Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les ex de la même fille — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les ex de la même fille
Chapitre 7
Chapitre 7
L'aube se lève sur une couche de neige encore plus épaisse que la veille, mais l'atmosphère à l'intérieur de la chambre est d'une chaleur étouffante de bonheur. Nous nous réveillons tard, emmêlés dans les draps, avec Osiris qui s'est frayé un chemin au pied du lit pendant la nuit. Le silence est interrompu par le ronflement rythmé du labrador noir et le souffle calme d'Arnaud contre ma nuque.
Normalement, je devrais être devant mes tableaux Excel dès huit heures. Mais en ouvrant un œil, je vois le profil d'Arnaud, sa barbe de quelques jours, son air si serein, et je sens que mes priorités ont basculé. Je me redresse doucement pour attraper mon téléphone sur la table de nuit.
— Je devrais travailler, je murmure alors qu'Arnaud s'étire en grognant de plaisir. J'ai ce dossier sur la logistique qui m'attend.
Arnaud se tourne vers moi, les yeux encore ensommeillés, et passe un bras possessif autour de ma taille pour me ramener contre lui.
— Vraiment ? Tu vas me laisser tout seul avec Osiris alors qu'on a tout ce soleil dehors ?
Je réfléchis. J'ai abattu un travail colossal ces derniers jours, presque par automatisme pour oublier ma solitude. J'ai une avance confortable sur tous mes rendus de la semaine. À huit heures pile, j'appelle mon responsable.
— Bonjour Marc, c'est Jules. Écoute, j'ai bouclé les rapports avec trois jours d'avance. Vu les conditions météo ici, je vais prendre une journée de repos pour déconnecter un peu. Tout est sur le serveur.
— Pas de souci Jules, profite. On se reparle demain.
— Pas de souci Jules, profite. On se reparle demain.
Je raccroche avec un sentiment de liberté incroyable.
— C'est bon, je lance en me jetant à nouveau dans les bras d'Arnaud. Je suis à toi pour toute la journée.
Après un petit-déjeuner traînant où nous avons refait le monde autour de cafés brûlants, nous décidons de sortir. Le ciel est d'un bleu pur, presque électrique. Nous chaussons nos bottes et emmenons Osiris faire une longue randonnée vers les hauteurs qui surplombent la vallée.
Le labrador noir est comme un fou. Il saute dans les congères, disparaissant presque totalement sous la poudreuse avant de réapparaître avec la truffe toute blanche. On rit comme des enfants. Arnaud ramasse une poignée de neige et me l'envoie en plein cou. La bataille s'engage, on finit par rouler dans la neige, s'embrassant alors que le froid nous pique les joues, mais que nos corps bouillent de chaleur.
On commence à prendre des photos. Arnaud cadre Osiris en plein saut, puis il me prend en photo de dos, regardant l'horizon, avec mon bonnet de laine. De mon côté, je prends en photo les traces de nos pas qui s'entrecroisent dans la neige vierge, et un gros plan de la truffe mouillée d'Osiris.
Une fois rentrés pour nous réchauffer avant le déjeuner, les joues rouges et les vêtements humides, nous nous installons sur le canapé. C'est là que le jeu commence.
— On les poste ? demande Arnaud en faisant défiler les clichés.
— On a dit qu'on restait discrets, je rappelle avec un sourire.
— Discrets ne veut pas dire invisibles. On ne montre pas nos visages.
— On a dit qu'on restait discrets, je rappelle avec un sourire.
— Discrets ne veut pas dire invisibles. On ne montre pas nos visages.
Arnaud poste d'abord la photo des deux paires de traces de pas dans la neige. Légende : "Suivre le bon chemin. #neige #liberté #nouvellevie".
Quelques minutes plus tard, je poste la photo d'Osiris avec sa truffe enneigée. Légende : "Un nouvel ami très envahissant. #doglover #hiver #bonheur".
Quelques minutes plus tard, je poste la photo d'Osiris avec sa truffe enneigée. Légende : "Un nouvel ami très envahissant. #doglover #hiver #bonheur".
On se regarde, amusés par notre propre petit manège. On sait que pour quelqu'un qui nous connaît, les indices s'accumulent. Le décor est le même, la lumière est identique, et surtout, Osiris est reconnaissable entre mille pour ceux qui suivent Arnaud.
Les "likes" commencent à pleuvoir. Des amis communs, des collègues. Et puis, la vibration familière et redoutée. Mon téléphone s'allume. Une notification Instagram. Un message privé de Léa.
— Jules ? C'est quoi cette photo de chien ? On dirait celui d'Arnaud. C'est une plaisanterie ?
Je montre l'écran à Arnaud. Il grimace et regarde son propre téléphone. Il a reçu un message presque identique : "Arnaud, tu es où ? Quelqu'un vient de poster exactement le même paysage que toi. C'est quoi ce délire ?"
On se rapproche l'un de l'autre sur le canapé, épaule contre épaule.
— Qu'est-ce qu'on lui répond ? je demande.
— On reste vagues, suggère Arnaud. On ne lui doit rien, mais on ne va pas mentir non plus. Si elle veut se torturer l'esprit, c'est son problème.
— On reste vagues, suggère Arnaud. On ne lui doit rien, mais on ne va pas mentir non plus. Si elle veut se torturer l'esprit, c'est son problème.
Il tape une réponse :
— Le monde est petit, Léa. Je profite juste du grand air.
De mon côté, je réponds simplement :
— Beaucoup de gens ont des labradors noirs, Léa. Profite de tes vacances.
Léa ne s'arrête pas là. Elle s'énerve. Les messages s'enchaînent, de plus en plus inquisiteurs, de plus en plus cruels.
— Vous êtes ensemble, c'est ça ? Vous vous foutez de moi ? Jules, tu me dégoûtes. Arnaud, tu tombes bien bas.
Arnaud pose son téléphone sur la table basse, l'écran face contre bois. Il me prend les mains.
— Regarde-moi, Jules. On est bien là, tous les deux. On a ri, on a marché, on s'est embrassé. Est-ce qu'on va laisser ces quelques pixels gâcher tout ça ?
— Non, je réponds avec certitude. Elle cherche juste à reprendre le contrôle sur nous.
— Exactement. Elle n'a plus aucun pouvoir ici. On ne répond plus. On vit.
— Non, je réponds avec certitude. Elle cherche juste à reprendre le contrôle sur nous.
— Exactement. Elle n'a plus aucun pouvoir ici. On ne répond plus. On vit.
Nous passons le reste de la matinée à ignorer les notifications qui font vibrer nos téléphones. Nous préférons nous concentrer sur des choses plus réelles : préparer une soupe de légumes ensemble, apprendre de nouveaux tours à Osiris, et nous perdre dans de longues conversations sur nos films préférés.
À chaque fois que le nom de Léa apparaît brièvement sur un écran, nous nous embrassons un peu plus fort, comme pour sceller notre alliance. Nous lui répondons par notre silence, le plus puissant des messages. Nous sommes dans notre bulle, et pour la première fois, la tempête extérieure, qu'elle soit faite de neige ou de mots amers, ne peut plus nous atteindre.
L'odeur de la soupe de légumes qui mijote sur le poêle embaume la pièce, créant une atmosphère de foyer paisible, loin des tempêtes numériques déclenchées par Léa. Arnaud reste silencieux un moment, observant le mouvement des flammes qui lèchent la vitre, avant de se tourner vers moi. Il y a une lueur d'hésitation dans son regard, mais aussi une détermination nouvelle qui lui donne un air encore plus imposant.
— Jules, j'ai une idée, commence-t-il en posant sa cuillère qui tinte contre la céramique. Et je ne veux pas que tu te sentes pressé, mais... j'y ai réfléchi toute la matinée.
Il prend une grande inspiration et s'approche un peu plus de moi sur le canapé, cherchant le contact de ma main, ses doigts s'entrelaçant aux miens avec une douceur contrastant avec sa force.
— La neige va commencer à fondre, et demain je vais devoir reprendre mes tours de garde et mes rendez-vous en ville, continue-t-il, la voix basse et vibrante. Je n'ai pas envie de te laisser ici, et je n'ai pas envie de rentrer le soir dans une maison vide alors que je sais que tu es à quelques kilomètres de là. Est-ce que ça te dirait de venir t'installer chez moi pour le reste de la semaine ?
Je reste interdit un instant, surpris par la franchise de sa proposition, mon cœur manquant un battement.
— Tu pourrais prendre tes affaires pour ton travail, ton ordi, tes dossiers, ajoute-t-il rapidement, comme pour me rassurer sur l'aspect pratique. Tu travaillerais tranquillement depuis mon salon. Osiris ne serait pas seul la journée, ça lui ferait une compagnie incroyable, il adore déjà ta présence. Et moi, je pourrais rentrer tous les midis pour déjeuner avec toi, et on passerait nos fins d'après-midi ensemble. On ne se quitterait pas tout de suite, Jules. Je sais que ça fait beaucoup, que ça va vite, mais je me sens tellement bien avec toi... Je n'ai aucune envie de perdre ce qu'on a là.
Il marque une pause, scrutant ma réaction avec une vulnérabilité qui me touche au plus profond de l'âme.
— Si ça te dit, on pourrait aller chez moi juste après le déjeuner. Comme ça, tu découvriras mon univers, mon chez-moi.
Je n'ai aucune hésitation. Pas une seule seconde de doute ne traverse mon esprit. L'idée de rester seul dans cette maison, entouré par le silence de la neige et les fantômes des messages de Léa, me semble soudainement insupportable. Ici, ou chez lui, peu importe l'endroit, tant que je suis dans son sillage, tant que je peux sentir sa présence à mes côtés.
— J'accepte, Arnaud, je réponds avec un sourire qui vient du cœur, mes yeux plongés dans les siens. C'est une excellente idée. Je n'avais pas non plus envie de rester seul ici et de te voir partir.
Il laisse échapper un long soupir de soulagement et m'attire contre lui pour un baiser long et passionné. C'est un baiser de soulagement, de gratitude, qui scelle cette nouvelle étape de notre histoire. Ses lèvres sont chaudes, impatientes, et je sens ses mains se perdre dans mes cheveux, me serrant contre lui comme pour s'assurer que je suis bien réel.
— On ne prendra qu'une seule voiture, murmure-t-il contre ma bouche entre deux baisers qui m'enivrent. La mienne est équipée pour la neige, ça sera plus prudent. On laisse la tienne ici, je te ramènerai quand tu le voudras, ou quand tu en auras besoin pour ton travail. On fait comme ça ?
— On fait comme ça, je confirme en lui rendant son baiser avec la même ardeur.
— On fait comme ça, je confirme en lui rendant son baiser avec la même ardeur.
Le déjeuner se termine dans une excitation joyeuse, presque enfantine. On vide nos assiettes presque sans s'en rendre compte, l'esprit déjà tourné vers ce déménagement improvisé. On range la cuisine ensemble, une danse désormais familière, nos corps se frôlant à chaque passage entre l'évier et le buffet. Osiris, sentant l'effervescence et le changement d'air, trotte de l'un à l'autre en remuant frénétiquement la queue, comme s'il avait compris que la meute restait soudée et s'agrandissait.
Je monte à l'étage préparer mon sac avec une hâte que je ne me connaissais pas. Arnaud m'accompagne, m'aidant à plier mes vêtements, glissant mes dossiers, mes câbles et mon ordinateur portable dans ma sacoche de travail.
— Tu verras, mon bureau est devant une grande baie vitrée, me dit-il alors que je ferme la fermeture éclair de ma valise. Tu auras une vue incroyable pour tes tableaux Excel, la lumière y est superbe le matin. Ça te changera de ton mur blanc.
— Du moment qu'il y a du bon café et que tu rentres à midi, la vue est secondaire, je le taquine en le poussant doucement contre le bord du lit.
— Du moment qu'il y a du bon café et que tu rentres à midi, la vue est secondaire, je le taquine en le poussant doucement contre le bord du lit.
Il me saisit instantanément par la taille et me fait basculer avec lui pour quelques minutes de tendresse supplémentaire, nos rires s'étouffant dans le matelas. On reste là, allongés au milieu des sacs ouverts, à s'embrasser doucement, à se murmurer des bêtises, à savourer cette sensation de début du monde.
— C'est fou, je murmure en traçant le contour de ses lèvres avec mon index, fasciné par les détails de son visage. Il y a deux jours, on ne se connaissait pas. Et là, je pars vivre chez toi.
— Le temps n'a rien à voir avec ça, Jules. Il y a des évidences qu'il ne faut pas laisser passer, des moments où il faut juste sauter le pas. Léa a été le déclencheur, malgré elle, mais ce qu'on construit aujourd'hui, c'est à nous. Rien qu'à nous.
— Le temps n'a rien à voir avec ça, Jules. Il y a des évidences qu'il ne faut pas laisser passer, des moments où il faut juste sauter le pas. Léa a été le déclencheur, malgré elle, mais ce qu'on construit aujourd'hui, c'est à nous. Rien qu'à nous.
Une fois les sacs chargés dans le coffre de son 4x4, nous faisons un dernier tour minutieux de la maison pour vérifier que les lumières sont éteintes, que les fenêtres sont bien closes et que le poêle est sécurisé. Je ferme la porte à clé, celle-là même par laquelle Arnaud était entré sous la tempête, et je sens une page se tourner définitivement.
On monte en voiture, Osiris s'installant royalement sur la banquette arrière, la tête déjà posée contre la vitre. Le moteur vrombit dans le silence de la forêt enneigée, brisant la quiétude de l'après-midi.
— Prêt pour la visite du propriétaire ? demande Arnaud en enclenchant la vitesse supérieure, un regard complice vers moi.
— Plus que prêt, je réponds en posant fermement ma main sur la sienne, posée sur le levier de vitesse.
— Plus que prêt, je réponds en posant fermement ma main sur la sienne, posée sur le levier de vitesse.
Le trajet vers sa maison se fait dans une atmosphère de calme absolu et de sérénité. On ne parle pas beaucoup, on se contente de profiter du paysage blanc qui défile et de la chaleur réconfortante de l'habitacle.
La route qui mène chez Arnaud serpente entre les épicéas lourdement chargés de neige, offrant des points de vue spectaculaires sur la vallée. Lorsque le 4x4 s'arrête enfin devant une bâtisse de pierre et de bois nichée à flanc de colline, je sens une pointe d'excitation me nouer l'estomac. Ce n'est pas une simple maison ; c'est son refuge, son sanctuaire.
À peine la porte franchie, une odeur de cire, de feu de bois et de cuir m'accueille. C'est chaleureux, spacieux, avec de grandes poutres apparentes qui donnent à l'espace une âme immédiate. Dès que nous posons les sacs dans l'entrée, je ne peux m'empêcher de faire le curieux. Je déambule d'une pièce à l'autre, observant les étagères remplies de livres de montagne, les cartes topographiques encadrées et les objets rapportés de ses expéditions.
Arnaud ne me quitte pas d'une semelle. À chaque nouvelle pièce que je découvre — la cuisine ouverte avec son grand plan de travail en ardoise, le salon baigné de lumière — il vient se glisser derrière moi. Il m'enlace par la taille, posant sa tête sur mon épaule, son souffle chaud venant caresser mon cou tandis qu'il me regarde explorer son univers. Je me laisse guider, savourant cette sensation d'être chez lui comme si j'y avais toujours ma place.
Quand nous arrivons enfin dans la chambre, je suis frappé par la simplicité élégante du lieu. Un immense lit en bois massif trône au centre, couvert d'une couette épaisse. Je dépose ma sacoche et mes affaires dans un coin, mais je ne peux pas résister : je me laisse tomber de tout mon long sur le grand lit d'Arnaud. Il sent lui. Il sent bon.
Il ne tarde pas à me rejoindre. Il se place au-dessus de moi, prenant appui sur ses bras, et nous restons là, dans un silence total, à nous regarder longuement. Ses yeux sondent les miens avec une intensité qui me désarme. Puis, il réduit l'espace entre nous et m'embrasse avec une fougue qui me coupe le souffle. Nous restons ainsi durant un temps infini, à nous regarder, à nous caresser le visage et le corps sans même parler, savourant simplement le fait d'être ensemble dans son intimité.
Finalement, Arnaud se redresse avec un petit sourire, bien qu'il semble avoir du mal à s'arracher à ce moment de calme.
— Allez, viens, me dit-il en se levant. On va aller se fumer une cigarette en sortant un coup Osiris.
Nous redescendons. Osiris, qui attendait patiemment, bondit de joie en entendant le bruit de sa laisse. Nous décidons de descendre jusqu'au centre de Clairvaux pour une petite promenade. La ville est paisible sous son manteau blanc. On marche côte à côte, nos épaules se frôlant, profitant de l'air frais alors que nous partageons une cigarette.
Nous sommes en train de discuter, riant d'une bêtise d'Osiris, quand une silhouette émerge d'une petite boutique. Je reconnais immédiatement Sophie. C'est une connaissance que je me suis faite depuis que je suis installé ici, on se croise souvent. Mais elle semble aussi très bien connaître Arnaud.
— Arnaud ? Jules ? lance-t-elle, surprise de nous voir ensemble.
Elle nous regarde, passant de l'un à l'autre, et remarque immédiatement notre proximité et notre complicité évidente. Elle a un regard un peu bizarre, étonnée par ce duo improbable.
— Mais... comment vous vous êtes connus tous les deux ? demande-t-elle avec curiosité.
Arnaud et moi échangeons un regard rapide. On n'avait pas prévu de devoir justifier notre rencontre si vite au milieu de la rue.
— On s'est croisés récemment, je réponds simplement avec un sourire évasif. On a découvert qu'on avait pas mal de points communs, dont les randonnées avec Osiris.
— Ah d'accord, répond Sophie, dont le regard reste fixé sur nos mains qui se sont frôlées. C'est vrai que le monde est petit ici.
— Ah d'accord, répond Sophie, dont le regard reste fixé sur nos mains qui se sont frôlées. C'est vrai que le monde est petit ici.
On discute encore quelques minutes du temps et de la neige qui n'en finit pas de tomber. Sophie semble perplexe mais reste polie, même si on sent que cette rencontre va alimenter ses pensées. Quand elle finit par s'en aller, elle nous fait un petit signe de la main.
Nous reprenons notre marche en direction de la maison, un peu plus silencieux.
— Elle a eu l'air surprise, je glisse à Arnaud.
— C'est normal, répond-il en resserrant sa prise sur mon épaule. Mais ça n'a pas d'importance. On n'a pas besoin d'en dire plus pour l'instant. Viens, on rentre se mettre au chaud.
— C'est normal, répond-il en resserrant sa prise sur mon épaule. Mais ça n'a pas d'importance. On n'a pas besoin d'en dire plus pour l'instant. Viens, on rentre se mettre au chaud.
L'obscurité tombe doucement sur les reliefs, enveloppant la maison d'Arnaud dans un cocon de silence que seul le craquement du bois dans la cuisinière vient troubler. La rencontre avec Sophie à Clairvaux est déjà loin derrière nous, balayée par l'intimité de ce refuge. Arnaud a mis un peu de musique, un air de jazz léger qui remplit l'espace alors que nous nous attelons à la préparation du dîner.
L'ambiance est à la légèreté. Arnaud, un couteau à la main pour émincer les légumes, commence à bouger les hanches au rythme de la musique. Il rit, un rire franc et contagieux qui fait briller ses yeux. Il abandonne son plan de travail, se glisse derrière moi alors que je surveille la poêle, et m'enlace. On danse maladroitement dans la cuisine, entre les vapeurs de cuisson et les arômes d'herbes de Provence.
Mais le jeu innocent change brusquement de température. Ses mains, qui reposaient sur mes hanches, descendent. Je sens sa paume glisser sous l'élastique de mon pantalon, sa peau chaude contre la mienne. Il commence à malaxer mes fesses avec une force tranquille, ses doigts s'insinuant avec audace dans le sillon de mon intimité.
— Mmmmh... Arnaud...
Un gémissement s'échappe malgré moi. Je cambre le dos, les mains crispées sur le rebord du plan de travail en ardoise, tandis que ses doigts explorent ma chaleur. Le contraste entre la fraîcheur de la cuisine et le feu qui monte en moi est insoutenable. Il se colle à moi, son érection, pressant durement contre mes reins, et approche sa bouche de mon oreille. Son souffle brûlant me fait frissonner.
— J'ai encore envie de toi, murmure-t-il d'une voix sourde. Reste là, ne bouge surtout pas.
Il s'écarte une seconde, juste assez pour que je sente le vide, puis il revient avec une capote et le tube de lubrifiant qu'il avait gardé à portée de main. Il ne perd pas une seconde. Il dépose des baisers pressants dans mon cou, remontant vers ma mâchoire pour m'obliger à tourner la tête. Nos langues s'enroulent immédiatement dans un baiser sauvage, désespéré, chargé de toute la tension de l'après-midi.
D'une main experte, il défait mon pantalon qui tombe sur mes chevilles, puis le sien. Il étale une noisette de lubrifiant sur ses doigts et reprend son exploration, me doigtant avec une insistance qui me fait perdre pied. Je sens mon corps s'ouvrir, se préparer à lui. Il déchire le sachet, enfile la protection et je sens son gland, large et pulsant, s'appuyer contre mon entrée.
Je me cambre encore plus, les coudes sur le plan de travail, offrant mon corps à son assaut. Il commence à pousser doucement, voulant savourer chaque millimètre, mais je n'ai plus la patience de la douceur. Pris d'une urgence folle, je recule d'un coup sec, m'empalant sur lui jusqu'à la garde.
— Oh putain... grogne-t-il, les yeux révulsés.
— Prends-moi fort, Arnaud. N'attends pas.
— Prends-moi fort, Arnaud. N'attends pas.
Il saisit mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair comme des griffes de fer pour me maintenir contre lui. Les coups de reins commencent, intenses, profonds. Nous ne changeons pas de position, cet angle nous permettant une pénétration totale. Chaque impact fait tinter la vaisselle sur le plan de travail. C'est électrique, primal. Je sens sa puissance m'envahir, le rythme devenant de plus en plus frénétique.
La transpiration perle sur son front, des gouttes chaudes coulent dans mon cou alors qu'il m'embrasse sauvagement l'épaule, marquant ma peau de son empreinte. C'est une fusion totale, une explosion sensorielle où le bruit de nos chairs qui s'entrechoquent se mêle à nos râles de plaisir. Dans un dernier coup de rein dévastateur, Arnaud se fige, le corps secoué de spasmes, et éjacule bruyamment dans la capote. Je lâche un cri, mon propre plaisir m'emportant dans une vague de chaleur alors que je me presse contre l'ardoise froide du meuble.
Il reste un long moment écroulé contre mon dos, son front posé entre mes omoplates, haletant comme s'il venait de courir un marathon. Le silence revient doucement dans la cuisine, seulement troublé par nos respirations saccadées.
— Tu es incroyable, Jules, souffle-t-il en déposant un baiser tendre sur ma peau moite.
Nous nous redressons lentement, un peu chancelants. Dans un rire complice, nous nous rhabillons, remettant nos vêtements en ordre tout en échangeant des regards qui en disent long sur notre attachement naissant.
— Bon, je crois que les légumes ont un peu trop doré, plaisante-t-il en retournant vers la cuisinière.
Nous continuons de cuisiner, mais l'atmosphère a changé. Une sérénité profonde s'est installée. On rigole de tout et de rien, on se frôle à chaque passage, on s'embrasse entre deux coups de cuillère en bois. Ce n'est plus seulement du désir, c'est le début de quelque chose de solide, une routine à deux que nous construisons avec bonheur. Chaque geste, chaque rire est une pierre de plus à cet édifice que nous bâtissons loin du monde, dans cette maison qui devient, petit à petit, la nôtre.
Fin du chapitre 7.
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