Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Erreur de réservation — Chapitre 12
Auteur
Erreur de réservation
Chapitre 12
Catherine était assise dans son salon, sur le canapé.
Elle avait ramené ses genoux contre sa poitrine, les bras serrés autour, le front appuyé dessus. Elle pleurait depuis que Sophie était partie du bar. Des larmes silencieuses, obstinées, qui ne semblaient plus vouloir s’arrêter. Le visage de Sophie en train de s’excuser, son sourire final, les mots « j’espère que tu arriveras à m’oublier » tournaient en boucle dans sa tête.
On toqua à la porte.
Elle releva à peine la voix, cassée :
— Entre…
Maude poussa la porte. Elle portait un simple manteau sur un jean et un pull, les cheveux en bataille. Dès qu’elle vit Catherine recroquevillée, son expression changea. Elle referma derrière elle, posa son sac et traversa la pièce en trois enjambées. Sans un mot, elle s’assit à côté d’elle et la prit dans ses bras.
— Chut… calme-toi. Je suis là.
Sa main caressait lentement les cheveux de Catherine.
— Raconte-moi. Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
Catherine parla contre son épaule, la voix étouffée, hachée de sanglots. Elle raconta les excuses de Sophie, le jeu avec les « petites bourgeoises hétéros », le fait que les deux autres nuits n’avaient été qu’un plan cul agréable, le « j’espère que tu m’oublieras ». Chaque mot semblait lui coûter.
Quand elle eut fini, Maude resta silencieuse un long moment, continuant de la bercer doucement.
— Maintenant tu es fixée, murmura-t-elle enfin. Tu sais ce qu’il en est. C’est dur… mais au moins c’est clair.
Une longue pause s’installa.
Elles ne parlaient plus. Catherine avait cessé de pleurer. Elle avait relevé un peu la tête. Leurs regards se trouvèrent et restèrent accrochés. Les yeux clairs de Maude étaient tout proches, doux, sans pitié, juste présents. Lentement, presque sans y penser, elles se rapprochèrent. Leurs fronts se touchèrent d’abord. Puis leurs nez. Puis leurs lèvres.
Le baiser fut différent de la dernière fois.
Pas de faim brutale. Pas d’urgence sexuelle. C’était un baiser lent, profond, comme si elles se connaissaient depuis des années. Comme si leurs bouches se souvenaient déjà l’une de l’autre. Catherine sentit quelque chose se dénouer dans sa poitrine. Une chaleur douce, presque douloureuse de tendresse, monta en elle.
Elles se déshabillèrent l’une l’autre avec une lenteur infinie.
Maude retira d’abord le pull de Catherine, puis son soutien-gorge, en embrassant chaque centimètre de peau découverte. Catherine fit de même, glissant le pull de Maude par-dessus sa tête, dénouant son soutien-gorge, laissant ses mains glisser sur sa peau chaude. Elles se caressaient partout. Les épaules, la ligne du dos, la courbe des seins, le creux des reins, l’intérieur des cuisses. Pas une zone n’était oubliée. Chaque caresse était une question, chaque baiser une réponse.
Quand elles furent nues, Maude allongea Catherine sur le canapé et s’étendit à demi sur elle. Elle l’embrassa longuement tout en laissant sa main descendre entre ses cuisses. Elle la trouva déjà humide. Ses doigts s’attardèrent, caressèrent les lèvres externes, le clitoris, sans entrer tout de suite. Catherine gémissait doucement contre sa bouche, les hanches qui se soulevaient d’elles-mêmes.
— Regarde-moi, murmura Maude.
Catherine ouvrit les yeux. Elle regarda Maude pendant que celle-ci l’embrassait à nouveau, pendant que deux doigts glissaient enfin en elle, lents, profonds, courbés exactement au bon endroit. Ce n’était pas la technique parfaite de Sophie. C’était autre chose. Plus intime. Plus présent. Catherine sentait non seulement les doigts, mais le regard de Maude posé sur elle, la chaleur de son corps, le battement de son cœur contre le sien.
Maude descendit ensuite entre ses cuisses. Sa bouche se posa sur elle avec une tendresse infinie. Elle lécha lentement, longuement, comme si elle avait tout le temps du monde. Elle suçait le clitoris par instants, le faisait rouler entre ses lèvres, puis revenait à de longs coups de langue plats. Ses doigts continuaient leur mouvement lent à l’intérieur. Catherine avait les mains dans les cheveux de Maude, les yeux mi-clos, le souffle court. Quelque chose de beaucoup plus vaste que le simple plaisir physique montait en elle. Une émotion chaude, serrée, qui lui serrait la gorge en même temps qu’elle faisait battre son sexe.
Quand elle jouit, ce fut sans squirt, mais avec une intensité qu’elle n’avait jamais connue.
Pas l’explosion violente de Bordeaux. Quelque chose de plus profond, de plus large, qui partait du centre de son ventre et irradiait jusque dans sa poitrine, ses bras, ses jambes. Elle gémit le prénom de Maude, les cuisses tremblantes, les larmes aux yeux, des larmes différentes cette fois.
Elle attira Maude vers elle et l’embrassa, goûtant son propre plaisir sur ses lèvres. Puis elle la fit basculer sur le dos à son tour. Elle voulait lui donner la même chose. Elle embrassa ses seins, les suca longuement, tendrement, pendant que sa main glissait entre ses cuisses. Maude était trempée. Catherine s’installa entre ses jambes et la lécha avec la même lenteur, la même attention. Elle prenait son temps. Elle écoutait les gémissements de Maude, ajustait la pression, la vitesse. Elle ajouta ses doigts, trouva le point qui faisait arquer le dos de la jeune femme, et y resta.
Maude jouit contre sa bouche dans un long gémissement brisé, les mains crispées dans les cheveux de Catherine, le corps entier secoué de spasmes. Catherine continua de la lécher doucement jusqu’à ce qu’elle se détende complètement.
Elles restèrent un long moment enlacées sur le canapé, peau contre peau, à se caresser mollement. Puis Maude murmura :
— Viens… on va dans ton lit.
Elles se levèrent, se prirent par la main et traversèrent le couloir jusqu’à la chambre. Dans le lit, elles recommencèrent. Plus lentement encore. Elles se touchèrent, se léchèrent, se pénétrèrent avec une tendresse qui n’avait plus rien à voir avec les plans cul de Catherine. Chaque orgasme était suivi de longs moments de caresses, de baisers dans le cou, sur les tempes, sur les paupières. Catherine n’avait jamais ressenti cela. Ni avec Thomas, ni avec Sophie, ni avec aucune des femmes qu’elle avait ramenées. C’était comme si son corps et son cœur étaient enfin synchronisés.
Au petit matin, la lumière grise de novembre filtrait à travers les rideaux.
Catherine était allongée sur le côté, le visage tout près de celui de Maude. Elle ne la quittait pas des yeux. Pendant toute la nuit, elle n’avait pas pensé une seule fois à Sophie.
Pas une image.
Pas un souvenir.
Juste Maude.
Sa peau, sa voix, sa façon de la regarder, la chaleur de ses bras. Le lien qui l’avait rattachée si douloureusement à Sophie s’était rompu sans qu’elle s’en rende compte. Un autre était en train de se créer, tout doucement, plus solide.
Maude entrouvrit les yeux. Un petit sourire fatigué et heureux étira ses lèvres. Elle trouva immédiatement le regard de Catherine posé sur elle.
Catherine resta silencieuse une seconde. Puis elle murmura, d’une voix claire, presque étonnée d’elle-même :
— Je t’aime.
Maude ne répondit pas tout de suite. Elle porta une main à la joue de Catherine, la caressa du bout des doigts, et posa un baiser très doux sur ses lèvres.
— Moi aussi, souffla-t-elle.
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Commentaires ()
Beaucoup d'émotions dans lesquelles bon nombre de lecteurs peuvent se retrouver.
Bravo pour votre sens du récit
J'attends avec impatience la suite ...