Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Emma, offerte à la montagne — Chapitre 1 · Emma, la proie
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Emma, offerte à la montagne
Chapitre 1 · Emma, la proie
Le jour s'étire lentement au-dessus des crêtes. La montagne respire dans un silence, troublé seulement par le froissement des feuilles et le craquement discret des pas de Tristan sur le sentier. Un voile de brume épouse les flancs des sapins, suspendu entre les troncs comme un secret qui tarde à se lever. L'air est vif, presque mordant. Chaque inspiration emplit ses poumons d'une fraîcheur piquante.
Tristan avance d'un pas sûr, méthodique. Son sac bien ajusté sur les épaules, il progresse à travers la forêt encore endormie. Ses pas retirent la rosée figée sur les pierres, la faisant perler en gouttelettes brillantes. Il ne parle pas. Il n'a personne à qui parler. Il a choisi cette solitude, au cœur de la montagne, loin du monde, loin des voix, loin des souvenirs trop bruyants.
Tristan avance d'un pas sûr, méthodique. Son sac bien ajusté sur les épaules, il progresse à travers la forêt encore endormie. Ses pas retirent la rosée figée sur les pierres, la faisant perler en gouttelettes brillantes. Il ne parle pas. Il n'a personne à qui parler. Il a choisi cette solitude, au cœur de la montagne, loin du monde, loin des voix, loin des souvenirs trop bruyants.
Au bord d'un surplomb rocheux, il s'arrête. Se redresse, ôte sa casquette, et contemple. En contrebas, la vallée s'éveille lentement. Des filets de lumière percent les nuages, éclairant les crêtes, embrasant quelques cimes d'or. Les ombres se rétractent progressivement. Il s'accroupit, les avant-bras sur les genoux, le regard fixe, absorbé. Le souffle du vent lui caresse la nuque. Ce vent, il le reconnaît. Celui qui annonce le changement. L'instabilité.
Il plisse les yeux vers le ciel, analyse la dynamique des nuages comme il jaugeait autrefois une situation tactique. Trop rapides. Un front arrive, c'est évident. Mais pas encore d'impact immédiat. Il soupire longuement, un souffle lourd, en aspirant l'odeur mêlée de bois mouillé, de mousse, et de pierre froide. Ce mélange déclenche quelque chose, une résonance sourde, ancienne.
Dans le silence tendu du matin, un nœud intérieur se desserre. Une tension familière, constante, qu'il ne nomme plus depuis longtemps. Il ferme les yeux. Des images fugaces le traversent, un désert lointain, une silhouette effondrée, le hurlement sourd d'une roquette. Il ne les chasse pas. Il les laisse passer. Puis, peu à peu, ne reste que le vide. Pas un vide inquiétant. Un vide nécessaire. Juste lui, ici. Enfin seul. Enfin loin.
Plus bas, bien plus bas, dans le sous-bois touffu, une silhouette se fraie un passage, bancale, haletante, prise dans une danse désordonnée entre les troncs sombres. Emma fuit. Son souffle râpe ses bronches, court, rauque, comme une plainte qui ne s'éteint pas. Ses jambes flanchent, mais continuent. Ses ballerines absurdes dans ce décor sauvage glissent sur les feuilles détrempées, la forçant à d'improbables contorsions.
Sa robe d'été, fine et légère, s'est transformée en seconde peau détrempée, plaquée contre ses formes par le souffle de sa course. Chaque mouvement la sculpte un peu plus, révélant la cambrure tendue de ses reins, la fermeté contractée de ses cuisses, la courbe vivante de ses hanches qui s'agitent à contre-rythme de sa fuite.
Sa robe d'été, fine et légère, s'est transformée en seconde peau détrempée, plaquée contre ses formes par le souffle de sa course. Chaque mouvement la sculpte un peu plus, révélant la cambrure tendue de ses reins, la fermeté contractée de ses cuisses, la courbe vivante de ses hanches qui s'agitent à contre-rythme de sa fuite.
À chaque pas, elle semble osciller entre effondrement et survie, entre animalité et abandon. Ce n'est plus une fuite, c'est une danse âpre et sensuelle contre les éléments, contre l'épuisement, contre elle-même. Et dans ce chaos, il émane d'elle une beauté tragique, presque hypnotique, celle d'un corps à bout de souffle qui continue pourtant d'avancer, encore, et encore, porté par l'instinct nu et brûlant de survivre.
Elle trébuche, se rattrape à une branche, repart. La panique pulse à ses tempes. Son regard se retourne sans cesse derrière elle. Chaque craquement la fait sursauter. Les arbres sont des murs. La pente est raide. Elle monte.
— Continue… putain, continue, Emma !
Elle hurle plus qu'elle ne parle, à bout de souffle, sa voix brisée résonnant entre les troncs. Elle crie pour ne pas s'écrouler, pour étouffer la panique qui grimpe dans sa gorge, pour se convaincre que chaque pas n'est pas le dernier. Ce cri est tout ce qui lui reste, un souffle de courage jeté au visage de la peur.
Un choc brutal : son pied se coince dans une racine dissimulée sous la mousse détrempée. Emma fait un véritable vol plané, propulsée en avant, son corps se fracassant dans un petit ruisseau glacé. L'avant de son torse s'écrase contre l'eau et les pierres, tandis que l'arrière de ses jambes reste bloqué sur un tronc couché. Le choc lui coupe le souffle net. L'air s'échappe de ses poumons comme un cri étranglé.
La tête plongée dans le courant, elle se redresse d'un coup pour éviter de se noyer. L'eau glaciale ruisselle sur son visage. Dans un mélange d'instinct et de terreur, elle pousse un cri rauque, animal, un cri de survie plus que de douleur.
Sa robe est remontée sur ses reins, dévoilant une culotte noire en satin, délicate, presque provocante dans ce chaos. Une pièce de lingerie pensée pour être effleurée du regard, ôtée lentement sous une lumière tamisée pas pour être exhibée au milieu de la boue, de la peur. Ce contraste cruel accentue son désarroi : cette culotte chuchote encore une féminité maîtrisée, choisie, tandis que le reste de sa silhouette, ruisselante, tremblante, n'est plus qu'instinct, fuite et survie. Elle a laissé derrière elle l'élégance et les jeux nocturnes ; pourtant, ce fragment de satin semble crier à sa place ce que son corps tente de taire : elle n'était pas prête pour ça.
Sa robe est remontée sur ses reins, dévoilant une culotte noire en satin, délicate, presque provocante dans ce chaos. Une pièce de lingerie pensée pour être effleurée du regard, ôtée lentement sous une lumière tamisée pas pour être exhibée au milieu de la boue, de la peur. Ce contraste cruel accentue son désarroi : cette culotte chuchote encore une féminité maîtrisée, choisie, tandis que le reste de sa silhouette, ruisselante, tremblante, n'est plus qu'instinct, fuite et survie. Elle a laissé derrière elle l'élégance et les jeux nocturnes ; pourtant, ce fragment de satin semble crier à sa place ce que son corps tente de taire : elle n'était pas prête pour ça.
Tremblante, groggy, elle rampe hors du ruisseau à quatre pattes, l'eau glaciale ruisselant de ses vêtements, collant sa robe à sa peau comme une caresse cruelle. Ses gestes sont lents, pesants, chaque mouvement lui arrache une grimace muette, un gémissement contenu. Arrivée sur la berge détrempée, elle s'effondre à genoux, le front presque posé contre la mousse spongieuse, ses cheveux masquant son visage, s'emmêlant à la terre, à l'eau, au désespoir.
Son souffle est déchiré, irrégulier, une série de hoquets rauques qui soulèvent sa poitrine comme sous l'effet d'un sanglot trop longtemps retenu. Elle sent ses genoux râpés, ses poignets en feu, la douleur diffuse dans sa cage thoracique, comme si tout en elle menaçait de se rompre. Et pourtant, il n'y a pas de place pour la plainte, pour la pause. Pas le droit d'abandonner. Pas ici. Pas maintenant.
Chaque goutte qui ruisselle entre ses omoplates, chaque frisson qui monte le long de ses reins n'est plus seulement dû au froid. C'est la peur, nue, primitive, une tension brûlante sous sa peau trempée. Elle est à bout, et elle le sait. Elle est une proie à genoux dans la forêt, une bête sauvage à l'élégance déchirée, à la féminité retournée contre elle. Mais elle respire encore. Et tant qu'elle respire, elle n'est pas vaincue.
Au loin, à peine couverts par les grondements du tonnerre, elle entend les moteurs. Réguliers. Implacables. Ils remontent la vallée comme une menace lente et sûre. Alors, elle serre les mâchoires, ravale ses nausées, et dans un râle de volonté pure, elle se remet debout. Bancale. Mais debout.
Au loin, à peine couverts par les grondements du tonnerre, elle entend les moteurs. Réguliers. Implacables. Ils remontent la vallée comme une menace lente et sûre. Alors, elle serre les mâchoires, ravale ses nausées, et dans un râle de volonté pure, elle se remet debout. Bancale. Mais debout.
Depuis son poste d'observation, Tristan perçoit un frémissement, presque imperceptible, dans la mer verte du sous-bois. Il relève la tête, se redresse avec souplesse, et ajuste son appui. Lentement, il sort ses jumelles de leur étui. Le métal froid glisse contre sa tempe, rappelant d'autres veilles, d'autres guets. Il cherche. Il trouve. Une silhouette.
Féminine. Mince. Désorientée. Et pourtant saisissante dans sa tension. Elle ne suit aucun sentier. Elle chute, se redresse, repart dans une trajectoire heurtée, presque animale. Il distingue, dans les flashs d'éclairs, la courbe fragile de ses jambes, la robe qui claque contre ses cuisses, les bras qui s'ouvrent et se referment comme des ailes en déséquilibre. Chaque geste dégage une beauté désespérée, désarticulée, presque sensuelle dans son chaos.
Elle ne fuit pas. Elle lutte. Et cette énergie brute qui émane de sa course déchirée lui donne l'allure d'un corps à nu, un cri muet lancé à la forêt entière. Il ne sait pas qui elle est. Mais elle capte son regard d'un seul trait de lumière.
Et là, dans le silence encore tendu de l'altitude, un autre son : grave, mécanique. Des moteurs. Deux. Il pivote lentement, scrute la piste forestière qui remonte la vallée. Deux 4x4 noirs foncent, pleins gaz, en direction de la montagne.
— Merde…
Il murmure plus qu'il ne parle. L'adrénaline monte. Ses pensées s'alignent instantanément, format militaire :
— Prends à droite, soldat… Sinon, dans moins de vingt Mike, les véhicules seront sur tes talons, et là, c'est extraction impossible.
— J'ignore quel objectif tu leur as sabordé, mais ils sont en mode full hostiles.
— J'ignore quel objectif tu leur as sabordé, mais ils sont en mode full hostiles.
Il évalue la distance, la vitesse. C'est une chasse. Il en a trop vu pour douter. Il lève les yeux. Le ciel s'assombrit. L'odeur métallique de l'orage s'insinue déjà entre les arbres. Il sait qu'il doit bouger. Il connaît un raccourci, un ancien poste de berger encastré dans la roche, loin des sentiers, invisible du bas.
Un dernier regard vers la femme. Elle vacille, silhouette tremblante sous les premières gouttes, les jambes fléchies, la robe collée à ses cuisses comme un drap d'urgence. Même de loin, il sent son épuisement vibrer. Elle est à bout, consumée jusqu'au souffle. Pas une créature faite pour la montagne, et pourtant elle y survit, nue de force, trempée d'instinct.
Elle ne tiendra pas. Pas cette nuit. Il inspire profondément, comme pour avaler son hésitation, puis se redresse, le regard toujours accroché à elle.
Elle ne tiendra pas. Pas cette nuit. Il inspire profondément, comme pour avaler son hésitation, puis se redresse, le regard toujours accroché à elle.
Il resserre les sangles de son sac dans un geste automatique, maîtrisé, mais son esprit, lui, a déjà basculé : il ne peut pas la laisser là. Ce serait l'exposer aux bêtes, aux hommes, à elle-même.
Et dans le grondement lointain du ciel, quelque chose en lui vient de céder. Peut-être la peur. Peut-être autre chose.
Si elle reste en extérieur une nuit de plus, c'est hypothermie assurée et extraction compromise.
Et dans le grondement lointain du ciel, quelque chose en lui vient de céder. Peut-être la peur. Peut-être autre chose.
Si elle reste en extérieur une nuit de plus, c'est hypothermie assurée et extraction compromise.
Il engage la descente. Son pas est sûr. Rapide. Il ne doute pas. Il agit.
Emma n'en peut plus. Chaque pas est une décharge de douleur. Sa bouche est sèche et brûlante, comme tapissée de cendre. L'acidité lui remonte dans la gorge, un goût métallique de sang et de bile. Son estomac se tord, prêt à se renverser. Elle court dans cette pente depuis ce qui lui semble des heures, avec les jambes en feu, souffle haché, vision tremblante, vertiges à chaque inspiration trop courte.
Emma n'en peut plus. Chaque pas est une décharge de douleur. Sa bouche est sèche et brûlante, comme tapissée de cendre. L'acidité lui remonte dans la gorge, un goût métallique de sang et de bile. Son estomac se tord, prêt à se renverser. Elle court dans cette pente depuis ce qui lui semble des heures, avec les jambes en feu, souffle haché, vision tremblante, vertiges à chaque inspiration trop courte.
Son souffle siffle, déchiré par des halètements irréguliers. Sa poitrine se soulève douloureusement, comme si l'air refusait d'entrer. Ses bras sont couverts d'éraflures, ses mains tremblent, son cœur cogne à l'intérieur, affolé, désynchronisé. L'air est saturé d'ozone, chargé de cette tension électrique d'avant l'éclair. Elle entend l'orage s'approcher, le vent tourner, les feuillages se plier. Les nuages galopent au-dessus d'elle, menaçants, épais. Et le tonnerre gronde, grondement sourd, proche, intime, comme un battement de guerre dans son crâne.
Elle trébuche encore. Une de ses ballerines s'échappe de son pied et glisse de quelques mètres dans la pente, happée par la boue. Elle s'arrête net, courbée, haletante, et comprend qu'elle n'a pas le choix. Il faut redescendre, la récupérer. Puis remonter ce terrain déjà conquis dans la douleur.
Ses abdominaux la brûlent, son souffle est court, arraché. Elle a mal partout. C'est le plus grand effort physique de sa vie, et chaque seconde lui donne l'impression de dépasser une limite. Elle redescend en titubant, récupère la chaussure, l'enfile à nouveau d'un geste fébrile, puis reprend son ascension, le souffle déchiré, la bouche ouverte.
Ses abdominaux la brûlent, son souffle est court, arraché. Elle a mal partout. C'est le plus grand effort physique de sa vie, et chaque seconde lui donne l'impression de dépasser une limite. Elle redescend en titubant, récupère la chaussure, l'enfile à nouveau d'un geste fébrile, puis reprend son ascension, le souffle déchiré, la bouche ouverte.
Elle le sait. Elle le sent jusqu'au fond des os. Elle est une bête traquée.
Entre deux éclairs et sous un rideau de pluie battante, Emma aperçoit une forme dans le lointain. Elle se jette au sol, tremblante, le visage collé à la terre détrempée. Son souffle est court, ses jambes vibrent sous l'effort. Elle croit avoir vu quelque chose. Une cabane ? Elle cligne des yeux, les gouttes martelant son visage. Un autre éclair déchire le ciel et confirme ce qu'elle pressentait : une structure en pierre, sombre, penchée, perdue au milieu des arbres.
Entre deux éclairs et sous un rideau de pluie battante, Emma aperçoit une forme dans le lointain. Elle se jette au sol, tremblante, le visage collé à la terre détrempée. Son souffle est court, ses jambes vibrent sous l'effort. Elle croit avoir vu quelque chose. Une cabane ? Elle cligne des yeux, les gouttes martelant son visage. Un autre éclair déchire le ciel et confirme ce qu'elle pressentait : une structure en pierre, sombre, penchée, perdue au milieu des arbres.
Elle reste immobile, allongée dans la boue, l'eau fouettant ses jambes, ses cheveux, ses bras. Elle ne court plus. Elle observe. Et si c'était un piège ? Si l'un d'eux l'attendait à l'intérieur ?
Ses yeux fouillent l'obscurité entre deux flashs lumineux. La porte claque au vent. Aucun mouvement à l'extérieur. Aucun bruit humain, si ce n'est celui de l'orage et des rafales. Elle guette, tapie, guette encore. Rien ne bouge autour d'elle. Alors, lentement, elle rampe vers l'abri, le cœur tambourinant, les sens en alerte, comme un animal traqué.
Ses yeux fouillent l'obscurité entre deux flashs lumineux. La porte claque au vent. Aucun mouvement à l'extérieur. Aucun bruit humain, si ce n'est celui de l'orage et des rafales. Elle guette, tapie, guette encore. Rien ne bouge autour d'elle. Alors, lentement, elle rampe vers l'abri, le cœur tambourinant, les sens en alerte, comme un animal traqué.
Tristan vient d'entrer. La cabane est plongée dans une obscurité épaisse, seulement percée par les éclairs qui, par instants, sculptent les volumes du refuge en ombres violentes. Une poêle pend à un clou fiché dans une poutre du plancher de la mezzanine, oscillant légèrement sous l'effet des rafales. Il avance prudemment, attend que ses yeux s'adaptent à la pénombre. Le bois craque sous ses pas. Il reconnaît les lieux. Tout est comme il l'a laissé. Le poêle rouillé. Le banc. La vieille couverture sur le dossier de la chaise.
Un éclair lui offre une seconde de clarté, juste assez pour qu'il pose son sac sur la petite table. Il se tourne vers la cheminée. À proximité, le tas de bois est intact. Personne n'est venu depuis la dernière fois qu'il a fait le plein. Heureusement, pense-t-il. Si le bois était resté dehors, il serait détrempé et bon à rien. Pas de feu. Pas de chaleur. Pas de nuit possible.
Il s'apprête à refermer la porte, battue par les bourrasques, lorsque la silhouette surgit.
Il s'apprête à refermer la porte, battue par les bourrasques, lorsque la silhouette surgit.
Une silhouette. Une femme. Trempée jusqu'à l'os, figée sur le seuil. Au moment même où Tristan allait refermer la porte, un éclair fracasse le ciel, illuminant la scène d'une lumière crue. Pendant une brève seconde suspendue, il voit son visage : détrempé, blême, marqué par la peur, l'épuisement, la surprise. Ses yeux scrutent les siens. Elle souffle fort, comme une bête traquée, la poitrine soulevée par une respiration rapide, presque convulsive.
Son corps semble prêt à fuir, à bondir dans la nuit, mais l'orage, la pluie diluvienne, l'épuisement et la peur la figent. Penchée en avant, les mains sur les genoux, elle respire avec violence, la bouche grande ouverte à la recherche d'air. Sa poitrine se soulève à un rythme effréné. Et pourtant, même dans cette posture brisée, son regard reste fixé sur Tristan.
Elle l'observe avec une acuité fébrile. Il est là, à quelques mètres, immobile, près du foyer. Elle se demande encore s'il fait partie de ceux qui la traquent. Mais ses vêtements, son attitude, la posture même de son corps : tout en lui détonne. Il n'a ni l'équipement ni la gestuelle de ces hommes en 4x4.
Elle l'observe avec une acuité fébrile. Il est là, à quelques mètres, immobile, près du foyer. Elle se demande encore s'il fait partie de ceux qui la traquent. Mais ses vêtements, son attitude, la posture même de son corps : tout en lui détonne. Il n'a ni l'équipement ni la gestuelle de ces hommes en 4x4.
Alors, lui, dans un réflexe mi-militaire, mi-humain, recule d'un pas, bras relâchés, voix grave, mais calme :
— Entre, soldat. Mauvais temps pour dormir dehors.
Il s'efface dans l'ombre, sans geste brusque, lui laissant le choix. Elle note qu'il ne l'a pas attaquée, ni même approchée. Au contraire. Il s'est effacé. Et dans son esprit, une pensée simple, tranchante : je verrai plus tard qui il est… mais là, je dois survivre à la nuit.
Elle entre, silencieuse, attirée par la promesse de chaleur. Elle reste debout, trempée, sa respiration toujours heurtée. Ses yeux restent rivés sur Tristan, planté au pied de la cheminée, à trois bons mètres d'elle. Lentement, elle tend la main derrière elle, saisit la poignée de la porte et la pousse sans un mot. La porte se ferme dans un grincement étouffé, absorbé par les bourrasques.
Elle entre, silencieuse, attirée par la promesse de chaleur. Elle reste debout, trempée, sa respiration toujours heurtée. Ses yeux restent rivés sur Tristan, planté au pied de la cheminée, à trois bons mètres d'elle. Lentement, elle tend la main derrière elle, saisit la poignée de la porte et la pousse sans un mot. La porte se ferme dans un grincement étouffé, absorbé par les bourrasques.
L'eau ruisselle de ses cheveux jusque sur son visage, perlant sur ses joues, sa mâchoire, et tombant en silence sur le sol de bois. Ses vêtements sont trempés jusqu'à la trame, pas un centimètre de tissu qui ne soit gorgé d'eau, plaqué à sa peau comme une seconde couche glacée. Elle garde les yeux rivés sur lui, en alerte, comme si chaque goutte pesait moins lourd que la moindre de ses intentions.
Elle reste adossée à la porte, figée. Leurs regards se croisent et ne se quittent plus. Aucun mot ne franchit leurs lèvres. Chacun observe l'autre, les muscles tendus, l'esprit en alerte. Seuls les éclairs, par intermittence, viennent éclairer la scène d'un flash brutal, sculptant leurs visages dans la pénombre comme des statues de silence et de tension. Elle est pâle, les lèvres bleuies par le froid, les vêtements plaqués à son corps. Lui ne la regarde pas comme un homme regarde une femme. Il la jauge, comme on évalue un impact, une inconnue sur un champ d'opération.
Il recule d'un pas, lentement, volontairement. Sans un mot, sans un regard pour elle, comme si sa présence n'existait pas encore. Il s'agenouille devant la cheminée, allume le feu avec des gestes calmes et précis. Un crépitement. Une flamme timide, puis plus franche. La chaleur naît, fragile, dans cette nuit saturée d'eau.
Elle l'observe sans ciller. Son regard a balayé la pièce : la mezzanine, le vieux sac posé sur la table, le silence du lieu. Il semble seul, pense-t-elle. Aucun autre bruit, aucune trace d'agitation. Et pourtant, elle n'arrive pas à se détendre. Des larmes coulent sur ses joues, invisibles sous les traînées de pluie. Elle ne pleure pas, elle fuit encore, intérieurement.
Elle est glacée, affamée, vidée. Et cet homme peut-elle lui faire confiance ? Même s'il n'est pas avec eux, est-il sain d'esprit ? Ou juste un fou parmi les bois, reclus depuis trop longtemps ?
Elle respire un peu mieux. Il s'approche, enfin, à distance raisonnable.
Elle respire un peu mieux. Il s'approche, enfin, à distance raisonnable.
Tristan se relève sans précipitation, attrape son sac posé sur la table et le dépose au sol près de la cheminée, dans un mouvement mesuré. Il lève enfin les yeux vers elle, la fixe quelques secondes, puis dans un souffle grave, calme, il dit :
Emma, trop fatiguée pour aligner une phrase, souffle simplement :
— Emma.
Elle récupère lentement son souffle, le regard toujours braqué sur lui.
Tristan incline légèrement la tête, comme pour saluer ou offrir un bref signe de bienvenue.
Tristan incline légèrement la tête, comme pour saluer ou offrir un bref signe de bienvenue.
— Moi c'est Tristan. Soldat.
Elle esquisse un sourire. Infime. Mais il est là.
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Commentaires ()
Le sauvetage d'une femmme....
J'ai hâte de savoir se que tu vas en faire!
Gros bisous
Et encore merci !
mais est-ce que la femme va être sauvé où vont-ils se sauver mutuellement ?
Très plaisant à lire
Merci et avec délectation j attend la suite
merci pour votre message mais est-ce que la femme est faible ?
est-ce qu'elle ne pourrait pas ressembler à Ayla dans les enfants de la terre ?
Bonne lecture.