta d’abord en cercles, enduisant le pourtour, puis appuya. Le sphincter résista, puis céda. L’index s’enfonça jusqu’à la première phalange, puis la deuxième. Ayako émit un son guttural — plus profond, plus rauque — qui monta depuis le fond de sa gorge. Son rectum se referma autour du doigt, chaud, serré, pulsant.
Ibra ne s’arrêta pas. Il continua de la baiser pendant que le doigt de Lucas s’enfonçait en elle. Les deux pénétrations la remplissaient en même temps. La fine paroi entre les deux orifices était comprimée, étirée. Chaque mouvement d’un côté faisait bouger l’autre.
— Regarde-moi, ordonna Lucas.
Ayako ouvrit les yeux. Des larmes perlèrent au coin de ses cils — pas de douleur, pas de tristesse. Quelque chose de plus confus. Son regard trouva celui de Lucas et s’y accrocha. Sa bouche était ouverte, les lèvres gonflées.
Lucas fit des va-et-vient lents avec son doigt, en synchronisation inverse avec les coups d’Ibra. Quand Ibra se retirait, Lucas enfonçait. Quand Ibra s’enfonçait, Lucas retirait. Elle était remplie en permanence.
— Prends-le, dit Lucas. Sa voix était plus rauque maintenant. Tout.
Ibra intensifia le rythme. Ses coups devinrent plus rapides, plus fermes. Le claquement de peau contre peau résonna dans le salon. Ayako gémissait à chaque impact — des sons brefs, aigus, coupés par le souffle. Son corps oscillait entre les deux hommes.
Lucas ajouta un second doigt. Le majeur rejoignit l’index. Les deux glissèrent dans le rectum d’Ayako avec une lenteur délibérée, écartant le sphincter. Elle émit un cri plus long, plus aigu. Ses jambes tremblèrent. La cyprine coulait librement maintenant, mouillant les cuisses, le parquet.
— C’est bien, dit Lucas. Tu prends tout.
Ayako hoqueta. Son corps se contracta autour des deux pénétrations. Ses muscles abdominaux se durcirent. Ses seins oscillèrent sous les coups d’Ibra. Elle chercha la main de Lucas — ses doigts trouvèrent son avant-bras, s’y agrippèrent. Ses ongles s’enfoncèrent dans la chemise.
Ibra grogna. Ses mains quittèrent les hanches d’Ayako et remontèrent, saisissant ses seins à pleines paumes. Ses doigts s’enfoncèrent dans la chair. Il la tira légèrement vers lui, son torse massif collé contre son dos, et la pénétra plus court, plus profond. Ses couilles venaient frapper le périnée à chaque poussée.
Ayako cria. Pas un gémissement. Un cri rauque, brisé, qui se perdit contre les baies vitrées. Ses ongles s’enfoncèrent plus fort dans l’avant-bras de Lucas. Sa chatte se contracta violemment autour de la verge d’Ibra.
Lucas ne recula pas. Il maintint ses doigts dans son anus et, de l’autre main, prit le menton d’Ayako entre le pouce et l’index. Il tourna son visage vers lui. Ses yeux bruns, perçants, fixèrent les yeux vitreux d’Ayako.
— Jouis pour moi.
Le corps d’Ayako se raidit. Ses jambes tremblèrent. Ses cuisses se serrèrent, puis s’écartèrent. Son ventre se contracta par vagues. Sa respiration devint saccadée, ponctuée de petits cris aigus. Sa chatte commença à palpiter autour de la verge d’Ibra — des contractions involontaires, rapides, qui montaient depuis le fond du ventre.
Ibra ne ralentit pas. Il la prit plus fort, plus vite. Des impacts secs et profonds. Le bruit mouillé se mêlait au claquement de peau. Ses doigts pétrissaient ses seins, roulaient les mamelons.
Lucas enfonça ses deux doigts plus profondément dans l’anus d’Ayako, les pliant légèrement pour presser la paroi interne, et accéléra. Sa main droite redescendit vers le clitoris, le frottant fermement, rapidement, en cercles serrés. Trois stimulations — la verge dans la chatte, les doigts dans le cul, le pouce sur le clito — convergeaient.
Ayako émit un son long, brisé, qui monta depuis le fond de sa gorge. Ses yeux restèrent fixés sur Lucas, vitreux, suppliants. Sa bouche pendait ouverte.
Son corps commença à convulser. Des contractions ondulèrent depuis son ventre, irradiant vers les cuisses, le sexe, l’anus. Ses parois se serrèrent autour de la verge d’Ibra, qui grogna et ralentit à peine, les doigts crispés sur ses seins. Le liquide coulait d’elle, trempant tout.
— Regarde-moi, répéta Lucas, la voix rauque. Ne lâche pas.
Ayako ne lâcha pas. Son regard resta rivé sur Lucas même quand son corps se tordit entre les deux hommes, même quand les contractions devinrent des vagues continues, même quand un cri long et aigu franchit ses lèvres et se brisa contre les baies vitrées. Sa chatte se serrait et se relâchait autour d’Ibra. Son cul faisait de même autour des doigts de Lucas. Le bas de son ventre tremblait, secoué de spasmes.
Elle approchait du point de rupture, le regard noyé dans celui de Lucas, le corps livré, pris entre les deux hommes qui la remplissaient sans répit.
Le cri d’Ayako déchira le silence du salon. Aigu. Presque animal. Il rebondit contre les baies vitrées et se perdit dans la nuit. Son corps se cambra, les mains crispées sur le dossier du canapé. Chaque muscle tendu. Ses parois se contractèrent en vagues brutales autour de la verge d’Ibra, l’étreignant, le pompant, tandis que son sphincter spasmodait sur les doigts de Lucas.
Lucas ne retira pas sa main. Il maintint la pression du pouce sur le clitoris, frottant la petite perle congestionnée par gestes rapides, précis, prolongeant chaque contraction. Son regard ne quittait pas celui d’Ayako. Ses yeux bruns la tenaient.
— Laisse-toi aller. Tout. Donne-moi tout.
Elle obéit. Son corps se raidit une seconde fois. Un spasme plus profond, qui la parcourut des pieds à la nuque. Ses talons glissèrent légèrement sur le parquet. Ses ongles s’enfoncèrent dans le tissu du dossier. Sa bouche s’ouvrait, se refermait, s’ouvrait encore, ne laissant passer que des halètements saccadés.
— Ah… ah… Lu… Lucas…
Son dos s’arqua plus fort. Ses seins oscillèrent. Des filets de sueur coulaient entre eux, le long du sternum.
Ibra maintint encore trois coups. Profonds. Mécaniques. Puis il ralentit. Ses mains se posèrent à plat sur les hanches d’Ayako. Il se retira d’un seul mouvement lent. Sa verge, encore raide, émergea avec un bruit mouillé. Un fil de fluides se tendit un instant entre eux, puis se rompit.
Ayako chancela. Ses jambes ne la portaient plus. Elle s’affaissa en avant contre le canapé, le buste sur le dossier, les bras mous, les cheveux noirs tombant en rideau devant son visage. Son souffle était un hoquet irrégulier. Ses cuisses tremblaient. Entre ses jambes, un liquide clair s’écoulait lentement le long de l’intérieur des cuisses, goutte à goutte, jusqu’au bord du canapé.
Ibra fit un pas en arrière. Silencieux. Son visage ne disait rien. Il rajusta son pantalon, recula jusqu’au mur, croisa les bras. Loin. En retrait.
Lucas regarda Ayako affaissée contre le canapé. La ligne de sa colonne. Le creux des reins. La courbe encore offerte de ses fesses. Il défit sa ceinture. Le cuir. Le bouton. La braguette.
Il s’approcha. Ses mains prirent ses épaules et la redressèrent. Elle vacilla, les yeux vitreux, les lèvres entrouvertes. Il la tourna, la fit s’asseoir sur le bord du canapé, face à lui. Ses seins pointaient vers lui, la peau tendue, les mamelons encore durs.
— Regarde-moi.
Elle trouva son regard. Cligna plusieurs fois, comme quelqu’un qui revient de loin.
Lucas prit sa verge dans sa main. Déjà tendue. Il se branla lentement. De l’autre main, il saisit le sein gauche d’Ayako, le pétrit, pinça le mamelon. Elle laissa échapper un gémissement minuscule.
— Tu es belle.
Il accéléra. Puis rapprocha son bassin et posa sa verge dans le sillon entre ses seins. Ayako comprit. Elle les pressa l’un contre l’autre. La peau humide glissait. Le gland émergeait à chaque poussée, venant buter contre le haut de son sternum.
— Tu es à moi.
Pas une question. Une constatation.
Ayako hocha la tête. À peine.
— Oui. À toi.
Lucas accéléra. Sa mâchoire se crispa. Sa main s’enfonça dans les cheveux d’Ayako, tira légèrement sa tête en arrière.
Le premier jet vint sans prévenir. Une traînée épaisse, blanche, en travers du sein gauche. Le second frappa le sternum et coula dans le sillon. Le troisième, plus faible, retomba sur le sein droit.
Il resta immobile un instant. Le souffle court. Les yeux fixés sur les traînées blanches qui glissaient lentement sur la peau mate d’Ayako, vers les mamelons encore durs.
Elle ne bougeait pas. Assise sur le bord du canapé, les seins maculés, le souffle encore cassé. Ses cuisses tremblaient par intermittence. Elle ne l’avait pas quitté des yeux.
Lucas se pencha. Il la souleva et la plaqua contre lui. Ses bras se refermèrent. Une main dans son dos. L’autre derrière sa nuque. Il la tenait debout. Sa tête contre son épaule.
Le sperme entre leurs corps. Tiède. Visqueux. Il ne s’en souciait pas. Il la serrait.
— Ma belle.
Le mot vibra contre elle.
Ayako laissa échapper un souffle long, tremblant. Ses mains s’accrochèrent aux hanches de Lucas. Son corps tremblait encore. C’étaient ses bras à lui qui la maintenaient droite.
Derrière eux, Ibra n’avait pas bougé. Puis il se redressa, ramassa son polo bordeaux, l’enfila. Mouvements lents. Sans un mot. Il traversa le salon et disparut dans le couloir. La porte claqua doucement. Le silence revint.
Lucas n’y prêta pas attention. Ses bras ne se desserrèrent pas. Sa main remonta le long de la colonne d’Ayako, vertèbre après vertèbre.
Elle gémit. Un son minuscule, étouffé contre sa chemise. Son visage se pressa dans le creux de son épaule.
Il recula d’un demi-pas. Juste assez pour voir son visage. Son pouce effleura sa joue. Son regard descendit sur sa poitrine, sur le sperme qui séchait déjà, tirant légèrement la peau. Il ne l’essuya pas. Il le laissa.
Il la fit pivoter, dos contre son torse. Ses bras se refermèrent autour de sa taille. Son menton sur son épaule. Il regarda le salon par-dessus sa tête. Le canapé défait. Le flacon renversé. Les reflets de la ville sur le verre.
Ayako tremblait encore. Par vagues. Ses mains posées sur les avant-bras de Lucas. Ses yeux ouverts sur le lac, sans vraiment le voir.
Il la serra davantage. Sa bouche toucha son oreille.
— Tu m’as donné exactement ce que je voulais.
Elle ferma les yeux. Sa tête bascula en arrière contre lui.
— Je suis à toi.
La voix était cassée. Rauque. Lucas ferma les yeux à son tour. Sa main remonta jusqu’à sa poitrine, se posa à plat entre ses seins, sur le sperme qui séchait, couvrant le cœur qui battait encore trop vite.
Le lac restait noir, immense, indifférent. Dans le salon, il n’y avait plus que leurs respirations. L’une lente. L’autre encore fragile.
Il ne bougea pas. Il la tenait. Sa main sur sa poitrine comme un sceau. Elle avait été prise par un autre. Et maintenant elle était là, contre lui, marquée, tremblante, à lui.
Entièrement à lui.
Lucas ne retira pas sa main. Il maintint la pression du pouce sur le clitoris, frottant la petite perle congestionnée par gestes rapides, précis, prolongeant chaque contraction. Son regard ne quittait pas celui d’Ayako. Ses yeux bruns la tenaient.
— Laisse-toi aller. Tout. Donne-moi tout.
Elle obéit. Son corps se raidit une seconde fois. Un spasme plus profond, qui la parcourut des pieds à la nuque. Ses talons glissèrent légèrement sur le parquet. Ses ongles s’enfoncèrent dans le tissu du dossier. Sa bouche s’ouvrait, se refermait, s’ouvrait encore, ne laissant passer que des halètements saccadés.
— Ah… ah… Lu… Lucas…
Son dos s’arqua plus fort. Ses seins oscillèrent. Des filets de sueur coulaient entre eux, le long du sternum.
Ibra maintint encore trois coups. Profonds. Mécaniques. Puis il ralentit. Ses mains se posèrent à plat sur les hanches d’Ayako. Il se retira d’un seul mouvement lent. Sa verge, encore raide, émergea avec un bruit mouillé. Un fil de fluides se tendit un instant entre eux, puis se rompit.
Ayako chancela. Ses jambes ne la portaient plus. Elle s’affaissa en avant contre le canapé, le buste sur le dossier, les bras mous, les cheveux noirs tombant en rideau devant son visage. Son souffle était un hoquet irrégulier. Ses cuisses tremblaient. Entre ses jambes, un liquide clair s’écoulait lentement le long de l’intérieur des cuisses, goutte à goutte, jusqu’au bord du canapé.
Ibra fit un pas en arrière. Silencieux. Son visage ne disait rien. Il rajusta son pantalon, recula jusqu’au mur, croisa les bras. Loin. En retrait.
Lucas regarda Ayako affaissée contre le canapé. La ligne de sa colonne. Le creux des reins. La courbe encore offerte de ses fesses. Il défit sa ceinture. Le cuir. Le bouton. La braguette.
Il s’approcha. Ses mains prirent ses épaules et la redressèrent. Elle vacilla, les yeux vitreux, les lèvres entrouvertes. Il la tourna, la fit s’asseoir sur le bord du canapé, face à lui. Ses seins pointaient vers lui, la peau tendue, les mamelons encore durs.
— Regarde-moi.
Elle trouva son regard. Cligna plusieurs fois, comme quelqu’un qui revient de loin.
Lucas prit sa verge dans sa main. Déjà tendue. Il se branla lentement. De l’autre main, il saisit le sein gauche d’Ayako, le pétrit, pinça le mamelon. Elle laissa échapper un gémissement minuscule.
— Tu es belle.
Il accéléra. Puis rapprocha son bassin et posa sa verge dans le sillon entre ses seins. Ayako comprit. Elle les pressa l’un contre l’autre. La peau humide glissait. Le gland émergeait à chaque poussée, venant buter contre le haut de son sternum.
— Tu es à moi.
Pas une question. Une constatation.
Ayako hocha la tête. À peine.
— Oui. À toi.
Lucas accéléra. Sa mâchoire se crispa. Sa main s’enfonça dans les cheveux d’Ayako, tira légèrement sa tête en arrière.
Le premier jet vint sans prévenir. Une traînée épaisse, blanche, en travers du sein gauche. Le second frappa le sternum et coula dans le sillon. Le troisième, plus faible, retomba sur le sein droit.
Il resta immobile un instant. Le souffle court. Les yeux fixés sur les traînées blanches qui glissaient lentement sur la peau mate d’Ayako, vers les mamelons encore durs.
Elle ne bougeait pas. Assise sur le bord du canapé, les seins maculés, le souffle encore cassé. Ses cuisses tremblaient par intermittence. Elle ne l’avait pas quitté des yeux.
Lucas se pencha. Il la souleva et la plaqua contre lui. Ses bras se refermèrent. Une main dans son dos. L’autre derrière sa nuque. Il la tenait debout. Sa tête contre son épaule.
Le sperme entre leurs corps. Tiède. Visqueux. Il ne s’en souciait pas. Il la serrait.
— Ma belle.
Le mot vibra contre elle.
Ayako laissa échapper un souffle long, tremblant. Ses mains s’accrochèrent aux hanches de Lucas. Son corps tremblait encore. C’étaient ses bras à lui qui la maintenaient droite.
Derrière eux, Ibra n’avait pas bougé. Puis il se redressa, ramassa son polo bordeaux, l’enfila. Mouvements lents. Sans un mot. Il traversa le salon et disparut dans le couloir. La porte claqua doucement. Le silence revint.
Lucas n’y prêta pas attention. Ses bras ne se desserrèrent pas. Sa main remonta le long de la colonne d’Ayako, vertèbre après vertèbre.
Elle gémit. Un son minuscule, étouffé contre sa chemise. Son visage se pressa dans le creux de son épaule.
Il recula d’un demi-pas. Juste assez pour voir son visage. Son pouce effleura sa joue. Son regard descendit sur sa poitrine, sur le sperme qui séchait déjà, tirant légèrement la peau. Il ne l’essuya pas. Il le laissa.
Il la fit pivoter, dos contre son torse. Ses bras se refermèrent autour de sa taille. Son menton sur son épaule. Il regarda le salon par-dessus sa tête. Le canapé défait. Le flacon renversé. Les reflets de la ville sur le verre.
Ayako tremblait encore. Par vagues. Ses mains posées sur les avant-bras de Lucas. Ses yeux ouverts sur le lac, sans vraiment le voir.
Il la serra davantage. Sa bouche toucha son oreille.
— Tu m’as donné exactement ce que je voulais.
Elle ferma les yeux. Sa tête bascula en arrière contre lui.
— Je suis à toi.
La voix était cassée. Rauque. Lucas ferma les yeux à son tour. Sa main remonta jusqu’à sa poitrine, se posa à plat entre ses seins, sur le sperme qui séchait, couvrant le cœur qui battait encore trop vite.
Le lac restait noir, immense, indifférent. Dans le salon, il n’y avait plus que leurs respirations. L’une lente. L’autre encore fragile.
Il ne bougea pas. Il la tenait. Sa main sur sa poitrine comme un sceau. Elle avait été prise par un autre. Et maintenant elle était là, contre lui, marquée, tremblante, à lui.
Entièrement à lui.
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