Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les ex de la même fille — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les ex de la même fille
Chapitre 6
Chapitre 6
Le silence qui suit la lecture du message est pesant, presque étouffant. Le crépitement du bois dans le poêle, qui nous paraissait si apaisant il y a quelques secondes, semble soudainement dérisoire face à la violence de ces mots. Je sens le corps d'Arnaud se raidir contre le mien. Ses doigts, qui caressaient ma main, se sont crispés sur son mug.
— Putain… souffle-t-il, les yeux fixés dans le vide. Elle ne lâchera donc jamais.
Je sens la colère monter en moi, une chaleur différente de celle du feu. C'est une protection instinctive pour lui, pour nous. Elle a touché à ce qu'il y a de plus fragile : ce début d'histoire que nous essayons de construire à l'abri du monde.
— Arnaud, regarde-moi, je lui dis en posant mes deux mains sur ses épaules pour le forcer à se détourner de son écran.
Il lève les yeux vers moi. Ils sont sombres, chargés d'un mélange de honte et de vieille douleur. Léa sait exactement où frapper pour réveiller ses doutes.
— Ne la laisse pas faire ça, je continue d'une voix ferme. Ses mots ne sont que le reflet de sa propre aigreur. Elle voit que tu lui échappes, elle voit que tu es heureux, et ça lui est insupportable. Ce qu'elle a écrit n'est pas la vérité. C'est juste du venin.
Arnaud lâche un rire amer, un son sec qui me fait mal au cœur.
— Un substitut...
— Pas de couilles...
— Pas de couilles...
Elle me connaît trop bien, Jules. Elle sait comment me faire sentir comme une merde en deux phrases.
— Non, elle ne te connaît plus, je le coupe. Elle connaissait l'homme qu'elle pouvait manipuler. L'homme qui est avec moi en ce moment, celui qui a eu le courage de m'ouvrir sa porte et son cœur, elle n'a aucune idée de qui il est. On va faire front, d'accord ? On ne va pas la laisser gagner ce round.
Il prend une grande inspiration, et je vois ses épaules se détendre légèrement. Il pose son téléphone sur le tapis entre nous.
— Tu as raison. On fait quoi ? Je supprime ? Je bloque ?
— Si tu supprimes sans rien dire, elle pensera qu'elle t'a atteint. Si tu bloques, elle criera victoire. On va lui répondre ensemble. Quelque chose qui montre que tu t'en fous, que tu es passé à autre chose, sans même entrer dans son jeu de provocations.
— Si tu supprimes sans rien dire, elle pensera qu'elle t'a atteint. Si tu bloques, elle criera victoire. On va lui répondre ensemble. Quelque chose qui montre que tu t'en fous, que tu es passé à autre chose, sans même entrer dans son jeu de provocations.
On reste là, sur le tapis, à réfléchir pendant de longues minutes. Osiris, sentant la tension, s'est levé et a posé sa tête sur les genoux d'Arnaud, le fixant avec ses grands yeux tristes. Arnaud lui caresse machinalement les oreilles.
— On pourrait lui dire qu'on la plaint d'être aussi malheureuse ? propose-t-il.
— Non, trop agressif, je réponds. Ça montre que tu es encore en colère. Il faut de l'indifférence. C'est l'indifférence qui la tuera.
— Non, trop agressif, je réponds. Ça montre que tu es encore en colère. Il faut de l'indifférence. C'est l'indifférence qui la tuera.
On tourne et on vire les mots dans nos têtes. On discute de chaque adjectif, de chaque virgule. On veut que ce soit court, propre et définitif. Une manière de clore le chapitre Léa une bonne fois pour toutes, non pas par la haine, mais par le bonheur affiché.
— Et si on écrivait juste ça ? je propose après un moment de réflexion.
Je prends le téléphone et je tape quelques mots dans le brouillon. Arnaud lit par-dessus mon épaule.
— Merci pour ton avis, Léa, mais pour la première fois, je ne me suis jamais senti aussi entier et à ma place. Je te souhaite de trouver un jour la même paix que celle que j'ai ici, devant ce feu. La bise à personne.
Arnaud relit le message deux fois. Un petit sourire commence à redessiner ses lèvres. C'est un sourire de victoire, discret mais réel.
— La bise à personne... j'adore, murmure-t-il. C'est parfait. C'est exactement ce qu'il faut. Ça montre que je suis bien, et que sa méchanceté glisse sur moi comme la neige sur un toit.
— Tu te sens de le poster ?
— Tu te sens de le poster ?
Il hésite une seconde, puis ses yeux s'éclairent d'une nouvelle détermination. Il valide le commentaire. On regarde l'écran ensemble. Le message s'affiche juste en dessous de l'insulte de Léa. C'est comme si on venait de poser une barrière infranchissable entre elle et nous.
— Voilà, dit-il en éteignant l'écran pour de bon. C'est fini.
Il pose le téléphone sur le buffet, loin de nous, et revient s'asseoir. Il me prend dans ses bras et me serre si fort que j'en ai le souffle coupé. On reste ainsi, enlacés devant les flammes qui continuent de danser. La sensation de complicité a décuplé. Le fait d'avoir affronté cette première tempête ensemble nous a soudés plus que n'importe quelle longue discussion.
— Merci, Jules, souffle-t-il contre mon cou. Sans toi, j'aurais sans doute tout supprimé et je me serais enfermé dans ma chambre pour ruminer.
— On est une équipe maintenant, Arnaud. N'oublie pas.
— On est une équipe maintenant, Arnaud. N'oublie pas.
On finit nos chocolats chauds, qui ont un peu tiédi mais qui n'ont jamais été aussi bons. Le calme revient dans la pièce, plus profond, plus solide. On regarde Osiris qui s'est rendormi, paisible, sur nos pieds. La menace est passée, et dans cette maison au cœur du Jura, il n'y a plus de place pour les fantômes du passé.
La tension qui avait grimpé avec le message de Léa ne s'est pas évaporée, elle s'est transformée. Elle a muté en un besoin viscéral de se sentir vivants, de se sentir l'un à l'autre, ici et maintenant. Arnaud pose brutalement sa tasse sur le parquet, le liquide manquant d'éclabousser. Sans un mot, il saisit la mienne et la pousse plus loin, ses yeux plantés dans les miens avec une intensité qui me donne le vertige, une flamme sombre y brûlant plus fort que celle du poêle.
D'un mouvement souple et autoritaire, il me fait basculer sur le dos, sur le tapis épais. Le choc est sourd, amorti par la laine, mais mon souffle se coupe quand il se plaque de tout son poids sur moi. Avant que je ne puisse réagir, il saisit mes poignets et les plaque au-dessus de ma tête, verrouillant ses mains puissantes autour de mes mains. Il me surplombe, son visage à quelques centimètres du mien, éclairé par les reflets orangés et mouvants du foyer.
— J'ai grave envie de toi, là tout de suite, souffle-t-il, la voix plus rauque et chargée de désir que jamais.
Je ne trouve pas les mots. Je me contente de me mordre la lèvre inférieure jusqu'au sang, les yeux brillants de défi et d'une faim dévorante, et je laisse échapper un long gémissement sourd, vibrant au fond de ma gorge :
— Mmmmmm...
C'est le signal d'une furie charnelle. On se déshabille à la hâte, dans un désordre de membres et de tissus. Les pulls volent de part et d'autre, les jeans sont dégrafés avec des doigts fébriles qui tremblent d'impatience. On s'arrache littéralement nos vêtements, comme s'ils étaient des barrières insultantes entre nos peaux avides. Ce remue-ménage brusque et bruyant réveille Osiris. Le gros labrador noir nous regarde un instant, l'air un peu perplexe devant cette agitation soudaine, puis, avec la sagesse de son espèce, il se lève et trotte vers le canapé où il s'installe lourdement pour nous laisser à notre intimité, ses yeux se fermant sur le spectacle de notre passion.
Nous sommes nus sur le tapis, à même la chaleur rayonnante du poêle. La peau d'Arnaud est magnifique sous la lueur du feu, ses muscles se dessinant avec une précision athlétique, ses pectoraux puissants se soulevant au rythme de sa respiration saccadée. Je vois son sexe déjà dressé, sombre, fier et imposant, qui bat contre son bas-ventre à chaque mouvement. Le mien n'est pas en reste, tendu vers lui, gonflé par le sang et vibrant à la moindre caresse de l'air chaud.
Arnaud ne perd pas une seconde. Il me fait basculer sur le ventre d'un geste ferme. Ses mains saisissent mes fesses, pétrissant la chair avec une vigueur qui me fait gémir. Il commence à préparer mon petit cul avec une concentration dévorante, ses doigts enduits de salive explorant mon intimité, cherchant à me détendre malgré l'urgence qui nous consume. Ses caresses expertes me font cambrer le dos, mes doigts s'enfonçant et griffant les fibres du tapis alors que je sens son pouce presser le point de ma plus grande vulnérabilité.
— Putain, Jules… t'es tellement serré… murmure-t-il en sentant ma chaleur interne m'envahir.
Soudain, il se rend compte qu'il manque l'essentiel pour notre sécurité. Il jure entre ses dents, un juron rauque, et se relève en courant, ses fesses musclées et fermes s'éloignant vers l'escalier. Il remonte les marches quatre à quatre pour aller chercher les capotes et le lubrifiant restés sur la table de nuit. Je reste là, à bout de souffle, le visage contre le tapis, le sexe vibrant de désir et frottant contre la laine, écoutant le craquement furieux du bois dans le poêle qui semble accompagner mon propre incendie intérieur.
Il revient quelques secondes plus tard, essoufflé, les objets précieux serrés dans sa main. Il s'agenouille derrière moi, déchire le sachet de la capote d'une dent fébrile et l'enfile sur son membre imposant avec une dextérité forcée par l'impatience. Il applique une dose généreuse de lubrifiant, et je sens le froid du gel contraster violemment avec la chaleur incandescente de son corps.
Il se place, le bout de son gland protégé par le latex pressant contre mon entrée qui palpite. Je sens la tension monter d'un cran, mon cœur frappant contre mes côtes.
— Vas-y, Arnaud… je halète, la voix brisée par l'attente. Prends-moi, bordel...
Il pousse, s'enfonçant en moi avec une force qui me fait lâcher un cri de surprise et de jouissance mêlées. C'est bien plus sauvage que cette nuit. C'est une conquête, une réponse brutale à la méchanceté de Léa, une affirmation de notre existence. Il me saisit par les hanches, ses doigts s'ancrant si profondément dans ma chair qu'ils y laisseront des marques, et il commence ses va-et-vient puissants. Le bruit de nos corps qui se frappent — ce claquement humide, rythmé et sourd — remplit la pièce, couvrant presque le crépitement du feu.
— Plus fort, Arnaud… Putain, vas-y plus fort ! Je veux te sentir au fond ! je hurle, le front appuyé contre le sol, les muscles de mes bras contractés à l'extrême.
Il obéit instantanément, augmentant la cadence jusqu'à la frénésie. Chaque coup de rein est une décharge électrique qui remonte toute ma colonne vertébrale. Je sens sa bite, gainée de la capote, explorer mes moindres recoins, frappant ma prostate avec une précision qui me fait voir des étoiles. Ma propre érection frotte brutalement contre le tapis à chaque impulsion, augmentant mon plaisir jusqu'à une limite insupportable.
Arnaud gémie derrière moi, des sons gutturaux, animaux, exprimant un plaisir qu'il ne peut plus contenir. Sa sueur perle sur son front et tombe en gouttes chaudes sur mon dos, créant une sensation de moiteur délicieuse. Il change d'angle, me tire vers lui pour me plaquer contre son torse, nos jambes s'emmêlant désespérément sur le tapis. Je vois son visage, cette fois-ci si proche du mien, crispé par l'extase, ses yeux révulsés, sa bouche cherchant ma langue pour un baiser sauvage et désordonné.
— Je vais venir, Jules… Je n'en peux plus… murmure-t-il dans un souffle brûlant contre mon oreille.
— Moi aussi… vas-y, explose en moi !
— Moi aussi… vas-y, explose en moi !
Je saisis mon propre sexe, ma main glissant avec le lubrifiant et le jus qui a coulé entre nos corps. Le rythme devient épileptique. C'est une lutte, une explosion sensorielle totale. Je sens les parois de mon corps se contracter et se serrer autour de lui dans un rythme saccadé, ce qui le fait grogner de plus belle, ses reins s'activant dans un dernier assaut désespéré.
Dans une ultime poussée, sauvage, profonde et dévastatrice, Arnaud se fige, les muscles de son dos bandés comme des arcs. Je l'entends crier mon nom, un cri qui vient du plus profond de ses tripes, alors qu'il décharge son sperme avec une force inouïe dans la capote, son corps entier étant secoué de spasmes volents qui se répercutent en moi. Au même instant, sous la force de ses coups et de mes propres caresses frénétiques, mon plaisir explose littéralement. Mon sperme jaillit sur mon ventre, sur le tapis, une libération totale et brûlante, une décharge qui me laisse vidé de toute force, le cœur battant la chamade dans une poitrine oppressée par le bonheur.
On s'écroule l'un sur l'autre, nos souffles courts et bruyants se mélangeant dans l'air saturé d'électricité. L'odeur musquée du sexe, de la sueur et du bois de chêne brûlé flotte autour de nous. On reste ainsi de longues minutes, soudés par la jouissance, les membres lourds, savourant le silence qui retombe sur la maison.
Arnaud finit par se dégager avec une lenteur infinie. Il retire la capote pleine de sa semence blanche, fait un nœud avec soin et la pose sur un mouchoir. Il s'allonge à mes côtés, sa peau contre la mienne, et m'attire contre lui. Sa main caresse doucement mes cheveux tandis que ma tête repose sur son torse dont le cœur ralentit peu à peu.
— C'était… encore plus fort que tout à l'heure, souffle-t-il, sa voix vibrant comme une caresse contre mon front.
— On est bien ensemble, je réponds dans un murmure, les yeux clos, totalement comblé.
— On est bien ensemble, je réponds dans un murmure, les yeux clos, totalement comblé.
On reste là, dans la pénombre de la pièce uniquement éclairée par les dernières lueurs du poêle, protégés par la présence rassurante d'Osiris, savourant cette fusion parfaite qui a balayé toutes les insultes du monde extérieur.
Après cet ouragan de peau et de souffle, le calme qui retombe sur le salon est d'une douceur presque irréelle. Nous restons un long moment prostré sur le tapis, nos corps encore imbriqués, luttant contre la pesanteur. Arnaud finit par se relever doucement pour aller jeter un coup d'œil au poêle. Il rajoute deux grosses bûches de chêne qui s'embrasent immédiatement, projetant des étincelles derrière la vitre.
— On ne va pas rester nus tout le reste de la soirée, même si l'idée est tentante, dit-il avec un sourire malicieux en me tendant mon boxer.
On se rhabille lentement, sans hâte, prolongeant chaque contact. Un pull en laine pour lui, un sweat épais pour moi. La faim finit par se faire sentir, une faim de loup née de l'effort et du froid de l'après-midi. Arnaud retourne en cuisine et rapporte les restes du poulet à la comtoise qu'il fait réchauffer, tandis que je dresse une sorte de campement improvisé : on ne retournera pas à la table de la salle à manger. On s'installe par terre, entourés de coussins, avec Osiris qui s'est glissé entre nous, espérant glaner un morceau de pain.
Tout en mangeant à même les assiettes posées sur le parquet, les langues se délient. Ce n'est plus seulement le désir qui parle, c'est ce besoin viscéral de savoir qui est l'homme en face de nous.
— Tu sais, commence Arnaud en fixant les flammes, j'ai passé des années à essayer de rentrer dans le moule qu'on attendait de moi. Le guide de montagne solide, le mec qui n'a besoin de personne, celui qui sort avec la jolie fille du coin... Avec Léa, j'ai cru que c'était ça, la réussite. Mais je me sentais creux, Jules. Comme une coquille vide.
Il s'arrête, caressant machinalement le pelage soyeux d'Osiris.
— Quand elle est partie avec toi, au début, j'ai eu la haine. Mais au fond, c'était une haine de façade. J'étais surtout terrifié à l'idée que si même ça ne marchait pas, c'est que le problème venait de tout mon mode de vie. Te rencontrer, ici, dans ces conditions... c'est comme si tout s'était enfin aligné.
Je pose ma fourchette, touché par sa franchise.
— Moi, c'est l'inverse, je lui confie à voix basse. J'ai toujours fui. Je changeais de ville, de boulot, de copine dès que ça devenait trop "réel". Orgelet, c'était censé être ma cachette, un endroit où personne ne viendrait me chercher. Et puis Léa est arrivée, et j'ai cru que je pouvais enfin me poser. Quand elle est partie, je me suis dit que j'étais juste incapable de construire quelque chose. Mais avec toi, depuis hier, je ne me sens pas comme si je devais faire un effort. C'est juste... fluide.
La soirée s'étire. On finit par repousser les assiettes pour se blottir l'un contre l'autre. Arnaud me raconte ses peurs d'enfant dans les forêts du Jura, ses premières expéditions solitaires où il s'était perdu. Je lui raconte mon adolescence solitaire, mes rêves de gamin qui voulait devenir architecte avant de s'enfermer dans les chiffres.
On s'embrasse entre deux phrases, des baisers lents, sucrés par le chocolat et le vin. Chaque baiser est une ponctuation, une manière de dire "je t'écoute".
— Je vais te dire un truc que je n'ai jamais dit à personne, murmure Arnaud, son visage tout près du mien.
Je retiens mon souffle.
— Parfois, quand je suis en montagne, tout seul avec Osiris, je m'assois et je parle tout haut. Je raconte mes doutes, mes envies de tout plaquer pour partir vivre au bout du monde... Et aujourd'hui, en marchant avec toi au parcours de santé, j'ai réalisé que je n'avais plus envie de partir nulle part. Pour la première fois, le "bout du monde", il était juste là, à côté de moi.
Je sens mes yeux s'embuer légèrement. Je me blottis un peu plus contre son épaule, respirant l'odeur de son pull et de sa peau propre.
— Mon secret à moi, je réponds, c'est que j'ai toujours eu peur des chiens. Avant de te voir arriver avec Osiris, j'appréhendais. Mais quand je l'ai vu, quand il m'a fait la fête... c'est comme s'il m'avait donné l'autorisation de t'aimer. C'est bête, non ?
Arnaud rit doucement, un rire vibrant qui résonne dans sa poitrine.
— Ce n'est pas bête du tout. C'est Osiris. Il a toujours eu meilleur goût que moi.
On passe le reste de la nuit à se caresser les mains, à se raconter nos films préférés, nos musiques honteuses, et à imaginer ce qu'on fera quand la neige aura totalement fondu. On ne parle plus de Léa. Elle est devenue un lointain souvenir, une ombre balayée par l'éclat du foyer. On se promet de ne rien précipiter, mais on sait tous les deux que cette soirée a scellé quelque chose de bien plus profond qu'une simple aventure d'un soir.
Vers deux heures du matin, le feu commence à faiblir. La fatigue nous gagne, une fatigue saine et heureuse.
— On monte ? me demande Arnaud en déposant un dernier baiser sur mon front.
— On monte. Mais Osiris dort avec nous.
— Vendu.
— On monte. Mais Osiris dort avec nous.
— Vendu.
On éteint les dernières lumières, laissant la maison dans le silence protecteur du Jura. Alors que nous montons l'escalier, je sens sa main presser la mienne. On a encore tant de choses à se dire, tant de secrets à partager, mais nous avons tout le temps du monde.
Fin du chapitre 6.
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