Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Voisines (1) — Chapitre 9
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Voisines (1)
Chapitre 9
Dimanche 4 octobre.
– On en a de la chance. T'as vu ce temps ? On se croirait en plein été. Génial ça va être.
Elle avait revêtu une petite jupette mi-cuisses.
‒ Ben oui, parce que sinon…
Elle avait revêtu une petite jupette mi-cuisses.
‒ Ben oui, parce que sinon…
Elle n'a pas précisé. Gardé un long moment le silence.
‒ Tu seras là, hein, si ça tourne mal. Tu me laisses pas.
‒ Ben, évidemment ! Tu en doutes ?
‒ Non. Non, mais…
‒ Tu seras là, hein, si ça tourne mal. Tu me laisses pas.
‒ Ben, évidemment ! Tu en doutes ?
‒ Non. Non, mais…
Encore un long temps de silence.
‒ Finalement, je préférerais quand même, si ça t'ennuie pas, que, pour la première fois, tu restes à côté de moi. Que tu me quittes pas. On aura bien le temps de faire semblant de pas se connaître après, si on veut. Les autres fois.
‒ Finalement, je préférerais quand même, si ça t'ennuie pas, que, pour la première fois, tu restes à côté de moi. Que tu me quittes pas. On aura bien le temps de faire semblant de pas se connaître après, si on veut. Les autres fois.
On a roulé longtemps. Près de deux heures.
On s'est finalement garés sur un grand parking.
– C'est là !
On s'est finalement garés sur un grand parking.
– C'est là !
Un bâtiment de taille moyenne. Un peu austère. Avec des gens qui entraient. Qui sortaient. En flot continu.
– Allez !
– Allez !
Je l'ai prise par le bras. Elle s'est laissée entraîner. Aux murs des tableaux. Des photos. D'animaux. De scènes de chasse. Et par terre, effectivement, des miroirs. On pouvait appeler ça comme ça, oui. À intervalles réguliers. Personne ne semblait y prêter vraiment attention. Hommes, femmes stationnaient au-dessus en toute innocence.
‒ Action !
‒ Action !
On s'est arrêtés devant une meute de chiens qui déchiquetaient un cerf. Quelqu'un s'est approché. Tout près. Est reparti. Revenu.
– On voit ? Dis-moi, toi ! On voit que j'en ai pas ?
– Ça ne peut pas faire l'ombre d'un doute.
– On voit ? Dis-moi, toi ! On voit que j'en ai pas ?
– Ça ne peut pas faire l'ombre d'un doute.
D'autres. Seuls. Toujours seuls. Qui nous serraient au plus près. Qui faisaient mine de s'absorber dans ce qu'on faisait semblant de contempler. Qui baissaient la tête. Se gorgeaient d'elle. Ils ne s'attardaient jamais bien longtemps. Juste ce qu'il fallait. Pas question d'attirer l'attention sur leur petit manège. Quitte à revenir. Un peu plus tard. Un peu plus loin. Ils nous faisaient discrètement escorte. En long chapelet étiré. Devant une petite lithographie affichée tout en bas d'un panneau elle s'est penchée à l'équerre comme pour mieux l'examiner. Ils se sont pressés derrière elle. À trois. À quatre.
Trop. Ça faisait trop. Il ne fallait pas non plus… Mieux valait s'éclipser. Quitte à revenir ultérieurement.
On s'est installés à la première terrasse de café venue.
‒ Non, mais comment c'était génial ! Il y en avait plein, t'as vu ?
‒ Non, mais comment c'était génial ! Il y en avait plein, t'as vu ?
Elle avait les yeux tout brillants d'excitation.
‒ Ça les mettait dans tous leurs états, certains, hein ?
‒ Oh, pour ça, oui ! Il y en avait, ils étaient rouges, mais rouges !
‒ Et ils respiraient vite. Je le sentais leur souffle, par moments, dans mon cou. Tout près.
‒ Et ça bandait ! Je peux te dire que ça bandait.
‒ Ça les mettait dans tous leurs états, certains, hein ?
‒ Oh, pour ça, oui ! Il y en avait, ils étaient rouges, mais rouges !
‒ Et ils respiraient vite. Je le sentais leur souffle, par moments, dans mon cou. Tout près.
‒ Et ça bandait ! Je peux te dire que ça bandait.
Elle s'est agitée sur sa chaise.
‒ On recommencera, hein ?
‒ Quand tu veux. Demain si tu veux. Tu bosses pas demain.
Elle était bien évidemment partante.
‒ Oh, oui. Demain, oui.
J'ai suggéré.
‒ On pourrait même dormir ici. Ça nous éviterait d'avoir à faire le trajet.
‒ On recommencera, hein ?
‒ Quand tu veux. Demain si tu veux. Tu bosses pas demain.
Elle était bien évidemment partante.
‒ Oh, oui. Demain, oui.
J'ai suggéré.
‒ On pourrait même dormir ici. Ça nous éviterait d'avoir à faire le trajet.
Elle a froncé les sourcils.
‒ Et on irait où ?
– Ben, à l'hôtel, tiens ! Où tu veux sinon ?
– J'ai pas d'affaires. Rien. J'avais pas prévu.
– On se débrouillera avec les moyens du bord. Pour une fois…
– Oui, mais c'est que…
– C'est que quoi ? De quoi t'as peur ? Que je te saute dessus ? Je suis pas comme ça.
– Je sais bien…
– Eh ben alors! T'inquiète pas, va ! On prendra des lits jumeaux.
– Oh, mais je m'inquiète pas.
– Et Cédric peut dormir sur ses deux oreilles. Il sera pas cocu.
– Oh, mais c'est pas Cédric. Je m'en fiche de Cédric. Il se prive pas, lui. Non, c'est nous. Parce qu'un truc comme avec toi j'ai jamais eu ça avant. Et peut-être que ça gâcherait tout, si on couchait. Sûrement, même. Et ça, je voudrais pas. Pour rien au monde.
‒ Et on irait où ?
– Ben, à l'hôtel, tiens ! Où tu veux sinon ?
– J'ai pas d'affaires. Rien. J'avais pas prévu.
– On se débrouillera avec les moyens du bord. Pour une fois…
– Oui, mais c'est que…
– C'est que quoi ? De quoi t'as peur ? Que je te saute dessus ? Je suis pas comme ça.
– Je sais bien…
– Eh ben alors! T'inquiète pas, va ! On prendra des lits jumeaux.
– Oh, mais je m'inquiète pas.
– Et Cédric peut dormir sur ses deux oreilles. Il sera pas cocu.
– Oh, mais c'est pas Cédric. Je m'en fiche de Cédric. Il se prive pas, lui. Non, c'est nous. Parce qu'un truc comme avec toi j'ai jamais eu ça avant. Et peut-être que ça gâcherait tout, si on couchait. Sûrement, même. Et ça, je voudrais pas. Pour rien au monde.
On est allés au restaurant.
‒ Tant qu'à faire…
‒ Tant qu'à faire…
Où elle a constaté.
‒ T'es drôlement secret, toi, finalement, hein, comme type. Parce que moi, je te dis des trucs. Tu connais plein de choses sur moi. Maisde toi je sais rien du tout.
‒ Et qu'est-ce que tu voudrais savoir ?
‒ Plein de choses. Par exemple, t'en as pensé quoi, toi, de cette journée ? Tu l'as vécue comment ?
‒ Bien. Très bien même. J'ai pas à me plaindre : j'étais aux premières loges. Aux côtés d'une fille ravissante qu'avait pas de culotte, sur un sol qui montrait tout. Qu'est-ce que je pouvais espérer de mieux ? Et j'en ai beaucoup profité. Énormément.
‒ T'es drôlement secret, toi, finalement, hein, comme type. Parce que moi, je te dis des trucs. Tu connais plein de choses sur moi. Maisde toi je sais rien du tout.
‒ Et qu'est-ce que tu voudrais savoir ?
‒ Plein de choses. Par exemple, t'en as pensé quoi, toi, de cette journée ? Tu l'as vécue comment ?
‒ Bien. Très bien même. J'ai pas à me plaindre : j'étais aux premières loges. Aux côtés d'une fille ravissante qu'avait pas de culotte, sur un sol qui montrait tout. Qu'est-ce que je pouvais espérer de mieux ? Et j'en ai beaucoup profité. Énormément.
Elle a poussé un immense soupir de soulagement.
‒ Ah, ben enfin ! Enfin ! J'arrêtais pas de me demander, vu que tu m'en parlais pas. Je me disais que peut-être t'en avais strictement rien à foutre de me voir. Que ça te faisait ni chaud ni froid finalement. Et ça me rassure. Parce que comment c'était vexant de me dire que je faisais de l'effet à tout le monde, sauf à toi.
‒ Oh, si que tu m'en fais de l'effet ! Oh, que si ! Et même, si tu veux tout savoir, j'ai très envie d'en voir plus. Beaucoup plus. Et mieux. Disons, pour être précis, de te regarder de beaucoup plus près. De très très près. Et beaucoup plus longtemps.
‒ Ah, ben enfin ! Enfin ! J'arrêtais pas de me demander, vu que tu m'en parlais pas. Je me disais que peut-être t'en avais strictement rien à foutre de me voir. Que ça te faisait ni chaud ni froid finalement. Et ça me rassure. Parce que comment c'était vexant de me dire que je faisais de l'effet à tout le monde, sauf à toi.
‒ Oh, si que tu m'en fais de l'effet ! Oh, que si ! Et même, si tu veux tout savoir, j'ai très envie d'en voir plus. Beaucoup plus. Et mieux. Disons, pour être précis, de te regarder de beaucoup plus près. De très très près. Et beaucoup plus longtemps.
Elle a souri.
‒ Comment ça me fait trop plaisir que tu me dises ça, tu peux pas savoir.
‒ Ce serait un somptueux cadeau.
‒ Je te le ferai.
‒ Quand ?
‒ Bientôt. Mais pas tout de suite. Que je te voie un peu en avoir envie avant. Que je le sache. Que je le sente.
‒ Comment ça me fait trop plaisir que tu me dises ça, tu peux pas savoir.
‒ Ce serait un somptueux cadeau.
‒ Je te le ferai.
‒ Quand ?
‒ Bientôt. Mais pas tout de suite. Que je te voie un peu en avoir envie avant. Que je le sache. Que je le sente.
Au sortir de la salle de bains, elle s'est prestement glissée, toute nue, le plus vite possible, dans le lit à côté du mien.
Juste le temps d'apercevoir ses seins. Quelques heureuses secondes. Des seins hauts, orgueilleusement moulés, aux larges aréoles foncées.
‒ Bonne nuit ! Dors bien !
‒ Toi aussi !
Juste le temps d'apercevoir ses seins. Quelques heureuses secondes. Des seins hauts, orgueilleusement moulés, aux larges aréoles foncées.
‒ Bonne nuit ! Dors bien !
‒ Toi aussi !
Et elle a enfoui sa tête sous les draps.
Lundi 5 octobre.
Elle était levée la première.
– Bon, allez, on y va ?
– T'es bien impatiente.
– Franchement, oui !
– Prenons le temps de déjeuner. Ils vont pas tous se précipiter dès l'ouverture, tu sais !
– Il y aura autant de monde qu'hier, tu crois ?
– Alors ça, je n'en sais fichtrement rien.
‒ On pourrait peut-être se séparer aujourd'hui. Que t'aies les coudées plus franches pour voir leurs petits manèges. Tu me raconteras après.
– En général ils réagissent tous à peu près pareil.
‒ Oui, mais quand même ! On sait jamais. Et puis aussi… Un truc sur quoi il faudrait se pencher, mine de rien, c'est les filles. Parce que je suis sûrement pas la seule à les avoir remarqués, ces miroirs. Et peut-être qu'il y en a qu'ont eu la même idée que moi. Et qui font comme moi. Même si elles vont pas jusqu'à pas mettre de culotte. Il y a toutes les chances, même ! Faudrait vérifier. Et ça te déplairait pas, ça, avoue !
– Bon, allez, on y va ?
– T'es bien impatiente.
– Franchement, oui !
– Prenons le temps de déjeuner. Ils vont pas tous se précipiter dès l'ouverture, tu sais !
– Il y aura autant de monde qu'hier, tu crois ?
– Alors ça, je n'en sais fichtrement rien.
‒ On pourrait peut-être se séparer aujourd'hui. Que t'aies les coudées plus franches pour voir leurs petits manèges. Tu me raconteras après.
– En général ils réagissent tous à peu près pareil.
‒ Oui, mais quand même ! On sait jamais. Et puis aussi… Un truc sur quoi il faudrait se pencher, mine de rien, c'est les filles. Parce que je suis sûrement pas la seule à les avoir remarqués, ces miroirs. Et peut-être qu'il y en a qu'ont eu la même idée que moi. Et qui font comme moi. Même si elles vont pas jusqu'à pas mettre de culotte. Il y a toutes les chances, même ! Faudrait vérifier. Et ça te déplairait pas, ça, avoue !
Il n'y avait presque personne. Un couple de retraités qui traînait manifestement son ennui de tableau en tableau. Un type qui prenait des notes, assis sur un banc. Un autre qui est resté près d'un quart d'heure durant planté devant la même meute de chiens. Personne ne nous prêtait la moindre attention. Trois jeunes sont entrés, qui ont fait un tour de la salle au pas de course, avec de grands éclats de rire, et qui sont repartis comme ils étaient venus. On a attendu encore un peu. Sans succès.
‒ Pas la peine d'insister. On perd notre temps.
‒ Je crois aussi, oui.
‒ En tout cas on le saura. On le saura. On saura que c'est le dimanche qu'il faut venir. Que le lundi il y a personne.
‒ Pas la peine d'insister. On perd notre temps.
‒ Je crois aussi, oui.
‒ En tout cas on le saura. On le saura. On saura que c'est le dimanche qu'il faut venir. Que le lundi il y a personne.
Et elle s'est dirigée vers la sortie.
‒ Attends ! Viens !
‒ Attends ! Viens !
Et je l'ai entraînée sur une dalle-miroir devant une chasse à courre.
‒ T'as vu ? Il est absolument magnifique, ce tableau. Un pur chef-d'œuvre.
‒ Ah, oui ! Pourquoi c'est pas lui que tu regardes alors ?
– C'est qu'il y a mieux ailleurs. Beaucoup mieux.
Elle m'a souri. Et laissé tout le temps que j'ai voulu.
‒ T'as vu ? Il est absolument magnifique, ce tableau. Un pur chef-d'œuvre.
‒ Ah, oui ! Pourquoi c'est pas lui que tu regardes alors ?
– C'est qu'il y a mieux ailleurs. Beaucoup mieux.
Elle m'a souri. Et laissé tout le temps que j'ai voulu.
Une fois au-dehors, on s'est concertés.
‒ Qu'est-ce qu'on fait ? On va pas déjà rentrer !
‒ Non. Viens ! Je vais te montrer quelque chose.
‒ Qu'est-ce qu'on fait ? On va pas déjà rentrer !
‒ Non. Viens ! Je vais te montrer quelque chose.
Quelques mètres. Quelques dizaines de mètres.
‒ Lève la tête !
‒ Eh bien ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
‒ L'escalier.
‒ Lève la tête !
‒ Eh bien ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
‒ L'escalier.
Un escalier métallique à claire-voie. Que j'avais repéré quand on était arrivés. Et qui menait à une passerelle enjambant la voie ferrée.
– Ah ben, d'accord ! On voit tout quand on est là-dessous en fait.
‒ Et il y défile sacrément du monde, à ce qu'on dirait.
– Ah ben, d'accord ! On voit tout quand on est là-dessous en fait.
‒ Et il y défile sacrément du monde, à ce qu'on dirait.
Je suis passé de l'autre côté de la passerelle. Je suis revenu. Et on s'est rencontrés, comme par hasard, dans l'escalier. Assez bas.
‒ Tiens, Charline ! Ça fait si longtemps ! Comment tu vas ?
‒ Tiens, Charline ! Ça fait si longtemps ! Comment tu vas ?
Et on a papoté. Comme si de rien n'était. Une bonne dizaine de minutes.
On est redescendus ensemble.
‒ Il y en a qu'ont regardé, tu crois ?
‒ Pour autant que j'aie pu en juger, il y avait beaucoup de têtes levées. Et ça passait et repassait. Souvent les mêmes.
On est redescendus ensemble.
‒ Il y en a qu'ont regardé, tu crois ?
‒ Pour autant que j'aie pu en juger, il y avait beaucoup de têtes levées. Et ça passait et repassait. Souvent les mêmes.
Un type s'est approché, m'a murmuré quelque chose à l'oreille. S'est aussitôt éloigné.
– Qu'est-ce qu'il t'a dit, celui-là ?
– Que j'avais beaucoup de chance. Que t'avais un très joli petit minou. Faut dire qu'il a largement pu en profiter. T'avais pas les deux pieds sur la même marche…
– Ah oui ? Je me suis pas rendu compte. C'était pas exprès.
– Et menteuse avec ça !
– Qu'est-ce qu'il t'a dit, celui-là ?
– Que j'avais beaucoup de chance. Que t'avais un très joli petit minou. Faut dire qu'il a largement pu en profiter. T'avais pas les deux pieds sur la même marche…
– Ah oui ? Je me suis pas rendu compte. C'était pas exprès.
– Et menteuse avec ça !
Elle m'a tiré la langue.
22 heures.
J'étais à peine rentré qu'Émilie m'a appelé. Par grands coups dans la cloison interposés.
– Tu diras que je suis pas une bonne voisine ! Regarde ce petit plat que je t'ai mijoté pendant que t'étais parti traîner je sais pas trop où. Ça te plaît ?
– Tu diras que je suis pas une bonne voisine ! Regarde ce petit plat que je t'ai mijoté pendant que t'étais parti traîner je sais pas trop où. Ça te plaît ?
Un ragoût de veau à la tomate. Qui sentait bigrement bon.
– Je serais difficile.
‒ En attendant, t'as pas remarqué ? On est entourés de cons ici. Ou plutôt de connes. Qui feraient battre des montagnes. Qui n'ont rien d'autre à foutre que d'aller mettre leur nez dans les affaires des autres.
‒ C'est un peu partout comme ça.
‒ Oui, mais ici ça bat des records. Je trouvais ça bizarre aussi qu'ils prennent tous la poudre d'escampette mes mecs, les uns après les autres, sous les prétextes les plus bidons. Il y en a un qu'a fini par me lâcher le morceau : en fait ils sont bombardés de coups de fil anonymes. Et comme ils ont des femmes ou des copines, ils veulent pas d'histoires. Ce que je peux comprendre dans un sens. Même si, dans un autre, j'aurais quand même préféré qu'ils jouent franc jeu avec moi. Plutôt que d'aller inventer des salades. Mais ils sont tous comme ça, les types. Du moins la plupart. Faut toujours qu'ils se défilent. Incapables d'affronter la réalité en face. En attendant, si je veux pas que les mêmes causes continuent à produire les mêmes effets, faut vraiment que je change mon fusil d'épaule. Ce qui me gave prodigieusement. Heureusement, j'ai un charmant voisin. Qui a des copains. Que j'ai entraperçus. Qui sont assez appétissants. Et dont je pourrais peut-être bien me décider finalement à faire mon quatre heures.
– Je serais difficile.
‒ En attendant, t'as pas remarqué ? On est entourés de cons ici. Ou plutôt de connes. Qui feraient battre des montagnes. Qui n'ont rien d'autre à foutre que d'aller mettre leur nez dans les affaires des autres.
‒ C'est un peu partout comme ça.
‒ Oui, mais ici ça bat des records. Je trouvais ça bizarre aussi qu'ils prennent tous la poudre d'escampette mes mecs, les uns après les autres, sous les prétextes les plus bidons. Il y en a un qu'a fini par me lâcher le morceau : en fait ils sont bombardés de coups de fil anonymes. Et comme ils ont des femmes ou des copines, ils veulent pas d'histoires. Ce que je peux comprendre dans un sens. Même si, dans un autre, j'aurais quand même préféré qu'ils jouent franc jeu avec moi. Plutôt que d'aller inventer des salades. Mais ils sont tous comme ça, les types. Du moins la plupart. Faut toujours qu'ils se défilent. Incapables d'affronter la réalité en face. En attendant, si je veux pas que les mêmes causes continuent à produire les mêmes effets, faut vraiment que je change mon fusil d'épaule. Ce qui me gave prodigieusement. Heureusement, j'ai un charmant voisin. Qui a des copains. Que j'ai entraperçus. Qui sont assez appétissants. Et dont je pourrais peut-être bien me décider finalement à faire mon quatre heures.
Elle m'a copieusement servi.
‒ Tu leur as dit ? Que j'avais l'intention de vous mettre tous les trois en concurrence ? Tu leur as dit ?
‒ Je leur ai dit, oui.
‒ Et ils en pensent quoi ?
– Ils ont passé des heures à essayer de déterminer sur quels critères tu allais bien pouvoir opérer ton choix.
– Et ils sont arrivés à quelle conclusion ?
– Il n'y en a pas eu.
– Normal. J'en sais encore rien moi-même.
‒ Tu leur as dit ? Que j'avais l'intention de vous mettre tous les trois en concurrence ? Tu leur as dit ?
‒ Je leur ai dit, oui.
‒ Et ils en pensent quoi ?
– Ils ont passé des heures à essayer de déterminer sur quels critères tu allais bien pouvoir opérer ton choix.
– Et ils sont arrivés à quelle conclusion ?
– Il n'y en a pas eu.
– Normal. J'en sais encore rien moi-même.
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Commentaires ()
Oui. Et ce sera sur des critères bien particuliers, mais je n'en dis pas plus.
Supperbe
Cela étant, le narrateur a l'immoralité tranquille de certains des personnages du XVIIIE siècle (période qui me fascine). Même s'il ne l'explicite jamais clairement, il éprouve un certain plaisir pervers à manipuler et à faire feu de tout bois. Quelle montée d'adrénaline que cette peur de voir son triple jeu découvert!
Les deux filles et leur mère y trouvent néanmoins leur compte, chacune à sa façon. Le perceront-elles à jour? Peut-être. Nous verrons. Mais qu'auraient -elles d'autre à y gagner que du désenchantement?
J'avais en effet commencé à lire "Ma vie amoureuse", j'en suis au chapitre 9, et c'est pas mal du tout
En résumé, bravo !
Toutefois, je vais faire la même remarque que celle que fait Charline à l'auteur : elle lui dit qu'elle n'a pas l'impression qu'il ressente de l'excitation, d'ailleurs elle le lui reproche. Et bien, c'est la même chose pour elle : on n'a pas du tout l'impression qu'elle est (très) excitée par son exhibition. Elle devrait au moins transpirer, mouiller sa culotte, ou je ne sais quoi, non ? Quand ils se couchent chacun de leur côté, ils devraient se masturber discrètement, avec quelques soupirs impossible à cacher...
Je sais, c'est pas bien de critiquer...
Cela étant, Charline ne risque pas de mouiller sa petite culotte: elle n'en a pas.
Plaisanterie mise à part, c'est à travers le regard du narrateur qu'est perçue Charline. Or, elle ne veut pas, du moins pour le moment, que les choses dérapent pour préserver une amitié qu'elle pense qu'une relation sexuelle détruirait. Aussi lui envoie-t-elle des signaux très "réservés" . Et c'est ce qu'il perçoit. Certes, il sait qu'elle est exhibitionniste. Il a surpris son secret et elle en joue. Mais elle préfère, à mon avis, qu'il pense, toujours pour les mêmes raisons, que c'est un plaisir purement cérébral. Tout en souhaitant que lui se découvre. Les choses sont bien entendu appelées à évoluer. (Il reste encore de nombreux chapitres), mais l'émotion ou les sentiments passeront sans doute toujours plus par les dialogues (ou les non-dits) que par des descriptions très explicites. Parce que cela me correspond davantage.
Dans "Ma vie amoureuse" , il y a davantage de descriptions explicites que dans "Voisines" . Or "Ma vie amoureuse" est moins lue et moins appréciée que " Voisines" sans doute parce que le lecteur perçoit que c'est un mode d'expression qui me correspond moins.
Il donne l'impression d'avoir un vague plan, mais de faire beaucoup de choses au jugé. Il a beaucoup de casseroles sur le feu, mais il risque de se mélanger les pinceau ou de se bruler