Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Inseme — Chapitre 5 · Le calme avant...
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Inseme
Chapitre 5 · Le calme avant...
« Les baisers le doux manège
Viens donc je te suis
Sauras-tu tenir ta promesse
Et m'aimer cette nuit
Quand s'entrouvraient à la lumière
Les Portes du Paradis
J'aurais passé ma vie entière
Au Mont Sans-Souci. »
Viens donc je te suis
Sauras-tu tenir ta promesse
Et m'aimer cette nuit
Quand s'entrouvraient à la lumière
Les Portes du Paradis
J'aurais passé ma vie entière
Au Mont Sans-Souci. »
(Jean-Louis Murat : Au Mont Sans-Souci)
La tension de la veille est amenée à retomber les jours suivants. Emma prend sur elle, se contentant d'ignorer superbement Clément, ou à défaut, de se limiter au strict minimum. Quant à moi, même si je reste amicale avec lui pour des raisons de bonne entente générale, je prends bien soin de ne pas lui donner plus d'attention qu'il n'en mérite, et de ne pas le laisser outrepasser ses droits. Les autres ne semblent pas avoir pris ombrage de l'éclat de colère de ma puce, et tout reprend sous les meilleurs auspices.
L'ambiance est de nouveau au beau fixe, et la préoccupation principale d'Emma reste ses tentatives infructueuses d' «attaquer » mon père par surprise au petit déjeuner.
L'ambiance est de nouveau au beau fixe, et la préoccupation principale d'Emma reste ses tentatives infructueuses d' «attaquer » mon père par surprise au petit déjeuner.
Par un samedi de début août, papa décide – avec notre accord- d'organiser une balade qui durera la journée entière. Le matin, nous embarquons à bord d'un bateau de promenade qui cabote jusqu'à Bonifacio. Le voyage est animé par un guide qui ne manque pas d'annoncer à quel moment nous devons tourner la tête vers la côte pour apercevoir telle ou telle merveille.
Après un long trajet, nous atteignons le vertigineux Gouvernail de la Corse.
Nous débarquons un instant plus tard, après que l'on nous ait rappelé que le retour s'effectuera à 15h30, et que nous ferions mieux de ne pas manquer le départ sous peine de rentrer chez nous à pied ou à la nage, au choix.
Cela nous laisse néanmoins bien assez de temps pour visiter. Du port situé en bas, nous montons sur les hauteurs pour atteindre la ville en surplomb. Nous arpentons les petites rues étroites, la Citadelle, et même le cimetière qui donne la très étrange impression que nous nous promenons au beau milieu d'un quartier résidentiel plus qu'entre des tombes. Nous avons suffisamment de temps pour écumer les échoppes de souvenirs, et même nous arrêter déjeuner dans un petit restaurant.
Nous sommes parfaitement dans les temps pour redescendre au port, les pieds en compote, impatients de pouvoir nous asseoir à notre aise dans le bateau pour profiter du retour.
Nous débarquons un instant plus tard, après que l'on nous ait rappelé que le retour s'effectuera à 15h30, et que nous ferions mieux de ne pas manquer le départ sous peine de rentrer chez nous à pied ou à la nage, au choix.
Cela nous laisse néanmoins bien assez de temps pour visiter. Du port situé en bas, nous montons sur les hauteurs pour atteindre la ville en surplomb. Nous arpentons les petites rues étroites, la Citadelle, et même le cimetière qui donne la très étrange impression que nous nous promenons au beau milieu d'un quartier résidentiel plus qu'entre des tombes. Nous avons suffisamment de temps pour écumer les échoppes de souvenirs, et même nous arrêter déjeuner dans un petit restaurant.
Nous sommes parfaitement dans les temps pour redescendre au port, les pieds en compote, impatients de pouvoir nous asseoir à notre aise dans le bateau pour profiter du retour.
Nous rentrons chez nous en fin d'après-midi, fatigués et satisfaits de notre visite. Emma et moi avons pris un peu de recul par rapport à la plage et au groupe, et ce n'est pas une mauvaise chose. Moins de Clément ne nous fait pas de mal.
Épuisées par notre journée, nous nous mettons au lit de bonne heure et nous endormons sans tarder.
Épuisées par notre journée, nous nous mettons au lit de bonne heure et nous endormons sans tarder.
Je suis assise sur un large canapé reposant sur une sorte d'immense tapis flottant qui dérive au milieu de la mer. Couchée en travers, la détentrice de mon cœur sourit gaiement, la tête reposant négligemment sur mes genoux. Devant nous se tient Clément, en costume trois pièces qui nous demande avec révérence si nous désirons du thé. Nous acceptons. Il remplit précautionneusement deux tasses fumantes qu'il dépose sur une table basse qui nous fait face. Je me penche vers le visage aux yeux pâles qui me regarde avec tendresse. Je lui dis :
- On n'est pas bien, là ? Je crois que je pourrais rester là pour toujours. D'ailleurs, je pourrais rester n'importe où pour toujours, tant que tu es près de moi. Qu'est-ce que t'en dis ?
— NOOON !
Je sursaute en ouvrant les yeux. Je n'ai pas le temps de repenser à ce rêve très agréable, mais néanmoins parfaitement stupide que j'étais en train de faire, que j'essaie de rassembler mes pensées pour tenter de comprendre pourquoi je viens d'en être éjecté par un cri de ma compagne qui vient très clairement du monde réel.
Je la sens se débattre entre mes bras. Elle se met soudain à gémir et implorer :
Je la sens se débattre entre mes bras. Elle se met soudain à gémir et implorer :
— Me laisse pas ! T'as pas le droit !
— Hein ?
— Pourquoi tu me fais ça ? T'avais promis ! T'avais promis ! T'as pas le droit de m'abandonner !
— Quoi ? Mais je t'abandonne pas, voyons ! Je suis là, et j'ai pas prévu de bouger.
— C'est pas ma faute ! C'est pas ma faute !
Le temps que mes neurones se réalignent, je finis par comprendre ce qu'il se passe. Elle est toujours endormie, visiblement en plein rêve et à l'entendre, son songe a l'air beaucoup moins plaisant que le mien ne l'était. J'hésite un instant, puis me décide.
Hors de question que je la laisse en galère comme ça, même si ça se déroule dans un univers fictif.
Je lui secoue l'épaule et l'appelle à mi-voix :
Hors de question que je la laisse en galère comme ça, même si ça se déroule dans un univers fictif.
Je lui secoue l'épaule et l'appelle à mi-voix :
— Puce ! Réveille-toi !
Elle a un petit sursaut en ouvrant les yeux. Elle me fixe un instant, hébétée.
— Mon Cœur ? T'es là ?
— Bien sûr ! Toujours !
Elle laisse échapper un long soupir de soulagement.
Du revers de mes doigts, j'effleure doucement ses joues afin de tenter de la rassurer.
Du revers de mes doigts, j'effleure doucement ses joues afin de tenter de la rassurer.
— Tu m'as tout l'air d'avoir fait un vilain cauchemar. Mais c'est fini, maintenant. T'as envie de me raconter ?
— Bof... Envie, c'est pas le mot... C'était horrible ! Tu décidais de me quitter parce que finalement, tu ressentais rien pour moi et que je t'empêchais d'avancer dans la vie...
J'ai un mouvement de recul, tellement je suis outrée par le comportement de mon moi de son rêve. Quelle connasse ! Si je l'avais devant moi, je crois que je la tuerais de mes mains.
J'enfouis sa tête contre mon giron et couvre son front de baisers.
— Tu sais que c'est juste un cauchemar tout pourri, hein ? C'est pas la réalité. Je tiens trop à toi, tu le sais, hein ? Je pourrais mourir pour toi !
Elle fait une moue dubitative.
— J'ai pas envie que tu meures pour moi. Tout ce que je veux, c'est que tu vives avec moi !
Je lui souris, un baiser en guise de réponse. Un silence se fait. Je tente une nouvelle fois :
— Puce ? Qu'est-ce que t'as, en ce moment ? T'es toute bizarre.
Elle hésite un instant. Elle ouvre la bouche, referme, puis passe ses bras autour de mon cou et se serre contre moi à m'étouffer :
— Je... Je t'aime ! Oh, mon Dieu ! Je t'aime ! Je t'aime si fort !
Elle dit ça d'une manière... La voix tremblante, à deux doigts de se briser, comme si elle allait fondre en larmes. C'est pas une déclaration. C'est une supplication... Ou un aveu. Comme si elle était terrorisée à l'idée de confesser ce sentiment qu'on s'est déjà pourtant avoué de nombreuses fois.
Et moi, je n'y comprends plus rien du tout.
Et bêtement, sans grande originalité, je me contente de répondre :
Et moi, je n'y comprends plus rien du tout.
Et bêtement, sans grande originalité, je me contente de répondre :
— Moi aussi, ma Puce. Moi aussi !
Malgré ma réponse très bateau, elle semble un peu rassérénée. Elle se cale de nouveau en position pour se rendormir, attrape ma main avec les siennes, et la serre contre son cœur en se rendormant, me laissant seule, éveillée avec un million de questions. L'une d'entre elles concerne ce cauchemar. Je suis absolument certaine que ce n'est pas un simple rêve absurde sorti de nulle part comme on en fait souvent : celui-là, il vient de ses propres inquiétudes, celles dont elle refuse de me parler. J'en mettrais ma main à couper...
Les jours suivants sont plus calmes. L'atmosphère est légère. Clément s'est absenté pour quelques jours. Une histoire de réunion de famille, ou je ne sais plus quoi. On ne peut pas dire que son absence nous pose problème. Moins il est là, plus Emma est souriante. Elle ne se fait pas prier pour faire savoir qu'elle est bien contente de ne pas le voir. Au cas où un doute aurait subsisté, l'assistance au complet est désormais au courant que les deux ne peuvent plus se saquer.
Anthony non plus n'est pas là. Un long week-end avec ses copains de lycée. Nous restons donc entre filles.
Tout aurait pu se passer pour le mieux, si Agathe, sans penser à mal, ne s'était pas fendue d'une gaffe qui a de nouveau créé une tension chez ma petite Puce chérie.
Ça faisait un moment qu'elle fixait avec curiosité le collier que je porte en permanence autour du cou : un fin collier d'argent agrémenté d'une petite émeraude – Le premier cadeau que m'a offert Emma, afin de me laisser entrevoir ses sentiments, à une époque où j' étais trop bête ou trop innocente pour m'en rendre compte, et que je conserve depuis lors comme le plus précieux des trésors. -
Au bout d'un moment, elle le pointe du doigt et me demande :
Ça faisait un moment qu'elle fixait avec curiosité le collier que je porte en permanence autour du cou : un fin collier d'argent agrémenté d'une petite émeraude – Le premier cadeau que m'a offert Emma, afin de me laisser entrevoir ses sentiments, à une époque où j' étais trop bête ou trop innocente pour m'en rendre compte, et que je conserve depuis lors comme le plus précieux des trésors. -
Au bout d'un moment, elle le pointe du doigt et me demande :
— Il est super beau, ton collier ? Il vient d'où ?
— Cadeau, je réponds simplement en jetant un petit coup d'œil en coin à celle qui me l'a offert.
— De ton copain ?
Je ne puis retenir un petit reniflement amusé.
— Pas exactement, non !
La conversation est en train de glisser sur un terrain qui me déplaît. J'espérais que ma réponse laconique suffirait à la dissuader d'insister, mais hélas, ce n'est pas le cas.
— D'ailleurs, je t'ai pas demandé... T'as un mec ?
Je me contente d'un simple :
— Non !
Dans l'angle mort d'Agathe, un regard gris-bleu vient de se durcir et je peux presque entendre des dents grincer.
— Ah ! Bonne nouvelle ! Insiste notre amie.
Je laisse échapper un petit ricanement un peu trop méprisant à mes propres oreilles.
— Ah bon ? Je vois pas bien en quoi c'est une bonne nouvelle, mais si tu le dis...
— Parce qu'il y en a un qui est plutôt intéressé par le rôle, si tu vois ce que je veux dire... Clément ! Tu lui plais beaucoup, tu sais ?
J'en vois une virer d'un coup rouge de colère !
J'ai tout juste le temps de me composer un air détendu pour répondre :
J'ai tout juste le temps de me composer un air détendu pour répondre :
— Ah... Bin, c'est pas de chance pour lui, alors...
Puis, avec un peu trop de précipitation, je me lève et demande à Emma sur un ton naturel :
— Je peux te dire deux mots, Emma, s'il te plaît ?
Je l'entraîne à part, dans l'eau, et lui murmure à l'oreille :
— Reste calme, je t'en supplie, ma Puce ! Elle a parlé sans connaître le contexte. Elle a aucune mauvaise intention. Tu le sais bien, hein ?
Elle prend une grande inspiration.
— Ouais, ouais... Je sais, je sais... Je lui en veux pas à elle. Ni à toi, au cas où tu te poserais la question ! Mais ça m'énerve ! Tu peux quand même comprendre ça, non ?
— Je le comprends très bien. Je te dis juste de pas te mettre en colère, c'est tout. Garde ça dans un coin de ta tête : Clément, c'est personne, pour moi, okay ?
— Ouais, ouais... C'est bon... On va pas y passer la semaine...
Après m'avoir rabroué plutôt sèchement, elle me plante sur place et retourne s'asseoir avec les deux autres filles, et reste là, l'air maussade, murée dans le silence.
C'est Sté' qui le remarque la première, au bout d'un moment ?
C'est Sté' qui le remarque la première, au bout d'un moment ?
— Ca va, O, Emma ?
— Mais oui, répond-elle avec humeur. Pourquoi ?
— Eh, je sais pas... Tu as l'air stragna, tu as l'air !
Elle hausse un sourcil d'incompréhension.
— Allons, bon ! J'ai l'air quoi, moi, maintenant ?
— Euh... Énervée... De mauvaise humeur, si tu préfères, se corrige Sté'.
— Ah... Mais non, je suis pas... « stragne », soupire Emma, avec un sourire forcé, tentant de réutiliser le mot inconnu comme elle l'a entendu.
Mais l'atmosphère a changé. Une ombre plane désormais. Et les conversations qui reprennent entre nous se font moins spontanées.
Mais l'atmosphère a changé. Une ombre plane désormais. Et les conversations qui reprennent entre nous se font moins spontanées.
En fin d'après-midi, nous remontons à la maison. Je note que papa n'est pas descendu.
Sur le chemin du retour, en passant devant le bar, je demande :
Sur le chemin du retour, en passant devant le bar, je demande :
— Tu veux qu'on se boive un coup chez Toussaint ?
— Bof.. Non, j'ai juste envie de rentrer prendre ma douche.
Je n'insiste pas. Le silence qui règne entre nous pendant notre marche est assourdissant.
Une fois arrivées, nous nous retrouvons face à la porte fermée à clé. Ce qui veut dire que papa n'est pas là non plus. Le temps de trouver les clés, de nous déshabiller et nous filons à la douche.
En en sortant, je fais défiler dans ma tête diverses options pour tenter de proposer quelque chose de divertissant pour améliorer l'atmosphère générale. Je n'en ai pas le temps : elle m'attrape par le bras, me traîne dans la chambre, claque la porte d'un coup de pied désinvolte et me pousse brutalement sur le lit.
En en sortant, je fais défiler dans ma tête diverses options pour tenter de proposer quelque chose de divertissant pour améliorer l'atmosphère générale. Je n'en ai pas le temps : elle m'attrape par le bras, me traîne dans la chambre, claque la porte d'un coup de pied désinvolte et me pousse brutalement sur le lit.
Elle m'arrache littéralement la serviette que je garde nouée autour de la taille, se déleste de la sienne, et se rue sur moi, passant ses bras autour de mon cou, dévorant passionnément ma bouche de la sienne, avide.
Ses mains partent à l'assaut de mon corps, m'empoignant fermement, brutalement. J'essaie de réagir, mais elle m'en empêche, me faisant taire en m'étouffant de ses baisers.
Je tente de modérer ses ardeurs à défaut de les repousser, mais sans succès. Je suis assaillie par une vraie furie.
Je finis par laisser échapper un cri de douleur. Elle m'a planté ses ongles dans les omoplates ! Ça m'a fait mal.
Ses mains partent à l'assaut de mon corps, m'empoignant fermement, brutalement. J'essaie de réagir, mais elle m'en empêche, me faisant taire en m'étouffant de ses baisers.
Je tente de modérer ses ardeurs à défaut de les repousser, mais sans succès. Je suis assaillie par une vraie furie.
Je finis par laisser échapper un cri de douleur. Elle m'a planté ses ongles dans les omoplates ! Ça m'a fait mal.
Sans avoir l'air de s'en préoccuper le moins du monde, elle se redresse de toute sa hauteur, toujours à califourchon sur moi. Elle attrape ma main et la plaque violemment entre les fines boucles flamboyantes de son intimité, m'obligeant à la caresser à cet endroit.
Mais ça ne suffit pas, elle en veut plus, elle se rue en avant, donnant des coups de bassin, encore et encore, de plus en plus fort, de plus en plus vite, jusqu'à sa délivrance finale.
Alors, elle étouffe ses gémissements de satisfaction en plongeant sa tête dans mon cou, enfonçant ses dents dans mon épaule. Pas avec force, mais suffisamment pour m'arracher un nouveau cri de surprise et de douleur mêlées.
Mais ça ne suffit pas, elle en veut plus, elle se rue en avant, donnant des coups de bassin, encore et encore, de plus en plus fort, de plus en plus vite, jusqu'à sa délivrance finale.
Alors, elle étouffe ses gémissements de satisfaction en plongeant sa tête dans mon cou, enfonçant ses dents dans mon épaule. Pas avec force, mais suffisamment pour m'arracher un nouveau cri de surprise et de douleur mêlées.
Alors, rassasiée, elle s'affale sur moi, inerte et hors d'haleine, ne semblant pas s'imaginer une demi seconde que moi aussi, je pourrais avoir envie de ma dose de bonheur (ce qui n'est de toute façon pas vraiment le cas, dans ces circonstances).
Ne sachant trop comment réagir, je demande :
— Ça va mieux ? Tu te sens soulagée ?
Elle se contente de hocher la tête, sans dire un mot. Elle redevient plus calme et plus douce, aussi.
Je sens ses lèvres me faire de tout petits bisous et ses doigts fins glisser délicatement le long de mes bras ou de mes flancs.
Nous restons ainsi, enlacées pendant une bonne demi heure.
Je sens ses lèvres me faire de tout petits bisous et ses doigts fins glisser délicatement le long de mes bras ou de mes flancs.
Nous restons ainsi, enlacées pendant une bonne demi heure.
C'est le bruit de la porte d'entrée qui nous sort de notre torpeur. Mon père est de retour, d'une humeur bien plus joviale qu'Emma qui, elle, malgré tout, ne parvient pas complètement à se départir de son air triste.
Nous nous rhabillons à la va-vite pour l'accueillir.
Nous nous rhabillons à la va-vite pour l'accueillir.
Je demande :
— Où est-ce que tu étais passé ?
— Chez les Ucciani !
C'est Emma qui a répondu à sa place. Elle l'observe de près, passe derrière lui, semble le renifler discrètement en fronçant les sourcils, puis reprend sa place à mes côtés, l'air de rien, avec un petit sourire en coin.
— Eh bien... Oui, en effet...Comment tu as deviné ?
— La légendaire, bien que néanmoins classique intuition féminine, répond-elle.
Le dîner se déroule dans le calme. Je discute un peu avec mon père. Ma compagne, elle, ne dit quasiment rien. Il finit par s'en rendre compte, et lui demande soudainement d'un ton enjoué :
— Alors, Emma ? Comment se passent ces vacances, pour toi ?
— Super ! Je te remercierai jamais assez pour toute cette bienveillance que tu m'offres. Et toi aussi, mon Cœur, ça va sans dire !
Il y a une véritable ferveur dans ces paroles. Elle en pense chaque mot avec une sincérité non feinte. Je peux le sentir. Et pourtant, Elle a les traits tirés, les yeux fatigués, comme si elle était prête à fondre en larmes d'une seconde à l'autre.
Profitant d'un moment où elle s'est éclipsée pour faire quelque chose en cuisine, il me glisse à l'oreille :
— Tu es sûre qu'elle va bien ? Elle a l'air toute triste. Il y a quelque chose ?
— Je sais pas, papa ! C'est de pire en pire, chaque jour. Je le vois bien. Elle veut rien me dire, mais je sens bien qu'il y a un truc qui cloche. Je sais pas quoi faire.
Il peut percevoir le désespoir qui émane de ma voix. Il acquiesce sans rien dire. Il réfléchit un instant, mais je poursuis, presque au bord des larmes :
— Papa ? Est-ce que tu crois que je fais pas ce qu'il faut ? Que je fais pas les choses assez bien ?
Il hésite, puis me dit en posant sa main sur la mienne :
— On ne fait jamais les choses assez bien, chérie. On fait du mieux qu'on peut... Et on espère que ça suffira. Mais je me fais pas trop de souci pour toi. Je sais que tu fais du mieux que tu peux. Tu trouveras ce qui va pas, ou elle finira par te le dire, et tout va s'arranger, tu verras.
— J'espère... J'espère vraiment !
Quelques heures plus tard, alors qu'elle vient de s'endormir dans mes bras, je réfléchis à ce que m'a dit mon père. Le petit ange sur mon épaule droite me dit qu'il a raison et que tout ira bien très vite.
Mais le petit diablotin perché sur la gauche, lui, me dit que ça va finir par péter.. Et que ça ne devrait plus tarder...
Mais le petit diablotin perché sur la gauche, lui, me dit que ça va finir par péter.. Et que ça ne devrait plus tarder...
Le sommeil me prend. Je suis déjà à moitié inconsciente, pourtant j'ai l'impression de sentir une très légère humidité contre moi. Je ne sais déjà plus si je rêve ou non, ni si ce sont bien les larmes de ma puce que je sens couler contre mon épaule...
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Commentaires ()
En tout cas, vous captez notre attention et nous maintenez en haleine avec une grande habileté d'écriture.
J'imagine que si tout était parfaitement serein et idyllique, ce serait un peu ennuyeux, aussi :D
Bientôt, bientôt ! ;)
Tension aussi pour le côté "non assumé" de leur relation, de là à penser que certains sont vus par principe comme un peu arriérés ? hum.
Emma a des soucis mais quelle en est la cause ?
Patience... Grrr...🤔