Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Emma, offerte à la montagne — Chapitre 13 · L’attente
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Emma, offerte à la montagne
Chapitre 13 · L’attente
Le silence du refuge est plus lourd que d'ordinaire. Tristan se lève sans bruit, les premiers rayons pâles du matin filtrent à travers les volets de bois. Le froid mord ses pieds nus lorsqu'il pose le talon sur le plancher. Il pousse la porte, sort sur le palier, pieds nus sur les planches gelées. Chaque respiration le saisit, chaque souffle semble faire vibrer la peau à vif. En contrebas, la vallée est encore endormie, nappée de brume. Il cherche un signe, un souffle, quelque chose d'elle. Mais le paysage est muet.
Il passe une main sur son visage mal rasé, se regarde dans le miroir fêlé accroché près de la porte. Les traits sont tirés, les cernes marqués. Il ne dort plus vraiment depuis son retour. Son corps est ici, mais son esprit est resté là-bas, dans cette chambre d'hôpital, entre les draps trop blancs et le murmure de sa voix. Emma.
Il se demande s'il n'a pas tout imaginé. S'ils n'ont pas juste été deux âmes égarées, réunies par la peur et la fuite. Il s'était juré de ne plus s'attacher. Il avait appris à vivre seul, à se suffire. Mais elle a fissuré ce calme, cette armure.
Il se demande s'il n'a pas tout imaginé. S'ils n'ont pas juste été deux âmes égarées, réunies par la peur et la fuite. Il s'était juré de ne plus s'attacher. Il avait appris à vivre seul, à se suffire. Mais elle a fissuré ce calme, cette armure.
Il sort sur le perron. Il ferme les yeux. Les odeurs de la montagne montent à lui, franches et multiples : le bois humide, la terre froide encore gorgée de la nuit. Une alchimie sauvage et apaisante. Et soudain, au milieu de cette palette brute, il croit percevoir une autre senteur, plus douce, plus intime, celle de sa peau, ce parfum discret qu'elle laissait dans la couverture.
Il rouvre les yeux, le cœur serré. Elle lui manque. Pas juste son corps, pas seulement ses soupirs ou la douceur de sa peau. Elle. Son rire nerveux, ses silences qui disaient tant. Son regard parfois dur, parfois perdu.
Il rouvre les yeux, le cœur serré. Elle lui manque. Pas juste son corps, pas seulement ses soupirs ou la douceur de sa peau. Elle. Son rire nerveux, ses silences qui disaient tant. Son regard parfois dur, parfois perdu.
Il revoit cette nuit-là, le premier soir. Elle était là, debout, trempée, ses vêtements plaqués contre sa peau, dessinant chaque courbe avec une indécence involontaire. La culotte noire, satinée, translucide, semblait n'être là que pour accentuer le trouble. Ses seins, fermes, dressés sous le froid, captaient la lumière du feu et paraissaient appeler à la bouche, à la paume. La vision s'imposait à lui avec une intensité presque douloureuse.
Bientôt, ce souvenir réel devient fantasme : il imagine ses mains glissant sur cette peau lustrée, ses doigts effleurant la soie humide, soulevant le tissu pour dévoiler la chair palpitante. La lumière dansante du feu peignait sur elle des reflets d'ambre et d'or, comme si la nuit, complice, lui avait offert un tableau vivant. Il ne la regarde plus seulement avec mémoire, mais avec le regard d'un homme qui rêve, d'un homme qui désire, d'un homme qui commence à réécrire ses visions comme un écrivain de roman érotique, avec lenteur, précision, et cette brûlure délicieuse au creux du ventre.
La nuit, ces images reviennent, comme un poison doux qui se répand lentement dans ses veines. Parfois, elles sont tendres, d'autres fois, elles dérapent, plus brûlantes, plus explicites. Certaines nuits, il la sent contre lui, sa bouche qui descend lentement le long de son torse, qui s'attarde, chaude et avide. Il imagine sa langue effleurant sa peau, ses soupirs, cette lenteur délicieuse du plaisir qui monte. Il glisse ses mains sur ses flancs, en savoure la courbe, caresse ses seins gonflés de désir, son ventre qui frémit sous ses paumes.
Puis il écarte doucement cette culotte trempée et translucide, sent sous ses doigts la chaleur moite d'une vulve gonflée, palpitante, brûlante de désir pour lui. Elle gémit, s'ouvre, pulse sous la caresse. Et dans ce rêve écrit avec les mots d'un romancier du désir, elle murmure d'une voix rauque, presque brisée : Prends-moi, Tristan... Je te veux... en moi.
Alors il la pénètre, lentement, sent son sexe dur s'enfoncer dans cette moiteur brûlante, ce refuge vivant qui l'accueille avec une ardeur tremblante. Elle halète, bascule la tête en arrière, en transe de le sentir en elle, les seins tendus, les jambes nouées autour de lui. Mais à l'instant même où il commence à bouger en elle, tout disparaît. La scène s'efface, le rêve s'éteint. Il ne sait jamais ce qui vient après. Ou peut-être ne veut-il pas s'en souvenir.
Alors il la pénètre, lentement, sent son sexe dur s'enfoncer dans cette moiteur brûlante, ce refuge vivant qui l'accueille avec une ardeur tremblante. Elle halète, bascule la tête en arrière, en transe de le sentir en elle, les seins tendus, les jambes nouées autour de lui. Mais à l'instant même où il commence à bouger en elle, tout disparaît. La scène s'efface, le rêve s'éteint. Il ne sait jamais ce qui vient après. Ou peut-être ne veut-il pas s'en souvenir.
Il se réveille en sursaut, haletant, l'érection tendue et douloureuse sous la couverture rêche qui semble soudain l'enserrer comme un piège. Son souffle est haché, sa poitrine se soulève par à-coups. Sa gorge est sèche, sa peau couverte de sueur froide. Il reste un instant suspendu entre rêve et réalité, encore pris dans l'odeur de sa peau imaginée, dans le souvenir fictif de sa voix murmurant son prénom.
Il ferme les yeux, tente de retrouver son calme, mais une frustration sourde pulse dans son ventre. Il se maudit à mi-voix. Ce n'était qu'un rêve. Une illusion. Ce qu'il désire, ce qu'il veut vraiment, c'est la chaleur de son corps contre le sien, la douceur de ses mains dans ses cheveux, la vérité de leurs jambes mêlées dans un lit trop petit pour leurs silences.
Il ferme les yeux, tente de retrouver son calme, mais une frustration sourde pulse dans son ventre. Il se maudit à mi-voix. Ce n'était qu'un rêve. Une illusion. Ce qu'il désire, ce qu'il veut vraiment, c'est la chaleur de son corps contre le sien, la douceur de ses mains dans ses cheveux, la vérité de leurs jambes mêlées dans un lit trop petit pour leurs silences.
Il reste ainsi immobile dans le lit. La pénombre règne encore, baignée d'une lumière pâle, presque irréelle, que la lune projette à travers la petite fenêtre. Cette clarté trouble cisèle des reflets sur les murs de bois, découpe doucement l'obscurité comme une caresse froide. Le drap humide de sueur colle à sa peau, glaçant ses flancs.
Il ne bouge pas. Son cœur bat lentement, chaque pulsation semble s'égrener dans le silence, comme une attente sans fin. Et cette question lancinante qui tourne en boucle dans sa tête : pourquoi un tel vide ? Pourquoi son absence pèse-t-elle autant ? Pourquoi me manques-tu à ce point, Emma ?
Il ne bouge pas. Son cœur bat lentement, chaque pulsation semble s'égrener dans le silence, comme une attente sans fin. Et cette question lancinante qui tourne en boucle dans sa tête : pourquoi un tel vide ? Pourquoi son absence pèse-t-elle autant ? Pourquoi me manques-tu à ce point, Emma ?
Emma tourne la cuillère dans sa tasse sans la regarder. La mousse du café s'est effondrée depuis longtemps. Dans le petit bistrot de quartier, la radio grésille, une chanson qu'elle n'écoute pas vraiment. Autour d'elle, des gens parlent, rient, passent. Elle ne leur appartient plus.
Depuis qu'elle est revenue, tout lui semble flou. Les couleurs, les sons, les gestes. Elle vit mal ce qu'elle a traversé. L'enlèvement, cette descente en spirale, a laissé en elle une peur muette, logée au creux des os. Elle et Léa ont frôlé l'impensable, ont vu de près l'ombre d'un réseau de prostitution. Depuis, elle ne fait plus du tout confiance aux inconnus. Chaque visage nouveau est une alerte, chaque sourire une possible manipulation. Et même ceux qu'elle connaissait déjà lui semblent flous, lointains, presque étrangers.
Depuis qu'elle est revenue, tout lui semble flou. Les couleurs, les sons, les gestes. Elle vit mal ce qu'elle a traversé. L'enlèvement, cette descente en spirale, a laissé en elle une peur muette, logée au creux des os. Elle et Léa ont frôlé l'impensable, ont vu de près l'ombre d'un réseau de prostitution. Depuis, elle ne fait plus du tout confiance aux inconnus. Chaque visage nouveau est une alerte, chaque sourire une possible manipulation. Et même ceux qu'elle connaissait déjà lui semblent flous, lointains, presque étrangers.
Elle se replie. Elle se referme. Quelque chose s'est cassé en elle. Un mal-être la poursuit, sournois, comme une brume qui s'accroche à la peau. Elle, qui aimait la vie, les éclats de rire, les couleurs vives, la musique dans les cafés, ne se reconnaît plus. Comme si quelqu'un avait baissé la saturation de son existence, jusqu'à la rendre presque transparente.
Mais au milieu de cette méfiance, une silhouette revient sans cesse dans ses pensées. Tristan. Celui qui l'a aidée à fuir, à survivre, à croire encore en quelque chose de plus grand que la peur. Il y a en elle cette attirance qu'elle n'arrive plus à nier, ce désir brut mêlé de gratitude, de trouble, et cette absence depuis leur séparation, qui la creuse un peu plus chaque jour.
Mais au milieu de cette méfiance, une silhouette revient sans cesse dans ses pensées. Tristan. Celui qui l'a aidée à fuir, à survivre, à croire encore en quelque chose de plus grand que la peur. Il y a en elle cette attirance qu'elle n'arrive plus à nier, ce désir brut mêlé de gratitude, de trouble, et cette absence depuis leur séparation, qui la creuse un peu plus chaque jour.
Ce manque-là, ce vide au creux du ventre, il ne vient pas seulement de la peur. Il vient de lui. De ce feu de camp où elle s'endormait, chaque soir, blottie contre lui, portée par l'espoir de fuir encore un jour de plus. Aujourd'hui, elle ne se réveille plus dans cette urgence, mais l'absence de ce danger ne l'apaise pas. Au contraire. Il lui manque. Et ce manque a la forme exacte de Tristan.
Elle sort marcher souvent, mais elle revient toujours au même point. Tristan. Ce manque qui ne se dit pas, mais qui prend toute la place. Cette force tranquille qu'il dégageait, sa façon de l'observer sans la juger, ce regard qui effleurait son corps comme une caresse silencieuse, jamais vulgaire, toujours empreinte d'un désir contenu, profond, respectueux. Il la faisait se sentir femme sans qu'elle ait besoin de se défendre ou de s'expliquer.
Elle sort marcher souvent, mais elle revient toujours au même point. Tristan. Ce manque qui ne se dit pas, mais qui prend toute la place. Cette force tranquille qu'il dégageait, sa façon de l'observer sans la juger, ce regard qui effleurait son corps comme une caresse silencieuse, jamais vulgaire, toujours empreinte d'un désir contenu, profond, respectueux. Il la faisait se sentir femme sans qu'elle ait besoin de se défendre ou de s'expliquer.
Et puis il y avait ses silences. Quand elle parlait d'elle, de ses failles, il hochait doucement la tête, sans interrompre, et dans ce simple geste elle sentait qu'il comprenait tout. Une présence dense, rare. Il lui manque d'une manière qu'elle n'aurait jamais imaginée. Elle croyait avoir besoin de sécurité, elle comprend maintenant qu'elle a besoin de lui.
Devant une vitrine, elle s'arrête. Son reflet lui renvoie une femme différente, plus dense, plus opaque. Ses traits sont les mêmes, mais son regard a changé. Il est plus fixe, plus profond, comme s'il portait un secret qu'elle n'avait pas encore eu le temps d'ouvrir. Ce n'est plus la femme effrayée qui avait fui dans la montagne, mais une autre, née de la peur et du feu mêlés. Quelque chose s'est brisé, oui, mais autre chose s'est formé. Une nouvelle force, silencieuse, mais aussi une faille, une blessure fine qui ne cicatrise pas. Elle est remontée à la surface, c'est vrai… mais elle n'a pas encore appris à respirer autrement que dans l'urgence.
Alors, ce matin, elle a décidé. Elle veut lui faire la surprise. Lui montrer que ce n'était pas que la peur, ou la gratitude. C'est plus. C'est quelque chose qui la tire vers lui comme une force invisible, essentielle.
Elle a préparé un sac. Des vêtements chauds, un carnet, une photo de Léa qu'elle garde toujours sur elle, une trousse de secours. Elle a glissé un livre qu'il aimera peut-être. Elle a hésité à prendre son téléphone. Elle l'a éteint. Pas de distraction.
Sur le parking du départ, le ciel est limpide. Le vent est frais. Elle claque la porte de sa voiture, le son résonne comme un signal. Elle ouvre le coffre, attrape son sac. Il est lourd, mais elle se redresse. Elle ajuste les bretelles sur ses épaules, croise les sangles sur sa poitrine.
Elle a préparé un sac. Des vêtements chauds, un carnet, une photo de Léa qu'elle garde toujours sur elle, une trousse de secours. Elle a glissé un livre qu'il aimera peut-être. Elle a hésité à prendre son téléphone. Elle l'a éteint. Pas de distraction.
Sur le parking du départ, le ciel est limpide. Le vent est frais. Elle claque la porte de sa voiture, le son résonne comme un signal. Elle ouvre le coffre, attrape son sac. Il est lourd, mais elle se redresse. Elle ajuste les bretelles sur ses épaules, croise les sangles sur sa poitrine.
Elle regarde la ligne d'horizon, la montagne. Elle inspire profondément, mais son souffle tremble légèrement. Son cœur bat plus vite, comme s'il anticipait déjà sa présence. Elle va peut-être le revoir. Elle espère le revoir. Et pourtant, une part d'elle en a presque peur. Un frisson d'impatience, mêlé de nervosité, parcourt sa nuque. Et si tout avait changé ? Et si lui aussi avait tourné la page ? Elle ferme la voiture à clé, lentement, range la clé dans la poche latérale de son sac. Un dernier regard derrière elle. Plus rien ne la retient, sauf ce tumulte discret qu'elle emporte dans la poitrine.
Alors, d'une voix calme, mais ferme, elle murmure :
— Allez ma grande. Direction le refuge. Tu peux y arriver.
Et elle s'engage sur le sentier, les yeux fixés vers là-haut, vers lui.
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Commentaires ()
Merci
je dirais que sans la partie enlèvement ces deux personnages ne se seraient jamais croisé car ils sont de demande différent.
Vous décrivez si bien le manque de 2 personnes qui n'auraient jamais dû se rencontrer et dont l'absence leur pèse à tous les deux .
Bravo et merci pour ce récit
Merci comme cadeau de Noël
Bon réveillon à vous