Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La serveuse de l'Albatros — Chapitre 8
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La serveuse de l'Albatros
Chapitre 8
La salle principale de la brasserie, la plus grande, n'avait sans doute pas subi de transformation importante depuis sa construction, dans les années 30. Le carrelage usé par des millions de pas avait perdu l'éclat de ses couleurs vives d'antan. Le comptoir en chêne massif, recouvert d'une plaque de marbre gris fissuré à maints endroits, trônait à droite, entre l'escalier menant à la cave et le bureau de tabac. Juste derrière, une rangée de meubles réfrigérés, contre le mur de la cuisine, supportait un immense percolateur moderne. Une estrade de bois brut d'au moins 20cm d'épaisseur, entre ces meubles et le comptoir, permettait au maître des lieux de contempler de haut l'ensemble de son domaine et des gens qui y travaillaient.
L'espace, haut de plafond, était planté çà et là de colonnes rondes et robustes qui soutenaient un réseau de poutres de béton peintes en ocre dont l'éclat, comme celui du plafond d'ailleurs, s'était terni au temps et à la fumée. Les deux colonnes placées à chaque extrémité du comptoir étaient posées sur un socle hexagonal plus large, dont le biseau de jointure était recouvert d'une rangée de petits miroirs carrés, d'une dizaine de centimètres de côté, censés renvoyer la lumière des projecteurs dirigés vers eux. Curieusement, pas un seul miroir ne manquait sur ces embases ; le collage sur la face oblique des socles avait résisté, on ne sait comment, à plus d'un demi-siècle de coups de pieds et de balais. Ils étaient si crasseux, qu'ils ne faisaient plus guère office de réflecteurs même si les spots lumineux dardaient toujours leurs rayons sur eux. Les autres n'avaient pas ce socle ou ne l'avaient plus parce qu'il devait gêner la circulation dans la salle.
La colonne qui marquait l'angle du comptoir, juste à côté de la caisse enregistreuse était couverte de cartes postales envoyées au fil du temps par des clients en vacances. Sophie avait pris l'habitude d'y appuyer l'épaule lorsqu'elle préparait les notes des clients sur la machine. Souvent même, le temps de la frappe, elle quittait sa chaussure trop serrée et posait son pied surchauffé sur l'embase froide, de façon tout à fait inconsciente.
C'est en regardant le vieux Jean donner le dernier coup de serpillière avant la fermeture, un soir qu'elle était restée plus tard que d'habitude, qu'elle eut cette idée. Elle voyait le faible reflet d'un projecteur dans un des petits miroirs, un peu moins sale que les autres, éclairer le fond du pantalon de Jean occupé à frotter une tache rebelle avec son lave-pont, le dos tourné à la colonne de l'autre bout du bar. Machinalement, elle leva les yeux vers le projecteur puis les baissa vers l'embase de sa colonne où elle avait posé son pied dans sa position machinale. Elle venait d'un seul coup de comprendre.
Pendant que Jean finissait son ménage, elle passa un coup de détergeant sur les miroirs de la colonne près de la caisse. Elle dut frotter assez fort pour faire fondre la couche épaisse de saleté et même gratter avec un couteau de cuisine. Mais le résultat était spectaculaire. La lumière se reflétait maintenant extraordinairement bien vers le haut et venait frapper le plafond exactement à la verticale, juste au dessus de la caisse enregistreuse, en un demi cercle de taches claires du plus bel effet. Comme Jean était toujours absorbé par sa tache ménagère, et qu'il ne faisait pas attention à elle, elle voulut vérifier ce nouveau stratagème. Tout d'abord elle se positionna devant le tiroir-caisse, le dos à la salle, comme si elle tapait une note, et regarda vers le bas les miroirs. Les taches du plafond s'étaient effacées puisqu'elle faisait écran. Mais elle ne voyait rien dans les miroirs, sinon l'éclair du spot quand elle était juste dans le rayon lumineux.
L'orientation oblique des miroirs ne lui permettait pas de voir son propre reflet, évidemment.
Elle se tourna vers la salle et repéra la table la plus proche qui se trouvait juste dans l'axe des miroirs, et alla s'y asseoir. Elle constata alors qu'on voyait parfaitement bien le reflet du plafond de cette place là et même de celle d'à côté. En fait de toutes les places faisant faces au comptoir des deux tables les plus proches. C'était même extraordinaire de constater la netteté de l'image de la moulure qui entourait le haut de la colonne juste au dessus de la caisse. L'éclairage y était pour beaucoup, on n'aurait pas vu aussi bien si le spot avait été éteint. Par bonheur, il restait continuellement en marche même en plein jour.
Elle se tourna vers la salle et repéra la table la plus proche qui se trouvait juste dans l'axe des miroirs, et alla s'y asseoir. Elle constata alors qu'on voyait parfaitement bien le reflet du plafond de cette place là et même de celle d'à côté. En fait de toutes les places faisant faces au comptoir des deux tables les plus proches. C'était même extraordinaire de constater la netteté de l'image de la moulure qui entourait le haut de la colonne juste au dessus de la caisse. L'éclairage y était pour beaucoup, on n'aurait pas vu aussi bien si le spot avait été éteint. Par bonheur, il restait continuellement en marche même en plein jour.
Pour vérifier la place exacte où elle devrait se placer, elle se planta devant sa caisse et souleva le devant de sa jupe pour voir si le flux de lumière entrait bien dessous. Elle vit l'intérieur de ses cuisses éclairées jusqu'en haut. C'était parfait, et encore mieux lorsqu'elle posait un pied sur l'embase du pilier, parce que cette position lui écartait les jambes.
Ces miroirs avaient quelque chose d'indécent et Sophie se demandait s'ils n'avaient pas été placés là intentionnellement. Il est vrai que dans les années trente, à l'époque où les colonnes avaient été décorées, les robes des femmes n'étaient pas aussi courtes qu'aujourd'hui. "Et les miroirs étaient déjà très sales lorsque les mini jupes sont arrivées" pensa-t-elle.
Lorsqu'elle retrouva sa chambre, ce soir là, elle était tellement énervée de sa nouvelle trouvaille qu'elle n'arrivait pas à s'endormir. La pleine lune éclairait par derrière les rideaux tirés sur sa fenêtre ouverte. Elle se leva dans la pénombre et sortit sur son petit balcon, nue, pour se calmer en respirant l'air frais de la nuit. L'immense disque de la lune projetait sa lumière blanche sur les toits et sur son corps et lui donnait un teint laiteux strié des ombres verticales de la rambarde. Seuls, le triangle noir de son pubis et les cercles sombres de ses aréoles tranchaient avec la pâleur de sa peau nue. Elle resta longtemps appuyée à la balustrade à observer les taches si nettes sur la lune et repensa à ses miroirs de colonne. L'excitation revint.
Elle fut attirée par l'éclair d'une lueur rouge à la lucarne d'en face. Sans doute le feu d'une cigarette. Elle repensa à son voyeur qui devait l'observer en ce moment. Elle était contente qu'il soit là, cela lui faisait une compagnie dans la solitude de cette nuit où les bruits de la rue ne s'entendaient pratiquement pas à cette hauteur. Elle prit garde qu'aucune ombre ne vint troubler le dessin harmonieux de sa touffe en laissant son pubis entre deux barreaux et recommença à rêver en regardant la lune. Elle pensa qu'elle aimerait bien faire l'amour avec un jeune homme de son âge, beau de préférence, gentil c'est indispensable, intelligent bien sûr, riche évidemment et sourit de ces idées idiotes. Un homme comme ça, ça n'existe pas. Alors elle pensa qu'un homme qui soit simplement gentil lui suffirait. Elle se caressa un peu les seins et le clitoris d'un doigt mouillé, dans la lumière de la lune, juste pour faire plaisir à son voyeur, et retourna se coucher.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Tres sensuelle et erotique
Vivement la suite ;) ;)