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Les ravages oubliés du viol — Chapitre 10 · Difficultés juridiques
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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Les ravages oubliés du viol
Chapitre 10 · Difficultés juridiques
— Asseyez-vous ici madame, un de mes collègues va venir prendre votre déposition, lui fait savoir l'officier à l'accueil.
En retournant s'asseoir, Viviane ne peut s'empêcher de se demander si c'est vraiment ce qu'elle doit faire. Une part d'elle veut retourner dans sa voiture et rentrer à la maison, tout oublier de ce terrible doute et ne plus jamais se poser la moindre question sur les agissements de Bruno. Mais sans vraiment savoir pourquoi, elle reste assise et attend que quelqu'un vienne la chercher.
— Madame Machado ? demande un officier.
— Madame Machado ? demande un officier.
Viviane hésite quelques secondes.
— Madame Machado, répète le représentant de la loi.
— Madame Machado, répète le représentant de la loi.
Elle se lève, le ventre noué et suit l'officier jusqu'à une pièce fermée où l'attend une femme portant l'uniforme de la police assise sur une autre chaise. Elle est invitée à s'asseoir et s'installe naturellement à côté de la représentante féminine.
— Dites-nous ce qui vous amène, demande l'officier masculin.
— Dites-nous ce qui vous amène, demande l'officier masculin.
En réalité, les deux agents présent dans la salle connaissent le motif de sa venue puisqu'ils ont été mis au courant par l'officier à l'accueil, mais ils posent cette question pour être sûrs qu'elle comprenne ce que cela implique.
— Je n'aurais pas dû venir, dit Viviane, prise de remords.
— Pourquoi pensez-vous cela ? demande l'officier féminin en tentant d'apaiser cette mère de famille paniquée.
— Parce que c'est mon fils, répond-elle en mettant son visage entre ses mains. Je sais qu'il est incapable de faire ça.
— Pourtant vous êtes ici, c'est qu'au fond de vous, vous avez peut-être des doutes.
— Comment une mère peut-elle douter de son propre fils ?
— Parce que vous êtes sa mère et que vous le connaissez mieux que n'importe qui. Au fond de vous, vous savez que vos doutes sont fondés. Pouvez-vous nous raconter ce qui vous est arrivé ? demande la femme qui lui parle de façon rassurante.
— Ce n'est pas à moi que c'est arrivé, mais à ma belle-fille.
— Sans son... commence l'homme avant d'être coupé par le regard foudroyant de sa collègue.
— Racontez-moi, reprend la femme.
— Je n'aurais pas dû venir, dit Viviane, prise de remords.
— Pourquoi pensez-vous cela ? demande l'officier féminin en tentant d'apaiser cette mère de famille paniquée.
— Parce que c'est mon fils, répond-elle en mettant son visage entre ses mains. Je sais qu'il est incapable de faire ça.
— Pourtant vous êtes ici, c'est qu'au fond de vous, vous avez peut-être des doutes.
— Comment une mère peut-elle douter de son propre fils ?
— Parce que vous êtes sa mère et que vous le connaissez mieux que n'importe qui. Au fond de vous, vous savez que vos doutes sont fondés. Pouvez-vous nous raconter ce qui vous est arrivé ? demande la femme qui lui parle de façon rassurante.
— Ce n'est pas à moi que c'est arrivé, mais à ma belle-fille.
— Sans son... commence l'homme avant d'être coupé par le regard foudroyant de sa collègue.
— Racontez-moi, reprend la femme.
En choisissant les mots justes "Racontez-moi" au lieu de "Racontez-nous", elle tente d'exclure son collègue masculin dans l'esprit de Viviane. De rendre la conversation plus intime, telle une confession entre amies.
— Mon fils Bruno a violé ma belle-fille.
— Mon fils Bruno a violé ma belle-fille.
D'un geste discret, même si elle sait que cette plainte ne peut pas être enregistrée puisque la plaignante n'est pas la victime dans cette histoire, l'officier féminin demande pourtant à son collègue de prendre des notes sur l'ordinateur.
— Très bien. Et savez-vous quand cela s'est passé ?
— Pas avec précision. Mais pendant la période durant laquelle mon autre fils était dans le coma suite à son accident de vélo.
— Et quand a-t-il eu son accident ?
— Il y environ un an.
— D'accord, racontez-moi ce que vous savez.
— À vrai dire, pas grand chose. Je ne suis même pas sûre qu'il l'ait vraiment violée, mais...
— Mais quoi ?
— Il y a quelques jours, j'ai décidé de recontacter ses anciennes partenaires et certaines choses qu'elles m'ont raconté m'ont donné froid dans le dos. Toutes celles qui ont bien voulu me répondre m'ont dit qu'il tentait de les faire ressembler à ma belle-fille, Mathilde Simonin. En leur faisant changer de couleur de cheveux, ou de parfum, ou encore de maquillage. Parfois tout ça en même temps. Mais le pire, c'est qu'une de ses ex m'a dit qu'au cours d'une journée où elle était chez nous, Bruno semblait la regarder comme un prédateur. Mathilde ne s'est jamais confiée à nous sur son viol, mais uniquement à Charles, mon autre fils et son compagnon. Et c'est lui qui a renié son frère en déclarant qu'il a violé Mathilde.
— Très bien. Et savez-vous quand cela s'est passé ?
— Pas avec précision. Mais pendant la période durant laquelle mon autre fils était dans le coma suite à son accident de vélo.
— Et quand a-t-il eu son accident ?
— Il y environ un an.
— D'accord, racontez-moi ce que vous savez.
— À vrai dire, pas grand chose. Je ne suis même pas sûre qu'il l'ait vraiment violée, mais...
— Mais quoi ?
— Il y a quelques jours, j'ai décidé de recontacter ses anciennes partenaires et certaines choses qu'elles m'ont raconté m'ont donné froid dans le dos. Toutes celles qui ont bien voulu me répondre m'ont dit qu'il tentait de les faire ressembler à ma belle-fille, Mathilde Simonin. En leur faisant changer de couleur de cheveux, ou de parfum, ou encore de maquillage. Parfois tout ça en même temps. Mais le pire, c'est qu'une de ses ex m'a dit qu'au cours d'une journée où elle était chez nous, Bruno semblait la regarder comme un prédateur. Mathilde ne s'est jamais confiée à nous sur son viol, mais uniquement à Charles, mon autre fils et son compagnon. Et c'est lui qui a renié son frère en déclarant qu'il a violé Mathilde.
Viviane ne fait pas attention au bruit des touches de clavier qui écrivent tout ce qu'elle raconte. Elle est simplement engagée dans une discussion amicale avec une femme qu'elle ne connaît pas mais qui lui inspire confiance. Elle raconte tout ce qu'elle sait et trouve simplement une oreille attentive pour l'écouter, puisque son mari refuse d'entendre parler de cette histoire sordide. Elle donne également le nom et le prénom de toutes les filles qu'elle a contacté.
— Très bien Viviane, dit l'officier féminin pour garder ce semblant de simple confession entre amies. Je vous remercie pour votre témoignage. Sachez que votre fils ne sera pas poursuivi sans une plainte émanant de votre belle-fille. Mais vous êtes venue et vous avez fait ce qu'il faut.
— Vous êtes sûre qu'il n'y aura pas de problème avec mon fils ?
— Vous n'aurez aucun problème avec lui. Ce n'est qu'une simple main courante qui n'engage aucune poursuite.
— Très bien Viviane, dit l'officier féminin pour garder ce semblant de simple confession entre amies. Je vous remercie pour votre témoignage. Sachez que votre fils ne sera pas poursuivi sans une plainte émanant de votre belle-fille. Mais vous êtes venue et vous avez fait ce qu'il faut.
— Vous êtes sûre qu'il n'y aura pas de problème avec mon fils ?
— Vous n'aurez aucun problème avec lui. Ce n'est qu'une simple main courante qui n'engage aucune poursuite.
Là encore, les mots sont judicieusement choisis pour rassurer la mère de famille. En effet, l'officier a préféré préciser que Viviane n'aurait pas problème avec son fils, mais pas que son fils n'aurait pas de problème avec la justice. La mère de famille signe le papier qu'elle pense être sans intérêt et quitte le commissariat,soulagée. Elle avait besoin de se confier et son fils n'aura aucun problème avec la police.
— Putain, ça me bouffe ces conneries, s'exclame la femme qui a recueilli le témoignage de la mère de famille.
— Je suis comme toi, répond son collègue. On a un salopard de violeur en liberté et on ne peut rien faire parce que la seule personne qui a osé porter plainte contre lui n'est pas sa victime.
— Tu veux plutôt dire que ce n'est pas l'une de ses victimes.
— Vu ce que les autres filles lui ont raconté, c'est clair que sa belle-fille n'est pas sa seule victime. Il semble avoir un type de victime bien défini.
— Combien de temps devrons-nous attendre avant qu'une de ses victimes vienne porter plainte contre cette pourriture ? Ça me bouffe de me dire que la prochaine fille qu'il croisera et qui ressemblera à son fantasme, nous aurions pu l'empêcher si nous n'étions pas bloqués.
— J'aimerais avoir une réponse à t'apporter et te dire que ça va pouvoir se faire dans l'heure et qu'il ne fera plus aucune victime. Mais toi et moi savons que les choses ne sont jamais aussi simples.
— Putain, ça me bouffe ces conneries, s'exclame la femme qui a recueilli le témoignage de la mère de famille.
— Je suis comme toi, répond son collègue. On a un salopard de violeur en liberté et on ne peut rien faire parce que la seule personne qui a osé porter plainte contre lui n'est pas sa victime.
— Tu veux plutôt dire que ce n'est pas l'une de ses victimes.
— Vu ce que les autres filles lui ont raconté, c'est clair que sa belle-fille n'est pas sa seule victime. Il semble avoir un type de victime bien défini.
— Combien de temps devrons-nous attendre avant qu'une de ses victimes vienne porter plainte contre cette pourriture ? Ça me bouffe de me dire que la prochaine fille qu'il croisera et qui ressemblera à son fantasme, nous aurions pu l'empêcher si nous n'étions pas bloqués.
— J'aimerais avoir une réponse à t'apporter et te dire que ça va pouvoir se faire dans l'heure et qu'il ne fera plus aucune victime. Mais toi et moi savons que les choses ne sont jamais aussi simples.
Même si, en raison du témoignage apporté par la mère de famille et leur longue expérience, les deux officiers sont persuadés d'avoir l'identité d'un violeur en série, ils sont frustrés de ne pas pouvoir agir tant qu'aucune plainte ne sera émise par une victime de ce monstre.
Dans sa voiture, Viviane doute. Elle ne sait pas si elle a fait ce qu'il fallait. Elle s'en veut d'avoir eu l'intention de porter plainte contre Bruno, mais elle est également soulagée de savoir qu'il ne sera pas inquiété. Au moins, s'il est innocent, sa confession sera simplement oubliée.
Se souvenant qu'elle a parlé d'aller faire une course avant de partir pour le commissariat, elle s'arrête à la boulangerie acheter une baguette afin de ne pas rentrer les mains vides.
— Tu en as mis du temps pour une simple baguette, lui fait remarquer son mari.
— Il y avait un peu de monde. Et j'ai également remis de l'essence.
— D'accord mon amour, répond simplement le mari.
— Tu en as mis du temps pour une simple baguette, lui fait remarquer son mari.
— Il y avait un peu de monde. Et j'ai également remis de l'essence.
— D'accord mon amour, répond simplement le mari.
Avec ce mensonge, Viviane a l'impression de trahir toute sa famille. Son mari, à qui elle ne dit pas la vérité pour ne pas qu'il s'emporte. À Bruno, à qui elle ne veut pas dire qu'elle a osé avoir des soupçons sur lui. À Charles, dont elle ne veut pas dire qu'elle a été au commissariat pour déposer une plainte qui n'a aucune valeur. Et à Mathilde, qui est une victime que personne ne peut reconnaître officiellement tant qu'elle n'essaie pas de la convaincre de porter plainte contre Bruno.
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