Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Chrysalide Noire — Chapitre 3 · Cavalcade, Calibres et Pavés Glissants
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Chrysalide Noire
Chapitre 3 · Cavalcade, Calibres et Pavés Glissants
La Chrysalide noire –
ÉPISODE III : Cavalcade, calibres et pavés glissants
Le silence qui a suivi le sifflement de la fléchette était plus lourd qu'un couvercle de cercueil. Linh était affalée sur Soline, sa peau ambrée virant déjà au gris cendre. Mon obélisque de chair s'était rétracté comme une sensitive sous un coup de gel. Passer du nirvana au frigo en deux secondes, c'est le genre de douche froide qui vous remet les idées en place mais qui vous laisse l'orgueil en berne.
— Putain, Fabrice, aide-moi à virer ce petit ange, a grogné Soline.
— Putain, Fabrice, aide-moi à virer ce petit ange, a grogné Soline.
Elle ne pleurait pas, Linh, elle gérait la logistique. J'ai empoigné le cadavre par les aisselles. C'était chaud, c'était mou, ça sentait encore le jasmin et le sexe, mais le moteur était coupé pour de bon. Je l'ai balancée sur la banquette de velours comme un paquet de linge sale. Soline n'a pas perdu une seconde : elle a glissé la clé USB, encore lubrifiée par le "coffre-fort" de la gamine, entre ses propres nibards. Un transfert de technologie, en quelque sorte.
— Remballe ton gourdin et sors ton pétard, Fabrice ! On n'est plus à la foire du Trône !
À peine j'avais remonté ma braguette qu'une silhouette a déchiré le rideau de fumée au bout de l'allée. Un grand escogriffe avec une gueule de porte de prison et un silencieux au bout de son flingue qui ressemblait à un gros suppositoire pour éléphant. Le mec n'était pas là pour commander un cocktail.
— Baisse-toi ! a hurlé Soline.
— Baisse-toi ! a hurlé Soline.
Elle a dégainé son automatique de son sac de soirée avec une vitesse de prestidigitateur. Pan ! Pan ! Deux pruneaux qui ont fait voler en éclats le miroir piqué derrière le bar. Le grand con s'est jeté derrière une table où une matrone décatie a poussé un hurlement de sirène de brume.
L'ambiance au Labyrinthe a viré au vinaigre en un clin d'œil. Les habitués, ceux qui étaient là pour se palper les amandines dans le noir, se sont rués vers la sortie comme des rats dans une cale inondée.
L'ambiance au Labyrinthe a viré au vinaigre en un clin d'œil. Les habitués, ceux qui étaient là pour se palper les amandines dans le noir, se sont rués vers la sortie comme des rats dans une cale inondée.
C'était la débandade des gros ventres et des jarretelles.
— On se tire par les cuisines ! J'ai gueulé en empoignant mon propre calibre.
On a déboulé dans un couloir qui puait la friture et le désinfectant bon marché. Un gorille de la sécurité, un spécimen de 120 kilos de bidoche mal dégrossie, a voulu nous barrer la route. Il brandissait une matraque électrique qui crépitait comme un feu de camp.
— Pousse-toi, l'ami, t'es sur la trajectoire !
Je lui ai envoyé un coup de santiag pile dans les valseuses. Le mec a fait une grimace de tragédie antique et s'est effondré en deux temps, trois mouvements. Soline, elle, couvrait nos arrières, lâchant une rafale dès qu'une ombre bougeait dans le couloir.
— On se tire par les cuisines ! J'ai gueulé en empoignant mon propre calibre.
On a déboulé dans un couloir qui puait la friture et le désinfectant bon marché. Un gorille de la sécurité, un spécimen de 120 kilos de bidoche mal dégrossie, a voulu nous barrer la route. Il brandissait une matraque électrique qui crépitait comme un feu de camp.
— Pousse-toi, l'ami, t'es sur la trajectoire !
Je lui ai envoyé un coup de santiag pile dans les valseuses. Le mec a fait une grimace de tragédie antique et s'est effondré en deux temps, trois mouvements. Soline, elle, couvrait nos arrières, lâchant une rafale dès qu'une ombre bougeait dans le couloir.
On a jailli dans la ruelle arrière par une porte qui a gémi comme une vierge effarouchée. L'air frais de la nuit parisienne m'a cinglé le visage. On s'est retrouvés sur le pavé, les poumons en feu.
— La bagnole, Fabrice ! Elle est où la caisse ? a crié Soline en cherchant des yeux un carrosse salvateur.
— Y'a pas de caisse, ma poule ! On est venus en taxi, tu te rappelles ? On est à pied comme des cons dans un quartier de bobos !
— Merde ! On court alors !
— La bagnole, Fabrice ! Elle est où la caisse ? a crié Soline en cherchant des yeux un carrosse salvateur.
— Y'a pas de caisse, ma poule ! On est venus en taxi, tu te rappelles ? On est à pied comme des cons dans un quartier de bobos !
— Merde ! On court alors !
Et nous voilà partis pour le 100 mètres le plus improbable de l'histoire de l'espionnage. Soline galopait sur ses talons hauts avec une agilité de chamois, sa robe fendue battant le rappel sur ses cuisses, tandis que je tentais de garder mon froc en place tout en surveillant nos arrières.
Derrière nous, on a entendu le moteur d'une grosse cylindrée hurler. Les phares d'une Mercedes noire ont balayé les murs sombres de la rue des Rosiers. Ils ne nous lâchaient pas.
Derrière nous, on a entendu le moteur d'une grosse cylindrée hurler. Les phares d'une Mercedes noire ont balayé les murs sombres de la rue des Rosiers. Ils ne nous lâchaient pas.
— Dans le passage couvert ! Vite ! J'ai hurlé.
On s'est engouffrés dans un porche sombre, manquant de piétiner un chat qui n'avait rien demandé. On courait à perdre haleine, le bruit de nos pas résonnant sur la pierre centenaire comme des coups de feu. Soline m'a chopée par la manche et nous a plaqués contre un renfoncement de porte, juste au moment où la Mercedes passait en trombe au bout de l'impasse.
— Ils sont là…, a-t-elle soufflé, sa poitrine bondissant sous la soie de sa robe. On ne pourra pas tenir longtemps ce rythme. Il nous faut un plan, et vite.
On s'est engouffrés dans un porche sombre, manquant de piétiner un chat qui n'avait rien demandé. On courait à perdre haleine, le bruit de nos pas résonnant sur la pierre centenaire comme des coups de feu. Soline m'a chopée par la manche et nous a plaqués contre un renfoncement de porte, juste au moment où la Mercedes passait en trombe au bout de l'impasse.
— Ils sont là…, a-t-elle soufflé, sa poitrine bondissant sous la soie de sa robe. On ne pourra pas tenir longtemps ce rythme. Il nous faut un plan, et vite.
On était coincés comme deux cons dans l'encoignure d'une porte cochère quand j'ai aperçu la proie : une vieille berline allemande, garée en double file devant une supérette de nuit, le moteur tournant encore. Le conducteur, un type à lunettes qui devait probablement s'acheter des clopes, avait laissé la porte entrouverte. Une invitation au voyage, mon pote.
— Soline, vise-moi ça ! J'ai soufflé.
On n'a pas échangé un mot, on se connaît par cœur. On s'est rués sur la bagnole. J'ai dégagé le propriétaire d'un coup d'épaule alors qu'il revenait avec son paquet de gris, et Soline s'est jetée sur le siège conducteur avant qu'il ait pu dire « Police ! ».
— Désolé l'ami, c'est pour la France ! J'ai hurlé par la fenêtre alors que Soline passait la première dans un râle de boîte de vitesse maltraitée.
Les pneus ont mordu le pavé avec un cri de douleur. Pour des agents de la DGSS, piquer la caisse d'un honnête contribuable, c'est pas très « charte éthique », mais entre finir avec une fléchette dans le buffet et faire un emprunt forcé, le choix est vite fait.
On n'a pas échangé un mot, on se connaît par cœur. On s'est rués sur la bagnole. J'ai dégagé le propriétaire d'un coup d'épaule alors qu'il revenait avec son paquet de gris, et Soline s'est jetée sur le siège conducteur avant qu'il ait pu dire « Police ! ».
— Désolé l'ami, c'est pour la France ! J'ai hurlé par la fenêtre alors que Soline passait la première dans un râle de boîte de vitesse maltraitée.
Les pneus ont mordu le pavé avec un cri de douleur. Pour des agents de la DGSS, piquer la caisse d'un honnête contribuable, c'est pas très « charte éthique », mais entre finir avec une fléchette dans le buffet et faire un emprunt forcé, le choix est vite fait.
L'hôtel de la Vigne n'était qu'à quelques centaines de mètres, une ligne droite à travers les boyaux du Marais. Soline conduisait comme si elle avait le diable aux trousses et c'était probablement le cas. On a déboulé dans la rue où se nichait le boui-boui du Mogwai.
C'est là qu'on l'a vue. Une ombre. Une silhouette noire, agile comme un félin sous stéroïdes, qui jaillissait du lampion rouge du resto pour s'engouffrer dans une venelle sombre. Avec la vitesse à laquelle Soline balançait la caisse, impossible de distinguer si c'était un homme, une femme ou le fantôme de Hô Chi Minh. Juste une tache d'obscurité qui filait plus vite que le vent.
Dix secondes plus tard, le ciel nous est tombé sur la cafetière.
Une détonation sourde a ébranlé les fondations des immeubles. Dans le rétroviseur, j'ai vu le resto du Mogwai se transformer en un volcan de débris enflammés. C'était pas une petite fuite de gaz, c'était de l'artisanat de haute volée. Une gerbe de feu orangée a illuminé la nuit, envoyant les nems, les sushis et les bouteilles de saké direction le paradis des bridés dans un fracas de verre pilé et de bois calciné. Le vieux Mogwai venait de voir ses secrets partir en fumée, et Linh avec lui.
— Putain… ils ont tout nettoyé, a lâché Soline entre ses dents serrées, les mains blanchies sur le volant.
On a pilé devant l'hôtel de la Vigne dans un nuage de fumée de freins. Le lobby, avec son odeur de cire d'abeille, nous a paru soudainement trop calme, trop propre, presque insultant. On est montés dans la suite 402 en évitant le regard du veilleur de nuit qui devait se demander pourquoi M. Presdutrou avait l'air de sortir d'une essoreuse à salade géante.
Une fois la porte verrouillée, Soline s'est appuyée contre le vantail, la respiration courte. Elle a plongé la main dans son décolleté et en a ressorti la clé USB, brillante de sueur et chargée de secrets mortels.
— On est peut-être déjà morts, Fabrice, comme disait la petite… Mais on a encore le bijou. Voyons voir ce qui vaut la peine de faire sauter un quartier.
— On est peut-être déjà morts, Fabrice, comme disait la petite… Mais on a encore le bijou. Voyons voir ce qui vaut la peine de faire sauter un quartier.
Soline s'est jetée sur le mini-ordinateur de terrain, une bécane blindée qui pèse le poids d'un âne mort. Elle a enfoncé la clé USB encore tiède du voyage dans le port. Rien. Que dalle. Un écran noir, puis une suite de caractères cabalistiques qui défilaient comme une insulte en morse.
— Merde de bordel ! a-t-elle lâché en balançant la souris contre le mur. C'est crypté en triple épaisseur, Fabrice. C'est hors de mon champ de tir, ce truc-là.
— T'inquiète, ma rousse, j'ai soufflé en m'enfilant une rasade de whisky directement au goulot. Demain, on file ça à la petite Léonie, au bureau.
— Merde de bordel ! a-t-elle lâché en balançant la souris contre le mur. C'est crypté en triple épaisseur, Fabrice. C'est hors de mon champ de tir, ce truc-là.
— T'inquiète, ma rousse, j'ai soufflé en m'enfilant une rasade de whisky directement au goulot. Demain, on file ça à la petite Léonie, au bureau.
Cette môme, elle te craquerait le code de lancement des ogives russes entre deux cafés. Elle a le cerveau branché sur la fibre optique.
L'évocation de Léonie a fait remonter en moi des souvenirs qui m'ont soudainement réchauffé plus que le sky. Léonie… une petite poupée à lunettes avec une bouille de sainte-nitouche, mais dès qu'on fermait la porte de son labo, elle se changeait en bombe à voile et à vapeur.
L'évocation de Léonie a fait remonter en moi des souvenirs qui m'ont soudainement réchauffé plus que le sky. Léonie… une petite poupée à lunettes avec une bouille de sainte-nitouche, mais dès qu'on fermait la porte de son labo, elle se changeait en bombe à voile et à vapeur.
Je me revoyais, trois mois plus tôt, sur la grande table de dissection numérique. Léonie n'était pas du genre à faire des manières. Elle aimait autant les gourdins bien durs, ceux qui vous remettent les idées en place, que les minous bien humides. Je me rappelais l'avoir vue à l'œuvre avec une stagiaire du renseignement technique… Un spectacle qui m'avait laissé sur le flanc, les yeux exorbités. La petite Léonie passait de l'un à l'autre avec une gourmandise de gamine devant un buffet de confiseries. C'est une experte en tout : en code binaire le jour, et en triangulations musclées la nuit.
Une envie furieuse m'a pris de la ramener dans l'équation, elle et ses talents délurés. Je me disais que demain, une fois la clé livrée, on pourrait peut-être s'organiser une petite session de débriefing à trois. Soline et Léonie… la rousse volcanique et la geek insatiable. Un sandwich de luxe qui me faisait déjà battre la chamade sous la ceinture.
Soline s'est retournée, voyant bien que mon regard s'était perdu quelque part entre ses cuisses et mes souvenirs de Léonie. Elle a esquissé un sourire de prédatrice, celui qui dit qu'elle a compris le message.
— Tu penses à la petite geek, pas vrai ? Elle est douée, c'est vrai. Et elle a un sacré coup de reins pour une fille qui passe sa vie derrière un écran.
— Tu penses à la petite geek, pas vrai ? Elle est douée, c'est vrai. Et elle a un sacré coup de reins pour une fille qui passe sa vie derrière un écran.
Elle s'est approchée de moi, déboutonnant lentement le haut de sa robe ensanglantée et poussiéreuse.
— Mais pour l'instant, Fabrice, Léonie n'est pas là. On a une nuit à tuer, des morts à oublier et une tension qui me donne envie de hurler.
Elle a attrapé mon obélisque de chair, qui n'avait pas attendu l'autorisation pour reprendre du service malgré la fatigue. Ses doigts étaient frais, mais ses yeux brûlaient d'une fièvre qui n'avait rien à voir avec le cryptage.
— Viens là, mon légionnaire. On va faire notre propre audit, et celui-là, il ne sera pas virtuel.
— Mais pour l'instant, Fabrice, Léonie n'est pas là. On a une nuit à tuer, des morts à oublier et une tension qui me donne envie de hurler.
Elle a attrapé mon obélisque de chair, qui n'avait pas attendu l'autorisation pour reprendre du service malgré la fatigue. Ses doigts étaient frais, mais ses yeux brûlaient d'une fièvre qui n'avait rien à voir avec le cryptage.
— Viens là, mon légionnaire. On va faire notre propre audit, et celui-là, il ne sera pas virtuel.
On est tombés sur le lit comme deux fauves qui s'entredéchirent. C'était pas de l'amour, c'était de la rage pure, le genre de fureur qui vous prend quand vous avez frôlé la Faucheuse et que vous voulez lui cracher au visage une dernière fois. Soline m'a griffé le dos en m'arrachant ma chemise, ses ongles laissant des sillons rouges qui brûlaient comme du sel sur une plaie.
Soline s'est alors cabrée, m'offrant son arrière-train avec une insolence qui criait famine. Elle a tourné la tête vers moi, ses yeux bleus noyés dans une brume de désir et de fatigue, les lèvres entrouvertes.
— Pas par devant, Fabrice… J'ai les reins en pelote, j'ai besoin que tu me ramones le conduit de secours. Nettoie-moi cette tension, bordel ! Mais fais gaffe, mon grand, j'ai encore besoin de mes jambes pour demain…
— Pas par devant, Fabrice… J'ai les reins en pelote, j'ai besoin que tu me ramones le conduit de secours. Nettoie-moi cette tension, bordel ! Mais fais gaffe, mon grand, j'ai encore besoin de mes jambes pour demain…
J'ai pigé le message. J'ai freiné mes ardeurs de hussard pour passer en mode "expert". J'ai commencé par flatter la marchandise, mes pouces massant les rondeurs laiteuses de ses fesses pour détendre la fibre. Puis, j'ai sorti l'artillerie légère : un doigt, puis deux. J'ai tournicoté autour du petit anneau de bronze, serré et fier comme un garde républicain, pour lui faire comprendre que le gros de la troupe arrivait.
Soline a lâché un long soupir, sa tête s'enfonçant dans l'oreiller, ses hanches amorçant un mouvement de roulis pour m'inviter à l'abordage.
Quand j'ai senti que le terrain était assez souple, j'ai présenté ma colonne de marbre chaud à l'entrée du sanctuaire. J'y suis allé avec une lenteur de sénateur, millimètre par millimètre, laissant à sa chair le temps de s'apprivoiser à mon calibre. C'était un forage de haute précision, un ajustement au micron près. Je sentais chaque pli, chaque résistance, jusqu'à ce que mon gland passe enfin la douane.
Quand j'ai senti que le terrain était assez souple, j'ai présenté ma colonne de marbre chaud à l'entrée du sanctuaire. J'y suis allé avec une lenteur de sénateur, millimètre par millimètre, laissant à sa chair le temps de s'apprivoiser à mon calibre. C'était un forage de haute précision, un ajustement au micron près. Je sentais chaque pli, chaque résistance, jusqu'à ce que mon gland passe enfin la douane.
— Oh, Dieu… Fabrice…, a-t-elle hoqueté dans un souffle.
Une fois que j'étais logé au cœur de la place forte, j'ai repris un rythme plus soutenu, mais toujours avec cette souplesse de mécanicien qui ne veut pas rayer le cylindre. Mon membre s'enfonçait dans ce tunnel étroit et brûlant, un va-et-vient qui nous faisait vibrer jusqu'à la moelle. C'était le seul moyen de décompresser, de vider les accus, de transformer toute cette peur et ce sang en une jouissance sourde et profonde.
Une fois que j'étais logé au cœur de la place forte, j'ai repris un rythme plus soutenu, mais toujours avec cette souplesse de mécanicien qui ne veut pas rayer le cylindre. Mon membre s'enfonçait dans ce tunnel étroit et brûlant, un va-et-vient qui nous faisait vibrer jusqu'à la moelle. C'était le seul moyen de décompresser, de vider les accus, de transformer toute cette peur et ce sang en une jouissance sourde et profonde.
Ses muscles se contractaient autour de moi avec une douceur d'étau de velours. On faisait un boucan d'enfer, certes, mais c'était le bruit de deux mécaniques qui s'ajustent à la perfection. Soline gémissait, ses mains griffant les draps de percale alors que je la pilonnais avec une tendresse de légionnaire en fin de campagne. On oubliait tout : le Mogwai, la clé USB, et les tueurs à la Mercedes. Il n'y avait plus que ce point de jonction, ce centre du monde situé à quelques centimètres de la colonne vertébrale.
On était en plein forage, j'allais lui déboîter le sentiment à force de jouer les perceuses de précision dans son tunnel de velours. Je sentais la marée monter, une décharge de 20 000 volts qui me chatouillait les amandines et qui s'apprêtait à faire sauter les plombs du quartier. Mais Soline, qui a l'instinct d'une boussole même quand elle a la tête dans l'oreiller, a senti le vent tourner.
Elle s'est dégagée d'un coup de rein souple, me laissant là, le chibre d'or brandi comme un sceptre royal en manque de royaume.
— Stop, Fabrice ! Pas ici, pas comme ça… La petite Asiate m'a laissé sur ma faim, et j'ai une envie de dessert qui me taraude les gencives.
Elle n'a pas attendu ma permission. Elle s'est retournée, a glissé du lit avec une grâce de félin et s'est agenouillée devant moi. On aurait dit une prêtresse du culte de l'Arpion devant l'autel du Dieu Membré.
Elle a empoigné mon pieu à deux mains, le secouant comme on réveille un vieux copain avant une partie de belote. Elle me fixait avec ses billes bleues, des yeux chargés d'une dévotion qui aurait fait rougir un évêque en goguette.
Elle a ouvert la bouche, cette petite fente de paradis, et elle a reçu son ostie en version liquide. Je lui ai balancé mes bastos, une salve de mortier lourd, un jet continu de sève blanche qui est venu lui tapisser le fond de la gorge. Elle a tout gobé, sans en perdre une goutte, avec une gourmandise de gamine devant une crème caramel. Je me suis écroulé sur le dos, les bras en croix, vidé comme une outre de pinard après une foire agricole. J'avais tout donné : la sueur, le sang, et le reste.
— Stop, Fabrice ! Pas ici, pas comme ça… La petite Asiate m'a laissé sur ma faim, et j'ai une envie de dessert qui me taraude les gencives.
Elle n'a pas attendu ma permission. Elle s'est retournée, a glissé du lit avec une grâce de félin et s'est agenouillée devant moi. On aurait dit une prêtresse du culte de l'Arpion devant l'autel du Dieu Membré.
Elle a empoigné mon pieu à deux mains, le secouant comme on réveille un vieux copain avant une partie de belote. Elle me fixait avec ses billes bleues, des yeux chargés d'une dévotion qui aurait fait rougir un évêque en goguette.
Elle a ouvert la bouche, cette petite fente de paradis, et elle a reçu son ostie en version liquide. Je lui ai balancé mes bastos, une salve de mortier lourd, un jet continu de sève blanche qui est venu lui tapisser le fond de la gorge. Elle a tout gobé, sans en perdre une goutte, avec une gourmandise de gamine devant une crème caramel. Je me suis écroulé sur le dos, les bras en croix, vidé comme une outre de pinard après une foire agricole. J'avais tout donné : la sueur, le sang, et le reste.
Soline s'est relevée, s'essuyant le coin de la lèvre d'un revers de main souverain. Elle m'a lancé un clin d'œil incendiaire et s'est dirigée vers la salle de bain. Quelques secondes plus tard, le bruit de la douche est revenu me bercer les oreilles, et là, j'ai cru rêver.
La rousse s'est mise à chantonner. Pas du Schubert, non, une vieille chanson paillarde nantaise, un truc qui parlait de marins, de filles de joie et de vergues bien dressées. Sa voix rebondissait sur le marbre noir, joyeuse, insolente, comme si on ne venait pas de manquer de se faire transformer en passoire deux heures plus tôt.
Je souriais au plafond, le corps encore vibrant de ses assauts. Je me disais qu'elle était quand même sacrement bien carrossée, ma petite rousse. Une femme de tête, une femme de jambe, et surtout une femme de cœur quand il s'agit de s'occuper du matériel. Une idée saugrenue est venue me chatouiller les neurones, entre deux vapeurs de whisky et de plaisir. Je me voyais bien avec une bague au doigt, moi, le vieux loup solitaire du boulevard Mortier. Passer devant Monsieur le Maire avec cette furie… et surtout, me dire qu'une fois l'anneau passé, je pourrai encore lui glisser mon propre doigt dans le fondement en fin de soirée pour fêter les noces de coton. Une bague à la main, un doigt dans la lune, c'est ça ma vision du bonheur conjugal,
Pendant que je divaguais sur mon futur de marié au pistolet, la porte de la salle de bain s'est ouverte dans un nuage de vapeur qui aurait fait pâlir une locomotive à vapeur de la Belle Époque.
Pendant que je divaguais sur mon futur de marié au pistolet, la porte de la salle de bain s'est ouverte dans un nuage de vapeur qui aurait fait pâlir une locomotive à vapeur de la Belle Époque.
Soline est apparue. Elle était nue, la peau encore rougie par l'eau brûlante et les frictions de notre audit. Des gouttelettes de cristal perlaient sur ses seins, coulant le long de ses flancs pour finir leur course dans le buisson ardent de sa toison rousse. Elle était belle à en crever, une vraie déesse de la mythologie qui aurait troqué son Olympe pour un 9 mm et une suite dans le Marais. Elle s'essuyait les cheveux avec une serviette blanche, un mouvement qui faisait danser ses appas avec une arrogance magnifique.
— Alors, Fabrice ? On prépare son testament ou on se demande si Léonie sera de bonne humeur demain ? m'a-t-elle lancé avec un sourire qui aurait pu rallumer le soleil.
Je l'ai regardée, fasciné. On était au fond du trou, poursuivis par des ombres et chargés d'une clé de malheur, mais avec une créature pareille à mes côtés, j'aurais pu attaquer l'enfer avec un pistolet à eau.
— Je me demande surtout si Léonie aura assez de café pour tenir le choc quand elle nous verra arriver avec nos tronches de déterrés, j'ai répondu en me redressant.
Je l'ai regardée, fasciné. On était au fond du trou, poursuivis par des ombres et chargés d'une clé de malheur, mais avec une créature pareille à mes côtés, j'aurais pu attaquer l'enfer avec un pistolet à eau.
— Je me demande surtout si Léonie aura assez de café pour tenir le choc quand elle nous verra arriver avec nos tronches de déterrés, j'ai répondu en me redressant.
Elle est venue s'asseoir sur le bord du lit, sa chair fraîche contre ma peau encore brûlante. Le calme était revenu, mais ce n'était que le calme avant la tempête. À quelques kilomètres de là, le boulevard Mortier nous attendait, avec ses secrets, ses trahisons et sa technologie de pointe.
C'était mon tour de passer à la moulinette hydraulique. Je me suis extirpé des draps froissés, le corps lourd comme un sac de grenaille. Ce n'était pas seulement la sueur, le foutre ou le parfum de jasmin de la défunte Linh qui me collaient à la peau. C'était cette odeur infâme de fin du monde, ce relent de poudre et de chair brûlée qui vous prend à la gorge et qui vous rappelle que vous avez un pied dans la tombe et l'autre sur une savonnette.
Je me suis glissé sous le jet. J'ai ouvert les vannes à fond, l'eau presque bouillante me cinglant l'échine pour essayer de décoller la poisse de cette nuit de dingue. Pour me donner du cœur à l'ouvrage, j'ai entonné ma petite spéciale, une vieille chanson lyonnaise que mon grand-oncle braillait les soirs de fête entre deux canons de beaujolais. Une ritournelle qui parlait de gones, de canuts et de belles qui lèvent le cotillon derrière les traboules. Ma voix de baryton enroué résonnait contre le carrelage, un dernier pied de nez à la mort qui rôdait encore dans les ruelles du Marais.
Quand je suis ressorti, la vapeur me collant aux basques, le silence de la suite 402 m'a sauté au visage.
Soline avait déjà plié les gaules. Elle s'était écroulée sur le grand lit, terrassée par l'adrénaline qui retombe d'un coup, comme une pile qui rend l'âme. Elle dormait d'un sommeil de plomb, celui des justes ou des assassins fatigués. Je l'ai regardée un instant, belle à damner un saint sous la lumière tamisée de la veilleuse. Ses cheveux roux s'étalaient sur l'oreiller comme une coulée de lave refroidie.
Soline avait déjà plié les gaules. Elle s'était écroulée sur le grand lit, terrassée par l'adrénaline qui retombe d'un coup, comme une pile qui rend l'âme. Elle dormait d'un sommeil de plomb, celui des justes ou des assassins fatigués. Je l'ai regardée un instant, belle à damner un saint sous la lumière tamisée de la veilleuse. Ses cheveux roux s'étalaient sur l'oreiller comme une coulée de lave refroidie.
Je me suis glissé à côté d'elle avec des précautions d'Indien en territoire hostile. Je l'ai bordée doucement, remontant le drap sur ses épaules laiteuses, comme on le ferait pour un gamin après un mauvais cauchemar. À cet instant, elle n'était plus la panthère de la DGSE capable de vous loger un pruneau entre les deux yeux à cinquante mètres, elle n'était qu'une femme épuisée par un monde trop brutal.
J'ai tendu le bras vers la table de nuit. J'ai chopé mon putain de réveil, un vieux tacot électronique qui ne fait pas de sentiment. J'ai réglé l'alarme sur cinq heures pétantes. Il nous restait trois heures de sursis avant que la réalité ne vienne nous botter le train. À sept heures, on devait être au boulevard Mortier pour le briefing, rendre des comptes au vieux Mirabeau et confier nos secrets à la petite Léonie.
J'ai posé ma main sur mon 9 mm, sagement rangé sous l'oreiller, j'ai fermé les yeux et j'ai plongé à mon tour dans les ténèbres. Demain, on serait des cibles, demain on serait des héros ou des cadavres de plus, mais pour l'instant, le monde s'arrêtait au bord de ce lit.
À suivre…
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Commentaires ()
Venant de vous, avec votre talent. Ce commentaire me touche.
J espère qu'il vous plaira jusqu'au bout.
J ai pas la prétention de lui arriver à la cheville. Loin de là.. mais je me suis inspirer de son style, comme de celui de Frédéric Dard.
Je suis ravi et honoré qu il vous plaise.
C est une série au long court. Il y a bcp d épisodes à venir.