Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La serveuse de l'Albatros — Chapitre 16 · Sophie rencontre Julien
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La serveuse de l'Albatros
Chapitre 16 · Sophie rencontre Julien
Les jours passaient sans événement notable. Les choses s'étaient stabilisées. Le nombre de repas, d'abord. Les nouveaux venus étaient devenus des habitués du "déjeuner spectacle". Entre midi et 14 heures, la salle ne désemplissait pas. L'objectif du patron était donc atteint. Même chose pour la partie bar. Il y avait maintenant toujours une population plus ou moins nombreuse suivant l'heure, mais régulière. Les après-midi étaient plus calmes pendant les heures de bureau, mais le soir, il y avait foule et la bière pression coulait à flots.
Fernand avait insisté pour que Sophie reste à l'Albatros jusqu'à l'été suivant. Elle avait accepté moyennant une petite rallonge supplémentaire.
Le jeune homme de l'après-midi — celui qui griffonnait des tas de papiers pendant des heures en sirotant une grande tasse de thé ou de café au lait — était là, à sa place coutumière, derrière le philodendron. Celui-là intriguait Sophie au plus haut point. Il ne faisait pas partie de la bande des voyeurs du midi, ni des buveurs de bière du soir. Il était toujours tellement absorbé par son travail qu'elle se demandait s'il avait une seule fois fait attention à elle. Les hommes pourtant ne se cachaient pas habituellement pour lui jeter des regards en coin ou même l'interpeller sans réserve, quand ils ne la sifflaient pas dans la rue. Mais lui semblait complètement insensible à son sourire et son parfum. "Peut-être qu'il est homo ?" se dit-elle.
D'un autre côté, ne rien savoir sur lui alimentait ses fantasmes quand elle rêvait, inoccupée, aux heures calmes de l'après-midi, le dos appuyé aux frigos.
Fernand avait insisté pour que Sophie reste à l'Albatros jusqu'à l'été suivant. Elle avait accepté moyennant une petite rallonge supplémentaire.
Le jeune homme de l'après-midi — celui qui griffonnait des tas de papiers pendant des heures en sirotant une grande tasse de thé ou de café au lait — était là, à sa place coutumière, derrière le philodendron. Celui-là intriguait Sophie au plus haut point. Il ne faisait pas partie de la bande des voyeurs du midi, ni des buveurs de bière du soir. Il était toujours tellement absorbé par son travail qu'elle se demandait s'il avait une seule fois fait attention à elle. Les hommes pourtant ne se cachaient pas habituellement pour lui jeter des regards en coin ou même l'interpeller sans réserve, quand ils ne la sifflaient pas dans la rue. Mais lui semblait complètement insensible à son sourire et son parfum. "Peut-être qu'il est homo ?" se dit-elle.
D'un autre côté, ne rien savoir sur lui alimentait ses fantasmes quand elle rêvait, inoccupée, aux heures calmes de l'après-midi, le dos appuyé aux frigos.
Alors, quand le jeune homme, ce jour-là, après avoir rangé ses papiers, s'est adressé à elle, et lui a dit plus de trois mots d'affilée, elle a sursauté :
— Mademoiselle, je vois que vous n'êtes pas très occupée, voudriez-vous venir discuter un peu avec moi, que nous fassions connaissance ? Si ça ne vous dérange pas, évidemment.
— Heu… eh bien… oui… Bien sûr, je n'ai pas grand-chose à faire. Pourquoi pas. Mais je ne voudrais pas déranger votre travail !
— Mais non, voyons, j'ai fini. Et puis c'est moi qui vous le demande.
— Heu… eh bien… oui… Bien sûr, je n'ai pas grand-chose à faire. Pourquoi pas. Mais je ne voudrais pas déranger votre travail !
— Mais non, voyons, j'ai fini. Et puis c'est moi qui vous le demande.
Sophie s'approcha de lui et il dégagea la chaise sur laquelle trônait un grand cartable de cuir rouge.
— Voulez-vous boire autre chose ?
— Oh… Oui, s'il vous plaît. Mais vous aussi, prenez quelque chose.
— Un autre café au lait ?
— Non, plutôt quelque chose de frais. Voyons… Mettez-moi un Perrier avec une rondelle de citron.
— Oh… Oui, s'il vous plaît. Mais vous aussi, prenez quelque chose.
— Un autre café au lait ?
— Non, plutôt quelque chose de frais. Voyons… Mettez-moi un Perrier avec une rondelle de citron.
Sophie retourna préparer les consommations, et tout en décapsulant les bouteilles, elle regardait le jeune homme en souriant. Elle se demandait ce qui avait bien pu déclencher cette soudaine envie de communiquer alors qu'il n'avait jamais décroché un mot. Aurait-il appris insidieusement ses penchants exhibitionnistes par quelque indiscrétion. Mais non, sinon il se serait installé sur la table devant la caisse ou serait venu déjeuner le midi. Ce n'était sûrement pas ça.
— Je m'appelle Julien, lui lança-t-il.
— Moi, c'est Sophie.
— Je sais, je sais. Je sais au moins cela.
— Moi, c'est Sophie.
— Je sais, je sais. Je sais au moins cela.
Elle revint à la table avec un plateau portant deux verres et deux bouteilles de Perrier.
— Merci. Dites-moi, cela fait longtemps que vous travaillez ici ?
La phrase la plus bateau qui soit. Mais il fallait bien démarrer la conversation d'une manière ou d'une autre.
— Non, depuis trois mois. C'était juste un job pour commencer mais je crois que je vais rester jusqu'à l'été prochain. Enfin c'est ce que m'a proposé le patron. Et vous, vous faites quoi dans la vie ?
— Beaucoup et peu. Ça dépend qui me juge. Je suis un éternel étudiant… en lettres… classiques… et modernes aussi. Et puis j'écris des romans. Pour vivre. Faut bien.
— Beaucoup et peu. Ça dépend qui me juge. Je suis un éternel étudiant… en lettres… classiques… et modernes aussi. Et puis j'écris des romans. Pour vivre. Faut bien.
Pour un étudiant en lettres, sa conversation était quand même plutôt du style télégraphique. Se dit-elle. Mais elle pensa qu'il était peut-être ému de ce premier contact. Elle tâcha, dans son attitude, de le décontracter.
— Des romans, comme c'est intéressant. Mais dites-moi quel genre de romans écrivez-vous ?
— Oh ! Un peu de tout. C'est selon la demande. Des policiers, beaucoup. Des aventures, quelques fois. Des histoires idiotes, souvent.
— Et vous les vendez, c'est ça ?
— Oui, j'ai des commandes régulières d'éditeurs pour des ouvrages de kiosques de gare. Et puis de temps en temps des choses plus passionnantes, des livres plus construits. Mais c'est rare. Je fais des traductions d'ouvrages en latin et grec, aussi, mais c'est vraiment très peu souvent. Et puis j'écris pour moi. Quand je viens ici, c'est pour moi que j'écris. Le philodendron me donne de l'inspiration. Et le calme aussi. Bien que depuis quelque temps, j'ai remarqué qu'il y avait de plus en plus de monde le soir. C'est pour ça que je pars tôt, avant la cohue.
— Oh ! Un peu de tout. C'est selon la demande. Des policiers, beaucoup. Des aventures, quelques fois. Des histoires idiotes, souvent.
— Et vous les vendez, c'est ça ?
— Oui, j'ai des commandes régulières d'éditeurs pour des ouvrages de kiosques de gare. Et puis de temps en temps des choses plus passionnantes, des livres plus construits. Mais c'est rare. Je fais des traductions d'ouvrages en latin et grec, aussi, mais c'est vraiment très peu souvent. Et puis j'écris pour moi. Quand je viens ici, c'est pour moi que j'écris. Le philodendron me donne de l'inspiration. Et le calme aussi. Bien que depuis quelque temps, j'ai remarqué qu'il y avait de plus en plus de monde le soir. C'est pour ça que je pars tôt, avant la cohue.
Cette dernière réflexion la fit rougir imperceptiblement. Sophie semblait très intéressée par cette révélation et, curieuse, demanda :
— Et ce livre que vous écrivez ici, il parle de quoi ?
— Chut. C'est encore un secret. Je ne peux rien vous dire pour le moment… Euh ! Dites-moi, j'aimerais vous inviter à dîner un soir pour que nous parlions plus longuement. Croyez-vous cela possible sans que votre innocence et votre candeur en soient effrayées ? J'ai conscience que je brûle un peu rapidement les étapes. Qu'il faille offrir, pendant des jours, des centaines de Perrier citron avant de daigner proposer à une jeune fille de dîner. Mais que voulez-vous, j'ai peut être perdu la bonne éducation que m'ont donnée mes parents à côtoyer à longueur de journée les brigands, les fous, les aventuriers, les femmes de mauvaise vie et autres personnages peu recommandables de mes romans.
— Chut. C'est encore un secret. Je ne peux rien vous dire pour le moment… Euh ! Dites-moi, j'aimerais vous inviter à dîner un soir pour que nous parlions plus longuement. Croyez-vous cela possible sans que votre innocence et votre candeur en soient effrayées ? J'ai conscience que je brûle un peu rapidement les étapes. Qu'il faille offrir, pendant des jours, des centaines de Perrier citron avant de daigner proposer à une jeune fille de dîner. Mais que voulez-vous, j'ai peut être perdu la bonne éducation que m'ont donnée mes parents à côtoyer à longueur de journée les brigands, les fous, les aventuriers, les femmes de mauvaise vie et autres personnages peu recommandables de mes romans.
Sophie ne s'attendait vraiment pas à être invitée aussi brutalement dès la première rencontre. L'audace de ce garçon lui plaisait bien finalement. Elle hésita pour la forme mais fut ravie de cette invitation. Si la drague était évidente et que l'idée qu'il désirait la sauter lui traversa l'esprit, elle accepta avec joie. Elle n'aurait sans doute pas eu le même enthousiasme si c'était un de ses voyeurs qui l'avait abordée pour lui proposer la même chose.
— Quand pourrions-nous organiser ce dîner ? Je connais un restaurant simple et sympathique pas très loin d'ici où j'y ai mes habitudes.
— Eh bien, quand vous voudrez, moi je suis libre le soir tous les jours vers 19 heures, après le service. Je n'ai pas d'autre contrainte.
— Eh bien, quand vous voudrez, moi je suis libre le soir tous les jours vers 19 heures, après le service. Je n'ai pas d'autre contrainte.
Elle venait de lui avouer, à mots couverts, qu'elle n'avait personne dans sa vie. Il nota évidemment cette remarque.
— Je suis comme vous, libre de mes soirées (lui aussi répondait au message), donc pourquoi pas ce soir même ?
— Si vous voulez ! D'accord.
— Alors à ce soir, après votre service. Disons vers 20 heures ?
— Entendu. A ce soir.
— Si vous voulez ! D'accord.
— Alors à ce soir, après votre service. Disons vers 20 heures ?
— Entendu. A ce soir.
Julien attrapa son cartable et son manteau et sortit en lui faisant un petit signe de la main. Il avait voulu payer les consommations mais elle n'avait accepté que le café au lait, pas les Perrier.
"Voilà bien quelque chose de pas ordinaire." pensa-t-elle. "Si j'avais pu m'imaginer en me levant ce matin que je dînerais ce soir avec un client ?"
"Voilà bien quelque chose de pas ordinaire." pensa-t-elle. "Si j'avais pu m'imaginer en me levant ce matin que je dînerais ce soir avec un client ?"
La soirée lui avait semblé longue. Un seul client dans la salle qui s'éternisait depuis le début de l'après-midi devant sa bière. Bien qu'il semblait absorbé par la lecture d'un livre, elle le surprenait souvent en train de la regarder par-dessus ses lunettes sans en avoir l'air. Son livre ne devait pas avancer beaucoup.
Dès 17 heures, les soiffards des bureaux du quartier rappliquèrent. Les premiers se dirigèrent comme d'habitude vers les deux tables près de la caisse. Fernand n'avait toujours rien remarqué, ni sa femme derrière sa vitre, ni Jean non plus. Pourtant, c'était à chaque fois des types différents. On aurait dit qu'il y avait un roulement entre eux, qu'ils s'étaient donné le mot pour profiter chacun leur tour du reflet des miroirs. Sophie s'en foutait après tout, elle ne faisait même plus attention à ça. Elle assurait son service comme si de rien n'était, sans même plus trop soigner sa position contre la colonne. "S'ils veulent voir, ils verront, je leur fais confiance".
Pourtant, elle avait renoncé quand même à remettre une culotte de peur de provoquer un esclandre. "Ils ne comprendraient pas, tous ces cochons-là". Et puis elle était devenue la garante de la bonne marche de l'établissement.
Pourtant, elle avait renoncé quand même à remettre une culotte de peur de provoquer un esclandre. "Ils ne comprendraient pas, tous ces cochons-là". Et puis elle était devenue la garante de la bonne marche de l'établissement.
Elle quitta la brasserie à 19 heures, laissant le vieux Jean s'occuper des derniers retardataires, et monta l'escalier jusqu'à sa chambre. Elle avait tout le temps de se préparer avant que Julien ne vienne la chercher. Fernand et sa femme quittaient vers cette heure-là aussi, mais ce soir, ils étaient déjà montés chez eux car ils recevaient quelqu'un de leur famille pour quelques jours ; un vague cousin du Lubéron paraît-il. Ce n'était pas la première fois qu'il venait à Paris.
Sophie se demandait bien comment elle allait s'habiller le soir pour sortir. Elle voulait que sa tenue tranche vraiment avec celle de la journée. "On ne mélange pas les genres", se dit-elle. Donc, aucune des jupes de "travail" ; il fallait quelque chose qu'il ne connaissait pas. Une robe, oui, une robe un peu habillée.
Ses rideaux n'étaient pas tirés et même fenêtre fermée, on voyait très bien dans sa chambre à cause de la lumière allumée. Elle se doutait que le boutonneux d'en face la reluquait encore, il devait connaître par cœur ses horaires. D'habitude, elle prenait sa douche le soir avant de se coucher, mais c'était nettement plus tard, alors que la salle de bain des patrons était libre depuis longtemps, ces gens-là se couchant et se levant tôt. Comme ce soir c'était sa première sortie avec un garçon depuis qu'elle vivait à Paris, elle ne voulait surtout pas paraître négligée. Elle se déshabilla donc pour aller prendre cette douche en bas et, vu l'heure, elle revêtit un peignoir avant de sortir de la chambre.
Ses rideaux n'étaient pas tirés et même fenêtre fermée, on voyait très bien dans sa chambre à cause de la lumière allumée. Elle se doutait que le boutonneux d'en face la reluquait encore, il devait connaître par cœur ses horaires. D'habitude, elle prenait sa douche le soir avant de se coucher, mais c'était nettement plus tard, alors que la salle de bain des patrons était libre depuis longtemps, ces gens-là se couchant et se levant tôt. Comme ce soir c'était sa première sortie avec un garçon depuis qu'elle vivait à Paris, elle ne voulait surtout pas paraître négligée. Elle se déshabilla donc pour aller prendre cette douche en bas et, vu l'heure, elle revêtit un peignoir avant de sortir de la chambre.
L'eau chaude lui fit du bien aux jambes et aux pieds. C'est par là qu'elle fatiguait le plus. Toujours debout à trottiner entre les tables, ces incessants va-et-vient l'épuisaient à la longue. L'été prochain, elle chercherait un autre job, moins fatigant.
La salle de bain, inexistante à la construction de l'immeuble haussmannien, avait été rajoutée dans le coin d'une ancienne chambre, dont elle en occupait les deux tiers de la surface, ce qui formait comme un couloir sur deux côtés. Elle était sans fenêtre et la lumière venant du couloir pénétrait timidement par ses cloisons vitrées. Le manque d'aération et les grandes surfaces de vitres favorisaient la formation de la buée. D'ailleurs il y avait des moisissures dans les coins. Mais Sophie n'était pas chargée de l'entretien des locaux privés.
Cette buée se déposait sur les murs et les carreaux, comme à chaque fois. C'était un mal mais aussi un bien car elle occultait les vitres qui sans cela seraient restées claires. Ca n'aurait pas été important si la porte de cette chambre-couloir avait pu être fermée à clé et empêcher un accès libre à toute la maisonnée. Sophie s'en était bien aperçue la première fois qu'elle avait fait sa toilette et depuis, elle se lavait le soir quand tout le monde était couché et le matin utilisait son petit lavabo. Et puis sa pudeur n'avait jamais eu à en souffrir.
Mais voilà, c'était vraiment la première fois qu'elle prenait sa douche si tôt et elle entendait distinctement les bribes de la conversation venant de la salle à manger des patrons, sans pour autant la comprendre. Ils étaient sans doute en train de dîner. Elle s'essuyait le dos face au miroir sans se voir du tout dedans, ce qui la gênait. Elle se mit à essuyer la glace de sa serviette mouillée et aperçut en réflexion une lueur qui attira tout de suite son attention. Elle ne se retourna pas mais s'approcha du miroir comme pour s'observer et essaya de comprendre ce que c'était que cette lumière. Elle comprit très vite qu'il s'agissait de la flamme d'un briquet contre l'extérieur du carreau et qui avait pour objet de dissiper par sa chaleur la buée collée à l'intérieur. Tant d'ingéniosité la sidéra. Que pouvait quand même faire un voyeur très motivé lorsqu'il cherchait à mater une fille à poil dans sa salle de bain !
Mais elle ne voyait pas l'homme qui tenait le briquet. De toute manière c'était soit Fernand soit le fameux cousin. Elle ne croyait pas Yolande capable de ça.
Elle sourit en elle-même, attendrie finalement par la situation, et son bon cœur prit encore de dessus pour offrir les meilleures images à cet admirateur ingénieux. Tout en continuant ses ablutions, elle prenait des poses lascives et même suggestives, essuyant par exemple sa chatte avec une serviette à démaquiller imbibée de lotion parfumée, en écartant ses lèvres largement à la lumière du plafonnier. Elle se penchait en avant pour s'approcher de la glace, dévoilant dans la clarté son anus et son joli abricot à la peau si lisse. Elle se caressait les seins et pinçait les mamelons pour les faire ressortir. Enfin elle fit tout pendant de longues minutes pour que le mateur quel qu'il soit garde en mémoire les images les plus belles qui alimenteraient certainement ses rêves de la nuit.
La salle de bain, inexistante à la construction de l'immeuble haussmannien, avait été rajoutée dans le coin d'une ancienne chambre, dont elle en occupait les deux tiers de la surface, ce qui formait comme un couloir sur deux côtés. Elle était sans fenêtre et la lumière venant du couloir pénétrait timidement par ses cloisons vitrées. Le manque d'aération et les grandes surfaces de vitres favorisaient la formation de la buée. D'ailleurs il y avait des moisissures dans les coins. Mais Sophie n'était pas chargée de l'entretien des locaux privés.
Cette buée se déposait sur les murs et les carreaux, comme à chaque fois. C'était un mal mais aussi un bien car elle occultait les vitres qui sans cela seraient restées claires. Ca n'aurait pas été important si la porte de cette chambre-couloir avait pu être fermée à clé et empêcher un accès libre à toute la maisonnée. Sophie s'en était bien aperçue la première fois qu'elle avait fait sa toilette et depuis, elle se lavait le soir quand tout le monde était couché et le matin utilisait son petit lavabo. Et puis sa pudeur n'avait jamais eu à en souffrir.
Mais voilà, c'était vraiment la première fois qu'elle prenait sa douche si tôt et elle entendait distinctement les bribes de la conversation venant de la salle à manger des patrons, sans pour autant la comprendre. Ils étaient sans doute en train de dîner. Elle s'essuyait le dos face au miroir sans se voir du tout dedans, ce qui la gênait. Elle se mit à essuyer la glace de sa serviette mouillée et aperçut en réflexion une lueur qui attira tout de suite son attention. Elle ne se retourna pas mais s'approcha du miroir comme pour s'observer et essaya de comprendre ce que c'était que cette lumière. Elle comprit très vite qu'il s'agissait de la flamme d'un briquet contre l'extérieur du carreau et qui avait pour objet de dissiper par sa chaleur la buée collée à l'intérieur. Tant d'ingéniosité la sidéra. Que pouvait quand même faire un voyeur très motivé lorsqu'il cherchait à mater une fille à poil dans sa salle de bain !
Mais elle ne voyait pas l'homme qui tenait le briquet. De toute manière c'était soit Fernand soit le fameux cousin. Elle ne croyait pas Yolande capable de ça.
Elle sourit en elle-même, attendrie finalement par la situation, et son bon cœur prit encore de dessus pour offrir les meilleures images à cet admirateur ingénieux. Tout en continuant ses ablutions, elle prenait des poses lascives et même suggestives, essuyant par exemple sa chatte avec une serviette à démaquiller imbibée de lotion parfumée, en écartant ses lèvres largement à la lumière du plafonnier. Elle se penchait en avant pour s'approcher de la glace, dévoilant dans la clarté son anus et son joli abricot à la peau si lisse. Elle se caressait les seins et pinçait les mamelons pour les faire ressortir. Enfin elle fit tout pendant de longues minutes pour que le mateur quel qu'il soit garde en mémoire les images les plus belles qui alimenteraient certainement ses rêves de la nuit.
— Fernand, qu'est-ce que tu fais, à la fin ? Tu en mets un temps à choisir une bouteille !
La lueur s'éteignit laissant un grand rond de vitre sèche, et une porte claqua au fond du couloir.
La robe bleue était très belle, classique, avec une touche de fantaisie et pas trop courte. C'était exactement ce qu'il fallait pour ne pas paraître trop gamine. Julien devait avoir une dizaine d'années de plus qu'elle. Si elle était encore adolescente, lui c'était déjà un homme. Elle était sûre que la robe lui plairait.
Elle l'enfila sur ses seins nus — elle ne comptait pas mettre de soutien-gorge, la robe était mieux sans — et s'assit sur son lit pour passer ses Dim-Up blancs. Elle réfléchit si elle devait mettre une culotte, enfila un string blanc, puis finalement le retira parce qu'il la gênait. Elle avait perdu l'habitude des slips. Elle refit le maquillage léger de ses yeux et de ses lèvres et finalement remit le string avant de partir. "Le type d'en face va penser que je ne sais pas ce que je veux à enlever et remettre une culotte sans arrêt. Tant pis, il sait que ce soir, j'en ai une".
Il était presque 20 heures. Elle claqua sa porte, oubliant d'éteindre la lumière de sa chambre en partant.
Il était presque 20 heures. Elle claqua sa porte, oubliant d'éteindre la lumière de sa chambre en partant.
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