Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le féal et les ardents — Chapitre 9
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le féal et les ardents
Chapitre 9
Pour la première fois depuis que nous nous sommes unis par groupes de cinq, nous retrouvons les autres vacanciers. L'humeur générale est aussi joyeuse que grivoise. Il n'y a pas qu'Estebe qui me propose de ramoner mon petit cul si je n'en ai pas assez. Bien sûr je décline en argumentant que je me dois entièrement à mes ardents. Mais je devine chez certains qu'ils seraient prêts à faire une entorse anale à la règle.
Nos ainés nous rejoignent et se baignent avec nous. Retrouver tout le groupe me revigore. Admirer le corps de Charles et surtout la magnifique anatomie velue de Ludo au milieu de tous nos corps encore juvéniles me ravit. Je suis contraint à ne pas rester trop longtemps hors de l'eau car je me remets très vite à bander.
Mes ardents ne sont pas dupes de mon petit jeu. Mais au lieu de se moquer ils n'hésitent pas à me montrer, et me glisser à l'oreille, que se réunir à nouveau avec notre vingtaine de comparses mâles, nus et débridés, les excitent autant que moi.
C'est Ludo qui éclate de rire bruyamment en nous désignant : nous sommes les seuls à bander quasi-complètement quand les autres ont la verge soit au repos, soit demi-molle. Le sexe de Ludo se déploie franchement, heureusement vite suivi par quelques autres jeunes tiges.
Nous déjeunons gaiement tous ensemble. Les mains de mes ardents s'activent de plus en plus sur mon corps, m'empêchant de calmer mes ardeurs. Il est limpide que nous sommes, de loin, le groupe le plus excité !
Quand Vincent vient déposer des tubes de crème chantilly sur la grande table dressée à l'ombre, une identique idée salace traverse tous les esprits. Avec les autres féaux je suis placé contre le mur du manoir. Quelques assistances buccales aident les trois autres à être aussi raides que moi. Et la crème chantilly jaillit sur nos phallus que nos ardents viennent déguster les uns après les autres.
Après avoir été sucé par chacun de mes gourmands ardents qui apprécient leur dessert, Yves et Manu me font me pencher en avant.
Charles distribue les flacons de lubrifiant. C'est à nouveau Yves qui entre le premier en moi et commence à me ramoner tandis que je suce Thierry sous les yeux intéressés de tous les autres.
Mes ardents sont aussi fiers que moi d'être les premiers à se lancer dans une enculade publique. Comme certains comparses des autres maisonnées semblent encore un peu timides, mes ardents se succèdent en moi après quelques coups de boutoir visant à les désinhiber.
C'est pourtant Charles commençant à ramoner Vincent couché sur une table qui débloque vraiment la situation. Les quinquas valident ainsi notre proposition d'activité anale. Estebe entre vite entre les fesses de son féal et l'orgie démarre sous le chant des grillons, le dur soleil de l'après-midi tamisé par les feuillages épais.
L'air de rien Karim se rapproche de moi pour me montrer combien il se régale des enculades de ses ardents tout en admirant les miennes. Maxence en fait de même, visiblement lui aussi bien dans son rôle de féal. Jérôme, par contre, tout en se laissant enculer sans rechigner, semble en retrait d'un point de vue sensations.
Nous nous faisons démonter de toutes les manières possibles pendant près de deux heures. Les vicelards d'ardents décident spontanément de se retirer de nos culs juste avant de jouir afin de reprendre des forces puis nous reprendre ensuite. Ils s'encouragent les uns les autres dans les postures, les styles, les cadences. Nous suons tous à grosses gouttes.
Régis et Ludo alternent leurs sodomies l'un dans l'autre, tout comme Charles et Vincent qui crânent en se révélant de parfaits homos réversibles.
Les premiers jouisseurs montrent le chemin aux autres : nous, féaux, une queue en nous, accueillons avec bonheur des éjaculations faciales, langue tendue et bouche ouverte, ravis de recevoir en bouche et sur le visage d'abondants jets de sperme. Je ne vois que des fesses musclées, des queues bandés, des mâles qui se régalent les uns des autres tandis que je déguste. Je hume le parfum séminal qui se mélange aux effluves floraux du jardin. Je m'émeus d'entendre tous ces grognements, tous ces gémissements, tous ces couinements !
De la baise ! De la baise sauvage, en groupe, entre de magnifiques jeunes mâles insatiables, entre de somptueux hommes mûrs.
Mes jambes flagellent depuis longtemps, mon corps sans force est en permanence soutenu par un ardent tandis qu'un autre se régale de mon petit cul. Je ne tiens plus les comptes de qui m'ensemence. Je réalise juste que mes ardents ont joui plus d'une fois en moi. Deux fois ? Trois fois ? Dans quel état est mon conduit ? Dans quel état sont leurs couilles ?
Les premiers à s'accoupler. Les derniers à s'accoupler. Les autres groupes sont affalés où ils peuvent depuis un moment quand Fred vient abreuver une dernière fois mes papilles. Légèrement décalé derrière lui j'entrevois Ludo qui se masturbe, la queue bien gonflée, en me regardant. Oui, beau mâle, c'est pour toi que je me livre à mes ardents ! Oui beau mâle, c'est de toi dont j'ai envie !
Alors que mes amants me couchent délicatement le ventre sur une couverture et que Manu s'occupe de mon cul rouge vif d'avoir été aussi longuement ramoné, mes pensées se mettent à divaguer. Je me dis que j'apprécierais, par la suite, de m'envoyer en l'air avec Yves et Thierry, plutôt tous les trois que séparément. Que j'aimerais retrouver Fred parfois. Que j'ai sans doute envie de partager ma vie avec le tendre Manu. Mais que m'offrir entièrement à Ludo serait un moment assurément inoubliable tant j'ai envie de devenir son jouet sexuel.
Je me dis aussi que j'aimerais m'accoupler avec Karim, avec Estebe, avec quelques autres dont la beauté anatomique me réjouit.
Avec Charles ? Non, probablement pas. Être nu avec lui est délicieux. Se reluquer mutuellement est un bonheur. Se toucher ? Je ne crois pas, non. Sauf s'il le souhaite. Je lui dois cette merveilleuse expérience mâle ! Alors je me soumettrai à tout ce qu'il pourrait demander de moi !
J'ai dû m'endormir car c'est la chaude voix de Charles qui me sort d'un état pâteux. Pâteux car le goût du sperme macule ma bouche. Pâteux car j'ai vraiment l'impression que tout un régiment de cavalerie m'est passé sur le corps… J'ai vraiment le sentiment que mon cul est grand ouvert, que mon rectum n'est qu'une chair irradiée en souffrance.
Sa main caresse doucement mes fesses. Il me demande comment je vais. Pour le savoir je me relève, aidé par ses bras puissants qui me soutiennent. Nous faisons quelques pas.
– Je crois que ça va, oui. Je suis fourbu et crevé, mais ça va, dis-je.
– Super. Tu as été somptueux ! Merci pour ce magnifique spectacle ! Tu es redoutable quand tu t'accouples !
– Tu n'es pas mal non plus, avec Vincent.
– Nous ce n'est pas pareil. On s'est mutuellement dans la peau… Mais trêve de bavardage. J'ai besoin de toi. Tu ne voudrais pas immortaliser ce beau spectacle en dessinant tous ces corps épuisés après l'orgie ?
Je tourne la tête autour de moi. Je me mets à sourire de manière de plus en plus éclatante. Oui, tous ces beaux culs nus couchés au sol ! Tous ces pénis, certains encore décalottés, d'autres pas, la plupart au repos, reposant sur un ventre ou des cuisses, ou pendus vers le sol, encore luisants et gluants. Tous ces corps en nage en raison du récent effort physique autant que de la chaleur !
– Oui, il faut immortaliser cela…
– Nous avons déjà pris des centaines de photos. Pendant l'orgie. Depuis que les dernières gouttes de sperme ont été crachées. Dans ta bouche… Mais en dessin…
– En dessin c'est bien plus érotique ! Tu as raison, je vais chercher mon matériel, je vais dessiner cette scène, l'immortaliser.
– Ton matériel est juste là. Il n'y a plus qu'à choisir l'angle de vue.
– L'angle de vue… Tu as déjà un avis, j'imagine…
Charles sourit. Il m'entraine à l'angle du bâtiment. Je suis son regard. Un morceau de la façade en pierre. Les arbres centenaires en majesté. Et par contraste avec toute cette grandeur, une vingtaine de corps de beaux mâles nus.
J'attrape une feuille. Il me tend mes crayons. Je lâche quelques traits. Mon esprit se coupe du monde. Je ne suis plus qu'une main. Une main qui dessine ce que mes yeux lubriques voient, admirent, amplifient par le souvenir des corps en mouvement lors des accouplements.
Tous mon être est concentré pendant des heures à dessiner la beauté de ces corps masculins plus ou moins inertes. Je noircis de nombreuses esquisses, bien décidé à les retravailler ultérieurement. Mais je veux dresser le plus de scènes possibles.
Les corps qui se relèvent ne me gênent pas. Il y en a suffisamment qui sont encore avachis pour me satisfaire. Beaucoup viennent regarder ce que je dessine. Pas uniquement mes ardents. Charles n'est jamais loin qui surprend Ludo en train de me caresser une fesse et lui fait les gros yeux. D'autres gars viennent, qui n'hésitent pas non plus à effleurer mon corps. Je sens leurs caresses complices qui ne me perturbent pas.
Je réalise que dessiner m'a manqué. Quel bonheur de ne plus être esclave de mes pulsions sexuelles pour laisser mon sens artistique s'exprimer librement !
Karim vient me demander de dessiner un de leurs accouplements collectifs. Je lui promets de le faire en l'incitant à déterminer précisément la position de chacun dans ce corps à corps commun. Ravi, il s'engage à travailler toutes les positions possibles à cinq jusqu'à trouver celle qui les emballera le plus.
– Forcément il y aura un de tes ardents qui aura enfoncé sa queue entre tes fesses, un autre dans ta bouche, un troisième qui te sucera, lui dis-je. Il reste à imaginer ce que fera le dernier, à travailler la scène, à la répéter de façon à ce que vous soyez sages et relativement immobiles pendant les quinze à vingt minutes où je vous dessinerai !
– Humm, beau programme ! Oui, on va imaginer, expérimenter, répéter cette scène de pédés emmêlés ! Et promis, on fera tout pour rester stoïques quand tu seras là. Sans aucune garantie ! s'esclaffe-t-il.
A partir de ce jour mes journées deviennent particulièrement occupées entre me faire baiser par l'un puis l'autre de mes ardents ou par tous ou en partie ensemble, au gré des envies que je leur prête ; faire du sport joyeusement entre mecs nus, histoire de libérer les tensions de nos muscles ; dessiner mes ardents et les autres, individuellement ou à plusieurs, dans des scènes tantôt sages et tantôt obscènes, dans des débordements de fesses et de verge molles ou dressées.
Si Yves et Thierry préfèrent nettement s'occuper ensemble de mon corps, comblant merveilleusement mes fesses et ma bouche, Manu et Fred, plus sensuels, apprécient les moments que nous passons en tête à queue, dans des corps à corps farouches ou tendres.
Cela n'exclue pas des emmêlements communs qui remplissent mon cul et ma bouche de sperme, et qui vident mon corps de toute énergie. A force de plaisirs charnels, notre production séminale s'amplifie, nous permettant souvent de jouir a minima trois fois par jour. C'est fou comme nos accouplements font bouillir la production de nos couilles !
Nous savons bien que nous pourrions baiser encore davantage ; mais nous sommes conscients que nous le paierions durement le lendemain en n'ayant plus de force sexuelle. Nous convenons que nous voulons baiser plusieurs fois par jour chaque jour, donc Fred décrète qu'il nous faut être modérés dans nos accouplements anaux.
Le mot « modérés » nous fait éclater de rire quand nous calculons que notre activité sexuelle occupe chacun des ardents entre deux et trois heures par jour, et moi plutôt trois à quatre. Jamais auparavant nous n'avons eu une telle frénésie sexuelle, aussi débridée, aussi créative, aussi intense, aussi longue.
Le plus tendre avec moi est sans conteste Manu. La nuit dans le lit il fait râler les autres quand il s'occupe lascivement de mon corps offert à sa tendresse et se heurte à celui des autres. Ce n'est que quand nous sommes seuls que des mots tendres osent sortir de nos lèvres. Et bientôt des mots d'amour. Je vois bien que Manu est fou amoureux de moi. Je ne suis pas certain que mes sentiments pour lui soient aussi forts, mais assurément j'en pince pour lui, pour son caractère doux, pour sa beauté, pour sa sensualité, surtout quand il m'encule.
Nous convenons de prolonger cette quinzaine masculine par quelques jours seuls, tous les deux, nous promettant d'inverser chaque jour les rôles dans nos accouplements.
Manu m'avoue avec émotion sa hâte de se faire enculer par moi. Je ne peux que caresser son petit cul que, c'est clair, j'ai follement envie de percer et de butiner. De bouffer d'abord.
Nos élans de tendresse se transforment à chaque fois en ébats, le plus souvent en fellations, de préférence en soixante-neuf, chacun heureux de régaler les papilles de l'autre en lui offrant un sperme savoureux.
Fred reste un délicieux mystère pour moi. Il m'apprécie. Il aime mon corps. Il est parfois tendre, parfois sauvage, sans que je ne sache pourquoi ni que je détecte son humeur quand il m'entraine à part. Il adore quand je le lèche partout et que je le suce. Il aime aussi nos fellations réciproques ou simultanées. Mais il ne dédaigne pas m'enculer, parfois dans la nature sans que son enculade ne soit forcément sauvage, parfois dans la bergerie sans que son enculade ne soit toujours suave, aimant me prendre attaché à la croix de Saint André ou offert le cul ouvert sur la balançoire.
Que m'importe, chaque baise avec lui est un régal car il fait tout pour me surprendre, pour me régaler, pour expérimenter d'autres postures.
Son côté vicieux m'amuse, lui qui n'aime rien tant que d'être regardé quand il m'encule ou de mater les autres en train de satisfaire mes besoins sexuels.
Sur ce point il est comme Ludo qui vient fréquemment nous rejoindre et adore se masturber devant nous pendant nos accouplements. Parfois il nous quitte avant d'avoir joui, promesse d'une baise sauvage avec un (ou plusieurs) de ses amants quinquas.
Parfois il ne cherche pas à se retenir et est heureux d'asperger ma peau de son sperme odorant et délectable. Si au départ il évitait de jouir sur mon visage, au fil des vacances il vise de mieux en mieux et me régale de son bon sperme en bouche.
Je ne cache pas qu'il a une saveur et une odeur légèrement différente de ceux de mes ardents. Mais je n'insiste pas trop sur le sujet car cela met le corps de mes amis en feu qui rêvent à voix haute d'avoir eux aussi le droit de profiter des pulsions et des orgasmes de Ludo.
J'ai du mal à m'avouer que les meilleurs moments pour moi sont les parties de sexe tous ensemble, à vingt-quatre. La vision de tous ces corps en feu, le bonheur d'être baisé par mes ardents qui devant les autres redoublent de grâce en moi, le parfum mâle entêtant qui alimente notre libido, les corps en sueur, les peaux qui glissent, la musique régénératrice qui sort des coïts et des orgasmes, tout me réjouit ! Reluquer les autres accouplements et surtout être reluqué en mâle assoiffé de plaisirs charnels renouvelés, amplifiés, toujours plus recherchés !
Une seule fois le groupe de Karim se révèle être plus endurant que le nôtre. La faute à Fred avec qui nous nous étions trop chauffés quelques heures avant, sans qu'aucun de nous deux ne jouisse… La plupart du temps, dix-neuf visages épuisés d'avoir si sauvagement exulté scrutent mon corps offert à mes ardents en se demandant quand nos couilles seront enfin vides.
La scène de sexe en groupe que je dessine avidement en bandant comme un âne devant Karim et ses ardents, la bite de Manu entre mes fesses, est d'une totale originalité. Ils se sont surpassés en créativité gay. A peine le dessin terminé, je file avec Manu dans mon dos pour la reproduire avec mes ardents. Et là c'est Ludo qui vient nous photographier sous toutes les coutures.
Affiché, la représentation de cette orgie démente devient le symbole de notre séjour. J'autorise Charles à l'afficher, à destination des promotions suivantes. Elle est pour lui le Graal de ce peuvent faire ensemble cinq jeunes pédés en chaleur.
A deux jours de la fin du séjour, au milieu d'un repas commun dans le salon en raison d'une météo moins favorable, j'ose poser à Charles la question qui me taraude, déclenchant aussitôt un grand silence :
– Je vais te sembler un peu niais peut-être, mais il y a un truc que je voudrais savoir…
Je laisse ma phrase en suspens. Charles ne me répond pas, se contentant de me sourire tendrement en m'incitant à poursuivre.
– Je… Depuis plus de dix jours je me fais démonter le cul plusieurs heures par jour… Je ne le croyais pas possible, mais tu m'as permis de découvrir que j'adore cela… Peut-être avez-vous remarqué que je prends mon pied avec une bite qui me défonce le cul… Une bite en bouche aussi, remarque… Enfin… En bouche, plusieurs bites, plusieurs fois par jour, ça ce n'est pas vraiment nouveau pour moi, même si j'ai franchement explosé mes records de durée quotidienne de fellation !
L'assemblée, attentive, rigole. Devant leurs visages toujours concentrés même s'ils sont amusés, je poursuis :
– Evidemment, et je parie que pour les autres féaux c'est pareil, jamais je ne me suis fait autant enculer quotidiennement que depuis que je suis ici…
Les autres féaux confirment avec emphase.
– Alors, je me demandais comment mon cul (mais ce n'est pas qu'une question du cul, c'est aussi une question plus cérébrale de besoin sexuel), comment mes fesses, donc, allaient supporter l'inévitable manque de bites entre elles ? Car dès qu'on aura quitté ce paradis mâle on s'en prendra forcément nettement moins chaque jour.
– Dites-moi, les autres féaux, finit par demander Charles après avoir laissé les commentaires fuser, ressentez-vous la même inquiétude ?
Tous confirment. Karim me remercie publiquement d'avoir osé poser la question qui lui brûlait les lèvres. Un de ses ardents s'esclaffe en comprenant pourquoi sa bouche était si chaude quand il suçait sa queue. L'assemblée rigole lubriquement jusqu'à ce que Charles, par son attitude bienveillante et souriante, réussisse à les calmer.
– Question pour les ardents : avez-vous le même type d'interrogation à l'idée que vous sortirez moins souvent vos pines et jouirez moins souvent chaque jour, une fois ce séjour achevé ? Question à tous : avez-vous le même type d'interrogation à l'idée que bientôt vous ne serez plus en permanence à poil entourés de beaux mâles nus ?
Un silence concentré s'instaure. Tous nous réalisons que nous vivons des moments uniques, dont nous garderons le merveilleux souvenir jusqu'à notre dernier souffle. Mais qu'il va falloir se sevrer de tout ce bonheur charnel pour retourner dans nos vies plus ordinaires.
– Vos inquiétudes sont normales, reprend Ludo. Bien que tous les quatre nous soyons habitués depuis toutes ces années, nous avons les mêmes craintes. Et il n'y a malheureusement qu'une seule réponse : nous allons tous en baver, avec un puissant sentiment de manque, que chacun de nous aura du mal à surmonter.
– Cela va être douloureux, dit Charles. Pour chacun. Nos corps crieront leur besoin de sexe à outrance. Parce que j'espère que vous êtes tous conscients que, côté sexe, nous sommes un peu excessifs, tous autant que nous sommes, non ? C'est le prix à payer pour vivre ici un plaisir intense. Nous mettrons quatre à cinq jours à nous désaccoutumer. Ce sera difficile. Pour être cash, chacun de nous va s'astiquer plusieurs fois par jour pour se soulager, comme quand nous étions ados !
Nous éclatons de rire. Les commentaires grivois ressortent, certains considérant que tel ou tel n'a jamais arrêté ses nombreuses branlettes quotidiennes, d'autres que c'était le bon temps, d'autres enfin qu'avec un gode dans le cul cela devrait aider.
– Et puis après quelques jours, les souvenirs agréables vont prendre le dessus, viendra le besoin d'une sexualité plus raisonnable. Viendra l'envie de revivre en plus intime ces moments délicieux ou débridés dans lesquels nous nous sommes vautrés avec délectation. Cela nous empêchera de dormir en nous faisant rêver béatement en bandant… Nous retrouverons notre vie affective. Ou nous la trouverons, pour ceux d'entre vous qui, avant, n'osaient pas forcément faire des avances au mec qui lui plait ou, quand ils se retrouvaient au lit avec lui, ne se lâchaient pas complètement… Quelqu'un d'entre vous doute-t-il que sa sexualité, demain, après tous ce que vous avez vécu entre vous, sera foncièrement différente ? Plus accomplie ? Plus jouissive ?
Nous nous regardons les uns les autres. Tous nous savons que Charles a raison. Quoi qu'il arrive, demain, notre sexualité sera plus intense, plus franche, plus attentive, plus fougueuse, plus tendre. Et tous nous sommes conscients que c'est grâce à Charles et à ses amis. Alors, chacun à notre manière, nous les remercions pour cette expérience de vie, pour cette expérience de vice, de vice assumé.
– Arrêtez les gars ! s'exclame Charles. C'est nous qui vous remercions ! Merci pour votre beauté ! Oh que vos petites fesses et vos bites vigoureuses sont belles ! Merci d'avoir tous joué le jeu ! Merci d'avoir autant baisé entre vous, devant nous, avec nous au milieu de vous ! Que c'est bon de vous voir vous enculer et vous sucer ! Vive les mâles ! Vive les pédés ! Vive les enculés !
Spontanément nous reprenons en chœur :
– Vive les mâles ! Vive les pédés ! Vive les enculés !
– Et vive nos enculeurs, nos si merveilleux ardents ! ajoute-je, vite repris par les autres féaux.
– Vive nos féaux qui ont été si généreux avec nous ! clame Thierry.
– Généreux mais pas soumis ! Généreux mais pas dominés ! Généreux comme les meilleurs des pédés ! Merci les féaux ! s'enflamme Estebe.
– J'ai une question, moi aussi, réussit à glisser Maxence, sans doute le féal le moins expressif, dans un bref silence. Pourquoi ne prolongerions-nous pas ce séjour d'une semaine supplémentaire ? Pourquoi seulement deux semaines et pas trois ? Je sais ce que vous allez me dire « Tu as eu du mal à rentrer dans ton rôle de féal, il fallait accepter plus tôt ». C'est vrai qu'il faut s'y faire. Mais une fois qu'on s'y fait, hummm…
– Tu vas voir ce soir comment tu vas t'y faire ! lui promet un ardent.
Ses ardents lui annoncent bruyamment la plus sauvage des orgies, ce qui déclenche chez les autres des surenchères prometteuses.
Quand revient le calme, Charles peut enfin répondre.
– Vous avez peut-être commencé à le ressentir, mais sinon vous allez très bientôt le découvrir, il y a une sorte de limite à notre libido effrénée. Après dix à quinze jours d'orgasmes intenses et répétés quotidiennement, il arrive le moment où le corps dit stop. C'est particulièrement vrai pour les féaux dont, reconnaissez-le, vous n'avez pas ménagé le beau petit cul. Vous avez commencé (ou bientôt le faire) à vous projeter sur ce que vous ferez après. Certains d'entre vous ont déjà prévu de se revoir après ce séjour. Des sentiments sont nés. Des affinités se sont créées… Chaque été, au milieu de vos corps de mâles assoiffés de sexe et emmêlés dans des orgies sauvages, des couples naissent. Et, curieusement, pour ce que l'on en sache, durent. On peut aimer le sexe en groupe et vivre amoureusement en couple…
– Comme Vincent et Charles ! s'amuse Ludo.
– Comme nous, oui, c'est vrai. Je n'imagine pas ma vie sans mon Vincent. Je n'imagine pas ma vie sans cette détente annuelle entourés d'aussi beaux jeunes mâles que vous et de nos complices de baise, Ludo et Régis. C'est ainsi… Alors, non, croyez-en notre expérience, trois semaines de baise sauvage d'affilé, c'est trop. Il ne faudrait pas en plus que cela devienne une drogue !
– Mais il est arrivé plusieurs fois, ajoute Régis, qu'une bonne partie du groupe se retrouve ensuite pour un weekend prolongé ou une semaine de copulations joyeuses. Si vous le souhaitez, n'hésitez pas !
– Et là, plus question de féal ou d'ardent, complète Ludo. C'est votre règle du jeu que vous adopterez, pas la nôtre.
– Qui n'a d'ailleurs plus aucun sens, une fois que vous l'avez vécue, précise Charles. Être féal ou être ardent, c'est une fois dans sa vie, pour découvrir ce que c'est que de se donner entièrement à son partenaire, que de respecter totalement le plaisir de son partenaire. Une fois que vous avez compris cela, ce n'est plus utile de jouer ces rôles.
– C'est cela que tu as voulu nous inculquer, demande-je à Charles. Dépasser nos pulsions sexuelles de jeunes mâles toujours excités, pour découvrir ce que c'est que de se donner entièrement à son mec et de respecter totalement le plaisir de son mec, suivant les postures que l'on adopte ? Savoir mieux baiser, avec plus de tendresse ou plus d'intensité, mais toujours parfaitement attentionné au plaisir du partenaire ? Et toujours en ayant le courage d'exprimer sans fard le plaisir que nous ressentons ?
– Tu as parfaitement compris, répond Ludo en érection, d'une voix rauque, me regardant avec une folle intensité.
C'est dans le salon que l'orgie démarre, toujours par groupes de féaux-ardents en plus de nos quatre quinquas. Ludo est le premier à percer un beau cul, celui de Régis, et de le ramoner avec ferveur jusqu'à l'ensemencement bruyant. Alors que je me fais butiner le cul et la bouche par mes ardents, Ludo et moi ne cessons de nous regarder, comme des promesses que nous nous lançons.
Quelque chose de nouveau transparait dans ce nouvel ébat de groupe. Une sorte d'insouciance a disparu. Une urgence et une gravité apparaissent. Bientôt nous quitterons ce paradis mâle. Il nous faut redoubler d'attention, de plaisir, d'offrande de nous-même.
Jamais mes ardents ne m'avaient sodomisé aussi longuement et aussi sévèrement. Les heures s'écoulent au fil du sperme qui s'échappe en filet continu de ma queue dressée, ravie de sentir que, derrière moi, une autre queue me perce et me reperce. J'ai besoin de plus de sauvagerie dans mon cul qui sera bientôt orphelin des merveilleuses bites de mes ardents. J'ai besoin de ressentir toujours plus fortement leurs désirs, leurs réactions, leur plaisir. Et je suis loin d'être le seul.
Bien plus tard, alors qu'il reste quelques corps assoupis et harassés au milieu du salon que je me délecte à dessiner, Charles s'approche de moi pour observer mon dessin. Brusquement il dépose un bisou sur ma joue et se recule, tout penaud, les joues rouge pivoine. Je le regarde, étonné. Je l'interroge du regard. Je lis une intense émotion. Le mâle alpha si sûr de lui ressemble à un enfant pris en faute.
Ma main s'élève et je caresse son torse traversé de poils sombres et gris. Je lui souris. Je l'encourage à s'exprimer.
– Pardonne-moi, finit-il par dire. Je n'aurai pas du. C'est que…
– Oui ?
– Je te suis particulièrement reconnaissant, vois-tu…
– Pourquoi ? Qu'ai-je fait de particulier ?
– Eh bien… Comment dire…
– C'est si difficile que cela à dire, que le Grand Charles ne trouve pas les mots ?
– Cela peut arriver, comme tu le vois, dit-il en souriant timidement. C'est que, si j'avais trente ans de moins, je crois que je serais puissamment tombé amoureux de toi…
– Hein ?
– Ne te méprends pas sur mes paroles ! Je ne suis pas amoureux de toi. Je ne te désire pas. Tu le vois bien, d'ailleurs : ce n'est pas en te regardant que mon sexe s'érige… C'est juste que tu es le type d'homme idéal que j'aurais aimé rencontrer quand j'ai eu ton âge. Et que je n'ai pas rencontré. J'ai eu du mal à me l'avouer : tu es une sorte de fantasme masculin pour moi. Le fantasme de ce que nous aurions pu vivre ensemble si nous avions été de la même génération.
– Waouh ! Il faut que je me fasse à cette idée ! Je n'imaginais pas cela.
– Moi non plus, rassure-toi. Mais c'est ainsi. Et je n'ai pas envie de te le cacher. Je répète, il ne se passera rien entre toi et moi. Juste, j'espère, un peu d'amitié. Une amitié intergénérationnelle.
– Amitié assurée, promis ! réplique-je avec émotion.
– Mais ce n'est pas que pour cela que je voulais te remercier par ce bisou maladroit et déplacé.
– Une autre raison ? Là je dois vraiment m'inquiéter !
– Non. Tu sais bien de quoi je vais te parler. De qui, plutôt… Tu vois, Ludo est un ami cher à mon cœur. Il est vraiment un frère pour moi sur qui je peux compter et qui sait compter sur moi. Longtemps je me suis demandé si je n'étais pas amoureux de lui. Mais Vincent est entré dans ma vie. Et j'ai compris la différence entre l'amitié et la profondeur des sentiments amoureux. Sans savoir exactement ce que lui ressentait vis-à-vis de moi. Avec ce sentiment aigre que continuer à le voir, alors que je suis en couple avec Vincent, est peut-être cruel. Alors que baiser tous ensemble régulièrement dans ces parties fines dont on ne peut pas se passer est sans aucun doute une torture affective pour lui. Je le lui dis souvent. Il répète en boucle que nous sommes des sexfriends particulièrement proches, rien de plus. Est-il sincère ? Affirme-t-il ce que je veux entendre ? Toujours est-il que je tiens très fort à lui. Et que, comme tu l'as constaté, lui en pince très fort pour toi. Je ne l'ai jamais vu ainsi, aussi obsédé par un de nos invités, quel que soit l'âge de cet invité, jeune ou plus mature. Je ne l'ai jamais vu autant bander en regardant quelqu'un, et, tu ne le sais pas, en pensant à quelqu'un. Il suffit qu'avec les autres on prononce ton prénom pour voir sa verge gonfler. Il suffit qu'il pose un regard sur un de tes dessins pour qu'il bande.
Désarçonné, je ne sais pas quoi répondre.
– Le sujet ce n'est pas toi, c'est bien lui. Il a en permanence en tête qu'un vieux comme lui n'a rien à faire avec un jeune comme toi. Il ne veut pas gâcher ta vie, te forcer à quoi que ce soit. C'est un doux, tu sais ? Un tendre. Même quand il te sodomise. Surtout quand il se régale de ton sexe dans un de ses orifices… En fait je te suis reconnaissant, car il se sent plus vivant que jamais.
– La queue en avant !
– Dressée vers toi ! Tu fais du bien à mon ami. Tu lui feras sans doute du mal aussi en le repoussant, mais à cela il est prêt, il sait encaisser. Le bonheur que tu lui apportes, ça, ça me semble nouveau, unique. Alors oui, c'est pour te remercier de cela aussi que je n'ai pas pu retenir ce bisou.
– Un bisou. Deux raisons. C'est n'importe quoi. Monsieur le maître de ces lieux et de nos plaisirs de jeunes pédés affamés ! Il va falloir rétablir l'équilibre ! Je veux un deuxième bisou ! Sur l'autre joue !
– Non ! souffle-t-il d'un air apeuré.
– Si ! dis-je en tendant l'autre joue, tout en regardant les six ou sept camarades qui, réveillés, ont assisté silencieusement, respectueusement, à l'entretien.
Brusquement Charles rit. Il me claque sèchement les fesses avant de déposer le second bisou attendu sur ma joue. Je suis aux anges. La main du maître a flatté mon petit cul. Ses lèvres ont touché mes joues.
Je n'ai pas envie de lui. Mais ces gestes sont une forme de reconnaissance de notre amitié et de notre complicité qui dépasse largement notre différence d'âge.
Je n'ai pas envie de lui… Mais puis-je m'en dire autant de Ludo ?
Manu, Ludo. Et aussi Karim, Fred, Estebe avec qui baiser doit être un intense jeu lubrique, ludique, joyeux…
D'un coup je sens le blues monter en moi. Avant de venir je n'avais personne pour qui je ressentais quelque chose. Je copulais férocement. Maintenant il y en a un, deux, trois, cinq, plus encore ! Un trop plein ! Comment gérer cela ?
Nos ainés nous rejoignent et se baignent avec nous. Retrouver tout le groupe me revigore. Admirer le corps de Charles et surtout la magnifique anatomie velue de Ludo au milieu de tous nos corps encore juvéniles me ravit. Je suis contraint à ne pas rester trop longtemps hors de l'eau car je me remets très vite à bander.
Mes ardents ne sont pas dupes de mon petit jeu. Mais au lieu de se moquer ils n'hésitent pas à me montrer, et me glisser à l'oreille, que se réunir à nouveau avec notre vingtaine de comparses mâles, nus et débridés, les excitent autant que moi.
C'est Ludo qui éclate de rire bruyamment en nous désignant : nous sommes les seuls à bander quasi-complètement quand les autres ont la verge soit au repos, soit demi-molle. Le sexe de Ludo se déploie franchement, heureusement vite suivi par quelques autres jeunes tiges.
Nous déjeunons gaiement tous ensemble. Les mains de mes ardents s'activent de plus en plus sur mon corps, m'empêchant de calmer mes ardeurs. Il est limpide que nous sommes, de loin, le groupe le plus excité !
Quand Vincent vient déposer des tubes de crème chantilly sur la grande table dressée à l'ombre, une identique idée salace traverse tous les esprits. Avec les autres féaux je suis placé contre le mur du manoir. Quelques assistances buccales aident les trois autres à être aussi raides que moi. Et la crème chantilly jaillit sur nos phallus que nos ardents viennent déguster les uns après les autres.
Après avoir été sucé par chacun de mes gourmands ardents qui apprécient leur dessert, Yves et Manu me font me pencher en avant.
Charles distribue les flacons de lubrifiant. C'est à nouveau Yves qui entre le premier en moi et commence à me ramoner tandis que je suce Thierry sous les yeux intéressés de tous les autres.
Mes ardents sont aussi fiers que moi d'être les premiers à se lancer dans une enculade publique. Comme certains comparses des autres maisonnées semblent encore un peu timides, mes ardents se succèdent en moi après quelques coups de boutoir visant à les désinhiber.
C'est pourtant Charles commençant à ramoner Vincent couché sur une table qui débloque vraiment la situation. Les quinquas valident ainsi notre proposition d'activité anale. Estebe entre vite entre les fesses de son féal et l'orgie démarre sous le chant des grillons, le dur soleil de l'après-midi tamisé par les feuillages épais.
L'air de rien Karim se rapproche de moi pour me montrer combien il se régale des enculades de ses ardents tout en admirant les miennes. Maxence en fait de même, visiblement lui aussi bien dans son rôle de féal. Jérôme, par contre, tout en se laissant enculer sans rechigner, semble en retrait d'un point de vue sensations.
Nous nous faisons démonter de toutes les manières possibles pendant près de deux heures. Les vicelards d'ardents décident spontanément de se retirer de nos culs juste avant de jouir afin de reprendre des forces puis nous reprendre ensuite. Ils s'encouragent les uns les autres dans les postures, les styles, les cadences. Nous suons tous à grosses gouttes.
Régis et Ludo alternent leurs sodomies l'un dans l'autre, tout comme Charles et Vincent qui crânent en se révélant de parfaits homos réversibles.
Les premiers jouisseurs montrent le chemin aux autres : nous, féaux, une queue en nous, accueillons avec bonheur des éjaculations faciales, langue tendue et bouche ouverte, ravis de recevoir en bouche et sur le visage d'abondants jets de sperme. Je ne vois que des fesses musclées, des queues bandés, des mâles qui se régalent les uns des autres tandis que je déguste. Je hume le parfum séminal qui se mélange aux effluves floraux du jardin. Je m'émeus d'entendre tous ces grognements, tous ces gémissements, tous ces couinements !
De la baise ! De la baise sauvage, en groupe, entre de magnifiques jeunes mâles insatiables, entre de somptueux hommes mûrs.
Mes jambes flagellent depuis longtemps, mon corps sans force est en permanence soutenu par un ardent tandis qu'un autre se régale de mon petit cul. Je ne tiens plus les comptes de qui m'ensemence. Je réalise juste que mes ardents ont joui plus d'une fois en moi. Deux fois ? Trois fois ? Dans quel état est mon conduit ? Dans quel état sont leurs couilles ?
Les premiers à s'accoupler. Les derniers à s'accoupler. Les autres groupes sont affalés où ils peuvent depuis un moment quand Fred vient abreuver une dernière fois mes papilles. Légèrement décalé derrière lui j'entrevois Ludo qui se masturbe, la queue bien gonflée, en me regardant. Oui, beau mâle, c'est pour toi que je me livre à mes ardents ! Oui beau mâle, c'est de toi dont j'ai envie !
Alors que mes amants me couchent délicatement le ventre sur une couverture et que Manu s'occupe de mon cul rouge vif d'avoir été aussi longuement ramoné, mes pensées se mettent à divaguer. Je me dis que j'apprécierais, par la suite, de m'envoyer en l'air avec Yves et Thierry, plutôt tous les trois que séparément. Que j'aimerais retrouver Fred parfois. Que j'ai sans doute envie de partager ma vie avec le tendre Manu. Mais que m'offrir entièrement à Ludo serait un moment assurément inoubliable tant j'ai envie de devenir son jouet sexuel.
Je me dis aussi que j'aimerais m'accoupler avec Karim, avec Estebe, avec quelques autres dont la beauté anatomique me réjouit.
Avec Charles ? Non, probablement pas. Être nu avec lui est délicieux. Se reluquer mutuellement est un bonheur. Se toucher ? Je ne crois pas, non. Sauf s'il le souhaite. Je lui dois cette merveilleuse expérience mâle ! Alors je me soumettrai à tout ce qu'il pourrait demander de moi !
J'ai dû m'endormir car c'est la chaude voix de Charles qui me sort d'un état pâteux. Pâteux car le goût du sperme macule ma bouche. Pâteux car j'ai vraiment l'impression que tout un régiment de cavalerie m'est passé sur le corps… J'ai vraiment le sentiment que mon cul est grand ouvert, que mon rectum n'est qu'une chair irradiée en souffrance.
Sa main caresse doucement mes fesses. Il me demande comment je vais. Pour le savoir je me relève, aidé par ses bras puissants qui me soutiennent. Nous faisons quelques pas.
– Je crois que ça va, oui. Je suis fourbu et crevé, mais ça va, dis-je.
– Super. Tu as été somptueux ! Merci pour ce magnifique spectacle ! Tu es redoutable quand tu t'accouples !
– Tu n'es pas mal non plus, avec Vincent.
– Nous ce n'est pas pareil. On s'est mutuellement dans la peau… Mais trêve de bavardage. J'ai besoin de toi. Tu ne voudrais pas immortaliser ce beau spectacle en dessinant tous ces corps épuisés après l'orgie ?
Je tourne la tête autour de moi. Je me mets à sourire de manière de plus en plus éclatante. Oui, tous ces beaux culs nus couchés au sol ! Tous ces pénis, certains encore décalottés, d'autres pas, la plupart au repos, reposant sur un ventre ou des cuisses, ou pendus vers le sol, encore luisants et gluants. Tous ces corps en nage en raison du récent effort physique autant que de la chaleur !
– Oui, il faut immortaliser cela…
– Nous avons déjà pris des centaines de photos. Pendant l'orgie. Depuis que les dernières gouttes de sperme ont été crachées. Dans ta bouche… Mais en dessin…
– En dessin c'est bien plus érotique ! Tu as raison, je vais chercher mon matériel, je vais dessiner cette scène, l'immortaliser.
– Ton matériel est juste là. Il n'y a plus qu'à choisir l'angle de vue.
– L'angle de vue… Tu as déjà un avis, j'imagine…
Charles sourit. Il m'entraine à l'angle du bâtiment. Je suis son regard. Un morceau de la façade en pierre. Les arbres centenaires en majesté. Et par contraste avec toute cette grandeur, une vingtaine de corps de beaux mâles nus.
J'attrape une feuille. Il me tend mes crayons. Je lâche quelques traits. Mon esprit se coupe du monde. Je ne suis plus qu'une main. Une main qui dessine ce que mes yeux lubriques voient, admirent, amplifient par le souvenir des corps en mouvement lors des accouplements.
Tous mon être est concentré pendant des heures à dessiner la beauté de ces corps masculins plus ou moins inertes. Je noircis de nombreuses esquisses, bien décidé à les retravailler ultérieurement. Mais je veux dresser le plus de scènes possibles.
Les corps qui se relèvent ne me gênent pas. Il y en a suffisamment qui sont encore avachis pour me satisfaire. Beaucoup viennent regarder ce que je dessine. Pas uniquement mes ardents. Charles n'est jamais loin qui surprend Ludo en train de me caresser une fesse et lui fait les gros yeux. D'autres gars viennent, qui n'hésitent pas non plus à effleurer mon corps. Je sens leurs caresses complices qui ne me perturbent pas.
Je réalise que dessiner m'a manqué. Quel bonheur de ne plus être esclave de mes pulsions sexuelles pour laisser mon sens artistique s'exprimer librement !
Karim vient me demander de dessiner un de leurs accouplements collectifs. Je lui promets de le faire en l'incitant à déterminer précisément la position de chacun dans ce corps à corps commun. Ravi, il s'engage à travailler toutes les positions possibles à cinq jusqu'à trouver celle qui les emballera le plus.
– Forcément il y aura un de tes ardents qui aura enfoncé sa queue entre tes fesses, un autre dans ta bouche, un troisième qui te sucera, lui dis-je. Il reste à imaginer ce que fera le dernier, à travailler la scène, à la répéter de façon à ce que vous soyez sages et relativement immobiles pendant les quinze à vingt minutes où je vous dessinerai !
– Humm, beau programme ! Oui, on va imaginer, expérimenter, répéter cette scène de pédés emmêlés ! Et promis, on fera tout pour rester stoïques quand tu seras là. Sans aucune garantie ! s'esclaffe-t-il.
A partir de ce jour mes journées deviennent particulièrement occupées entre me faire baiser par l'un puis l'autre de mes ardents ou par tous ou en partie ensemble, au gré des envies que je leur prête ; faire du sport joyeusement entre mecs nus, histoire de libérer les tensions de nos muscles ; dessiner mes ardents et les autres, individuellement ou à plusieurs, dans des scènes tantôt sages et tantôt obscènes, dans des débordements de fesses et de verge molles ou dressées.
Si Yves et Thierry préfèrent nettement s'occuper ensemble de mon corps, comblant merveilleusement mes fesses et ma bouche, Manu et Fred, plus sensuels, apprécient les moments que nous passons en tête à queue, dans des corps à corps farouches ou tendres.
Cela n'exclue pas des emmêlements communs qui remplissent mon cul et ma bouche de sperme, et qui vident mon corps de toute énergie. A force de plaisirs charnels, notre production séminale s'amplifie, nous permettant souvent de jouir a minima trois fois par jour. C'est fou comme nos accouplements font bouillir la production de nos couilles !
Nous savons bien que nous pourrions baiser encore davantage ; mais nous sommes conscients que nous le paierions durement le lendemain en n'ayant plus de force sexuelle. Nous convenons que nous voulons baiser plusieurs fois par jour chaque jour, donc Fred décrète qu'il nous faut être modérés dans nos accouplements anaux.
Le mot « modérés » nous fait éclater de rire quand nous calculons que notre activité sexuelle occupe chacun des ardents entre deux et trois heures par jour, et moi plutôt trois à quatre. Jamais auparavant nous n'avons eu une telle frénésie sexuelle, aussi débridée, aussi créative, aussi intense, aussi longue.
Le plus tendre avec moi est sans conteste Manu. La nuit dans le lit il fait râler les autres quand il s'occupe lascivement de mon corps offert à sa tendresse et se heurte à celui des autres. Ce n'est que quand nous sommes seuls que des mots tendres osent sortir de nos lèvres. Et bientôt des mots d'amour. Je vois bien que Manu est fou amoureux de moi. Je ne suis pas certain que mes sentiments pour lui soient aussi forts, mais assurément j'en pince pour lui, pour son caractère doux, pour sa beauté, pour sa sensualité, surtout quand il m'encule.
Nous convenons de prolonger cette quinzaine masculine par quelques jours seuls, tous les deux, nous promettant d'inverser chaque jour les rôles dans nos accouplements.
Manu m'avoue avec émotion sa hâte de se faire enculer par moi. Je ne peux que caresser son petit cul que, c'est clair, j'ai follement envie de percer et de butiner. De bouffer d'abord.
Nos élans de tendresse se transforment à chaque fois en ébats, le plus souvent en fellations, de préférence en soixante-neuf, chacun heureux de régaler les papilles de l'autre en lui offrant un sperme savoureux.
Fred reste un délicieux mystère pour moi. Il m'apprécie. Il aime mon corps. Il est parfois tendre, parfois sauvage, sans que je ne sache pourquoi ni que je détecte son humeur quand il m'entraine à part. Il adore quand je le lèche partout et que je le suce. Il aime aussi nos fellations réciproques ou simultanées. Mais il ne dédaigne pas m'enculer, parfois dans la nature sans que son enculade ne soit forcément sauvage, parfois dans la bergerie sans que son enculade ne soit toujours suave, aimant me prendre attaché à la croix de Saint André ou offert le cul ouvert sur la balançoire.
Que m'importe, chaque baise avec lui est un régal car il fait tout pour me surprendre, pour me régaler, pour expérimenter d'autres postures.
Son côté vicieux m'amuse, lui qui n'aime rien tant que d'être regardé quand il m'encule ou de mater les autres en train de satisfaire mes besoins sexuels.
Sur ce point il est comme Ludo qui vient fréquemment nous rejoindre et adore se masturber devant nous pendant nos accouplements. Parfois il nous quitte avant d'avoir joui, promesse d'une baise sauvage avec un (ou plusieurs) de ses amants quinquas.
Parfois il ne cherche pas à se retenir et est heureux d'asperger ma peau de son sperme odorant et délectable. Si au départ il évitait de jouir sur mon visage, au fil des vacances il vise de mieux en mieux et me régale de son bon sperme en bouche.
Je ne cache pas qu'il a une saveur et une odeur légèrement différente de ceux de mes ardents. Mais je n'insiste pas trop sur le sujet car cela met le corps de mes amis en feu qui rêvent à voix haute d'avoir eux aussi le droit de profiter des pulsions et des orgasmes de Ludo.
J'ai du mal à m'avouer que les meilleurs moments pour moi sont les parties de sexe tous ensemble, à vingt-quatre. La vision de tous ces corps en feu, le bonheur d'être baisé par mes ardents qui devant les autres redoublent de grâce en moi, le parfum mâle entêtant qui alimente notre libido, les corps en sueur, les peaux qui glissent, la musique régénératrice qui sort des coïts et des orgasmes, tout me réjouit ! Reluquer les autres accouplements et surtout être reluqué en mâle assoiffé de plaisirs charnels renouvelés, amplifiés, toujours plus recherchés !
Une seule fois le groupe de Karim se révèle être plus endurant que le nôtre. La faute à Fred avec qui nous nous étions trop chauffés quelques heures avant, sans qu'aucun de nous deux ne jouisse… La plupart du temps, dix-neuf visages épuisés d'avoir si sauvagement exulté scrutent mon corps offert à mes ardents en se demandant quand nos couilles seront enfin vides.
La scène de sexe en groupe que je dessine avidement en bandant comme un âne devant Karim et ses ardents, la bite de Manu entre mes fesses, est d'une totale originalité. Ils se sont surpassés en créativité gay. A peine le dessin terminé, je file avec Manu dans mon dos pour la reproduire avec mes ardents. Et là c'est Ludo qui vient nous photographier sous toutes les coutures.
Affiché, la représentation de cette orgie démente devient le symbole de notre séjour. J'autorise Charles à l'afficher, à destination des promotions suivantes. Elle est pour lui le Graal de ce peuvent faire ensemble cinq jeunes pédés en chaleur.
A deux jours de la fin du séjour, au milieu d'un repas commun dans le salon en raison d'une météo moins favorable, j'ose poser à Charles la question qui me taraude, déclenchant aussitôt un grand silence :
– Je vais te sembler un peu niais peut-être, mais il y a un truc que je voudrais savoir…
Je laisse ma phrase en suspens. Charles ne me répond pas, se contentant de me sourire tendrement en m'incitant à poursuivre.
– Je… Depuis plus de dix jours je me fais démonter le cul plusieurs heures par jour… Je ne le croyais pas possible, mais tu m'as permis de découvrir que j'adore cela… Peut-être avez-vous remarqué que je prends mon pied avec une bite qui me défonce le cul… Une bite en bouche aussi, remarque… Enfin… En bouche, plusieurs bites, plusieurs fois par jour, ça ce n'est pas vraiment nouveau pour moi, même si j'ai franchement explosé mes records de durée quotidienne de fellation !
L'assemblée, attentive, rigole. Devant leurs visages toujours concentrés même s'ils sont amusés, je poursuis :
– Evidemment, et je parie que pour les autres féaux c'est pareil, jamais je ne me suis fait autant enculer quotidiennement que depuis que je suis ici…
Les autres féaux confirment avec emphase.
– Alors, je me demandais comment mon cul (mais ce n'est pas qu'une question du cul, c'est aussi une question plus cérébrale de besoin sexuel), comment mes fesses, donc, allaient supporter l'inévitable manque de bites entre elles ? Car dès qu'on aura quitté ce paradis mâle on s'en prendra forcément nettement moins chaque jour.
– Dites-moi, les autres féaux, finit par demander Charles après avoir laissé les commentaires fuser, ressentez-vous la même inquiétude ?
Tous confirment. Karim me remercie publiquement d'avoir osé poser la question qui lui brûlait les lèvres. Un de ses ardents s'esclaffe en comprenant pourquoi sa bouche était si chaude quand il suçait sa queue. L'assemblée rigole lubriquement jusqu'à ce que Charles, par son attitude bienveillante et souriante, réussisse à les calmer.
– Question pour les ardents : avez-vous le même type d'interrogation à l'idée que vous sortirez moins souvent vos pines et jouirez moins souvent chaque jour, une fois ce séjour achevé ? Question à tous : avez-vous le même type d'interrogation à l'idée que bientôt vous ne serez plus en permanence à poil entourés de beaux mâles nus ?
Un silence concentré s'instaure. Tous nous réalisons que nous vivons des moments uniques, dont nous garderons le merveilleux souvenir jusqu'à notre dernier souffle. Mais qu'il va falloir se sevrer de tout ce bonheur charnel pour retourner dans nos vies plus ordinaires.
– Vos inquiétudes sont normales, reprend Ludo. Bien que tous les quatre nous soyons habitués depuis toutes ces années, nous avons les mêmes craintes. Et il n'y a malheureusement qu'une seule réponse : nous allons tous en baver, avec un puissant sentiment de manque, que chacun de nous aura du mal à surmonter.
– Cela va être douloureux, dit Charles. Pour chacun. Nos corps crieront leur besoin de sexe à outrance. Parce que j'espère que vous êtes tous conscients que, côté sexe, nous sommes un peu excessifs, tous autant que nous sommes, non ? C'est le prix à payer pour vivre ici un plaisir intense. Nous mettrons quatre à cinq jours à nous désaccoutumer. Ce sera difficile. Pour être cash, chacun de nous va s'astiquer plusieurs fois par jour pour se soulager, comme quand nous étions ados !
Nous éclatons de rire. Les commentaires grivois ressortent, certains considérant que tel ou tel n'a jamais arrêté ses nombreuses branlettes quotidiennes, d'autres que c'était le bon temps, d'autres enfin qu'avec un gode dans le cul cela devrait aider.
– Et puis après quelques jours, les souvenirs agréables vont prendre le dessus, viendra le besoin d'une sexualité plus raisonnable. Viendra l'envie de revivre en plus intime ces moments délicieux ou débridés dans lesquels nous nous sommes vautrés avec délectation. Cela nous empêchera de dormir en nous faisant rêver béatement en bandant… Nous retrouverons notre vie affective. Ou nous la trouverons, pour ceux d'entre vous qui, avant, n'osaient pas forcément faire des avances au mec qui lui plait ou, quand ils se retrouvaient au lit avec lui, ne se lâchaient pas complètement… Quelqu'un d'entre vous doute-t-il que sa sexualité, demain, après tous ce que vous avez vécu entre vous, sera foncièrement différente ? Plus accomplie ? Plus jouissive ?
Nous nous regardons les uns les autres. Tous nous savons que Charles a raison. Quoi qu'il arrive, demain, notre sexualité sera plus intense, plus franche, plus attentive, plus fougueuse, plus tendre. Et tous nous sommes conscients que c'est grâce à Charles et à ses amis. Alors, chacun à notre manière, nous les remercions pour cette expérience de vie, pour cette expérience de vice, de vice assumé.
– Arrêtez les gars ! s'exclame Charles. C'est nous qui vous remercions ! Merci pour votre beauté ! Oh que vos petites fesses et vos bites vigoureuses sont belles ! Merci d'avoir tous joué le jeu ! Merci d'avoir autant baisé entre vous, devant nous, avec nous au milieu de vous ! Que c'est bon de vous voir vous enculer et vous sucer ! Vive les mâles ! Vive les pédés ! Vive les enculés !
Spontanément nous reprenons en chœur :
– Vive les mâles ! Vive les pédés ! Vive les enculés !
– Et vive nos enculeurs, nos si merveilleux ardents ! ajoute-je, vite repris par les autres féaux.
– Vive nos féaux qui ont été si généreux avec nous ! clame Thierry.
– Généreux mais pas soumis ! Généreux mais pas dominés ! Généreux comme les meilleurs des pédés ! Merci les féaux ! s'enflamme Estebe.
– J'ai une question, moi aussi, réussit à glisser Maxence, sans doute le féal le moins expressif, dans un bref silence. Pourquoi ne prolongerions-nous pas ce séjour d'une semaine supplémentaire ? Pourquoi seulement deux semaines et pas trois ? Je sais ce que vous allez me dire « Tu as eu du mal à rentrer dans ton rôle de féal, il fallait accepter plus tôt ». C'est vrai qu'il faut s'y faire. Mais une fois qu'on s'y fait, hummm…
– Tu vas voir ce soir comment tu vas t'y faire ! lui promet un ardent.
Ses ardents lui annoncent bruyamment la plus sauvage des orgies, ce qui déclenche chez les autres des surenchères prometteuses.
Quand revient le calme, Charles peut enfin répondre.
– Vous avez peut-être commencé à le ressentir, mais sinon vous allez très bientôt le découvrir, il y a une sorte de limite à notre libido effrénée. Après dix à quinze jours d'orgasmes intenses et répétés quotidiennement, il arrive le moment où le corps dit stop. C'est particulièrement vrai pour les féaux dont, reconnaissez-le, vous n'avez pas ménagé le beau petit cul. Vous avez commencé (ou bientôt le faire) à vous projeter sur ce que vous ferez après. Certains d'entre vous ont déjà prévu de se revoir après ce séjour. Des sentiments sont nés. Des affinités se sont créées… Chaque été, au milieu de vos corps de mâles assoiffés de sexe et emmêlés dans des orgies sauvages, des couples naissent. Et, curieusement, pour ce que l'on en sache, durent. On peut aimer le sexe en groupe et vivre amoureusement en couple…
– Comme Vincent et Charles ! s'amuse Ludo.
– Comme nous, oui, c'est vrai. Je n'imagine pas ma vie sans mon Vincent. Je n'imagine pas ma vie sans cette détente annuelle entourés d'aussi beaux jeunes mâles que vous et de nos complices de baise, Ludo et Régis. C'est ainsi… Alors, non, croyez-en notre expérience, trois semaines de baise sauvage d'affilé, c'est trop. Il ne faudrait pas en plus que cela devienne une drogue !
– Mais il est arrivé plusieurs fois, ajoute Régis, qu'une bonne partie du groupe se retrouve ensuite pour un weekend prolongé ou une semaine de copulations joyeuses. Si vous le souhaitez, n'hésitez pas !
– Et là, plus question de féal ou d'ardent, complète Ludo. C'est votre règle du jeu que vous adopterez, pas la nôtre.
– Qui n'a d'ailleurs plus aucun sens, une fois que vous l'avez vécue, précise Charles. Être féal ou être ardent, c'est une fois dans sa vie, pour découvrir ce que c'est que de se donner entièrement à son partenaire, que de respecter totalement le plaisir de son partenaire. Une fois que vous avez compris cela, ce n'est plus utile de jouer ces rôles.
– C'est cela que tu as voulu nous inculquer, demande-je à Charles. Dépasser nos pulsions sexuelles de jeunes mâles toujours excités, pour découvrir ce que c'est que de se donner entièrement à son mec et de respecter totalement le plaisir de son mec, suivant les postures que l'on adopte ? Savoir mieux baiser, avec plus de tendresse ou plus d'intensité, mais toujours parfaitement attentionné au plaisir du partenaire ? Et toujours en ayant le courage d'exprimer sans fard le plaisir que nous ressentons ?
– Tu as parfaitement compris, répond Ludo en érection, d'une voix rauque, me regardant avec une folle intensité.
C'est dans le salon que l'orgie démarre, toujours par groupes de féaux-ardents en plus de nos quatre quinquas. Ludo est le premier à percer un beau cul, celui de Régis, et de le ramoner avec ferveur jusqu'à l'ensemencement bruyant. Alors que je me fais butiner le cul et la bouche par mes ardents, Ludo et moi ne cessons de nous regarder, comme des promesses que nous nous lançons.
Quelque chose de nouveau transparait dans ce nouvel ébat de groupe. Une sorte d'insouciance a disparu. Une urgence et une gravité apparaissent. Bientôt nous quitterons ce paradis mâle. Il nous faut redoubler d'attention, de plaisir, d'offrande de nous-même.
Jamais mes ardents ne m'avaient sodomisé aussi longuement et aussi sévèrement. Les heures s'écoulent au fil du sperme qui s'échappe en filet continu de ma queue dressée, ravie de sentir que, derrière moi, une autre queue me perce et me reperce. J'ai besoin de plus de sauvagerie dans mon cul qui sera bientôt orphelin des merveilleuses bites de mes ardents. J'ai besoin de ressentir toujours plus fortement leurs désirs, leurs réactions, leur plaisir. Et je suis loin d'être le seul.
Bien plus tard, alors qu'il reste quelques corps assoupis et harassés au milieu du salon que je me délecte à dessiner, Charles s'approche de moi pour observer mon dessin. Brusquement il dépose un bisou sur ma joue et se recule, tout penaud, les joues rouge pivoine. Je le regarde, étonné. Je l'interroge du regard. Je lis une intense émotion. Le mâle alpha si sûr de lui ressemble à un enfant pris en faute.
Ma main s'élève et je caresse son torse traversé de poils sombres et gris. Je lui souris. Je l'encourage à s'exprimer.
– Pardonne-moi, finit-il par dire. Je n'aurai pas du. C'est que…
– Oui ?
– Je te suis particulièrement reconnaissant, vois-tu…
– Pourquoi ? Qu'ai-je fait de particulier ?
– Eh bien… Comment dire…
– C'est si difficile que cela à dire, que le Grand Charles ne trouve pas les mots ?
– Cela peut arriver, comme tu le vois, dit-il en souriant timidement. C'est que, si j'avais trente ans de moins, je crois que je serais puissamment tombé amoureux de toi…
– Hein ?
– Ne te méprends pas sur mes paroles ! Je ne suis pas amoureux de toi. Je ne te désire pas. Tu le vois bien, d'ailleurs : ce n'est pas en te regardant que mon sexe s'érige… C'est juste que tu es le type d'homme idéal que j'aurais aimé rencontrer quand j'ai eu ton âge. Et que je n'ai pas rencontré. J'ai eu du mal à me l'avouer : tu es une sorte de fantasme masculin pour moi. Le fantasme de ce que nous aurions pu vivre ensemble si nous avions été de la même génération.
– Waouh ! Il faut que je me fasse à cette idée ! Je n'imaginais pas cela.
– Moi non plus, rassure-toi. Mais c'est ainsi. Et je n'ai pas envie de te le cacher. Je répète, il ne se passera rien entre toi et moi. Juste, j'espère, un peu d'amitié. Une amitié intergénérationnelle.
– Amitié assurée, promis ! réplique-je avec émotion.
– Mais ce n'est pas que pour cela que je voulais te remercier par ce bisou maladroit et déplacé.
– Une autre raison ? Là je dois vraiment m'inquiéter !
– Non. Tu sais bien de quoi je vais te parler. De qui, plutôt… Tu vois, Ludo est un ami cher à mon cœur. Il est vraiment un frère pour moi sur qui je peux compter et qui sait compter sur moi. Longtemps je me suis demandé si je n'étais pas amoureux de lui. Mais Vincent est entré dans ma vie. Et j'ai compris la différence entre l'amitié et la profondeur des sentiments amoureux. Sans savoir exactement ce que lui ressentait vis-à-vis de moi. Avec ce sentiment aigre que continuer à le voir, alors que je suis en couple avec Vincent, est peut-être cruel. Alors que baiser tous ensemble régulièrement dans ces parties fines dont on ne peut pas se passer est sans aucun doute une torture affective pour lui. Je le lui dis souvent. Il répète en boucle que nous sommes des sexfriends particulièrement proches, rien de plus. Est-il sincère ? Affirme-t-il ce que je veux entendre ? Toujours est-il que je tiens très fort à lui. Et que, comme tu l'as constaté, lui en pince très fort pour toi. Je ne l'ai jamais vu ainsi, aussi obsédé par un de nos invités, quel que soit l'âge de cet invité, jeune ou plus mature. Je ne l'ai jamais vu autant bander en regardant quelqu'un, et, tu ne le sais pas, en pensant à quelqu'un. Il suffit qu'avec les autres on prononce ton prénom pour voir sa verge gonfler. Il suffit qu'il pose un regard sur un de tes dessins pour qu'il bande.
Désarçonné, je ne sais pas quoi répondre.
– Le sujet ce n'est pas toi, c'est bien lui. Il a en permanence en tête qu'un vieux comme lui n'a rien à faire avec un jeune comme toi. Il ne veut pas gâcher ta vie, te forcer à quoi que ce soit. C'est un doux, tu sais ? Un tendre. Même quand il te sodomise. Surtout quand il se régale de ton sexe dans un de ses orifices… En fait je te suis reconnaissant, car il se sent plus vivant que jamais.
– La queue en avant !
– Dressée vers toi ! Tu fais du bien à mon ami. Tu lui feras sans doute du mal aussi en le repoussant, mais à cela il est prêt, il sait encaisser. Le bonheur que tu lui apportes, ça, ça me semble nouveau, unique. Alors oui, c'est pour te remercier de cela aussi que je n'ai pas pu retenir ce bisou.
– Un bisou. Deux raisons. C'est n'importe quoi. Monsieur le maître de ces lieux et de nos plaisirs de jeunes pédés affamés ! Il va falloir rétablir l'équilibre ! Je veux un deuxième bisou ! Sur l'autre joue !
– Non ! souffle-t-il d'un air apeuré.
– Si ! dis-je en tendant l'autre joue, tout en regardant les six ou sept camarades qui, réveillés, ont assisté silencieusement, respectueusement, à l'entretien.
Brusquement Charles rit. Il me claque sèchement les fesses avant de déposer le second bisou attendu sur ma joue. Je suis aux anges. La main du maître a flatté mon petit cul. Ses lèvres ont touché mes joues.
Je n'ai pas envie de lui. Mais ces gestes sont une forme de reconnaissance de notre amitié et de notre complicité qui dépasse largement notre différence d'âge.
Je n'ai pas envie de lui… Mais puis-je m'en dire autant de Ludo ?
Manu, Ludo. Et aussi Karim, Fred, Estebe avec qui baiser doit être un intense jeu lubrique, ludique, joyeux…
D'un coup je sens le blues monter en moi. Avant de venir je n'avais personne pour qui je ressentais quelque chose. Je copulais férocement. Maintenant il y en a un, deux, trois, cinq, plus encore ! Un trop plein ! Comment gérer cela ?
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Commentaires ()
Tu magnifie les beaux corps masculins les relations entre garçons, la nature, les fleurs,les paysages, l'eau,l'art du dessin, ... C'est genial j'adore totalement. J'aimerais bien participer ou quelque chose d'approchant!
Merci pour ce magnifique travail d'écriture.
Je crois que nous aimerions tous participer à ce type de vacances très libres entre hommes...