Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Delphine en Périgord — Chapitre 11 · Seul ce soir
Auteur
Delphine en Périgord
Chapitre 11 · Seul ce soir
J’ai grignoté. Elle aussi. Chacun de son côté. La table n’a presque pas servi. Je range mon assiette. Elle est déjà ailleurs, dans sa tête, dans ses préparatifs. Je monte. Je me déshabille. Je me couche. J’éteins. La pièce est noire. Je pense à Delphine. À ses mains sur mes cuisses. À sa bouche qui me prenait, gourmande, attentive. À son sexe ouvert sous ma langue, chaud, trempé, qui se contractait quand elle jouissait. Je bande. Dur. Ça monte tout seul. Mon sexe tend le drap.
La porte s’ouvre. Isabelle entre. Elle se glisse sous les draps. Comme chaque fois qu’elle a besoin de quelque chose. Pas de lumière. Pas de mot. Elle vient plus près. Sa main descend. Elle touche. Elle trouve. Elle referme les doigts autour de moi.
— Tu bandes. Tu as envie de moi ?
La porte s’ouvre. Isabelle entre. Elle se glisse sous les draps. Comme chaque fois qu’elle a besoin de quelque chose. Pas de lumière. Pas de mot. Elle vient plus près. Sa main descend. Elle touche. Elle trouve. Elle referme les doigts autour de moi.
— Tu bandes. Tu as envie de moi ?
Je ne réponds pas. Elle n’attend d’ailleurs pas de réponse. Elle se glisse plus bas. Sous les draps. Je sens son souffle, puis sa bouche. Elle me prend. Sans préliminaire. Sans regard. Sa langue n’est pas là. Ou presque pas. Juste assez pour humidifier. Puis elle monte. Elle descend. Un mouvement régulier. Mécanique. Sa bouche serre un peu, relâche, serre. Rien d’autre. Pas de main qui caresse. Pas de gémissement. Pas d’envie. Juste le va-et-vient. Haut. Bas. Haut. Bas. Le bruit est sec, presque absent. Elle fait ça comme on coche une case. Comme on règle une affaire avant de partir. Je reste sur le dos. Les yeux ouverts dans le noir. Mon sexe est dur, mais ce n’est plus pour elle. C’est pour Delphine. Sa bouche continue, elle monte, elle descend, elle ne s’arrête pas. Elle ne change rien. Pas plus profond. Pas plus lent. Pas plus chaud. Juste ce mouvement, répétitif, sans âme, sans chaleur, sans rien.
Je ne bouge pas. Je la laisse faire. Et dans le noir, pendant que sa bouche monte et descend, je pense encore à l’autre. À celle qui me regardait. À celle qui se donnait. À celle qui avalait en me fixant. Isabelle ne sait pas. Elle ne peut pas savoir. Elle continue. Mécanique. Jusqu’au bout.
Je jouis sans force et sans durée, dans un spasme court et presque sec qui contracte mon ventre une fois ou deux avant que je me répande dans sa bouche. Elle ne s’arrête pas immédiatement et poursuit encore deux ou trois allers-retours mécaniques avant de s’immobiliser. Pendant ce temps, je la sentais se caresser d’une main entre les cuisses, sans passion, juste assez pour elle et pour en finir vite. Je ne sais pas si elle a joui, car je n’ai rien entendu ni rien senti d’autre que cette main qui bougeait discrètement sous les draps.
À peine redescendu, je la vois sortir d’un coup, se redresser et se pencher sur le côté du lit pour saisir ce qu’elle appelle la serviette aux saletés, ce morceau de serviette éponge plié toujours rangé au même endroit. Elle le porte à sa bouche et recrache fort ce que je viens d’éjecter, qui tombe dans le tissu avec un bruit mou, avant d’essuyer ses lèvres d’un geste sec. Ce geste me paraît sale et dénué de tout, sans regard, sans mot et sans chaleur, comme une simple chose à accomplir pour se donner bonne conscience ou pour pouvoir me demander quelque chose le lendemain matin, comme si elle avait payé et fait sa part.
Elle se lève ensuite et se dirige vers la salle de bains, où j’entends l’eau couler pendant qu’elle se rince longuement la bouche, puis le bruit de la brosse à dents qu’elle frotte fort, comme si elle voulait enlever quelque chose. Elle éteint, revient, le matelas s’affaisse un peu de son côté lorsqu’elle se couche, tire le drap et ne me touche pas.
Je fais mine de dormir, les yeux fermés et le souffle régulier, mais je reste éveillé en pensant à Delphine, à sa bouche qui me prenait en me regardant, à ses yeux quand elle avalait, à sa langue qui cherchait la mienne après et à la façon dont elle se donnait. Je m’accroche à sa chaleur et à son goût pour ne pas être dégoûté et pour ne pas sentir seulement le froid de cette serviette, le bruit du crachat et le frottement de la brosse à dents dans le noir. Isabelle s’endort vite, ou fait semblant, tandis que je reste éveillé un moment avec le souvenir de ce qui était vivant, pour que le reste ne prenne pas toute la place.
Je ne bouge pas. Je la laisse faire. Et dans le noir, pendant que sa bouche monte et descend, je pense encore à l’autre. À celle qui me regardait. À celle qui se donnait. À celle qui avalait en me fixant. Isabelle ne sait pas. Elle ne peut pas savoir. Elle continue. Mécanique. Jusqu’au bout.
Je jouis sans force et sans durée, dans un spasme court et presque sec qui contracte mon ventre une fois ou deux avant que je me répande dans sa bouche. Elle ne s’arrête pas immédiatement et poursuit encore deux ou trois allers-retours mécaniques avant de s’immobiliser. Pendant ce temps, je la sentais se caresser d’une main entre les cuisses, sans passion, juste assez pour elle et pour en finir vite. Je ne sais pas si elle a joui, car je n’ai rien entendu ni rien senti d’autre que cette main qui bougeait discrètement sous les draps.
À peine redescendu, je la vois sortir d’un coup, se redresser et se pencher sur le côté du lit pour saisir ce qu’elle appelle la serviette aux saletés, ce morceau de serviette éponge plié toujours rangé au même endroit. Elle le porte à sa bouche et recrache fort ce que je viens d’éjecter, qui tombe dans le tissu avec un bruit mou, avant d’essuyer ses lèvres d’un geste sec. Ce geste me paraît sale et dénué de tout, sans regard, sans mot et sans chaleur, comme une simple chose à accomplir pour se donner bonne conscience ou pour pouvoir me demander quelque chose le lendemain matin, comme si elle avait payé et fait sa part.
Elle se lève ensuite et se dirige vers la salle de bains, où j’entends l’eau couler pendant qu’elle se rince longuement la bouche, puis le bruit de la brosse à dents qu’elle frotte fort, comme si elle voulait enlever quelque chose. Elle éteint, revient, le matelas s’affaisse un peu de son côté lorsqu’elle se couche, tire le drap et ne me touche pas.
Je fais mine de dormir, les yeux fermés et le souffle régulier, mais je reste éveillé en pensant à Delphine, à sa bouche qui me prenait en me regardant, à ses yeux quand elle avalait, à sa langue qui cherchait la mienne après et à la façon dont elle se donnait. Je m’accroche à sa chaleur et à son goût pour ne pas être dégoûté et pour ne pas sentir seulement le froid de cette serviette, le bruit du crachat et le frottement de la brosse à dents dans le noir. Isabelle s’endort vite, ou fait semblant, tandis que je reste éveillé un moment avec le souvenir de ce qui était vivant, pour que le reste ne prenne pas toute la place.
Je me lève. Isabelle dort encore, le drap tiré jusqu’au menton, le souffle lent. Dans la cuisine, je fais le café. La machine gronde. Je sors. Le jardin est frais, l’herbe mouillée sous mes pieds nus. Je bois debout, la tasse chaude entre les doigts, en regardant la nature qui s'éveille. Le silence me va.
Elle arrive derrière moi, tasse de thé à la main.
— Bonjour chéri.
Elle arrive derrière moi, tasse de thé à la main.
— Bonjour chéri.
Je me raidis. Quand elle m’appelle comme ça, c’est rarement pour rien.
Elle pose sa tasse sur la table du jardin et s’assoit à côté de moi, sans me toucher.
— Dis-moi, tu pourrais aller réceptionner pour moi une bibliothèque ? C’est idiot, ils l’ont orientée sur Brive. Tu peux y aller demain ou après-demain, pas de souci. Avec ta remorque. Et si tu pouvais la monter une fois que le mur sera peint, que je puisse ranger mes livres… ça serait adorable.
Elle pose sa tasse sur la table du jardin et s’assoit à côté de moi, sans me toucher.
— Dis-moi, tu pourrais aller réceptionner pour moi une bibliothèque ? C’est idiot, ils l’ont orientée sur Brive. Tu peux y aller demain ou après-demain, pas de souci. Avec ta remorque. Et si tu pouvais la monter une fois que le mur sera peint, que je puisse ranger mes livres… ça serait adorable.
La voilà. La contrepartie. Une pipe rapide, mécanique, et maintenant la course à Brive, la remorque, le montage, ses livres à elle. Je souris à peine.
— Mais bien sûr, chéri.
— Mais bien sûr, chéri.
Le mot me reste dans la gorge. J’ai presque envie d’ajouter « connasse », mais je me retiens. Elle hoche la tête, satisfaite, et boit son thé.
Je finis mon café, je rentre. Je me douche. L’eau chaude coule sur ma nuque. Je m’habille. Quand je redescends, elle est encore dans le jardin. Je m’approche, je l’embrasse sur la joue.
— Présente mes amitiés à ta mère. Bon séjour à Pau.
Je finis mon café, je rentre. Je me douche. L’eau chaude coule sur ma nuque. Je m’habille. Quand je redescends, elle est encore dans le jardin. Je m’approche, je l’embrasse sur la joue.
— Présente mes amitiés à ta mère. Bon séjour à Pau.
Elle me rend un sourire court.
— Merci. Tu t’en occuperas bien, hein ?
— Oui.
— Merci. Tu t’en occuperas bien, hein ?
— Oui.
On ne se revoit pas. Elle part un peu plus tard. La maison se vide. Je reste seul avec le mur à peindre et la bibliothèque qui m’attend.
Dans l’après-midi, pendant que je prépare le matériel dans son cabinet, je me dis qu’elle a gagné : elle aura ses livres rangés, son mur propre, sa bibliothèque montée. Et moi aussi j’ai gagné quelque chose. Je vais pouvoir être seul. Seul avec Delphine dans la tête. Avec sa bouche, ses yeux, la façon dont elle avalait en me regardant. Je peins. Le pinceau va et vient. Et je pense à elle. Pas à Isabelle. À l’autre. Celle qui n’a pas besoin de me demander une course le lendemain pour justifier ce qu’elle a fait.
Je peins. Le pinceau va et vient sur le mur, l’odeur de peinture me monte à la tête. Je pense à Brive, à la remorque, à la bibliothèque qu’il faudra monter. Et soudain, l’idée arrive, nette. Pourquoi perdre ces jours-là ? Isabelle est partie pour au moins une semaine. Sept jours de tranquillité. Sept jours où personne ne rentre, où personne n’appelle « chéri » pour demander autre chose.
Et si je profitais de cette bibliothèque pour m’octroyer un petit week-end avec Delphine ? Lui faire la surprise. Passer notre première nuit ensemble, vraiment ensemble, dans un lieu qui ne soit ni chez elle ni chez moi. Un endroit magique, hors de tout. Juste elle et moi.
Je pose le pinceau. Je m’essuie les mains. Je prends mon téléphone. Je compose son numéro. Ça sonne.
— Allô ?
Dans l’après-midi, pendant que je prépare le matériel dans son cabinet, je me dis qu’elle a gagné : elle aura ses livres rangés, son mur propre, sa bibliothèque montée. Et moi aussi j’ai gagné quelque chose. Je vais pouvoir être seul. Seul avec Delphine dans la tête. Avec sa bouche, ses yeux, la façon dont elle avalait en me regardant. Je peins. Le pinceau va et vient. Et je pense à elle. Pas à Isabelle. À l’autre. Celle qui n’a pas besoin de me demander une course le lendemain pour justifier ce qu’elle a fait.
Je peins. Le pinceau va et vient sur le mur, l’odeur de peinture me monte à la tête. Je pense à Brive, à la remorque, à la bibliothèque qu’il faudra monter. Et soudain, l’idée arrive, nette. Pourquoi perdre ces jours-là ? Isabelle est partie pour au moins une semaine. Sept jours de tranquillité. Sept jours où personne ne rentre, où personne n’appelle « chéri » pour demander autre chose.
Et si je profitais de cette bibliothèque pour m’octroyer un petit week-end avec Delphine ? Lui faire la surprise. Passer notre première nuit ensemble, vraiment ensemble, dans un lieu qui ne soit ni chez elle ni chez moi. Un endroit magique, hors de tout. Juste elle et moi.
Je pose le pinceau. Je m’essuie les mains. Je prends mon téléphone. Je compose son numéro. Ça sonne.
— Allô ?
Elle a l’air surprise. Normal. Je ne l’appelle presque jamais. On se voit, on s’écrit, mais les appels, c’est rare.
— Delphine. C’est moi.
— Delphine. C’est moi.
Un silence. Puis sa voix, un peu plus basse.
— Toi… Tout va bien ?
— Oui. Écoute. Tu peux t’absenter deux jours ?
— Toi… Tout va bien ?
— Oui. Écoute. Tu peux t’absenter deux jours ?
Elle rit un peu, nerveuse.
— Deux jours ? Pourquoi ?
— Parce que je viens te chercher demain à dix heures. Prépare un sac de voyage. Des vêtements pour deux nuits. C’est tout ce que je te demande.
— Deux jours ? Pourquoi ?
— Parce que je viens te chercher demain à dix heures. Prépare un sac de voyage. Des vêtements pour deux nuits. C’est tout ce que je te demande.
Elle reste muette un moment. J’entends son souffle.
— Mais… on va où ?
— Tu verras. Tu es en vacances, non ?
— Oui. Jusqu’au 15 août.
— Alors c’est oui ?
— Mais… on va où ?
— Tu verras. Tu es en vacances, non ?
— Oui. Jusqu’au 15 août.
— Alors c’est oui ?
Encore un silence. Plus court cette fois.
— Oui.
— Oui.
Je souris. Pour de vrai.
— À demain. Dix heures.
— À demain.
— À demain. Dix heures.
— À demain.
Je raccroche. Le cœur bat plus fort. Je finis la peinture en vitesse, le mur encore humide, mais ça tiendra. Ensuite je m’installe devant l’ordinateur. Je cherche. Un endroit. Pas trop loin, mais assez pour qu’on soit ailleurs. Un lieu avec une chambre, une vue, un lit où on pourra rester longtemps. Je clique, je regarde les photos, je lis les descriptions. Je veux quelque chose de simple et de beau. Un endroit où elle pourra me regarder, vraiment, sans se presser. Où je pourrai la prendre entièrement, sans penser à Isabelle, sans serviette, sans brosse à dents, sans rien d’autre que sa bouche et ses yeux.
Je continue à chercher. Le reste de la journée y passe.
Je trouve enfin. Un domaine d’exception, à une quinzaine de kilomètres au sud de Brive-la-Gaillarde. Des lodges individuels, chacun avec son spa et son jacuzzi privatif. Un espace bien-être avec hammam et sauna, dans un esprit nordique, calme. Niché en pleine nature, près d’un des plus beaux villages de France. Vue panoramique sur la campagne corrézienne. Silence absolu.
Je téléphone. Une femme me répond, voix posée. Je lui dis les dates. Demain soir, et peut-être la nuit suivante. Elle vérifie. Il reste un lodge. Un seul.
— Parfait. Et… est-ce que je peux garer une remorque ?
Je continue à chercher. Le reste de la journée y passe.
Je trouve enfin. Un domaine d’exception, à une quinzaine de kilomètres au sud de Brive-la-Gaillarde. Des lodges individuels, chacun avec son spa et son jacuzzi privatif. Un espace bien-être avec hammam et sauna, dans un esprit nordique, calme. Niché en pleine nature, près d’un des plus beaux villages de France. Vue panoramique sur la campagne corrézienne. Silence absolu.
Je téléphone. Une femme me répond, voix posée. Je lui dis les dates. Demain soir, et peut-être la nuit suivante. Elle vérifie. Il reste un lodge. Un seul.
— Parfait. Et… est-ce que je peux garer une remorque ?
Elle ne pose pas de question.
— Oui. On a un garage. Elle sera à l’abri.
— Oui. On a un garage. Elle sera à l’abri.
Je souris. Tout s’aligne. Fin juillet, un lodge pour nous deux. Je réserve. Deux nuits, si possible.
La dame confirme. Puis elle ajoute, presque en passant :
— Une partie du domaine est naturiste en cette saison. Ça ne vous dérange pas ?
La dame confirme. Puis elle ajoute, presque en passant :
— Une partie du domaine est naturiste en cette saison. Ça ne vous dérange pas ?
— Non. Ça ne me dérange pas.
Elle note. C’est fait. C’est réservé.
Je raccroche. Le silence du cabinet me revient, le mur sèche. Demain matin je pars chercher Delphine. À dix heures. Avec la remorque. Direction Brive, la bibliothèque, puis le domaine. Deux nuits. Un jacuzzi rien que pour nous. Un lit où personne ne se lèvera pour cracher dans une serviette. Un endroit où elle pourra me regarder, vraiment, et où je pourrai la prendre sans me presser.
Je reste un moment devant l’écran, les photos du lodge encore ouvertes. L’eau du spa. La vue. Le calme. Je pense à sa voix tout à l’heure, quand elle a dit oui. Je pense à ses mains. À sa bouche. À ce que je vais pouvoir lui faire, enfin, sans se cacher.
Demain.
Je raccroche. Le silence du cabinet me revient, le mur sèche. Demain matin je pars chercher Delphine. À dix heures. Avec la remorque. Direction Brive, la bibliothèque, puis le domaine. Deux nuits. Un jacuzzi rien que pour nous. Un lit où personne ne se lèvera pour cracher dans une serviette. Un endroit où elle pourra me regarder, vraiment, et où je pourrai la prendre sans me presser.
Je reste un moment devant l’écran, les photos du lodge encore ouvertes. L’eau du spa. La vue. Le calme. Je pense à sa voix tout à l’heure, quand elle a dit oui. Je pense à ses mains. À sa bouche. À ce que je vais pouvoir lui faire, enfin, sans se cacher.
Demain.
Je quitte le cabinet. La peinture est terminée. Il ne restera plus que la bibliothèque à monter, et basta.
Je rentre. La maison est vide. Enfin. Pas de pas dans le couloir, pas de voix qui appelle « chéri », pas de liste de choses à faire posée sur la table. Plus d’ambivalence qui pèse. Plus besoin de sourire à moitié, de retenir les mots, de laisser faire sans rien dire. Isabelle n’est pas là. Je n’ai pas à calculer ce que je peux ou ne peux pas. Pas à supporter le silence lourd après, ni la serviette, ni le bruit de la brosse à dents. Ici, ce soir, personne ne va me demander de prouver quoi que ce soit. Personne ne va se glisser sous les draps pour en finir vite.
Je sors un whisky. Je m’installe dans le jardin, pieds nus sur l’herbe. Le verre est frais. Je bois doucement. Le soleil baisse. Demain et après-demain, Brive et le lodge. Et entre les deux, elle.
Je repense à mon petit ange blond. Je la remercie intérieurement pour sa discrétion. Pas de coup de téléphone impromptu. Pas de SMS qui arrivent au mauvais moment. Elle connaît la situation. Elle ne force rien. Elle me préserve. Même quand elle a envie, elle attend. Elle ne s’impose pas.
J’ai envie de la voir. De la prendre dans les bras, là, maintenant. De sentir son corps contre le mien, sa bouche, ses mains. Mais je résiste. Demain et après-demain, nous serons ensemble. Deux nuits. Un jacuzzi. Un lit rien que pour nous. J’ai un peu d’argent de côté. C’est bien normal qu’elle en profite. Qu’elle ait quelque chose de beau, de calme, quelque chose qui n’appartienne qu’à nous.
Je bois une autre gorgée. Le whisky brûle doucement. Je reste là, dans le silence. Pour une fois, le silence ne pèse pas.
Je rentre. La maison est vide. Enfin. Pas de pas dans le couloir, pas de voix qui appelle « chéri », pas de liste de choses à faire posée sur la table. Plus d’ambivalence qui pèse. Plus besoin de sourire à moitié, de retenir les mots, de laisser faire sans rien dire. Isabelle n’est pas là. Je n’ai pas à calculer ce que je peux ou ne peux pas. Pas à supporter le silence lourd après, ni la serviette, ni le bruit de la brosse à dents. Ici, ce soir, personne ne va me demander de prouver quoi que ce soit. Personne ne va se glisser sous les draps pour en finir vite.
Je sors un whisky. Je m’installe dans le jardin, pieds nus sur l’herbe. Le verre est frais. Je bois doucement. Le soleil baisse. Demain et après-demain, Brive et le lodge. Et entre les deux, elle.
Je repense à mon petit ange blond. Je la remercie intérieurement pour sa discrétion. Pas de coup de téléphone impromptu. Pas de SMS qui arrivent au mauvais moment. Elle connaît la situation. Elle ne force rien. Elle me préserve. Même quand elle a envie, elle attend. Elle ne s’impose pas.
J’ai envie de la voir. De la prendre dans les bras, là, maintenant. De sentir son corps contre le mien, sa bouche, ses mains. Mais je résiste. Demain et après-demain, nous serons ensemble. Deux nuits. Un jacuzzi. Un lit rien que pour nous. J’ai un peu d’argent de côté. C’est bien normal qu’elle en profite. Qu’elle ait quelque chose de beau, de calme, quelque chose qui n’appartienne qu’à nous.
Je bois une autre gorgée. Le whisky brûle doucement. Je reste là, dans le silence. Pour une fois, le silence ne pèse pas.
L’envie monte d’un coup, violente. Prendre la voiture. Aller jusqu’à chez elle. Sonner. La prendre dans mes bras dès qu’elle ouvre, la plaquer contre le mur, lui arracher ses vêtements. Sentir son corps se coller au mien, sa bouche qui cherche la mienne, ses mains qui descendent. La sentir amoureuse, oui, mais aussi salope, chienne, tout ce qu’elle m’a permis de découvrir et qu’elle a découvert avec moi. La voir me regarder pendant que je la prends, entendre sa voix qui se brise, sentir son sexe se contracter autour de moi, chaud, trempé, sans retenue. Juste elle. Sans calcul. Sans lendemain qui exige quelque chose.
Je me fais violence. Je reste. Je ne bouge pas. Demain. Demain seulement.
Je monte. Je me déshabille. Je me couche. La pièce est noire. Avant d’éteindre, j’ouvre la boîte. Sa petite culotte blanche est là, pliée, sèche maintenant. Je la sors. Je la porte à mon nez.
Les effluves sont encore là. Prégnantes. Son odeur. La mienne. Nos sucs mélangés, séchés dans le coton. Ça me frappe au fond de la gorge, chaud, intime, presque vivant. Je ferme les yeux. Mon sexe se redresse, dur, tendu sous le drap.
Je me fais violence. Je reste. Je ne bouge pas. Demain. Demain seulement.
Je monte. Je me déshabille. Je me couche. La pièce est noire. Avant d’éteindre, j’ouvre la boîte. Sa petite culotte blanche est là, pliée, sèche maintenant. Je la sors. Je la porte à mon nez.
Les effluves sont encore là. Prégnantes. Son odeur. La mienne. Nos sucs mélangés, séchés dans le coton. Ça me frappe au fond de la gorge, chaud, intime, presque vivant. Je ferme les yeux. Mon sexe se redresse, dur, tendu sous le drap.
Je pose la culotte sur mon nez et je respire, lentement, profondément. Le coton est sec, mais l’odeur n’a pas disparu. Elle est là, dense, presque sucrée par endroits, salée ailleurs. Son odeur à elle, celle de son sexe après qu’elle a joui, mélangée à la mienne. Je sens encore le moment où je l'ai lavée avec, la petite chapelle dans la roche, la source, son sexe qui coule. Ça me revient d’un coup, précis.
Ma main descend. Je m’enveloppe, doucement. Le sexe est déjà dur, tendu, le gland humide contre ma paume. Je commence un va-et-vient lent. Pas pressé. Je veux que ça dure. Chaque mouvement fait glisser la peau, tire un peu sur le frein. La chaleur monte.
Je ferme les yeux. La culotte reste plaquée contre mon visage. Chaque inspiration me ramène à elle. Je revois sa bouche, gourmande, qui me prenait en me regardant droit dans les yeux. Je revois ses joues qui se creusaient, sa langue qui travaillait sous le gland, ses doigts qui caressaient mes cuisses. Je revois le moment où elle a avalé, sans détourner le regard, la gorge qui bougeait, puis le sourire qu’elle m’a fait après, les lèvres encore brillantes.
Ma main accélère un peu. Le poing se serre davantage autour de la verge. Le gland passe et repasse dans la chaleur de ma paume. Je sens le pré-sperme qui coule, qui lubrifie. L’odeur sous mon nez devient plus forte à mesure que je respire plus fort. Je pense à son sexe. À la façon dont il s’ouvrait sous ma langue, rose, trempé, qui se contractait par vagues quand elle jouissait. À ses cuisses qui tremblaient. À ses doigts dans mes cheveux qui me maintenaient là, sans force mais sans me lâcher.
Je gémis bas, presque sans bruit. Le ventre se contracte. Je pense à demain. À la prendre enfin entièrement. À la sentir se donner, amoureuse et salope à la fois, sans retenue. À ses yeux quand elle me regardera pendant que je serai en elle. À sa voix qui dira mon prénom.
La main va plus vite maintenant. Plus serrée. Le gland gonfle, sensible. Je respire encore plus fort dans le coton. L’odeur me prend à la gorge. Je sens nos deux plaisirs mêlés, séchés, mais encore vivants. Mon dos se cambre. Les couilles se tendent.
Je jouis longtemps. Ça part du bas du ventre, remonte, et se répand en jets chauds sur mes doigts, sur le ventre, sur le drap. Je continue à me caresser pendant que ça sort, lentement, pour faire durer. La culotte reste sur mon nez. Je respire encore, le souffle court, jusqu’à ce que les spasmes se calment.
Je reste allongé, la main humide, le sexe encore dur qui bat. L’odeur est partout. Je ne bouge pas. Je garde les yeux fermés. Demain. Demain je pourrai la sentir pour de vrai.
Ma main descend. Je m’enveloppe, doucement. Le sexe est déjà dur, tendu, le gland humide contre ma paume. Je commence un va-et-vient lent. Pas pressé. Je veux que ça dure. Chaque mouvement fait glisser la peau, tire un peu sur le frein. La chaleur monte.
Je ferme les yeux. La culotte reste plaquée contre mon visage. Chaque inspiration me ramène à elle. Je revois sa bouche, gourmande, qui me prenait en me regardant droit dans les yeux. Je revois ses joues qui se creusaient, sa langue qui travaillait sous le gland, ses doigts qui caressaient mes cuisses. Je revois le moment où elle a avalé, sans détourner le regard, la gorge qui bougeait, puis le sourire qu’elle m’a fait après, les lèvres encore brillantes.
Ma main accélère un peu. Le poing se serre davantage autour de la verge. Le gland passe et repasse dans la chaleur de ma paume. Je sens le pré-sperme qui coule, qui lubrifie. L’odeur sous mon nez devient plus forte à mesure que je respire plus fort. Je pense à son sexe. À la façon dont il s’ouvrait sous ma langue, rose, trempé, qui se contractait par vagues quand elle jouissait. À ses cuisses qui tremblaient. À ses doigts dans mes cheveux qui me maintenaient là, sans force mais sans me lâcher.
Je gémis bas, presque sans bruit. Le ventre se contracte. Je pense à demain. À la prendre enfin entièrement. À la sentir se donner, amoureuse et salope à la fois, sans retenue. À ses yeux quand elle me regardera pendant que je serai en elle. À sa voix qui dira mon prénom.
La main va plus vite maintenant. Plus serrée. Le gland gonfle, sensible. Je respire encore plus fort dans le coton. L’odeur me prend à la gorge. Je sens nos deux plaisirs mêlés, séchés, mais encore vivants. Mon dos se cambre. Les couilles se tendent.
Je jouis longtemps. Ça part du bas du ventre, remonte, et se répand en jets chauds sur mes doigts, sur le ventre, sur le drap. Je continue à me caresser pendant que ça sort, lentement, pour faire durer. La culotte reste sur mon nez. Je respire encore, le souffle court, jusqu’à ce que les spasmes se calment.
Je reste allongé, la main humide, le sexe encore dur qui bat. L’odeur est partout. Je ne bouge pas. Je garde les yeux fermés. Demain. Demain je pourrai la sentir pour de vrai.
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