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✦ tounet777 Les ex de la même fille XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Les ex de la même fille — Chapitre 8

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Les ex de la même fille

Chapitre 8

Chapitre 8
La lumière grise du petit matin filtre à travers les rideaux épais, baignant la chambre d'une clarté laiteuse. Je sens la chaleur d'Arnaud avant même d'ouvrir les yeux. Il est là, collé contre mon dos, ses bras puissants m'encerclant comme s'il voulait me protéger du reste du monde. Il enfouit son visage dans ma nuque, respirant profondément l'odeur de ma peau, et je sens ses lèvres déposer des baisers minuscules et pressés le long de mes vertèbres.
— J'ai vraiment pas envie de te laisser, murmure-t-il, sa voix encore embrumée par le sommeil, basse et vibrante.
Il resserre son étreinte, ses mains venant se croiser sur ma poitrine pour me ramener un peu plus contre lui. C'est un moment de tendresse pure, loin de la fougue de la veille. On reste ainsi de longues minutes, à savourer le poids de l'autre, le calme de la maison et le ronronnement d'Osiris qui s'étire au pied du lit. Arnaud se redresse légèrement sur un coude pour me regarder, écartant une mèche de mes cheveux avec une délicatesse infinie.
— Reste là, Jules. Ne bouge pas. Je vais préparer le café, tu peux rester au lit encore un peu. Profite de la couette, je reviens.
Il me donne un dernier baiser, tendre et traînant, avant de se glisser hors des draps. J'écoute le bruit de ses pas sur le parquet, puis le sifflement de la cafetière qui s'élève de la cuisine. Je me roule dans sa chaleur résiduelle, me sentant incroyablement chanceux.
Une fois qu'Arnaud a pris son café avec moi sur le bord du lit, multipliant les caresses et les regards complices, il finit par devoir partir pour ses rendez-vous. Le départ est difficile, ponctué de plusieurs "derniers" baisers sur le pas de la porte. Finalement, le 4x4 s'éloigne et je me retrouve seul avec Osiris.
Je m'installe devant la grande baie vitrée du salon. La vue est vertigineuse : les sapins ploient sous la neige et la vallée s'étend à perte de vue. Je déballe mon ordinateur, mes dossiers et mes câbles, créant mon petit bureau improvisé. C'est étrange et grisant de travailler ici. Je me sens étrangement productif, comme si l'énergie sereine de cette maison boostait ma concentration. Pendant deux heures, j'enchaîne les tableaux Excel et les e-mails, le cliquetis de mon clavier étant le seul son qui vient troubler le silence.
Mais vers dix heures, une truffe humide vient se poser sur mon genou. Osiris me fixe avec ses grands yeux, sa laisse dans la gueule, remuant doucement la queue.
— D'accord, mon grand, on fait une pause.
Avant de sortir, je ne peux m'empêcher de faire un tour plus approfondi de la maison. Maintenant que je suis seul, ma curiosité prend le dessus. Je déambule dans le couloir, observant les cadres sur les murs. Il y a des photos d'Arnaud plus jeune, au sommet de pics vertigineux, le visage brûlé par le soleil et le vent, mais arborant toujours ce même sourire franc et sauvage.
Je m'arrête devant une petite étagère dans le salon. Il y a des minéraux, des fossiles ramassés lors de ses randonnées, et une vieille boussole en cuivre patinée par le temps. Tout ici respire l'authenticité et la passion. Je jette un coup d'œil discret dans son bureau : c'est un désordre de cartes IGN, de cordes d'escalade soigneusement enroulées et de guides de haute montagne. Je me sens comme un archéologue découvrant les facettes cachées de l'homme qui partage ma vie. Chaque objet est un indice sur sa force, sa solitude passée et son amour pour cette nature brute.
Nous sortons enfin. L'air froid me saisit les poumons, mais c'est une sensation délicieuse. Nous marchons sur le sentier qui part directement derrière la maison et s'enfonce dans les bois. La neige crisse sous mes bottes. Osiris court devant, s'arrêtant de temps en temps pour vérifier que je suis toujours là, ses oreilles battant au rythme de ses bonds.
Je profite de ce moment pour réfléchir à la vitesse à laquelle tout a changé. Il y a quelques jours, j'étais un homme blessé, seul, redoutant l'avenir. Aujourd'hui, je m'occupe du chien de l'homme que j'aime, dans une maison qui commence déjà à me sembler familière. La nature est silencieuse, majestueuse, et je me sens enfin à ma place.
De retour à la maison, je frotte les pattes d'Osiris avec une serviette — ce qui se termine en une séance de jeu effrénée au milieu du salon — et je me remets au travail. Les heures défilent différemment ici. Je regarde l'horloge régulièrement, attendant avec une impatience grandissante le bruit du moteur dans l'allée.
Je me prépare un second café et je m'arrête un instant devant une photo posée sur le buffet. C'est une photo de groupe, Arnaud est entouré d'amis, ils ont l'air heureux. Je me demande si, bientôt, il y aura une photo de nous deux ici. L'idée ne m'effraie pas, elle m'exalte. Vers midi, j'entends enfin le gravier crisser. Le moteur s'éteint. Osiris bondit vers la porte. Mon cœur fait un bond similaire. La porte s'ouvre sur un Arnaud un peu fatigué, mais dont le visage s'illumine instantanément en me voyant.
— Alors, cette matinée de "maître de maison" ? me demande-t-il en me prenant dans ses bras pour un baiser qui balaye instantanément toute ma matinée de labeur.
La cloche de midi n'a pas encore sonné au clocher du village qu'Arnaud franchit déjà le seuil de la porte, apportant avec lui une bouffée d'air glacé et cette odeur boisée qui ne le quitte jamais. Dès qu'il me voit, il lâche ses clés sur le guéridon et vient s'ancrer contre moi. Ses bras m'entourent avec une force qui trahit à quel point ces quelques heures d'absence lui ont pesé.
— Putain, Jules, tu n'imagines pas comme j'avais hâte de rentrer, murmure-t-il en enfouissant son visage dans le creux de mon cou.
L'idée d'un grand repas gastronomique s'évapore instantanément devant l'urgence de nos retrouvailles. Nous nous activons dans la cuisine pour préparer quelque chose de simple et rapide : des tartines de pain de campagne généreusement frottées à l'ail et couvertes de tranches de morbier que nous faisons dorer sous le grill. On grignote debout, sur le coin du plan de travail, entre deux baisers et trois phrases sur nos matinées respectives.
Arnaud me raconte ses rendez-vous, les clients parfois difficiles, la fatigue de la route enneigée, tandis que je lui décris ma marche avec Osiris et ma découverte de ses vieux guides de haute montagne. On rit de bon cœur, on se vole des morceaux de fromage, et chaque regard échangé semble peser une tonne de désir et de tendresse mêlés.
— On se dépêche de finir ? me lance-t-il avec un clin d'œil qui en dit long. Il me reste quarante-cinq minutes avant de repartir.
On abandonne les assiettes dans l'évier. Arnaud m'entraîne vers le grand canapé en cuir vieilli du salon. Il s'installe confortablement et m'attire contre lui, me faisant basculer pour que je me repose entre ses jambes, ma tête sur son torse. Osiris, n'écoutant que son instinct de membre de la meute, vient s'écraser contre nos mollets dans un soupir de satisfaction.
Le silence de la maison est profond, seulement rythmé par le crépitement du feu que j'avais entretenu toute la matinée. Les mains d'Arnaud se perdent sous mon pull, sa peau chaude contre mon ventre me faisant frissonner. Il trace des cercles lents, apaisants, tandis que ses lèvres ne quittent plus le sommet de ma tête.
— C'est exactement ce dont j'avais besoin, souffle-t-il. Cette coupure. Ce calme avec toi.
On ne parle plus. Les mots deviennent inutiles. On reste là à se caresser les bras, à s'embrasser avec une lenteur infinie, des baisers qui goûtent le café et le fromage fondu, mais qui sont les plus doux du monde. On se raconte des secrets à voix basse, des choses futiles, des souvenirs d'enfance qui remontent à la surface dans la sécurité de cette étreinte. Je sens les battements de son cœur contre mon oreille, un rythme régulier qui finit par m'ancrer totalement dans le présent.
Arnaud se redresse un peu pour plonger ses yeux dans les miens. Sa main remonte pour encadrer mon visage, son pouce caressant doucement ma pommette.
— Tu sais, Jules, je n'aurais jamais cru que quelqu'un pourrait s'intégrer aussi vite dans ma vie. Dans ma maison. On dirait que tu as toujours été là, devant cette fenêtre avec ton ordi.
— Je ressens la même chose, je lui réponds, la voix un peu serrée par l'émotion. C'est terrifiant et merveilleux en même temps.
On s'embrasse à nouveau, un baiser plus profond cette fois, qui menace de faire déraper la pause déjeuner vers quelque chose de beaucoup plus brûlant. Mais Arnaud jette un coup d'œil à sa montre et laisse échapper un grognement de frustration.
— Il faut que j'y retourne. La réalité m'appelle.
Le départ de treize heures est encore plus dur que celui du matin. On traîne dans l'entrée, Arnaud remettant sa veste de quart tout en continuant de me tenir par la taille.
— Je rentre vers dix-huit heures, promis. Et ce soir, on ne cuisine rien de rapide. On prend notre temps pour tout.
Il me donne un dernier baiser, long, intense, qui me laisse le souffle court, puis il s'arrache enfin à moi. Je le regarde monter dans son 4x4 depuis la baie vitrée. Il me fait un signe de la main avant de disparaître dans le virage.
Je me retrouve seul avec Osiris, le silence de la maison semblant soudainement plus lourd. Je retourne m'asseoir devant mes tableaux Excel, mais mon esprit est resté sur ce canapé, dans la chaleur de ses bras. Je souris tout seul en tapant mes chiffres, sentant encore l'odeur de son parfum sur mon pull. La journée va être longue, mais l'attente en vaut la peine.
La pendule murale en bois d'Arnaud affiche 15h30 lorsque je ferme enfin mon dernier dossier sur l'ordinateur. Le silence de la maison est devenu mon allié au fil des heures, une bulle protectrice qui m'a permis d'abattre une quantité de travail phénoménale, bien plus que ce que j'aurais fait dans mon propre bureau habituel. Je m'étire longuement, sentant mes vertèbres craquer une à une, et je jette un regard vers la grande baie vitrée. La lumière décline déjà doucement, jetant des reflets violacés et mélancoliques sur la neige qui entoure la propriété.
Osiris, qui semblait dormir profondément, la tête posée sur ses pattes, se redresse instantanément à l'instant même où il entend le clic de fermeture de mon écran. Il sait. Il connaît déjà le rituel de la fin de journée.
Nous sortons pour une seconde balade, car l'air de la montagne nous appelle tous les deux. Cette fois, je décide de l'emmener un peu plus loin, sur un sentier de crête que j'avais repéré le matin depuis la fenêtre. L'air est devenu plus vif, presque piquant contre ma peau, mais cela me fait un bien fou après être resté assis si longtemps devant un écran. Je marche d'un bon pas, mes bottes s'enfonçant dans la poudreuse, tandis qu'Osiris court devant moi, sa silhouette noire se découpant nettement sur le blanc immaculé du paysage.
Je réfléchis intensément à notre déjeuner, à la sensation de ses mains sur ma peau, à la force tranquille qu'Arnaud dégage à chaque instant. Tout semble si juste, si naturel, comme si les pièces d'un puzzle complexe s'assemblaient enfin. Je repense à la proposition d'Arnaud de rester ici pour la semaine. C'est une décision que j'ai prise en un éclair, sans l'ombre d'un doute, mais plus les heures passent, plus je réalise que c'est ici que je veux être. Pas seulement pour le confort de la maison ou la beauté de la vue, mais pour cet homme qui a su, en quelques jours à peine, briser les remparts que j'avais mis des années à construire autour de mon cœur.
Vers 16h, après être rentrés et avoir soigneusement essuyé les pattes d'Osiris avec une vieille serviette, je décide de passer à l'action. Arnaud est parti avec son 4x4 pour ses rendez-vous, je me retrouve donc à pied, ce qui ne me dérange absolument pas. La petite supérette de Clairvaux n'est qu'à dix minutes de marche en descendant le chemin escarpé depuis la maison.
Je m'enmitoufle dans mon manteau, j'enroule mon écharpe et je me mets en route. Le froid me fouette le visage, mais l'excitation me réchauffe. J'ai une idée fixe : lui préparer un dîner d'exception pour le remercier de son accueil et de sa tendresse. Il se donne tellement pour tout le monde dans son travail de guide et de secours, j'ai ce besoin viscéral de prendre soin de lui à mon tour.
Dans les rayons étroits et familiers du magasin, je déambule avec un soin méticuleux. Je choisis de beaux filets de canard bien charnus, des pommes de terre rattes à la peau fine, des herbes fraîches dont l'odeur me monte déjà au nez, et tout le nécessaire pour concocter un fondant au chocolat — son dessert préféré, comme il me l'a glissé à l'oreille entre deux baisers passionnés ce midi. En passant devant le rayon des boissons, je sélectionne également une bouteille d'un vin rouge local, un Arbois robuste et chaleureux qui se mariera parfaitement avec le caractère de la viande. Je remonte le chemin vers la maison, les bras chargés de sacs qui pèsent leur poids, le souffle un peu court à cause de la pente et du froid, mais avec une excitation qui me rappelle mes tout premiers rendez-vous d'adolescent.
De retour aux fourneaux, je m'active avec bonheur. J'épluche les rattes, je cisèle les herbes, je prépare la marinade pour le canard. La maison s'emplit rapidement d'une odeur délicieuse de viande laquée au miel et au romarin. J'ai mis un peu de musique, un fond sonore apaisant qui emplit l'espace, et j'ai pris le temps de dresser une jolie table dans la salle à manger. J'ai même trouvé des bougies blanches dans un tiroir du buffet que j'allume pour tamiser l'ambiance et rendre ce moment spécial.
À mesure que 18h approche, je sens mon cœur s'emballer dans ma poitrine. Je surveille la route par la fenêtre de la cuisine, scrutant les moindres virages. À chaque fois que j'entends un bruit de moteur résonner dans la vallée, je me redresse, aux aguets. C'est fou comme on peut s'attacher à quelqu'un en si peu de temps. Je me sens comme si je l'attendais depuis une éternité.
Enfin, vers 18h15, les phares puissants du 4x4 balayent le salon à travers les vitres. Osiris bondit vers la porte en jappant de joie, et je le suis de très près, le sourire aux lèvres. Lorsque la porte s'ouvre, Arnaud entre, les épaules chargées de givre, le visage marqué par une journée qui s'est visiblement prolongée plus que prévu. Mais dès qu'il sent l'odeur divine de la cuisine et qu'il voit la table dressée avec soin, ses traits se détendent instantanément.
— Jules... t'as fait tout ça ? murmure-t-il, un sourire incrédule et ému aux lèvres.
Il pose son sac lourdement et m'attire immédiatement à lui pour un baiser profond qui goûte le froid cinglant de l'extérieur et la chaleur réconfortante de l'accueil. Il me serre si fort, ses mains crispées dans mon dos, que j'en ai presque le souffle coupé.
— Attends, j'ai quelque chose pour toi aussi, dit-il en se dégageant doucement avec un regard pétillant.
Il ressort un instant vers la voiture et revient avec un petit paquet soigneusement emballé dans du papier kraft. Je le déchire avec une hâte d'enfant. C'est une magnifique boussole ancienne en laiton massif, semblable à celle que j'avais admirée sur son étagère le matin même pendant mon exploration, mais celle-ci est neuve pour moi, avec une gravure discrète et élégante sur le côté : "Pour que tu trouves toujours le chemin".
— J'ai vu comment tu la regardais ce matin avant que je parte, me confie-t-il, les yeux brillants d'une affection sincère. Je l'ai dénichée chez un petit antiquaire entre deux rendez-vous. J'ai tout de suite pensé à toi.
Je reste sans voix, la gorge nouée par l'émotion. Le cadeau est magnifique en lui-même, mais c'est l'attention portée à ce petit détail de ma matinée qui me touche le plus. On s'embrasse à nouveau, beaucoup plus longuement et tendrement cette fois, alors que le fondant au chocolat finit de cuire tout doucement au four, embaumant toute la pièce.
Le dîner est une réussite totale. Nous mangeons lentement, savourant chaque bouchée du canard fondant et chaque mot échangé. Arnaud me raconte les détails de sa journée, ses interventions en montagne, les gens qu'il a croisés et les difficultés du terrain. De mon côté, je lui parle de ma solitude habitée, de mes découvertes dans ses livres et de ma petite expédition à pied à la supérette. Le vin rouge nous délie les langues, et nous nous surprenons à faire des projets pour le week-end, pour le mois prochain, et même pour plus tard encore, sans que cela ne semble effrayant.
On ne parle plus de Léa, on ne parle plus de la douleur du passé. On est juste là, deux hommes dans une maison solide, entourés par la neige et le silence, mais brûlant d'une flamme commune. La soirée s'étire, douce, chaleureuse et infinie, entre rires complices, confidences intimes et baisers volés par-dessus la table. La boussole reste posée entre nous, sur la nappe, comme un symbole brillant de ce nouveau cap que nous avons décidé de suivre ensemble.
Après ce repas mémorable, la fatigue finit par rattraper Arnaud. Ses yeux se font lourds sous l'effet du vin et de sa longue journée de travail. Plutôt que de s'attarder devant la cheminée, nous décidons de monter. Dans la pénombre de la chambre, c'est moi qui prends les devants. Je l'aide à se glisser sous la couette et, cette fois, c'est moi qui l'enlace. Je le prends dans mes bras, calant sa tête contre mon torse, sentant son corps massif se détendre totalement contre le mien. Je lui murmure des mots doux, couvrant son front de baisers, jusqu'à ce que sa respiration devienne régulière et profonde. Je sens son poids contre moi, une ancre solide qui me lie à lui, et je m'endors bercé par le rythme de son cœur.
La semaine qui suit ressemble à un rêve éveillé, une parenthèse enchantée où le temps semble avoir suspendu son vol. Chaque matin se ressemble : le réveil tendre dans la pénombre, l'odeur du café qu'il prépare pendant que je m'étire, et ce pincement au cœur lorsqu'il franchit le seuil de la porte pour partir. Mais la journée passe vite, rythmée par mon travail face à l'immensité des montagnes et mes longues marches avec Osiris, qui est devenu mon ombre fidèle, ne me quittant pas même quand je suis concentré sur mes chiffres.
Le midi, Arnaud tient sa promesse avec une régularité qui me touche. Il rentre chaque jour, parfois essoufflé, parfois avec de la neige sur ses bottes, pour partager une heure de complicité dérobée au temps. On déjeune sur le pouce, on se raconte nos matinées, et on finit toujours par s'accorder dix minutes de câlins intenses sur le canapé avant qu'il ne reparte. Le soir, la maison redevient notre sanctuaire. On cuisine ensemble, on écoute de la musique, on s'installe devant le feu pour lire ou simplement pour se regarder vivre. C'est une routine qui s'installe avec une aisance déconcertante, comme si nous avions vécu ainsi depuis des années. On apprend à connaître les petites manies de l'autre : sa façon de froncer les sourcils quand il est concentré, ma manière de remuer les pieds quand je suis content. Chaque jour qui passe renforce cette évidence : nous ne sommes plus deux étrangers, nous sommes une équipe.
Puis arrive le vendredi soir. C'est normalement un moment de fête, le début du week-end, mais je sens un poids immense m'écraser la poitrine. Depuis le milieu de l'après-midi, l'idée que je dois ramasser mes dossiers et mon sac demain matin me rend physiquement malade. Dès qu'Arnaud franchit la porte, je n'arrive pas à simuler mon enthousiasme habituel. Je suis silencieux, distrait, mes gestes sont lents. Pendant le dîner que j'ai préparé, je joue avec ma fourchette, incapable d'avaler une bouchée, répondant par monosyllabes à ses questions.
— Ça ne va pas, Jules ? me demande Arnaud en posant sa main sur la mienne, l'inquiétude se lisant dans ses yeux clairs. Tu es tout pâle.
Je prends une grande inspiration, le cœur battant à tout rompre. Je décide de me lancer, même si ma voix tremble de peur et d'espoir.
— C'est compliqué, Arnaud... On se connaît depuis si peu de temps, à peine une semaine... mais ce qu'on a vécu ici, cette semaine entière avec toi... je ne m'étais jamais senti aussi vivant. L'idée de charger ma voiture demain, de reprendre le chemin de ma propre maison et de me retrouver tout seul entre mes quatre murs... ça me terrifie. Je crois que j'ai eu un coup de foudre, Arnaud. Un vrai. Et je n'ai absolument aucune envie de repartir.
Je m'arrête, baissant les yeux, gêné d'avoir avoué tout cela de façon si abrupte. Je me sens vulnérable, craignant d'être allé trop vite. Mais avant que je ne puisse m'enfoncer davantage dans mon malaise, Arnaud se lève d'un coup. Il contourne la table et vient s'accroupir près de moi, me forçant à le regarder. Il me coupe l'herbe sous le pied avec une douceur infinie.
— Jules, arrête, me dit-il avec un sourire radieux qui illumine son visage. J'étais en train de me demander comment te dire exactement la même chose. J'ai eu un coup de foudre aussi, le genre de truc qui ne t'arrive qu'une fois dans une vie. Je n'ai pas non plus envie que tu t'en ailles.
Il prend mes mains dans les siennes, serrant fort.
— Pourquoi est-ce que tu devrais rentrer chez toi ? Reste ici. Reste vivre ici avec moi. Je sais que c'est tôt, je sais que c'est fou, mais je sens que c'est ce qu'on doit faire. Je veux me réveiller avec toi tous les matins, pas juste pour une semaine de neige.
Je reste pétrifié une seconde, comme si le monde s'était arrêté de tourner. C'est la première fois de ma vie que je propose ou que j'accepte une telle chose. Je me sens un peu gêné, un peu étourdi par l'audace de ce qu'on est en train de décider, mais le bonheur l'emporte sur tout le reste. Je ne trouve plus de mots pour lui dire à quel point je suis soulagé.
La seule réponse que je peux lui donner est un baiser passionné, un baiser qui exprime tout mon amour naissant et ma gratitude. Je l'enlace, mes bras s'enroulant autour de son cou, tandis qu'il me soulève presque de ma chaise dans un élan de joie. On reste ainsi, soudés l'un à l'autre dans la cuisine, tandis qu'Osiris vient se frotter contre nos jambes. Demain, il n'y aura pas de valises dans le coffre de la voiture. Je suis enfin chez moi.
Fin du chapitre 8.
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