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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Là où le désir s’était endormi — Chapitre 2 · Le message qui a tout déclenché

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Jay1985
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Là où le désir s’était endormi

Chapitre 2 · Le message qui a tout déclenché

Le lendemain matin, un bruit la réveilla. L'eau de la douche. Thomas se levait pour aller se doucher. Camille resta allongée un moment, les yeux ouverts dans le noir de la chambre. Elle se leva, descendit dans la cuisine, reprit le ticket sur le comptoir et le glissa dans sa poche. Puis elle remonta se recoucher. Le numéro était dans sa tête. Elle repensa à la pluie, au doigt qui avait attendu, à la phrase « on la corrige » posée là sans insistance. Son corps était encore chaud de tout ce qu'il avait ressenti la veille, et cette chaleur n'était pas partie.
Elle se tourna sur le dos. Elle remonta son pull jusqu'aux épaules et exposa ses seins à la lumière grise qui filtrait par les rideaux. Ils étaient lourds, pleins, et ses paumes les enveloppèrent comme si elle reprenait possession de quelque chose qu'elle avait oublié. Elle pinça doucement un téton entre le pouce et l'index, le fit rouler, et un frisson lui descendit le long de la colonne jusqu'au bas-ventre. L'autre main glissa sous l'élastique de sa culotte. Sa peau était déjà chaude, humide. Elle sourit dans le noir. Elle ne savait même plus que son corps pouvait être comme ça toute seule.
Ses doigts remontèrent vers son clitoris. Elle le contourna d'abord, juste le bout, la pression légère du bout des doigts sur la peau gonflée. Elle expira par la bouche. En bas, l'eau frappait le carrelage. En haut, sa respiration s'accélérait. Elle imagina la main de Damien à la place de la sienne. Plus large. Plus sûre. Une main qui saurait exactement où appuyer sans qu'elle ait à le demander. L'idée lui arracha un gémissement bas, étouffé contre son poignet.
Elle accéléra. Ses hanches bougèrent toutes seules, un léger balancement qu'elle ne contrôlait plus. Ses seins rebondissaient doucement sous ses paumes. Elle se mordit la lèvre pour ne pas faire de bruit, mais chaque mouvement envoyait une vague plus forte que la précédente. Le plaisir se concentrait là, dans ce point précis, et tirait sur tout le reste — ses cuisses, son ventre, sa gorge. Quand ça vint, ce fut net et violent : ses cuisses se serrèrent autour de sa main, son dos se cambra, et elle retint un cri qui aurait réveillé tout l'immeuble. Elle resta figée, tremblante, les doigts encore en elle, le souffle court. Puis elle rit. Un petit rire essoufflé, incrédule. Voilà. C'était ça qu'on lui avait promis. Et qu'on ne lui avait jamais donné.
Thomas coupa l'eau. Le silence tomba d'un coup. Camille remit son pull d'un geste rapide et se rassit contre la tête de lit, le cœur encore battant. Il entra dans la chambre en t-shirt et caleçon, les cheveux mouillés.
— T'as pas dormi ? T'as l'air crevée.
— Non. J'ai beaucoup pensé.
Il hocha la tête, déjà tourné vers la cuisine.
— Faut qu'on parle de ta façon de partir comme ça, hier. C'était pas chic.
— Tom. Attends.
Il s'arrêta dans l'encadrement de la porte, sans se retourner.
— J'en ai marre. Marre que tu me regardes pas. Que tu me cherches pas. Que depuis des années, je sois là et que t'aies arrêté de me voir.
Le silence dura quelques secondes. Il ne bougea pas. Ne se retourna pas non plus. Il posa juste la main sur le bord de la porte, comme pour se rappeler qu'il pouvait partir, et ça suffit à Camille pour comprendre qu'elle avait déjà perdu cette conversation.
— Camille, on va pas refaire ça ce matin. J'ai du boulot.
Il sortit. La porte claqua doucement derrière lui. Camille resta assise, le ticket froissé toujours dans sa poche. Elle sentit quelque chose de froid et de net se poser dans sa poitrine. Pas de la tristesse. De la clarté. Et sous cette clarté, une chaleur qui n'était pas partie. Le numéro était dans sa tête. Elle ne savait pas encore si elle allait appeler. Mais pour la première fois depuis très longtemps, elle savait exactement ce qu'elle voulait.
Camille attendit que la porte d'entrée se referme derrière Thomas. Elle entendit ses pas dans l'escalier, puis le silence. Elle resta assise une minute de plus. Le ticket était dans sa poche. Elle le sortit. Le papier était tiède. Le numéro était écrit en chiffres un peu penchés, comme si Damien avait fait ça vite, sans réfléchir. Elle le tapa dans son téléphone. Nouvelle conversation. Son pouce resta en suspens au-dessus du clavier.
Elle ne savait pas quoi écrire. « Merci pour hier » paraissait trop poli. « J'ai réfléchi » paraissait trop vague. Elle pensa à sa voix, à ce doigt qui avait attendu, à la façon dont il avait dit « on la corrige » sans la regarder comme une victime. Elle pensa aussi à ses seins encore sensibles sous le pull, à la façon dont son corps avait répondu tout seul ce matin. Finalement, elle écrivit quelque chose de simple, presque brut :
« C'est Camille. J'ai pensé à ce que tu as dit. Je sais pas encore si je veux qu'on la corrige. Mais j'ai envie de savoir ce que ça fait, d'être regardée comme ça. »
Elle relut. Son cœur battait trop fort. Elle effaça « comme ça », le retapa, hésita encore, puis envoya. Le message partit. Elle posa le téléphone à côté d'elle, écran vers le bas, comme si le regarder pouvait changer quelque chose.
Cinq minutes passèrent. Puis dix. Elle se leva, se prépara un café, se brûla la langue. Le téléphone vibra sur le comptoir. Elle s'approcha lentement. Le nom de Damien s'affichait.
« T'es où là ? »
Pas « salut ». Pas « comment tu vas ». Juste ça. Elle répondit :
« Chez moi. Thomas est parti. »
La réponse arriva presque tout de suite.
« T'as envie que je vienne ? Ou t'as envie de parler d'abord ? »
Camille fixa l'écran. Ses doigts étaient encore un peu humides du café. Entre ses cuisses, quelque chose pulsait encore doucement — pas tout à fait la même que ce matin, plus sourde, plus tendue, comme une attente qui avait trouvé son objet. Elle imagina Damien devant sa porte, cette fois sans la pluie, sans Thomas quelque part dans la maison. Elle imagina ses mains, plus larges que les siennes, et la façon dont il l'avait regardée hier soir, comme si elle existait vraiment.
Elle tapa :
« J'ai envie que tu viennes. Mais pas pour parler. »
Elle envoya. Puis elle posa le téléphone, alla se regarder dans le miroir de l'entrée, et se demanda si elle avait le temps de prendre une douche avant qu'il arrive. Ou si elle avait envie qu'il la trouve exactement comme elle était là — avec le goût de sa propre main encore sur les doigts, avec ce matin encore inscrit dans sa peau, et le souvenir de son regard collé à la peau comme une promesse qu'il allait venir tenir.
Le téléphone vibra une dernière fois.
« J'arrive dans vingt minutes. Laisse la porte entrouverte. »
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Chapitre 3 · C’est ça être regardée
Vingt minutes avant l'arrivée de Damien, Camille hésite encore. Elle enfile la robe noire qu'elle réserve aux soirées spéciales, se regarde dans le miroir et attend le coup de sonnette. Entre eux, l'attirance couve depuis longtemps, mais ce soir, rien ne ressemble à leurs habitudes. Quand il paraît dans le couloir et que son regard la parcourt lentement, Camille sent que la soirée ne suivra pas le cours prévu. Jusqu'où ira ce rendez-vous qui commence entre deux souffles retenus ?
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