Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Erreur de réservation — Chapitre 9
Auteur
Erreur de réservation
Chapitre 9
Quelques semaines après avoir fait exploser le couple de Sophie, la vie de Catherine avait retrouvé une forme de monotonie glaciale.
Boulot. Métro. Appartement. Silence.
Elle se levait, s’habillait, travaillait, rentrait. Rien n’avait vraiment changé, sauf qu’elle avait ajouté une routine supplémentaire à cette existence qui lui donnait parfois envie de mourir. Tous les soirs, sans exception, elle faisait venir chez elle une femme. Une seule. Jamais deux fois la même. L’application s’appelait Her. À l’origine conçue pour les rencontres entre femmes, elle était vite devenue un catalogue de plans cul discrets et efficaces. Catherine scrollait, choisissait, envoyait un message clair : « Ce soir. Chez moi. Juste du sexe. » Elle ne voulait pas s’attacher. Elle voulait se prouver qu’elle était vraiment lesbienne. Et surtout, elle cherchait désespérément à retrouver les orgasmes dévastateurs qu’elle avait connus avec Sophie. Elle jouissait souvent. Elle aimait le goût, l’odeur, la douceur d’un corps de femme. Mais jamais, jamais elle n’atteignait cette explosion totale, ce squirt incontrôlable, cette sensation d’être entièrement brisée et reconstruite en même temps. Chaque nuit qui passait renforçait un peu plus la frustration.
Ce soir-là, elle avait « booké » une petite blonde de dix-neuf ans. Maude.
Sur les photos, elle avait un visage de poupée, des lèvres pulpeuses, des seins modestes et un ventre plat. Catherine l’attendait déjà en peignoir de satin noir, nue en dessous, les cheveux encore humides de la douche. Elle savait que ça serait comme d’habitude. Du plaisir. De la fatigue. Puis le vide. Mais au moins ça lui passerait le temps jusqu’au sommeil.
Quand la sonnette retentit, elle ouvrit la porte.
Et elle eut un petit choc.
Maude était encore plus jolie en vrai. Peau claire, yeux clairs, un sourire lumineux qui illuminait tout son visage. Une boule chaude se forma soudain dans le ventre de Catherine. Elle la chassa immédiatement. Non. Cette fille n’était là que pour être baisée. Rien d’autre.
— Entre, dit-elle simplement.
Elle ne lui proposa même pas à boire. Elle l’attrapa par la main et l’entraîna directement dans la chambre. À peine la porte refermée, elle se jeta sur elle, l’embrassant avec une faim brutale. Maude eut un mouvement de surprise, puis répondit presque aussitôt, ouvrant la bouche, laissant sa langue rencontrer celle de Catherine.
Catherine la déshabilla vite, trop vite. Le pull, le jean, la petite culotte en dentelle blanche. Elle la poussa sur le lit et s’agenouilla entre ses cuisses. Elle plongea vers son sexe, inhala son odeur jeune et douce, puis la lécha largement, goulûment. Sa langue s’enfonça, suça, fouilla. Elle la mangeait littéralement. Deux doigts s’ajoutèrent, puis trois, pendant que sa bouche restait collée au clitoris gonflé. Maude gémissait déjà, les mains dans les cheveux de Catherine, les hanches qui se soulevaient.
— Putain… t’es trop bonne…
Catherine ne répondit pas. Elle accéléra, courba les doigts, suça plus fort. En moins de cinq minutes, Maude se cambra violemment et jouit contre sa bouche, un cri aigu, les cuisses tremblantes. Catherine continua de la lécher jusqu’à ce que les spasmes s’apaisent, savourant chaque goutte.
Puis elle se redressa, retira son peignoir et s’allongea sur le dos, les cuisses ouvertes.
— À moi.
Maude s’installa entre ses jambes avec un sourire un peu timide, un peu excité. Sa bouche était douce, sa langue précise. Elle lécha lentement d’abord, puis plus vite, ajoutant ses doigts, trouvant rapidement le rythme. Catherine ferma les yeux. Ça lui faisait du bien. Énormément de bien. La chaleur montait, concentrée, agréable. Son ventre se contractait déjà. Trop vite. Beaucoup trop vite. L’orgasme arriva comme une vague courte, nette, qui la fit gémir et se crisper. Mais ce n’était pas assez. Pas assez profond. Pas assez violent.
— Continue… souffla-t-elle. Ne t’arrête pas.
Maude obéit. Elle reprit, plus appuyée, plus rapide. La sensibilité était à fleur de peau. Ça remontait déjà, plus haut cette fois, plus menaçant. Catherine arquait le dos, agrippait les draps, sentait quelque chose d’énorme approcher… et encore une fois, l’orgasme explosa trop tôt. Un deuxième jet de plaisir, plus fort, mais toujours incomplet. Elle n’avait pas squirté. Elle n’avait pas été emportée.
— Encore… gémit-elle, presque en colère. Continue, s’il te plaît…
Maude s’arrêta. Elle releva la tête, les lèvres brillantes, un air inquiet sur le visage.
— Hé… ça va ? Tu veux que je fasse quelque chose de différent ?
Catherine sentit les larmes monter d’un coup. Elle se redressa, le visage déjà trempé, et secoua la tête.
— Je veux jouir comme avec elle…
Elle se mit à lui expliquer. Tout. Bordeaux. Les trois nuits. Sophie. Les orgasmes en fontaine. Le restaurant. La rupture avec Thomas. Les semaines de plans cul vides. Les mots sortaient dans le désordre, salés de larmes. Maude l’écoutait sans l’interrompre, assise en face d’elle sur le lit, nue, les genoux remontés, attentive.
Quand Catherine se tut enfin, Maude resta silencieuse quelques secondes. Puis elle dit, doucement :
— Je te comprends. Mais tu cherches quelque chose de super dur à retrouver.
Catherine releva les yeux, rouge.
— Quoi ?
— La première fois.
Maude sourit un peu tristement.
— Chaque jour tes orgasmes sont de moins en moins satisfaisants, hein ? C’est normal. Avec Sophie, c’était ta première fois avec une femme. Et en plus tu avais des sentiments pour elle. Tout était nouveau, intense, interdit. Ton corps a explosé parce que c’était… immense. Maintenant tu compares tout à ça. Et rien ne peut rivaliser.
Catherine baissa la tête. Elle savait que c’était vrai.
Maude reprit, hésitante :
— J’ai peut-être deux solutions pour toi. La première… il y a un bar un peu spécial, dans le 11ᵉ. Avec une pièce au sous-sol. Il paraît qu’il s’y passe des trucs assez hard. Des trucs qui donnent des orgasmes… terribles. Si tu cherches juste la sensation physique extrême. Je n’y suis jamais allée mais on m’en a déjà souvent parlé.
Elle marqua un temps.
— La deuxième… tu parles à Sophie. Maintenant qu’elle est sûrement célibataire… tu as peut-être tes chances.
Catherine releva la tête. Un petit rire humide lui échappa.
— T’es une vraie salope, toi… dit-elle en souriant à travers les larmes.
Puis elle se jeta sur elle.
Cette fois, ce fut différent. Plus lent. Plus tendre. Elles s’embrassèrent longuement, se caressèrent, se léchèrent, se doigtèrent pendant des heures. Catherine fit de nouveau jouir Maude, longuement, en la regardant. Maude la ramena plusieurs fois au bord, la laissa redescendre, puis la fit jouir encore, plus profondément. Elles se donnèrent des orgasmes l’une à l’autre jusqu’à épuisement, collées, humides, essoufflées.
Au matin, après une douche chaude prise ensemble, Maude s’habilla lentement. Elle était prête à partir quand elle se tourna vers Catherine, encore en peignoir.
— On se reverra ?
Catherine hésita deux secondes. Sa règle d’une seule fois. Sa promesse de ne jamais s’attacher.
— Ouais… on se reverra sûrement.
Maude s’avança, posa une main sur sa joue et déposa un baiser tendre, presque chaste, sur ses lèvres.
— Merci pour cette nuit. Au revoir, Catherine.
Elle quitta la chambre.
Catherine resta seule. La boule qui s’était formée dans son ventre la veille se transformait tout doucement en quelque chose de plus léger. Des papillons. Chauds. Inquiétants.
Mais sans l’orgasme dévastateur.
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