Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'équilibre des corps — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'équilibre des corps
Chapitre 7
Chapitre 7
Je reste plaqué contre le mur, le dos contre la pierre tiède, le souffle coincé comme si quelqu'un m'avait donné un coup de poing dans le plexus. Elie s'éloigne du perron de l'immeuble bourgeois, seule, d'un pas qui connaît le chemin par cœur. L'homme au costume gris a disparu à l'intérieur. Elle ne regarde même pas vers les fenêtres du troisième étage de chez Livio. Elle tourne au coin comme si c'était une rue banale, comme si elle passait par là tous les samedis depuis des mois.
Et c'est là que tout se connecte dans ma tête, net, brutal, sans appel.
Ce n'est pas une coïncidence.
Le cadeau.
Ce n'est pas une coïncidence.
Le cadeau.
C'est elle qui l'a choisi. C'est elle qui a cherché un studio de yoga sur internet, ou par bouche-à-oreille, ou parce qu'elle passait déjà dans le quartier. C'est elle qui a payé pour dix séances individualisées au studio Lotus & Souffle. C'est elle qui a écrit de sa main sur la petite carte glissée dans l'enveloppe noire : « 10 séances rien que pour toi. Pour que tu respires enfin. Je t'aime. Elie. » C'est elle qui m'a tendu le paquet ce soir-là, avec ce sourire doux, presque timide, en me disant « Ça va te faire du bien, tu es tellement tendu en ce moment… ».
Elle connaissait déjà l'adresse. Elle connaissait déjà la rue. Elle connaissait déjà ce coin de la ville.
Et maintenant, je comprends pourquoi : parce que son amant habite ici. Juste à côté du studio. Juste en face de l'entrée de l'immeuble de Livio.
Est-ce qu'elle a choisi ce studio exprès ? Est-ce qu'elle s'est dit : « Pendant que Ruben ira faire ses postures tous les samedis matin, moi je pourrai monter chez lui sans me faire repérer » ? Est-ce qu'elle a calculé le créneau horaire parfait ? Est-ce qu'elle m'a offert ces séances pour que je sois occupé, pour que j'aie mon propre « moment à moi », pour que je culpabilise trop pour poser des questions sur ses absences ? Pour qu'on ait chacun notre petit mensonge symétrique, sans que l'autre le sache ?
La rage monte, mais elle est froide maintenant. Une colère qui ne hurle plus, qui ronge en silence. Je me sens ridicule. Pathétique. J'ai passé des semaines à me haïr pour avoir craqué sur Livio, pour avoir menti à Elie, pour avoir transformé son cadeau en porte ouverte vers ma propre chute… et pendant ce temps, elle utilisait exactement le même cadeau comme couverture pour sa double vie.
Je ne réfléchis plus. Mes jambes bougent seules. Je traverse la rue, je monte les escaliers quatre à quatre. La porte de Livio est entrouverte, comme une provocation muette. Je pousse le battant sans frapper.
Il est dans la cuisine ouverte, torse nu, pantalon de lin beige bas sur les hanches, en train de couper des herbes sur une planche en bois. Il se retourne, sourire en coin prêt à sortir.
— Ruben ? T'as une gueule à avoir vu…
Je ne le laisse pas finir. Je traverse la pièce en trois pas, je l'attrape par la nuque et je le plaque dos contre la table de la terrasse. La planche à découper valse, les herbes volent, un verre d'eau se renverse. Ma bouche s'écrase sur la sienne, violente, rageuse, désespérée. Je mords sa lèvre inférieure jusqu'à ce qu'il grogne de douleur et ouvre grand pour me laisser entrer. Sa langue répond immédiatement, affamée.
— Pas de questions, je grogne contre sa bouche. Pas maintenant.
Il comprend. Ses mains descendent sur mes fesses, me tirent plus fort contre lui. Je sens sa queue durcir sous le tissu fin. Je bande déjà à en crever, le sexe douloureux contre la braguette.
Je le retourne d'un geste sec, je le plie en deux sur la table. Le bois grince. Je baisse son pantalon d'un coup rageur. Pas de sous-vêtement. Son cul est là, offert, la peau mate luisante de chaleur. Je crache dans ma paume, j'écarte ses fesses sans douceur, je glisse deux doigts puis trois d'un coup. Il jure entre ses dents, se cambre, pousse en arrière pour en prendre plus.
— Putain… oui… vas-y…
Je baisse mon jean et mon boxer d'un seul mouvement. Ma bite jaillit, dure, veinée, le gland déjà humide. Je crache dessus, je positionne le bout contre son trou et j'enfonce d'un seul coup violent, jusqu'à la garde.
Livio pousse un cri rauque, le corps secoué. Ses mains agrippent le bord de la table. Je ne lui laisse aucune seconde pour s'habituer. Je commence à le pilonner comme un animal. Chaque coup de reins est une vengeance muette. Contre Elie. Contre le cadeau. Contre moi. La table cogne contre le mur, les plantes tremblent, des feuilles tombent. Le bruit de peau claquée contre peau remplit la terrasse.
— C'est ça que tu voulais ? je grogne, une main sur sa nuque pour le maintenir baissé. Te faire défoncer pendant que ma femme se tape un mec juste à côté du studio qu'elle m'a offert pour que je sois occupé ?
— Oui… plus fort… Ruben… défonce-moi…
— Oui… plus fort… Ruben… défonce-moi…
Sa voix est cassée, suppliante. Il pousse son cul en arrière à chaque coup. Je le baise plus profond, plus vite. Je sens ses parois chaudes m'enserrer, pulser autour de ma queue. Je regarde ma bite disparaître entièrement entre ses fesses, ressortir luisante, replonger jusqu'aux couilles. Ses testicules claquent contre les miens.
Je le redresse sans sortir, je le retourne face à moi. Je le soulève sur la table, jambes écartées, chevilles sur mes épaules. Je replonge en lui en missionnaire brutal. Cette fois je le fixe dans les yeux. Ses pupilles sont dilatées, son regard complètement parti. Il se branle d'une main rapide, l'autre crispée sur mon avant-bras.
— Regarde-moi, je grogne. Regarde le mec qui vient de comprendre que sa femme lui a offert des séances de yoga juste à côté de chez son amant. C'est ça ton cadeau, Livio. Un plan parfait pour qu'on se mente tous les deux en même temps.
Il écarquille les yeux une fraction de seconde, puis un sourire tordu lui tord les lèvres.
— Alors baise-moi comme si tu voulais tout détruire. Remplis-moi. Venge-toi sur mon cul.
Je deviens fou. Je le plie en deux, mains sur ses cuisses pour l'ouvrir encore plus. Ma queue tape sans relâche contre sa prostate. Il hurle, voix rauque et brisée. Son trou est trempé, dilaté, il coule autour de ma bite. Je sens ses parois se contracter spasmodiquement.
— Je vais jouir… putain Ruben… je vais jouir…
— Vas-y. Jouis pendant que je te remplis.
— Vas-y. Jouis pendant que je te remplis.
Il explose. Son corps se tend, son trou se resserre violemment autour de moi. Il gicle en longs jets sur son ventre, sur ses pectoraux, certains atteignent son cou. Ses spasmes me massent la bite de l'intérieur.
Je le suis immédiatement. Je m'enfonce jusqu'à la garde et je décharge au fond de lui. Des jets brûlants, interminables, qui le remplissent jusqu'à déborder. Je sens mon sperme couler autour de ma queue à chaque ultime coup de reins. Je reste planté en lui, tremblant, le souffle haché.
Je me retire lentement. Un filet épais de sperme blanc s'échappe de son trou rouge et gonflé, descend le long de sa raie, goutte sur la table. Livio reste allongé là, essoufflé, torse maculé, sourire épuisé aux lèvres.
Je m'assois par terre, dos contre le pied de la table, jean autour des chevilles. Mon cœur cogne. La rage est toujours là, froide, tenace.
Livio se redresse sur un coude.
— Tu veux en parler maintenant ?
Je secoue la tête.
— Pas encore.
Mais dans ma tête, la boucle tourne toujours :
Ce n'était pas un cadeau pour mon dos.
C'était un cadeau pour elle.
Pour nous deux.
Un alibi partagé.
Un mensonge en miroir.
Ce n'était pas un cadeau pour mon dos.
C'était un cadeau pour elle.
Pour nous deux.
Un alibi partagé.
Un mensonge en miroir.
Et moi, je viens de baiser l'autre moitié de l'équation.
Livio ne prit même pas la peine de se rhabiller tout de suite. Il resta nu, le corps encore luisant de sueur, son torse strié de longues traînées blanches qui descendaient lentement vers son nombril et ses abdominaux contractés. Son sexe, à moitié ramolli après l'orgasme, pendait lourdement entre ses cuisses, encore humide et luisant. Son trou, rouge et gonflé, laissait échapper un filet épais de mon sperme qui coulait le long de sa raie, gouttait sur l'intérieur de ses cuisses et formait de petites perles translucides sur le carrelage chaud de la terrasse.
Il se leva avec une nonchalance féline, marcha jusqu'à la cuisine ouverte. D'un geste naturel, il attrapa un torchon propre posé sur le plan de travail. Il l'humidifia rapidement sous le robinet, puis commença à s'essuyer. D'abord le torse : il passa le torchon sur ses pectoraux, effaçant les jets de sperme qui avaient séché en fines croûtes blanchâtres ; il descendit sur son ventre, traçant des cercles lents autour de son nombril pour ramasser les gouttes qui avaient coulé plus bas. Il ne se pressait pas. Il essuya ensuite l'intérieur de ses cuisses, là où le sperme avait tracé des lignes irrégulières, puis il glissa le torchon entre ses fesses, nettoyant doucement son trou encore ouvert. Il grimaça légèrement quand le tissu effleura la chair sensible, mais il continua, méthodique, presque rituel. Le torchon finit par être maculé de taches blanches et humides.
Il le jeta dans l'évier sans un regard, puis revint vers moi, toujours nu, la peau maintenant propre mais encore rougie par l'effort et la friction.
Il attrapa deux verres à pied en cristal fin sur l'étagère, sortit la bouteille de vin rouge déjà entamée. Le liquide sombre coula avec un glouglou doux, presque musical. Il remplit les deux verres à moitié, puis s'approcha de moi.
— Tiens, murmura-t-il en me tendant le mien. Tu en as besoin.
Je restais assis par terre, dos contre le pied de la table, le jean et le boxer encore baissés autour de mes chevilles. Ma bite, encore luisante de son cul et de mon sperme, reposait contre ma cuisse. Je remontai vaguement le boxer et le jean, juste assez pour les faire tenir sur mes hanches, sans les fermer ni remonter la braguette. Le tissu froissé bâillait, laissant voir la base de mon sexe et une partie de mes poils pubiens. Je ne voulais pas me rhabiller complètement. Pas encore. J'avais besoin de cette sensation d'être à moitié nu, vulnérable, comme si ça m'aidait à rester connecté à ce qui venait de se passer.
Je pris le verre. Nos doigts se frôlèrent. Le vin était lourd, presque noir, avec des reflets rubis sous la lumière tamisée qui filtrait maintenant depuis le salon. Livio m'attrapa par le bras pour m'aider à me relever. On quitta la terrasse et on entra dans le salon proprement dit. La pièce était plus fraîche, plus intime : un grand canapé en velours gris anthracite, profond et bas, face à une baie vitrée donnant sur un petit jardin intérieur. Des coussins beiges et bleu nuit étaient éparpillés, une couverture en laine jetée négligemment sur l'accoudoir. L'odeur de santal et de vin flottait encore, mêlée à celle de nos corps.
Il s'assit le premier sur le canapé du salon, jambes écartées sans aucune gêne, son sexe reposant sur sa cuisse, maintenant propre mais encore légèrement gonflé. Je m'installai à côté de lui, mon jean à moitié remonté, le verre à la main. Les coussins s'enfoncèrent sous notre poids. La lumière douce d'une lampe sur pied dessinait des ombres longues sur nos peaux.
On resta un long moment sans parler. Juste le bruit discret du vent contre la vitre, le tic-tac lointain d'une horloge murale, et nos respirations qui ralentissaient peu à peu. Je bus une première gorgée. Le vin était épicé, profond, avec un goût de fruits noirs, de cuir et d'une pointe de vanille. Il me brûla un peu la gorge, mais il fit du bien, comme une ancre dans le chaos.
Puis les mots sortirent, d'un coup, sans filtre.
— Je l'ai vue, Livio. Juste avant de monter. En bas de la rue. Elle sortait d'un immeuble bourgeois, à vingt mètres d'ici. Elle embrassait un mec. Grand, costume gris impeccable, cheveux poivre et sel. Pas un baiser volé. Un vrai baiser. Langue, mains dans les cheveux, corps plaqué contre le sien. Comme si elle faisait ça depuis des mois. Peut-être des années.
Livio resta silencieux, son regard bleu planté sur moi. Il but une gorgée, lentement, sans m'interrompre.
Je continuai, la voix rauque, les mots qui se bousculaient comme s'ils avaient attendu trop longtemps.
— Et ce n'est pas une coïncidence. Le cadeau… l'enveloppe noire, les dix séances individualisées au Lotus & Souffle… c'est elle qui l'a choisi. Elle qui a payé. Elle qui a écrit de sa main : « 10 séances rien que pour toi. Pour que tu respires enfin. Je t'aime. Elie. » Elle connaissait déjà l'adresse. Elle connaissait déjà cette rue. Parce que son amant habite juste à côté du studio. Juste en face de chez toi. Elle m'a offert ces séances pour que je sois occupé tous les samedis matin, pour que j'aie mon petit rituel secret, pendant qu'elle montait chez lui en toute tranquillité. Chaque fois que j'allais à mes séances, elle savait exactement où j'étais. Chaque fois que je venais ici pour mes deux heures de yoga, elle avait son créneau à elle, juste à côté. Ce n'est pas un cadeau pour mon dos. C'est un alibi. Un putain d'alibi partagé. On s'est menti tous les deux en miroir, sans le savoir. Moi je culpabilisais comme un malade à chaque fois que je venais ici, et elle… elle utilisait mes séances pour se faire baiser juste en bas.
Je vidai la moitié de mon verre d'un trait. Ma main tremblait légèrement sur le pied du verre.
— Seize ans, Livio. Seize ans de vie commune. De projets. De promesses. Et on en est là. Moi qui me traitais de monstre, de traître, de salaud… alors qu'elle faisait exactement la même chose. Peut-être même avant moi. Chaque samedi matin, pendant que je transpirais sur mon tapis chez toi, elle transpirait ailleurs.
Livio posa son verre sur la table basse en verre fumé. Il resta nu, calme, les jambes toujours écartées. Son sexe avait légèrement repris du volume en m'écoutant, comme si mon chaos l'excitait malgré tout.
— Et toi, tu es monté direct chez moi après l'avoir vue, dit-il doucement. Tu m'as plaqué sur la table et tu m'as défoncé comme si tu voulais tout détruire.
Je baissai les yeux. La honte me brûla les joues.
— Oui. Je suis désolé, Livio. Je t'ai utilisé. Je t'ai baisé pour me venger. Pas pour toi. Pas parce que je te désirais à ce moment-là… enfin si, mais pas seulement. C'était de la rage. Contre elle. Contre le cadeau. Contre moi. Je t'ai traité comme une pute de vengeance. Je t'ai fait mal, je t'ai pris sans douceur, sans préliminaires, sans rien. Je m'excuse.
Livio me regarda longuement. Puis il éclata de rire. Un rire franc, chaud, profond, qui résonna dans le salon silencieux. Pas moqueur. Libérateur.
— Putain, Ruben… tu t'excuses d'avoir été un animal ? C'était génial. Tu m'as défoncé comme jamais. J'ai joui tellement fort que j'ai encore les jambes qui tremblent. Si c'est ça se venger, alors venge-toi sur moi tous les jours. Sérieux, c'était très bien. Vraiment très bien.
Je le regardai, surpris. Puis je me mis à rire aussi. Un rire nerveux d'abord, qui monta, qui devint vrai, qui nous secoua tous les deux. On rit comme des gamins, assis là sur le canapé du salon, lui complètement nu, moi le jean à moitié baissé, le vin à la main, le sperme qui avait séché sur nos peaux. C'était absurde. C'était tragique. C'était drôle. On rit jusqu'à ce que les larmes nous montent aux yeux, jusqu'à ce que le rire s'éteigne en soupirs essoufflés.
Quand le silence revint, Livio posa son verre. Il prit le mien, le posa à côté. Puis, sans un mot, il se leva, toujours nu, et vint me chevaucher. Il s'installai à califourchon sur mes cuisses, son cul encore propre mais chaud posé directement sur mon jean à moitié remonté. Son sexe, maintenant à moitié dur, frotta contre le mien à travers le tissu froissé. Ses mains se posèrent sur mes épaules, ses cheveux blonds longs tombant autour de son visage comme un rideau doré.
Il approcha lentement son visage du mien.
— Tu n'as pas à t'excuser, murmura-t-il contre mes lèvres. Tu peux te rattraper maintenant… si tu veux.
Et il m'embrassa.
Ce n'était pas le baiser rageur de tout à l'heure. C'était long. Intense. Profond. Ses lèvres s'ouvrirent doucement sur les miennes, sa langue vint chercher la mienne avec une lenteur délibérée, presque tendre. Il goûta le vin sur ma langue, il explora ma bouche comme s'il voulait mémoriser chaque recoin. Ses mains glissèrent dans mes cheveux, me tenant la nuque avec une fermeté douce. Son corps nu pesa sur le mien, son torse contre ma poitrine, ses tétons durcis frottant contre mon débardeur. Son cul se frotta doucement contre mon entrejambe, étalant une chaleur résiduelle sur le tissu.
Le baiser s'approfondit encore. Nos langues dansaient, se caressaient, se suçaient lentement. Il mordilla ma lèvre inférieure, puis revint plonger plus loin, plus humide. Je gémis dans sa bouche. Il répondit par un soupir rauque, presque un ronronnement. Ses hanches roulèrent lentement, faisant glisser son cul encore sensible sur la bosse grandissante de mon jean. Le baiser dura une éternité. Nos souffles se mélangeaient, chauds, chargés de vin, de sueur, de désir renaissant. Le monde se réduisit à cette bouche contre la mienne, à cette langue qui explorait la mienne, à ces lèvres qui aspiraient les miennes.
Et je sentis ma queue réagir. Elle durcit instantanément sous le jean à moitié remonté, se redressant contre son cul nu, poussant contre la raie encore chaude. Le tissu tendu devint douloureux. Ma bite gonfla, palpita, chercha à entrer à nouveau. Livio le sentit. Il sourit contre mes lèvres sans arrêter le baiser, et il roula encore des hanches, plus appuyé, plus lent, comme une promesse muette.
Le baiser continua, interminable, sensuel, presque hypnotique. Nos langues s'entremêlaient sans hâte, se goûtaient, se redécouvraient. Je sentais chaque détail : la texture légèrement rugueuse de sa langue, le goût du vin qui persistait, la chaleur de son souffle contre ma bouche. Ma main remonta sur son dos nu, traça la ligne de sa colonne, descendit jusqu'à ses fesses. Je les empoignai doucement, les écartai un peu, sentant encore la moiteur résiduelle. Il gémit dans ma bouche, un son bas, vibrant.
Ma queue était maintenant complètement dure, tendue à bloc contre le jean, le gland poussant contre le tissu, cherchant la chaleur de son trou. Le baiser ne s'arrêtait pas. Il devenait plus profond, plus urgent sans jamais devenir brutal. Juste intense. Infini.
Livio me regarde longtemps, les yeux mi-clos, un sourire doux et un peu fatigué aux lèvres. Son corps nu brille encore légèrement sous la lumière tamisée du salon. Il passe une main lente sur mon torse, comme pour vérifier que je suis bien réel.
— J'ai encore envie de toi, Ruben, murmure-t-il d'une voix basse, presque timide. Mais… doucement cette fois. Mon cul a encore un peu mal. Tu m'as vraiment défoncé tout à l'heure.
Je hoche la tête sans rien dire. La rage est retombée, remplacée par quelque chose de plus calme, de plus chaud. Une tendresse étrange qui me surprend moi-même. Livio se lève le premier, me tend la main. Ses doigts s'entrelacent aux miens, simples, naturels. Il m'entraîne vers le fond de l'appartement, dans sa chambre.
La pièce est exactement comme je l'imaginais : murs blancs, parquet clair, un grand lit king-size avec des draps gris perle froissés, une baie vitrée entrouverte sur la petite terrasse intérieure. Une lampe de chevet diffuse une lumière dorée très douce. Pas de désordre. Juste quelques plantes, un livre ouvert sur la table de nuit et l'odeur légère de son parfum musqué.
Livio me pousse doucement contre le bord du lit. Il s'agenouille devant moi sans un mot. Ses mains remontent lentement le long de mes cuisses, attrapent le jean et le boxer que j'ai à peine remontés. Il les fait glisser jusqu'à mes chevilles, puis les retire complètement. Je suis nu maintenant, debout devant lui. Ma queue, déjà à moitié dure depuis le baiser sur le canapé, se redresse complètement quand il approche son visage.
Il commence par lécher la base, lentement, du bout de la langue, remonte la veine centrale comme s'il veut la mémoriser. Il prend mes couilles une à une dans sa bouche chaude, les suce doucement, les fait rouler avec sa langue. Puis il remonte jusqu'au gland, le lèche en cercles lents, recueille le liquide pré-séminal qui perle déjà. Il ouvre grand la bouche et m'avale d'un coup, jusqu'au fond. Sa gorge se contracte autour de moi, chaude, humide, serrée. Il reste comme ça un moment, immobile, juste pour me faire sentir la profondeur, puis il commence à bouger la tête. Des va-et-vient longs, profonds, rythmés. Sa langue tourne autour de mon gland à chaque remontée, presse la veine à chaque descente. Il salive abondamment, le bruit mouillé remplit la chambre. De temps en temps il sort complètement pour respirer, lèche toute la longueur en me regardant dans les yeux, puis replonge plus loin encore.
Ses mains caressent mes cuisses, mes fesses, montent jusqu'à mes tétons qu'il pince doucement. Il gémit autour de ma queue, les vibrations me traversent comme des petites décharges électriques.
Je tremble déjà. Il suce longtemps, patiemment, sans hâte, comme s'il veut que je sente chaque seconde.
Puis je le relève doucement par les épaules. Je m'allonge sur le dos au milieu du lit et l'attire sur moi.
— Viens…
Il comprend. Il se positionne au-dessus de moi, genoux de chaque côté de ma tête, son cul juste au-dessus de mon visage, sa queue dure pointant vers ma bouche sans pour autant la prendre. Je pose mes mains sur ses fesses, les écarte lentement. Son trou est encore un peu gonflé, rouge, et un filet blanc de mon propre sperme coule toujours lentement de l'intérieur. Je lève la tête et je commence à le lécher comme un affamé.
Ma langue passe d'abord sur la raie entière, recueille le sperme qui goutte. Le goût est salé, légèrement musqué, encore chaud. Je plonge plus profond, lèche le tour de son trou en cercles lents, puis je pousse la pointe de ma langue à l'intérieur. Il gémit fort, le corps secoué. Je lape tout ce qui reste de moi en lui, aspire, suce, goûte mon propre sperme mélangé à son goût intime. Je mordille doucement les bords sensibles, puis je reviens enfoncer ma langue le plus loin possible, la remue à l'intérieur comme si je veux tout nettoyer. Mes mains écartent ses fesses au maximum, mes lèvres se collent complètement à son trou et je suce, aspire, lèche avec une faim vorace. Il tremble au-dessus de moi, sa queue frotte contre mon torse, laisse des traces humides sur ma peau.
— Putain… Ruben…
Je continue encore, insatiable, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une trace de sperme. Puis je le fais pivoter doucement.
Je me redresse, le fais s'allonger sur le dos. Je me positionne entre ses cuisses écartées. Je l'embrasse longuement, tendrement, pendant que je guide mon gland contre son trou encore humide. Je pousse très lentement. Centimètre par centimètre. Il gémit dans ma bouche, les yeux mi-clos. Je le pénètre tout en douceur, jusqu'à la garde, sans jamais arrêter de l'embrasser. Nos langues dansent lentement pendant que je commence à bouger en lui, des va-et-vient profonds mais calmes, presque caressants.
On change de position plusieurs fois, sans urgence. Je le mets sur le côté, une de ses jambes relevées sur mon épaule, et je continue à le baiser lentement, une main sur sa hanche, l'autre caressant son torse. Puis je le fais passer sur le ventre, je m'allonge sur lui, mon torse contre son dos, et je le prends en cuillère, mes lèvres dans son cou, murmure des mots doux contre sa peau. On revient en missionnaire, face à face, yeux dans les yeux. Je ralentis quand je sens qu'il a un peu mal, je l'embrasse plus fort, je lui caresse les cheveux, les joues. Il passe ses jambes autour de ma taille, m'attire plus profond, mais toujours avec cette douceur nouvelle.
Le rythme est lent, sensuel, presque amoureux. Chaque coup de reins est une caresse. Chaque baiser dure une éternité. On se murmure des choses simples, des « tu es beau », des « reste en moi », des « j'ai envie de toi depuis la première séance ». Nos corps sont collés, moites, nos souffles mêlés. Je sens son cœur battre contre le mien.
Quand je sens l'orgasme monter, je ne précipite rien. Je le regarde dans les yeux, je ralentis encore, je m'enfonce jusqu'au fond et je reste là, immobile, pendant que je jouis. Des jets longs, chauds, profonds. Je remplis son cul une deuxième fois, lentement, en l'embrassant sans m'arrêter. Il jouit en même temps que moi, sans se toucher, juste par la pression de ma queue contre sa prostate. Son sperme coule entre nos ventres.
Je reste en lui. Longtemps. On continue à s'embrasser, doucement, paresseusement, ma queue encore dure au fond de lui, nos langues se caressent lentement.
On finit par rouler sur le côté, toujours connectés. Je reste enfoui en lui, un bras autour de sa taille. Le silence est doux.
— Je n'ai pas envie de rentrer chez moi ce soir, murmuré-je contre son épaule.
Livio tourne la tête, m'embrasse le front.
— Alors reste. Toute la nuit. Toute la semaine si tu veux.
Je reste silencieux un long moment. Mon cœur cogne. Seize ans de vie commune. Un message que je n'ai jamais imaginé envoyer. Mais je sais que je ne peux plus reculer.
Je me redresse doucement, sors du lit, récupère mon jean resté dans le salon. Je prends mon téléphone. Mes doigts tremblent un peu. J'ouvre la conversation avec Elie.
— Je sais tout. Je t'ai vue cet après-midi embrasser un mec juste à côté du studio. Je ne rentre pas ce soir. Ne m'appelle pas. Je suis trop en colère pour répondre.
J'appuie sur envoyer. Puis j'éteins complètement le téléphone. L'écran devient noir. Je le pose sur la table de nuit.
Livio me regarde, un sourire tendre aux lèvres. Il s'approche, m'embrasse à nouveau, lentement.
— Tu as faim ?
Je le regarde. Pour la première fois depuis des semaines, un vrai sourire, grand, presque soulagé, monte sur mes lèvres.
— Ouais… j'ai faim.
Fin du chapitre 7.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()