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Couverture de Emma, offerte à la montagne, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Emma, offerte à la montagne — Chapitre 5 · Le marché

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Galaxie rouge
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Emma, offerte à la montagne

Chapitre 5 · Le marché

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : Deux semaines plus tôt. Emma et Léa se préparent pour une nuit de fête. Électriques, sublimes, insouciantes, elles dansent comme si la piste leur appartenait, jusqu'à attirer l'attention de trois hommes au regard trop fixe. Les verres s'enchaînent, les gestes se troublent. Dans la chaleur moite de la nuit, les corps s'abandonnent, les limites s'effacent. Une voiture, un contact glissant, un vertige oppressant puis le trou noir. Emma ne se souvient plus de rien.
L'odeur d'humidité et de désinfectant rance plane comme une nappe invisible, épaisse, dans les couloirs de ce qui fut, autrefois, un hôpital. Les néons au plafond clignotent par intermittence, lançant leurs éclairs blafards sur les murs défraîchis, couverts de graffiti et de traces brunâtres. Un grincement métallique résonne quand la porte d'un ancien bloc opératoire s'ouvre dans un long gémissement.
Deux hommes pénètrent dans la pièce. Sur leurs épaules, les corps inertes d'Emma et Léa se balancent comme des poids morts. Leurs bras pendent, leurs têtes ballottent mollement. Un troisième homme les suit, silencieux, le regard fuyant, sans dire un mot. Ils traversent un couloir dont les carrelages, fissurés, répercutent le bruit de leurs pas lourds. L'atmosphère est glaciale, presque irréelle.
Les deux jeunes femmes sont déposées sans douceur sur un vieux lit métallique, encore recouvert d'un drap jauni.
Le Boss un homme massif au crâne rasé, mâchoire carrée, regard froid, entre à son tour, les mains dans les poches.
— Débarrassez-les de tout. Maintenant.
Le ton est sec, tranchant. Sans un mot, l'un des hommes sort un large couteau, et le fait glisser lentement contre la bretelle du débardeur moulant d'Emma. Un bruit de tissu tendu, puis la lame tranche d'un coup sec. Il tire ensuite d'un geste brutal sur le vêtement, qui se déchire jusqu'au ventre. Sans attendre, il tend le couteau à son comparse, qui s'attaque au crop-top rouge de Léa avec la même efficacité, déchirant le tissu d'un geste vif. Leurs jupes suivent, arrachées, glissant le long de leurs jambes.
L'un des hommes glisse la main sur la culotte en satin noir d'Emma, d'une transparence indécente, ses doigts s'enroulant autour de l'élastique à l'avant. Il commence à tirer, comme s'il déballait un paquet convoité. Le tissu glisse à peine, révélant la naissance de sa toison avec une obscénité délibérée.
Mais la voix sèche du Boss fend l'air comme un coup de fouet. L'homme s'arrête net, les doigts encore crispés. Il relâche la culotte sans la remonter, la laissant roulée juste sous le pubis, dans une position à la fois dérisoire et humiliante. Comme si cette parcelle d'intimité, exposée au regard de tous, n'avait plus aucune valeur. Comme si elle ne valait même pas la peine d'être recouverte.
Le Boss, sans émotion
— Laissez-leur ça, grogne-t-il avec un rictus épais. Faudrait pas qu'elles attrapent froid, hein… Ces p'tites culottes, c'est comme les housses d'origine, ça garde le produit frais.
Les hommes éclatent d'un rire bruyant, dénué de chaleur, aussi déplacé que dérangeant. Un rire rauque, épais, qui n'amuse qu'eux, saturé de cette vulgarité grasse propre aux hommes sans repères moraux. Leurs épaules secouées par une hilarité.
Celles-ci sont ensuite ligotées, les poignets tendus au-dessus de leur tête, attachés solidement à une barre métallique du lit. Le contact du métal glacé contre leur peau nue tranche avec l'humidité stagnante de la pièce, comme une morsure silencieuse.
Le silence retombe, lourd. Les trois hommes s'éloignent, laissant la porte entrouverte. Le seul bruit est celui d'un vieux radiateur qui claque par intermittence.
Emma est la première à bouger. Sa tête lourde bascule d'un côté, cognant légèrement contre l'épaule raide. Une pulsation sourde lui martèle les tempes, comme un écho lointain de coups oubliés. Elle entrouvre les yeux, tout est flou, vacillant, traversé de points lumineux. Elle tente de bouger les bras, mais une douleur sourde lui traverse les épaules, engourdies par la position suspendue. Ses poignets tirent contre le métal. Elle lève les yeux : des liens serrés, rigides. Du métal froid. Une morsure gelée contre sa peau nue. Elle baisse lentement la tête.
Elle est presque nue.
Elle constate l'absence totale de ses vêtements. Son corps est offert au vide glacé, vulnérable, désarmé. Ses bras nus, son ventre exposé, frémissent sous le froid qui s'infiltre comme un doigt indécent sur sa peau sans défense. Elle baisse encore un peu la tête, lentement, comme si elle craignait ce qu'elle allait découvrir. La culotte noire, déplacée, ne couvre plus rien : le satin, délicat et transparent, repose mollement sous son pubis, laissant paraître la naissance de sa toison. Ce n'est plus un vêtement, mais un simulacre de pudeur. Elle sent l'humiliation jaillir, crue, épaisse, lui monter à la gorge. Se voir ainsi, exposée, offerte aux regards, la réduit à une matière nue. Une marchandise. Elle ravale sa honte, étouffe le cri. Elle ne pleure pas.
À côté d'elle, Léa gémit faiblement. Sa voix, à peine audible, fend le silence :
— Emma… j'ai froid…
Emma se tourne comme elle peut vers elle. Léa lève doucement la tête, ses yeux papillonnent.
— Qu'est-ce que… où est-ce qu'on est ? Emma ne répond pas. Elle cherche à comprendre. Des images brouillées se bousculent dans sa tête, comme des éclats de miroir.
Un flash elle marche, titubante, les jambes flageolantes, vacillantes comme après un vertige ou une chute. L'odeur de sueur, de bière, de fumée. La musique qui cogne encore contre ses tempes. Elle sort d'une boîte de nuit, aveuglée un instant par les lumières trop vives de la rue. L'air nocturne, vif, mord sa peau dénudée. Un homme, grand, massif, la tient par le bras fermement, trop fermement.
Elle tente de parler, mais sa bouche est pâteuse, ses mots ne sortent pas. Son regard croise celui d'un passant ou croit le croiser. Rien ne s'arrête. Personne ne voit. Tout devient flou. Elle se souvient de la sensation du trottoir sous ses pieds nus, de ses talons perdus quelque part. D'une voiture. D'une portière qui claque. Puis, plus rien. Le vide. Le noir complet.
Et maintenant, elle est là. Suspendue. Nue. Prisonnière d'un cauchemar qu'elle commence seulement à reconstruire par bribes.
Léa grogne en tirant sur ses liens. Sa voix monte dans un mélange de colère et de panique.
— Putain, ils nous ont mis à poil ! C'est quoi ce bordel ?
— Calme-toi, » souffle Emma, même si elle-même est terrifiée. — Je crois… je crois que c'est un réseau. Un truc organisé. Pour vendre des femmes. »
Léa se fige, les yeux agrandis par la peur.
— Traite ? Tu veux dire… comme de la marchandise ? »
Emma hoche lentement la tête. Son regard balaie la pièce. Les murs sont couverts d'anciennes plinthes arrachées, le sol jonché de poussière et de seringues usées. Une vieille armoire en fer trône dans un coin. Il n'y a pas de fenêtre. Juste une ampoule nue qui pend au plafond.
Des bruits de pas. Trois silhouettes passent la porte. Deux hommes encadrent un autre, en costume sombre, attaché-case à la main, lunettes rectangulaires. Il dégage une froideur méthodique, presque clinique. Le genre d'homme qui ne s'étonne de rien. Qui évalue, classe, achète.
Il s'avance, pose son attaché-case au sol.
— Ce sont elles ?
Le Boss hoche la tête, un rictus aux lèvres.
— De la viande bien fraîche. Première main. Zéro historique. Tu peux vérifier par toi-même.
Il tapote son pantalon pour ôter une poussière invisible.
— Faites-les se lever, ordonne-t-il.
Un des hommes s'approche sans un mot, détache d'abord Léa, puis Emma, leurs bras retombants mollement. Il les saisit chacune par un bras, les fait se lever sans ménagement. Leurs jambes vacillent, fléchissent, mais il les pousse jusqu'au mur adjacent.
Les deux filles sursautent au contact brutal de la paroi carrelée. Le froid s'infiltre dans leur peau nue comme une morsure de verre, les figeant contre le mur avec une violence sourde. Emma, dans un geste d'orgueil blessé, remonte légèrement sa culotte noire, le tissu glissant sur ses hanches sans cacher grand-chose mais le simple fait de réajuster ce voile dérisoire lui rend un semblant d'existence. La transparence du satin, tendu sous sa toison à demi dévoilée, n'offre qu'une illusion de pudeur.
Léa, elle, inspire fort, croise les bras sur sa poitrine comme un rempart tremblant. Emma l'imite, les deux mains crispées, l'une contre leur sexe, l'autre repliant leurs bras contre leurs seins. Le carrelage froid colle à leur dos, dessinant leurs omoplates tendues, absorbant leur chaleur, amplifiant la honte. Debout, immobiles, elles ne sont plus que deux silhouettes nues dressées contre un mur, cherchant à sauver ce qu'il reste de leur intimité, à coups de gestes dérisoires et de silence humilié.
L'homme les place côte à côte avec la brutalité d'un homme habitué à contraindre plus qu'à guider, les manipulant comme des carcasses sans volonté. Ses gestes sont secs, violents, dénués d'âme. Il les pousse brutalement contre la paroi, les écrase presque contre les carreaux glacés, comme on clouerait une affiche contre un mur. Le choc du mur sur leurs omoplates n'arrache aucun cri, mais toute leur peau se contracte sous la morsure de la céramique humide.
Le sol sous leurs pieds nus est un supplice : une dalle de glace, rugueuse, tranchante. Le froid ne les touche pas, il entre en elles, remonte le long de leurs mollets, s'infiltre dans leurs reins, saisit leurs ventres, s'agrippe à leurs os. Elles frissonnent de tout leur être, pas seulement de la température, mais de la violence de ce qu'on leur inflige. Leurs jambes fléchissent, leurs souffles se brisent en halètements courts. Chaque frottement de leur peau nue contre le mur résonne comme une gifle, et la pièce entière semble vouloir les avaler, les dissoudre dans sa cruauté silencieuse.
Il leur fait signe d'avancer d'un pas vers lui. Les filles hésitent, figées un instant, puis obéissent à contrecœur. Emma avance la première, d'un pas mal assuré, toujours un bras replié sur sa poitrine pour dissimuler ses seins, l'autre main plaquée entre ses cuisses. Léa la suit, mimant le même geste instinctif de protection.
Le sol glacé mord leurs pieds et le froid grimpe dans leurs jambes comme une fièvre inversée. Elles tremblent, non seulement de froid, mais de cette honte silencieuse et poisseuse qui leur colle à la peau. Une voix intérieure hurle en elles, mais leurs lèvres restent closes. Elles serrent les dents. Elles tiendront.
L'acheteur les observe de loin, les bras croisés, l'air impassible, mais ses yeux brillent d'un éclat particulier celui d'un homme qui sait exactement ce qu'il regarde, ce qu'il pèse. Chaque centimètre de peau est scruté, disséqué avec l'attention méthodique d'un professionnel, mais aussi l'appétit froid d'un chasseur devant deux proies immobiles. Son pas est lent, presque solennel, comme s'il s'avançait vers une œuvre exposée en vitrine. Le costume sombre, taillé à la perfection, tranche violemment avec la nudité frissonnante des deux femmes, soulignant encore davantage leur vulnérabilité.
Il contourne Léa sans un mot, s'arrête devant Emma, la détaille de haut en bas. Il incline la tête, puis tend la main, lentement, avec cette fausse douceur qu'ont les hommes de pouvoir qui se croient élégants même dans l'abus. Du bout des doigts, il saisit son menton, relève légèrement son visage pour mieux admirer ses traits. Son regard glisse de ses yeux jusqu'à ses lèvres, linger un instant sur la courbe de sa gorge. Il jauge. Il évalue. Comme on observe une pièce rare à laquelle on s'apprête à fixer un prix.
Il force sa bouche à s'ouvrir, ses doigts calleux s'enfonçant dans ses joues avec une lenteur clinique. Il inspecte les dents avec la minutie d'un maquignon, soulève la lèvre supérieure, observe les gencives comme s'il évaluait la santé d'un bétail prêt à l'abattage. Ses gestes sont méthodiques, déshumanisants, dénués de toute chaleur. Puis il se redresse, contourne Emma, revient vers Léa avec le même détachement froid.
Il tend la main, agrippe brusquement son bras replié, l'écarte sans douceur pour dégager sa poitrine. Léa tente de résister, un regard suppliant s'accroche au sien mais il n'y a personne derrière ces yeux. Il saisit l'un de ses seins à pleine main, le tâte, le pèse, le palpe avec la gourmandise muette d'un homme qui choisit une viande sur l'étal. Puis l'autre, pressé avec la même avidité crue. Son visage s'éclaire d'un sourire trouble, malsain, le genre de rictus qu'on verrait sur un collectionneur trouvant enfin la pièce manquante. Léa se fige, les yeux écarquillés, son souffle happé par l'humiliation brute, profonde, d'un corps réduit à une étiquette de prix.
— C'est pas du naturel, ça, lâche-t-il sans détour, en regardant le Boss.
Le Boss soupire avec impatience, puis s'avance lentement comme pour mettre un point final à la discussion. Il tend la main, grande, épaisse, et saisit le sein de Léa à pleine paume. Il le palpe avec ostentation, le pèse, le malaxe comme pour démontrer la fermeté d'un fruit de luxe.
Puis, d'un geste volontairement appuyé, il le secoue légèrement de gauche à droite, le visage fermé, comme s'il voulait prouver qu'il connaît son affaire. Toute sa posture crie l'assurance du vendeur certain de la qualité de sa marchandise. Il se redresse enfin, jette un regard au client, et ajoute d'un ton tranchant, presque provocateur :
— Bien sûr que si, c'est cent pour cent naturel, grogne-t-il. T'as qu'à toucher pour le savoir.
Léa reste figée, comme absente. Ni l'un ni l'autre ne daigne croiser son regard. Elle n'existe pas. Pas pour eux. Juste un corps, une évaluation, un prix.
Puis il fait retourner les deux femmes face au mur. Sans prévenir, il abat sa main sur la fesse d'Emma dans un claquement sec et charnel, comme on jauge la fermeté d'un quartier de viande. La gifle claque avec une telle violence qu'elle ploie les genoux, vacille, le souffle coupé. Une onde brûlante se répand aussitôt sur sa fesse, irradie dans sa hanche, remonte dans son dos comme une coulée de lave. La douleur est vive, épaisse, presque chaude, et lui vrille les nerfs.
Elle porte sa main à la zone frappée, mais le tissu de sa culotte, si fin, colle encore à sa peau. Dans un geste bref, presque instinctif, elle glisse les doigts sous l'élastique, cherche à atteindre la chair meurtrie. Le contact direct la fait frissonner : sa peau brûle, palpite, comme si le feu de la gifle s'y était ancré. Elle ne gémit pas, ne supplie pas mais ses mâchoires se contractent, chaque muscle de son visage tendu pour ne rien laisser échapper. À l'intérieur, c'est un raz-de-marée silencieux. De rage. De honte. Et de résolution. Une pensée s'impose, aiguë, nette, violente : elle fuira cet endroit. Avec Léa. Elle s'en fait le serment, ancré dans sa chair violée par l'humiliation.
L'homme s'arrête devant Léa, et, en jetant un regard au Boss, lâche :
— En revanche elle, elle n'a pas de cul.
Le Boss grogne, moqueur :
— Tu plaisantes ? Une croupe pareille ? Arrête ou je ne te les vends même pas.
— Vous ou vos hommes les avez déjà utilisées ? demande-t-il, la voix froide, détachée. Est-ce qu'elles ont été violées ? Ou elles sont encore intactes ?
— Bien sûr que non, répond le Boss sans ciller. Je ne suis pas là pour m'amuser, c'est du business. Je ne touche jamais à la marchandise. C'est une règle. Je suis un pro, pas un porc. Premières mains. Jamais servies.
L'homme agrippe Emma par la taille, la retourne d'un geste sec, comme on manipule une bête de foire. Elle vacille, les poignets liés, l'équilibre brisé. Il l'incline en avant, la forçant à exposer son dos cambré et ses hanches, la culotte de satin noir à demi glissée, inutile.
— Regarde-moi ça, dit-il d'un ton satisfait. Une paire comme ça, c'est du luxe.
Il presse une main sur sa fesse gauche, palpe, malaxe. Emma sent chaque doigt, chaque millimètre de peau soumise à cette évaluation immonde. Elle serre les dents. Ne dit rien. Refuse de crier.
— Tu vois bien que c'est du neuf, continue-t-il. La peau est lisse, tendue, y'a pas une trace.
— Mmm, fait l'homme en costume, sceptique. Trop parfait. Moi j'dis que ça cache quelque chose.
Emma encaisse. Le feu dans sa joue, celui de la gifle, n'est rien à côté de l'incendie froid dans sa poitrine. Une rage noire, muette, tenace. Elle ne leur donnera rien. Ni pleurs. Ni peur. Juste ce regard fixe, ancré au mur, et ce silence qui pèse plus que leurs gestes.
— Regarde-moi ça rondelle. Tu vois bien que ça n'a jamais servi.
L'homme en costume, impassible, écarte l'autre fesse du bout des doigts, avec le même détachement que s'il soulevait un emballage. Il fait une moue sceptique, puis laisse échapper, d'une voix faussement lasse :
— Tu veux me faire croire que ce cul est neuf ? Ce truc-là, c'est une bouche de métro. Elle a dû en voir passer des dizaines.
Le ton est moqueur, volontairement provocateur, destiné à déstabiliser le Boss et à faire baisser le prix. Mais ses mots tombent comme des pierres dans le silence pesant de la pièce.
— Je ne suis pas convaincu… Lâche-t-il, avec un sourire en coin.
Il fixe Emma un instant, son regard glissant lentement de son visage à sa poitrine, puis revenant à ses yeux. Il voit qu'elle s'est redressée, le souffle court, les joues brûlantes d'humiliation. Elle sent encore leurs mains sur elle, leurs regards scrutant l'intimité la plus crue de son corps. Jamais elle ne s'est sentie autant réduite à un morceau de chair, observée jusque dans la moindre pliure de peau, exposée comme un animal en vitrine.
L'homme la détaille un instant encore, puis lâche avec un rictus narquois :
— Avec cette gueule d'ange et ce corps-là… ça se voit que t'as l'habitude de prendre par derrière. C'est écrit sur toi, comme une étiquette.
Le Boss grogne.
— Ça suffit, ta petite comédie, gronde le Boss. Cette façon de faire, de dénigrer pour faire baisser le prix, ça ne prend pas avec moi. Tu crois que j'sais pas comment tu marches ? Je ne vends pas au rabais, c'est pas un marché aux puces ici.
Il se tourne vers Léa. Même procédure. Il lève un sourcil.
— Celle-ci a l'air plus vive. Elle à une belle bouche.
Le Boss éclate d'un rire bref, enchaîne aussitôt, profitant du compliment :
— Et encore, t'as pas vu ce qu'elle sait faire avec. Rien qu'à la voir, tu sais qu'elle suce comme une reine. Même pas besoin de mode d'emploi.
L'homme en costume toussote légèrement, ajuste ses lunettes, puis lâche avec une pointe d'ironie :
— De toute façon, je ne suis pas venu pour rien. Faut bien que je rentabilise le déplacement, non ?
Le Boss lance sèchement :
— Rattache-les. Il fixe Emma droit dans les yeux. Un silence glacial s'installe, plus coupant que le reste. Il lit quelque chose dans son regard, une braise silencieuse qui refuse de s'éteindre. Un éclat de rage contenue, brûlant sous la surface.
— T'as la haine, hein ? Murmure-t-il, presque amusé.
— T'es pas la première à me regarder comme ça. Mais tu verras. Comme toutes les autres, tu vas finir par baisser les yeux.
Il s'approche encore, lentement, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de son visage. Sa voix se fait plus basse, plus féroce.
— Et tu deviendras une bonne petite salope obéissante.
Le Boss lève les mains.
Il se tourne vers l'acheteur.
— Allez, viens. On parle chiffres.
Et les deux hommes quittent la pièce sans un regard pour les deux femmes figées contre le mur.
Il lance un regard a l'autres homme.
— On ne touche pas. J'en chope un à jouer au con avec ma marchandise, je le castre. C'est clair ?
Il acquiesce en silence. Le Boss et l'acheteur sortent.
L'homme regarde les filles. Il s'approche lentement. Léa ferme les yeux, fait semblant de dormir. Emma, elle, le fixe.
Il hésite. Puis saisit les liens pour les rattacher. Ses gestes sont précipités, maladroits, comme s'il voulait aller vite sans attirer l'attention. Mais son regard glisse, insistant, vers la poitrine de Léa. Il tend la main, lentement cette fois, et la pose à pleine paume sur ses seins. Il les palpe sans retenue, les doigts s'enfonçant dans la chair tendre avec une avidité silencieuse.
Un sourire malsain vient éclairer son visage, un rictus trouble, distordu par l'excitation muette. Il s'approche du visage de Léa, trop près, beaucoup trop près. Puis, sans prévenir, il passe la langue sur sa joue, lentement, étalant sa salive sur sa peau avec une jubilation écœurante. Il éclate d'un rire désordonné, grotesque, qui résonne dans la pièce comme un écho de folie. Léa se crispe brutalement, détourne la tête, les mâchoires serrées à s'en faire craquer les dents, figée par le dégoût et la peur.
Des bruits de pas résonnent soudain dans le couloir, accompagnés de voix indistinctes, étouffées par les murs épais. L'homme sursaute violemment, comme frappé par une alarme invisible. Son visage se fige. Il recule brusquement, trébuche presque, puis quitte la pièce à la hâte, laissant la porte entrouverte derrière lui.
Léa éclate en larmes.
— J'en peux plus, Emma…
Emma garde le silence. Elle respire lentement. Puis tourne la tête vers elle.
— Écoute-moi. Ils ne veulent pas nous tuer. Pas maintenant. Ça veut dire qu'on a une chance. »
Léa sanglote.
— Une chance de quoi ? De fuir cet enfer ?
— Oui. Il suffit d'un moment. Une faille. Un relâchement. Et on frappe.
Son regard se pose sur le tube métallique au-dessus d'elles. Sur le fil rouillé au sol. Sur le coin de la vieille armoire.
Elle calcule déjà.
Et murmure :
— Ce n'est pas fini. Pas encore.
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Chapitre 6 · L’ÉVASION
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Photo de profil de Antoine.Daniel
Antoine.Daniel
3 décembre 2025 à 11:51
Sacrées ressources de la part d'Emma. C'est suffisamment bien décrit pour être réaliste et dérangeant.
Merci
Soyez respectueux
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Photo de profil de aime28
aime28
30 novembre 2025 à 21:24
Superbe suite
On comprend mieux les épisodes précédents
Soyez respectueux
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Photo de profil de michel60
michel60
30 novembre 2025 à 09:02
Excitante cette histoire.
Emma prépare-t-elle une fuite et se vengera-t-elle ?
Soyez respectueux
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Photo de profil de hinéros
hinéros
29 novembre 2025 à 14:46
Bravo pour cette histoire à rebondissements.
Soyez respectueux
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Photo de profil de océane.25
océane.25
28 novembre 2025 à 12:32
Une aventure à vivre réellement, très excitante.
Soyez respectueux
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Photo de profil de océane.25
océane.25
28 novembre 2025 à 12:32
Une aventure à vivre réellement, très excitant.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
27 novembre 2025 à 19:01
Sacrée histoire !
Les descriptions sont si précises qu’on ressent presque ce que vivent les deux femmes…
Soyez respectueux
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