Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Si jolie — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Si jolie
Chapitre 10
En définitive, ce fut une réunion très agréable dont tout le monde sembla satisfait. Margaux, pour sa part, eut de nouveau le sentiment que Claire et elle s'étaient fait plus qu'un simple couple d'amis. Elle s'en ouvrit à Claire pendant le retour à Montluçon.
— Je trouve qu'Henri et Angélique forment un couple très sympathique. Je les aime beaucoup tous les deux.
— Ça me fait très plaisir que tu dises ça. J'aime beaucoup Henri. C'est un tendre, tu sais. Il ne pouvait pas tomber mieux que sur Angélique. Elle est vraiment adorable. Dis-donc ! Tu as vu comme elle te regarde ? On dirait qu'elle regarde le bon dieu. J'en suis presque jalouse.
— Je crois que c'est dû à la façon dont je l'ai l'accueillie l'autre jour.
— C'est sûr qu'avec ce que moi je lui ai dit, elle ne risque pas de me regarder de la même manière. J'en ai encore honte quand j'y pense.
— Ne t'en fais pas. Elle se rendra très vite compte de ta vraie nature. Tu vas voir, je suis certaine qu'on va devenir très amies avec eux. Dommage qu'ils n'habitent pas à Clermont-Ferrand.
— Tu sais, je ne crois pas que ça changerait grand-chose. Pendant la semaine, nous ne sommes pas disponibles et eux non plus. Selon toute probabilité, Angélique travaille le samedi et pas le lundi. Il reste le dimanche où on est à Montluçon la plupart du temps et c'est encore ce qui est le plus près de Vichy.
— Petite Angélique ! Elle est bien mignonne !
— Moi, je te trouve bien plus mignonne qu'elle et je te signale qu'elle a bien dix centimètres de plus que toi.
— Je faisais allusion à son âge. Tu te rends compte qu'elle n'avait pas encore dix-sept ans quand elle a fait sa déclaration d'amour à Henri en pleine rue ?
— C'est justement parce qu'elle n'avait pas dix-sept ans qu'elle a été assez inconsciente pour le faire. Et ça a marché.
— Et ton frère et sa femme ? Comment ils se sont connus ?
— D'abord, ça n'est pas sa femme. Ils vivent ensemble mais ils ne sont même pas pacsés. Je crois qu'ils se sont connus chez un collègue de travail de David chez qui ils étaient invités tous les deux. Papa qui n'aime pas Laura dit qu'elle lui a mis le grappin dessus.
— C'est le cas selon toi ?
— Je n'en sais rien mais je ne crois pas. Elle a un job de commerciale très bien rémunéré. Elle est payée nettement plus que lui. Je crois que c'est plus simple que ça. Laura est plutôt belle, David est mignon, ils se sont plu, c'est tout. En plus, c'est une dominante tandis que David a un caractère plutôt nonchalant. Ils sont faits pour s'entendre.
— Tu t'entends bien avec elle ?
— Tu sais, elle a deux ans de plus que David. Ça veut dire qu'elle en a sept de plus que moi. Alors je ne la connais pas vraiment.
— Et ta maman, qu'est-ce qu'elle en pense ?
— Oh, maman c'est encore autre chose. Elle est remplie d'admiration pour la réussite professionnelle de Laura. En plus, elle compte sur son influence pour mettre un peu de plomb dans la tête de David.
— Ça me fait très plaisir que tu dises ça. J'aime beaucoup Henri. C'est un tendre, tu sais. Il ne pouvait pas tomber mieux que sur Angélique. Elle est vraiment adorable. Dis-donc ! Tu as vu comme elle te regarde ? On dirait qu'elle regarde le bon dieu. J'en suis presque jalouse.
— Je crois que c'est dû à la façon dont je l'ai l'accueillie l'autre jour.
— C'est sûr qu'avec ce que moi je lui ai dit, elle ne risque pas de me regarder de la même manière. J'en ai encore honte quand j'y pense.
— Ne t'en fais pas. Elle se rendra très vite compte de ta vraie nature. Tu vas voir, je suis certaine qu'on va devenir très amies avec eux. Dommage qu'ils n'habitent pas à Clermont-Ferrand.
— Tu sais, je ne crois pas que ça changerait grand-chose. Pendant la semaine, nous ne sommes pas disponibles et eux non plus. Selon toute probabilité, Angélique travaille le samedi et pas le lundi. Il reste le dimanche où on est à Montluçon la plupart du temps et c'est encore ce qui est le plus près de Vichy.
— Petite Angélique ! Elle est bien mignonne !
— Moi, je te trouve bien plus mignonne qu'elle et je te signale qu'elle a bien dix centimètres de plus que toi.
— Je faisais allusion à son âge. Tu te rends compte qu'elle n'avait pas encore dix-sept ans quand elle a fait sa déclaration d'amour à Henri en pleine rue ?
— C'est justement parce qu'elle n'avait pas dix-sept ans qu'elle a été assez inconsciente pour le faire. Et ça a marché.
— Et ton frère et sa femme ? Comment ils se sont connus ?
— D'abord, ça n'est pas sa femme. Ils vivent ensemble mais ils ne sont même pas pacsés. Je crois qu'ils se sont connus chez un collègue de travail de David chez qui ils étaient invités tous les deux. Papa qui n'aime pas Laura dit qu'elle lui a mis le grappin dessus.
— C'est le cas selon toi ?
— Je n'en sais rien mais je ne crois pas. Elle a un job de commerciale très bien rémunéré. Elle est payée nettement plus que lui. Je crois que c'est plus simple que ça. Laura est plutôt belle, David est mignon, ils se sont plu, c'est tout. En plus, c'est une dominante tandis que David a un caractère plutôt nonchalant. Ils sont faits pour s'entendre.
— Tu t'entends bien avec elle ?
— Tu sais, elle a deux ans de plus que David. Ça veut dire qu'elle en a sept de plus que moi. Alors je ne la connais pas vraiment.
— Et ta maman, qu'est-ce qu'elle en pense ?
— Oh, maman c'est encore autre chose. Elle est remplie d'admiration pour la réussite professionnelle de Laura. En plus, elle compte sur son influence pour mettre un peu de plomb dans la tête de David.
*****
Le jeudi suivant, David et Laura arrivèrent en milieu de matinée. Ils auraient dû normalement arriver dans l'après-midi mais Laura avait téléphoné la veille au soir pour annoncer qu'ils arriveraient plus tôt, obligeant les parents de Claire à improviser en catastrophe un repas digne de ce nom. Elle en avait profité pour confirmer qu'elle était enceinte et que si tout se passait bien, elle accoucherait au plus tard à la fin du mois de juin. Cette nouvelle mit Julie Lefront dans un état de fébrilité frisant l'hystérie. Elle n'arrêtait pas de répéter sur un ton extasié qu'elle allait être grand-mère.
Lorsque la TOYOTA hybride eut pénétré dans le jardin, Laura en descendit et, sans dire bonjour à personne, elle apostropha David.
Lorsque la TOYOTA hybride eut pénétré dans le jardin, Laura en descendit et, sans dire bonjour à personne, elle apostropha David.
— Demande à ta sœur de mieux se garer. Ça te permettra de te rapprocher du perron sans risquer de rayer une fois de plus la carrosserie.
Puis elle daigna s'intéresser à son entourage et se tourna vers la maîtresse de maison qui se jeta à son cou.
— Alors ça y est ? C'est sûr ? Tu ne peux pas savoir comme je suis contente !
Margaux eut un léger pincement de jalousie vite réprimé. D'abord, les parents de Claire connaissaient Laura depuis plus longtemps qu'elle et puis la situation de cette dernière était plus ”classique”. Et surtout, elle attendait un bébé de David ce qui constituait un avantage décisif sur Margaux. Elle examina discrètement la jeune femme. Évidemment, elle ne ressemblait en rien à Angélique. Elle avait une dizaine d'années de plus et paraissait très sûre d'elle. Son manteau d'une coupe très chic était ouvert et dévoilait un ensemble blazer pantalon non moins chic de couleur marine et un chemisier grège. Elle échangea un semblant de baiser avec la maman de Claire, une poignée de main avec son père, fit un petit signe de la main à Claire et ignora totalement Margaux, bien que cette dernière se soit avancée vers elle pour l'accueillir.
— Bonjour, mère ! Je serai ravie de vous parler tout à l'heure mais, pour l'instant, j'ai besoin de faire un peu de toilette. Je vous rejoindrai au salon plus tard.
Sans attendre de réponse, elle se dirigea d'un pas décidé vers l'entrée et disparut à l'intérieur de la maison laissant Claire et David se débrouiller pour permettre à la Toyota de se rapprocher du perron. Cela n'allait pas tout seul car il fallait que la grosse voiture recule pour permettre à la petite de manœuvrer. Seulement, en reculant, elle risquait d'emboutir la Clio qui n'avait pas été rentrée au garage et qu'elle avait réussi, on ne sait comment, à contourner en arrivant mais qu'elle bloquait maintenant en l'empêchant d'accéder à sa place habituelle, à côté de la BMW.
Bref, tout le monde était occupé, David s'énervant au volant de la Toyota tandis que son père essayait de le guider pendant que Claire et sa mère essayaient d'écarter la Fiat et la Clio du passage. Margaux resta toute seule à faire le pied de grue devant le perron.
Constatant que les manœuvres allaient prendre un certain temps, elle décida de rentrer elle aussi et monta au second étage pour ranger son manteau dans la chambre d'amis. La porte de celle-ci était ouverte et Laura qui était entrée avait ouvert le placard où Margaux rangeait ses affaires. Elle était en train d'en examiner le contenu. Margaux toussota pour signaler sa présence. Laura, sans même se retourner remarqua :
— La décoration a changé.
Margaux répondit un peu étourdiment :
— Tu dois faire erreur, la chambre de David est à l'autre bout. Celle-là, c'est la mienne.
— Je sais très bien où se trouve la chambre de David. D'ailleurs, ça n'est plus la chambre de David mais NOTRE chambre à David et à moi et celle-ci n'est pas TA chambre mais LA chambre d'amis ; chambre dont la décoration a changé.
— Je sais très bien où se trouve la chambre de David. D'ailleurs, ça n'est plus la chambre de David mais NOTRE chambre à David et à moi et celle-ci n'est pas TA chambre mais LA chambre d'amis ; chambre dont la décoration a changé.
Margaux comprit qu'elle avait à faire à quelqu'un devant qui elle risquait de ne pas faire le poids. Elle murmura déjà sur la défensive :
— C'est ce que je voulais dire.
— Alors, dis-le au lieu de laisser croire que tu t'octroies des droits que tu n'as pas. De toute façon, quand j'aurai mon bébé, on aura besoin de deux chambres. Il n'en restera plus qu'une pour vous. D'ailleurs, si vous étiez un vrai couple vous n'auriez pas besoin de deux chambres. Enfin, c'est votre problème. C'est à vous de le régler.
— Alors, dis-le au lieu de laisser croire que tu t'octroies des droits que tu n'as pas. De toute façon, quand j'aurai mon bébé, on aura besoin de deux chambres. Il n'en restera plus qu'une pour vous. D'ailleurs, si vous étiez un vrai couple vous n'auriez pas besoin de deux chambres. Enfin, c'est votre problème. C'est à vous de le régler.
Margaux ne pouvait pas lui donner tort, même si elle appuyait là où ça faisait mal. Comme pour enfoncer le clou, Laura rajouta :
— Et si vous n'êtes pas un vrai couple, je ne vois pas ce que tu viens faire ici et à quoi riment ces puérilités de gamines que sont de nos jours des fiançailles. Je m'étonne que les parents de David se soient prêtés à cette comédie.
— Pour Claire et moi, ça n'est pas une comédie. Nous nous aimons et nous voulons nous marier.
— Vous êtes toutes les deux majeures, vous vous aimez au point de vouloir vous marier mais vous faites chambre à part ?
— Pour Claire et moi, ça n'est pas une comédie. Nous nous aimons et nous voulons nous marier.
— Vous êtes toutes les deux majeures, vous vous aimez au point de vouloir vous marier mais vous faites chambre à part ?
Margaux rougit et répondit dignement :
— Notre amour est platonique.
Laura la contempla incrédule.
— Tu crois encore à ces conneries à ton âge ?
— Je ne vois pas pourquoi ça n'existerait pas. D'ailleurs, Claire dit…
— Ah ! C'est Claire qui dit ça !
— Je ne vois pas pourquoi ça n'existerait pas. D'ailleurs, Claire dit…
— Ah ! C'est Claire qui dit ça !
Laura éclata de rire.
— Venant de Claire, ça ne manque pas d'humour ! Et, naturellement, tu es d'accord avec elle. Tu es tout à fait tranquille de ce côté-là.
Margaux devint franchement écarlate. Elle ne savait plus où se mettre. Elle opta courageusement pour la fuite.
— Ça ne te regarde pas !
Elle bouscula Laura pour aller ranger son manteau dans le placard avec ses affaires. Elle dût s'y reprendre à deux fois après avoir ramassé le cintre que dans son énervement elle avait fait tomber. Elle se retourna rouge de honte et, sous le regard ironique de Laura, se précipita dans la chambre de Claire pour s'y enfermer à clef. Elle entendit Laura passer devant la porte sans s'arrêter et pénétrer dans la salle de bains. Quelques instants plus tard, elle l'entendit ressortir puis plus rien.
Elle attendit, espérant entendre la jeune femme descendre au premier mais aucun bruit ne lui parvint. Elle ne savait quoi faire. Elle appréhendait de se retrouver de nouveau seule en face de Laura mais si elle restait enfermée à clé dans la chambre de Claire, elle aurait l'air ridicule. Elle envisagea un moment de fuir de la chambre en passant par la fenêtre et de revenir en passant par le rez-de-chaussée. Mais c'était stupide ! D'abord, si elle sautait par la fenêtre depuis le second étage elle était bonne pour passer la nouvelle année à l'hôpital ; ensuite il faudrait qu'elle explique devant tout le monde ce qu'elle faisait là :
— Laura m'a embêtée alors je me suis enfuie par la fenêtre de la chambre de Claire !
En plus elle aurait l'air d'une imbécile ; une imbécile avec une jambe dans le plâtre.
Au bout d'un certain temps, elle entendit quelqu'un monter à l'étage puis essayer d'entrer dans la chambre. La poignée de la porte tourna plusieurs fois sans succès puis la voix inquiète de Claire demanda.
Au bout d'un certain temps, elle entendit quelqu'un monter à l'étage puis essayer d'entrer dans la chambre. La poignée de la porte tourna plusieurs fois sans succès puis la voix inquiète de Claire demanda.
— Margaux ? C'est toi, mon ange ?
Soulagée, Margaux alla vite lui ouvrir.
— Pourquoi tu t'es enfermée dans ma chambre, ma chérie ?
Elle répondit d'une voix tremblotante.
— Je crois que Laura ne m'aime pas beaucoup.
Puis elle relata l'agression verbale qu'elle avait subie pour conclure.
— Tu me connais ; quand on m'agresse verbalement, je suis complètement bloquée.
— Ne t'en fais pas, mon amour. Tu n'as qu'à rester avec moi. Si elle t'embête, je lui rentre dedans.
— Ne t'en fais pas, mon amour. Tu n'as qu'à rester avec moi. Si elle t'embête, je lui rentre dedans.
Claire se débarrassa rapidement de son manteau puis s'empara de la main de Margaux et l'entraina avec elle au premier. Quand elles pénétrèrent dans le salon, les parents de Claire s'y trouvaient déjà avec Laura. Claire toisa cette dernière en serrant Margaux contre elle mais Laura qui parlait avec Julie Lefront ne leur accorda même pas un regard. Lorsque David pénétra dans la pièce quelques minutes plus tard après avoir monté leurs bagages au second, Laura lui fit signe de la rejoindre puis s'accrocha à son bras avec ostentation tout en continuant sa conversation avec la mère de ce dernier. Elle avait délibérément choisi d'accaparer l'attention de celle-ci sans se préoccuper des autres convives de sorte que presqu'immédiatement deux groupes se formèrent et discutèrent chacun de leur côté. Cette disposition ne dérangeait guère Claire qui ne voyait pas pourquoi elle ferait des efforts pour être aimable avec Laura qui l'ignorait superbement.
Quant à Margaux, elle ne souhaitait qu'une chose, c'était que Laura l'ignore.
Au moment de passer à table, Laura s'arrangea pour que David et elle-même soient de part et d'autre de la maîtresse de maison qui était installée en bout de table. Jérôme Lefront, assis en face de son épouse était entouré de Margaux et de Claire. Ces deux dernières tentèrent de se mêler à la conversation qui continuait entre Laura et Julie Lefront mais Laura fit systématiquement barrage : Lorsque Claire essayait d'intervenir, elle l'écoutait avec un sourire condescendant puis reprenait la parole sans tenir compte de ce qu'elle avait dit. Lorsque c'était Margaux, elle l'interrompait carrément sans la laisser aller jusqu'au bout. Elle faisait cela avec un tel naturel qu'il était difficile pour Claire de se plaindre car, après tout, on l'avait laissée parler. Quant à Margaux, pour se faire entendre, il lui aurait fallu faire un forcing dont elle était bien incapable.
Au moment de passer à table, Laura s'arrangea pour que David et elle-même soient de part et d'autre de la maîtresse de maison qui était installée en bout de table. Jérôme Lefront, assis en face de son épouse était entouré de Margaux et de Claire. Ces deux dernières tentèrent de se mêler à la conversation qui continuait entre Laura et Julie Lefront mais Laura fit systématiquement barrage : Lorsque Claire essayait d'intervenir, elle l'écoutait avec un sourire condescendant puis reprenait la parole sans tenir compte de ce qu'elle avait dit. Lorsque c'était Margaux, elle l'interrompait carrément sans la laisser aller jusqu'au bout. Elle faisait cela avec un tel naturel qu'il était difficile pour Claire de se plaindre car, après tout, on l'avait laissée parler. Quant à Margaux, pour se faire entendre, il lui aurait fallu faire un forcing dont elle était bien incapable.
Finalement, les deux groupes se reformèrent de la même manière qu'au salon, le moins à l'aise étant finalement David. Il avait essayé de participer aux deux groupes mais, à chaque fois qu'il avait fait mine de s'intéresser à ce que se disaient Jérôme Lefront et les deux jeunes filles, il s'était fait rappeler à l'ordre par un ” David ! Ça ne t'intéresse pas ?” comminatoire. Il dût donc se contenter d'écouter d'un air morose sa compagne s'étendre longuement sur sa manière de concevoir l'éducation de son futur bébé. Elle profitait de sa situation de femme enceinte pour asseoir sa position auprès de Julie Lefront. Elle avait compris que cette dernière était avide d'être grand-mère. Elle lui faisait donc miroiter la possibilité de profiter le plus souvent possible de la présence d'un petit fils ou d'une petite fille tout en y mettant des conditions telles que cela revenait à permettre à la maman du bébé de faire la pluie et le beau temps à Montluçon.
Elle n'hésitait pas, au passage, à faire remarquer que les choix affectifs de Claire, pour respectables qu'ils soient, ne lui permettraient probablement pas d'avoir un jour un bébé et que donc elle seule pouvait permettre à la maman de David d'être grand-mère et de profiter de la présence de petits bambins adorables et câlins. A condition, naturellement d'offrir à ces derniers une qualité d'accueil conforme à l'idée que s'en faisait leur maman.
Julie Lefront n'était pas idiote et avait compris ce qu'on attendait d'elle. Elle acceptait donc avec empressement les ”suggestions” de Laura concernant les améliorations à apporter à l'organisation de la maison ainsi qu'aux équipements déjà présents dans le jardin, n'hésitant pas à en rajouter une couche supplémentaire afin de rassurer la jeune femme qui n'en n'avait nul besoin. Margaux, qui écoutait discrètement leur dialogue était à la fois choquée de voir la maman de Claire se faire ainsi manipuler et admirative devant la maestria avec laquelle Laura menait son affaire. D'ailleurs, en matière d'affaires, ce devait être une redoutable négociatrice.
Après le repas, Claire et Margaux s'occupèrent de la vaisselle, ainsi que du nettoyage et du rangement de la salle à manger pendant que les autres convives prenaient le café au salon. Compte tenu de l'ambiance que faisait régner Laura, elles n'étaient pas tentées par ce qui ne serait qu'un nouveau pensum. Elles se concertèrent sur leur programme de l'après-midi. Contrairement à ce qu'elles avaient imaginé jusque-là, elles ne se voyaient pas passer l'après-midi en compagnie de David et Laura. Elles avaient donc le choix entre travailler et aller se promener. Vu le temps qu'il faisait ce jour-là, froid, humide et venteux, elles choisirent de rester au chaud dans la salle à manger et allèrent chercher leur matériel de travail. Pendant qu'elles se préparaient, Margaux mit sur le tapis l'organisation de la fin de leur séjour.
— Je sais bien qu'on avait décidé de rester ici jusqu'à dimanche et de rentrer dans l'après-midi mais je ne vois pas trop l'intérêt de rester encore trois jours à nous regarder en chiens de faïence avec Laura et ton frère. Je crois qu'on serait mieux toutes les deux dans notre petit chez nous à Clermont-Ferrand.
— Écoute, je ne dis pas que tu as tort mais David est mon frère et je l'aime beaucoup. Ça me ferait de la peine de ficher le camp comme ça alors que ça fait des mois qu'on ne s'est pas vus.
— Tu appelles ça se voir, toi ? On ne s'est pas dit trois mots depuis leur arrivée. Chaque fois que j'ai voulu parler à David, Laura à fait barrage. Je n'ai pas le Sida, tout de même !
— Calme-toi, mon ange. Ce soir, on sort tous les quatre en boîte. Fêter le nouvel an ensemble dans une ambiance festive nous conduira peut-être à reconstruire des liens d'affection. Je te propose d'en reparler demain.
— D'accord ! Je veux bien faire ça pour toi. Je ferai tous mes efforts pour que ce soir tout se passe bien. Je suis un peu sceptique quant au résultat mais je te promets de jouer le jeu honnêtement.
— Et moi, je te promets que si je m'aperçois que quelqu'un se conduit mal avec toi, on prend nos clics et nos clacs et on rentre daredare à Clermont-Ferrand.
— Écoute, je ne dis pas que tu as tort mais David est mon frère et je l'aime beaucoup. Ça me ferait de la peine de ficher le camp comme ça alors que ça fait des mois qu'on ne s'est pas vus.
— Tu appelles ça se voir, toi ? On ne s'est pas dit trois mots depuis leur arrivée. Chaque fois que j'ai voulu parler à David, Laura à fait barrage. Je n'ai pas le Sida, tout de même !
— Calme-toi, mon ange. Ce soir, on sort tous les quatre en boîte. Fêter le nouvel an ensemble dans une ambiance festive nous conduira peut-être à reconstruire des liens d'affection. Je te propose d'en reparler demain.
— D'accord ! Je veux bien faire ça pour toi. Je ferai tous mes efforts pour que ce soir tout se passe bien. Je suis un peu sceptique quant au résultat mais je te promets de jouer le jeu honnêtement.
— Et moi, je te promets que si je m'aperçois que quelqu'un se conduit mal avec toi, on prend nos clics et nos clacs et on rentre daredare à Clermont-Ferrand.
*****
Elles travaillèrent tout l'après-midi sans que personne ne vienne les déranger. Le repas du soir fut expédié relativement rapidement puis les quatre jeunes gens se préparèrent pour leur sortie nocturne. Ils avaient retenu une table pour vingt et une heures dans une boîte de nuit située un peu à l'extérieur de Montluçon et fréquentée principalement par la jeunesse aisée de la ville.
Laura décida qu'ils prendraient deux voitures pour s'y rendre, arguant du fait qu'elle ne souhaitait pas prendre de risques compte tenu de son état et qu'elle voulait pouvoir rentrer tôt si elle se sentait fatiguée. Margaux approuva chaudement cette décision. D'abord, elle trouvait tout simplement que Laura avait raison d'être prudente. Ensuite, approuver ce qu'elle disait était une manière de faire un peu de léchage de bottes dans l'espoir d'amadouer la jeune femme. Enfin, vu qu'elle allait être obligée de la supporter toute la soirée, faire le trajet séparément serait toujours ça de gagné. Son approbation eut l'air d'agacer Laura plus qu'autre chose mais Margaux avait promis à Claire de faire tous ses efforts et elle s'y tiendrait quoiqu'il arrive.
La table qui leur avait été réservée était située au fond de la salle, près de l'estrade où opérait le ”D.J.”. Ce dernier fit un petit signe de la main à Claire en guise de bienvenue, ce qui amusa Margaux.
— Dis donc ! Je vois que tu es une habituée !
— C'est vrai que je suis venue assez souvent il y a deux trois ans le samedi soir avec un groupe de copains mais si je connais bien le ”D.J.”, c'est parce que c'est un copain de classe.
— C'est vrai que je suis venue assez souvent il y a deux trois ans le samedi soir avec un groupe de copains mais si je connais bien le ”D.J.”, c'est parce que c'est un copain de classe.
Quelques jeunes gens passaient dire bonjour au ”D.J.” en arrivant et certains au passage faisaient un petit signe à Claire. Parmi ces derniers il y avait surtout des garçons mais aussi quelques filles.
— Finalement, tu avais aussi des copines.
— Elles n'étaient pas mes copines mais je suppose que depuis que j'ai fait mon coming-out, elles ne me considèrent plus comme une concurrente.
— Elles n'étaient pas mes copines mais je suppose que depuis que j'ai fait mon coming-out, elles ne me considèrent plus comme une concurrente.
Le serveur vint prendre les commandes et leur faire payer leur entrée. David prit un whisky, Laura un ”baby” et les deux jeunes filles se contentèrent chacune d'une bière. Pendant ce temps, d'autres jeunes gens continuaient d'arriver. L'un, en particulier attira l'attention de Margaux. C'était un très beau garçon qui devait avoir un grand nombre d'admiratrices. Il n'essaya pas d'adresser un signe à Claire qui d'ailleurs ne regardait pas de son côté. Par contre, il s'intéressait manifestement à leur table et interrogeait le ”D.J.” à leur sujet. Quand il s'aperçut que Margaux l'avait remarqué, il lui fit un sourire charmeur auquel elle répondit par un des sourires à la fois innocents et irrésistibles dont elle avait le secret avant de se désintéresser de lui.
La soirée se présentait plutôt bien. David était ravi de se retrouver dans un endroit qu'il avait souvent fréquenté avec son groupe d'amis et d'amies pendant sa scolarité y compris pendant ses études à Clermont-Ferrand. Laura semblait plutôt bien disposée. Elle continuait à ignorer plus ou moins Margaux mais elle n'hésitait pas à échanger avec Claire. Margaux, quant à elle, essaya de s'adresser à David qui après avoir hésité quelques secondes lui répondit aimablement sans que sa compagne ne tente de les interrompre. Une sorte de modus vivendi s'établit qui fit penser à la jeune fille que Claire avait peut-être raison de penser que cette soirée passée ensemble pouvait permettre aux deux couples de créer des liens. Pourquoi pas des liens du même ordre que ceux qu'elles avaient tissé aussi facilement avec Henri et son adorable fiancée. Il suffisait de faire preuve de bonne volonté.
Pendant que le serveur apportait les consommations aux tables déjà occupées et prenait celles des nouveaux arrivant, une musique en sourdine créait un bruit de fond couvert par les conversations et les appels d'un bout à l'autre de la salle.
Petit à petit, cependant, l'ambiance autour de la table se refroidit. David répondait distraitement à Margaux tout en observant avec une impatience inquiète les nouveaux arrivants. A chaque nouvelle arrivée, il secouait la tête d'un air déçu avant de guetter la suivante tandis que le visage de Laura se renfrognait un peu plus.
Lorsque la plupart des tables furent occupées et leurs occupants servis, le ”D.J.” arrêta la musique d'ambiance et fit parler les décibels pendant qu'une explosion de lumières psychédéliques et hallucinatoires transformait la salle en un temple peuplé de zombies. En l'espace de quelques secondes, la piste de danse fut envahie par une nuée de danseurs et de danseuses s'agitant plus ou moins en rythme, en groupe, en couple voire en solitaire. Laura se pencha vers David et l'interrogea en criant pour se faire entendre.
— Il est où ce fameux groupe de copains que tu devais me présenter ?
David la regarda d'un air impuissant et penaud à la fois. Claire et Margaux qui étaient là pour s'amuser se levèrent et allèrent se mêler à la foule qui s'agitait sur la piste de danse. Comme le spectacle de Laura qui était en train de passer un savon à David ne les incitait pas à rejoindre le couple, elles firent durer le plaisir en se défoulant sur la piste. Au bout d'un quart d'heure, le ”D.J.”, conformément aux instructions du gérant de la boîte de nuit, remplaça la fureur par la douceur en passant à un petit quart d'heure de musique douce et de lumières tamisées destinées à permettre aux couples de tous genres de s'adonner à des danses plus câlines tandis que les autres se désaltéraient et passaient de nouvelles commandes au serveur ou directement au barman. Les deux jeunes filles rejoignirent leur table en bavardant gaiement et en faisant des commentaires sur les autres danseurs.
Laura en avait terminé avec le savon. Par contre, elle boudait et répondait par monosyllabes aux tentatives des autres convives qui essayaient de la dérider. Manifestement, elle ne digérait pas l'absence du fameux groupe d'amis prévu par David. Des amis, il y en avait bien mais c'étaient des amis de Claire. Quand ils venaient à leur table, c'était pour discuter avec Claire et faire la connaissance de Margaux dont la relation amoureuse avec leur amie faisait l'objet de toutes les conversations. Lorsque Claire faisait les présentations, elle commençait toujours par ”mon grand frère David et sa compagne Laura qui attend un bébé ” mais n'obtenait en réponse qu'un ”super !” ou un ”félicitations !” polis accompagnés d'un sourire de commande puis les visiteurs se tournaient vers Margaux qui était la raison de leur visite. Cette dernière, ravie d'être le centre de l'attention des visiteurs ne boudait pas son plaisir et les gratifiait de sourires charmeurs.
Ce faisant, elle ne se rendait pas compte qu'elle provoquait chez Laura un agacement grandissant qui la faisait se rembrunir un peu plus à chaque fois. A la fin, pendant que Claire discutait avec un groupe d'amis, Laura remarqua d'un ton acerbe.
— Force est de constater que pour les gens que vous semblez le plus apprécier, être enceinte est beaucoup moins intéressant que d'être une gamine au joli minois, aux cheveux bouclés et à la réputation un peu sulfureuse.
Le premier réflexe de Margaux fut de lui répondre que si elle voulait que les gens s'intéressent à elle, il fallait déjà qu'elle arrête de faire la gueule, mais elle n'en fit rien. D'abord, elle avait promis à Claire de faire tout ce qu'elle pourrait pour que les choses se passent bien avec Laura ; ensuite, faire une réponse agressive était le meilleur moyen de déclencher un dispute avec une personne en face de laquelle elle ne faisait pas le poids et qui la laminerait. Elle se contenta donc de répondre prudemment en souriant.
— Tu sais, c'est un peu normal, un jour comme aujourd'hui. Les gens sont ici pour s'amuser et ce soir, ils s'en fichent un peu du reste.
La réponse de Margaux ne sembla pas satisfaire Laura qui s'apprêtait à répliquer quand elle fut interrompue par le retour des décibels et des lumières psychédéliques. Aussitôt Claire se leva et prit la main de Margaux pour l'entraîner avec elle vers la piste de danse. Elle lui glissa à l'oreille :
— Ici, les gens ne font pas la gueule et on s'éclate.
Lorsque cette deuxième séance de décibels se termina, et qu'elles retournèrent s'asseoir, elles étaient mortes de soif. Constatant que les verres étaient vides, David et Claire décidèrent de renouveler les consommations et se rendirent directement au bar. David désirait commander les mêmes boissons pour Laura et lui-même tandis que Claire avait décidé de remplacer les bières par deux cocas. Margaux, un peu inquiète demanda á Laura :
— Tu crois que c'est très prudent, avec ton bébé de prendre autant d'alcool ? C'est fort, le whisky.
— Quand j'aurai besoin de conseils, lui répondit Laura d'un ton acerbe, ce n'est certainement pas à toi que j'en demanderai. Commence par t'en faire faire un, de bébé, et tu pourras en parler.
— Quand j'aurai besoin de conseils, lui répondit Laura d'un ton acerbe, ce n'est certainement pas à toi que j'en demanderai. Commence par t'en faire faire un, de bébé, et tu pourras en parler.
C'était dit d'un ton tellement méchant que Margaux dut se retenir de fondre en larmes. Qu'avait-elle donc fait pour que Laura la déteste à ce point ? Elle fit une dernière tentative et demanda d'une voix tremblotante :
— Vous avez déjà choisi un nom pour le bébé ?
— On ne connaît pas encore le sexe figure-toi.
— Je voulais dire, selon que c'est un garçon ou que...
— Je te dis qu'on ne connaît pas le sexe ! Tu es sourde ou lourde ?
— On ne connaît pas encore le sexe figure-toi.
— Je voulais dire, selon que c'est un garçon ou que...
— Je te dis qu'on ne connaît pas le sexe ! Tu es sourde ou lourde ?
C'était plus que Margaux pouvait en supporter et elle fondit en larmes.
Pendant qu'ils attendaient que le serveur leur donne leur commande, Claire en profita pour aborder les problèmes que provoquait l'attitude de Laura.
Pendant qu'ils attendaient que le serveur leur donne leur commande, Claire en profita pour aborder les problèmes que provoquait l'attitude de Laura.
— Est-ce que tu pourrais m'expliquer pourquoi Laura se montre aussi désagréable avec Margaux ? Je ne vois vraiment pas ce que Margaux a pu bien lui faire.
David prit un air gêné.
— Tu sais, Laura est enceinte. C'est normal qu'elle soit un peu stressée.
— Moi, j'ai plutôt l'impression qu'elle est jalouse de Margaux. D'ailleurs, elle fait tout pour accaparer l'attention de Maman.
— Oui ! Ben de ce côté-là, vous n'avez pas à vous plaindre ; Papa n'en a que pour Margaux.
— Moi, j'ai plutôt l'impression qu'elle est jalouse de Margaux. D'ailleurs, elle fait tout pour accaparer l'attention de Maman.
— Oui ! Ben de ce côté-là, vous n'avez pas à vous plaindre ; Papa n'en a que pour Margaux.
Claire n'insista pas. Il était évident que David défendrait Laura contre vents et marée.
Quand ils revinrent avec les consommations, ils trouvèrent Margaux effondrée sur sa chaise en train de sangloter tandis que Laura, debout derrière la sienne les attendait avec impatience. Elle interpella aussitôt son compagnon.
Quand ils revinrent avec les consommations, ils trouvèrent Margaux effondrée sur sa chaise en train de sangloter tandis que Laura, debout derrière la sienne les attendait avec impatience. Elle interpella aussitôt son compagnon.
— J'en ai marre ! On s'en va.
Claire se précipita pour prendre Margaux dans ses bras et commença à la bercer tout en fusillant Laura du regard.
— Qu'est-ce qui se passe ?
— Tu n'auras qu'à lui demander quand elle se sera calmée. Tu viens, David ?
— Tu n'auras qu'à lui demander quand elle se sera calmée. Tu viens, David ?
David regarda sa sœur d'un air impuissant et trottina derrière Laura qui se dirigeait vers la sortie d'un pas ferme. Claire remarqua d'un ton méprisant.
— Un vrai toutou !
Puis elle embrassa tendrement Margaux en la berçant serrée contre elle.
— Qu'est-ce qui s'est passé, mon ange ?
Margaux ne répondit pas tout de suite. Elle avait trop besoin de se faire consoler. Finalement, les baisers et les câlins de Claire firent merveille et elle s'arrêta de pleurer. Elle secoua la tête avec étonnement.
— Laura me déteste. Je ne sais pas pourquoi mais elle me déteste. Quand il y a du monde, elle se contente de m'ignorer mais quand on est seules, elle m'agresse carrément.
— La grossesse ne lui réussit pas.
— Peut-être mais moi, je crois que c'est plus profond que ça.
— Tu veux qu'on rentre ?
— Ah non alors ! Je ne veux pas qu'elle nous gâche notre soirée ! Je veux être dans tes bras pour les douze coups de minuit. J'ai juste besoin d'un petit remontant.
— La grossesse ne lui réussit pas.
— Peut-être mais moi, je crois que c'est plus profond que ça.
— Tu veux qu'on rentre ?
— Ah non alors ! Je ne veux pas qu'elle nous gâche notre soirée ! Je veux être dans tes bras pour les douze coups de minuit. J'ai juste besoin d'un petit remontant.
Elle prit le ”baby” que Laura avait laissé en partant et le versa dans son coca puis y rajouta une bonne partie du whisky de David sous le regard horrifié de Claire.
— Tu vas boire ça ?
Avant que Claire ait eu le temps de l'en empêcher, Margaux avait déjà bu une gorgée de l'étrange mixture.
— Mmm ! C'est rudement bon ! Tu veux goûter ?
— Sans façons !
— Je t'assure que c'est très bon. Dans la marine, on appelle ça un mazout.
— Ça en a en effet tout l'air. Ça ne m'inspire pas du tout. Et puis, c'est plein d'alcool.
— Mais non ! Il y a seulement un peu de whisky dans beaucoup de coca. C'est juste un remontant.
— Sans façons !
— Je t'assure que c'est très bon. Dans la marine, on appelle ça un mazout.
— Ça en a en effet tout l'air. Ça ne m'inspire pas du tout. Et puis, c'est plein d'alcool.
— Mais non ! Il y a seulement un peu de whisky dans beaucoup de coca. C'est juste un remontant.
Margaux but encore deux bonnes gorgées de ”mazout” puis hésita un peu et vida son verre. Une douce chaleur l'envahit et elle se sentit nettement mieux. Comme la période décibels recommençait, les deux jeunes filles retournèrent au milieu de la foule des danseurs. Plus le temps passait, plus Margaux se sentait en forme. Elle s'agitait avec un enthousiasme grandissant sans faire vraiment attention au rythme de la musique. Elle commença à trouver particulièrement drôles les gens qui dansaient autour d'elle. Elle ne savait pas pourquoi mais elle les trouvait drôles. A force de s'agiter dans tous les sens, elle sentit une grosse boule d'air remonter le long de son œsophage et lâcha un rot retentissant. Elle regarda hilare le couple le plus proche qui l'observait en riant.
— Ce sont toutes les petites bulles qui s'en vont. Au revoir les petites bulles !
Elles dansaient depuis déjà un bon bout de temps lorsque Claire qui grimaçait un peu depuis quelques temps s'arrêta brusquement.
— Pipi !
Et elle partit en courant en direction des toilettes, déclenchant chez Margaux un fou-rire inextinguible. Elle riait encore quand elle rejoignit leur table en vacillant légèrement et en bousculant au passage une ou deux chaises. Elle voulut prendre son verre pour le terminer mais celui-ci était vide. Elle le regarda avec étonnement puis colla un œil dans l'ouverture pour s'assurer qu'il n'y restait plus rien. Il restait sur la table le verre de whisky que David n'avait pas eu le temps de boire avant de se précipiter pour rattraper Laura. Prudente, elle trempa dedans son index et le porta à sa bouche. C'était fort et elle n'aimait pas du tout le goût. Malheureusement, le verre de coca de Claire était vide lui aussi. Elle dut se contenter de contempler le verre de whisky et son liquide doré.
La période de musique calme commençait à peine lorsque Claire s'assit à côté d'elle.
La période de musique calme commençait à peine lorsque Claire s'assit à côté d'elle.
— Il était moins une ! J'ai bien cru que j'allais faire dans ma culotte. En plus, il faut faire la queue.
Margaux la regarda d'un air incertain puis se leva brusquement.
— Pipi !
Et elle se précipita à son tour vers les toilettes ou plutôt s'y traîna précautionneusement en essayant de ne pas zigzaguer ni de déclencher une catastrophe, courir et se retenir n'étant que difficilement compatible. Lorsqu'elle parvint à destination, ce fut pour découvrir que cinq filles étaient déjà dans la place et trépignaient de manière fort peu élégante en regardant d'un air furieux la porte derrière laquelle une sixième fille savourait sa délivrance. Margaux se mit à trépigner comme tout le monde en ricanant.
— Tu trouves ça drôle ? Interrogea l'une des filles.
— Je me disais qu'on remuait à peu près comme ça quand on dansait tout à l'heure, sauf qu'il y avait la musique et les lumières.
— Je me disais qu'on remuait à peu près comme ça quand on dansait tout à l'heure, sauf qu'il y avait la musique et les lumières.
Une des filles se mit à ricaner à son tour mais les autres protestèrent bruyamment.
— Ça n'est vraiment pas le moment de nous faire rire !
Quand Margaux, enfin libérée mais toujours zigzagante, voulut entreprendre de retourner vers leur table, elle fut interceptée par une fille qui l'entraîna sur la piste de danse.
— Salut ! Tu ne me reconnais pas ?
Margaux recula la tête et examina le visage de la fille en louchant un peu.
— Ah oui ! Miss crâne rasé du monde de la féerie ! Tu n'es pas avec vert fluo ?
— Vert fluo ?
— Oui. Celle avec qui tu étais l'autre jour.
— Ah oui, celle-là. Elle a quitté la féerie. Bon vent ! Alors, comme tu es seule, j'ai décidé de t'initier. Je suis certaine que tu trouveras ça super.
— Vert fluo ?
— Oui. Celle avec qui tu étais l'autre jour.
— Ah oui, celle-là. Elle a quitté la féerie. Bon vent ! Alors, comme tu es seule, j'ai décidé de t'initier. Je suis certaine que tu trouveras ça super.
Margaux éclata de rire.
— D'abord, je ne suis pas seule. Je suis avec Claire. Et puis, de toute façon je ne veux pas que tu m'inities. En plus, je ne voudrais pas te faire de la peine, mais qu'est-ce que tu es moche, comme ça !
Elle examina de nouveau la fille en louchant de plus belle. Elle voulait voir ce que ça faisait. C'était drôle ! Elle voyait vraiment deux personnes.
— Je t'assure ! Vous êtes vraiment très moches toutes les deux.
Claire, debout à côté de leur table cherchait à distinguer Margaux au milieu des danseurs. Quand elle la vit dans les bras de ‘'Crâne rasé'', elle commença à s'inquiéter.
— Mais, qu'est-ce qu'elle me fait, là ?
Certaines personnes ont l'alcool triste, d'autres l'ont gai où encore tendre. Margaux, quant à elle, avait l'alcool facétieux. Elle se préparait à débiter une nouvelle ânerie tout en essayant de se dégager des bras de ‘'Crâne rasé'' lorsqu'elles furent interrompues par une voix d'homme.
— Casse-toi ! Tu ne vois pas que tu n'es pas la bienvenue ?
L'auteur de cette injonction bouscula brutalement ‘'Crâne rasé'' et prit à son tour Margaux dans ses bras. C'était le beau gosse à qui elle avait souri en début de soirée.
Claire qui avait assisté de loin à la scène reconnut immédiatement le garçon qui était intervenu. Elle s'exclama tout haut en prenant à témoin un couple de danseurs qui, d'ailleurs n'en avait rien à fiche.
Claire qui avait assisté de loin à la scène reconnut immédiatement le garçon qui était intervenu. Elle s'exclama tout haut en prenant à témoin un couple de danseurs qui, d'ailleurs n'en avait rien à fiche.
— Merde ! Freddy est en train d'essayer de me piquer ma meuf !
Et elle fendit la foule des danseurs pour aller défendre son bien.
Pendant ce temps-là, le dénommé Freddy avait entrepris ses manœuvres de séduction en commençant par un sourire conquérant.
— Le brave chevalier a sauvé la jolie princesse de la vilaine sorcière !
— La jolie princesse remercie le brave chevalier mais elle aimerait bien, maintenant, rejoindre sa table où l'attend sa bien-aimée.
— Laisse-moi au moins plaider ma cause !
— Oui mais alors vite fait, parce-que là, vois-tu, je suis un peu pressée.
— Quand je t'ai aperçue tout à l'heure, j'ai senti mon cœur faire un bond dans ma poitrine. C'est elle ! me suis-je dit. Alors, je t'ai souri dans le fol espoir que tu remarques le vermisseau qui osait te contempler. Quand, à ton tour tu m'as répondu par ton divin sourire, j'aurais voulu que le temps s'arrête rien que pour nos deux cœurs romantiques. Oh temps ! Suspend ton vol ! Comme disait Baudelaire dans son merveilleux poème.
— Lamartine.
— Quoi Lamartine ?
— C'est de Lamartine ; pas de Baudelaire.
— J'ai dit Baudelaire ?
— Tu as dit Baudelaire.
— C'est l'émotion. Lamartine, bien sûr. Le lac.
— Non ! Le temps.
— Quoi le temps ?
— Le poème, c'est ‘'Le temps'' et les paroles, c'est ”Oh lac ! suspend ton vol”( Attribué au très célèbre élève inconnu quelques années avant qu'il ne s'illustre pendant la première guerre mondiale sous le pseudonyme de ‘'soldat inconnu'').
— Mais, ça ne veut rien dire !
— Si ! C'est symbolique. Le poète voit le reflet des nuages dans les eaux du lac et compare ce dernier au temps qui passe.
— Quoi qu'il en soit, … où est-ce que j'en étais ? … heu … dis donc ! Tu n'es pas en train de te ficher de moi ?
— Ouiiiiiiii !!! Gagnééééé !!! Hips !
— Pétasse !
— Répète ?
— La jolie princesse remercie le brave chevalier mais elle aimerait bien, maintenant, rejoindre sa table où l'attend sa bien-aimée.
— Laisse-moi au moins plaider ma cause !
— Oui mais alors vite fait, parce-que là, vois-tu, je suis un peu pressée.
— Quand je t'ai aperçue tout à l'heure, j'ai senti mon cœur faire un bond dans ma poitrine. C'est elle ! me suis-je dit. Alors, je t'ai souri dans le fol espoir que tu remarques le vermisseau qui osait te contempler. Quand, à ton tour tu m'as répondu par ton divin sourire, j'aurais voulu que le temps s'arrête rien que pour nos deux cœurs romantiques. Oh temps ! Suspend ton vol ! Comme disait Baudelaire dans son merveilleux poème.
— Lamartine.
— Quoi Lamartine ?
— C'est de Lamartine ; pas de Baudelaire.
— J'ai dit Baudelaire ?
— Tu as dit Baudelaire.
— C'est l'émotion. Lamartine, bien sûr. Le lac.
— Non ! Le temps.
— Quoi le temps ?
— Le poème, c'est ‘'Le temps'' et les paroles, c'est ”Oh lac ! suspend ton vol”( Attribué au très célèbre élève inconnu quelques années avant qu'il ne s'illustre pendant la première guerre mondiale sous le pseudonyme de ‘'soldat inconnu'').
— Mais, ça ne veut rien dire !
— Si ! C'est symbolique. Le poète voit le reflet des nuages dans les eaux du lac et compare ce dernier au temps qui passe.
— Quoi qu'il en soit, … où est-ce que j'en étais ? … heu … dis donc ! Tu n'es pas en train de te ficher de moi ?
— Ouiiiiiiii !!! Gagnééééé !!! Hips !
— Pétasse !
— Répète ?
Cette fois, c'était la voix de Claire.
Le brave chevalier, n'osant s'opposer à la bien-aimée de la jolie princesse , bien-aimée qui se préparait à lui en coller une, s'éloigna d'un air digne ; il avait déjà donné. Margaux contempla Claire d'un air enchanté.
Tiens, Claire ! Tu t'amuses bien ? Hips ! Moi, je m'éclate! Y a des gens sup Hips ! super drôles. Hips ! Zut, j'ai le hoqu Hips! quet, je crois Hips !.
Claire s'empara de la main de Margaux et se dirigea vers leur table.
Le brave chevalier, n'osant s'opposer à la bien-aimée de la jolie princesse , bien-aimée qui se préparait à lui en coller une, s'éloigna d'un air digne ; il avait déjà donné. Margaux contempla Claire d'un air enchanté.
Tiens, Claire ! Tu t'amuses bien ? Hips ! Moi, je m'éclate! Y a des gens sup Hips ! super drôles. Hips ! Zut, j'ai le hoqu Hips! quet, je crois Hips !.
Claire s'empara de la main de Margaux et se dirigea vers leur table.
— Tu mériterais une bonne fessée !
— Sous ma robe Hips ! ou dessus ?
— Dessus !
— Pas chiche !
— PAF !!
— Aie ! ça fait partir le hoquet mais ça fait mal ! Je suis sûre que je dois avoir la fesse toute rouge. Tu veux que je te montre ?
— Tu es surtout ronde comme une queue de pelle. Si tu veux tenir jusqu'à minuit, il va falloir éliminer l'alcool que tu as dans le sang. Tu vas commencer par un grand verre de Vichy et on va retourner danser. Pas question de t'asseoir !
— Sous ma robe Hips ! ou dessus ?
— Dessus !
— Pas chiche !
— PAF !!
— Aie ! ça fait partir le hoquet mais ça fait mal ! Je suis sûre que je dois avoir la fesse toute rouge. Tu veux que je te montre ?
— Tu es surtout ronde comme une queue de pelle. Si tu veux tenir jusqu'à minuit, il va falloir éliminer l'alcool que tu as dans le sang. Tu vas commencer par un grand verre de Vichy et on va retourner danser. Pas question de t'asseoir !
Ce furent en définitive deux grands verres de Vichy qui furent nécessaires, suivis par deux fuites précipitées en direction des toilettes des dames sous l'étroite surveillance de Claire mais, une heure de danse frénétique (et tout à fait approximative) plus tard, quand arriva le moment tant attendu de célébrer l'année nouvelle Margaux était redevenue suffisamment lucide pour réendosser sa tenue de jeune fille bien élevée.
Dix minutes avant l'heure fatidique, le ”D.J.” mit de nouveau de la musique douce pour permettre aux couples de se reformer et de se regrouper sur la piste de danse. A minuit moins une le ”D.J.” mit la musique en sourdine et commença le décompte des secondes restantes, bientôt rejoint par la salle complète :
Dix minutes avant l'heure fatidique, le ”D.J.” mit de nouveau de la musique douce pour permettre aux couples de se reformer et de se regrouper sur la piste de danse. A minuit moins une le ”D.J.” mit la musique en sourdine et commença le décompte des secondes restantes, bientôt rejoint par la salle complète :
— Soixante, cinquante-neuf, cinquante-huit, etc... Trente, vingt-neuf, etc... Sept, six, cinq, quatre, trois, deux, une, BONNE ANNÉE !!!!
— La salle entière lui répondit d'un même rugissement :
— BONNE ANNÉE !!!!
— La salle entière lui répondit d'un même rugissement :
— BONNE ANNÉE !!!!
Les amis se firent l'accolade tandis que les amoureux s'embrassaient tendrement. Claire et Margaux se contemplèrent avec émotion.
— Bonne année, mon ange.
— Bonne année, mon amour.
— Bonne année, mon amour.
Claire serra Margaux dans ses bras et elles joignirent leurs lèvres pour un long baiser. Claire avait posé ses main sur les hanches de sa compagne qui avait posé une main sur sa taille et l'autre sur un de ses seins. Lorsque le ”D.J.” relança les décibels, elles ne bougèrent même pas. Ce ne fut qu'au bout d'une bonne minute qu'elles finirent par se séparer et par rejoindre leur table, étroitement enlacées, Claire bouleversée et au bord des larmes et Margaux, rayonnante de bonheur. La soirée allait continuer jusqu'à au moins deux heures du matin mais elles s'étaient données à fond depuis près de trois heures et l'apothéose du changement d'année leur parut le moment idéal pour quitter la fête. Elles prirent leurs manteaux, envoyèrent au ”D.J.” un petit baiser du bout des doigts et quittèrent la boîte de nuit la main dans la main. Elles restèrent silencieuses pendant le trajet du retour mais au moment où la voiture pénétrait dans le jardin, Claire dit seulement :
— On repartira à Clermont-Ferrand cet après-midi.
Lorsqu'elles parvinrent au second étage, Claire reprit Margaux dans ses bras, écrasa ses lèvres contre les siennes en gémissant puis elle se dégagea brusquement et s'enfuit dans sa chambre.
*****
Quelques heures plus tard, aux environs de neuf heures, Claire vint réveiller Margaux.
— Il est l'heure de te lever, ma chérie. Tous les autres sont levés et sont en train de déjeuner. Va vite te laver. Je prépare tes habits et je m'occupe de faire ton lit.
Au moment de descendre déjeuner, elles entendirent une voix furieuse provenant du premier étage. C'était la voix de Laura. Elle avait l'air très en colère. Lorsqu'elles pénétrèrent dans le couloir desservant les pièces d'habitation, elles y trouvèrent Laura, David et les parents de Claire. Les deux femmes les regardaient d'un air sévère tandis que le visage de Jérôme Lefront affichait un certain septicisme et que David avait surtout l'air d'avoir un furieuse envie d'être ailleurs. Claire, intriguée demanda :
— Il s'est passé quelque chose de grave ?
Ce fut sa mère qui répondit d'un ton reflétant un profond mécontentement:
— Il paraît que Margaux s'est mal comportée hier avec Laura.
— Quoi ?
— Absolument ! Intervint Laura. Ça a commencé dès mon arrivée. J'étais en train de contempler les jolies transformations que vous aviez faites dans la chambre d'amis quand elle est arrivée et qu'elle m'a fait comprendre que c'était maintenant sa chambre et que je n'avais rien à y faire. Ensuite, j'ai essayé de discuter avec elle et de voir comment on pourrait s'organiser quand j'aurai mon bébé et elle m'a répondu que ça ne me regardait pas. Ensuite, elle m'a carrément bousculée pour entrer avant que j'aie eu le temps de me reculer. J'aurais pu tomber avec mon bébé et faire une fausse couche. C'est fragile un bébé ! Après, j'ai essayé d'éviter de lui parler parce-que j'avais peur de me faire envoyer balader. Mais c'est hier soir que j'ai carrément craqué. J'étais un peu déçue parce-que les gens n'avaient pas trop l'air de s'intéresser à mon bébé. C'est normal qu'une mère soit fière de son bébé ! mais elle, elle a ricané en disant que c'était normal et que mon bébé n'intéressait personne. J'en aurai pleuré. Tout ça m'avait gâché ma soirée. Alors j'ai demandé à mon David de me ramener à la maison et il a accepté de se sacrifier pour moi.
— Quoi ?
— Absolument ! Intervint Laura. Ça a commencé dès mon arrivée. J'étais en train de contempler les jolies transformations que vous aviez faites dans la chambre d'amis quand elle est arrivée et qu'elle m'a fait comprendre que c'était maintenant sa chambre et que je n'avais rien à y faire. Ensuite, j'ai essayé de discuter avec elle et de voir comment on pourrait s'organiser quand j'aurai mon bébé et elle m'a répondu que ça ne me regardait pas. Ensuite, elle m'a carrément bousculée pour entrer avant que j'aie eu le temps de me reculer. J'aurais pu tomber avec mon bébé et faire une fausse couche. C'est fragile un bébé ! Après, j'ai essayé d'éviter de lui parler parce-que j'avais peur de me faire envoyer balader. Mais c'est hier soir que j'ai carrément craqué. J'étais un peu déçue parce-que les gens n'avaient pas trop l'air de s'intéresser à mon bébé. C'est normal qu'une mère soit fière de son bébé ! mais elle, elle a ricané en disant que c'était normal et que mon bébé n'intéressait personne. J'en aurai pleuré. Tout ça m'avait gâché ma soirée. Alors j'ai demandé à mon David de me ramener à la maison et il a accepté de se sacrifier pour moi.
Margaux était stupéfaite et complètement désemparée. Elle avait cru naïvement que Laura n'oserait pas l'agresser devant tout le monde mais cette dernière avait réussi à bâtir une histoire faite de demi-vérités arrangées à sa sauce de manière à donner l'impression que c'était elle qui avait été agressée. Elle ne put que balbutier une pauvre dénégation.
— Mais ce n'est pas vrai, c'est elle qui…
Elle fut brutalement interrompue par Claire qui aboya littéralement.
— Ne répond pas Margaux !
Elle serra dans ses bras la blondinette qui cacha son visage contre le rempart de sa poitrine puis, sans même daigner regarder Laura, elle s'adressa directement à sa mère.
— Toute cette histoire n'est qu'un tissu de mensonges, une fable inventée par un esprit malfaisant.
— Quoi ? Cria Laura.
— Ta gueule ! Ce n'est pas à toi que je m'adresse.
— Tu n'étais même pas là ! Insista Laura.
— Ta gueule !
— C'est vrai, intervint Julie Lefront. Tu n'étais pas là, ma chérie.
— Et toi ? Tu étais là, peut-être ?
— Non, mais Laura dit que…
— Eh bien Margaux dit que c'est faux et moi, c'est Margaux que je crois.
— J'essaye de voir les choses de manière objective. Si Margaux est innocente, elle peut se défendre.
— Tu n'es pas objective, maman. Tu crois Laura parce-que tu as envie de la croire.
— Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.
— Tu as envie de la croire parce-que tu l'admire pour sa réussite professionnelle et aussi parce qu'elle attend un bébé et que tu rêves d'être grand-mère.
— Et toi ? Tu es objective, peut-être ?
— Non, je ne suis pas objective. C'est vrai que j'ai envie de croire Margaux plutôt que Laura. Je la crois parce-que je l'aime.
— Tu vois !
— Oui, mais si je l'aime, ça n'est pas à cause de ses qualités professionnelles ou parce-que j'ai envie d'être mère. Ça fait maintenant trois mois que nous passons toutes nos journées ensemble de huit heures du matin jusqu'à onze heures du soir et pas une seule fois je ne l'ai vue se montrer désagréable envers quiconque. Elle a plutôt le défaut contraire. Demande un peu à Henri et à Angélique ce qu'ils pensent d'elle. Quant à la fable de la femme enceinte, renseigne-toi auprès de la maternité de l'hôpital de Clermont-Ferrand. Demande-leur de te raconter comment, au pied levé, elle a assisté une pauvre fille terrorisée pendant plusieurs heures, y compris pendant l'accouchement dont elle est ressortie épuisée et les deux bras couverts de bleus et de griffures. C'est cette Margaux là que j'aime. Celle que décrit Laura n'existe tout simplement pas. C'est pour ça que c'est elle que je crois. Maintenant, compte tenu de l'ambiance qui règne depuis ce matin, je préfère ramener avec moi Margaux en sécurité à Clermont-Ferrand.
— Tu reviens ensuite ?
— Bien sûr que non ! Margaux et moi, nous cédons la place. Si c'était ce que souhaitait Laura, elle a gagné. Nous remontons pour faire nos bagages. Nous vous disons tout de suite au revoir car nous partirons sur la pointe des pieds pour ne déranger personne. Au revoir papa, au revoir maman, merci pour tout ce que vous avez fait pour nous ces derniers jours. Grâce à vous deux, nous avons passé un merveilleux séjour. Dommage qu'il se termine aussi mal. Une dernière chose : afin de vous éviter des choix cornéliens, nous ne viendrons à Montluçon ni le week-end prochain, ni les autres week-ends du mois de janvier. Après, on verra si vous êtes prêts à recevoir Margaux sans arrière-pensées. Papa, voudrais-tu avoir la gentillesse de m'aider tout à l'heure à descendre nos bagages. Je ne veux pas laisser Margaux seule dans cette maison mais je ne peux pas tout faire.
— Bien sûr, ma chérie. Préviens-moi quand vous serez prêtes.
— Quoi ? Cria Laura.
— Ta gueule ! Ce n'est pas à toi que je m'adresse.
— Tu n'étais même pas là ! Insista Laura.
— Ta gueule !
— C'est vrai, intervint Julie Lefront. Tu n'étais pas là, ma chérie.
— Et toi ? Tu étais là, peut-être ?
— Non, mais Laura dit que…
— Eh bien Margaux dit que c'est faux et moi, c'est Margaux que je crois.
— J'essaye de voir les choses de manière objective. Si Margaux est innocente, elle peut se défendre.
— Tu n'es pas objective, maman. Tu crois Laura parce-que tu as envie de la croire.
— Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.
— Tu as envie de la croire parce-que tu l'admire pour sa réussite professionnelle et aussi parce qu'elle attend un bébé et que tu rêves d'être grand-mère.
— Et toi ? Tu es objective, peut-être ?
— Non, je ne suis pas objective. C'est vrai que j'ai envie de croire Margaux plutôt que Laura. Je la crois parce-que je l'aime.
— Tu vois !
— Oui, mais si je l'aime, ça n'est pas à cause de ses qualités professionnelles ou parce-que j'ai envie d'être mère. Ça fait maintenant trois mois que nous passons toutes nos journées ensemble de huit heures du matin jusqu'à onze heures du soir et pas une seule fois je ne l'ai vue se montrer désagréable envers quiconque. Elle a plutôt le défaut contraire. Demande un peu à Henri et à Angélique ce qu'ils pensent d'elle. Quant à la fable de la femme enceinte, renseigne-toi auprès de la maternité de l'hôpital de Clermont-Ferrand. Demande-leur de te raconter comment, au pied levé, elle a assisté une pauvre fille terrorisée pendant plusieurs heures, y compris pendant l'accouchement dont elle est ressortie épuisée et les deux bras couverts de bleus et de griffures. C'est cette Margaux là que j'aime. Celle que décrit Laura n'existe tout simplement pas. C'est pour ça que c'est elle que je crois. Maintenant, compte tenu de l'ambiance qui règne depuis ce matin, je préfère ramener avec moi Margaux en sécurité à Clermont-Ferrand.
— Tu reviens ensuite ?
— Bien sûr que non ! Margaux et moi, nous cédons la place. Si c'était ce que souhaitait Laura, elle a gagné. Nous remontons pour faire nos bagages. Nous vous disons tout de suite au revoir car nous partirons sur la pointe des pieds pour ne déranger personne. Au revoir papa, au revoir maman, merci pour tout ce que vous avez fait pour nous ces derniers jours. Grâce à vous deux, nous avons passé un merveilleux séjour. Dommage qu'il se termine aussi mal. Une dernière chose : afin de vous éviter des choix cornéliens, nous ne viendrons à Montluçon ni le week-end prochain, ni les autres week-ends du mois de janvier. Après, on verra si vous êtes prêts à recevoir Margaux sans arrière-pensées. Papa, voudrais-tu avoir la gentillesse de m'aider tout à l'heure à descendre nos bagages. Je ne veux pas laisser Margaux seule dans cette maison mais je ne peux pas tout faire.
— Bien sûr, ma chérie. Préviens-moi quand vous serez prêtes.
Sans plus regarder personne, Claire se retourna et, soutenant Margaux effondrée et en larmes, remonta au second où elle prépara ses bagages. Compte tenu de l'état de prostration de Margaux, elle s'occupa aussi des bagages de celle-ci. Elle la laissa quelques instants pour prévenir son père puis appela l'ascenseur. Elles descendirent directement au rez-de-chaussée et, après avoir enfilé leurs manteaux, rejoignirent la petite FIAT dans laquelle Claire installa précautionneusement sa petite fiancée. Margaux avait meilleure mine et ne pleurait plus. Claire l'interrogea d'un air inquiet.
— Comment te sens-tu, mon ange ?
— Mieux, maintenant qu'on est chez nous.
— Ce n'est qu'une voiture, mon ange.
— Mais elle a ton odeur. Quand je suis quelque part où il y a ton odeur, je suis chez nous. Elle me protège.
— Mieux, maintenant qu'on est chez nous.
— Ce n'est qu'une voiture, mon ange.
— Mais elle a ton odeur. Quand je suis quelque part où il y a ton odeur, je suis chez nous. Elle me protège.
Jérôme Lefront apparut porteur des bagages qu'il réussit à faire tous tenir dans le coffre arrière. Il rouvrit ensuite la portière passager et se pencha vers Margaux pour l'embrasser tendrement.
— Tu vas me manquer ma petite puce.
Il se dirigea ensuite vers sa fille. Celle-ci le regarda d'un air tendre mais aussi de reproche.
— Tu ne m'as pas beaucoup aidée sur ce coup-là, papa.
— C'est ta maman qui va avoir besoin d'aide, ma chérie. Toi, tu t'en sors très bien sans moi.
— C'est ta maman qui va avoir besoin d'aide, ma chérie. Toi, tu t'en sors très bien sans moi.
Mais la tendresse avec laquelle il lui dit ça en la serrant contre lui en exprimait infiniment plus.
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Commentaires ()
J'attends la suite avec impatience pour voir comment nos deux futures médecins s'en sortiront.
Margaux c'est faite bouffer toute crue par la méchanceté et les réflexions au vitriol de cette mégère.
L'histoire mensongère qu'elle a sorti devant la mère de Claire est allucinante, et reflète bien sa noirceur d'âme. Heureusement. Claire a, je pense, trouvé les mots et arguments pour contrer cette attaque lâche. C'est clair qu'elle ne peut pas compter sur un soutien de son frère totalement soumis à sa compagne.
Les mots de son père lors du départ ont du lui mettre un peu de baume au cœur.