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Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cybèle et pourtant — Chapitre 15

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Cybèle et pourtant

Chapitre 15

C'est chez nous
Le reste du week-end se passa sans incident particulier. Michèle et Roger s'étaient peu à peu remis de l'émotion qu'avaient provoquée les confidences de MarieClaude. Ce qui les aidait beaucoup, c'était l'air épanoui de celle-ci. MarieClaude, de son côté était soulagée d'avoir enfin pu leur parler. Maintenant que les gens qu'elle aimait le plus au monde étaient au courant, les évènements dont elle avait fait le récit commençaient à n'avoir plus autant d'importance. Elle se rendait compte qu'elle resterait sans doute encore fragile, mais la réaction qu'elle avait eu le week-end précédent au bar des sports était plutôt rassurante. Elle avait eu peur mais c'était normal après tout et elle avait surtout été en colère.
Lorsqu'en fin d'après-midi ils se préparèrent à partir, Michèle avait préparé soigneusement deux valises pour MarieClaude. La première contenait les affaires qu'elle devait porter à Toulouse tandis que la seconde était remplie des vêtements qu'elle amènerait à Èze en fin de semaine. Roger donna aussi à Cédric un assortiment de produits venant directement de l'entreprise et destinés à ses parents. Ils eurent droit aussi à de nombreuses dernières recommandations de la part de la maman de MarieClaude puis ils montèrent en voiture et repartirent pour Toulouse avec Benoît. Arrivés à Toulouse, ils commencèrent par déposer Benoît. Ils repartirent ensuite et Cédric se rendit directement à son appartement. MarieClaude, un peu étonnée, lui demanda :
— On ne commence pas par aller déposer mes affaires chez moi ?
— Je ne vois pas l'intérêt. Elles seront mieux ici. Par contre nous n'irons chercher tes autres affaires que demain. A propos, il faudrait que tu préviennes tout de suite madame Alquier que nous nous installons ensemble chez nous.
— MarieClaude était un peu perdue.
— Tu veux dire que tu veux que nous vivions ensemble ?
— Eh bien oui ! Nous avons bien dit que nous ne nous quitterions plus dorénavant.
MarieClaude se méprit sur les intentions de Cédric.
— Je comprends que tu ne veuilles pas attendre, alors si tu y tiens absolument, je…
— Non tu n'y es pas du tout ! Je t'ai promis que tu aurais une vraie nuit de noces et j'ai bien l'intention de m'en tenir à ma promesse. Tu prendras la chambre et moi je prendrai la banquette-lit. Ce sera plus simple et beaucoup plus agréable pour nous deux. Le matin je t'accompagnerai aux beaux-arts, à midi je viendrai te chercher pour que nous déjeunions ensemble et le soir, je te ramènerai chez nous. Nous pourrons dîner tranquillement à la maison et je ne serai pas obligé de te raccompagner le soir. Finalement, en dehors du fait que nous ferons chambre à part jusqu'au mariage, on vivra en couple. Ça ne te fait pas plaisir ?
— Oh si chéri au contraire ! C'est merveilleux !
— Ce que je te propose, c'est que demain nous allions plutôt faire des achats. Je n'ai qu'un four à micro-ondes. Demain on achètera une cuisinière et une machine à laver. Le grand lit est moins urgent. On ira l'acheter à notre retour de vacances. J'emprunterai un fourgon à la boîte et je demanderai à Benoît de m'aider pour le transport. On le gardera à diner. Ce sera notre première invitation. Mercredi on ira chercher tes affaires, puisque mardi on doit s'occuper de ton plâtre.
MarieClaude était enchantée même si elle était un peu dépassée par les évènements. Elle n'arrivait pas à réaliser ce qui lui arrivait. Il y avait à peine un mois et demi qu'ils se connaissaient et ils étaient fiancés, vivaient ensemble et allaient se marier dans à peine plus d'un mois. Et en plus elle avait réussi à vaincre ses vieux démons. Tout cela était-il réel ou bien elle était en train de le rêver ? Ils pénétrèrent dans l'appartement et la serrant dans ses bras Cédric lui dit :
— Bienvenue chez nous, mon amour. Ils s'embrassèrent longuement. Ils allèrent ensuite ranger leurs vêtements dans l'immense penderie murale qui tapissait tout un mur de la chambre. Ensuite, MarieClaude téléphona à sa logeuse.
— Madame Alquier ?
— Bonjour MarieClaude. Dis-moi comment vas-tu ? Ton pied est guéri ?
— On doit m'enlever mon plâtre mardi. Après, il faudra que je fasse attention, mais je pourrai marcher à peu près normalement.
— Je suis très contente pour toi. Ta famille va bien ?
— Oui ! Il faut que je vous annonce une grande nouvelle : Je suis fiancée et je me marie début septembre.
— Ça c'est une grande nouvelle effectivement. Je suis très heureuse pour toi, même si ça signifie que tu ne seras plus chez moi. Je te regretterai.
— Moi aussi. Vous avez été si gentille avec moi.
— Si je n'étais pas gentille avec toi, je ne vois pas avec qui je pourrais l'être. Alors ! Qui est l'heureux élu ? Est-ce le beau jeune homme que j'ai vu plusieurs fois ces derniers temps ?
— Oui. C'est lui. Si vous saviez comme je suis heureuse !
— D'où me téléphones-tu ? Tu es à Toulouse ?
— Oui. Je voulais vous prévenir que je m'installe chez mon fiancé. Nous passerons prendre mes affaires mercredi soir et je vous rendrai les clefs par la même occasion. Vous pourrez chercher tout de suite un nouveau locataire ou une nouvelle. Comme je ne respecte pas le mois de préavis, je vous laisse bien entendu le mois d'avance. Je crois que je n'ai rien abimé pendant ces trois ans mais si vous trouvez quelque chose d'abimé, je vous paierai les frais de remise en état.
— C'est gentil ma chérie d'y penser, mais chaque fois que j'ai été amenée à pénétrer dans ta chambre, j'ai pu constater combien elle était bien rangée et bien entretenue. Alors ça m'étonnerait beaucoup que tu aies fait le moindre dégât.
— Alors à mercredi, Madame Alquier.
— A mercredi mon petit. Elles raccrochèrent.
— Bon ! Ma chérie, comme il n'y a rien à manger dans le frigo, on va au restaurent ce soir. A partir de demain nous commencerons à nous faire la popote nous-mêmes. On ira faire les courses à midi. Ce soir on va aller place Dupuy. Il y a là-bas deux ou trois restaurants tout simples. On y sera tranquilles car ce sont des restaurants de quartier. Comme il y aura peu de monde le soir, nous serons rapidement servis.
Arrivés place Dupuy, ils se rendirent au « Bistrot du matou ». Ils s'installèrent et Cédric téléphona à Benoît.
— Dis donc, j'aurais besoin de toi demain soir si ça ne te dérange pas.
— Pas de problème.
— On va aller au centre commercial Gramont demain avec MarieClaude pour nous acheter une cuisinière électrique et un lave-linge. Comme j'aurais du mal à être là pour la livraison pendant la semaine et que samedi matin on prend l'avion pour Nice, je vais emprunter un fourgon à ma société pour emporter la marchandise. Mon problème, c'est que je ne peux pas faire ça tout seul et, malgré toute sa bonne volonté, je vois mal MarieClaude participer au transport. Par contre avec toi, ça ne serait pas un problème.
— D'accord ! Comment tu vois les choses ?
— C'est assez simple : Demain soir je vais vous prendre, MarieClaude et toi, entre dix-huit heures et dix-huit heures trente. On va ensuite au centre commercial pour acheter l'électro-ménager puis on se rend chez nous. On monte la marchandise à l'appartement, on la déballe et on branche tout de suite la cuisinière. MarieClaude nous fera un bon repas, tu passeras la soirée chez nous et on te raccompagnera ensuite chez toi.
— Tu dis « Chez nous ». Cela veut ‘il dire que MarieClaude emménage avec toi ?
— Oui ! Ça sera beaucoup plus commode pour nous.
— Mais ça veut dire que…
— Non !
— Non ?
— Non !
— Bien-bien ! Alors à demain. Salut !
Après le repas, MarieClaude et Cédric rentrèrent chez eux.
— Tu veux que je t'aide à faire la banquette ?
— Non, ce n'est pas la peine. Je l'avais déjà faite vendredi soir.
— Alors, tu savais déjà qu'on allait emménager ensemble ?
— Hé oui ! Cela s'appelle anticiper.
— Tu es un vilain. Tu aurais pu me prévenir samedi.
— J'adore te faire des surprises. J'espère que tu apprécies celle-ci car j'ai bien l'intention de t'en faire chaque fois que je pourrai. Rassure-toi, j'essayerai que ce soit toujours des bonnes surprises.
— Alors tu es pardonné.
— Bien ! Je pense que la journée a été longue, alors je propose qu'on aille se coucher. Je vais aller chercher mes affaires pour la nuit et ensuite je te laisse la chambre et la salle de bains. Quand tu auras terminé, tu me préviendras.
Cédric profita de l'absence de MarieClaude pour faire de la place dans le séjour et déplier la banquette. Il s'assit ensuite et consulta les quelques courriers qu'il n'avait pas encore eu le temps de lire. Rien de particulièrement intéressant. Des avis de prélèvements, un relevé de compte et quelques propositions d'organismes de crédit tenant absolument à lui prêter de l'argent. Au bout d'une petite demi-heure, MarieClaude vint le rejoindre un peu rougissante pour lui dire qu'elle avait fini. Elle portait une longue chemise de nuit de satin rose très pudique. Cédric lui tendit les bras et elle vint se pelotonner sur ses genoux.
— Tu ne me trouves pas trop ridicule avec cette grande chemise de nuit ?
— Pas du tout ma chérie. Elle est très jolie et le rose te va très bien. Elle est de toutes façons particulièrement bien adaptée jusqu'à notre mariage. Ensuite, nous pourrons certainement te trouver quelque chose de… disons plus léger. Allez ! Au lit ! Il la prit dans ses bras, l'emporta dans la chambre et la coucha dans le lit défait. Il remonta le drap sur elle et l'embrassa tendrement.
— Bonsoir mon petit amour.
— Bonsoir mon Cédric. Il éteignit la lampe de chevet sortit en laissant la porte entrebâillée. MarieClaude tenta de rester encore éveillée pour savourer son bonheur, mais elle sombra rapidement dans un profond sommeil.
Cédric alla prendre une douche et se mit en tenue de nuit. Il se coucha en pensant tout ému à ce petit bout de femme qu'il avait trouvée si insignifiante la première fois qu'il l'avait rencontrée et que pourtant il s'était mis si vite à aimer. Le lendemain vers six heures du matin, MarieClaude fut réveillée par une odeur de café et de croissants chauds. Des bruits d'assiettes et de couverts provenaient de la cuisine. Elle se leva rapidement et se dirigea vers celle-ci. Cédric en robe de chambre finissait de préparer le petit déjeuner.
— As-tu bien dormi ma chérie ?
— Merveilleusement bien. J'ai fait de beaux rêves.
— J'espère que j'en faisais partie !
— Tu étais dans tous. C'est pour ça qu'ils étaient beaux.
— Raconte !
— Oh non ! Ce ne sont pas des choses à raconter.
— Alors on a dû faire le même type de rêves.
— Je crois plus prudent de changer de sujet.
— Veux-tu du thé, du café ou du chocolat ?
— Je veux bien du chocolat.
Ils déjeunèrent tranquillement puis allèrent se préparer. Pendant que MarieClaude occupait la salle de bain, Cédric ouvrit les fenêtres pour aérer l'appartement puis refit rapidement les deux lits, replia la banquette et remit les meubles du séjour en place. Il la remplaça ensuite dans la salle de bains pendant qu'elle finissait de se préparer. A sept heures et demie, ils quittèrent l'appartement et Cédric déposa MarieClaude devant l'école de beaux-arts. A huit heures il était au bureau. A midi et quart il était de nouveau devant l'école et attendait MarieClaude. Ils se rendirent immédiatement dans un supermarché rue de Metz. MarieClaude acheta des provisions de base, des fruits, des légumes et, pour ce soir-là, une salade déjà faite, un gros poulet qu'ils mangeraient avec un plat de pâtes, du fromage et deux boîtes de salade de fruits. Elle acheta aussi de l'apéritif avec des gâteaux salés et, pour elle, une bouteille de sirop de grenadine.
Elle savait très bien cuisiner car elle avait appris avec sa mère, mais elle n'aurait pas le temps de faire des plats compliqués ce soir-là. Une fois les courses terminées, ils allèrent manger rapidement dans un self situé sur les allées Jaurès puis Cédric la raccompagna à son école et retourna travailler. Le soir, comme prévu, Cédric alla la chercher ainsi que Benoît et ils se rendirent immédiatement à l'espace Gramont. Ils firent l'acquisition d'un lave-linge séchant et d'une cuisinière avec des plaques en vitro cérame. MarieClaude acheta aussi un jeu de casseroles, une sauteuse, deux poêles, deux plats pour aller au four et une passoire. Il faudrait compléter à leur retour de vacances, mais ce qu'ils avaient était pour l'instant suffisant. Les garçons chargèrent dans le fourgon les appareils électroménagers et les autres achats de MarieClaude, puis ils rentrèrent. L'installation de la cuisinière ne posa pas de problème.
MarieClaude commença tout de suite la préparation du repas pendant que Cédric et Benoît installaient la machine à laver dans la salle de bains. Ils ramenèrent ensuite les emballages dans le fourgon. Cédric irait les mettre à la déchetterie le lendemain en se rendant à son travail. Ensuite, ils mirent le couvert dans le séjour et s'installèrent pour prendre l'apéritif. Lorsque le repas fut prêt, ils allèrent chercher les plats à la cuisine. Les garçons mangèrent de bon appétit tandis que MarieClaude grignota comme d'habitude. Après le repas, ils allèrent tous les trois faire la vaisselle, puis, après avoir un peu discuté dans le séjour, Cédric raccompagna Benoît pendant que MarieClaude se préparait pour la nuit. Lorsque Cédric rentra, ils firent un petit câlin puis MarieClaude alla se coucher. Cédric se prépara à son tour et en fit de même.
Le lendemain, tous les deux se réveillèrent excités : C'était le jour où MarieClaude allait se faire enlever son plâtre. Il était plus que temps car, comme elle n'en avait plus besoin, elle ressentait à chaque instant combien il la gênait. Cédric savait mieux gérer ses émotions que MarieClaude. Il arriva à se concentrer sur son travail jusqu'à la fin de la journée. MarieClaude, par contre, ne fut pas capable de faire quoi que ce soit. Ce n'était pas grave dans la mesure où elle effectuait des travaux non urgents pour l'école puisqu'on était hors période scolaire. Elle travaillait un peu pour l'école car elle ne pouvait pas travailler pour le musée des Augustins cet été étant donné qu'elle se déplaçait difficilement. Quand Cédric arriva devant les beaux-arts à dix-sept heures trente, elle arpentait déjà le trottoir avec impatience. Elle s'engouffra dans la voiture qui démarra aussitôt. Dix minutes plus tard ils étaient à l'accueil de la clinique. Ils s'assirent en attendant l'heure.
MarieClaude regardait sa montre à peu près toutes les deux minutes. Naturellement, quand l'infirmière vint les chercher avec cinq minutes de retard elle bouillait littéralement d'impatience. Elle se dirigea d'un pas ferme vers le couloir où elle s'engouffra. L'infirmière dut la rappeler amusée :
— Mademoiselle Roussel, attendez ! Vous ne savez même pas où cela se passe. MarieClaude fut bien obligée de s'arrêter et de l'attendre. L'infirmière les amena dans une salle de soins.
— C'est moi qui vous enlève votre plâtre. Le docteur viendra vous voir ensuite. Elle la fit s'installer sur un fauteuil inclinable et découpa rapidement le plâtre avant de le lui retirer. Elle nettoya ensuite le pied avec un antibactérien léger, examina un peu la cicatrice et dit d'un ton joyeux :
— J'ai l'impression que tout va bien. Vous pourrez maintenant vous déplacer sans l'aide de votre petit ami.
— Ce n'est pas mon petit ami, répondit fièrement MarieClaude, c'est mon fiancé et on va se marier début septembre. L'infirmière la regarda d'un air attendri.
— Félicitation jeune fille et bientôt madame !
Sur ce, le docteur entra dans la pièce. Il examina rapidement l'aspect du pied et de la cicatrice puis tata un peu le pied.
— Tout va très bien. Vous pouvez marcher normalement. N'essayez pas de courir pendant un certain temps. Essayez de mettre des chaussures qui ne vous serrent pas le pied à cause de la cicatrice. Il n'y a pas de traitement particulier à prévoir, mais je vous conseille des bains de pieds dans de l'eau salée tiède. L'eau de mer devrait aussi vous faire du bien, mais protégez votre cicatrice du soleil. Vous pourriez aussi la masser avec une pommade. Votre pharmacien saura vous conseiller. Voilà c'est tout.
— Il y a quelque chose à payer ? demanda Cédric.
— Non ! C'est compris dans le coût de l'opération.
Cédric et MarieClaude prirent congé et rentrèrent chez eux. Au début MarieClaude continua à marcher avec sa canne, mais au bout d'une heure, elle n'en eut plus besoin. Elle ne boitait pas beaucoup plus qu'avant et elle était tellement habituée qu'elle ne faisait pratiquement pas de différence. Ils décidèrent que MarieClaude ne ferait une cuisine élaborée que quand elle en aurait vraiment le temps, par exemple quand elle serait en vacances. Elle se contenta donc de faire des filets de poisson surgelés accompagnés de pommes de terre et de carottes cuites au micro-ondes.
— Ils finirent le fromage et terminèrent avec un fruit. Ils se contentèrent de manger dans la cuisine car c'était bien plus simple. Après avoir fait rapidement la vaisselle, ils retournèrent dans la salle de séjour et s'installèrent sur la banquette pour téléphoner à leurs parents. Ils commencèrent par téléphoner aux parents de MarieClaude.
— Allo ! C'est MarieClaude !
— Comment vas-tu ma chérie. Alors tu n'as plus ton plâtre ?
— Non ! Tout s'est très bien passé. Le docteur était très content. Les os sont correctement ressoudés et la cicatrice est belle. Je boite à peine, enfin je veux dire à peine plus que d'habitude. Papa est avec toi ?
— Non. Il travaille tard ce soir. Je lui raconterai quand il rentrera. Qu'est-ce que je suis contente ma cocotte. C'est Cédric qui t'a emmenée, je suppose.
— Oui bien sûr.
— Quand tu le verras demain embrasse le très fort pour moi.
— Il est à côté de moi maman.
— Vous êtes au restaurant ?
— Non ! On préfère manger chez nous. C'est plus intime et moins cher.
— Chez vous ?
— C'est vrai, je ne ‘ai pas dit ! On a emménagé ensemble dans l'appartement de Cédric. On a déjà acheté tout ce qu'il faut pour faire la cuisine : Cuisinière, casseroles etc. On avait déjà un grand frigidaire.
— Mèèèèèèè, et pour dormir ? Vous… enfin je veux dire… excuse-moi ma chérie tout cela est si rapide. Je pensai que vous attendriez de… d'être…
— J'ai compris ce que tu veux dire maman, ça n'est pas la peine de t'enferrer. Je dors dans la chambre et Cédric sur un clic-clac dans le séjour.
— Vous faites bien sûr ce que vous voulez. Ça ne me regarde pas.
— Puisque tu le dis maman. En tout cas Cédric t'embrasse lui aussi.
Ensuite ils téléphonèrent à Èze.
— Maman ? C'est Cédric.
— Comment vas-tu ?
— Très bien ! On a enlevé ce soir le plâtre de MarieClaude. On est tous les deux drôlement contents.
— Tu lui diras que je suis très contente pour elle.
— Tu pourras lui dire toi-même. Nous avons aménagé ensemble et elle est à côté de moi.
— Ah bon ? mais tu m'avais pourtant dit la dernière fois que…
— Ah non ! Mais qu'est-ce que vous avez tous ? Chaque fois la question est la même. Tu devrais me connaitre. Quand je m'engage à quelque chose, je tiens toujours ma promesse.
— Ne t'énerve pas mon chéri. Vous auriez très bien pu changer d'avis. Au lieu de te mettre en colère contre moi, tu devrais plutôt me passer MarieClaude.
— Tu as raison ! Je te la passe.
MarieClaude prit le téléphone toute intimidé.
— Allo ?
— Bonjour MarieClaude ! Je suis contente de t'avoir au téléphone.
— Moi aussi madame. La voix de MarieClaude était un murmure tremblotant. Marielle Mareuil répondit d'un ton doux et affectueux.
— Tu sais ma chérie. Il ne faut surtout pas être intimidée. Je suis quelqu'un de gentil et tu es l'amour de Cédric. Et puis tu sais, je ne m'appelle pas madame, je m'appelle Marielle. Cédric nous a envoyé des photos et nous a beaucoup parlé de toi. Christian et moi nous t'aimons déjà très fort. Il m'a dit qu'il vous trouve très assortis. Il a hâte comme moi de te voir. Dimanche tu feras connaissance de Catherine, de Richard et de notre premier petit fils Hugo. Catherine et très enthousiaste et très spontanée. Je suis sûre que vous vous entendrez très bien. Tout le monde t'attend avec impatience.
— Merci heu… Marielle.
— Voilà qui est mieux. Dis-moi, il y a une chose qui me ferait très plaisir. Ce serait que tu amènes quelques toiles que tu as réalisées. Cédric m'a dit que tu avais un énorme talent.
— Je veux bien répondit MarieClaude. Mais peut-être qu'ils ne vous plairont pas.
— Eh bien moi, je suis sûre du contraire. D'abord parce que ce seront des tableaux de toi et ensuite parce que Cédric m'a dit que tes professeurs des beaux-arts trouvent que tu as beaucoup de talent.
— Alors je vais les amener.
Après avoir raccroché, Cédric rassura MarieClaude.
— Ne t'en fais pas, on va acheter une valise rien que pour tes toiles et on les calera bien en mettant du papier bulle dessous, et dessus.
— On pourrait aussi séparer chaque toile des autres avec du papier crépon.
— D'accord. Alors demain on va chercher tes affaires, jeudi on ira acheter la valise et le papier ; vendredi on mettra les toiles dans la valise.
Le lendemain, ils allèrent chercher les affaires de MarieClaude et rendirent les clefs à madame Alquier. Naturellement, celle –ci avait préparé des petits fours et tint absolument à leur offrir un apéritif. Ils ne pouvaient guère refuser et restèrent une demi-heure à bavarder avec elle. Au moment de partir, MarieClaude embrassa affectueusement la vieille dame qui avait la larme à l'œil. MarieClaude lui promit de lui donner des nouvelles. Cette fois, ça y était ; elle commençait une nouvelle vie.
Le vendredi Cédric se gara près de l'école et rejoignit MarieClaude qui l'attendait devant l'entrée. Il avait apporté la valise prévue pour les toiles et le papier destiné à les protéger. Ils allèrent à l'atelier pour récupérer et emballer celles-ci. Cédric, un peu ému demanda à MarieClaude de ne pas amener l'Autoportrait à Èze.
— Je préfèrerais que ce tableau reste confidentiel si cela ne t'ennuie pas. Il me fait trop mal pour que je puisse le regarder. C'est le plus beau mais il est dramatiquement triste. MarieClaude le regarda émue elle aussi.
— Ne t'en fais pas mon chéri, je n'ai pas l'intention de le montrer avant longtemps si seulement je le fais un jour. C'est quelque chose de très intime. Par contre je préfère l'emmener chez nous dans un carton à dessins, car je ne veux pas que quelqu'un d'autre le voie. En fait, j'ai bien envie d'amener les deux séries à Èze. Je suis contente des deux.
— Je crois que ça tiendra facilement dans la valise.
Dérive
Ce jour-là Sophie broyait du noir. Cela lui arrivait de plus en plus souvent. L'annonce du prochain mariage de MarieClaude l'avait anéantie. Elle ne pouvait en vouloir à cette dernière, car c'était son amie et qu'elle avait bien mérité de trouver le bonheur. Cela ne l'empêchait pas d'être à la fois jalouse et frustrée. Jalouse parce que ses deux amies étaient un exemple d'une réussite affective qui était probablement hors de sa portée. Frustrée parce qu'elle avait eu elle-même l'occasion d'établir une relation amoureuse avec Cédric et qu'elle était complètement passée à côté par bêtise. Elle était d'autant plus amère que sa bêtise avait consisté à se montrer telle qu'elle était.
Elle déambulait au hasard après avoir essayé, sans y parvenir, de s'intéresser à quelques boutiques de mode. En passant près d'une petite rue calme du centre-ville, elle remarqua un groupe de garçons et de filles qui, avec l'air de conspirateurs, échangeaient de l'argent contre des cigarettes de cannabis. Prise d'une irrésistible envie d'échapper à ses idées noires, elle se dirigea vers le groupe qui la regarda s'approcher avec méfiance.
— Je suis à la recherche de quelque chose que vous me semblez détenir et j'aimerais bien vous en acheter.
— Désolé, je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Laissez-nous tranquilles.
— Ecoutez ! Je suis vraiment déprimée et j'ai absolument besoin de quelque chose qui m'aide à me supporter. Je paierai ce qu'il faut.
— Eh Momo ! La nana est prête à payer un bon paquet pour avoir du shit.
— D'accord ! Il me reste cinq tiges. Ce sera deux cent euros.
— C'est drôlement cher !
— Tu prends les cinq pour deux cent euros ou rien du tout pour zéro euro.
— Bon d'accord. Mais il faut que j'aille tirer du liquide au distributeur.
— D'accord, mais Rigi t'accompagne au cas où ça serait un coup fourré.
Sophie revint quelques minutes plus tard avec l'argent.
— OK ! Voilà la marchandise. Si tu en veux de nouveau, tu peux repasser par ici mais la prochaine fois amène le fric à l'avance, sinon tu vas finir par te faire remarquer.
— Ce sera toujours ce prix-là ?
— Non ! considère que tu as payé un droit d'entrée. Si tu es une bonne cliente tu auras peut-être droit à des remises.
— Merci monsieur.
— Je ne m'appelle pas monsieur, je m'appelle Momo. C'est quoi ton prénom ?
— Sophie.
— Bon ! alors quand tu ne me verras pas, il te suffira de dire que tu es Phi-phi et que tu voudrais parler de sa grand-mère à Momo. Je ne vends pas par unité mais par cinq unités. Bon ! maintenant tire toi. Tu vas nous faire remarquer avec tes fringues de chez Dior. La prochaine fois, tu viens en jean.
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Photo de profil de unzeste85
unzeste85
24 septembre 2025 à 15:55
C'est tout de même pas de bol. J'ai à peine quelques centaines de lecteurs et il y en a un qui connait Toulouse comme sa poche alors que moi je n'y suis pratiquement plus allé depuis 68.
Si tu me dis que tu connais le TCHAD; je hurle! (zut je l'ai dit!)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de unzeste85
unzeste85
23 septembre 2025 à 15:25
On est très loin d’en avoir terminé avec Sophie.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Iznogood
Iznogood
23 septembre 2025 à 13:50
La magie des premiers jours de la vie commune…
Et on y croit, on y croit vraiment 🤗

Il se trouvera bien une amie pour sauver Sophie quand elle aura presque touché le fond. 🤔
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Ornix45
Ornix45
22 septembre 2025 à 16:16
Toujours aussi agréable à lire.
Il fallait s'y attendre quant à l'amertume de Sophie. Ce qui nous fait rappeler qu'on a pas souvent une second chance de faire bonne impression.
Soyez respectueux
Répondre

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