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Couverture de De l’amour aux cendres, par Fruit_du_jacquier
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

De l’amour aux cendres — Chapitre 9 · Portes closes

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Fruit_du_jacquier
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De l’amour aux cendres

Chapitre 9 · Portes closes

La clé tourna à dix-huit heures quarante-sept. Lucas poussa la porte, les yeux brûlés par le vol et les réunions. Le lac, derrière les baies, était déjà nuit. Il posa le sac. Retira ses chaussures.
Ayako se tenait près de l’îlot, un verre d’eau à la main. Robe de soie noire. Pieds nus. Cheveux détachés.
— Tu es là.
Moins une question qu’une vérification.
Il posa la main dans le bas de son dos. Le geste de toujours. Celui qui referme la maison.
Elle ne bougea pas. Pas ce petit mouvement de hanche qui, d’habitude, venait se coller à lui. Elle tourna seulement la tête.
— Bienvenue.
Le mot d’un hall d’immeuble.
Ses doigts se resserrèrent. L’air sentait le noyer du diffuseur. Rien d’autre. Il renifla malgré lui.
— Tu as mangé ?
— Pas encore.
Il commanda les sushis. Comme chaque retour. S’assit face à la baie. Elle ne le suivit pas.
Dans la vitre, sa silhouette restait près du marbre. Droite. Invitée.
— Sept heures de retard à JFK, dit-il.
— Mmh.
Il passa derrière elle. Pos a les lèvres sur sa nuque. Une seconde de trop.
Rien. Pas de frisson. Pas ce soupir qui ouvre le cou. La peau, seulement. Tiède. Fermée.
— Ça va ?
— Oui. Et toi ?
Question d’ascenseur.
Le visage trop lisse. Un masque bien posé.
Le livreur sonna. Ils mangèrent en silence. Baguettes. Wasabi. Elle tenait trop haut, trop raide. Les cheveux lui cachaient le profil.
— Qu’est-ce que tu as fait, pendant que j’étais à New York ?
— Le dressing. Des films.
— Lesquels ?
— Des films.
Il sourit, pour arracher n’importe quoi. Un pli. Un regard.
Elle posa les baguettes.
— Oui.
— Ayako.
Les yeux se levèrent. Brun. Opaques.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Rien.
— Tu es différente.
Les mots sortirent trop vite.
— Je suis fatiguée.
Il répéta le mot, comme on retourne une pièce.
Puis il se plaça derrière elle. La main redescendit sur la soie, jusqu’à la hanche. Une pression. Un rappel.
On aurait dit le marbre.
— Je vais me doucher, dit-elle. Je te laisse l’eau chaude.
Elle disparut.
Il prit son verre. Le porta à ses narines. Eau. Rien d’autre.
L’eau courut dans les murs. Il se regarda dans la baie. Chemise ouverte. Mâchoire. L’homme qui n’avait jamais demandé deux fois.
L’eau cessa.
Elle repassa en t-shirt blanc, cheveux mouillés, visage nu. Plus jeune. Plus loin.
— Bonne nuit.
Pas de viens. Deux mots. Une porte.
Il se versa un whisky. Sans glace. S’assit face au lac.
Le oui de l’autre soir lui revint. Trop bref. Trop aigu. Il avait mis ça sur le décalage. Maintenant le grain de la voix ne cadrait plus.
Derrière la porte, rien. Trente mètres de parquet. Un océan.
Il poussa la chambre.
Elle était tournée vers le mur. Respiration trop régulière. Celle de quelqu’un qui fait semblant.
Il n’entra pas. Resta sur le seuil. Chercha l’odeur. La main. Le corps tourné vers lui. Rien.
La porte se referma sans bruit.
Il s’allongea sur le canapé. Yeux au plafond.
Quelque chose avait bougé. Pas dans les murs. Entre eux. Invisible. Déjà là. Comme un marché qui bascule avant les chiffres.
Le lac resta noir. Lucas resta éveillé.
La lumière avait changé. Le noir de la nuit cédait à un gris de plomb, étalé sur le marbre. Lucas était encore sur le canapé. Verre vide. Chemise froissée. Il n’avait pas dormi.
Il se leva. Jambes lourdes. Poussa la porte de la chambre. Le lit défait. Elle n’y était plus. Le t-shirt blanc, plié, au pied du lit.
Il la trouva dans la cuisine. Pull gris trop grand. Cheveux tirés. Pas de maquillage. Affûtée par la nuit.
Elle ne se retourna pas. Versa deux cafés. En poussa un vers lui. Prit l’autre à deux mains.
Il ne toucha pas la tasse. Un mètre de marbre entre eux. Plus large que le lac.
— Tu n’as pas dormi.
— Toi non plus.
Voix neutre. Sans tendresse.
— Tu veux me dire ce qui se passe.
Elle but. Lentement. Pos a la tasse. Le bruit fendit le silence.
— Ibra.
Le prénom tomba comme une pièce. Lucas ne bougea pas. Un muscle sous l’oreille. Les épaules se relevèrent d’un cran.
— Quoi, Ibra.
— Je l’ai vu. Pas une fois. Plusieurs fois.
Sept secondes. Il les compta sans le vouloir.
— Chez lui. Aux Acacias. Il m’a prise. Comme tu voulais qu’il me prenne.
Il recula. Le bassin heurta l’îlot. La main se referma sur rien.
— Quand.
— Pendant New York. Et avant. La nuit où tu as appelé. Tu as dit je t’aime. Il était en moi. J’ai dit que je regardais un film.
Lucas ferma les yeux. Quand il les rouvrit, le tableau avait basculé.
— Tu as menti.
— Oui.
Pas de larmes. Droit dans les yeux.
— C’est toi qui as ouvert cette porte. Tu as voulu ça. Me pousser vers lui. Me voir désirée. Me voir prise. Je l’ai fait. Je ne peux plus revenir.
Les phrases venaient alignées. Toute la nuit pour les poser.
Il serra le comptoir.
— Tu es à moi.
Calme. Presque. La voix craqua sur les derniers mots.
— Non. Plus comme avant.
Elle alla vers la baie. Dans la vitre, le pull gris, les épaules tombantes. Plus de cambrure. Plus de grâce calculée. Plantée là, pieds à plat, comme quelqu’un qui a déjà choisi le quai.
— Je pars.
— Tu ne pars nulle part.
— Si. Un appartement. À moi. Pas chez toi. Pas chez lui.
Il avança. La main se leva, sans la toucher.
— Tu n’as jamais travaillé. Tout ça, c’est moi. Tu crois que tu vas tout tenir seule.
— Je ne parle pas d’argent. Je parle de moi.
Elle se retourna. Et là, il vit ce qu’il ne lui connaissait pas. Pas la douceur. Pas la docilité. Un bord net. Plié trop souvent.
— Ibra n’est pas mon maître. C’est un amant. Rien de plus. Je ne vais pas vivre avec lui. Je ne vais pas lui appartenir. Mais je ne reviendrai pas à ce que nous étions. Tu as ouvert. Grande. Ça ne se referme plus.
Il chercha la faille. Le levier. Rien. Elle était là, pieds nus, sans armure, et elle ne tremblait pas.
— Je t’aime.
Sa voix de chambre. Celle qui, d’habitude, ouvrait tout. Rien. Elle le regarda comme un contrat déjà signé.
— Je sais. Moi aussi, encore. Ce n’est plus assez.
Silence creux. Fond de verre.
Elle alla au dressing. Un sac. Le zip. Métallique. Définitif.
Revint. Cabas à l’épaule. Le posa.
— Avant. Une dernière fois. Avec Ibra. Ici, ou ailleurs. Tu regardes. Comme tu as toujours voulu. Ton fantasme. Tout. Et après, je pars.
Sa main s’ouvrit, se referma. Le tremblement, à peine. Elle le vit.
— Tu veux que je te regarde avec lui. Une dernière fois.
— Oui.
— Et après, tu pars.
— Oui.
Il la regarda longtemps. Cette femme habillée, déshabillée, partagée, regardée — en pull gris, sans rien de ce qu’il lui avait donné — lui offrait exactement ce qu’il avait voulu, au moment où il la perdait.
Derrière elle, le lac gris. Une ligne de soleil sur le parquet, entre eux. Une frontière.
Il ne dit ni oui ni non.
Elle prit le sac. Ouvrit la porte. La referma. Un déclic sourd. Sans claquement.
Seul. La tasse intacte. Le verre vide. La ligne de lumière qui avançait vers ses pieds.
Il resta avec ça.
Quelques jours avaient passé. Le soir était d’ambre et de cuivre. Les derniers rayons léchaient le lac.
Ayako avait choisi une robe noire, simple, qui suivait le corps sans le crier. Dessous, une lingerie chair, presque invisible. Talons. Cheveux détachés.
Lucas se tenait dans le salon. Chemise blanche. Pantalon sombre. Pas de whisky. Pas de coke. Il voulait voir. Chaque seconde. Mains sèches. Mâchoire serrée.
L’interphone. Deux signaux.
— Il est là.
Elle alla à la porte. Il resta. Clic. L’air du palier. Des pas lourds.
Ibra franchit le seuil. Massif. T-shirt sombre. Pantalon noir. Barbe nette. Son regard balaya le penthouse sans s’y arrêter. Puis elle. Puis Lucas, au fond. Pas un mot pour lui.
— Bonsoir, dit-elle, voix basse.
Il hocha la tête. La porte se referma.
Elle s’avança vers Lucas. Assez près pour le parfum. Désigna le fauteuil, face au canapé.
— Assieds-toi là.
Il ne bougea pas.
— Assieds-toi.
Pas plus fort. Une certitude qu’il ne lui connaissait pas.
Il obéit. Dos droit. Mains sur les accoudoirs. Le cuir froid.
Elle se plaça entre eux. Ibra derrière elle.
— Les règles. Tu regardes. Tu ne touches pas. Tu ne parles pas à Ibra. Il mène.
Silence.
— Tu as compris ?
— Oui.
Elle se tourna vers Ibra. Vint à lui. Main à plat sur le torse. Chaleur. Densité.
Il baissa la tête. Le baiser fut lent. Profond. Sa main à la nuque, large, l’attira. Elle émit un souffle court, avalé entre leurs bouches. Le coton se plissa dans son poing.
Lucas regardait. À trois mètres. La bouche d’Ayako ouverte sous une autre. La main noire sur cette nuque. Le sang dans les tempes. Et plus bas, contre sa volonté, la pression qui commençait.
Ibra rompit. Reste un souffle. La main descendit le long du dos, jusqu’aux fesses. Palpa. Lentement. Possessif. Sans hâte.
Elle ferma les yeux. La tête bascula. Il prit le cou. Un gémissement plus net traversa le salon et alla se loger dans la poitrine de Lucas.
Les mains remontèrent. Seins à travers la robe. Pouces sur les pointes. Elle haleta. Les hanches cherchèrent son bassin.
Il la fit pivoter, face à Lucas, se plaça derrière. Massait ouvertement maintenant. Lucas voyait ces mains modeler ce qu’il connaissait par cœur — et qui, sous d’autres doigts, prenait une autre densité.
Une main descendit. Remonta la robe. Cuisse. Lingerie. Paume sombre sur la peau mate. Les doigts atteignirent l’élastique. Ne le retirèrent pas. Restèrent là. Chaleur. Humidité déjà.
Souffle tremblant.
Ibra la ramena face à lui. Menton entre le pouce et l’index. Puis une pression sur l’épaule. Vers le bas.
Elle s’agenouilla. Gracieusement. Genoux sur le parquet. Visage à hauteur de lui. Mains à plat sur ses cuisses.
Le bruit de la boucle. Minuscule. Une déchirure. La fermeture. Il ne se pressait pas. Il ne regardait pas Lucas. Seulement elle. À genoux. Bouche entrouverte.
Il sortit sa verge. Longue. Épaisse. Circoncise. Déjà lourde. Elle passa la langue sur ses lèvres. Instinctif.
La pointe toucha sa bouche.
Elle ouvrit. Prit le gland. Puis plus. La main à la base, là où les lèvres n’allaient pas. Ibra posa une main dans ses cheveux. Sans pousser. Présente.
Elle accéléra. Joues creusées. Fils de salive. Sons mouillés. Le corps ondulant à peine, cuisses serrées.
Lucas ne touchait pas. Longue et fine, sa propre verge faisait mal contre le tissu. Il regardait cette bouche — celle du matin, celle du je t’aime — s’ouvrir et se refermer ailleurs. Il n’avait plus de nom pour ce qu’il voyait.
Ibra appuya un peu. Le fond de la gorge. Un son étouffé. Elle ne recula pas. Une seconde. Deux. Il relâcha.
Elle haleta. Salive au menton. Reprit. Plus fort. Ses hanches à lui commencèrent à accompagner. Un pouce à la commissure des lèvres.
Lucas vit ce détail. Là où sa propre bouche s’était posée des centaines de fois. Quelque chose se tordit. Pas la colère. Plus trouble. Il serra les dents.
Un grognement sourd. Le premier son d’Ibra. Deux poussées plus profondes. Puis il tira. Sortit. Elle resta à genoux, bouche ouverte, yeux levés.
Alors seulement Ibra leva la tête. Regard a Lucas. Droit. Impassible. Sa verge luisante à quelques centimètres du visage d’Ayako.
Rien à dire.
Il la fit se lever. La guida au canapé. Mains au dossier. Bassin offert. Robe aux hanches. La culotte collée, déjà marquée. Taille creusée.
Derrière elle. Une main à la hanche. L’autre sur le tissu trempé. Elle frémit. Doigts crispés au cuir.
Ibra regarda Lucas. Une dernière fois.
Puis il saisit l’élastique et commença à faire descendre la culotte.
La culotte glissa. Ibra l’écarta d’un coup de genou, plaça une main au bas du dos d’Ayako, guida le gland, et poussa.
Elle se raidit. Doigts crispés au cuir. Il n’attendit pas. Un seul mouvement, long, jusqu’à la base. Un son rauque. Les seins contre le dossier froid.
Il resta en elle. Mains aux hanches. Regard a ce qui disparaissait. Puis commença.
Va-et-vient lents, puissants. Chaque coup faisait claquer le bassin contre le canapé. Bruit mouillé. Le salon entier.
Lucas ne bougeait pas. Accoudoirs. Mâchoire. Ce corps qu’il connaissait — taille, fesses, peau — pris par d’autres mains. Dans le pantalon, ça faisait mal.
Elle tourna la tête. Yeux vitreux.
— Lucas…
Presque inaudible.
Ibra ne ralentit pas. La redressa contre lui, encore en elle, la fit pivoter, la plaqua à la baie.
Le verre la fit sursauter. Dehors, Genève sur le lac. Il reprit plus fort. Chaque coup la collait à la vitre. Traces de sueur.
— Regarde-le.
Elle trouva Lucas. Trois mètres. L’érection sous le tissu. Les yeux fixes.
— Lucas… regarde…
Il ne répondit pas. Il voyait entrer, sortir. Les gémissements qu’elle ne contrôlait plus.
Ibra se retira. La prit par le coude.
— Chambre.
Elle marcha devant. Robe autour de la taille. Lui derrière, main au dos. Lucas se leva. Les suivit.
Lit. Draps blancs. Baie face au lit. Elle s’allongea. Ibra retira le t-shirt. Saisit ses genoux. Entra de nouveau.
Le lit grinça. Rythme mécanique. Jusqu’à la base. Lucas s’assit près du lit. Mains sur les genoux. Le corps d’Ayako sous un autre.
Ibra souleva le bassin. Changea l’angle. Le pouce trouva l’anus, pressa, tourna, s’enfonça.
Un cri aigu. Queue dans la chatte. Pouce dans le cul. Elle céda par degrés.
— Lucas… je vais…
Il accéléra. Coups plus courts. Plus durs. Il la regardait, elle. Pas lui.
Elle explosa. Dos cambré. Cri long. Contractions. Les yeux restèrent ouverts. Sur Lucas.
Il ne bougea pas. Regard a ce visage pendant l’orgasme. Sa propre verge palpitait. Les mains tremblaient.
Ibra continua à travers les spasmes. Puis se retira. Pris le gel. La retourna d’une main entre les omoplates. Bassin soulevé. Fesses offertes.
Gel sur l’entrée. Deux doigts. Puis le gland.
Lentement. L’anneau s’étira. Il s’arrêta. La laissa s’habituer.
— Lucas… il est… dedans…
Il poussa plus loin. Centimètre par centimètre. Un son guttural. Aux trois quarts, nouvelle pause. Puis les va-et-vient.
Lents d’abord. Il la tirait vers lui. Lucas regardait ce qu’il avait pris tant de fois, rempli maintenant autrement. Sans phrases. Sans tendresse. Précis.
Ibra accéléra. Une claque. La peau mate rosit. Une autre. Elle criait dans l’oreiller.
Plus fort. Le sommier contre le mur. Elle releva la tête. Yeux sur Lucas. Bouche ouverte.
— Lucas… regarde… ce qu’il…
La voix se brisa.
Il enfonça à fond. La maintint. Reprit plus vite. Elle tremblait. Draps mouillés. Doigts dans la chair des hanches.
Lucas se pencha. Ne quittait pas le point où l’anneau s’étirait. Respiration courte.
Les coups devinrent secs. Elle ne gémissait plus. Elle criait. Sons brisés.
Ibra la tenait. Mâchoire serrée. Sue ur. Il ne ralentit pas.
Les reins d’Ibra cognèrent plus fort. Chaque impact claquait. Sec. Humide. Un métronome. Ayako avait la joue au drap, la bouche ouverte, les doigts au-dessus de la tête. Il allait jusqu’à la racine. Sans retenue.
Lucas ne bougeait pas. Les mains tremblaient sur les genoux. Il avait déjà joui une fois sans se toucher. L’humidité collait. Il regardait ce point précis où le corps d’Ayako s’ouvrait, encore, encore.
Ibra ralentit. Joignit presque les doigts autour de la taille. Enfonça au fond. Un mouvement circulaire. Elle cria dans l’oreiller. Deux doigts dans la chatte, la verge toujours ailleurs. Il les porta à ses narines. Renifla. Rien sur le visage.
Puis il reprit. Plus vite. Mécanique. Les sons qu’elle poussait n’avaient plus de forme. Hoquets. Râles. Cheveux collés fouettant le drap.
Elle se cambra. Spasme des épaules aux pieds. Vint en le regardant, lui. Lucas. Bouche tordue. Larmes. L’anus qui se serrait déclencha la fin d’Ibra.
Il s’enfonça au maximum. Plaqua. Un grondement — le premier vrai son. Pulsa. Joui en elle. Jets profonds. Resta immobile. Bassin collé. Souffle lourd.
Silence. Épais. Sexe. Sueur. Gel.
Il se retira lentement. L’anneau resta ouvert un instant. Un filet blanc. Ibra se leva, s’habilla sans hâte. Caleçon. Pantalon. T-shirt. Chaussures. Pas un regard. Pas un mot. La porte d’entrée se ferma doucement.
Lucas restait sur la chaise. Dos nu. Fesses souillées. Cheveux épars. Il ouvrit la bouche. La referma. Encore dur. Il se détestait pour ça.
Elle ne le regarda pas. Se redressa. Pieds au parquet. Traversa la chambre. Eau brève. Ressortit essuyée, cheveux en arrière.
Sur le fauteuil : la robe, les talons, le sac déjà bouclé. Comme si tout avait été décidé avant. Elle enfila la robe sans rien dessous. Zip. Pieds dans les talons. Pris le sac.
Chaque geste précis. Cette démarche qu’il connaissait dès le premier jour. Qui ne lui appartenait plus.
— Ayako.
Rauque. Pas un ordre. Pour la première fois, il ne savait plus le ton.
Elle s’arrêta au seuil. Le regard le trouva. Plat. Comme le lac.
— Tu as voulu regarder. Maintenant tu as vu.
Chaque mot clair. Sans tremblement. Des pierres dans l’eau.
Il se leva. Un pas. Hésitation. Prendre le bras. Supplier. Ordonner. Rien de tout cela n’était possible.
— Attends.
— Je pars. Seule.
Les murs absorbèrent. Il chercha une phrase. Une excuse. Un nom. Rien. Le silence pesait plus que tous les cris.
Elle tourna. Traversa le salon. Talons réguliers. Ne se retourna pas. Le lac, derrière la vitre, noir, immobile.
La porte s’ouvrit. Un courant d’air souleva un instant le bord de la robe. Puis le verrou. Un bip. Fermé de l’extérieur.
Seul. Lit défait. Draps tachés. Chaise du spectacle. Tache dans le pantalon. Sans dignité.
Trois pas vers le salon. La baie rendit son reflet : quarante-trois ans, mâchoire, chemise froissée. L’image du contrôle. Les mains vides.
Le dressing d’Ayako était ouvert. Cintres. Vides. Il n’avait rien vu. Trop occupé à regarder ce qu’il avait commandé.Lucas s’éloigna de la vitre. Le Glenfiddich était encore dans le meuble. Il se versa un verre. Trop. Sans glace. Le premier trait lui brûla la gorge. Le second ne servit à rien.
Il s’assit. Face au lac. Face au vide.
Il avait cru diriger. Compter. Ouvrir une porte et la refermer à l’heure qu’il choisirait. Il avait cru qu’Ayako était une position. Un bien. Un spectacle qu’on range ensuite dans le dressing.
Le whisky tiédissait déjà. Sur le parquet, la ligne de la porte close.
Il comprit alors, trop tard, et avec une clarté presque sale : ce n’était pas Ibra qu’il avait perdu. C’était elle. La femme du matin, du t-shirt trop grand, de la nuque qui se penchait. Celle qui disait je veux toi avant que les mots ne deviennent une stratégie. Il l’avait mise sous les yeux d’un autre pour mieux la posséder. Il ne restait que l’odeur des draps et un verre à la main.
Il but. Le lac ne répondit pas.
Dehors, Ayako ne prit pas de taxi.
Les talons claquèrent sur le quai. L’air de Genève était froid, presque sec. La robe trop légère. Elle marcha quand même. Le penthouse, derrière elle, gardait ses lumières. Vingt étages. Une cage d’or devenue trop nette.
Elle s’arrêta au bord de l’eau. Les reflets de la ville tremblaient, cassés. Elle sortit le téléphone. Le pouce hésita une seconde — Ibra, Lucas, le silence — puis composa un autre numéro.
Une voix. Douce. Familière.
— Lina ? C’est Ayako. J’ai besoin de te voir. Maintenant.
Elle n’attendit pas d’explication. N’en donna pas. Raccrocha. Reprit sa marche.
Sa silhouette s’éloigna le long du quai, de plus en plus petite, avalée par la nuit. Derrière elle, les fenêtres du penthouse restaient allumées un moment encore. Puis ce ne fut plus qu’un point. Puis plus rien que le lac.
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aime28
1 octobre 2026 à 21:20
Sacré fin
Il a joué et il a perdu
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michelanto
1 octobre 2026 à 21:05
C'est toujours agréable de lire une série bien écrite,bien ficelée,, sobre mais percutante et sans vulgarité.Tout cela grâce au talent évident de l'auteur. Je respecte et c"est normal les choix de l'auteur pour l'histoire et son déroulement .Respecter ne signifie pas être en accord total car j'ai personnellement continué à suivre cette série pour l"écriture et non pour l'histoire: le mari cocu et l'amant étalon c'était évident dès le chapitre 6 et j'ai espéré naïvement un rebondissement avec le faux voyage du mari candauliste qui assistera en cachette avec la complicité d' Ibra et d'autres acolytes à l'initiation d'Asahi.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de michelanto
michelanto
1 octobre 2026 à 21:03
C'est toujours agréable de lire une série bien écrite,bien ficelée,, sobre mais percutante et sans vulgarité.Tout cela grâce au talent évident de l'auteur. Je respecte et c"est normal les choix de l'auteur pour l'histoire et son déroulement .Respecter ne signifie pas être en accord total car j'ai personnellement continué à suivre cette série pour l"écriture et non pour l'histoire: le mari cocu et l'amant étalon c'était évident dès le chapitre 6 et j'ai espéré naïvement un rebondissement avec le faux voyage du mari candauliste qui assistera en cachette avec la complicité d' Ibra et d'autres acolytes à l'initiation d'Asahi.
Soyez respectueux
Répondre
Patou96
1 octobre 2026 à 19:26
Quand on joue avec le feu parfois on se brûle...
Soyez respectueux
Répondre

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