Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Emma, offerte à la montagne — Chapitre 10 · Ultime descente
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Emma, offerte à la montagne
Chapitre 10 · Ultime descente
Le matin s'éveille lentement, comme s'il hésitait à se lever. Un rayon doré filtre à travers les feuillages, caresse les rochers humides et les traces d'une nuit sans sommeil. Sous un surplomb, entre pierres et fougères, Tristan alimente les flammes d'un petit réchaud de fortune. L'eau commence à frémir dans la casserole cabossée.
Il reste silencieux, les yeux fixés sur la lueur timide du feu, repensant à la nuit. À ce moment précis où, malgré lui, son corps avait parlé plus fort que sa volonté. Cette érection, involontaire, irrépressible, venue se presser contre le dos d'Emma. Il s'en veut. Une gêne profonde le ronge. Elle va croire qu'il ne pense qu'à ça, qu'à elle, qu'à son corps ce n'est pas totalement faux. Il aurait voulu être plus maître de lui, plus digne. Il se sent idiot, impudique, adolescent. Et en même temps, troublé. Parce que ce n'est pas seulement du désir. Il y a dans ce trouble quelque chose de plus vaste, plus diffus, plus brûlant. Quelque chose qu'il ne veut pas nommer. Pas encore.
En face, Emma roule les couvertures avec une minutie presque militaire. Elle les noue serrée en deux boudins, les cale sur le sac de Tristan. Ses gestes sont lents, mécaniques. Elle repense à ce qu'elle a dit la veille, à cette image du serpent, à cette métaphore jetée dans le silence pour évoquer, sans le nommer, ce qu'elle avait senti contre son dos. Quelle idiote… Pourquoi avoir parlé de ça ? Pourquoi d'une manière aussi ambiguë, presque provocante ?
Elle se mord la lèvre. Il va la prendre pour une gamine qui joue à faire la femme, ou pire encore, pour une allumeuse. Le genre de fille qui susurre des images trop grandes pour elle, sans en mesurer l'écho. Et pourtant, ce n'était pas de la provocation. C'était une tentative. De dire. D'admettre. De poser une question sans la formuler. Et maintenant, elle se sent nue, maladroite, traversée de honte et de trouble. Elle évite son regard, le cœur serré, incertaine de ce qu'il a compris. Et de ce qu'elle, elle espérait.
Chacun reste dans sa bulle, figé dans ce malaise tacite. Ils font semblant de ne pas se voir, de ne pas penser à l'autre. Le silence du matin est presque respectueux. Ou peut-être simplement pudique.
— Du café ? murmure-t-il.
Elle hoche la tête. Ses yeux ne quittent pas les flammes. Une vapeur légère s'élève entre eux, comme une trêve silencieuse.
Ils ne disent rien de plus. Les mots sont inutiles, désormais. Le lien est ailleurs. Dans les regards qu'ils évitent. Dans la tension de leurs épaules. Tristan jette le reste de son café sur les dernières braises du foyer de la nuit. Un petit sifflement s'élève, vite étouffé par la terre qu'il jette par-dessus. Il se tourne enfin vers elle.
Ils ne disent rien de plus. Les mots sont inutiles, désormais. Le lien est ailleurs. Dans les regards qu'ils évitent. Dans la tension de leurs épaules. Tristan jette le reste de son café sur les dernières braises du foyer de la nuit. Un petit sifflement s'élève, vite étouffé par la terre qu'il jette par-dessus. Il se tourne enfin vers elle.
— Tu es prête à repartir ?
Emma acquiesce lentement, puis ajoute, presque machinalement, pour combler le silence :
— Il va sûrement faire beau aujourd'hui.
Aussitôt, elle se reprend intérieurement. Comme si tu y connaissais quelque chose à la météo…
Ils reprennent la marche. La forêt les enveloppe de sa moiteur. Le sol est spongieux, gras, par endroits glissant. Les branches basses griffent les bras, les racines piègent les pieds. Emma avance derrière Tristan, concentrée sur chaque pas. Son bâton fend les fougères, chasse les toiles d'araignée invisibles. Il ne parle pas. Il écoute. Le moindre bruissement. Le moindre craquement. L'instinct, chez lui, est une mémoire ancienne.
Ils reprennent la marche. La forêt les enveloppe de sa moiteur. Le sol est spongieux, gras, par endroits glissant. Les branches basses griffent les bras, les racines piègent les pieds. Emma avance derrière Tristan, concentrée sur chaque pas. Son bâton fend les fougères, chasse les toiles d'araignée invisibles. Il ne parle pas. Il écoute. Le moindre bruissement. Le moindre craquement. L'instinct, chez lui, est une mémoire ancienne.
Le soleil monte lentement. L'air devient plus chaud, plus dense. Emma souffle, son souffle devient audible, un râle régulier qui la pousse en avant. Son dos est trempé. Sa chemise colle à sa peau. Elle sent son soutien-gorge lui scier les omoplates. Chaque pas est un effort, mais elle ne s'arrête pas.
— Encore une heure, peut-être deux, souffle Tristan. Après… on bascule vers la route.
Elle hoche la tête sans répondre. Sa bouche est sèche. Mais elle tient.
Un peu plus loin, ils tombent sur un petit ruisseau qui serpente entre les pierres moussues. L'eau est limpide, glaciale, et chante sur les galets.
Un peu plus loin, ils tombent sur un petit ruisseau qui serpente entre les pierres moussues. L'eau est limpide, glaciale, et chante sur les galets.
Sans un mot, ils s'agenouillent côte à côte et plongent les mains dans le courant. Emma boit à pleines gorgées, les paumes en coupe. L'eau est si froide qu'elle en frissonne. Un petit sourire lui échappe.
— Elle est glacée, lâche Tristan en se redressant.
Emma hoche la tête, encore accroupie, les joues humides. Elle le regarde à peine, mais dans son regard flotte une esquisse de complicité retrouvée. Quelques mots échangés, des gestes simples. La bonne humeur revient, fragile, mais réelle. Le silence se réchauffe.
Un bruit. Différent. Une dissonance dans le chant des oiseaux. Tristan s'arrête net. Son corps se tend, ses narines se dilatent, son regard scrute les feuillages. Il semble écouter, sentir, comme un animal aux aguets. Emma le regarde, intriguée, puis saisit sa main sans réfléchir. Le contact de cette main large et chaude contre la sienne la rassure immédiatement.
Tristan, concentré, incline légèrement la tête, cherche une variation dans le vent, une vibration étrangère. Puis, lentement, il baisse les yeux vers leur main liée. Il relève ensuite son regard et plonge dans celui d'Emma. Ce regard la transperce, net. Elle a l'impression qu'il voit tout. Tout ce qu'elle cache. Tout ce qu'elle ressent. Comme s'il venait d'entrer dans son âme.
Il porte son index à ses lèvres : silence. Puis, de sa main libre, il lui fait signe de s'accroupir. Emma obéit, sans discuter, encore troublée par l'intensité de ce regard. Ils avancent ensuite presque en rampant, sur quelques mètres, lentement, les épaules basses, les muscles tendus, jusqu'à atteindre une corniche naturelle.
Il porte son index à ses lèvres : silence. Puis, de sa main libre, il lui fait signe de s'accroupir. Emma obéit, sans discuter, encore troublée par l'intensité de ce regard. Ils avancent ensuite presque en rampant, sur quelques mètres, lentement, les épaules basses, les muscles tendus, jusqu'à atteindre une corniche naturelle.
En contrebas, un replat, une clairière dissimulée par les arbres. Et là, un 4x4 sombre, garé en travers de l'espace, invisible depuis la route.
Tristan se fige. Emma se penche doucement, son épaule frôle la sienne. Elle suit son regard. Une scène s'offre à eux. Frontale. Inattendue. Crue.
Le hayon arrière est ouvert. À l'avant, une femme est penchée, son torse écrasé contre le siège passager, les bras tendus, les doigts crispés sur le cuir usé. Son pantalon est descendu jusqu'aux chevilles, un string noir boudiné contre ses genoux. Ses fesses sont largement offertes, secouées sans relâche. Derrière elle, un homme la pilonne avec une violence sans frein, le pantalon tombé, les reins fouettant son bassin avec une brutalité animale. Ses gestes sont secs, rythmés, presque inhumains. Il la tient d'abord par les hanches, les pouces ancrés dans sa chair, puis change de prise, la saisit brutalement par les cheveux et lui tire la tête en arrière.
Tristan se fige. Emma se penche doucement, son épaule frôle la sienne. Elle suit son regard. Une scène s'offre à eux. Frontale. Inattendue. Crue.
Le hayon arrière est ouvert. À l'avant, une femme est penchée, son torse écrasé contre le siège passager, les bras tendus, les doigts crispés sur le cuir usé. Son pantalon est descendu jusqu'aux chevilles, un string noir boudiné contre ses genoux. Ses fesses sont largement offertes, secouées sans relâche. Derrière elle, un homme la pilonne avec une violence sans frein, le pantalon tombé, les reins fouettant son bassin avec une brutalité animale. Ses gestes sont secs, rythmés, presque inhumains. Il la tient d'abord par les hanches, les pouces ancrés dans sa chair, puis change de prise, la saisit brutalement par les cheveux et lui tire la tête en arrière.
Son souffle est rauque, coupé, il grogne plus qu'il ne parle, et lâche d'une voix déformée :
— C'est ça que tu veux, hein ? Hein ? Sale petite chienne… Tu l'aimes, ma queue ? Dis-le, salope. Dis-le que t'en veux encore, que t'es rien qu'un trou à foutre. Dis-le que ma queue te fait jouir comme une garce.
La femme, la bouche entrouverte, halète entre deux gémissements rauques. Elle cambre davantage, pousse son bassin en arrière avec avidité, comme pour aspirer chaque coup. Son corps réclame, affamé. Elle gémit plus fort, s'offre sans réserve, en redemande avec une indécence presque animale.
— Oui… Défonce-moi… Plus fort, vas-y, n'arrête pas…
L'homme grogne, accélère, la cogne plus fort encore, chaque coup de reins claquant contre ses fesses avec une violence sourde. Il la tient d'abord par les hanches, ses doigts s'enfonçant dans sa chair, creusant des marques comme un acte de possession. Puis, d'un geste brutal, il attrape ses cheveux, tire sa tête en arrière, la forçant à offrir son cou, soumise.
À intervalles réguliers, il lève la main et lui assène des fessées sonores, brutales, qui la font crier, chaque claque résonnant dans le repli boisé comme un coup de fouet. Elle pousse des gémissements rauques, gutturaux, presque des hurlements, comme si chaque frappe l'enfonçait plus profondément dans un état d'abandon obscène. Son dos se cambre, son bassin recule, avide de plus, de plus fort encore. Il n'y a là aucune tendresse, aucun répit, seulement la mécanique crus, déshumanisée, d'un sexe dur et brutal, une pulsion rythmée par la chair battue, les halètements saccadés et les ordres crachés entre les dents. Une scène qui écrase toute trace d'intimité pour ne laisser place qu'à la domination nue et bestiale.
Un rire étouffé s'échappe du côté du hayon. L'autre homme, adossé au pare-chocs, souffle sa fumée et lance d'un ton blasé :
— Putain, mais arrête de gueuler comme une truie… toute la vallée va nous entendre.
Le souffle est court, la scène, dénuée de toute illusion, sans place pour le moindre sentiment. Juste l'acte brut, froid, animal. Une pulsion mécanique, crue, répétée avec une violence dénuée d'affect. Ce n'est pas du sexe, c'est une démonstration de pouvoir, obscène et bestiale, exhibée sans honte au cœur de la forêt.
Il halète, les traits déformés par la tension. Sentant l'approche de l'orgasme, il se retire brusquement d'entre les cuisses de la femme. D'une main ferme, il saisit son sexe en sueur et gronde :
— Ouvre grand ta bouche, ma salope… Viens boire mon foutre.
La femme s'effondre à genoux, docile, la bouche grande ouverte, tirant la langue avec une obscénité volontaire, le regard levé vers lui, implorant et offert. Comme une chienne dressée pour recevoir. Il se branle violemment, le souffle court, les mâchoires crispées, puis pousse un cri rauque, presque animal, en jouissant par saccades épaisses dans sa bouche grande ouverte. Elle avale tout, sans ciller, sa langue remue encore, provocante, comme si elle en redemandait.
— Putain, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! lâche l'autre homme, excédé, en jetant son mégot. Si le boss nous voit, on est morts.
La fille s'essuie la bouche du revers de la main, lentement, étalant un reste de foutre sur sa joue sans même s'en soucier. Puis elle passe sa manche sur son front, repousse une mèche collée par la sueur. Elle remonte son string trempé d'un geste lascif, puis fait coulisser son pantalon sur ses hanches avec un soupir satisfait. En se redressant, elle ricane, les yeux brillants d'un plaisir brut, presque fier.
— Putain, tu m'as défoncée… Ça fait du bien.
L'homme, remontant son pantalon à son tour, lui lance un regard brûlant, chargé d'une envie encore fébrile. Son rictus est brutal, presque animal, les yeux rivés sur le sperme encore luisant à la commissure de ses lèvres. Il crache, d'un ton rauque, le souffle court :
— T'es vraiment une belle chienne.
Allongée à côté de Tristan, Emma ferme les yeux, mais les images s'accrochent à ses paupières. La scène qu'elle vient de voir la hante : la violence nue, l'obscénité, la soumission affichée comme un spectacle. Et cette pensée qui monte, acide, envahissante, ça aurait pu être moi. Elle sent la nausée lui nouer l'estomac. Pire encore : si elle n'avait pas fui, si elle avait été vendue, offerte.
Elle respire plus vite, lutte contre la panique. Et puis une autre pensée s'impose : Léa. Où est-elle ? Est-ce qu'elle a eu la même chance ? Est-ce qu'elle a croisé, elle aussi, quelqu'un comme Tristan ? Quelqu'un de fiable, de fort, de vivant. Un homme capable de la sauver et de la regarder autrement que comme une proie.
Emma serre les dents. Son ventre est contracté. Son corps a peur. Son cœur aussi. Et pourtant, tout en elle revient vers Tristan. Vers cette main tendue. Cette voix grave. Ce torse nu dans la rivière. Ce regard qui, un instant plus tôt, semblait voir à travers elle. Elle est bouleversée, écartelée entre le dégoût de ce qu'elle a vu et un trouble sourd, presque indécent, qui monte malgré elle.
Une tristesse la gagne. Pour Léa. Pour elle-même. Pour toutes celles qu'on n'a pas tirées du ravin.
Une tristesse la gagne. Pour Léa. Pour elle-même. Pour toutes celles qu'on n'a pas tirées du ravin.
Elle murmure, à peine audible, sans oser croiser son regard :
— Tu vois… hier soir… ce que j'ai dit… les serpents… ce n'était pas juste une image.
Sa voix se brise presque. Un souffle. Une honte mêlée à un appel silencieux. Tristan ne détourne pas le regard. Il sent la fragilité sous les mots, et autre chose aussi. Quelque chose de plus intime, de plus nu.
— Oui. Je comprends, dit-il, doucement, comme on pose un pansement sur une plaie qui ne saigne plus, mais qui brûle encore.
Il pose une main sur son bras, chaude, pleine. La tire doucement en arrière, sans brusquerie.
— On a une chance. Ils sont ailleurs. Suis-moi.
Le sentier est là, presque invisible, à droite d'un vieux chêne creux. Une trace oubliée, raide, ravinée, mais Tristan la connaît. Emma le suit sans un mot. Elle glisse une fois, tombe sur les genoux, jure entre ses dents. Il la relève. Ils repartent. La pente est raide, les jambes brûlent. Les ronces déchirent les mollets. Le silence est à nouveau total, seulement troublé par leurs souffles, les pierres qui roulent, les branches qui craquent sous leurs pas.
Le soleil tape plus fort. La lumière devient blanche, verticale. Emma sent sa chemise coller à ses seins, ses cheveux trempés coller à sa nuque. Elle serre les dents. Ne pas flancher. Ne pas penser à ce qu'ils ont vu. Ni à ce qu'elle ressent. Une rage sourde monte en elle, mélangée à un dégoût acide.
Et puis, soudain, une cloche au loin. Un son pur. Régulier.
Tristan ralentit. Ils émergent d'un repli boisé. En bas, la ville. Le goudron. Un arrêt de bus. Une station-service. Un panneau : Gendarmerie – 1 km.
Et puis, soudain, une cloche au loin. Un son pur. Régulier.
Tristan ralentit. Ils émergent d'un repli boisé. En bas, la ville. Le goudron. Un arrêt de bus. Une station-service. Un panneau : Gendarmerie – 1 km.
— On y est, dit-il. Encore un petit effort.
Il voit qu'elle vacille, que ses jambes ne la portent plus. Sans un mot, Tristan lui tend la main. Emma l'attrape, épuisée, et sent cette main ferme la tirer doucement sur les derniers mètres. Elle avance, portée par sa force à lui. Et, étrangement, elle n'a presque pas envie que cela s'arrête. Même avec la peur, même avec la fatigue, la présence de Tristan l'a rassurée, enveloppée. Peut-être plus que ça.
Mais lui… est-ce qu'il ressent quelque chose pour moi ? pense-t-elle. Tout se bouscule dans sa tête. La peur, le soulagement, cette main qu'elle ne veut pas lâcher. Tout s'entremêle.
Mais lui… est-ce qu'il ressent quelque chose pour moi ? pense-t-elle. Tout se bouscule dans sa tête. La peur, le soulagement, cette main qu'elle ne veut pas lâcher. Tout s'entremêle.
Et pourtant, elle marche. Jusqu'à la grille bleue. Jusqu'à l'interphone.
Tristan parle. Une voix leur répond. Le portail s'ouvre. Un brigadier les accueille, étonné. Il les fait entrer. L'air est plus frais. Propre. Trop propre.
Emma s'effondre sur une chaise. On lui donne une couverture, un verre d'eau. Elle tremble. Ne dit rien. Les images dansent encore dans sa tête. Le sexe. La violence. La forêt. Sa fuite.
Tristan parle. Une voix leur répond. Le portail s'ouvre. Un brigadier les accueille, étonné. Il les fait entrer. L'air est plus frais. Propre. Trop propre.
Emma s'effondre sur une chaise. On lui donne une couverture, un verre d'eau. Elle tremble. Ne dit rien. Les images dansent encore dans sa tête. Le sexe. La violence. La forêt. Sa fuite.
Un officier vient. Tristan parle. Il raconte vite, sans pathos. L'enlèvement. Les types. La cabane. Il donne le maximum d'indications. L'officier note. Pose des questions.
Emma garde les yeux dans le vide. Puis, au bout d'un moment, murmure :
Emma garde les yeux dans le vide. Puis, au bout d'un moment, murmure :
— Est-ce que… vous avez des nouvelles de Léa ?
Elle baisse légèrement les yeux, puis ajoute d'une voix plus faible encore :
— On a été droguées toutes les deux. On s'est enfuies… mais chacune de notre côté. C'était le plan, brouiller les pistes… Je croyais que c'était plus sûr comme ça. Je… j'espère qu'elle s'en est sortie.
Un silence. L'homme la regarde. Puis tape un code sur son clavier. Une alerte est lancée. Des appels sont faits. Le signalement des véhicules commence.
Emma est conduite à l'hôpital. Une ambulance l'emmène. Tristan reste. Il veut être sûr qu'elle est en sécurité.
Dans la chambre blanche, Emma est allongée. Une perfusion dans le bras. Sa joue repose sur l'oreiller. Les yeux ouverts, mais ailleurs. Elle ne dort pas. Elle pense à tous en même temps. À la course dans la montagne, au froid mordant, aux chutes sur la rocaille. Tout revient en boucle. Et pourtant, toutes ses pensées convergent, malgré elle, vers Tristan.
Dans la chambre blanche, Emma est allongée. Une perfusion dans le bras. Sa joue repose sur l'oreiller. Les yeux ouverts, mais ailleurs. Elle ne dort pas. Elle pense à tous en même temps. À la course dans la montagne, au froid mordant, aux chutes sur la rocaille. Tout revient en boucle. Et pourtant, toutes ses pensées convergent, malgré elle, vers Tristan.
Ses gestes. Sa manière de la regarder. Sa stature. Ses cicatrices. Son corps nu dans l'eau du ruisseau. Emma sent une chaleur monter en elle, étrange, presque déplacée. Elle ferme les yeux, tente de chasser l'image. Mais elle revient, persistante, entêtante. Elle a chaud, trop chaud, sous ces draps blancs. Et dans cette chaleur confuse, il y a un trouble qui l'envahit, une question qu'elle n'ose formuler : pourquoi lui ? Et pourquoi maintenant ?
Dehors, sur un banc de pierre, Tristan joue distraitement avec une brindille qu'il fait tourner entre ses doigts. Entre ses jambes, le sac avec les deux couvertures roulées. Il observe le ciel, absent, les épaules légèrement voûtées. Quand l'infirmière lui a demandé s'il était de la famille, il a hésité une seconde, incapable de mentir. Il a simplement répondu : — Un ami.
Elle a hoché la tête, polie, mais distante, avant de lui indiquer :
Elle a hoché la tête, polie, mais distante, avant de lui indiquer :
— Veuillez attendre dans la salle d'attente, s'il vous plaît.
Alors il s'est assis là, dehors, avec ses doutes et sa fatigue, son silence et ce sac entre les jambes, comme une preuve dérisoire qu'il avait été là, qu'il avait veillé.
Ce n'était pas un rêve. Ni une fuite. C'était une naissance. Une morsure, peut-être… mais une naissance quand même.
Ce n'était pas un rêve. Ni une fuite. C'était une naissance. Une morsure, peut-être… mais une naissance quand même.
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