Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La serveuse de l'Albatros — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La serveuse de l'Albatros
Chapitre 7
Comme la cadence du déjeuner était infernale et que l'après-midi était calme, Fernand autorisait souvent Sophie à quitter son poste jusqu'au lendemain, une fois que les tables étaient propres et la salle balayée. Elle en profitait alors pour faire un tour en ville, visiter un musée, faire quelques achats et surtout se reposer chez elle ou devant un thé ou une boisson fraîche à la terrasse d'un café, un livre à la main.
Depuis la fameuse journée de son oral de bac, il y avait plus d'un an déjà, elle avait maintes fois réalisé des petites séances d'exhibition en public dans sa ville. Elle adorait. Cela lui procurait l'excitation sexuelle nécessaire à son équilibre de jeune fille seule vivant chez ses parents. Ses masturbations ne lui suffisaient pas. Alors, quand le besoin d'amour était trop présent, elle quittait sa culotte et sortait faire un tour en ville. Elle expérimentait divers scénarios, différentes façons de faire et s'était rendue compte que celles qui lui procuraient le plus de plaisir n'étaient pas toujours les plus provocantes, bien au contraire. Sa technique s'était affirmée de jour en jour et elle savait très bien s'y prendre pour provoquer en elle la stimulation de sa libido.
Elle maîtrisait avec subtilité l'art de laisser voir sans montrer, c'est-à-dire que l'exhibition n'ait pas l'air intentionnelle. Qu'on puisse la prendre pour la dernière des salopes la chagrinait profondément. Ce n'était pas l'image qu'elle voulait donner d'elle. Elle se sentait plutôt comme une espèce d'Amélie Poulain qui ne pensait qu'à faire du bien autour d'elle ; et par réaction s'en faire aussi, à elle. La joie de sentir la satisfaction du voyeur chanceux lui égayait le cœur et c'est cela qui provoquait son excitation. Le désir sexuel était communicatif, elle ne faisait que le déclencher ; l'autre le lui rendait dans un échange équitable en réagissant à son stimulus. L'exhibition était toujours à peine détectable mais elle jouait sur la capacité qu'ont les hommes à appréhender rapidement leur entourage. Un reliquat de leur instinct chasseur, sans doute.
Tout homme en effet, possède le don d'apercevoir l'image d'une anomalie dans le paysage, comme l'aigle dans la montagne attiré par la pelote de fourrure dans l'immensité verte de la végétation. Les femmes n'ont pas ce sens aussi développé, mais elles ont d'autres qualités. L'homme d'aujourd'hui, conserve la même réaction vis-à-vis de son paysage social, et l'incongruité d'un coin de chair nue sur un siège de bistrot ou en haut des marches d'un escalator, l'interpelle et le fait réagir immédiatement. C'est cette réaction purement animale qu'elle savait maintenant particulièrement bien exploiter.
Le moment de la touche était le plus important, celui de l'œil zoomant sur l'objectif. A cet instant précis, elle devait faire totalement l'innocente, ne pas paraître savoir qu'elle était observée. Mais son sixième sens était là pour l'avertir que l'accroche avait eu lieu. Avant cela, elle cherchait sa proie d'un regard vague, vide, sans jamais fixer et mettre au point. Elle choisissait l'homme réceptif à la place la plus appropriée et prenait une posture en conséquence. Rien ne devait faire obstacle entre l'œil du voyeur et son entrejambe. Il fallait donc qu'elle imagine par la pensée cette ligne virtuelle, pour se placer au mieux et dévoiler ses charmes. Après, c'était fonction des circonstances, soit elle en rajoutait un peu, soit elle arrêtait tout simplement. Très souvent d'ailleurs, la séance s'écourtait d'elle-même, parce qu'un événement perturbateur fortuit venait contrarier le scénario. Qu'importe, Sophie refaisait autre chose plus tard.
Depuis qu'elle était à Paris, lorsqu'elle sortait, elle ne changeait rien à son habitude de ne pas mettre de culotte, c'était devenu une seconde nature. Elle adorait sentir la fraîcheur de l'air sur ses lèvres rasées et ses fesses nues. Ses exhibitions en haut des marches ne l'excitaient plus autant qu'avant et elle recherchait d'autres scénarios pour à nouveau ressentir la crispation merveilleuse de son vagin et le durcissement de son clitoris.
Elle aimait jouer avec les gens, voir leur regard se porter sur ses cuisses à peine ouvertes lorsqu'elle était assise sur le strapontin d'un métro. Sans que cela paraisse volontaire, elle savait parfaitement prendre l'attitude adéquate pour que le monsieur en face d'elle, à l'insu de la femme qui l'accompagnait, aperçoive un peu de poil ou un peu de peau ou les deux à la fois. Et sans pour cela être provocante. Elle passait presque toujours inaperçue aux autres voyageurs, tant elle maîtrisait par expérience le jeu subtil de l'exhibition soft en public. Quiconque ne la connaissait pas ne pouvait imaginer l'habileté avec laquelle elle capturait dans une foule de voyageurs le regard d'un seul entre ses lèvres humides, sans vulgarité ni provocation. C'était une artiste en son genre.
Ses proies étaient presque exclusivement des hommes mûrs, accompagnés ou non, mais d'une allure sympathique et joviale. Comme elle respirait toujours l'innocence, elle n'avait jamais eu à affronter le moindre reproche qu'il fut gestuel ou verbal. Au contraire, elle surprenait fréquemment sa victime à lui sourire gentiment comme pour la remercier de ses bontés. Elle n'y prêtait surtout pas attention afin de ne pas sembler être complice. Il n'était pas rare non plus que l'homme se tourne vers sa compagne pour lui murmurer quelques mots à l'oreille et lui faire partager le délice de cette merveilleuse vision. Elle souriait aussi, généralement, et Sophie, sans avoir l'air de s'être aperçue de cette tentative de contact, souhaitait en son for intérieur qu'elle accepte également un jour de tenter l'expérience si son compagnon le lui demandait. Combien de femmes pourraient ainsi, en agissant comme Sophie, rendre bien des hommes heureux, tout en prenant leur plaisir.
Cet après-midi de fin d'été, bien qu'orageux, était propice à la flânerie. Sophie se dirigea vers le jardin du Luxembourg où elle espérait trouver un fauteuil de plein air confortable pour pouvoir lire en se laissant chauffer par le soleil. Quelques nuages un peu trop sombres s'enfuyaient rapidement vers l'est, mais il n'était pas prévu qu'il pleuve, normalement. Elle trouva assez difficilement un siège libre avec accoudoirs et le tourna vers le soleil encore haut dans le ciel. Elle faisait face à tout un groupe de touristes originaires du midi de toute évidence, qui s'étaient installés au bord du bassin, à quelques mètres d'elle, sur le muret de granit. Ils discutaient entre eux en trempant les pieds et les mains dans l'eau fraîche. Sophie se plongea dans sa lecture tout en remontant sa robe sur ses cuisses pour profiter du soleil au maximum. Ses jambes étaient encore serrées, par réflexe conditionné, sans doute, et elle ne fit plus attention à son entourage, captivée par sa lecture.
Pourtant, son subconscient un moment plus tard l'avertit qu'un événement nouveau s'était produit devant elle sans qu'elle n'eût besoin d'y jeter un œil. Sans savoir de quoi il s'agissait, elle sentit son vagin mouiller et son clitoris se gonfler sous l'impulsion d'une onde d'excitation incontrôlée. Une chaleur bienfaisante imprégnait son bas-ventre. Elle ne quittait pas sa page des yeux mais comprit tout de suite ce qui se passait. Les muscles de ses jambes chauffés par le soleil s'étaient détendus et inconsciemment elle avait écarté les cuisses découvrant son sexe, éclairé par la lumière du soleil. Les autres en face avaient dû se rendre compte de sa position et le ton de leur conversation avait changé ce qui avait alerté Sophie.
Son ouïe fine capta une phrase qui faisait l'éloge de la beauté de son sexe, la symétrie parfaite de ses petites lèvres, la qualité de la taille de sa touffe et du rasage parfait de ses grandes lèvres, enfin de l'attirance que le flatteur avait de son clitoris pointant légèrement hors de son fourreau. De telles éloges ne laissèrent pas Sophie indifférente et elle ne put empêcher l'afflux de son sang de venir gonfler un peu plus son clitoris qu'elle sentit lentement soulever le capuchon de peau qui le recouvrait encore et en sortir comme pour venir prendre lui aussi le soleil bénéfique. Elle imaginait une dizaine de paires d'yeux fixés sur sa chatte et perçut le chatouillis d'une larme de liquide qui glissait doucement le long du bourrelet de sa lèvre gauche. La goutte coula jusqu'à la chaise et se perdit entre les lattes de l'assise.
Sophie n'avait pas bougé d'un centimètre, tellement excitée par ce moment qu'elle espérait prolonger le plus longtemps possible. D'autres voix inaudibles chuchotaient. Elle distingua quand même qu'une femme proposait d'aller lui dire qu'elle était vraiment trop indécente et qu'elle devrait rabattre sa robe. Mais un chœur masculin à l'unisson empêcha toute entreprise visant à rompre le charme. Elle crut comprendre qu'une photo fut prise mais elle s'en foutait, son visage était caché par le livre qu'elle tenait en hauteur devant ses yeux. Elle avait le souffle court et avait abandonné sa lecture depuis le début. Elle faisait pourtant de temps en temps semblant de tourner une page mais elle avait fermé les paupières et essayait de se concentrer mentalement sur sa jambe qui commençait à trembler nerveusement sans qu'elle puisse la contrôler. Elle sentait monter en elle une vague qu'elle connaissait bien, l'annonce d'un orgasme tout proche.
Ne voulant pas se donner en spectacle, elle mit fin brutalement à son émoi en reprenant d'un seul coup une position plus correcte dans le fauteuil, jambes croisées cette fois, et en rabattant nonchalamment sa robe sur ses cuisses brûlantes. Elle regarda autour d'elle comme si elle s'intéressait tout à coup à son environnement sans fixer précisément ses voisins proches qui d'ailleurs avaient tous détourné la tête dans la direction opposée. Il y avait cinq hommes et trois femmes, tous d'âge mûr.
Quand elle rentra dans sa petite chambre au soir déclinant, son envie de jouir était si forte qu'elle passa sa robe par-dessus sa tête en entrant et qu'elle se jeta sur le lit un doigt déjà dans son vagin dilaté. Sa porte fenêtre était restée ouverte depuis le matin. En la voyant ainsi, elle pensa au jeune homme de la lucarne et alluma sa lampe de chevet pour qu'il profite encore d'elle. Sophie ne savait pas s'il était là, le soir était complètement tombé et le toit se découpait en noir profond sur le bleu foncé du ciel. Elle se masturbait violemment des deux mains. Les quatre doigts complètement introduits dans son vagin allaient et venaient dans un rythme effréné, tandis que le pouce laissé libre titillait le clitoris durci par l'excitation. L'index et le majeur de l'autre main glissée par derrière sous ses fesses pénétraient jusqu'à la paume dans son anus lubrifié par ses propres sécrétions qui coulaient en abondance de sa vulve.
Il ne lui fallut pas longtemps pour jouir en longs sanglots qu'elle ponctuait de petits cris de bête blessée, sans retenue, au risque que toute la maisonnée l'entende. Puis épuisée par tant d'effort, elle resta un long moment pantelante les jambes ouvertes, suçant ses doigts gluants de son jus.
Lorsqu'un bruit de porte tout près la fit revenir à la réalité, elle se sentit sale et décida de descendre se doucher avant de dormir. Sans même prendre la peine de couvrir son corps de sa serviette, elle prit l'escalier, complètement nue, pour rejoindre la salle de bain. L'eau chaude de la douche coula longtemps sur son corps endolori. Elle s'abandonnait totalement à cette chaleur apaisante, les yeux fermés et ses cheveux par-dessus, sans bouger. Quand elle ferma enfin le robinet, une buée pas possible recouvrait tout, les vitres, les murs peints, la glace, d'une pellicule opaque si épaisse qu'on ne distinguait plus rien. La vapeur ambiante était telle que des larmes se formaient toutes seules sur les surfaces humides et coulaient jusqu'au sol en gravant de longues traînées d'eau.
Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, toujours aussi nue, elle ne remarqua pas la zone plus sèche sur la vitre embuée derrière laquelle on distinguait le visage flou d'un homme qui la regardait.
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