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Couverture de Emma, offerte à la montagne, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Emma, offerte à la montagne — Chapitre 4 · FLASHBACK : LES VERRES PIÉGÉS

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Galaxie rouge
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Emma, offerte à la montagne

Chapitre 4 · FLASHBACK : LES VERRES PIÉGÉS

Note de l'auteur

Résumé du chapitre précédent : À l'aube, deux 4x4 noirs remontent la piste jusqu'à la cabane. Tristan comprend immédiatement le danger. Tandis qu'Emma, terrifiée, se cache et se prépare à fuir, il sort pour faire face aux visiteurs : huit personnes, armées, organisées, menées par un chef froid et méthodique. Le dialogue est tendu. Tristan reste imperturbable, ne trahit rien. Malgré une inspection rapide, le chef repart sans rien trouver. Mais lorsqu'il retourne à l'intérieur, Emma a disparu. En observant les traces de sa fuite, Tristan revoit leurs derniers instants. Sa fragilité, sa beauté, ses confidences. Il regrette de ne pas avoir pu lui dire au revoir une fois de plus. Un soupir. Il prend son sac. Il faut repartir.
L'appartement vibre au rythme de la musique, comme si chaque mur transpirait l'impatience brûlante de la nuit à venir. Une paire de talons noirs gît au milieu du salon, abandonnée dans une hâte presque lascive, marquant le passage d'un corps féminin pressé d'exister. Sur la table basse, une bouteille de rhum à moitié vide trône comme une promesse entamée, encadrée par deux verres aux bords tachés de rouge à lèvres, traces de lèvres pressées, rieuses, peut-être déjà un peu troublées. Un bol de glaçons fond lentement, perlant sur le bois sombre une flaque humide, comme la sueur discrète d'un désir contenu.
Tout autour, le désordre raconte le corps avant même qu'il ne se montre. Des textures, des marques, des éclats. L'érotisme discret d'un lieu prêt à être quitté, et pourtant déjà intime, déjà complice de ce qui palpite sous la peau des deux femmes qui s'y préparent.
Un soutien-gorge ivoire pend à la poignée de la porte de la chambre d'Emma, suspendu comme un aveu silencieux, presque sensuel, de ce qui a précédé ou de ce qui se prépare. Il ondule doucement dans le courant d'air, caressant le bois de la porte comme une main distraite sur une peau familière.
Dans la chambre de Léa, deux robes sont jetées sur le lit, l'une noire, moulante, au tissu lustré qui semble attendre une nuit brûlante, l'autre rouge, légère, fluide comme une caresse sur des cuisses nues. Le sol est une carte du désir : des cintres tordus, deux paires de collants roulées en boules, et un flacon de parfum renversé dont l'odeur flotte encore dans l'air, entêtant, presque charnelle.
Tout semble figé dans l'excitation de l'avant-soirée. Comme si l'appartement retenait encore l'écho de leurs rires et l'impatience de leur jeunesse brûlante.
Dans la chambre d'Emma, la lumière tamisée caresse son corps comme une main invisible. Elle se tient nue devant le miroir, concentrée, son regard glissant sur sa peau pâle, lisse, presque diaphane. Lentement, elle remonte une culotte en satin noir, fine et soyeuse, à peine opaque, qui s'insinue contre sa chair. Le tissu épouse ses hanches avec une douceur presque obscène, dessinant l'arche délicate de son pubis qu'un simple souffle pourrait dévoiler.
À l'arrière, la coupe échancrée dévoile sans fard le galbe de ses fesses, promesse silencieuse. Elle enfile ensuite un débardeur ivoire, fin comme une caresse, qu'elle porte sans soutien-gorge. Le tissu léger glisse sur ses seins, épouse la rondeur naturelle, laisse deviner la naissance des pointes, tendues déjà sous le frisson de l'attente. Elle hésite. Le retire. Le remet. Ce n'est pas une tenue : c'est un frisson construit.
Elle choisit enfin une jupe portefeuille noire, fluide, fendue haut sur la cuisse, qui s'ouvre à chaque pas comme une confidence. Elle l'attache d'un nœud précis. Puis vient une veste courte en cuir noir, laissée ouverte. Une armure sensuelle. À ses pieds, des bottines vernies à talons fins qui claquent doucement contre le sol, comme un murmure de pouvoir.
Emma se maquille, appliquant un rouge mat sur ses lèvres, soulignant ses yeux d'un trait sombre. Dans le miroir, elle s'observe. Silencieuse. Tendrement redoutable. Comme si elle s'habillait pour tenir, pour exister. Pas pour plaire. Et pourtant…
Léa déboule dans la chambre, rieuse, sauvage, vêtue seulement d'un string blanc qui épouse ses hanches avec une insolence assumée, et d'un débardeur remonté, laissant entrevoir la naissance ferme de sa poitrine. Ses cheveux blonds, méchés et en bataille, encadrent son visage comme une auréole en désordre, ravivant le bleu perçant de ses yeux.
Elle tourne sur elle-même avec une énergie effervescente, une mini-jupe noire dans une main, un crop-top rouge dans l'autre, comme une meneuse de revues dans l'intimité. Elle les laisse tomber sur le lit, approche d'Emma d'un pas souple, félin. Ses doigts effleurent une bretelle, la réajustent lentement, puis glissent le long de sa hanche nue, effleurant la peau comme un souffle chaud.
Emma frissonne. Un frisson qui n'est pas seulement dû au contact. Le silence entre elles se charge d'une tension presque électrique. Elles échangent un regard, long, dense, où se mêlent la complicité et quelque chose d'autre. Plus profond. Plus risqué. Elles sourient. Troublées, peut-être. Vibrantes, sûrement.
— Tu es canon, souffle Léa. Tu vas les tuer.
Emma ne répond pas. Elle esquisse un sourire, les lèvres ourlées de rouge, puis détourne les yeux.
Devant la boîte. Emma ouvre la marche, jambes nues sous sa jupe fluide, bottines vernies aux talons précis qui claquent doucement sur le trottoir. Sa silhouette se découpe dans la nuit, promesse d'une présence discrète, mais magnétique. La lumière des néons glisse le long de ses cuisses, caresse son cou dégagé. Sa veste entrouverte dévoile une ligne de peau fragile, que le froid du soir ne semble pas troubler.
Derrière elle, Léa suit d'un pas plus léger, moins assuré, comme si elle s'effaçait un instant. Mais quand elle lève les yeux, ses traits s'illuminent d'un éclat félin. Les regards se tournent aussitôt. Il y a, dans sa démarche, une dualité troublante : retenue et abandon, pudeur et provocation. Une tension silencieuse qu'on voudrait effleurer, puis faire éclater. Chacune dans son rôle, elles avancent vers l'antre nocturne, comme deux sirènes prêtes à se laisser happer.
La musique les enveloppe dès l'entrée, comme une vague chaude et enivrante. Les basses vibrent dans le sol, dans les murs, jusque dans la chair. L'air est saturé d'odeurs l'alcool renversé, la sueur vivante, le parfum capiteux des corps qui cherchent.
Elles se jettent sur la piste comme deux étincelles qui brûlent de se consumer. Léa danse avec une insolence joueuse, corps cambré, gestes précis, féline et consciente de son pouvoir. Les regards masculins la happent, certains l'effleurent, d'autres s'attardent. Emma l'imite, d'abord un pas timide, puis un autre, et bientôt elle se laisse emporter, happée par le tempo.
Leurs corps se croisent, se cherchent, s'effleurent, dans une chorégraphie instinctive. Les paumes glissent sur les dos, les épaules, les hanches. Les peaux frémissent. Leurs rires éclatent, sensuels, vibrants, ivres de liberté.
Léa chantonne, parfois, accompagne un refrain en secouant la tête. Emma lève les bras, ferme les yeux, laisse la chaleur monter sous son débardeur, entre ses cuisses, sous sa langue. Autour d'elles, les lumières clignotantes lacèrent l'obscurité, dessinent des éclairs liquides sur leur peau nue, sur leurs regards mouillés.
Les corps ondulent, se frôlent. Le rythme bat au creux des ventres. L'instant est suspendu. Et sous cette chaleur moite, un désir naît, confus, doux, brûlant celui de se perdre encore davantage.
Trois hommes les approchent, avec l'assurance féline de ceux qui rôdent depuis longtemps. Deux d'entre eux s'avancent sans la moindre hésitation, le pas ancré dans l'instant, les regards qui glissent et s'attardent, comme des mains déjà posées. Ils rient fort, s'interpellent avec un naturel, des séducteurs rompus aux jeux de la nuit, à l'aise dans cette lumière trouble où le désir se devine plus qu'il ne s'avoue. Tout en eux respire l'ivresse de ceux qui prennent sans demander.
Le troisième reste légèrement en retrait. Il ne parle pas. Il n'exhibe rien. Mais ses yeux, sombres et lents, sont fixés sur Emma avec une intensité presque physique. Une tension imperceptible flotte autour de lui. Il ne bouge pas encore. Et pourtant, c'est lui que l'on sent le plus proche.
Léa, électrisée par l'attention, s'accroche déjà à l'un des deux plus expressifs, leurs mains qui se croisent sans demander. Elle rit, se penche vers lui, touche son torse du bout des doigts. Emma reste un instant figé, puis échange quelques mots avec le plus calme. Il s'approche lentement, parle à son oreille, la voix basse, sans hausser le ton, mais chaque mot semble mesuré, précis, glissant comme un fil de soie sur sa nuque.
Elle ne comprend pas tout, mais elle sourit, hoche la tête. Il se penche un peu plus. Elle frissonne. Quelque chose la trouble. Une alarme peut-être. Ou juste un vertige.
Les verres arrivent. Des shooters. Des cocktails colorés, servis avec des sourires complices.
— Vous êtes accompagnées ? demande l'homme aux yeux sombres, regard planté dans celui d'Emma.
Elle secoue la tête, un petit sourire aux lèvres, sans dire un mot.
— Et des petits copains à la maison ? Il regarde autour de lui, puis revient à elle, penche légèrement la tête. Ils regardent le match pendant que vous vous amusez ?
Emma hausse les sourcils, amusée.
— Je vis en colocation, souffle-t-elle. Libre comme l'air… et je ne rends de comptes à personne. Alors pas de leçon de morale, hein ?
Elle le dit avec un sourire franc, ironique, mais pas hostile. L'homme lève les mains en signe d'innocence, rieur.
— Je veux juste faire connaissance, c'est tout. Et puis ça tombe bien, regarde…
Il désigne le serveur qui arrive avec un plateau chargé de verres. Les liquides brillent sous la lumière néon. L'ambiance bascule doucement dans une autre densité. Ils trinquent tous ensemble, verres levés dans un tintement joyeux. Léa penche un peu trop son shooter et un peu d'alcool glisse le long de sa gorge pour finir dans son décolleté. Elle éclate de rire, un rire franc, contagieux, qui attire l'attention d'un des hommes.
— Attends, je vais t'aider, lance-t-il en s'approchant, un sourire au coin des lèvres.
Il fait mine de vouloir laper le liquide niché entre ses seins. Léa le repousse doucement, paume sur son torse, sans agressivité.
— Pas si vite, cowboy. On se connaît à peine, murmure-t-elle en souriant.
Il rit à son tour, feint de lever les mains en signe d'innocence. L'ambiance reste légère, mais quelque chose de plus dense flotte dans l'air. Emma hésite. Refuse un premier verre. Puis cède. Une gorgée, deux. Le goût est sucré, presque insidieux. Le monde reste le même, mais un peu flou. Ses jambes sont plus légères. Ou plus lourdes. Elle ne sait pas.
Elle danse encore, un peu seule. Les lumières stroboscopiques lui arrachent des fragments de mémoire. Devant elle, Léa rit aux éclats, cambrée légèrement, les deux mains posées de chaque côté de sa tête, paumes ouvertes, comme pour inviter l'attention. Elle frotte ses fesses contre le bassin de son partenaire, un déhanché fluide et de plus en plus sensuel. Il pose ses mains sur ses hanches, l'accompagne dans le mouvement, guidant à peine. Elle rigole encore, sans gêne, sans arrière-pensée, juste portée par l'instant, par le plaisir simple d'être vue, désirée vivante.
Emma se sent flotter. Elle ferme les yeux un instant. Quand elle les rouvre, le monde a changé.
Coin banquette aux alentours de 3h du matin. Emma est assise, l'air absent, un homme trop proche à ses côtés. Il continue de parler, mais sa voix a changé de ton plus basse, plus glissante, comme si ses mots caressaient au lieu de converser. Ce ne sont plus des phrases : ce sont des intentions masquées sous des sourires. Et autour d'eux, les gestes aussi ont changé. Plus directs. Plus lourds. Moins ludiques.
Son corps, lui, perçoit ce glissement avant son esprit. Les doigts de l'homme ne flânent plus : ils prennent possession. Ils remontent lentement le long de son bras, s'attardent comme s'ils traçaient un droit de passage. Ils effleurent la courbe de son épaule nue, puis descendent sans hésiter jusqu'à l'orée de sa poitrine. Le tissu de son débardeur, si fin, devient soudain dérisoire comme un rideau inutile devant la volonté de l'autre.
Elle sent dans l'air que quelque chose a basculé. Le jeu s'est effacé. Le prédateur a pris la place du charmeur. Et tout autour d'elle, les hommes ne séduisent plus. Ils capturent.
Elle fronce les sourcils, son corps se raidit, tente un mouvement pour s'éloigner. Mais l'homme se penche, brutal dans sa douceur feinte, et capture ses lèvres. Le baiser est volé, intrusif, mais elle y répond un instant, happée par l'étourdissement, le flou, l'absence d'air. Sa bouche s'ouvre sous la sienne, plus par vertige que par désir. Les mains de l'homme deviennent conquérantes : l'une agrippe sa taille, l'autre explore sans pudeur, s'attarde sur ses seins, en serre la chair à travers le tissu. Il ne caresse pas, il prend. Chaque geste est une revendication muette sur son corps engourdi, une emprise qui se referme sous les apparences du jeu. Et dans ce baiser qui devient palpation, Emma sent qu'elle disparaît un peu plus.
Alors elle le repousse, un rire nerveux aux lèvres, déguisé en jeu.
— Hé, du calme… souffle-t-elle, mi-amusée, mi-gênée, la voix pâteuse.
Son rire flotte dans l'air moite. Flou. Comme tout le reste. Quelque chose vient de basculer.
Léa revient, s'assoit sur les genoux d'un autre. Elle est hilare, désinhibée, provocante. Emma boit encore une gorgée, sans même s'en rendre compte. Le verre est froid, sucré, mais le liquide glisse dans sa gorge avec une étrange facilité, comme s'il cherchait à s'imposer. Elle ne se souvient pas l'avoir demandé.
Très vite, une chaleur diffuse envahit ses membres, douce au début, presque agréable, puis lourd, poisseux. Sa tête tourne, mais pas comme lors d'une simple ivresse. C'est plus lent, plus profond, comme si son esprit flottait à quelques centimètres au-dessus de son corps. Les sons autour d'elle deviennent cotonneux, les voix se mélangent dans un murmure confus. La musique bat, mais elle ne sait plus si c'est dehors ou en elle.
La moiteur monte sous son débardeur, glisse entre ses cuisses, colle les vêtements à sa peau. Elle a l'impression de transpirer sans bouger, d'étouffer sans air. Ses paupières deviennent trop lourdes, ses gestes imprécis. Son corps ne lui appartient plus tout à fait. Elle cligne des yeux, tente de fixer un point, mais tout ondule doucement, comme vu à travers une eau trouble.
Elle se frotte le front, une grimace au bord des lèvres. J'ai trop bu.
, pense-t-elle, mais la pensée se perd aussitôt. Une alerte muette vibre en elle, sourde, irrépressible. Quelque chose cloche. Quelque chose bascule. Mais elle n'a plus la force de nommer ce malaise qui se glisse déjà sous sa peau.
Un souffle chaud dans son cou. Une main sur ses reins. Un mot qu'elle n'entend pas. Elle se lève, vacille. Léa lui prend la main.
— Viens. On les suit.
Emma veut dire non. Elle ouvre la bouche, mais son sourire la trahit. Elle suit, chancelante.
Dans le couloir, l'air est plus frais, presque agressif sur sa peau échauffée. Elle déambule vers la sortie, comme portée par les autres, sans réellement marcher. Ses pas sont flous, déconnectés.
Sur le trottoir, Léa est déjà dehors, soutenue par l'un des hommes qui en profitent pour l'embrasser à pleine bouche, ses mains posées sur ses fesses, comme un couple ordinaire prêt à rentrer terminer la nuit. Léa rit faiblement, les yeux dans le vague.
Emma sent une main masculine se refermer sur sa taille. C'est l'homme discret. Il la soutient d'un bras et murmure à son oreille :
— Tu es magnifique… Une beauté. Une reine. Tu vaux tout l'or du monde.
Elle entend les mots sans les écouter. Ils coulent sur elle sans y pénétrer. Trop lourde pour répondre. Trop lente pour réagir.
Un crissement de pneus détourne son attention. Le troisième homme arrive, se gare à la hâte, sort de la voiture en courant et ouvre les portières. Tout va trop vite. Et elle, elle n'arrive plus à penser.
Emma est à l'arrière de la voiture. Léa à l'avant, tournée vers l'homme qui conduit, tend le bras vers lui pour le toucher, mais n'y arrive pas, son bras est lourd comme du plomb. Il rit. Elle rit aussi, avec difficulté, comme si chaque mouvement de sa langue lui coûtait. Sa bouche reste entrouverte, et elle peine à avaler sa salive.
Les lumières de la ville passent trop vite, se déforment, deviennent liquides, comme si le monde fondait lentement autour d'elles. Emma sent le sol fuir sous ses pieds alors qu'elle est pourtant assise. Un bourdonnement sourd emplit ses oreilles, comme si elle se trouvait sous l'eau. Les sons autour d'elle deviennent flous, étouffés, lointains. Sa peau picote, sa nuque chauffe.
Elle ne sent plus ses cuisses. Sa jupe est froissée, collée à ses jambes moites. Une main s'attarde sur le haut de sa cuisse, mais la sensation est atténuée, irréelle, comme perçue à travers un brouillard. Elle veut réagir, dire quelque chose. Mais sa bouche reste close. Sa mâchoire ne répond plus. Son corps est là, mais son esprit commence à se dissoudre dans le noir.
On lui parle. Elle répond peut-être. Sa tête glisse contre la vitre, comme si elle cherchait un appui contre la dissolution du monde. Dans le flou de sa vision, elle voit Léa se retourner. Les yeux grands ouverts, presque exorbités, un filet de bave brillant sur son menton. Emma veut réagir, mais son propre corps devient étrange.
Elle sent ses seins ballotés dans tous les sens, la pression sur ses tétons, mais aucune douleur, juste une sensation désincarnée, comme si tout se passait loin d'elle. Ou alors sa tête lui joue des tours ? Elle ne sait plus. Les pensées se délitent. Chaque tentative de réfléchir lui semble une montagne. C'est trop compliqué. Trop flou. Trop loin.
Elle voit encore Léa, puis plus rien.
Le monde devient un patchwork flou, incohérent. Des flashs de lumière blanche, aveuglante. Une ceinture qui claque, le cuir froid d'un siège contre sa peau moite. Une odeur de parfum fort, sucré, écœurant, qui lui donne la nausée.
Un souffle chaud, collant, dans le creux de son oreille. Des doigts sur sa peau, qui glissent sans délicatesse. Un chut murmuré tout près, plus terrifiant que rassurant.
Les images se superposent, sans logique. Des gestes, des sensations, mais plus de contrôle. Emma est là, mais plus vraiment. Son corps réagit, subit, flotte. Son esprit vacille entre lucidité et gouffre. Et la conscience bascule lentement, irrémédiablement, dans l'obscurité.
Elle gémit doucement. Son corps est là. Mais elle, elle est déjà loin. Les souvenirs se déchirent.
Une lumière vacille au plafond. Puis l'obscurité totale.
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michel60
27 novembre 2025 à 09:20
Belle histoire très prenante.
mais l'avenir s'annonce probablement sombre, très sombre pour Emma.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de hinéros
hinéros
24 novembre 2025 à 18:10
Diantre, l'histoire prend de la profondeur.
Simple traite des blanches ? Hâte de connaitre la suite.
Soyez respectueux
Répondre

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