Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La serveuse de l'Albatros — Chapitre 9
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La serveuse de l'Albatros
Chapitre 9
Je venais juste de terminer l'endossure d'un corps d'ouvrage quand un homme entra dans mon atelier un paquet sous le bras. A l'évidence, un nouveau client m'apportant des livres à relier.
Il avait découvert dans une vieille armoire chez son père qui venait de mourir, des ouvrages étonnants, en assez mauvais état et qui demandaient sans doute une restauration. Je sentis que le type était un peu gêné en me les montrant car il s'agissait de livres érotiques qu'on appelle dans notre jargon des "curiosa". Il m'en apportait quatre pour que je juge de l'opportunité de les relier afin de leur donner une nouvelle vie. Il s'agissait d'ouvrages d'auteurs connus pour leur œuvre littéraire et qui s'étaient commis à écrire des romans qu'on qualifierait aujourd'hui de pornographiques car certains sont dans le genre assez gratinés.
Il avait découvert dans une vieille armoire chez son père qui venait de mourir, des ouvrages étonnants, en assez mauvais état et qui demandaient sans doute une restauration. Je sentis que le type était un peu gêné en me les montrant car il s'agissait de livres érotiques qu'on appelle dans notre jargon des "curiosa". Il m'en apportait quatre pour que je juge de l'opportunité de les relier afin de leur donner une nouvelle vie. Il s'agissait d'ouvrages d'auteurs connus pour leur œuvre littéraire et qui s'étaient commis à écrire des romans qu'on qualifierait aujourd'hui de pornographiques car certains sont dans le genre assez gratinés.
Il me montra tour à tour "Les onze mille verges" de Guillaume Apollinaire, "Les mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir" de John Cleland, "A la feuille de rose" de Guy de Maupassant et puis, un petit ouvrage beaucoup plus récent, "La serveuse sans culotte" de Vesper Galore, un illustre inconnu, mais dont le titre attira mon attention et me fit tout à coup repenser à la blonde de l'autre jour.
Les curiosa sont des livres qui ont pour la plupart été interdits par la censure à une époque où nos gouvernants s'occupaient volontiers de morale. C'est ainsi que l'"Enfer" de la bibliothèque nationale a été créé au début du XIXe siècle afin de regrouper les ouvrages susceptibles d'offenser la pudeur des lecteurs.
J'acceptais volontiers de relier ces ouvrages après que nous ayons définis les matériaux de couvrure et que nous nous soyons entendus sur le prix. Je ne lui avouai pas que c'était principalement la curiosité du plus anodin des livres qui m'avait décidé à prendre cette commande ; car elle ne me rapportait quasiment rien compte tenu du prix dérisoire que j'avais consenti.
Mais, l'expression "sans culotte" du titre avait déclenché en moi un intérêt incontrôlable et je tenais absolument à parcourir ces pages.
Lorsque le soir venu, dans la tranquillité de mon appartement, je lus d'une seule traite les 120 pages de "La serveuse sans culotte", je fus à la fois déçu et comblé. Déçu, parce que je m'étais imaginé qu'il s'agissait d'une serveuse de bistrot aux mœurs légères et qu'en fait ce n'était qu'une fille soumise à la volonté de ses patrons qui la faisaient servir chez eux cul nu. Mais j'étais aussi comblé parce que je venais tout à coup de réaliser que ma blonde du café des arts était bel et bien serveuse dans un café ou un restaurant et que c'était là que je l'avais aperçue avant ce fameux après-midi. Maintenant il s'agissait de me souvenir lequel.
Lorsque le soir venu, dans la tranquillité de mon appartement, je lus d'une seule traite les 120 pages de "La serveuse sans culotte", je fus à la fois déçu et comblé. Déçu, parce que je m'étais imaginé qu'il s'agissait d'une serveuse de bistrot aux mœurs légères et qu'en fait ce n'était qu'une fille soumise à la volonté de ses patrons qui la faisaient servir chez eux cul nu. Mais j'étais aussi comblé parce que je venais tout à coup de réaliser que ma blonde du café des arts était bel et bien serveuse dans un café ou un restaurant et que c'était là que je l'avais aperçue avant ce fameux après-midi. Maintenant il s'agissait de me souvenir lequel.
Je ressassais sans relâche dans ma tête les endroits où dans les derniers mois j'avais pu aller manger un morceau ou boire un verre, mais il y en avait tellement que tout s'embrouillait très vite dans mon esprit et rapidement je n'arrivais plus à associer le visage des serveuses et le nom de l'établissement. A quelques exceptions près, je n'avais pas l'habitude de fréquenter toujours les mêmes endroits et c'était souvent selon mon humeur, ma soif ou ma faim du moment que je choisissais un café ou un restaurant. Ce qui fait que j'avais beaucoup de mal à rassembler des souvenirs cohérents. Et puis dans beaucoup de cas, je n'avais vraiment aucune idée de la mine de la serveuse.
Après quelques jours de réflexion acharnée, sans succès, j'abandonnai l'idée de me souvenir où j'avais bien pu rencontrer cette jeune fille. D'autant plus que doucement le dessin de son visage s'estompa et qu'il fallut bien que je reconnaisse qu'elle m'était définitivement perdue. Seule restait précise dans ma mémoire l'image de ses cuisses ouvertes sous la table et de son sexe au soleil.
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