Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Wesh la campagne — Chapitre 11 · Questions en cascade
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Wesh la campagne
Chapitre 11 · Questions en cascade
Le lendemain matin, Hassan se réveilla seul. Le lit sentait encore Bernard mais les draps étaient froids. Il se leva nu, s'étira, marcha pieds nus sur le parquet rugueux. Il connaissait maintenant les craquements du sol, les odeurs des pièces, les angles de lumière. Son corps portait encore les traces de la veille : la peau tirée, les fesses sensibles, le trou douloureux, ouvert. Il aimait ça. Il touchait parfois cette douleur, comme une mémoire intime, offerte.
La grande maison demeurait silencieuse. Sur la table du salon traînait un mot griffonné : « Parti à Orléans. Retour ce soir. Bouffe dans le frigo. » Aucun mot tendre. Aucune fioriture. Hassan reconnut Bernard. Il sourit. Cela suffisait.
Il déjeuna sans faim, se lava machinalement. Il passa un vieux jogging oublié dans un tiroir, un tee-shirt de Bernard. Trop grand, trop rêche. Parfait. Et puis, comme pris d'un élan, il commença à errer dans la maison.
Elle était vieille. Lourde. Habillée de silence. Il y avait des lieux qu'il n'avait pas vus. Il poussa une porte : un débarras plein de sacs, d'outils, de bottes. Une autre : une chambre vide, jamais utilisée. Puis, tout au fond du couloir, une pièce fermée. Il essaya la poignée. Ça grinça. Ce n'était pas verrouillé.
C'était un bureau. Ou peut-être une pièce de stockage.
Des meubles lourds. Une vieille commode. Un buffet vitré. Une odeur de bois, de poussière, de souvenirs. Des papiers s'entassaient. Des carnets. Un vieux modèle d'ordinateur. Et sur l'une des étagères, une boîte à chaussures, entrouverte.
Des meubles lourds. Une vieille commode. Un buffet vitré. Une odeur de bois, de poussière, de souvenirs. Des papiers s'entassaient. Des carnets. Un vieux modèle d'ordinateur. Et sur l'une des étagères, une boîte à chaussures, entrouverte.
Il hésita. Mais une curiosité l'entraîna. Il voulait savoir. Il avait besoin de comprendre Bernard.
Il ouvrit la boîte. Des papiers. Des lettres. Des dessins. Et des photos. Vieilles, cornées, mal rangées.
Et puis il la vit : une photo. Un adolescent. Quinze ? Seize ans peut-être. Maigre. Très maigre. Le dos voûté. Des bras trop longs. Une bouche un peu de travers. Le regard fuyant. Pas à l'aise. Vêtu d'un pull trop grand, mal coiffé. Un visage pâle, mal défendu.
Il ouvrit la boîte. Des papiers. Des lettres. Des dessins. Et des photos. Vieilles, cornées, mal rangées.
Et puis il la vit : une photo. Un adolescent. Quinze ? Seize ans peut-être. Maigre. Très maigre. Le dos voûté. Des bras trop longs. Une bouche un peu de travers. Le regard fuyant. Pas à l'aise. Vêtu d'un pull trop grand, mal coiffé. Un visage pâle, mal défendu.
Et Hassan le reconnut. « C'est lui ! » chuchota-t-il. C'était Bernard. Plus jeune. Méconnaissable. Bernard avant la virilité. Avant les muscles. Avant la voix grave et les ordres.
Le cœur et les pensées d'Hassan s'accélérèrent. Il se laissa tomber sur le vieux fauteuil à côté, photo toujours en main. Il était saisi par un malaise doux et un emballement de questions.
Qui était ce garçon ? Comment ce petit mec effacé, maladroit, fragile était-il devenu l'homme qu'il avait vu baiser, frapper, dominer comme une force de la nature ? Quel chemin avait-il pris pour en arriver là ? À quel prix ? Quels gouffres ? Quelle solitude ?
Le cœur et les pensées d'Hassan s'accélérèrent. Il se laissa tomber sur le vieux fauteuil à côté, photo toujours en main. Il était saisi par un malaise doux et un emballement de questions.
Qui était ce garçon ? Comment ce petit mec effacé, maladroit, fragile était-il devenu l'homme qu'il avait vu baiser, frapper, dominer comme une force de la nature ? Quel chemin avait-il pris pour en arriver là ? À quel prix ? Quels gouffres ? Quelle solitude ?
Hassan regardait la photo sans ciller. Il imaginait cet adolescent au collège. Moqué. Invisible. Peut-être battu. Peut-être rejeté. Peut-être humilié dans les douches. Trop mince, trop sensible, trop silencieux. Peut-être ce regard fuyant était-il celui d'un garçon qui avait appris à se taire pour survivre.
Et aujourd'hui… ce garçon était devenu Bernard. L'homme. Le maître. Le dominant. Un frisson le traversa. Il posa la photo sur ses genoux. Il repensa à sa bouche pleine de foutre, aux sodomies profondes. À son plaisir hier, à ses fesses rouges, à la pisse sur son torse. À son abandon. À plaisir d'être humilié.
Et maintenant… cette photo. Il sentit une tendresse nouvelle l'envahir. Une sorte de respect brut et de compassion, d'amour triste, pour cet adolescent fragile, pour ce garçon qui avait dû traverser des moments d'enfer pour forger sa carapace et devenir quelqu'un d'intouchable.
Hassan reposa doucement la photo dans la boîte., referma le couvercle. Il essuya la poussière sur le meuble. Il avait envie de retrouver Bernard. De le servir, oui, mais aussi de l'aimer. Et surtout d'en savoir plus. D'obtenir les réponses à ses questions. De partager ses secrets, la violence, et de comprendre ses silences.
Mais lorsque Bernard revint en fin de journée, Hassan ne dit rien de ses découvertes et ne lui posa aucune questions. Ils terminèrent la journée par un bon repas et s'aimèrent une partie de la nuit.
Le vendredi matin s'annonça paisible. La campagne s'étirait sous un ciel pâle. Hassan s'était levé tôt, pour partager avec Bernard les premiers moments de la journée. À force de sodomies plus ou moins sauvages, son trou commençait à lui faire mal. Mais il ne regrettait rien, appréciant chaque minute passée auprès du paysan bourru, qui s'ouvrait de plus en plus au contact du jeune homme. Torse nu, il s'était faufilé derrière Bernard, essayant d'entourer de ses bras. Le fermier, accoudé à l'évier, ne dit rien, se laissa faire. Il sentit le jeune corps musclé et chaud contre son dos. Ils restèrent ainsi un instant. Et lorsque le garçon se pencha pour déposer un baiser sur la nuque du fermier, celui-ci ne broncha pas. Mieux, il se retourna et posa ses lèvres contre celles d'Hassan. Ce baiser-là, le jeune homme s'y abandonnait sans honte. Ils se regardèrent, et Bernard sourit franchement. Il allait parler, peut-être dire une bêtise tendre, quand un bruit familier les figea.
Le vendredi matin s'annonça paisible. La campagne s'étirait sous un ciel pâle. Hassan s'était levé tôt, pour partager avec Bernard les premiers moments de la journée. À force de sodomies plus ou moins sauvages, son trou commençait à lui faire mal. Mais il ne regrettait rien, appréciant chaque minute passée auprès du paysan bourru, qui s'ouvrait de plus en plus au contact du jeune homme. Torse nu, il s'était faufilé derrière Bernard, essayant d'entourer de ses bras. Le fermier, accoudé à l'évier, ne dit rien, se laissa faire. Il sentit le jeune corps musclé et chaud contre son dos. Ils restèrent ainsi un instant. Et lorsque le garçon se pencha pour déposer un baiser sur la nuque du fermier, celui-ci ne broncha pas. Mieux, il se retourna et posa ses lèvres contre celles d'Hassan. Ce baiser-là, le jeune homme s'y abandonnait sans honte. Ils se regardèrent, et Bernard sourit franchement. Il allait parler, peut-être dire une bêtise tendre, quand un bruit familier les figea.
Le moteur d'une camionnette. Puis le crissement des pneus sur le gravier.
Bernard se raidit immédiatement. Il se dégagea d'un geste sec, presque brusque. Ses traits s'étaient refermés, il ravala son sourire, comme s'il avait été pris en faute. Il attrapa une chemise froissée accrochée à une chaise et l'enfila sans un mot, comme si ce simple tissu suffisait à effacer ce qui venait de se passer.
Bernard se raidit immédiatement. Il se dégagea d'un geste sec, presque brusque. Ses traits s'étaient refermés, il ravala son sourire, comme s'il avait été pris en faute. Il attrapa une chemise froissée accrochée à une chaise et l'enfila sans un mot, comme si ce simple tissu suffisait à effacer ce qui venait de se passer.
— Merde… Lucas, marmonna Hassan.
Il se précipita à son tout sur un tee-shirt abandonné et tenta de s'habiller à la hâte. Il n'avait pas voulu revoir après leur moment intime dans le champ. Mais depuis, avec Bernard, tout avait changé. Une sorte de panique instinctive lui noua la gorge. Il n'était pas prêt. Pas prêt à affronter ce regard-là.
Les deux hommes sortirent dans la cour. Le jeune Lucas était effectivement là, toujours aussi beau, toujours aussi blond du haut de ses vingt ans. Il ouvrit la portière arrière de la camionnette et, tout en sortant le sac des pains qu'il livrait à la ferme, il lança d'une voix chantante :
Les deux hommes sortirent dans la cour. Le jeune Lucas était effectivement là, toujours aussi beau, toujours aussi blond du haut de ses vingt ans. Il ouvrit la portière arrière de la camionnette et, tout en sortant le sac des pains qu'il livrait à la ferme, il lança d'une voix chantante :
— Salut la compagnie ! Pains chauds et viennoiseries au menu du jour !
Puis, regardant les deux hommes :
— J'espère que je ne dérange pas un petit-déj romantique…
Hassan eut un sourire forcé, presque moqueur « T'inquiète, c'est bon. » Bernard, que la plaisanterie n'amusait visiblement pas, alla prendre le sac sans un mot ni un regard pour Lucas, et rentra dans la cuisine, d'un pas lourd mais pressé. Les deux jeunes hommes restaient seuls dans la cour. Lucas toisa du regard un Hassan silencieux et gêné, qui n'osait pas le regarder en face. Il lui dit, sur un ton calme :
— Je te vois plus au village. Je pensais que t'étais reparti.
Hassan nia.
— Bah on a eu beaucoup de boulot ici. Les animaux, les champs, tout ça. J'ai taffé toute la semaine. Du coup j'ai pas eu trop l'occasion de glander.
— C'est marrant, reprit Lucas, peu convaincu. Y'a deux semaines, tu venais tous les jours me piquer des brioches, et discuter. Et d'un coup plus rien…
— Ouais. On bosse, mon gars... C'est juste que j'ai pas le temps de traîner autour des vitrines des boulangeries. La vraie vie, elle est ici.
— C'est marrant, reprit Lucas, peu convaincu. Y'a deux semaines, tu venais tous les jours me piquer des brioches, et discuter. Et d'un coup plus rien…
— Ouais. On bosse, mon gars... C'est juste que j'ai pas le temps de traîner autour des vitrines des boulangeries. La vraie vie, elle est ici.
Il parlait vite, trop fort. Il devenait agressif. Son accent de banlieue, qu'il avait peu à peu estompé ces dernières semaines, était revenu en force. Lucas eut un sourire plein d'amertume. À ce changement d'attitude, au malaise perceptible qui s'était installé, il devinait qu'il se passait à la ferme bien d'autres choses que les travaux agricoles. Et malgré le tee-shirt, il remarqua aussi la trace légère d'une morsure sur la clavicule d'Hassan. Il haussa les sourcils et dit simplement.
— T'as pas à te justifier.
Hassan sentit sa gorge se serrer. Il planta ses yeux noirs dans ceux de Lucas, cherchant à paraître solide, dur, viril. Il s'approcha du jeune boulanger, adoptant une posture de défi. Il montrait les muscles, et son ton caricatural de caïd devint presque menaçant :
— On s'casse le dos dans les champs. C'est un truc de mecs. Tu crois quoi ? Que c'est un gîte bio ici ? Genre un truc pour les tarlouzes ?
Lucas ne répondit rien. Hassan poursuivit, la haine dans la gorge :
— Tu sais, j'ai pas besoin de glander au village pour exister, Ok ? Y'a du taf. C'est pas des cupcakes, des gâteaux ou je sais pas quoi pour les tafioles dans ton genre !
Il était à quelques centimètres de Lucas, leurs fronts se touchaient presque. Il fronçait les sourcils. Ses yeux noirs, emplis de colère, restaient plantés dans ceux du boulanger. Il conclut :
— Les gens changent.
Lucas comprenait le numéro. Mais il n'entra pas dedans. Il resta très doux. Il s'éloigna vers sa camionnette pour calmer jeu. Après un silence, il osa : « Les gens changent... mais pas si vite. Et pas comme ça. » Ces mots frappèrent Hassan plus fort qu'il ne l'aurait admis. En une seconde à peine, il sentit tout son vernis se fissurer. Il n'était plus sûr de ce qu'il défendait, ni de qui il protégeait vraiment. Lui-même ? Ou juste son image ? Il ne pouvait ni ne devait pleurer. Alors il s'agrippa à la colère comme à une bouée. Il se rua sur Lucas, le saisit violemment par la chemise, et, d'une rage qu'il contenait à peine, il lui dit :
— Putain, je te dois rien, Lucas, t'as compris ! On a fait des trucs une fois. Une fois OK ? Mais j'suis pas un de tes petits pédés. Mais vas-y, tu croyais toi ? Que j'allais te courir après en tablier ?
Hassan serra les dents. Tout son corps était en tension. Il avait envie de hurler. De tout casser. Il était prêt à frapper Lucas. Une chaleur monta dans sa poitrine, colère, honte, peur. La silhouette massive de Bernard interrompit cet échange. Les épaules voûtées, le regard fuyant, il portait une cagette d'œufs, qu'il déposa sans rien dire à l'arrière de la camionnette, mais ses doigts s'agrippaient au plastique comme s'il soulevait un fardeau plus lourd encore. Pas un mot. Même pas un regard vers Hassan ou Lucas. Son mutisme, loin d'apaiser la tension, l'épaississait. C'était comme s'il refusait de voir ce qui se passait sous ses yeux. Hassan, debout à quelques mètres, comprit que Bernard n'interviendrait pas, qu'il n'allait pas le défendre. Pas réaffirmer la virilité de son stagiaire. Pas là, pas devant Lucas. Un lourd malaise s'installa à nouveau.
— Bon, je vais pas m'éterniser, dit finalement Lucas. J'ai encore trois tournées à faire.
Il remonta rapidement dans le véhicule, mit le contact. Il se tourna vers Hassan, le fixa d'un regard franc et lucide, comme s'il voulait le rassurer : « Je sais. Tu n'as pas besoin de mentir. »
La camionnette fit demi-tour. Lucas, par la vitre, s'adressa une ultime fois au jeune arabe :
La camionnette fit demi-tour. Lucas, par la vitre, s'adressa une ultime fois au jeune arabe :
— Prends soin de toi, Hassan.
— … Toujours, répondit le garçon d'un ton un peu trop rapide, et sans regarder Lucas.
— Fais gaffe à pas te perdre. Si tu veux discuter, tu sais où me trouver…
— … Toujours, répondit le garçon d'un ton un peu trop rapide, et sans regarder Lucas.
— Fais gaffe à pas te perdre. Si tu veux discuter, tu sais où me trouver…
Puis le véhicule sortit de la cour. Un long silence s'abattit sur la ferme. Bernard et Hassan restaient figés, regardant la camionnette s'éloigner et disparaître sur la petite route. Dans l'air, quelque chose était suspendu. Un non-dit. Une peur ancienne. La honte encore vivace qui les étranglait encore l'un et l'autre. Le rôle à tenir.
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