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Couverture de Antimatière contre prosexe, par ErosSexe
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Antimatière contre prosexe — Chapitre 1 · Les clés

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ErosSexe
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On est happé dès les premières lignes par la voix de Julie : drôle, caustique, lucide sur elle-même sans jamais se plaindre. Les dialogues avec Fabienne sonnent parfaitement juste — cette femme qui relève sa jupe en plein repas pour illustrer un argument sur la séduction, c'est culotté et irrésistible. Et puis il y a cette façon de croquer des personnages en quelques détails concrets, le bronzage alterné à vélo, les boucles d'oreilles de Fabienne jamais oubliées, qui rendent tout immédiatement vivant.

Antimatière contre prosexe

Chapitre 1 · Les clés

Épisode 1 – Les clés
Arrivée en avance à la gare, car mon sommeil n'avait encore pas retrouvé le rythme d'avant le 20 novembre, j'avais le temps d'y boire un café en attendant de prendre le train pour retourner en cours, après une semaine d'abattement. Je me suis assise sur la banquette du petit bar, un café fumant et un croissant à la main. Me tournant de côté pour sortir un livre de mon sac, un objet brillant coincé entre les deux parties de la banquette a attiré mon attention.
Un trousseau de clés. Un simple trousseau de clés comme il en existe des milliers, tombé sans doute d'une poche ou d'un sac. Pas de bol pour le ou la propriétaire qui devait peut-être le chercher désespérément, se faire engueuler, ou se trouver coincé dehors sans que personne ne puisse l'aider, je n'osais pas imaginer la somme d'emmerdements que pouvait engendrer la perte de ses clés. J'allais les remettre à la serveuse du bar quand j'ai eu la curiosité de détailler ces sésames orphelins.
Le porte-clés représentait un nageur, et le badge en plastique portait le nom du lycée de la ville voisine où j'avais fait mes classes. Nul besoin donc d'être un enquêteur talentueux pour en deviner le détenteur : Éric.
Éric, c'est le mari de Fabienne. Ils habitent le même village que nous, c'est à dire ma mère et moi (mon père est parti avec une autre il y a quinze ans) quelques maisons plus bas dans la même rue. Lui est prof de sport au lycée et entraîneur du club de natation local, Fabienne est gérante d'un magasin de sports à la sortie de la ville où je vais rarement. Je sais qu'Éric prend le train pour aller enseigner, et nous avons quelquefois fait le trajet ensemble.
Je n'avais cours ce matin-là que jusqu'à 11h, alors plutôt que de refiler les clés à la patronne du bar qui avait sans doute d'autres chats à fouetter, j'ai décidé de les déposer chez eux en rentrant, espérant que le lundi Fabienne serait à la maison car son magasin est fermé.
Elle est sympa Fabienne, et je la connais depuis que je suis enfant. La quarantaine largement dépassée je crois, toujours souriante, c'est une sportive accomplie qui pratique le vélo, la natation (Éric et elle se sont rencontrés dans la flotte je ne sais plus où…) le fitness et encore d'autres activités. Le cheveu court, ses larges épaules et ses cuisses pour le moins musclées lui confèrent une allure robuste, qu'elle sait habiller élégamment de chemisiers à motifs, de robes ou jupes en lien avec sa morphologie qu'elle semble assumer pleinement, et de chaussures à talons pour affiner sa silhouette. Elle est toujours maquillée avec soin, et je crois que je ne l'ai jamais vue sans boucles d'oreilles.
En ce qui me concerne, je n'ai malheureusement pas hérité du corps gracieux de ma mère qui, à cinquante ans passés, peut porter tous les vêtements qu'elle souhaite sans jamais avoir l'air boudinée ou endimanchée. Héritière seulement de ses ravissants yeux verts, de sa voix très particulière qui charme dès ses premiers mots et de sa peau de pêche, je ne lui ressemble guère, à ma maman…Dame Nature m'a plutôt conçue « solidement charpentée » comme me décrit notre médecin de famille, mes épaules n'ont rien de fragile, ma poitrine est très généreuse et on me prédit des accouchements faciles au vu de mon large bassin, reposant sur deux jambes dont la solidité ne fait de doute pour personne. A vingt-cinq ans, je ne fais pas vraiment se retourner les garçons sur moi, ou alors juste pour proférer des vacheries et des commentaires graveleux.
-             Eh, t'as vue la Julie ? Si elle a la chatte comme le cul, sûr qu'elle peut accoucher de triplés côte à côte !
-             Ou encore Il paraît qu'elle va être engagée comme mannequin chez Cochonou la Julie !
-              On dit que quand elle va à la piscine, elle nage avec un sac de sable sur le dos pour pouvoir mettre la tête sous l'eau ! Elle risque pas de se noyer en tout cas, vu la paire de roberts qu'elle trimballe !
-              Je suis sûr que celui qui la baise, sauf s'il est monté comme un âne,  il doit se sentir comme un petite cuillère dans un bol vide !
Ayant dès l'adolescence compris que mon physique ne constituait pas un élément de séduction majeur, j'ai serré les dents et ignoré au mieux les commentaires méchants, salaces et humiliants pour me lancer à corps perdu dans les études, décidée à montrer que si mes fesses sont imposantes mon cerveau peut lui aussi en imposer. Bachelor de physique obtenu haut la main je poursuis en master, spécialisation en physique des particules, me destinant à la recherche fondamentale, avec une passion pour l'antimatière. Cette spécialité n'étant pas représentée à l'université où j'étudie actuellement, je vais devoir soit déménager soit m'expatrier l'année prochaine, à Genève probablement, pour viser le CERN et un doctorat au grand désespoir de ma maman.
Lors de ma deuxième année de master à l'université, j'ai vécu mon premier grand amour. Sylvain, un grand échalas aussi fin que je suis massive, s'est rapproché de moi assez timidement. Très doué en physique, il m'a aidée à comprendre quelques concepts un peu ardus, avec patience, semblant totalement ignorer mon corps. Un cérébral, drôle, délicat, c'est lui qui venait à ma rencontre, alors je me suis prise à rêver qu'il pourrait se passer quelque chose entre nous. Au gré de nos longues conversations, toujours après les cours, il m'a expliqué sa passion pour le vélo, sport qu'il pratiquait depuis l'âge de 14 ans, dans un club de la région qui souhaitait créer une équipe féminine. Sans fausse pudeur, Sylvain m'a expliqué qu'au vu du diamètre de mes cuisses je devais développer une grande puissance sur un vélo et que je devrais essayer. Je l'ai donc accompagné un matin à son vélo-club et y ai rencontré coach et entraîneur, des types sympas et sans aucun préjugé quant à ma stature. Rapidement je me suis retrouvée les fesses sur un vélo, pour un test de puissance/endurance sur un home trainer adapté.
Stupéfaction chez les deux testeurs, j'approchais d'assez près les valeurs de coureurs régionaux chevronnés. Tout a été mis en œuvre pour me faciliter les entraînements, horaires, matériel, si bien qu'après trois mois j'ai été inscrite à un critérium régional dont j'ai gravi la troisième marche du podium, déclenchant quelques commentaires jaloux voire indécents. J'ai pris goût à ce sport et me suis organisée pour le mener en parallèle de mes études de physique, pour le plus grand bonheur de Sylvain, avec qui je m'entraînais sur route régulièrement et qui parfois peinait à me suivre sur le plat. Dans les bosses, je souffrais terriblement, mon poids me rappelant alors les règles incontournables de la gravité. Ces efforts soutenus m'ont aidée à affiner et affermir un peu ma silhouette, restant tout de même plus proche de celle d'un bûcheron que d'une danseuse étoile. Souvent, après un entraînement en commun, je me douchais dans la salle de bains de son studio d'étudiant près de l'université, il me voyait donc régulièrement en sous-vêtements mais cela n'avait pas l'air de l'intéresser ni de le repousser, il riait simplement de mon bronzage alterné, cuisses et bras hâlés versus blanc laiteux pour le reste du corps. Un soir pourtant, je finissais de me rhabiller pour partir quand je l'ai vu sortir de la douche, son sexe au garde à vous.
Mue par je ne sais quelle pulsion nouvelle, irrépressible, fébrile et presque tremblante je me suis approchée de lui et lui ai demandé de m'embrasser. 
-             T'embrasser ? Mais…mais…c'est que…
-             Moi non plus Sylvain… moi non plus…Alors viens !
Quelques minutes plus tard il avait fait de moi une femme, mon entrecuisse poisseux et mes seins encore douloureux témoignaient de cette première étreinte pour nous deux. Fougueux, Sylvain m'a prise encore une fois, et j'ai joui intensément, mes jambes autour de ses reins pour être pénétrée au plus profond de mes chairs et sentir le fouet de son sperme. Ivre de plaisir, j'ai appelé ma mère pour dire que je ne rentrais pas dormir, elle m'a juste répondu :
-             Sois heureuse ma fille, tu le mérites bien !
Sylvain m'a fait l'amour encore deux fois cette nuit-là, je flottais sur un nuage. Les cours du lendemain ont été difficiles, nous nous regardions sans cesse, nos yeux remplis d'inavouables envies. Beaucoup de nos amis ont remarqué notre attitude, quelques commentaires disgracieux ont été formulés mais rapidement notre idylle s'est fondue dans le quotidien estudiantin, plutôt tolérant en matière de relations humaines.
Au bout de quelques semaines je m'étais enhardie, et à plusieurs reprises j'ai entraîné mon amoureux dans des lieux discrets pour qu'il me lutine. De me découvrir nue sous ma robe l'excitait terriblement et il me baisait comme un soudard, sans retenue, recherchant uniquement notre plaisir et j'adorais cela. Retourner en cours l'air concentrée alors que le long de mes cuisses s'écoulait la semence que dégorgeait mon sexe encore luisant d'excitation me faisait me sentir femme, désirable et désirée, oubliant mon corps si peu féminin aux dires des jalouses.
Au bout de six mois j'ai présenté Sylvain à ma mère, enchantée de notre relation, du sport en commun, elle nous voyait déjà mariée et s'imaginait grand-mère. J'étais au sommet du bonheur, amoureuse, épanouie, étudiante brillante et sexuellement comblée par un amant insatiable, la vie me souriait. Et puis il y a eu ce 20 novembre, date qui pour le commun des mortels n'a aucune connotation particulière, sauf à se prénommer Edmonde, sainte du jour selon certains calendriers.
A l'approche des examens, Sylvain et moi avions un peu espacé nos rencontres afin de nous concentrer sur nos études. Je révisais chez moi mais il était toujours le bienvenu à la maison et y venait dormir assez régulièrement, nous faisions l'amour discrètement pour éviter à ma maman de subir les sons de nos ébats…Un après-midi, je travaillais dans ma chambre lorsque j'ai constaté que Sylvain avait oublié son smartphone sur la table de chevet. Il a vibré quelques fois mais je n'y ai pas prêté attention, jusqu'à ce qu'un message insistant soit accompagné de plusieurs photos aux commentaires sans équivoque. On y voyait plusieurs selfies de Chloé, une étudiante de notre volée avec qui nous n'avions que peu de contacts (enfin, c'est ce que je croyais…), à quatre pattes sur son lit, sa jupe relevée, ses mains écartant ses fesses nues.
J'ai adoré quand tu m'as enculée, et ça doit être plus facile qu'avec ton boude à gros cul pour trouver le trou ! Tu reviens quand, me prendre comme la salope que je suis ? J'ai envie de ta queue entre mes petites fesses !
J'ai eu l'impression que mon cœur s'arrêtait, que tout s'effondrait sous mes pieds. Sylvain, si attentionné, si gentil avec moi, me trompait avec Chloé, une petite bourge en minijupe portant sans soutif des tops arachnéens, je ne pouvais certes pas rivaliser sur la plastique, mais question sexe c'est plutôt moi qui l'avais déniaisé, Sylvain, même si je refusais de me faire sodomiser ou de le laisser se répandre dans ma bouche mais que cela ne semblait pas le frustrer.
J'ai balancé le téléphone contre le mur et me suis mise à hurler, ma mère accourue au triple galop a compris me voyant en larmes, elle a été incroyable de compréhension et d'empathie alors que j'étais anéantie. Je suis restée trois jours enfermée dans ma chambre, incapable de bouger. Sylvain a essayé de me contacter, puis il est venu à la maison où ma mère l'a reçu plutôt fraîchement, en lui rendant son téléphone fracassé accompagné d'une lettre de ma part. Dans cette missive de rupture au vocabulaire ordurier je lui préconisais de se concentrer sur l'enculage de sa pimbêche, précisant que plus jamais il ne devrait m'approcher ni m'adresser la parole. Heureusement que c'était ma dernière année avant de partir étudier ailleurs, sinon le croiser chaque jour durant encore trois ans m'aurait été insupportable. Je n'ai pas démissionné du club cycliste, mais me suis organisée pour ne pas l'y rencontrer, avec l'aide des entraîneurs qui se sont montrés compréhensifs et n'ont fait aucun commentaire.
Donc, avant de rentrer chez ma mère, je me suis arrêtée chez Fabienne et Éric pour y déposer les clés. Comme espéré elle était à la maison ce lundi-là, et s'est d'abord montrée étonnée, presque mal à l'aise en m'ouvrant la porte.
-             Julie ? Oh…mais quelle bonne surprise…Il y a bien longtemps que je ne t'avais pas revue ! Mais…mais…je ne m'attendais pas à ta visite. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Entre !
Fabienne m'a fait la bise très chaleureusement, et j'ai sorti le trousseau de clé de mon sac. 
-             Oh ! Magnifique ! Tu es un amour, Julie, vraiment ! Éric m'a déjà appelée trois fois, enragé de ne pas trouver ses clés, m'accusant presque de les avoir rangées ! Quelle mauvaise foi ! Mais comment tu as su que ce sont les siennes ?
-             Regarde, porte-clé du lycée, figurine de nageur, ce n'était pas bien compliqué à deviner.
-             Tu es adorable de les avoir rapportées, merci Julie, merci ! Il est midi, tu veux manger ici ? Éric ne rentre pas et je n'irai au magasin que vers 14h.
Ma mère travaillait, je n'avais rien de prévu alors j'ai accepté de bon cœur, ça me changerait un peu les idées. Le repas cuisiné par Fabienne était un régal, et j'ai mangé d'un bon appétit, n'ayant guère à me soucier de ma ligne d'autant que ma déprime sentimentale m'avait fait perdre quelques kilos.
-             Tu fais honneur à ma cuisine, bravo !
-             Oui, un peu trop peut-être, mais comme tu peux le voir je n'ai pas vraiment à me soucier de ma silhouette, j'ai déjà essayé des régimes mais ça ne sert à rien, grosse je suis née et grosse je resterai.
-             Oh ! Ne dis pas de pareilles horreurs Julie, tu n'es pas « grosse ». Tu as un corps solide, c'est vrai, mais tu as une peau magnifique, des yeux…irrésistibles, tu respires la santé, tu es sportive, et tes rondeurs te vont plutôt bien surtout si tu les assumes. Regarde, moi aussi j'ai des cuisses de catcheur et un fessier de crémière, mais je les mets en valeur plutôt que d'essayer de les cacher ! Tu sais, les mecs ils aiment aussi les rondes, crois-moi, un peu de dentelles et ils sont au garde à vous !
J'ai éclaté de rire, Fabienne aussi, je ne la connaissais pas vraiment mais elle me plaisait de par son côté naturel et sans tabous, qui me parlait comme à une bonne copine.
-             Regarde mes pièges : Tu vois, ce n'est pas compliqué…! 
Et là, toujours en riant, Fabienne a relevé complètement sa jupe découvrant une lingerie plutôt « coquine » que jamais je n'aurais imaginé qu'elle puisse porter, bas, porte-jarretelles, string minimaliste, j'en étais muette.
-             Tu vois, malgré mes grosses cuisses je t'assure que j'ai des arguments pour attirer ces messieurs quand j'en ai envie, et je peux te dire qu'ils viennent ! 
J'ai eu de la peine à dissimuler ma gêne, et j'ai dû devenir rouge tomate.
-              Mais…Fabienne, tu…tu es mariée, je ne comprends pas bien…Éric, il sait que…enfin je veux dire que…
-             Oh Julie, mais Éric et moi on a un peu chacun notre vie après tant d'années de mariage ! Lui il trousse ses collègues dont certaines sont plutôt délurées, et moi disons que…que je m'organise. Voilà. Je sais qu'il me trompe, il sait que j'offre parfois mes charmes à d'autres mais nous restons ensemble et on fait même l'amour assez régulièrement. Tu sais, nous n'avons malheureusement pas pu avoir d'enfants, alors nous pouvons donner libre cours à notre sexualité sans devoir rendre de comptes.
Cette fois j'ai dû virer au rouge écarlate, car Fabienne a eu l'air un peu déstabilisée par ma réaction.
-             Oh Julie, excuse-moi si je te choque…Je suis très maladroite tu sais, pour toi dont le père est parti sans crier gare en plantant ta mère, tu dois trouver mes petites histoires vraiment indécentes. Je suis désolée, Julie.
Fabienne a pris mes deux mains dans les siennes lorsqu'elle a vu mes larmes rouler sur mes joues.
-             Mais quelle conne je suis…Julie, s'il-te-plait, dis-moi quelque chose, je m'en veux de t'avoir mise mal à l'aise…Tu pleures…J'ai honte Julie, vraiment…
Se précipitant vers moi elle m'a serrée dans ses bras, me laissant pleurer sur son épaule. J'ai repris un peu contenance, mais il est vrai que de l'entendre encenser les amours adultères m'avait profondément déstabilisée, je revoyais la photo de la petite salope qui montrait son cul par téléphone et m'avait piquée mon Sylvain, dont j'étais sûre qu'il m'adorait. J'ai raconté cela à Fabienne, encore un peu sanglotante, mais au point où j'en étais…
-             Quel con ! Tu sais Julie, les mecs ils sont quand même un peu tous pareils, ils aiment d'abord leur bite et cherchent à la fourrer partout, l'amour pour eux ce n'est pas comme pour nous, les femmes. Mais tu es jeune, l'avenir t'appartient et tu sauras en séduire d'autres, je te le garantis ! Tu es ravissante, plus qu'intelligente, et les mâles ils te mangeront dans la main si tu sais y faire, et si tu le souhaites je peux même t'y aider parce que j'ai un peu d'expérience avec ces messieurs !
Ses paroles m'ont fait un bien fou, son enthousiasme et sa sincérité aussi, j'avais l'impression de me découvrir une copine alors qu'elle avait en tout cas vingt ans de plus que moi et qu'elle m'avait connue gamine, je crois même que c'est elle qui m'avait appris à nager à l'époque où mon père était encore à la maison.
-             Désolé de m'être épanchée chez toi, Fabienne, mais cette rupture m'a vraiment secouée, c'était la première alors…Bon, je vais te laisser, tu as sûrement autre chose à faire que d'écouter mes peines de cœur ! Merci encore pour le repas, et à un de ces jours peut-être ?
-             Oh là jeune fille, tu me sembles bien pressée ! Le magasin est fermé le lundi, j'y vais quand je veux et je t'assure que ton histoire m'a émue, personne ne mérite qu'on lui mente comme ce Sylvain l'a fait avec toi. Je t'ai connue presque bébé et aujourd'hui c'est une jeune femme épanouie que je retrouve, aussi sensible que solide, dure au mal, brillante intellectuellement, alors je serais ravie si tu passais de temps à autre discuter un moment, boire un café ou même manger avec moi. Pas besoin de t'annoncer, tu sonnes et tu verras bien si je suis là ou pas. 
-             Oh c'est adorable Fabienne, mais je ne crois pas que j'oserai venir te casser les pieds, tu as un mari, un magasin, des activités…alors venir te pleurer dans le gilet….
-             Bon, puisque tu es têtue comme une mule, on va faire autrement. Lundi dans deux semaines, tu viens à mon magasin à 11h30. On grignotera une petite bricole et après je veux te proposer quelque chose, j'y pense depuis un bon moment mais comme je n'ai pas encore tous les éléments pour t'en parler avec précision je pensais t'appeler plus tard, mais puisque tu es là…D'accord ?
-             Mais…mais…Fabienne, je suis juste venue te rapporter les clés de ton mari, pas te demander quoi que ce soit, tu…
Avant que je n'aie pu continuer, Fabienne m'a saisie par les épaules et m'a serrée contre elle avant de plaquer deux bises sonores sur mes joues.
-             Tout à fait Julie, tu as entièrement raison. Alors à lundi dans deux semaines, comme on a dit ! Bon après-midi !
Je me demandais bien ce que Fabienne avait à me proposer, mais je ne risquais pas grand-chose en retournant la voir pour en savoir un peu plus. Ces deux semaines se sont déroulées assez calmement, je reprenais goût au quotidien, j'ai même croisé Sylvain, l'air penaud, qui n'a pas cherché à me parler. C'est moi qui l'ai abordé.
-             Salut, toujours en couple avec Miss petit Cul ? Tu es devenu le roi de l'enculage ?
Il est devenu tout pâle et les mots se sont un peu bousculés dans sa bouche.
-             Euh…bonjour Julie…Je…Je ne sais pas quoi dire…J'ai été un salaud…Chloé c'était…enfin je veux dire…
-             Qu'elle t'a offert son cul, je sais, mais c'est la loi de la concurrence. Dommage que tu n'aies pas osé me le dire.
-             Non…non…Chloé elle m'a déjà largué…elle est…c'est une…Mais c'est toi que j'aime Julie, je te jure ! Tu me manques, j'ai été le dernier des cons…Tu crois que…
Je ne voulais pas me laisser entraîner dans des salades à deux balles alors j'ai coupé court à la discussion.
-             Trop tard, Sylvain… ! Mais je te fais confiance pour en retrouver une au cul encore plus accueillant. Allez, salut et bonne journée.
Je l'ai planté là et ai continué mon chemin, sans me retourner. J'ignore si ce sont les propos de Fabienne qui m'avaient stimulée, mais je me suis d'un coup senti forte, décidée, chasseuse plutôt que proie, de cette rupture je voulais tirer profit, pas me lamenter sur mon sort à l'infini.
Le lundi je me suis présentée comme convenu au magasin de Fabienne. Sans raison particulière, je m'étais vêtue avec plus de soin que d'ordinaire, une robe longue boutonnée assez ample, des sandales à talon et même des boucles d'oreilles alors que je n'en portais que rarement. J'avais opté pour un maquillage mettant mes yeux en valeur, même si c'était complètement idiot.
-             Mais tu es ravissante, Julie, magnifique ! Tu fais plaisir à voir, vraiment ! Viens, entre et referme la porte derrière toi.
J'ai suivi Fabienne jusqu'à l'arrière du magasin, là où se trouvaient à la fois les réserves et les deux cabines d'essayage, ainsi qu'une petite pièce de repos équipée d'un joli coin cuisine, d'un canapé et d'un fauteuil.
-             On va d'abord manger, et après je t'expliquerai pourquoi tu es là. Bon appétit !
Fabienne avait préparé un repas froid mais absolument délicieux, avec salades de légumineuses, fruits, fromage, un régal. Je l'ai aidée à débarrasser, à ranger la vaisselle, impatiente de connaître la suite. Fabienne a servi deux cafés, et a planté son regard dans le mien.
-             Julie, cela fait un moment que je me tiens au courant de tes résultats à vélo, et tu te débrouilles plutôt bien, surtout en menant en parallèle des études aussi exigeantes que les tiennes. Je suis venue assister à tes courses plusieurs fois, mais je ne crois pas que tu m'aies vue tellement tu étais concentrée sur ta compétition, ce qui est normal.
Tu peux le constater, dans mon magasin, je propose la marque Probike Racers qui est plutôt du haut de gamme, mais le fabricant me demande d'augmenter les ventes pour les tenues féminines sous peine de me retirer la concession. Il y a quelques années, lorsque moi aussi je pratiquais le vélo de compétition, c'était plus facile, on venait me trouver au magasin et je faisais la promotion de la marque. Maintenant je suis trop vieille, je ne cours plus, et la cible ce sont les jeunes athlètes pour lesquelles je cherche une ambassadrice idéale. Tu la connais.
L'intensité du regard de Fabienne m'a scotchée, elle avait un regard puissant, quasi magnétique, presque hypnotique, qui contrastait avec son sourire d'une grande douceur et sa voix chaude, presque sensuelle. Quelle femme ! Je la découvrais, et j'ai eu un petit moment d'hésitation face à ce charisme peu ordinaire, voire imposant.
-             Oh…Tu m'impressionnes, Fabienne, on ne doit pas beaucoup oser te résister quand tu regardes les gens comme tu me regardes ! Je me sens comme une petite fille ! Si c'est à moi que tu as pensé, c'est très gentil et j'en suis flattée mais je ne suis qu'une compétitrice régionale, et ce n'est sûrement pas moi avec mes grosses fesses et mon 95E qui vais faire décoller les ventes ! Je vais plutôt faire honte à la marque !
-             Tu te trompes ma jolie, complètement. Tu devrais le savoir, toi, mieux que tout le monde, les femmes rondes se mettent désormais au sport sans complexes et veulent aussi un accès aux tenues haut de gamme, nous avons nos mannequins, nos blogs... Regarde Julie, tu as vu ma carrure ? Mes seins ne sont pas beaucoup plus petits que les tiens, quant à mes fesses…Et puis je vais être franche avec toi : je veux une femme, une vraie comme toi, avec un cul et des nichons qui font bander les mecs, pas une planche à pain de 35 kg dont les os vont crever son cuissard et son maillot. Je t'assure Julie, tu es la candidate idéale, tu es magnifique, tes rondeurs font bien plus envie que pitié, je te le jure !
Je suis restée muette devant sa détermination, son langage direct et sans filtre, n'étant pas sûre de ce qu'elle attendait de moi. Elle a continué à me sourire tout en me transperçant de son regard désormais brillant d'une lueur étrange que j'avais de la peine à interpréter.
-             Alors, Julie ? Intéressée ? Tu me fais confiance ?
-             Fabienne, je n'ai aucune raison de ne pas te faire confiance, mais je ne suis pas sûre d'avoir compris ce que tu me demandes. 
-             C'est normal, ma chérie (j'ai sursauté à ce mot, que personne d'autre que Sylvain n'avait jamais prononcés pour moi) parce que je ne te l'ai pas encore dit. Alors voilà. Pendant une année, la marque Probike Racers te fournit cuissards, maillots, coupe-vent, cagoules, manchettes, jambières chaussettes et gants, sauf erreur de ma part trois exemplaires de chaque. En échange, tu viens travailler avec moi tous les samedis au magasin, de mi-mars à septembre qui est en gros la saison cycliste et tu assures la promotion de la marque dans ma boutique. Si tu as une compétition pas de problème, c'est prévu, bien que les courses cyclistes amateurs se déroulent plutôt le dimanche. Enfin, avant que tu ne me poses la question, je te paierai tes heures – on discutera salaire quand tu auras accepté - avec un pourcentage sur les ventes si elles sont bonnes. Maintenant je t'ai tout dit. Rassure-toi, je ne te demande pas une réponse tout de suite, j'imagine que tu dois réfléchir, en parler à ta mère, à ton club car tu vas faire un peu de pub etc. On est en décembre, donc pour le vélo c'est calme, alors je te laisse jusqu'à la mi- janvier pour me répondre. Ça te va, ma beauté ? (Décidément, elle était créative en matière de surnoms…)
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Moutcho
20 janvier 2025 à 16:36
Très très intéressant j'ai vraiment hâte de lire la suite
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