Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sahara — Chapitre 5 · La proposition
Auteur
Sahara
Chapitre 5 · La proposition
Trois jours passèrent dans un silence de mort. Karim dormait dans le salon, Nadia dans leur chambre. Ils se croisaient le matin sans se parler, partaient travailler séparément, rentraient à des heures différentes. L'appartement était devenu un champ de bataille silencieux.
Nadia avait préparé ses valises. Elle comptait partir chez sa sœur le temps de trouver un appartement et d'organiser le divorce. Mais chaque fois qu'elle se dirigeait vers la porte, quelque chose la retenait. La peur de l'inconnu ? Ou cette petite voix qui lui soufflait que Karim n'avait pas dit son dernier mot ?
Le mercredi soir, il l'attendait dans le salon quand elle rentra du travail. Il avait les traits tirés, les yeux cernés. Visiblement, il n'avait pas mieux dormi qu'elle.
— Il faut qu'on parle, dit-il sans préambule.
— On s'est tout dit l'autre soir.
— Non. Moi, je n'ai rien dit. Je t'ai écoutée me détruire en silence, mais je n'ai rien dit.
— On s'est tout dit l'autre soir.
— Non. Moi, je n'ai rien dit. Je t'ai écoutée me détruire en silence, mais je n'ai rien dit.
Nadia posa son sac et s'assit en face de lui, gardant ses distances. Il avait raison : elle avait parlé, lui avait subi.
— D'accord. Parle.
Karim se passa les mains sur le visage, cherchant ses mots.
— Ces trois derniers jours, j'ai pensé à ce que tu m'as dit. Que tu n'avais jamais joui avec moi. Que tu faisais semblant depuis cinq ans.
— Karim...
— Laisse-moi finir. Au début, j'étais détruit. Humilié. En colère. J'avais envie de te traiter de putain et de claquer la porte.
— Karim...
— Laisse-moi finir. Au début, j'étais détruit. Humilié. En colère. J'avais envie de te traiter de putain et de claquer la porte.
Le mot la fit tressaillir, mais elle ne dit rien.
— Et puis j'ai réfléchi. Vraiment réfléchi. Et tu sais quoi ? Je me suis rendu compte que... que quand tu m'as raconté cette nuit avec lui, j'étais excité.
Nadia releva la tête, surprise.
— Quoi ?
— Tu m'as raconté que tu avais découvert ce que c'était que brûler, que perdre la tête, et... ça m'a excité. L'idée de te voir comme ça, de t'imaginer jouir vraiment pour la première fois...
— Tu m'as raconté que tu avais découvert ce que c'était que brûler, que perdre la tête, et... ça m'a excité. L'idée de te voir comme ça, de t'imaginer jouir vraiment pour la première fois...
Il parlait d'une voix de plus en plus basse, comme s'il avouait un péché mortel.
— Je ne comprends pas où tu veux en venir.
— Ces trois nuits, dans le salon, je n'arrêtais pas de repenser à ça. À toi avec ce Touareg. À la façon dont il t'a touchée, dont il t'a fait jouir. Et plus j'y pensais, plus ça m'excitait.
— Ces trois nuits, dans le salon, je n'arrêtais pas de repenser à ça. À toi avec ce Touareg. À la façon dont il t'a touchée, dont il t'a fait jouir. Et plus j'y pensais, plus ça m'excitait.
Nadia le regardait, abasourdie. C'était la dernière réaction à laquelle elle s'attendait.
— Tu es en train de me dire que mon infidélité t'excite ?
— Je sais que c'est malsain. Je sais que c'est bizarre. Mais oui, ça m'excite.
— Je sais que c'est malsain. Je sais que c'est bizarre. Mais oui, ça m'excite.
Il se leva, se mit à faire les cent pas dans le salon.
— J'ai essayé de comprendre pourquoi. Au début, je pensais que c'était du masochisme. Que j'aimais souffrir. Mais ce n'est pas ça.
— C'est quoi alors ?
— C'est que... pour la première fois de notre mariage, tu as été vraiment toi-même. Tu as été cette femme passionnée que j'avais entrevue au début, quand on sortait ensemble. Cette femme que j'ai épousée et qui a disparu peu à peu.
— C'est quoi alors ?
— C'est que... pour la première fois de notre mariage, tu as été vraiment toi-même. Tu as été cette femme passionnée que j'avais entrevue au début, quand on sortait ensemble. Cette femme que j'ai épousée et qui a disparu peu à peu.
Nadia ne savait que répondre. Elle ne s'attendait pas à cette analyse.
— Et maintenant ? demanda-t-elle.
Karim s'arrêta devant elle, la regardant droit dans les yeux.
— Maintenant, je te fais une proposition.
— Laquelle ?
— Reste avec moi. Mais... mais si tu as besoin de ça pour être épanouie, pour être toi-même, alors... fais-le.
— Fais quoi ?
— Prends des amants.
— Laquelle ?
— Reste avec moi. Mais... mais si tu as besoin de ça pour être épanouie, pour être toi-même, alors... fais-le.
— Fais quoi ?
— Prends des amants.
Le mot tomba comme une bombe dans le salon. Nadia crut avoir mal entendu.
— Qu'est-ce que tu viens de dire ?
— Tu m'as entendu. Si tu as besoin de cette passion, de ce feu que je n'arrive pas à t'apporter, alors cherche-le ailleurs. Mais reste ma femme.
— Tu es devenu fou ?
— Non. Pour la première fois depuis trois jours, je suis lucide. Je t'aime, Nadia. Je t'aime plus que ma fierté, plus que ma jalousie, plus que les conventions. Et si c'est le prix à payer pour te garder, alors je le paie.
— Tu m'as entendu. Si tu as besoin de cette passion, de ce feu que je n'arrive pas à t'apporter, alors cherche-le ailleurs. Mais reste ma femme.
— Tu es devenu fou ?
— Non. Pour la première fois depuis trois jours, je suis lucide. Je t'aime, Nadia. Je t'aime plus que ma fierté, plus que ma jalousie, plus que les conventions. Et si c'est le prix à payer pour te garder, alors je le paie.
Nadia se leva, bouleversée.
— Tu ne peux pas me demander ça !
— Pourquoi ?
— Parce que c'est... c'est de la folie ! Qu'est-ce que diraient nos familles ? Nos amis ?
— Ils n'ont pas à le savoir.
— Et toi ? Comment tu supporterais de savoir que je... que je couche avec d'autres hommes ?
— Pourquoi ?
— Parce que c'est... c'est de la folie ! Qu'est-ce que diraient nos familles ? Nos amis ?
— Ils n'ont pas à le savoir.
— Et toi ? Comment tu supporterais de savoir que je... que je couche avec d'autres hommes ?
Karim hésita, puis :
— En me disant que tu reviens toujours vers moi. En me disant que c'est moi que tu aimes, même si c'est avec eux que tu prends ton plaisir.
— C'est de la perversion !
— Non. C'est de l'amour. De l'amour inconditionnel.
— C'est de la perversion !
— Non. C'est de l'amour. De l'amour inconditionnel.
Il s'approcha d'elle, tenta de la prendre dans ses bras. Elle recula.
— Je ne peux pas accepter ça, Karim.
— Pourquoi ?
— Parce que c'est malsain ! Parce que tu vas en souffrir ! Parce que...
— Parce que quoi ?
— Pourquoi ?
— Parce que c'est malsain ! Parce que tu vas en souffrir ! Parce que...
— Parce que quoi ?
Elle le regarda longuement, troublée par cette proposition inattendue.
— Parce que j'ai peur de ce que ça va faire de nous.
— Ça va faire de nous un couple qui s'assume. Un couple qui refuse les mensonges.
— Et si je tombe amoureuse ?
— De qui ?
— D'un de ces... hommes.
— Ça va faire de nous un couple qui s'assume. Un couple qui refuse les mensonges.
— Et si je tombe amoureuse ?
— De qui ?
— D'un de ces... hommes.
Karim accusa le coup, mais tint bon.
— On verra à ce moment-là. Mais pour l'instant, tu es là. Tu n'es pas encore partie. Ça veut dire quelque chose, non ?
C'était vrai. Pourquoi n'était-elle pas encore partie ? Qu'est-ce qui la retenait ?
— Il y aurait des règles, continua-t-il. Des limites.
— Lesquelles ?
— Jamais à la maison. Jamais deux fois avec le même homme. Et... et tu me racontes.
— Te raconter ?
— Oui. Tout. Ce qu'ils te font, comment tu réagis, ce que tu ressens.
— Lesquelles ?
— Jamais à la maison. Jamais deux fois avec le même homme. Et... et tu me racontes.
— Te raconter ?
— Oui. Tout. Ce qu'ils te font, comment tu réagis, ce que tu ressens.
Nadia le regarda avec un mélange de fascination et d'effroi. Il était sérieux. Complètement sérieux.
— Tu es sûr de ce que tu dis ?
— Non. Mais je suis sûr de t'aimer. Et je préfère t'avoir à moitié plutôt que pas du tout.
— Non. Mais je suis sûr de t'aimer. Et je préfère t'avoir à moitié plutôt que pas du tout.
Elle se dirigea vers la fenêtre, regardant la ville d'Alger qui s'étendait sous leurs pieds. Cette proposition changeait tout. Lui offrait une liberté qu'elle n'avait jamais osé imaginer. Mais à quel prix ?
— Et toi ? demanda-t-elle sans se retourner. Tu resteras fidèle pendant que moi, je...
— Je ne sais pas. On verra.
— Je ne sais pas. On verra.
Elle se retourna vers lui.
— Si j'accepte... ce sera vraiment ce que tu veux ? Ou tu espères que je refuserai au bout de quelques fois ?
— Je ne sais pas, Nadia. Je n'ai jamais été dans cette situation. Tout ce que je sais, c'est que je ne veux pas te perdre.
— Je ne sais pas, Nadia. Je n'ai jamais été dans cette situation. Tout ce que je sais, c'est que je ne veux pas te perdre.
Le silence s'étira entre eux. Dehors, Alger vivait sa vie normale, ignorant le bouleversement qui se jouait dans cet appartement de Hydra.
— Laisse-moi réfléchir, dit finalement Nadia.
— Combien de temps ?
— Je ne sais pas. Quelques jours.
— D'accord. Mais tu restes ici en attendant ?
— Combien de temps ?
— Je ne sais pas. Quelques jours.
— D'accord. Mais tu restes ici en attendant ?
Elle hocha la tête. Karim sourit pour la première fois depuis trois jours.
— On pourrait peut-être... redormir dans le même lit ?
Nadia hésita, puis :
— D'accord. Mais sans rien faire. Je ne suis pas prête.
— Je comprends.
— Je comprends.
Cette nuit-là, ils dormirent côte à côte sans se toucher, chacun perdu dans ses pensées. Karim se demandait s'il venait de sauver son mariage ou de signer son arrêt de mort. Nadia, elle, découvrait qu'un homme pouvait l'aimer au point d'accepter l'inacceptable.
Et pour la première fois depuis des semaines, elle ne rêva pas d'Amara.
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