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✦ Kitch Une lente dérive XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Une lente dérive — Chapitre 2

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13.4k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Kitch
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Une lente dérive

Chapitre 2

Une lente dérive (2)
La vie continuait et je ne cessais de penser à cette femme, à son visage, à son corps. Elle hantait mes nuits, je n’arrivais pas à dormir correctement et à l’oublier, je pensais à elle chaque fois que mon esprit n’était pas occupé et j’imaginais des scènes pleines de romantisme. Je m’en voulais de ne pas l’avoir suivie quand elle était partie, j’étais concentré sur son physique et sur l’aura qu’elle dégageait. J’aurais pu voir un véhicule, un immeuble, un bus, un train ... j’aurais pu avoir un indice quelconque qui m’aurait indiqué une direction dans laquelle chercher, mais je n’avais rien. Je profitais de mes insomnies pour élaborer les plans les plus fous afin d’essayer de renouveler ne serait ce qu'un contact visuel voir par miracle une véritable rencontre. Je partais du principe que si elle était venue à cette brocante, c’est qu'elle devait habiter dans cette ville ou à proximité et je me donnais comme périmètre d’actions un cercle de 50 kilomètres de diamètre alentour.
Cela donnait un nombre de villes et villages important ainsi qu'un nombre impressionnant d’habitants, entre 200 voire 300000 individus, mais je me devais d’essayer afin de la revoir. Je décidais donc d'y consacrer désormais tout mon temps libre. C’était un peu comme rechercher une aiguille dans une botte de foin, mais le jeu en valait la chandelle, elle était devenue mon Graal, ma raison de vivre, l’objet de mes désirs et de mes pensées. Ma stratégie était simple : prendre désormais les transports en commun pour arpenter la ville, me promener dans tous les centres commerciaux existants dans ce périmètre, un à deux par jour après les heures de travail ainsi que le samedi et en décalant chaque semaine le jour. Enfin, aller dans toutes les brocantes ou manifestations ayant lieu dans ces villages pour les dimanches et jours de fête.
Je m’y attelais sans relâche des mois entiers en gardant espoir, mais le résultat n’était pas à la hauteur de mes espérances, et je dois l’avouer, ma stratégie n’était pas efficace. Pendant un an, j’ai déambulé de partout et aucun lieu ne m’était plus désormais inconnu, mais rien, beaucoup de monde, mais pas celle que je recherchais. Mon dernier espoir était la brocante où je l’avais vue la première fois. Je me levais tôt ce jour-là pour arriver en même temps que les camelots et être certain de voir toutes les personnes qui viendraient déambuler. Je m’étais posté à l’entrée de la zone, scrutant sans cesse tous ceux qui arpentaient le bitume, oubliant de boire et manger, trop concentré sur ma recherche visuelle. Les heures passaient trop vite et tard le soir quand tout le monde fut parti, je dus me rendre à l’évidence qu'elle n’était pas venue. Je persistais encore quelques mois avant de me faire une raison et d'alléger les contraintes que je m’étais fixées.
La vie reprenait lentement son rythme et pour occuper mon esprit et essayer de tourner la page je m’abonnais dans une salle de sport. C’est là qu'au bout de quelques mois je fis la connaissance d’une jolie jeune fille qui venait régulièrement à la salle et qui habitait la proche banlieue. Elle s'appelait Marie. Elle égayait mes journées ainsi que mes nuits et prit la place de celle qui m’avait envoûté jusqu’à ce jour. Nous étions jeunes tous les deux, insouciants, profitant de chaque instant. Pendant les huit premiers mois, nous avons appris à nous connaître, à nous découvrir, recherchant nos centres d’intérêt commun et accepter nos divergences. Tout était au beau fixe et je la présentais à ma famille qui fut enchantée de la voir et de savoir que c’était elle qui me rendait heureux. De son côté, elle n’était pas en reste et voulait me présenter aussi à ses parents. Elle avait deux frères, un aîné de 1 an et un plus jeune qu’elle de 10 ans.
Trois mois plus tard, elle m’invita donc chez elle à un repas de famille. C’était le grand jour et j' étais un peu inquiet et angoissé, car je ne les avais jamais vus. Assister à tout un repas avec eux n’était pas forcément ce que j’aurais espéré étant d’un naturel plutôt timide, j’aurais largement préféré une visite éclair, juste pour faire connaissance. Le jour prévu, je me mis sur mon trente et un sans toutefois trop vouloir en faire, le but étant de ne pas décevoir Marie et ses parents sans avoir l’air trop guindé, ce qui ne me correspondait pas. L’inquiétude me gagnait au fur et à mesure que l’heure avançait et le trac s’emparait de moi. Marie m’avait donné l’adresse et je me dirigeais assez facilement vers une maison coquette, mais sans extravagance dans la proche banlieue. J’avais les mains moites et je grelottais alors que la température avoisinait les vingt-cinq degrés. Je sonnais et fus soulagé de voir Marie dans l’embrasure de la porte.
Je n’aurais pas ainsi à affronter directement ses parents, elle serait là pour m’accompagner dans cette épreuve. Dans le hall, je fis tout d’abord la connaissance de son père, un homme a priori charmant, tout sourire, qui m’invita à passer au salon.
— Je te présente mon père Arthur.
— Enchanté, dis-je, je m’appelle Michel.
— Enchanté. Alors c’est vous qui monopolisez ma fille ? Bienvenue chez nous. Rentrez, passons au salon.
— Merci.
Sa mère était à la cuisine et elle arriva quelques minutes plus tard tenant dans les mains un plateau garni de petites bouchées pour l’apéro. Et là, ce fut le choc ! Je devins pâle, livide, au bord de l' évanouissement. Celle qui se tenait devant moi, cette femme qui était la maman de Marie n’était autre que ma muse, l’objet de tous mes désirs enfouis depuis deux ans maintenant dans mon subconscient. J’étais sonné incapable de dire un mot, totalement hébété.
— Bonjour, dit-elle, tout sourire, enchantée de faire votre connaissance.
— B... e... h... aucun mot cohérent ne pouvait sortir de ma bouche, j’étais paralysé, foudroyé sur place.
— C’est moi qui vous fais cet effet-là, jeune homme ? s’exclama-t-elle en riant.
— Maman ! Arrête. Tu ne vois pas qu' il est impressionné par vous deux et il angoisse depuis plusieurs jours.
Heureusement, Marie était venue à mon secours. Je devais être rouge comme une pivoine tellement j’avais honte de mon attitude, mais avec son aide, je reprenais doucement mon assurance et mes couleurs et je pus me présenter et nouer la conversation.
Nous enchaînâmes apéro et repas en discutant de choses banales. Le repas était succulent, je regardais souvent la mère de Marie, mais je demeurais étonné de ne pas rencontrer ses deux frères. Plus tard, Marie m’apprit que son frère aîné était en fait son demi-frère et qu'il avait quitté la maison à l’âge de 12 ans pour vivre chez sa grand-mère. Quant au dernier, il devait très certainement être dans le village avec ses copains. Je trouvais cela étonnant qu’ils ne soient pas venus pour ce repas de famille, mais le gardais pour moi. Ce jour-là, j’appris que celle qui avait hanté mes jours et mes nuits s’appelait Patricia.
En rentrant chez moi, le soir, j’étais fatigué, mais hyper-satisfait de ma journée. J’étais en pleine euphorie et avais l’impression d’avoir gagné une médaille d'or aux Jeux olympiques, mais ce qui me rendait heureux n’avait rien a voir avec le sport. C’était simplement le fait d’avoir réalisé le rêve de ma vie : retrouver celle qui m’avait ébloui par sa beauté et son charme. Certes j’avais eu un immense passage à vide, je m’étais comporté comme un adolescent devant elle, mais Marie m’avait bien aidé à me ressaisir. Je ne lui avais jamais parlé de ma muse et de ce jour qui m’avait marqué à jamais. Et même si je l’avais fait, je n’aurais jamais pu lui avouer que celle-ci était en fait sa mère. Cela faisait partie de moi, c’était mon secret, personne ne le savait et je ne lui avouerais jamais. J’avais noté aussi que Patricia ne se souvenait pas de moi. Pourquoi d’ailleurs l’aurait-elle fait ?
Je n’étais qu' un visage parmi tant d’autres qu' elle n’avait croisé dans la rue que quelques secondes.
Quelques mois plus tard, Marie et moi nous emménageâmes ensemble dans mon appartement. Nous vivions le parfait amour. Sa mère qui m’avait obnubilé et occupé mes pensées ces dernières années ne tenait que le second plan désormais, mais c’était quand même une place de choix dans mon cœur. Elle était mariée, avait des enfants et semblait heureuse de sa vi. Je ne représentais à ses yeux que le petit copain de sa fille.
De temps à autre, nous allions chez les parents de Marie pour leur rendre visite, voire déjeuner. Je profitais de ces instants-là, pour essayer de mieux connaître ma belle-mère. J’ai appris beaucoup de choses sur elle, mais je dois avouer ma difficulté à la comprendre et je ne suis pas certain même après 23 ans de pouvoir y arriver un jour. D’un côté, il y a son physique doux, chaleureux, un ange à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession, avec un charme fou qui émane d’elle et de l’autre son comportement ou savoir être qui pour moi semble être à l’opposé. Dès le premier jour, je m’étais interrogé sur les deux frères de Marie. Comment et pourquoi un enfant de 12 ans peut-il décider de quitter sa mère pour vivre chez sa grand-mère ? Quelle mère pourrait supporter cela ? Pourquoi un enfant de 10 ans joue dans la rue un dimanche midi et ne vient pas déjeuner à la maison ?
Cela me tourmentait, mais je compris assez rapidement que Patricia n’était pas très famille et était plutôt d’un naturel « sauvage". Elle avait des enfants et un mari, mais elle aimait aussi son indépendance. Je la comparais à une chatte, créant une famille, mais sans trop s’y attacher, préférant sevrer rapidement ses petits pour retrouver sa liberté de mouvement. Patricia n’était pas la seule fautive, il y avait aussi Arthur, mais pour moi, la mère reste le liant de la famille, celle qui a donné la vie et qui transmet les valeurs familiales. Plusieurs fois au cours des mois qui suivirent, je fus confronté à des situations un peu ubuesques. Un jour que nous venions leur rendre visite, une visite annoncée depuis plusieurs jours, nous avons trouvé porte close. En partant, nous rencontrâmes son petit frère qui nous informa que Patricia et Arthur étaient partis à une foire dans une ville située a 5o kilomètres de là, le laissant seul.
Patricia lui avait laissé 10 euros pour qu’il puisse s’acheter à manger, même son repas n’était pas prêt. Marie ne semblait pas étonnée et ne paraissait nullement inquiète, elle était habituée à cela. Une autre fois, elle nous invita, et au moment où nous arrivions, elle est partie faire des courses nous laissant seule avec Arthur en tête-à-tête et ne revenant que tard le soir. Et que dire du premier Noël que nous avons passé avec eux à mon invitation. Je me suis retrouvé face à une famille en partie désunie. Le grand frère absent (je ne le rencontrerais que quatre ans plus tard), le plus jeune qui ne fit que passer pour aller je ne sais où, et des parents qui n’étaient nullement dérangés de tout cela en ce jour de Noël. Tout cela me laissait interrogatif et m'énervait, mais son charme m’envoûtait et compensait ses autres défauts. Un seul regard permettait de m’apaiser.
Le temps passait et j’arrivais à m’accommoder à cette façon de vivre sans toutefois l’accepter. Nous arrivions à faire trois voire quatre repas avec ses parents chaque année, le plus souvent chez nous, mais parfois aussi chez eux. C’est au cours de l’un deux qu'il se produisit un événement qui fut le déclencheur de notre situation si particulière.
Nous étions réunis autour de la table quand mon beau-père entra dans la pièce, un peu énervé.
Il reprochait à Patricia de ne pas avoir fait les courses correctement et d’avoir oublié d’acheter une bouteille de vin comme il lui avait demandé. Et que bien évidemment il n’y aurait pas de vin à table ce midi. Le ton était dur et ferme, le regard sombre et perçant qui aurait pu tuer s'il avait été un revolver. Je n’avais jamais vu mon beau-père en colère et je pense que dans ces moments-là et il vaut mieux ne pas se trouver à proximité.
J’essayais d’intervenir en disant que ce n’était pas grave et que l’on boirait de l’eau, mais il ne m’écoutait pas et me fusillait de son regard. Il continuait à vociférer et à aboyer contre sa femme en disant que ce n’était pas la première fois, qu’il ne pouvait pas lui faire confiance. C’était particulièrement violent, sa voix était forte, ce qui me dérangeait c’était surtout le fait qu'ils n’étaient pas seuls. Marie elle aussi tenta d’amadouer son père et elle réussit à apaiser la situation l’amenant prendre l’air sur la terrasse. J’étais gêné d’avoir assisté à cette scène qui pour moi était du domaine privé et avait été très violente en paroles. Elle n’était pas en adéquation avec l’erreur commise qui me paraissait être une broutille. J’étais gêné aussi pour Patricia, elle ne disait rien, je la voyais se replier sur elle-même comme si elle voulait laisser passer l’orage, ses yeux étaient légèrement brumeux à la limite des larmes.
Tout le monde finit par se mettre à table et Marie prit les commandes pour faire le service et tenter de faire oublier l’incident. Malgré tout, Arthur continuait d’envoyer des pics de temps à autre. Je ne sais pas ce qui s’était passé avant notre arrivée, mais je soupçonnais qu'il y avait eu un autre événement déclencheur. J’étais peiné chaque fois que je regardais Patricia, je la sentais fragile, très touchée par la situation et meurtrie dans son for intérieur. J’aurais voulu me lever et la prendre dans mes bras pour apaiser ses angoisses, lui montrer qu'elle n’était pas seule et pouvoir la réconforter, mais je ne pouvais faire cela devant tout le monde. Personne ne comprendrait mon attitude, d’un autre côté je ne voulais pas rester sans rien faire.
Alors n’écoutant que mon courage ou plutôt devrais dire mon inconscience, je fis un geste que je considère aujourd’hui comme déplacé et totalement inapproprié, un geste qui aurait pu me valoir la perte de ma bien-aimée, une bonne correction de mon beau-père et une paire de gifles de ma belle-mère. J’aurais pu perdre tout ce que j’avais de plus cher en l’espace d’une fraction de seconde. Mais c’est mon corps tout entier qui réagissait, mon cerveau était déconnecté.
Sans même réfléchir, j’étirais mes jambes vers la chaise de ma belle-mère qui était assise en face de moi et emprisonnais un de ses pieds entre les miens. Je ne respirais plus, mon cœur battait très fort, j’étais en apnée, personne sauf Patricia ne voyait ou ne sentait ce contact contre nature. J’attendais ainsi plusieurs secondes qui me paraissaient des heures tant la tension était élevée, mais elle ne bougeait pas, ne disait rien, continuant de fixer son assiette. Ce que je ne pouvais faire à la vue de tous, je le réalisais sous la table en enserrant une infime partie de son corps avec pour objectif de la réconforter et lui faire comprendre qu'elle n’était pas seule, que je comprenais sa douleur et la partageais. Elle acceptait cet attouchement sans bouger et cela me rassurait. Je pouvais à nouveau respirer et retrouver mon calme intérieur.
Il n’y avait dans ce geste rien de sexuel ou avec une connotation pleine de sous-entendus, il n’y avait que deux êtres dont l’un tentait de réconforter l’autre. C’était un geste d’amitié un peu comme on se serre parfois la main sans rien dire, juste un mouvement physique qui à lui tout seul permet de passer de multiples messages. Durant tout le repas, nous restâmes ainsi, et progressivement je la voyais retrouver vie. Au moment de servir le café, elle dégagea son pied, se leva pour aller en cuisine et revint avec les tasses pleines de café fumant. Elle reprit sa place calmement sans aucun geste brusque et son pied sans même que je fasse un mouvement est venu se loger entre les miens. Nos regards se sont croisés, nous étions bien tous les deux. Malheureusement, le repas prit fin et il fallut briser ce lien fragile qui nous rapprochait. Au moment de partir, Patricia me fit la bise et sa main est venue se poser et serrer mon avant-bras.
C’était la première fois qu'elle faisait cela, c’était sa façon à elle de me remercier sans avoir à dire un mot.
Durant les deux années qui ont suivi, ce rituel était le même chaque fois qu'il y avait un repas et que nous nous retrouvions assis l’un en face de l’autre. C’était un signe d’union, de franche camaraderie.
A suivre...
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Phil18
16 mars 2026 à 11:32
Cc,à quand une suite je reste sur ma faim de savoir jusqu'à où iront ces 2 là
Soyez respectueux
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Photo de profil de Ornix45
Ornix45
26 février 2026 à 19:53
C'est une belle histoire qui se démarque du genre.
Soyez respectueux
Répondre

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