Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Voisines (1) — Chapitre 22
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Voisines (1)
Chapitre 22
Dans cet épisode, on retrouvera :
‒ Charline pour laquelle plus rien d'autre ne compte que sa relation avec Louis.
‒ Sa sœur Pauline qui fantasme sur l'une de ses collègues de boulot.
‒ Et Émilie, la voisine nymphomane, qui n'est jamais aussi présente que depuis qu'elle a déménagé.
‒ Charline pour laquelle plus rien d'autre ne compte que sa relation avec Louis.
‒ Sa sœur Pauline qui fantasme sur l'une de ses collègues de boulot.
‒ Et Émilie, la voisine nymphomane, qui n'est jamais aussi présente que depuis qu'elle a déménagé.
Mardi 3 novembre.
Charline était tout illuminée de bonheur.
– Je te dis tout, hein ? Je t'ai toujours tout dit.
– Ce qui signifie ?
– Qu'on a, Louis et moi. On l'a fait. Jamais j'aurais cru avec quelqu'un de son âge, mais si ! Oui.
– C'était couru, ça. Et alors ?
– Ben, rien. Enfin, si ! Tout. Je sais pas. Je sais plus. C'est trop frais. Comment ça va tourner, tu crois ?
– Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Je voudrais pas te mettre le moral à zéro, mais enfin le plus vraisemblable, c'est que maintenant qu'il a eu ce qu'il voulait, il va se défiler. En général, c'est comme ça que ça se passe.
– Je te dis tout, hein ? Je t'ai toujours tout dit.
– Ce qui signifie ?
– Qu'on a, Louis et moi. On l'a fait. Jamais j'aurais cru avec quelqu'un de son âge, mais si ! Oui.
– C'était couru, ça. Et alors ?
– Ben, rien. Enfin, si ! Tout. Je sais pas. Je sais plus. C'est trop frais. Comment ça va tourner, tu crois ?
– Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Je voudrais pas te mettre le moral à zéro, mais enfin le plus vraisemblable, c'est que maintenant qu'il a eu ce qu'il voulait, il va se défiler. En général, c'est comme ça que ça se passe.
Elle a levé les yeux au ciel.
– Oui, ben alors là, t'as tout faux. Parce qu'il veut qu'on se revoie. Il y tient.
– Quand ? Le week-end prochain ?
– Non. Ce soir. Il va faire la route exprès.
– Fais attention quand même !
– À quoi ?
– À pas trop t'attacher.
– Oui, ben alors là, t'as tout faux. Parce qu'il veut qu'on se revoie. Il y tient.
– Quand ? Le week-end prochain ?
– Non. Ce soir. Il va faire la route exprès.
– Fais attention quand même !
– À quoi ?
– À pas trop t'attacher.
Elle a haussé les épaules.
‒ Oui, ben ça, J'en ai pas l'intention. Pas du tout.
‒ Des fois ça se fait sans qu'on le veuille. Sans qu'on le voie venir. Et quand on s'en aperçoit, il est trop tard. Rappelle-toi Cédric…
– Ça n'a rien à voir, Cédric. Rien du tout. Oh, et puis de toute façon, j'ai pas envie de me prendre la tête. Parce que je me sens bien avec lui. Il me parle. Il connaît plein de choses. Il s'intéresse à moi. Vraiment.
– Et il te fait bien l'amour.
– Aussi, oui. Ça compte.
‒ Oui, ben ça, J'en ai pas l'intention. Pas du tout.
‒ Des fois ça se fait sans qu'on le veuille. Sans qu'on le voie venir. Et quand on s'en aperçoit, il est trop tard. Rappelle-toi Cédric…
– Ça n'a rien à voir, Cédric. Rien du tout. Oh, et puis de toute façon, j'ai pas envie de me prendre la tête. Parce que je me sens bien avec lui. Il me parle. Il connaît plein de choses. Il s'intéresse à moi. Vraiment.
– Et il te fait bien l'amour.
– Aussi, oui. Ça compte.
* * *
La réaction de Sébastien a beaucoup amusé Pauline.
‒ Ah, oui ! Il me soupçonne de prendre mon pied en le matant ? Mais c'est qu'il serait très perspicace, dis donc ! Quant à ce qu'il se passe quelque chose entre lui et moi, il ne faut jamais dire fontaine, je ne boirai pas de ton eau, mais bon, ce n'est pas, en tout cas pour le moment, dans mes intentions le moins du monde. J'ai d'autres projets en ce qui le concerne. Tu vas voir d'ailleurs…
‒ Ah, oui ! Il me soupçonne de prendre mon pied en le matant ? Mais c'est qu'il serait très perspicace, dis donc ! Quant à ce qu'il se passe quelque chose entre lui et moi, il ne faut jamais dire fontaine, je ne boirai pas de ton eau, mais bon, ce n'est pas, en tout cas pour le moment, dans mes intentions le moins du monde. J'ai d'autres projets en ce qui le concerne. Tu vas voir d'ailleurs…
Elle m'a tendu une chemise à élastiques.
‒ Tiens !
‒ C'est quoi ?
‒ Le bouquin. Mon bouquin. Les tout premiers chapitres. C'est pas fini. Tu me diras. Mais ça reste entre nous, hein ! Tu leur montres pas aux deux autres. Je voudrais pas que, sachant que c'est moi qui l'ai écrit, ils aillent s'imaginer je ne sais pas trop quoi. Bon, mais en attendant…
‒ Tiens !
‒ C'est quoi ?
‒ Le bouquin. Mon bouquin. Les tout premiers chapitres. C'est pas fini. Tu me diras. Mais ça reste entre nous, hein ! Tu leur montres pas aux deux autres. Je voudrais pas que, sachant que c'est moi qui l'ai écrit, ils aillent s'imaginer je ne sais pas trop quoi. Bon, mais en attendant…
Elle m'a entraîné auprès de son chevalet.
‒ Regarde si j'ai bien travaillé.
Romane. Romane nue, la main entre les cuisses, en train de se donner du plaisir. Mais Romane, les yeux dilatés, écarquillés, l'air horrifié de celle qui vient d'être surprise en pleine action.
– Regarde ! Non, mais regarde-moi cette petite vicieuse ! Elle se branle. Et elle y met tout son cœur, hein ! Tu n'as pas honte, toi ? Oui, oh, tu peux bien essayer de te cacher maintenant, grande dégoûtante ! En tout cas tu peux être sûre d'une chose, c'est que tout le monde va être au courant. Tout le monde. Ah, c'est moins drôle, ça, hein ! Ça va jaser. Pour jaser ça va jaser. À moins que… Tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas te finir. Devant nous. Ah ben si ! Si ! Sinon… Allez ! Amuse-toi avec ton petit bouton ! Et enfile-toi deux doigts ! Comme ça, oui. Ah, tu te tortilles. C'est que c'est bon, hein ! Et encore meilleur de le faire devant nous. Non ? Mais bien sûr que si ! Mais c'est qu'elle m'exciterait, moi, cette petite cochonne ! Pas toi ?
Si ! Moi aussi, si !
‒ Regarde si j'ai bien travaillé.
Romane. Romane nue, la main entre les cuisses, en train de se donner du plaisir. Mais Romane, les yeux dilatés, écarquillés, l'air horrifié de celle qui vient d'être surprise en pleine action.
– Regarde ! Non, mais regarde-moi cette petite vicieuse ! Elle se branle. Et elle y met tout son cœur, hein ! Tu n'as pas honte, toi ? Oui, oh, tu peux bien essayer de te cacher maintenant, grande dégoûtante ! En tout cas tu peux être sûre d'une chose, c'est que tout le monde va être au courant. Tout le monde. Ah, c'est moins drôle, ça, hein ! Ça va jaser. Pour jaser ça va jaser. À moins que… Tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas te finir. Devant nous. Ah ben si ! Si ! Sinon… Allez ! Amuse-toi avec ton petit bouton ! Et enfile-toi deux doigts ! Comme ça, oui. Ah, tu te tortilles. C'est que c'est bon, hein ! Et encore meilleur de le faire devant nous. Non ? Mais bien sûr que si ! Mais c'est qu'elle m'exciterait, moi, cette petite cochonne ! Pas toi ?
Si ! Moi aussi, si !
Ses pouces sur le bout de ses seins. Elle a baissé la fermeture Éclair de son jean. Descendu à demi sa culotte. Son bouton qu'elle a frénétiquement tournoyé. Ma main sur moi. Sur ma queue. Ses doigts sur elle. Sur son fendu. Tout au long de son fendu. Dans son fendu.
On a joui côte à côte. Tous les deux. Ensemble.
On a joui côte à côte. Tous les deux. Ensemble.
On s'est souri.
– Hou la la !
‒ Ah, oui, alors !
‒ C'est ce qu'il y a de mieux, les dessins. Avec eux on est sûr de partir complètement à fond.
– Surtout quand tu les commentes comme tu les commentes.
– Oh, mais on va pas la lâcher comme ça. Va encore falloir qu'elle nous assure le spectacle. Et peut-être même en vrai un jour, qui sait ? Ça, faudrait qu'on y arrive. Faut absolument qu'on y arrive.
– Hou la la !
‒ Ah, oui, alors !
‒ C'est ce qu'il y a de mieux, les dessins. Avec eux on est sûr de partir complètement à fond.
– Surtout quand tu les commentes comme tu les commentes.
– Oh, mais on va pas la lâcher comme ça. Va encore falloir qu'elle nous assure le spectacle. Et peut-être même en vrai un jour, qui sait ? Ça, faudrait qu'on y arrive. Faut absolument qu'on y arrive.
* * *
Émilie ne tarissait pas de louanges.
– T'es une vraie perle, toi ! Tu nous as improvisé ça en deux temps trois mouvements. Et c'est bon. C'est même excellent. Si elles savaient comment tu cuisines, les filles, tu les aurais toutes à tes pieds. Enfin non ! C'est pas ce qui les intéresse. Du moins au début. Après, c'est autre chose. En attendant, t'en as toujours pas, toi, hein, de petite amie attitrée. Non ? Tant mieux. Moi, ça m'arrange. Je peux débouler ici quand je veux, me taper un petit gueuleton en discutant sympa et me faire mettre éventuellement un petit coup après si j'en suis. Elle est pas belle la vie ? Non, crois-en ma vieille expérience. Te mets pas en couple. Surtout pas. Ça tourne toujours de travers. Même que l'autre il soit hyper tolérant et tout ce que tu veux. Ou que t'aies réussi à l'obliger à l'être. Ça va pas quand même. Ça va jamais.
– T'es une vraie perle, toi ! Tu nous as improvisé ça en deux temps trois mouvements. Et c'est bon. C'est même excellent. Si elles savaient comment tu cuisines, les filles, tu les aurais toutes à tes pieds. Enfin non ! C'est pas ce qui les intéresse. Du moins au début. Après, c'est autre chose. En attendant, t'en as toujours pas, toi, hein, de petite amie attitrée. Non ? Tant mieux. Moi, ça m'arrange. Je peux débouler ici quand je veux, me taper un petit gueuleton en discutant sympa et me faire mettre éventuellement un petit coup après si j'en suis. Elle est pas belle la vie ? Non, crois-en ma vieille expérience. Te mets pas en couple. Surtout pas. Ça tourne toujours de travers. Même que l'autre il soit hyper tolérant et tout ce que tu veux. Ou que t'aies réussi à l'obliger à l'être. Ça va pas quand même. Ça va jamais.
Mercredi 4 novembre.
Elle avait de ces poches sous les yeux, Charline.
– Je sais, oui. J'ai quasiment pas dormi. Il est… J'ai jamais connu ça. Jamais. Avec personne.
– Eh ben, dis donc !
– Comment il prend tout son temps ! C'est de la folie. À te caresser partout pendant des heures. Avec ses mains. Avec sa bouche. Avec le reste. Et d'une façon en plus, mais d'une façon ! Ça te met tout entière à fleur de peau. Tu le supplies qu'il te vienne dedans à la fin. Tu donnerais tout pour ça. Et là ! Qu'est-ce qu'ils font les autres d'habitude ? Ils bougent. Ils se dépêchent de bouger. Et même tellement vite des fois que toi t'as même pas eu le temps de commencer quoi que ce soit qu'eux, ils ont déjà tout fini. Ben, pas lui ! Il reste, immobile, bien dur, à t'embrasser, à te parler, à te redessiner le cou, la bouche, les yeux avec ses doigts. Et à force ça t'arrive comme ça. Sans qu'il fasse rien. Juste qu'il te soit dedans. Et tu sens pas du tout comme les autres fois. Tu peux pas savoir, toi, parce que t'es pas une femme, mais nous, d'habitude, ça nous fait comme des cercles à l'intérieur de plus en plus larges, de plus en plus profonds. Tandis que là, avec lui, c'est tout d'une ligne, sans à-coups. Et d'une force ! Une force douce. Je sais pas comment dire. C'est tout ton corps qui jouit en même temps. Pas seulement en bas. Lui, ça vient qu'après. Et avec tellement de gratitude et de bonheur dans les yeux que ça ne peut pas ne pas te faire encore venir.
– Je sais, oui. J'ai quasiment pas dormi. Il est… J'ai jamais connu ça. Jamais. Avec personne.
– Eh ben, dis donc !
– Comment il prend tout son temps ! C'est de la folie. À te caresser partout pendant des heures. Avec ses mains. Avec sa bouche. Avec le reste. Et d'une façon en plus, mais d'une façon ! Ça te met tout entière à fleur de peau. Tu le supplies qu'il te vienne dedans à la fin. Tu donnerais tout pour ça. Et là ! Qu'est-ce qu'ils font les autres d'habitude ? Ils bougent. Ils se dépêchent de bouger. Et même tellement vite des fois que toi t'as même pas eu le temps de commencer quoi que ce soit qu'eux, ils ont déjà tout fini. Ben, pas lui ! Il reste, immobile, bien dur, à t'embrasser, à te parler, à te redessiner le cou, la bouche, les yeux avec ses doigts. Et à force ça t'arrive comme ça. Sans qu'il fasse rien. Juste qu'il te soit dedans. Et tu sens pas du tout comme les autres fois. Tu peux pas savoir, toi, parce que t'es pas une femme, mais nous, d'habitude, ça nous fait comme des cercles à l'intérieur de plus en plus larges, de plus en plus profonds. Tandis que là, avec lui, c'est tout d'une ligne, sans à-coups. Et d'une force ! Une force douce. Je sais pas comment dire. C'est tout ton corps qui jouit en même temps. Pas seulement en bas. Lui, ça vient qu'après. Et avec tellement de gratitude et de bonheur dans les yeux que ça ne peut pas ne pas te faire encore venir.
Elle en parlait d'une façon !
– Oh, ben oui ! Oui ! J'en suis encore toute… Et rien que de te raconter…
– Tu le revois quand ?
– À midi. Et puis ce soir. Et sûrement demain aussi.
‒ C'est le grand amour, quoi !
‒ Oui. Non. Je sais pas.
– Oh, ben oui ! Oui ! J'en suis encore toute… Et rien que de te raconter…
– Tu le revois quand ?
– À midi. Et puis ce soir. Et sûrement demain aussi.
‒ C'est le grand amour, quoi !
‒ Oui. Non. Je sais pas.
* * *
Pauline était impatiente de savoir.
‒ Alors ? Tu l'as regardé, mon truc ?
‒ Alors ? Tu l'as regardé, mon truc ?
Je l'avais dévoré.
‒ Et je comprends tes réticences à le leur faire lire. Tu t'avances complètement à découvert là-dedans. Dans toute ta vérité. Cela étant, tu n'es pas obligée non plus de leur dire qu'il est de toi. Tu pourrais leur faire croire…
‒ Oui, mais faudrait qu'il soit fini à ce compte-là. Ça paraîtra trop bizarre, sinon. Bon, mais à part ça, t'en as pensé quoi ?
‒ Que ça tient très bien la route. Même si tu es, à l'évidence, tout de même beaucoup plus douée pour le dessin que pour l'écriture.
‒ Ça, j'en ai bien conscience.
‒ Et je comprends tes réticences à le leur faire lire. Tu t'avances complètement à découvert là-dedans. Dans toute ta vérité. Cela étant, tu n'es pas obligée non plus de leur dire qu'il est de toi. Tu pourrais leur faire croire…
‒ Oui, mais faudrait qu'il soit fini à ce compte-là. Ça paraîtra trop bizarre, sinon. Bon, mais à part ça, t'en as pensé quoi ?
‒ Que ça tient très bien la route. Même si tu es, à l'évidence, tout de même beaucoup plus douée pour le dessin que pour l'écriture.
‒ Ça, j'en ai bien conscience.
J'ai tempéré.
‒ Pour le reste, j'ai bien peur que ça coince un peu. Parce que les mecs entre eux, je crois vraiment pas que ce soit leur truc.
‒ C'est pile poil le personnage de Sylvain pourtant. Qui ignore sa bisexualité. Qui la découvre peu à peu au contact de Valentin. Et ça, moi, un mec qu'est avec un autre mec pour la première fois, je peux te dire que ça me parle quelque chose de rare.
‒ J'ai cru comprendre, oui. Reste à faire sauter le pas à Sébastien. Et avec lui, à mon avis, c'est pas gagné.
‒ J'aime les défis. Et puis j'ai bien l'intention de prendre appui sur Boris qui, dans ce domaine, j'en mettrais ma main au feu, a déjà une certaine expérience. Pour ne pas dire une expérience certaine. Et qui, de surcroît, est amoureux fou de Sébastien. J'en suis sûre.
‒ Pour le reste, j'ai bien peur que ça coince un peu. Parce que les mecs entre eux, je crois vraiment pas que ce soit leur truc.
‒ C'est pile poil le personnage de Sylvain pourtant. Qui ignore sa bisexualité. Qui la découvre peu à peu au contact de Valentin. Et ça, moi, un mec qu'est avec un autre mec pour la première fois, je peux te dire que ça me parle quelque chose de rare.
‒ J'ai cru comprendre, oui. Reste à faire sauter le pas à Sébastien. Et avec lui, à mon avis, c'est pas gagné.
‒ J'aime les défis. Et puis j'ai bien l'intention de prendre appui sur Boris qui, dans ce domaine, j'en mettrais ma main au feu, a déjà une certaine expérience. Pour ne pas dire une expérience certaine. Et qui, de surcroît, est amoureux fou de Sébastien. J'en suis sûre.
Jeudi 5 novembre.
Charline se demandait si finalement je n'avais pas raison.
‒ À propos de quoi ?
‒ À propos de Louis. Je crois bien que j'en suis tombée amoureuse. En tout cas, lui, il l'est. Ça, c'est sûr.
‒ Mouais…
‒ Ah, si ! Si !
‒ Quelquefois on se l'imagine alors qu'en réalité…
‒ À propos de quoi ?
‒ À propos de Louis. Je crois bien que j'en suis tombée amoureuse. En tout cas, lui, il l'est. Ça, c'est sûr.
‒ Mouais…
‒ Ah, si ! Si !
‒ Quelquefois on se l'imagine alors qu'en réalité…
Elle a secoué énergiquement la tête.
‒ Pas là ! Ah, non, alors, pas là ! Tu verrais ses yeux quand il me regarde. Et tu sais ce que je me dis ? C'est que ça a pas autant d'importance que ça l'âge finalement, si on y réfléchit bien. L'essentiel, c'est d'être heureux.
– T'as pas toujours dit ça.
– C'est que je le connaissais pas.
– Tu le connais toujours pas. C'est pas parce que t'as couché trois fois avec…
– T'imagines si on finissait par être mariés un jour ?
– Ben voyons !
– Ça se pourrait, hein ! Parce que tout le temps il a envie d'être avec moi. Ça veut bien dire ce que ça veut dire, non ?
‒ Pas là ! Ah, non, alors, pas là ! Tu verrais ses yeux quand il me regarde. Et tu sais ce que je me dis ? C'est que ça a pas autant d'importance que ça l'âge finalement, si on y réfléchit bien. L'essentiel, c'est d'être heureux.
– T'as pas toujours dit ça.
– C'est que je le connaissais pas.
– Tu le connais toujours pas. C'est pas parce que t'as couché trois fois avec…
– T'imagines si on finissait par être mariés un jour ?
– Ben voyons !
– Ça se pourrait, hein ! Parce que tout le temps il a envie d'être avec moi. Ça veut bien dire ce que ça veut dire, non ?
Elle file vraiment un mauvais coton. Un très mauvais coton.
* * *
Un nouveau dessin. De Romane. Et de moi. De Romane qui m'introduisait, la mine gourmande, résolument en elle.
– T'aimerais lui faire ? Ça te plairait ? Oui, évidemment que ça te plairait. Tu me dirais le contraire…Tu pourrais si tu voulais. On pourrait. Parce qu'en parlant comme ça, à droite et à gauche, j'ai appris des tas de trucs sur elle. Et ce que tout le monde dit, c'est qu'elle prend un pied pas possible à piquer les mecs des copines. Elle a fait le coup à une collègue. Et à au moins deux autres nanas en dehors du boulot. Sans compter toutes celles qu'on sait pas. Alors ce que je pourrais, c'est lui faire croire qu'on est ensemble. Dans les trois jours qui suivent, elle te saute dessus. Et t'as plus qu'à te servir. Si le cœur t'en dit évidemment. Hein ? Qu'est-ce t'en penses ? Elle est pas bonne, mon idée ?
– Tu pourrais en avoir de plus mauvaises.
– T'aimerais lui faire ? Ça te plairait ? Oui, évidemment que ça te plairait. Tu me dirais le contraire…Tu pourrais si tu voulais. On pourrait. Parce qu'en parlant comme ça, à droite et à gauche, j'ai appris des tas de trucs sur elle. Et ce que tout le monde dit, c'est qu'elle prend un pied pas possible à piquer les mecs des copines. Elle a fait le coup à une collègue. Et à au moins deux autres nanas en dehors du boulot. Sans compter toutes celles qu'on sait pas. Alors ce que je pourrais, c'est lui faire croire qu'on est ensemble. Dans les trois jours qui suivent, elle te saute dessus. Et t'as plus qu'à te servir. Si le cœur t'en dit évidemment. Hein ? Qu'est-ce t'en penses ? Elle est pas bonne, mon idée ?
– Tu pourrais en avoir de plus mauvaises.
Ce que j'en pense ? C'est qu'elle va infiniment apprécier de faire croire, et de se faire croire, qu'elle est en couple avec moi.
* * *
Émilie a modulé son plaisir, les yeux mi-clos, à longues plaintes voluptueusement étirées.
Elle s'est laissée tomber sur le côté, a repris son souffle, s'est appuyée sur un coude, m'a longuement regardé.
– Tu veux que je te dise ? Eh ben qu'est-ce que je me fais chier dans ma vie. Elles sont vides mes journées. Il y a rien dedans. Rien qui m'intéresse vraiment. Avec quoi tu veux que je les remplisse ? Les magasins ? Ça va cinq minutes. Aller boire le thé chez des bonnes femmes aussi désœuvrées que moi qui vont me raconter leurs histoires de cul pendant des heures ? Ça me déprime. Courir me faire tirer par des types qui en ont strictement rien à foutre de ma pomme et moi de la leur ? J'ai déjà donné. Plus que de raison.
Elle s'est laissée tomber sur le côté, a repris son souffle, s'est appuyée sur un coude, m'a longuement regardé.
– Tu veux que je te dise ? Eh ben qu'est-ce que je me fais chier dans ma vie. Elles sont vides mes journées. Il y a rien dedans. Rien qui m'intéresse vraiment. Avec quoi tu veux que je les remplisse ? Les magasins ? Ça va cinq minutes. Aller boire le thé chez des bonnes femmes aussi désœuvrées que moi qui vont me raconter leurs histoires de cul pendant des heures ? Ça me déprime. Courir me faire tirer par des types qui en ont strictement rien à foutre de ma pomme et moi de la leur ? J'ai déjà donné. Plus que de raison.
Elle a poussé un profond soupir.
Non, tu sais ce que c'est mon malheur ? C'est d'avoir un mari qui gagne bien sa vie. Très bien même. Pourquoi j'irais travailler ? Pour que les impôts nous en ramassent un peu plus encore ? Merci bien. Du coup je m'emmerde. À longueur de temps. Et la seule chose qui égaie un peu mes journées, c'est la perspective de venir passer un moment ici avec toi le soir. Pourquoi toi ? Je sais pas. Parce que t'as rien de plus que les autres finalement. N'empêche, il y a qu'avec toi que je me sens bien. Qu'avec toi que j'ai envie de parler. D'avoir du plaisir. Comment ça s'explique ? À ton avis ? Peut-être qu'on s'est déjà rencontrés dans une vie antérieure ? Tu y crois, toi, à ça ? Moi, si ! De plus en plus. Peut-être qu'on a été mariés. Ou amants. Ou autre chose. Et qu'on a tellement de souvenirs en commun, même si on sait pas lesquels, que ça arrête pas de nous ramener l'un vers l'autre…
Non, tu sais ce que c'est mon malheur ? C'est d'avoir un mari qui gagne bien sa vie. Très bien même. Pourquoi j'irais travailler ? Pour que les impôts nous en ramassent un peu plus encore ? Merci bien. Du coup je m'emmerde. À longueur de temps. Et la seule chose qui égaie un peu mes journées, c'est la perspective de venir passer un moment ici avec toi le soir. Pourquoi toi ? Je sais pas. Parce que t'as rien de plus que les autres finalement. N'empêche, il y a qu'avec toi que je me sens bien. Qu'avec toi que j'ai envie de parler. D'avoir du plaisir. Comment ça s'explique ? À ton avis ? Peut-être qu'on s'est déjà rencontrés dans une vie antérieure ? Tu y crois, toi, à ça ? Moi, si ! De plus en plus. Peut-être qu'on a été mariés. Ou amants. Ou autre chose. Et qu'on a tellement de souvenirs en commun, même si on sait pas lesquels, que ça arrête pas de nous ramener l'un vers l'autre…
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Commentaires ()
Les situations bougent et on en apprend sur tous les protagonistes.
Vite la suite ...
par ailleurs on écrit on voit/revoit et non on voie/revoie
S'agissant du point orthographique que vous soulevez:
"Pqrce qu'il veut qu'on se revoie"
"Sans qu'on le voie venir"
Il s'agit bien évidemment ici du subjonctif présent (parce qu'il veut qu'on sache; sans qu'on le sache) et non de l'indicatif. On a donc bien revoie/voie et non revoit/voit.
Espérons pour elle que quelqu'un la ramènera à la raison....