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✦ Vivi75 Wesh la campagne XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Wesh la campagne — Chapitre 4 · Un garçon trop curieux

12 minutes
13.7k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Vivi75
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Wesh la campagne

Chapitre 4 · Un garçon trop curieux

Il fallait qu'Hassan s'éloigne de la ferme. Pris entre sa frustration et des désirs qu'il avait du mal à comprendre, il avait ressenti le besoin de respirer. Il avait fini par demander à Bernard s'il pouvait aller « faire un tour au village ». Bernard, comme souvent, n'avait pas vraiment répondu et s'était contenté d'un hochement de tête. Un signe d'accord ? Ou juste une façon de ne pas discuter ? Peu importait. Hassan avait pris ça comme un oui.
Il enfila un short propre, un tee-shirt noir un peu trop serré, et descendit à pied le long du chemin de terre. Le soleil tapait, mais la brise était agréable. Il avait presque l'impression d'être libre.
Le village était minuscule : quelques maisons, une église presque abandonnée surplombant un cimetière sordide, une petite place, deux cafés, et quelques commerces. Hassan erra dans les ruelles vides et, sans s'en apercevoir, ses pas le conduisirent jusqu'à la petite boulangerie. C'est là que son regard se posa. Derrière la vitrine, il reconnut Lucas, le jeune homme aux yeux verts et aux traits féminins qu'il avait croisé à la ferme quelques jours auparavant. Ses cheveux blonds tirés en arrière dans un chignon flou, il rangeait des baguettes avec une aisance presque théâtrale. Il avait des gestes souples, presque dansants. Il portait un tablier blanc noué haut, qui lui moulait la taille.
Lorsque Lucas aperçut Hassan qui l'observait, il leva un sourcil et sourit franchement. Décontenancé par cette sympathie à laquelle il ne s'attendait pas, Hassan ne sut comment réagir et se trouva interdit lorsque Lucas sortit de la boulangerie pour venir à sa rencontre.
— Salut, lança le jeune homme d'un ton léger. Ça va ?
— Oui, bredouilla Hassan. Et il se crut obligé d'ajouter : je bosse à la ferme de Bernard.
— Bah oui, s'amusa Lucas. Je sais bien : je t'ai croisé là-bas il y a cinq jours ! Bernard ! Le costaud qui parle pas !
Hassan sourit malgré lui. Le ton du garçon était moqueur, mais jamais méchant.
— Et c'est comment ton nom ?
— Hassan.
— Enchanté, Hassan-de-la-ferme. T'es pas d'ici, ça se voit. Tu te fais pas trop chier à la campagne ?
— Un peu, sembla s'excuser Hassan. Y a pas grand-chose à faire. Y a rien dans le coin. Et le portable passe super mal.
— Je te confirme ! C'est le trou du cul du monde. Mais qu'est-ce que t'es venu foutre par ici ? Pourquoi tu t'es retrouvé chez Bernard ?
Hassan prétexta un projet d'orientation, un CAP à préparer, mais garda le silence sur le choix auquel la juge l'avait contraint et sur son passé de petit délinquant. Mais en lui-même, il se dit qu'il n'était pas le premier jeune en difficulté que Bernard accueillait, et que, par conséquent, Lucas devait sans doute savoir que les circonstances qui l'avaient conduit à la ferme étaient plus sombres qu'il ne voulait l'admettre.
Les deux garçons se mirent à parler. Lucas était tout le contraire de Bernard. Expressif, bavard, tactile. Il y avait chez lui une énergie vive, presque magnétique. Quelque chose de rafraîchissant. Rien de menaçant. Il racontait sa vie, ses histoires, ses drames du village, sans se soucier du silence d'Hassan. Il posait des questions, mais ne semblait pas gêné par les non-réponses. Il remplissait l'espace avec ses mots et ses sourires.
Et Hassan, malgré lui, se détendait. Il y avait chez Lucas une légèreté presque désarmante, un humour spontané, sans agressivité. Il plaisantait sur tout, même sur lui-même, avec cette insolence douce qui mettait à l'aise. Hassan se surprenait à sourire pour de vrai, sans forcer. C'était rare. Avec ses potes, on riait pour masquer, ici on riait pour respirer.
Hassan écoutait avec attention ce garçon efféminé auquel, quelques mois plus tôt, il n'aurait jamais prêté attention, sinon pour s'en moquer. Avec des gestes amples, Lucas parlait ouvertement de lui : il avait 21 ans, il était au village depuis plus d'un an. Après s'être fait plaquer par son mec, il avait arrêté ses études de philo à Orléans, abandonné un job mal payé de vendeur et était revenu ici pour travailler dans la boulangerie d'un cousin. « Par son mec ». Pour Hassan, c'était incroyable : Lucas avait dit cela de manière extrêmement naturelle, sans gêne ni intention particulière. Un pédé qui ne se cachait pas ! Et lui, Hassan, se retrouvait là, à discuter, à plaisanter ! Il finit par oser demander d'une voix peu assurée :
— T'es homosexuel ?
— Oui, je suis gay. Je pensais qu'ici ce serait pas facile à assumer, genre la campagne, les ragots, tout ça. Mais en fait, c'est bon, ça va. De toute façon, il n'y a que des vieux. Je crois qu'ils s'en foutent.
— Je comprends.
En réalité, Hassan ne comprenait pas si bien. La vie de Lucas ne ressemblait en rien à la sienne. Le jeune boulanger lui dit :
— T'as les yeux fatigués.
— Ouais, je suis crevé.
— Et frustré, peut-être ? La campagne, ça travaille les nerfs.
Hassan baissa les yeux, sourit un peu. Ils passèrent plus d'une heure à discuter comme ça, entre rires et regards en coin. Lucas proposa un thé. Ils s'assirent sur le banc devant la boutique. Hassan ne voyait pas le temps passer. Bernard ne lui venait même plus en tête. Il respirait. Mais il y avait aussi quelque chose d'inédit, presque de dangereux dans le regard que Lucas posait sur lui. Pas seulement de la curiosité, mais une forme de tendresse, comme s'il voyait au-delà de la posture. Cela troublait Hassan plus encore que les douches de Bernard. Ce garçon, au fond, il avait peur qu'il le voie trop bien.
Après cette après-midi, Hassan revit Lucas plusieurs fois. Il prenait vraiment plaisir à passer du temps avec ce garçon, qui lui ressemblait si peu. Immanquablement, la discussion revenait sur l'homosexualité. Lucas lançait des sous-entendus à Hassan, mais toujours avec humour. Comme s'il testait l'eau, sans jamais forcer.
Mais en rentrant ce soir-là, après ce premier échange avec Lucas, alors que le soleil tombait doucement sur les champs, quelque chose frappa Hassan : le calme de la ferme. Le silence revenu.
Bernard était là, torse nu, les bras croisés. Il ne dit rien.
Vers minuit, le même manège recommença, qu'Hassan attendait avec impatience, la bite déjà bien raide. À moitié nu, il descendit comme d'habitude, guidé par une routine désormais installée. Il lui sembla cependant que le son du film était beaucoup plus fort que les autres nuits. On entendait clairement les répliques salaces, les bruits obscènes et les râles de plaisir. Cela surprit Hassan : Bernard oubliait-il les précautions ? Il était évident que le son aurait pu réveiller facilement son jeune invité, qui devait être endormi.
Dans le halo bleuté de la télévision, Bernard était là. Sur l'écran, trois hommes noirs étaient nus, en plein acte, filmés sans retenue. Mais Hassan ne regardait pas l'écran. Il ne voyait que Bernard, assis dans le canapé, les jambes largement écartées. Ses cuisses épaisses formaient une arche autour de son sexe, déjà lourd entre ses jambes. Il en tenait la base dans une main, détendu.
Mais ce n'est pas ce qui troubla Hassan.
Les yeux de Bernard, pour la première fois, ne fixaient pas l'écran.
Il regardait en direction de l'escalier.
Fixement. Délibérément.
Hassan sentit le sol se dérober sous ses pieds. Son souffle devint plus court. Il resta dans l'ombre, pétrifié, la gorge nouée. Ce n'était plus une coïncidence : Bernard savait. Il avait toujours su. Et son regard invitait Hassan. Le garçon il n'était plus un spectateur clandestin, il devenait témoin désigné, autorisé. Il ne pouvait plus partir. Plus maintenant.
Bernard ne détourna pas les yeux ; visant une ombre qu'il devinait être Hassan, il prit son sexe à pleine main et commença à se branler. Sa main montait et descendait avec une assurance tranquille. Chaque geste semblait destiné à Hassan. Il était obscène dans sa lenteur. Ses yeux restés rivés sur Hassan.
Celui-ci recula dans l'ombre, la respiration haletante. Son sexe bandait à lui faire mal, mais ce soir-là, il fut incapable de se toucher, figé et craignant de faire le moindre mouvement. Il sentit une goutte de sueur descendre entre ses omoplates.
La tension était insoutenable. L'air était épais, chargé d'électricité, comme avant un orage.
La scène dura plusieurs minutes, au cours desquelles Bernard ne cessait de scruter l'escalier sombre. Hassan était au bord de l'évanouissement. Le monde entier s'était réduit à ce fauteuil, ce sexe énorme, cette main calleuse et ces yeux.
Finalement, son corps luisant de l'homme se contracta. Dans un souffle, il jouit. Sans bruit. Avec une intensité animale. Son ventre se souleva, ses doigts se crispèrent. Le plaisir le traversa comme un éclair.
Puis il s'essuya, se leva et, sans paroles, éteignit la télévision et quitta la pièce. Il lança un dernier regard en direction de l'escalier.
Durant tout ce temps, Hassan n'avait pas bougé. Il lui fallut un temps certain pour recouvrer ses esprits. Quand il retourna dans sa chambre, le corps en feu, il ne savait plus qui avait commencé. Qui regardait qui. Qui dominait quoi. Mais une chose était sûre : le jeu avait changé. Et cette fois, c'était assumé.
Bouleversé par cette nuit, Hassan ne trouva le sommeil qu'au petit matin. Le lendemain, la journée fut particulièrement difficile. Rouge de honte, il fit son possible pour éviter Bernard. En milieu d'après-midi, n'y tenant plus, il s'échappa et courut au village. Il lui fallait rencontrer le seul être humain avec lequel il avait échangé depuis le début de son stage : Lucas.
Les moments passés avec ce jeune homme étaient devenus le seul souffle léger de l'été. Dans l'étau de la ferme, entre les silences de Bernard et le travail dur, Hassan trouvait enfin un peu d'oxygène. Ils ne se disaient pas tout, mais ils riaient beaucoup. Lucas avait ce talent : faire oublier. Sa légèreté, sa répartie, son naturel désarmant permettaient à Hassan de relâcher ce qu'il gardait habituellement serré sous sa peau. Il ne s'était pas senti aussi libre depuis longtemps.
Lorsque Lucas vit Hassan venir à lui, il ne put que percevoir son trouble. « Viens, lui dit-il d'un ton calme. Je connais un coin tranquille. On pourra parler. » Ils quittèrent le village à pied, longèrent une petite route jusqu'à un champ perdu au milieu de nulle part. Le blé était haut, ondulant au vent, doré par le soleil. L'endroit semblait hors du temps. Ils s'y faufilèrent comme des gamins.
Une fois au cœur du champ, isolés, coupés du monde, ils s'assirent sur l'herbe sèche. Un moment passa, silencieux. Hassan triturait un brin de blé entre ses doigts, le regard dans le vide.
— Tu veux me dire ce qui te ronge ? demanda Lucas doucement.
Hassan ne répondit pas.
— Allez, lâche-toi, répéta Lucas. Tu traînes une drôle d'énergie. Qu'est-ce qui se passe vraiment là-haut, dans ta ferme hantée ?
— Tu veux savoir ce qu'il se passe à la ferme ? murmura Hassan.
— Si t'as envie d'en parler, ouais.
Hassan inspira profondément. Baissant les yeux, il dit d'une voix basse :
— C'est pas juste dur, le travail. C'est ... Bernard. Y a un truc avec lui.
Inquiet, Lucas se tourna légèrement vers lui.
— Comment, « un truc » ? Il t'a fait quelque chose ?
— Non... non, pas comme ça. Il... je sais pas comment dire. C'est bizarre entre nous. Il se passe rien. Mais y a... des regards. Des silences. Et la nuit, parfois... je l'observe.
— Et ?...
Lucas écoutait attentivement, attendant que son nouvel ami en vienne au fait. Hassan reprit :
— Il dit rien, mais... Je le surprends. Tard, le soir, il regarde des films pornos. Des films gays. Il se touche.
Cette annonce estomaqua Lucas, qui ne put s'empêcher de marquer sa surprise.
— Mais non ! Bernard ! L'ours ! Le mec super mec ! Il est gay ! Et il se mate des films de cul !!
Et il se mit à rire. Hassan, lui, ne riait pas. Il avait commencé son aveu, il était allé trop loin. Presque inconsciemment, il acheva :
— Et il sait que je le vois. Il m'a capté. Enfin il me laisse faire, je crois. Il sait. Il veut que je regarde.
— Et tu regardes ?
— Oui. Chaque nuit. Je me cache dans l'escalier. Je peux pas m'en empêcher.
Lucas resta silencieux une seconde, puis demanda calmement :
— Et toi, tu fais quoi pendant ce temps ?
Le jeune boulanger restait immobile, concentré sur les mots d'Hassan. Ce dernier poursuivit, plus bas encore :
— Moi aussi... je le fais. Mais jamais devant lui. Et je sais pas ce que ça veut dire. Ça ne me dégoûte pas. Ça me fait peur. Mais j'ai envie. Tout le temps.
Hassan s'arrêta, la gorge nouée. Le silence s'installa. Le garçon n'osait pas lever les yeux. Il sentait ses joues chauffer malgré la brise. Lucas le regardait avec une douceur rare. Il posa sa main sur celle d'Hassan. Un contact simple, mais sincère.
— Tu peux respirer ici. Avec moi, t'as rien à prouver.
Leurs doigts s'entrelacèrent sans forcer. Juste un contact. Une chaleur. Les yeux embués, Hassan tourna enfin le regard vers Lucas. Et ce qu'il y vit, ce n'était ni jugement ni provocation. C'était une douceur, franche, ouverte. Un « je comprends », sans les mots. Le silence s'étira. Ils restèrent là longtemps, l'un contre l'autre, sans parler. À laisser les non-dits respirer. À se reposer dans ce moment suspendu. Le souffle d'air dans les blés faisait frissonner le monde autour d'eux.
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bruno57950
7 juin 2025 à 12:59
une suite ;)
Soyez respectueux
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OlivX
7 juin 2025 à 08:20
Bel épisode, Hassan devient ami avec Lucas qui comprend ses tourments
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de lelivredejeremie
lelivredejeremie
6 juin 2025 à 13:47
Toujours très beau, toujours cette atmosphère fantastiquement rendue :-) Hassan n'a pas fini de se redécouvrir.
Soyez respectueux
Répondre

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