Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Erreur de réservation — Chapitre 10
Auteur
Erreur de réservation
Chapitre 10
Ça faisait maintenant deux heures que Catherine était assise dans le bar dont Maude lui avait parlé.
Deux heures que son regard n’avait quasiment pas quitté cette porte au fond de la pièce, discrète, noire, sans inscription. Deux heures qu’elle se demandait ce qui se passait derrière. Elle avait vu plusieurs femmes y entrer. Peu en ressortir. Certaines restaient une vingtaine de minutes, d’autres beaucoup plus longtemps. Une était même revenue dans le bar le visage défait, les cheveux en bataille, un sourire vague aux lèvres, avant de repartir sans commander quoi que ce soit.
Catherine en était à son troisième cocktail. L’alcool commençait à lui tourner un peu la tête. Elle se disait qu’elle allait rentrer. Qu’elle n’oserait jamais franchir cette porte sans savoir exactement ce qui l’attendait. Elle posa son verre vide, chercha son manteau du regard…
Et c’est alors qu’elle la vit.
Sophie venait d’entrer dans le bar.
Seule. Manteau noir, cheveux lâchés, visage fermé. Elle traversa la salle sans regarder personne et s’installa à une table près du mur. Pendant quelques secondes, elle ne vit pas Catherine. Puis leurs regards se croisèrent.
Sophie la fusilla des yeux.
La colère était toujours là. Vive. Intacte. Elle ne détourna pas le regard tout de suite. Elle laissa Catherine ressentir tout le poids de ce qu’elle lui avait fait le soir de l’anniversaire de la boîte. Puis elle se détourna brusquement, commanda un verre d’une voix sèche.
Mais pour Catherine, la présence de Sophie changea tout.
Quelque chose monta immédiatement dans son bas-ventre. Une chaleur lourde, familière, douloureuse. Elle vida ce qui restait de son cocktail d’un coup sec, posa le verre, et se leva. En fixant Sophie avec un air de défi presque enfantin, elle traversa la salle droit vers la porte noire.
Elle n’hésita plus.
Une fois la porte franchie, elle se retrouva dans un couloir étroit, faiblement éclairé par des appliques rouges. L’air était plus chaud, chargé d’une odeur de peau, de sueur légère et de quelque chose de plus âcre. Elle avança. Au bout du couloir, une large ouverture donnait sur une salle assez vaste. De nombreux matelas épais étaient disposés au sol, recouverts de draps sombres. Quelques couples ou petits groupes s’y trouvaient déjà, enlacés, à demi éclairés par des lampes tamisées. Des gémissements bas montaient de temps en temps.
Catherine s’arrêta sur le seuil, le cœur battant trop fort.
Une voix douce, tout près de son oreille, lui demanda :
— C’est la première fois que tu viens ?
Elle se retourna. Une femme se tenait derrière elle, entièrement nue. La trentaine, corps ferme, seins lourds, sexe rasé. Elle souriait sans agressivité.
Catherine déglutit.
— Oui.
— Qu’est-ce que tu es venue chercher ici ?
— Qu’est-ce que tu es venue chercher ici ?
Elle hésita une seconde, puis répondit simplement :
— Du plaisir.
La femme hocha la tête, lui prit la main et l’entraîna vers un matelas encore libre, un peu à l’écart. Elle la déshabilla lentement, pièce par pièce, sans se presser. Le manteau, la robe, le soutien-gorge, la culotte. Quand Catherine fut entièrement nue, la femme l’allongea sur le matelas et s’agenouilla près d’elle.
— Laisse-toi aller, murmura-t-elle. Ne cherche pas à contrôler.
Puis elle lui banda les yeux avec un tissu doux, épais.
Le monde devint noir.
Catherine sentit une légère panique lui nouer la gorge. Elle ne voyait plus rien. Elle n’entendait que des souffles, des froissements de draps, des gémissements lointains. Puis des mains se posèrent sur elle.
D’abord une seule paire. Puis d’autres.
Elle ne savait pas combien. Trois, quatre, peut-être plus. Des mains de femmes, certaines fines, d’autres plus larges. Elles la caressèrent partout. Ses seins, son ventre, l’intérieur de ses cuisses, son cou, ses hanches. Des doigts pétrirent ses tétons jusqu’à les faire durcir douloureusement. Une bouche se posa sur la sienne, l’embrassa longuement pendant qu’une autre descendait entre ses jambes.
Une langue chaude s’écrasa contre son sexe.
Puis une deuxième, plus bas, près de son anus.
Des doigts s’enfoncèrent en elle, d’abord deux, puis trois, puis peut-être quatre. Une autre main écartait ses lèvres pour laisser les langues travailler plus librement. Quelqu’un suçait son clitoris pendant que les doigts courbés massaient son point G avec une précision impitoyable. Une bouche s’occupait de ses seins, une autre de son cou. Elle ne savait plus où concentrer son excitation.
Le plaisir monta très vite, trop vite. Comme d’habitude.
Elle jouit une première fois en arquant violemment le dos, un cri rauque dans la gorge. Les langues et les doigts ne s’arrêtèrent pas. Ils prolongèrent sa jouissance, la forcèrent à redescendre à peine avant de la remonter. Une main lui écarta davantage les cuisses. Quelque chose de plus épais s’enfonça en elle, un gode, peut-être, ou plusieurs doigts joints. Une langue s’aventura contre son anus pendant qu’on la pénétrait. Elle jouit une deuxième fois, plus fort, les cuisses tremblantes, un petit jet chaud qui dut arroser quelqu’un.
Ça dura.
Longtemps.
Elle perdit la notion du temps. Les bouches changeaient, les doigts aussi. Parfois on la retournait sur le ventre, on lui relevait les hanches, on la pénétrait en même temps par-devant et par-derrière avec des doigts. Parfois on la mettait à califourchon sur un visage pendant qu’une autre bouche s’occupait de ses seins. Elle jouissait encore. Et encore. Des orgasmes courts, violents, en rafale. Son corps ne lui appartenait plus vraiment. Il n’était plus qu’un terrain de jeu que plusieurs femmes inconnues exploraient avec une gourmandise collective.
Mais au fond d’elle, même au plus fort des vagues orgasmiques, quelque chose manquait.
Cette intensité émotionnelle. Cette impression d’être vue. Cette tendresse féroce qu’elle n’avait trouvée qu’avec Sophie. Ici, c’était du plaisir pur, mécanique, presque anonyme. Délicieux. Épuisant. Mais incomplet.
Au bout d’un temps qui lui parut une éternité, une heure, peut-être plus, les mains et les bouches se retirèrent peu à peu. On lui enleva enfin le bandeau.
Il n’y avait plus que la femme du début, agenouillée près d’elle, un petit sourire aux lèvres. Les autres matelas étaient occupés ou vides. La salle avait repris un rythme plus calme.
Catherine n’arriva qu’à bredouiller, d’une voix très faible :
— Merci…
Elle se rhabilla lentement, les jambes encore tremblantes, le sexe battant, les cuisses collantes. Elle traversa le couloir et repoussa la porte noire pour revenir dans le bar.
Sophie était toujours là.
Assise à la même table. Son regard se leva quand Catherine réapparut. La colère n’y était plus. À la place, il y avait autre chose. Quelque chose qui ressemblait presque à de la pitié. Ou de la tristesse. Sophie la regarda longuement, sans détourner les yeux, pendant que Catherine traversait la salle pour récupérer son manteau.
Catherine ne dit rien.
Elle sortit.
Chez elle, elle ne prit même pas la peine d’allumer. Elle se déshabilla à nouveau, se laissa tomber sur le lit et glissa une main entre ses cuisses encore sensibles. Elle se masturba en repensant à toutes ces mains, ces langues, ces doigts anonymes qui l’avaient ouverte, léchée, pénétrée pendant une heure entière. Elle se toucha en revoyant les matelas, l’obscurité du bandeau, les gémissements autour d’elle. Elle jouit une dernière fois, seule, un orgasme court et frustré, le visage enfoui dans l’oreiller.
Et même là, les yeux fermés, c’était encore le visage de Sophie qu’elle voyait.
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Commentaires ()
Par contre pour Catherine je ne sais pas comment elle va sans sortir
Car elle est vraiment amoureuse
Mais malheureusement Sophie ne l'ai pas du tout
J'ai vraiment hâte de lire la suite
Excellent chapitre.