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Couverture de Emma, offerte à la montagne, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Emma, offerte à la montagne — Chapitre 8 · Chasse à l’homme

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Galaxie rouge
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Emma, offerte à la montagne

Chapitre 8 · Chasse à l’homme

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : Tristan, seul au refuge, se lance à la recherche d'Emma, guidé par son instinct plus que par les rares traces qu'elle a laissées. À mesure qu'il avance, il se laisse submerger par les souvenirs : l'image d'Emma trempée, transie, mais digne sur le pas de la porte… puis celle, plus troublante, de son corps nu sous la lumière, marqué seulement par une fine culotte noire. Ce trouble, mêlé d'admiration et de colère contre ceux qui l'ont abîmée, fait naître en lui une résolution : la retrouver, et la protéger. De son côté, Emma s'enfonce dans la montagne. Epuisée, perdue, elle affronte seule la pente, la peur et le froid. Une chute, un cri, une source glacée : elle tient bon. Et dans ce silence, ses pensées reviennent vers Tristan. Ce militaire à la fois rude et respectueux, qui l'a regardée sans jamais la salir. Son trouble à elle aussi grandit, inexplicable, persistant. Quand enfin il la retrouve, une tension douce et suspendue les unit.

Il l'approche sans la brusquer, l'enveloppe de sa chaleur et de sa présence. Main dans la main, ils reprennent la marche. Un lien vient de se tisser. Un fil fragile mais vibrant, qui ne demande qu'à se tendre.
Ils courent depuis quelques minutes à peine, le souffle court, les jambes déjà lourdes. Le silence de la forêt semble trop épais, trop calme. Puis, d'un seul coup, il éclate : un grondement sourd, brutal, envahit l'espace derrière eux. Le sol vibre. Des moteurs rugissent, se rapprochent, déchirent l'air comme une menace lancée à toute vitesse. Les 4x4 sont là, fonçant à travers les arbres, aveugles et violents, projetant boue et branches dans leur sillage. La terre tremble sous leurs pas.
Emma court sans réfléchir, les poumons en feu, le cœur battant à l'intérieur de sa gorge. Elle sent les pierres rouler sous ses ballerines détrempées, les branches qui griffent ses bras. Tristan, un mètre devant elle, s'arrête net, se retourne.
— Par là. Fais-moi confiance.
Sa voix est calme, son regard fixe. Il lui attrape le bras, et l'entraîne sur un sentier à peine visible, dissimulé sous les fougères et la mousse détrempée. Le sentier plonge entre deux rochers, puis disparaît dans une pente abrupte. Ils glissent plus qu'ils ne descendent, raclant les genoux, manquant de tomber.
La forêt se referme, étouffante, moite. Le bruit des moteurs semble les encercler, puis s'éloigne. Tristan s'arrête devant une voûte noire, à demi mangée par la végétation : une ouverture basse, maçonnée, déformée par les années. C'est un ancien tunnel de chemin de fer, englouti par les éboulis, oublié des cartes.
— On passe par là.
Il allume une torche frontale qu'il sort de son sac. Le faisceau découpe le noir, accroche les parois de pierre suintantes. Les rails serpentent sous une couche de gravier humide. L'air est glacial, figé. Le silence est total, si ce n'est leurs pas qui résonnent, creux, étranges, amplifiés par la voûte du tunnel. Emma tient la main de Tristan fermement, ses doigts entrelacés aux siens, et de l'autre main, elle s'agrippe à sa manche. L'atmosphère humide, froide, pleine d'échos, la met mal à l'aise. Elle fixe droit devant, elle, le point de lumière, minuscule au loin, qui, lentement, s'élargit à mesure qu'ils avancent. Chaque pas semble suspendu entre deux mondes.
Ils ressortent de l'autre côté au bout de ce qui paraît une éternité. La lumière les aveugle un instant. La vallée devant eux est déserte, sauvage, protégée par des pentes abruptes et une forêt plus claire. L'air est différent, moins oppressant. Le vent ne passe pas ici.
Face à eux, une cascade. L'eau chute en nappe claire sur une vasque naturelle à la surface miroitante. Au pied, une retenue d'eau peu profonde se déploie en un large ruban étincelant. Un ruisseau s'en échappe, courant entre les roches.
Emma s'arrête, essoufflée.
— C'est profond, tu crois ?
Tristan s'avance, observe la surface, puis hoche la tête.
— Moins de trente centimètres. Tu ne pourras pas y plonger, mais tu peux t'y allonger, te laisser traverser par le froid. C'est saisissant, mais purifiant.
Sous un surplomb rocheux, il installe un petit camp rudimentaire mais ingénieux. Il commence par étaler des branches de pin fraîches au sol, leur parfum résineux montant dans l'air, formant un matelas végétal isolant. Par-dessus, il déploie une couverture, créant une couche plus douce, un nid éphémère mais accueillant.
Non loin, il alimente un feu de camp qui crépite doucement, jetant des lueurs dansantes contre la paroi rocheuse. La chaleur monte peu à peu, douce, enveloppante. Il pose sa chemise sur une pierre, à portée de main, pour elle. Le lieu devient un cocon improvisé, un abri hors du temps.
Emma reste au bord de l'eau, silencieuse. Elle a retiré sa veste, ses ballerines. Elle serre le bas de sa robe entre ses doigts, indécise. L'idée germe en elle : se laver, enfin, se débarrasser de deux jours de boue, de sueur, de peur. Mais l'idée de se montrer nue la retient. Elle hésite, le regarde du coin de l'œil, attentive à la moindre faille.
Tristan ne bouge pas. Il l'observe un bref instant, sans insistance, puis détourne les yeux. Avant de s'éloigner, il désigne d'un geste simple la chemise qu'il a posée sur la pierre, et dit doucement, presque dans un souffle :
— J'ai ressorti celle que tu avais prise hier soir pour dormir. Elle est sèche maintenant…
Pas de sourire, pas de moquerie, rien que cette gravité tranquille qui lui fait signe : je ne te veux aucun mal.
Il hoche doucement la tête, comme pour l'encourager, puis se détourne et retourne vers le feu, ajoutant quelques branches dans les flammes qui crépitent doucement.
Emma défait les boutons de sa robe lentement, les doigts un peu raides, hésitants. Chaque geste semble peser plus que d'ordinaire, comme si elle soupesait ce qu'elle s'apprête à laisser tomber. Elle la retire finalement, la plie soigneusement, presque avec respect, et la pose sur une pierre. Puis elle glisse sa culotte, la rince dans l'eau claire, la tord avec lenteur, et la laisse sécher à côté. Son corps se dévoile, vulnérable, offert, mais sans provocation. La peau nue prend la lumière du jour, douce et crue à la fois. Ses omoplates se dessinent sous la chair, sa respiration s'accélère un instant, comme si elle venait de franchir une ligne intérieure.
Elle frissonne, mais avance. Dans le silence de Tristan, elle a lu une forme d'acceptation muette, presque un serment de respect. Alors elle avance, pieds nus vers l'eau, le cœur un peu plus haut dans sa poitrine. Elle pose un pied dans l'eau. Elle pousse un petit cri aigu, surprenant de pureté.
Tristan lève la tête. Il la voit. Elle est là, les bras ouverts comme une croix, les jambes tendues, le buste droit, offerte à l'eau et à la lumière. Son corps nu semble suspendu dans l'air. La courbe de ses reins, la ligne fine de ses omoplates, la souplesse de ses hanches tout en elle respire une force silencieuse mêlée d'un abandon fragile. Ses fesses, pleines et fermes, captent la lumière avec douceur. Elle est belle d'une beauté brute, invincible et vulnérable à la fois, figée dans un instant de liberté pure.
Elle se laisse tomber en arrière. Son dos frappe l'eau dans un bruit mat, saisissant. Elle pousse un petit cri, non de peur mais de surprise vive, puis disparaît sous la surface glacée. Ses bras longent son corps, elle ouvre les yeux. Le courant limpide file sur sa peau, la caresse, la transperce. Le froid est fulgurant, mais étrangement vivifiant. Elle sent son souffle se suspendre, son cœur battre contre ses côtes.
Elle compte lentement dans sa tête : un… deux… trois…
Chaque chiffre résonne comme une victoire silencieuse. À trois, elle explose hors de l'eau dans une gerbe d'éclats, poussant un cri sec et fort un cri de triomphe, d'avoir tenu, d'avoir vaincu le froid et tout ce qu'il symbolise.
Mais il y a aussi, nichée dans ce cri, une part de jeunesse insouciante qui n'aurait jamais dû quitter cette femme de vingt-cinq ans. Une part vive, libre, qui revient l'habiter sans prévenir. Dans cette vallée cachée, auprès de Tristan, elle se sent protégée, à l'abri du monde. Il y a tout cela dans ce cri : la vie retrouvée, le froid dompté, et l'éclat d'un bonheur brut, arraché au chaos.
Tristan la cherche du regard, le souffle brièvement suspendu. Il voit son corps étendu sous l'eau, translucide, presque irréel dans la clarté figée de la retenue. Sa peau blanche semble capter la lumière, la réfléchir. Ses seins sont tendus, pincés par le froid, leur galbe amplifié par l'angle de l'eau. La petite toison sombre entre ses cuisses attire instinctivement son regard, contraste troublant avec la pureté du reste.
Ce n'est pas la nudité seule qui le trouble, mais cette beauté brute, désarmée, exposée sans provocation. Il ressent un mélange de chaleur, de respect et de quelque chose de plus ancien, plus profond. Il s'avance alors, lentement, la serviette à la main, comme pour ne pas rompre ce moment suspendu.
Emma remonte d'un coup, rompant la surface dans un éclat d'eau et de lumière. Elle rit, un rire clair, instinctif, presque sauvage. Elle est fière, gonflée de ce petit triomphe glacé. Elle croise ses bras sur sa poitrine, non pas pour se cacher, mais pour retenir un peu de chaleur contre elle. Le froid lui mord la peau, mais son corps entier vibre.
Elle se sent vivante, étrangement vivifiée, comme si ce plongeon avait ravivé quelque chose en elle. Elle le regarde. Elle sait qu'il la voit nue, et pourtant, elle n'a pas peur. Elle se sent en confiance, protégée. Elle n'a jamais été aussi bien depuis des jours. Ce moment, volé à la fuite et à la peur, elle le savoure pleinement un éclat de bonheur volé à la vie, et elle le garde comme un secret précieux dans sa chair frissonnante.
Elle court jusqu'à la berge, pieds nus sur la mousse tiède, les gouttes glissant le long de ses cuisses comme un frisson lent. Tristan lui tend la serviette, les yeux calmes, le geste ample, comme s'il savait exactement ce dont elle avait besoin. Elle la saisit sans un mot, s'y enroule d'un seul geste fluide, emportant avec elle les dernières perles d'eau.
Elle penche la tête, un souffle d'eau s'échappant de ses cheveux trempés, et lui sourit. Un sourire doux, confiant, un peu sauvage aussi. Celui d'une femme fière d'avoir osé, d'avoir plongé, et qui se sait regardée sans être jugée.
— Tu devrais essayer. Ça purifie tout.
Il rit doucement.
— Je t'avoue que je ne pensais pas que tu le ferais.
— Même pas foutu de faire pareil ? lâche-t-elle, moqueuse.
Elle laisse glisser la serviette, nue devant lui, dans un geste à la fois simple et chargé. Elle ne baisse pas les yeux, mais elle ne le provoque pas non plus. Il y a dans son attitude quelque chose d'instinctif, presque animal : une façon de dire sans parler qu'elle n'a plus peur, ou qu'elle veut le croire. Elle attrape la chemise qu'il lui tend, l'enfile sans hâte. Le tissu lui tombe sur les cuisses, large, trop grande, mais elle la boutonne lentement, presque cérémonieusement, comme si elle défiait le silence entre eux de ne pas regarder, ou peut-être, de le faire.
Tristan la regarde, puis commence à se déshabiller. Il enlève son pantalon de toile, sa chemise trempée, ses sous-vêtements. Il est nu. Il marche vers l'eau en souriant :
— Ne profite pas pour te rincer l'œil, hein.
Emma éclate de rire, sans détourner le regard.
— Tu plaisantes ? C'est exactement ce que tu viens de faire avec moi ! Franchement, t'es gonflé.
Il rit à son tour, secoue la tête. Il continue d'avancer vers l'eau, la nuque rosie autant par le froid que par la repartie d'Emma.
Emma l'observe. Son regard glisse sur les muscles tendus de son dos, dessinés par l'effort physique, forgés par le sport et la rudesse du terrain. Ses épaules sont larges, puissantes, zébrées de cicatrices anciennes qui racontent sans un mot des combats passés. Ses fesses, fermes et hautes, se contractent légèrement à chaque pas. Puis son regard descend, s'attarde sur son sexe, au repos, lourd, naturel. Elle se surprend à ne pas détourner les yeux. Il y a en elle un trouble, inattendu, dense.
Pas une envie brute, mais une chaleur sourde, curieuse, presque hypnotique, comme si son corps réveillait des zones qu'elle croyait endormies.
Tristan entre dans l'eau, grimace sous le choc brutal du froid. Il se redresse légèrement et lance en claquant des dents :
— Tu plaisantes ? Elle est bouillante, ton eau.
Emma éclate de rire, puis réplique en haussant les sourcils, malicieuse :
— Fais gaffe, l'escargot va rentrer dans sa coquille.
Elle rougit aussitôt, un peu surprise elle-même de sa blague osée. Il y a dans ses mots une complicité spontanée, presque naturelle, comme s'ils formaient un couple. Un instant suspendu, troublant, où elle réalise qu'elle se sent bien à plaisanter ainsi, libre, légère, malgré la situation. Elle le regarde, un sourire timide sur les lèvres, les joues encore roses de sa propre audace.
Tristan rit doucement, secoue la tête, puis avance un peu plus jusqu'à ce que l'eau lui couvre les hanches. Il s'allonge, face contre le courant, et reste ainsi, immobile.
Emma compte dans sa tête. Un… deux… trois… quatre… cinq…
Il surgit, jaillit hors de l'eau, secoue la tête, court jusqu'à elle en poussant un cri étouffé. Le froid le transperce, le saisit jusqu'aux os. Il attrape la serviette en vitesse et s'y frotte avec une vigueur presque fébrile, comme s'il voulait effacer le froid de sa peau. Il passe le tissu râpeux sur ses bras, son torse, ses cuisses, avec des gestes vifs, énergiques, presque guerriers. Il rit, haletant, les dents encore serrées. Puis il s'accroupit près du feu, les épaules frémissantes, les mains tendues vers les flammes comme vers une délivrance.
— Tu es folle, dit-il en riant. Tu me rends fou… Est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi j'ai sauté dans cette flotte glacée ?
Il rit, un rire soufflé, encore transi. Son regard cherche le sien, mi-blagueur, mi-désarmé.
Elle le regarde. Le feu fait briller sa peau, dessine des éclats fauves sur ses épaules et ses flancs. Il est accroupi devant les flammes, la serviette posée sur son dos ruisselant, ses bras tendus vers la chaleur, mains ouvertes comme pour s'y raccrocher. Sa peau frissonne encore sous les assauts du froid. Elle voit son sexe à nouveau, légèrement contracté, fragile dans sa vérité nue. Et elle sent ce même vertige en elle, plus dense, plus complexe.
Ce n'est pas juste son corps qu'elle regarde. C'est ce que cela réveille en elle : un trouble profond, une curiosité intime, un désir qui ne s'avoue pas encore. Elle n'a pas été regardée ainsi depuis longtemps, ni n'a regardé un homme ainsi : dépouillé, vulnérable, intensément vivant. Ce sexe, au repos, devient le point d'ancrage d'une mémoire oubliée, d'un désir ancien, refoulé, qui revient par vagues silencieuses. La force. L'abandon. La possibilité. Et ce vertige doux, brûlant de se savoir encore capable d'envie.
Ils mangent ensuite, accroupis près du feu. Du riz précuit. Du pain sec. Un carré de chocolat. Ils boivent à la gourde. Tristan rajoute des branches sèches sur les braises, et bientôt une belle flambée s'élève, dansante, chaleureuse. L'air autour d'eux se réchauffe. Il retire sa chemise, reste en t-shirt, à l'aise. Emma, assise un peu plus loin, défait les deux premiers boutons de sa chemise trop grande, souffle doucement, sentant la chaleur la gagner.
Tristan se redresse, plante deux bâtons en biais près du feu. Il prend la robe d'Emma, encore humide, la déplie avec soin et la suspend sur l'un des bâtons, dos au feu.
— Tiens, on va essayer de la faire sécher doucement, dit-il.
Emma le regarde un instant, puis jette un coup d'œil vers les flammes qui crépitent vigoureusement.
— Tu n'as pas mis un peu trop de bois ? Si quelqu'un nous cherche encore…
Tristan secoue la tête, serein.
— On a traversé la montagne par ce tunnel. On est dans une autre vallée, coupée du reste. Et crois-moi, ces types sont bien trop feignants pour continuer à pied. Tant qu'on reste la, ils ne nous trouveront pas.
Emma hoche la tête, esquisse un petit sourire, puis tend sa culotte mouillée. Tristan l'accroche sur l'autre bâton, sans commentaire, avec un naturel désarmant. Elle le regarde faire, et dans ce geste simple, presque domestique, elle sent naître une forme d'intimité. Un partage tacite. Un entre-deux fragile mais précieux.
Puis ils s'étendent sous le surplomb. L'air s'est rafraîchi. Emma frissonne. Tristan lui donne sa veste. Elle la prend sans un mot, la serre contre elle. Le feu crépite doucement. La cascade murmure.
— J'ai jamais été aussi calme, dit-elle à voix basse.
— Profite. Ça ne durera pas.
Elle tourne la tête vers lui. Il ne dort pas. Il regarde le ciel. Les étoiles, au-dessus, brillent comme dans un rêve.
À l'aube, ils se lèvent. Les braises fument encore. Ils replient rapidement leurs affaires. Tristan éteint le feu avec de la terre humide. Ils retraversent le tunnel dans le silence, le sac à dos en place, les bottes lacées.
De retour dans la vallée où les hommes la cherchaient, ils avancent prudemment, le regard aux aguets, les pas feutrés. Chaque craquement de branche semble plus fort dans le silence du matin. À travers les feuillages, ils aperçoivent un 4x4 abandonné au bord d'un sentier. Le véhicule est vide. Aucune trace apparente autour, mais l'atmosphère reste tendue, suspendue comme un fil prêt à rompre.
Tristan fait un geste brusque. Il passe son bras autour des épaules d'Emma, l'attire vivement contre lui et la plaque au sol, la maintenant d'un mouvement ferme mais protecteur. Son autre main posée au sol, il incline la tête, l'oreille tendue vers les sons. Il attend, tendu, aux aguets. Rien. Lentement, il se redresse et s'approche en silence.
La portière est entrouverte. Pas de clé. Il fait le tour, inspecte, silencieux.
— On va leur laisser un souvenir.
Il sort son poignard de chasse, court sur le flanc du sac. D'un geste sûr, il crève les quatre pneus, l'un après l'autre. Emma l'observe, fascinée par sa froide détermination.
Ils repartent, longeant les fourrés d'un pas rapide mais maîtrisé. Le silence s'étire, tendu, presque irréel. Puis, au bout d'environ cinq minutes, des cris déchirent soudain l'air immobile. Des voix furieuses, grondantes, éclatent derrière eux comme une décharge de frustration, suivies de deux coups de feu secs, nerveux, qui résonnent violemment entre les troncs. L'écho claque comme une gifle sur l'écorce. Mais ils ne se retournent pas. Leur vengeance est silencieuse, leur message reçu.
Tristan sourit sans se retourner, un rictus discret au coin des lèvres, empreint d'une satisfaction froide. Ce petit geste, presque imperceptible, a pour lui la valeur d'une signature laissée sur un champ de bataille silencieux.
— Je crois qu'ils n'ont pas aimé notre carte de visite.
Emma rit, un rire clair, un peu sauvage.
— Tant mieux. Ces salauds méritent bien pire.
Ils s'éloignent sans courir. Le soleil perce les nuages. Le danger rôde encore. Mais quelque chose a changé. Ils ne fuient plus seuls. Ils avancent ensemble.
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Chapitre 9 · Veillée sous la roche
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Fred3077
24 mars 2026 à 18:45
Vous êtes vraiment mon auteur préféré..
En plus j'apprécie les récits avec plein de chapitres..
Soyez respectueux
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michel60
11 décembre 2025 à 11:01
Toujours aussi prenant cette histoire où le désir est suggéré.
Textes d'une rare intensité sur ce site.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Fosgate
Fosgate
6 décembre 2025 à 17:02
Hâte de voir la suite.
Soyez respectueux
Répondre

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