Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les ravages oubliés du viol — Chapitre 9 · Le doute s'installe
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les ravages oubliés du viol
Chapitre 9 · Le doute s'installe
Il y a maintenant cinq mois, Charles a définitivement tourné le dos à sa famille qui n'a pas souhaité croire au viol de la femme qu'il aime, parce que cet acte abjecte a été commis par leur autre fils. Il n'a plus donné aucun signe de vie, les a simplement rayés de sa vie.
C'est pourtant ce comportement de la part de Charles qui, sans le savoir, est en train de provoquer un changement d'attitude auprès de Viviane, sa mère. Allongée dans le lit en compagnie de son mari, cela fait maintenant plusieurs semaines qu'elle se pose de nombreuses questions.
— Et si on se trompait au sujet de Bruno, dit-elle à son mari.
— À propos de quoi ? demande-t-il sans trop savoir de quoi parle sa femme.
— Tu sais. Sur ce que Charles a dit de lui.
— Tu ne vas tout de même pas te mettre à croire que notre fils est un violeur. Nous ne l'avons jamais éduqué comme ça et on l'a toujours vu respecter les femmes.
— Parce que tu crois vraiment que tous les tueurs en série ont été éduqués pour devenir des tueurs en série ?
— Je ne vois pas le rapport, répond le père de famille.
— Ce n'est pas parce que nous l'avons éduqué du mieux que nous avons pu qu'il ne peut pas devenir un criminel.
— Arrête avec ces conneries ! hausse son mari. Notre fils n'a violé personne ! C'est sûrement cette conne de Mathilde qui a retourné le cerveau de Charles. Et maintenant, elle arrive à te faire douter.
— Comment tu expliques que Charles reste aussi longtemps dans ce cas. Et comment tu peux parler de Mathilde de cette façon ? Nous la connaissons depuis si longtemps. Elle a toujours été gentille avec notre famille et tu l'as toujours appréciée aussi.
— C'était pour mieux manipuler tout le monde. Et Charles pense avec sa bite, c'est pour ça qu'il croit tout ce qu'elle lui dit. Si vraiment notre fils avait fait ce qu'elle lui reproche, pourquoi ne pas avoir porté plainte ? l'interroge le père de famille.
— Je ne sais pas. Je suppose que comme la plupart des victimes qui ne portent pas plainte, elle a peur de ne pas être crue.
— Parce qu'elle n'a jamais été violée ! répond simplement son mari en mettant un terme à la discussion.
— Et si on se trompait au sujet de Bruno, dit-elle à son mari.
— À propos de quoi ? demande-t-il sans trop savoir de quoi parle sa femme.
— Tu sais. Sur ce que Charles a dit de lui.
— Tu ne vas tout de même pas te mettre à croire que notre fils est un violeur. Nous ne l'avons jamais éduqué comme ça et on l'a toujours vu respecter les femmes.
— Parce que tu crois vraiment que tous les tueurs en série ont été éduqués pour devenir des tueurs en série ?
— Je ne vois pas le rapport, répond le père de famille.
— Ce n'est pas parce que nous l'avons éduqué du mieux que nous avons pu qu'il ne peut pas devenir un criminel.
— Arrête avec ces conneries ! hausse son mari. Notre fils n'a violé personne ! C'est sûrement cette conne de Mathilde qui a retourné le cerveau de Charles. Et maintenant, elle arrive à te faire douter.
— Comment tu expliques que Charles reste aussi longtemps dans ce cas. Et comment tu peux parler de Mathilde de cette façon ? Nous la connaissons depuis si longtemps. Elle a toujours été gentille avec notre famille et tu l'as toujours appréciée aussi.
— C'était pour mieux manipuler tout le monde. Et Charles pense avec sa bite, c'est pour ça qu'il croit tout ce qu'elle lui dit. Si vraiment notre fils avait fait ce qu'elle lui reproche, pourquoi ne pas avoir porté plainte ? l'interroge le père de famille.
— Je ne sais pas. Je suppose que comme la plupart des victimes qui ne portent pas plainte, elle a peur de ne pas être crue.
— Parce qu'elle n'a jamais été violée ! répond simplement son mari en mettant un terme à la discussion.
Il se retourne dans le lit et malgré cette conversation, les doutes de Viviane ne la quittent pas. Certes elle connaît bien ses deux fils et elle sait qu'aucun d'eux ne pourrait avoir un tel comportement. Mais elle connaît également Mathilde et elle sait qu'à aucun moment, elle n'a causé le moindre souci à sa famille. Elle est tiraillée entre l'amour qu'elle a pour ses fils et l'amour qu'elle porte a sa belle-fille qu'elle connaît depuis si longtemps maintenant.
Cette nuit, ne parvenant pas a dormir, elle finit par sortir du lit aux environs de trois heures trente du matin. Elle allume l'ordinateur dans le salon et hésite de nombreuses minutes. Mais elle veut également éloigner ses doutes une bonne fois pour toute. Laver son fils de tout soupçon et permettre, par la même occasion, de faire ouvrir les yeux à Charles sur l'influence néfaste que Mathilde commencerait à avoir sur lui. Elle va sur les réseaux sociaux et commence à chercher le nom des ex-copines de Bruno. Ou en tout cas, toutes celles qu'elle connaît pour les avoir vues. Elle commence naturellement par sa relation la plus récente connue à ce jour. Elle se doute que parmi ses ex, certaines risquent de ne pas être tendres avec lui parce qu'elles lui reprocheront probablement la rupture. C'est donc ce à quoi elle s'attend avec cette fameuse Virginie avec qui la relation s'est terminée il y a environ sept mois. Soit, après le soi-disant viol subi par Mathilde.
Elle envoie le message, se doutant qu'à cette heure tardive, elle n'aura aucune réponse avant le matin, si toutefois elle répond au message. Elle contacte ensuite Océane, puis Sandra à qui elle envoie toujours le même message. Puis, elle contacte Margaux, avec qui Bruno a eu une relation qui s'est terminée il y a quatre ans maintenant.
Mais cette fois, elle est surprise de recevoir une réponse dans la minute qui suit.
Viviane est surprise par cette réponse. À aucun moment elle n'a parlé de Mathilde, pourtant, c'est la première chose que Margaux reproche. La mère de famille essaie de creuser un peu plus, car apparemment, Margaux reproche des choses à Mathilde. Peut-être que finalement, ce n'est pas une fille si bien et qu'elle manipule effectivement Charles.
Après cette discussion, ses doutes sur son fils s'atténuent pour laisser place à des doutes sur la version de Mathilde. Mais quelques heures plus tard, les doutes vont s'inverser. Elle reçoit d'abord une réponse d'Océane dans laquelle, la version des faits est relativement semblable, mais un détail va rapidement lui donner des frissons.
Ces quelques mots décrivant un autre aspect de la personnalité de Bruno lui donnent un frisson dans le dos. Et les autres réponses vont bientôt la plonger dans l'horrible vérité, celle qu'elle a longtemps refusé de voir. Notamment par ce témoignage de Virginie, sa dernière ex.
Viviane tombe des nues. Même si elle ne semble pas vouloir le reconnaître sous prétexte qu'elle était en couple avec lui a ce moment-là, mais Virginie affirme a demi-mots avoir été elle aussi violée par Bruno. Toutes ses certitudes s'effondrent. Et au fil des jours, les témoignages de ses autres partenaires qui acceptent de parler décrivent un vrai monstre. Bien sûr, certaines n'osent pas le critiquer parce que c'est sa mère, mais en raison des témoignages qu'elle a recueillie, elle arrive parfois a obtenir des aveux glaçants. Toutes les filles a qui elle a parlé ont avoué que Bruno leur avait demandé de changer un aspect de leur physique. Pour celles qui n'avaient pas la même couleur de cheveux, c'était, pour commencer, par le biais d'une teinture. Pour celles qui avaient déjà la même couleur de cheveux, c'était par le biais du style vestimentaire ou du maquillage. Toutes affirmeront plus ou moins avoir été amenées à ressembler à Mathilde.
Dans sa quête, Viviane parvient à remonter jusqu'à deux relations antérieures à la période où Charles et Mathilde se sont rencontrés pour la première fois. Et pour ces deux relations, même en creusant, à aucun moment le comportement de Bruno n'a été remis en cause. De ce qu'elle comprend, l'élément déclencheur de son changement de comportement dans ses relations amoureuses est le jour où Charles a invité Mathilde chez eux pour la première fois. À aucun moment, elle n'a pu s'imaginer qu'en laissant entrer la meilleure amie de Charles, le monstre qui sommeillait en Bruno allait se réveiller. Elle est horrifiée de découvrir son fils sous cet aspect et elle s'en veut de ne rien avoir remarqué.
Quelques jours plus tard, Viviane enfile sa veste avant de sortir de la maison. Bien sûr, elle a tenté de parler de ces conversations avec son mari, mais celui-ci a toujours refusé de reparlé de ces idioties qui tentent de salir la réputation de son fils.
— Je vais faire une course, dit-elle a son mari qui est installé dans le salon.
— Je vais faire une course, dit-elle a son mari qui est installé dans le salon.
Elle sort de la maison, monte dans sa voiture et démarre. Un frisson la parcourt. Elle enclenche une vitesse et prend la route tout en réfléchissant à ce qu'elle s'apprête à faire. De toute sa vie, elle n'aurait jamais imaginé devoir faire ceci. Mais elle le sait, pour tenter de trouver le pardon auprès de Charles et Mathilde, elle DOIT le faire. Peut-être pour le bien des autres filles également.
Après quelques kilomètres, elle se gare. Elle tourne la tête vers le bâtiment qui se trouve sur sa droite mais n'ose pas sortir de sa voiture. Elle sait que si elle ose franchir ce cap, il n'y aura plus de retour en arrière possible. Ses mains sont moites. Elle regarde une fois de plus le bâtiment au-dessus duquel flotte le drapeau national. Elle ouvre la portière et descend de la voiture. Ses frissons lui implorent de tout arrêter et de ne pas aller plus loin, mais ses regrets de ne pas avoir vu la vérité et la peur qu'il s'en prenne un jour à d'autres filles la poussent à aller à l'encontre de ses craintes. Elle avance pas à pas vers le bâtiment sur lequel est inscrit "Commissariat de police". Elle entre stressée, regarde machinalement autour d'elle. Pendant quelques secondes, elle se demande encore si elle prend la bonne décision. Mais elle est rapidement sortie de ses pensées par l'officier qui se trouve à l'accueil.
— Bonjour madame. Que peut-on faire pour vous ?
— Bonjour. Je viens pour porter plainte pour viol à l'encontre de mon fils.
— Bonjour madame. Que peut-on faire pour vous ?
— Bonjour. Je viens pour porter plainte pour viol à l'encontre de mon fils.
Après cette phrase qu'elle n'aurait jamais imaginé dire de toute sa vie, elle sent tout le poids de son stress s'envoler. Mais celui de la culpabilité est encore bien présent.
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