Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Wesh la campagne — Chapitre 3 · Plaisirs solitaires
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Wesh la campagne
Chapitre 3 · Plaisirs solitaires
La deuxième semaine s'étira à la ferme comme un fil tendu entre deux silences. Les jours s'enchaînaient sans pause, sous la lourdeur du ciel, entre poussière et sueur. Les muscles d'Hassan étaient en feu, le dos toujours trempé, les mains rugueuses, la peau tannée par le soleil. Autour de lui : rien. Pas de village, pas de distractions. Pas de réseau. Juste la terre, les bêtes, les outils. Et Bernard.
Toujours Bernard.
Ce corps massif qui se penchait, qui soulevait, qui s'étirait. Ce dos large, dur comme du bois. Ce silence, pesant, animal, qu'Hassan n'arrivait plus à supporter ni à ignorer. Il le détestait autant qu'il en rêvait. Il passait son temps à l'épier, à guetter la moindre faille, le moindre moment d'abandon. Quand Bernard rentrait se doucher après les champs, Hassan trouvait toujours un prétexte pour rôder dans le couloir. Il observait par les fentes de la porte, à travers un reflet dans le carreau de la fenêtre.
Ce corps massif qui se penchait, qui soulevait, qui s'étirait. Ce dos large, dur comme du bois. Ce silence, pesant, animal, qu'Hassan n'arrivait plus à supporter ni à ignorer. Il le détestait autant qu'il en rêvait. Il passait son temps à l'épier, à guetter la moindre faille, le moindre moment d'abandon. Quand Bernard rentrait se doucher après les champs, Hassan trouvait toujours un prétexte pour rôder dans le couloir. Il observait par les fentes de la porte, à travers un reflet dans le carreau de la fenêtre.
Il connaissait maintenant chaque courbe de ce corps.
Bernard se savait-il observé ? Hassan se posait la question. Il avait noté l'absence de pudeur de l'agriculteur, qui, dans la journée, ne prenait aucune précaution lorsqu'il se déshabillait, passait nu dans la cuisine et laissait les portes -sciemment peut-être- toujours entrouvertes. Mais un événement amena Hassan à se demander si, parfois, Bernard ne jouait pas de sa nudité et du trouble qu'il faisait naître chez le jeune homme. Le soleil cognait fort ce jour-là. Ils avaient passé la matinée à réparer une clôture en bordure d'un champ, sous une chaleur écrasante. Les vêtements collaient à la peau, la terre sèche leur mordait les bottes.
Bernard se savait-il observé ? Hassan se posait la question. Il avait noté l'absence de pudeur de l'agriculteur, qui, dans la journée, ne prenait aucune précaution lorsqu'il se déshabillait, passait nu dans la cuisine et laissait les portes -sciemment peut-être- toujours entrouvertes. Mais un événement amena Hassan à se demander si, parfois, Bernard ne jouait pas de sa nudité et du trouble qu'il faisait naître chez le jeune homme. Le soleil cognait fort ce jour-là. Ils avaient passé la matinée à réparer une clôture en bordure d'un champ, sous une chaleur écrasante. Les vêtements collaient à la peau, la terre sèche leur mordait les bottes.
Bernard retira ses gants, soupira, puis s'éloigna de quelques pas. Juste à quelques mètres.
— Pause. Faut que je vide l'réservoir.
Hassan, accroupi, releva la tête. Il le vit se tourner à peine. Bernard ne cherchait pas à se cacher. Il déboutonna calmement son jean, l'ouvrit, puis sortit son sexe. Là, en plein air, sans gêne, sans détour. Un jet puissant jaillit, frappant la terre avec un bruit sec. L'urine fumait légèrement sur le sol chaud.
Hassan s'immobilisa. Les mains pleines d'échardes, il respirait fort après une matinée à déplacer des pierres autour des champs. La sueur coulait le long de ses tempes, de sa nuque, jusqu'à ses reins. La bouche entrouverte, les yeux écarquillés, il regardait. La verge de Bernard, même molle, lui sembla énorme. Épaisse, lourde, sombre, elle pendait entre ses doigts larges, dessinant une arche dorée sous le soleil. Une ligne de veines serpentait sur le côté. Le prépuce se rétractait légèrement sous le jet, puis revenait. Et le plaisir, aussi simple soit-il, se lisait sur le visage de Bernard : paupières mi-closes, mâchoires détendues, un soupir léger s'échappant de sa gorge. Il la tenait d'une main tranquille, virile.
Ce n'était évidemment pas la première fois qu'Hassan voyait un homme pisser. Mais là c'était différent. Il y avait dans la posture de Bernard une assurance brute, une force animale. Il pissait comme il faisait tout : solidement, puissamment, sans se cacher. Hassan n'arrivait pas à détacher son regard de cette scène simple, mais chargée d'une tension sexuelle étouffante. La façon dont Bernard tenait sa queue, dont il la présentait, décontractée, mais bien consciente : il se savait admiré, il jouait. Sa main ne se contentait pas de tenir son sexe. Elle le faisait rouler doucement entre ses doigts. Il secouait légèrement la queue, comme pour l'exhiber davantage. Il allongeait le moment. Il pissait lentement. Très lentement. Comme s'il savourait. Il finit par soupirer, détendu et secoua son sexe pour en faire tomber les dernières gouttes. Longtemps. Un peu trop longtemps. Elle claqua légèrement contre la paume de sa main.
Il la balança doucement, comme pour montrer son poids, sa souplesse. Puis, lentement, il la rangea, referma son jean. Mais même ce geste semblait étudié, lourd de sens.
Enfin, il jeta un bref regard par-dessus son épaule, vers Hassan.
Leurs yeux se croisèrent. Et dans ce regard, il n'y avait ni surprise ni honte. Juste une lueur d'assurance et de provocation tranquille. Une manière silencieuse de dire : « Je sais que tu regardes. Et je te laisse faire. »
Enfin, il jeta un bref regard par-dessus son épaule, vers Hassan.
Leurs yeux se croisèrent. Et dans ce regard, il n'y avait ni surprise ni honte. Juste une lueur d'assurance et de provocation tranquille. Une manière silencieuse de dire : « Je sais que tu regardes. Et je te laisse faire. »
Puis il revint vers lui, reprit la pelle, et dit simplement :
— A toi. Je te laisse les grosses pierres.
Et il retourna vers la ferme. Mais Hassan, lui, resta figé plusieurs secondes. Son propre sexe était dur dans son jean. Le goût du désir lui monta dans la gorge, âcre, doux, familier. Et il eut l'impression étrange qu'à chaque geste, Bernard en montrait juste assez pour qu'il en veuille encore plus.
Cette atmosphère de désir brutal et de non-dits, de silences interminables et de sexes épiés à la moindre occasion rendait Hassan fou d'un désir qu'il n'avait encore jamais ressenti. Et lorsque le jeune homme se retrouvait seul dans sa chambre, il se laissait aller. Dès que la porte se refermait, que le silence retombait, son corps agissait presque sans lui, comme s'il avait gardé toute la journée cette tension, ce poison qu'il fallait l'expulser au plus vite, sans réfléchir. Il s'allongeait sur le lit, baissait son short, et sa main retrouvait son sexe, déjà gonflé et impatient. Il fermait les yeux. Dans son esprit, des images obscènes de filles qu'il connaissait ou qu'il s'inventait et qu'il prenait, de seins énormes, de bouches qui suçaient, de chattes humides. Puis, insensiblement, ces images s'effaçaient et laissaient place à d'autres, plus ambiguës. Hassan voyait alors des torses puissants, de peaux sombres, de bras noueux qui le maintenaient.
Ses pensées dérivaient vers d'autres figures, plus brutes, des hommes virils, massifs, fermiers, ouvriers, parfois flous, parfois proches, mais toujours très masculins. Dans ces fantasmes, il n'y avait pas de mots, seulement des gestes, de la pression, de la sueur. Hassan s'imaginait la proie consentante d'hommes costauds et silencieux qui l'amenaient à la jouissance. Il n'y avait jamais de mots, juste la sueur, la chaleur, la pression d'un corps sur le sien. Il se masturbait souvent, rêvant à d'autres queues que la sienne, à des torses velus, des pectoraux dessinés. Et il en venait à imaginer Bernard, nu, l'approchant sans un mot, l'empoignant, l'écrasant. Il se voyait saisir à pleine main la grosse bite du paysan, la toucher, la caresser, lui malaxer les couilles. Ce qu'il faisait à son propre sexe. Mais au moment même où le plaisir gonflait en lui, une voix jaillissait : « Putain ! Mais qu'est-ce que tu fous là ? » Il ouvrait les yeux, haletant.
La honte le frappait en pleine poitrine, sans prévenir. Sa main hésitait, ralentissait, mais ne s'arrêtait pas. Il continuait malgré lui, le souffle court, partagé entre le vertige et le dégoût. Et lorsque l'orgasme arrivait, il ne ressentait ni soulagement ni paix, juste un malaise gluant et un arrière-goût de saleté sur la peau. Il regardait le sperme s'étaler sur son ventre poisseux, écœuré.
Parfois, le jeune homme, pris dans son excitation, poussait ses expériences jusqu'à goûter son propre sperme. Encore abattu par la jouissance, il trouvait la force de recueillir du doigt la crème blanchâtre, plus ou moins épaisse, qu'il portait ensuite à sa bouche. Puis, aussitôt, se retournait, honteux, le cœur au bord des lèvres. « T'es qu'un malade... » Il se murmurait ces mots dans le noir, les dents serrées.
Un autre soir, il s'explora plus loin, curieux, tremblant, dans un mélange de honte et de désir pur. Il voulait sentir, comprendre, ouvrir quelque chose en lui. Nu dans son lit, tandis que sa main droite excitait sa queue durcie, sa main gauche passa sous ses fesses moites. Et son index hésitant effleura l'entrée étroite, ce point interdit qu'il n'avait jamais touché auparavant. Hassan se bloqua un court instant. « Non. Pas ça. » Mais le doigt ne s'arrêta pas. Il frôla l'anus, le titilla, puis insista. Le jeune arabe sentait la chaleur, la résistance, ce pli serré de chair qu'il croyait ne jamais explorer. La honte le mordit aussitôt à la gorge. « C'est pas toi. C'est pas normal. » Mais son sexe dur contredisait chaque pensée. Sa queue pulsait dans sa main, fiévreuse. Alors, dans un mélange de peur et de désir brut, il força un peu plus. L'index pénétra, lentement, centimètre par centimètre, dans la chaleur brûlante de son propre corps.
Il gémit, étouffé, les dents serrées, incapable de dire si c'était de douleur ou de plaisir, tandis que son doigt se frayait un chemin dans le conduit serré. Son visage se tordait. Il se sentait sale. Faible. Comme s'il trahissait tout ce qu'il pensait être. Haletant, il tenta de glisser un deuxième doigt, son majeur, plus profondément cette fois. La brûlure l'excita autant qu'elle l'effraya. Ce fut alors une explosion de sperme très intense : le foutre brûlant jaillissait en saccades violentes. Plusieurs jets épais décollaient, avant de retomber sur le ventre d'Hassan. Quand le plaisir fut éteint, il retira lentement les doigts de son anus endolori. Ils étaient tièdes, poisseux, couverts d'une odeur âcre. Il les observa dans la pénombre : des traces sombres, épaisses, collées à la peau. L'odeur lui sauta au visage, âcre, fécale, charnelle. Il faillit détourner les yeux. Mais il ne le fit pas. Il frissonna. Une nausée sourde monta dans sa gorge. C'était donc ça, son désir ?
Cette souillure ? Ce mélange de foutre, de sueur et de merde ? « Qu'est-ce que t'es en train de devenir ? » Il regardait dans le vide, les poings serrés. Il ne savait plus s'il devait en pleurer, en rire, ou recommencer.
Passé l'excitation violente de ces moments, Hassan éprouvait toujours le même malaise : c'était des pensées qu'il n'avait jamais eues, des gestes qu'il n'avait jamais faits.
Mais ce n'était rien comparé à la nuit.
Car chaque nuit, comme un rituel, tout recommençait.
Le salon s'éclairait d'une lumière bleue. Bernard s'y installait, nu, solide, impassible. Et le film défilait. Toujours des corps masculins, tendus, puissants. Parfois tendres, souvent brutaux. Hassan, silencieux dans l'ombre, le regardait. Son cœur battait plus fort chaque soir. Il connaissait les gestes par cœur à présent : la manière dont Bernard s'installait, dont il saisissait son sexe, comment il fermait les yeux quand le plaisir montait.
Mais ce n'était rien comparé à la nuit.
Car chaque nuit, comme un rituel, tout recommençait.
Le salon s'éclairait d'une lumière bleue. Bernard s'y installait, nu, solide, impassible. Et le film défilait. Toujours des corps masculins, tendus, puissants. Parfois tendres, souvent brutaux. Hassan, silencieux dans l'ombre, le regardait. Son cœur battait plus fort chaque soir. Il connaissait les gestes par cœur à présent : la manière dont Bernard s'installait, dont il saisissait son sexe, comment il fermait les yeux quand le plaisir montait.
Et chaque nuit, Hassan faisait de même.
Il n'avait même plus besoin de prétexte : son corps savait, avant même qu'il y pense, où il devait aller, ce qu'il allait voir. Sans un bruit, caché en haut de l'escalier, il se dénudait, se touchait, se laissait envahir par le désir. Ils ne se voyaient pas, mais ils se savaient. Hassan en était presque sûr. Il y avait dans le rythme de leurs gestes une correspondance étrange. Comme si leurs corps, en miroir, s'étaient trouvé un langage secret, au-delà des mots.
Il n'avait même plus besoin de prétexte : son corps savait, avant même qu'il y pense, où il devait aller, ce qu'il allait voir. Sans un bruit, caché en haut de l'escalier, il se dénudait, se touchait, se laissait envahir par le désir. Ils ne se voyaient pas, mais ils se savaient. Hassan en était presque sûr. Il y avait dans le rythme de leurs gestes une correspondance étrange. Comme si leurs corps, en miroir, s'étaient trouvé un langage secret, au-delà des mots.
Puis la conscience de l'instant revenait : « Mais Hassan ! Tu fais quoi là ? » Il fermait les paupières, honteux. Il revoyait les visages de ses potes de banlieue, les rires moqueurs, les insultes lâchées au collège. « Tarlouze, pédé, tapette. » C'était eux qu'il entendait, dans sa tête, et il aurait voulu les faire taire. Mais son sexe était toujours dressé, affamé. Et la vue du sexe monstrueux que Bernard secouait avec violence redoublait aussitôt son excitation. Alors lui aussi, la bave aux lèvres, reprenait sa masturbation énergique. Sur le même rythme.
Quand Bernard accélérait, Hassan aussi.
Quand Bernard retenait un grognement, Hassan serrait les dents.
Et quand Bernard jouissait, Hassan le suivait, quelques secondes après, tendu, fiévreux, presque tremblant.
Puis venait le silence.
Le souffle court, le corps vidé, Hassan remontait lentement, en sueur, le cœur battant, la tête pleine d'images.
La solitude et la promiscuité imposées par cette situation développaient l'imagination et le trouble du jeune homme : il n'avait pour tout contact humain que ce corps silencieux, taciturne, qu'il ne pouvait s'empêcher de regarder dans la journée et qu'il épiait le soir venu, en train de s'exciter devant des images obscènes, tandis que lui-même, caché, se faisait jouir. Mais il se sentait aussi poisseux, grotesque. Il se dégoûtait. « J'suis pas comme ça. » Mais il savait que le lendemain, son désir, plus fort que sa honte, le ramènerait à la même place.
Quand Bernard retenait un grognement, Hassan serrait les dents.
Et quand Bernard jouissait, Hassan le suivait, quelques secondes après, tendu, fiévreux, presque tremblant.
Puis venait le silence.
Le souffle court, le corps vidé, Hassan remontait lentement, en sueur, le cœur battant, la tête pleine d'images.
La solitude et la promiscuité imposées par cette situation développaient l'imagination et le trouble du jeune homme : il n'avait pour tout contact humain que ce corps silencieux, taciturne, qu'il ne pouvait s'empêcher de regarder dans la journée et qu'il épiait le soir venu, en train de s'exciter devant des images obscènes, tandis que lui-même, caché, se faisait jouir. Mais il se sentait aussi poisseux, grotesque. Il se dégoûtait. « J'suis pas comme ça. » Mais il savait que le lendemain, son désir, plus fort que sa honte, le ramènerait à la même place.
Un jour pourtant, un visage inconnu vint briser cette monotonie. C'était le vendredi matin de la deuxième semaine, Hassan s'était occupé des poules. Lorsqu'il revint, il vit, dans la cour de la ferme, une camionnette blanche et un garçon, assez jeune, en discussion avec Bernard. Il ne pouvait saisir le contenu de leur échange, mais, tandis qu'il approchait, Bernard mit fin à la discussion. Sans un regard vers Hassan, il rentra dans la ferme.
Le jeune homme, abandonné par son interlocuteur, devait avoir à peine une vingtaine d'années. Il était assez beau : mince, un visage aux traits fins, une peau légèrement bronzée, des cheveux blonds, mi-longs, qui retombaient sur son front et encadraient des yeux verts et amusés. Il était souriant. Affable, il se tourna vers Hassan, le salua d'un coup de menton ; Hassan, le visage fermé, ne lui répondit que par un hochement de tête. Le garçon lança un rapide « Salut », qui ne rencontra pas de réponse. Alors il enchaîna :
— Moi c'est Lucas. Je bosse à la boulangerie. Au village. Je fais les livraisons.
Hassan se contenta d'un « OK » laconique. Outre un naturel hostile, méfiant, qui le rendait souvent agressif envers les inconnus, il n'avait aucune envie de lier une quelconque relation avec ce garçon, qu'il jugeait rustique et sans intérêt. Et pourtant son regard traîna une seconde de trop sur le visage doux, sur sa bouche qui souriait trop facilement. Quelque chose, fugace, le frappa — une gentillesse et une aisance. Il détourna les yeux aussitôt, comme pris en faute.
— Bon, je te laisse, acheva Lucas, qui se rendit bien compte que la conversation ne s'engagerait pas.
Il tourna les talons et repartit vers la camionnette. Hassan l'observa : Lucas était mince, aussi grand que lui, mais bien moins musclé. Surtout, sa démarche avait quelque chose de féminin, ses gestes étaient rapides et sa voix assez douce. « Un pédé », pensa Hassan, comme on crache une insulte automatique et défensive. Ce jugement combla le dédain qu'il éprouvait pour ce garçon de la campagne. Il se força à le mépriser. Mais, malgré lui, il se surprit à suivre Lucas du regard jusqu'à ce que la camionnette disparaisse au bout du chemin.
Dans l'esprit d'Hassan, l'homosexualité était un vice, une tare qui excluait de fait celui qu'elle frappait de tout échange possible avec lui. Il avait grandi dans un univers essentiellement masculin, où la violence et la virilité fondaient le prestige des individus. L'homme, ravalé au rang de « tarlouze », de « pédale », ne pouvait qu'être objet de mépris de répulsion, et être l'objet de rejet. Il se souvenait de certains camardes de collège, un peu timides, un peu efféminés, souvent seuls, que l'injure « pédé » avait définitivement marqué du sceau de l'infamie : Hassan et ses potes avaient souvent fait vivre un enfer à ces garçons. Aujourd'hui, parfaitement indifférent, il n'en ressentait aucun remords.
Mais étonnement, il n'éprouvait pas ce même mépris pour Bernard, lequel semblait pourtant être attiré par les hommes, s'il en croyait le rituel nocturne auquel son hôte se livrait. Mais face à la virilité massive du paysan, il ne lui serait jamais venu en tête de qualifier ce dernier de « pédale ». Par ailleurs, persuadé de sa propre hétérosexualité, qu'il considérait comme une norme et que des relations plus ou moins brèves avec diverses filles ne faisaient que confirmer, il n'envisageait à aucun moment que sa propre excitation, ses masturbations frénétiques au cours desquelles il imaginait des mâles en chaleur, ou le doigt qui fouillait son anus, aient pu relever de penchants homosexuels. Il les mettait sur le compte de la solitude, de l'absence de femme, de la fatigue. Troublé certes, lorsqu'il réfléchissait à ses actes, il était en réalité incapable d'y trouver une explication parfaitement satisfaisante.
Pour se rassurer, il se disait que tout cela prendrait fin avec le stage même, dans quinze jours. Et que personne n'en saurait jamais rien. En somme, c'était là son secret.
Il ignorait que ce secret, il allait bientôt le partager.
Il ignorait que ce secret, il allait bientôt le partager.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()