Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Chrysalide Noire — Chapitre 12 · Episode XII
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Chrysalide Noire
Chapitre 12 · Episode XII
LA CHRYSALIDE NOIRE
ÉPISODE XII
La DS a stoppé net dans le parking souterrain de la piscine, les pneus crissant sur le ciment lissé. Le silence du garage n'était troublé que par le cliquetis du moteur qui refroidissait et les bruits de lutte désespérée venant de l'arrière du véhicule. J'ai coupé le contact, j'ai jeté un regard à ma future femme (qu'est-ce que ça sonne bien, tout de même !! ) et je suis sorti.
La DS a stoppé net dans le parking souterrain de la piscine, les pneus crissant sur le ciment lissé. Le silence du garage n'était troublé que par le cliquetis du moteur qui refroidissait et les bruits de lutte désespérée venant de l'arrière du véhicule. J'ai coupé le contact, j'ai jeté un regard à ma future femme (qu'est-ce que ça sonne bien, tout de même !! ) et je suis sorti.
J'ai ouvert le coffre. Vauquelin était là, plié en quatre, le visage barbouillé d'huile de vidange et les yeux exorbités derrière ce qui restait de ses lunettes. Il ressemblait à un fœtus mal dégrossi qu'on aurait oublié dans une boîte à outils.
— Allez, déballe, le génie ! J'ai grondé en le saisissant par le col de sa blouse. C'est l'heure de l'examen final.
— Allez, déballe, le génie ! J'ai grondé en le saisissant par le col de sa blouse. C'est l'heure de l'examen final.
Je l'ai balancé au sol. Il a tenté de ramper, mais Soline a posé son talon aiguille sur son entrejambe avec une précision chirurgicale. Le binoclard a poussé un petit sifflement de vapeur.
— Écoute-moi bien, mon petit rat, a sussurré Soline en se penchant sur lui, son blouson de cuir entrouvert laissant deviner qu'elle n'avait rien remis dessous. On a passé une nuit de chien. On a pataugé dans l'hémoglobine et la fange, et on a sauvé Paris alors qu'on aurait pu être en train de s'envoyer en l'air sous la couette. Ma patience est plus courte que ta virilité. Alors tu vas nous dire où se terre ta patronne, ou je demande à Fabrice d'utiliser tes doigts comme allume-cigares.
— Écoute-moi bien, mon petit rat, a sussurré Soline en se penchant sur lui, son blouson de cuir entrouvert laissant deviner qu'elle n'avait rien remis dessous. On a passé une nuit de chien. On a pataugé dans l'hémoglobine et la fange, et on a sauvé Paris alors qu'on aurait pu être en train de s'envoyer en l'air sous la couette. Ma patience est plus courte que ta virilité. Alors tu vas nous dire où se terre ta patronne, ou je demande à Fabrice d'utiliser tes doigts comme allume-cigares.
On l'a traîné jusqu'à la salle d'interrogatoire numéro trois. Celle qui n'a pas de fenêtres, mais qui a des crochets au plafond et une isolation acoustique qui ferait passer une discothèque pour une bibliothèque. On l'a attaché sur une chaise en métal.
Vauquelin faisait le dur, ou plutôt, il était tellement paralysé par la peur de la chef qu'il préférait nos mandales à sa vengeance à elle. Il fallait changer de méthode. J'ai fait un signe à Soline.
— Je te laisse le champ libre, ma rousse. Je vais voir si Milo a du café.
Vauquelin faisait le dur, ou plutôt, il était tellement paralysé par la peur de la chef qu'il préférait nos mandales à sa vengeance à elle. Il fallait changer de méthode. J'ai fait un signe à Soline.
— Je te laisse le champ libre, ma rousse. Je vais voir si Milo a du café.
J'ai refermé la porte, laissant Soline seule avec le rat. Derrière la vitre sans tain, je me suis allumé une de ces petites brunes qui vous rappellent que la vie est courte mais qu'elle a du goût. Milo m'a rejoint avec deux gobelets de café noir, de celui qui pourrait servir de décapant pour les coques de sous-marins.
— Elle va y aller fort ? a chuchoté le chimiste en ajustant ses lunettes.
— Elle va lui briser la volonté par là où il a péché, Milo. Regarde.
— Elle va y aller fort ? a chuchoté le chimiste en ajustant ses lunettes.
— Elle va lui briser la volonté par là où il a péché, Milo. Regarde.
Soline s'était approchée de la chaise où Vauquelin était saucissonné. Elle n'avait pas seulement jeté son blouson ; elle avait déboutonné les premiers crans de son jean, révélant la dentelle noire de son string qui tranchait sur sa peau diaphane. Elle a passé sa main dans les cheveux gras du scientifique, l'obligeant à lever les yeux vers elle.
— Tu vois, Vauquelin… commença-t-elle, sa voix n'étant plus qu'un murmure de soie. Un type comme toi, avec ton QI de compétition, tu n'as rien à faire avec ces brutes. Ta patronne, elle doit te mener à la baguette, non ? Elle t'utilise pour ton cerveau et elle te jettera aux loups dès qu'elle n'aura plus besoin de tes éprouvettes. Pourquoi la protéger alors qu'elle te méprise ?
— Tu vois, Vauquelin… commença-t-elle, sa voix n'étant plus qu'un murmure de soie. Un type comme toi, avec ton QI de compétition, tu n'as rien à faire avec ces brutes. Ta patronne, elle doit te mener à la baguette, non ? Elle t'utilise pour ton cerveau et elle te jettera aux loups dès qu'elle n'aura plus besoin de tes éprouvettes. Pourquoi la protéger alors qu'elle te méprise ?
Soline s'est assise à califourchon sur ses genoux, sentant le corps du binoclard se raidir comme un piquet. Elle a descendu sa main vers la braguette de Vauquelin, libérant son instrument qui oscillait entre la terreur absolue et une érection de condamné à mort. Elle a commencé à le masser, avec une lenteur calculée. Vauquelin a poussé un petit couinement, mais il a serré les dents, les yeux fermés, comme s'il récitait des tables de logarithmes pour tenir le coup.
— L'adresse, mon grand. Dis-moi où elle se cache, et je te donne ce que tu n'auras jamais avec elle : de la considération.
— Jamais… elle… Elle me fera pire que vous… haleta-t-il, le visage cramoisi.
— L'adresse, mon grand. Dis-moi où elle se cache, et je te donne ce que tu n'auras jamais avec elle : de la considération.
— Jamais… elle… Elle me fera pire que vous… haleta-t-il, le visage cramoisi.
Soline a souri, d'un sourire qui n'avait rien de maternel. Elle a stoppé son mouvement net, laissant le pauvre type sur sa faim, en plein milieu de l'ascension. Puis, elle a approché ses lèvres de son oreille, sa poitrine écrasée contre sa blouse.
— Tu crois ? Tu crois qu'elle va te tuer proprement ? Non, Vauquelin. Si on te relâche et qu'elle sait que tu as été ici, elle te fera bouillir vivant dans ton propre suc de Circé. Tu seras une flaque bleue sur le carrelage. Alors que moi… moi je peux te faire disparaître. Mais avant, il faut que tu sortes de ta coquille.
— Tu crois ? Tu crois qu'elle va te tuer proprement ? Non, Vauquelin. Si on te relâche et qu'elle sait que tu as été ici, elle te fera bouillir vivant dans ton propre suc de Circé. Tu seras une flaque bleue sur le carrelage. Alors que moi… moi je peux te faire disparaître. Mais avant, il faut que tu sortes de ta coquille.
Elle a repris son massage, mais cette fois avec une brutalité experte, alternant pressions de fer et caresses de velours. Elle a glissé son autre main sous sa chemise, griffant son torse blafard. Vauquelin gémissait, ses hanches se soulevant malgré lui, luttant contre l'orgasme comme on lutte contre une exécution.
— Parle, espèce de déchet ! a-t-elle rugi soudain en lui tirant les cheveux en arrière. Où est le nid ?
— Non ! Je... Ah... !
— Parle, espèce de déchet ! a-t-elle rugi soudain en lui tirant les cheveux en arrière. Où est le nid ?
— Non ! Je... Ah... !
Il transpirait à grosses gouttes, le souffle court, au bord de la rupture. Soline a alors utilisé son ultime atout. Elle a déboutonné son propre soutien-gorge sous son débardeur, libérant ses seins qu'elle a écrasés contre le visage du binoclard, l'étouffant presque sous sa chair parfumée.
— Regarde-moi, Vauquelin ! C'est ta dernière chance d'être un homme ! Où est-elle ?
— Regarde-moi, Vauquelin ! C'est ta dernière chance d'être un homme ! Où est-elle ?
Le cerveau du scientifique a littéralement grillé. Le mélange de terreur pure et de désir animal a fait sauter tous ses fusibles. Sa résistance s'est effondrée comme un château de cartes dans un ouragan.
— Gennevilliers ! a-t-il hurlé, la voix brisée par un sanglot. Les quais… la vieille distillerie… sous les cuves !
— Gennevilliers ! a-t-il hurlé, la voix brisée par un sanglot. Les quais… la vieille distillerie… sous les cuves !
Soline l'avait maintenant totalement à sa merci. Le scientifique, brisé entre la terreur et l'extase forcée, n'était plus qu'une loque entre ses mains expertes.
— Pourquoi Gennevilliers, Vauquelin ? murmura-t-elle en lui serrant la gorge juste assez pour qu'il sente la faucheuse passer. Qu'est-ce qu'elle fabrique là-bas, ta patronne ?
— C'est… C'est le centre névralgique ! hurla-t-il presque, les yeux révulsés. La distillerie n'est qu'une façade… C'est là que se trouve le serveur-maître de la Chrysalide ! Elle pilote tout depuis Paris !
— Pourquoi Gennevilliers, Vauquelin ? murmura-t-elle en lui serrant la gorge juste assez pour qu'il sente la faucheuse passer. Qu'est-ce qu'elle fabrique là-bas, ta patronne ?
— C'est… C'est le centre névralgique ! hurla-t-il presque, les yeux révulsés. La distillerie n'est qu'une façade… C'est là que se trouve le serveur-maître de la Chrysalide ! Elle pilote tout depuis Paris !
Soline marqua un temps d'arrêt, ses yeux verts brillant d'une lueur sombre.
- "Tout" ? Précise, mon grand, ou je te fais regretter d'être né avec des couilles.
— Le déversement ! Il n'y a pas que Paris ! Des sites sont prêts à Londres, New York, Berlin et Tokyo ! Ils attendent tous le signal de la cheftaine ! Elle veut… elle veut conquérir le monde par la peur… mettre les gouvernements à genoux en menaçant de transformer leurs populations en tas de bouillie bleue ! Le signal part de Gennevilliers à trois heures du matin !
- "Tout" ? Précise, mon grand, ou je te fais regretter d'être né avec des couilles.
— Le déversement ! Il n'y a pas que Paris ! Des sites sont prêts à Londres, New York, Berlin et Tokyo ! Ils attendent tous le signal de la cheftaine ! Elle veut… elle veut conquérir le monde par la peur… mettre les gouvernements à genoux en menaçant de transformer leurs populations en tas de bouillie bleue ! Le signal part de Gennevilliers à trois heures du matin !
Soline se redressa légèrement, un sourire de glace aux lèvres. Elle avait tout ce qu'il nous fallait : le lieu, l'heure, et l'ampleur de la catastrophe.
— Et la cheftaine ? Elle y sera ?
— Oui… elle supervise le départ… Elle veut voir le monde brûler en direct sur ses écrans…
— Et la cheftaine ? Elle y sera ?
— Oui… elle supervise le départ… Elle veut voir le monde brûler en direct sur ses écrans…
C'est à ce moment-là que Vauquelin a lâché tout le reste. La purée a jailli, inondant la main de Soline qui n'a pas cillé. Elle a attendu que ses derniers spasmes s'achèvent, l'a regardé avec un dégoût souverain, puis elle s'est essuyée sur sa blouse.
— Merci, Vauquelin. Tu viens de sauver quelques millions de vies. Mais pour toi, c'est l'heure de la sieste.
Elle lui a asséné une droite monumentale en plein plexus pour le rendormir. Elle s'est tournée vers nous derrière la vitre, le visage redevenu de marbre.
— Vous avez entendu ? C'est pas une petite affaire de quartier. On a un monde à sauver et une folle à coffrer.
— Merci, Vauquelin. Tu viens de sauver quelques millions de vies. Mais pour toi, c'est l'heure de la sieste.
Elle lui a asséné une droite monumentale en plein plexus pour le rendormir. Elle s'est tournée vers nous derrière la vitre, le visage redevenu de marbre.
— Vous avez entendu ? C'est pas une petite affaire de quartier. On a un monde à sauver et une folle à coffrer.
Soline n'a pas bougé d'un cil pendant que les derniers tressaillements de sa médiocrité s'achevaient. Puis, avec un dégoût souverain, elle l'a repoussé. Elle s'est levée, a repris son soutien-gorge et s'est essuyée froidement sur la manche de Vauquelin.
Elle est sortie de la salle 3 en s'essuyant la main sur un chiffon imprégné d'alcool, le visage encore dur, mais l'œil victorieux. Elle nous a rejoints derrière la vitre sans tain. Milo la regardait avec un mélange d'admiration pure et de terreur sacrée.
Elle est sortie de la salle 3 en s'essuyant la main sur un chiffon imprégné d'alcool, le visage encore dur, mais l'œil victorieux. Elle nous a rejoints derrière la vitre sans tain. Milo la regardait avec un mélange d'admiration pure et de terreur sacrée.
— Putain, Soline… a soufflé le chimiste en ajustant ses binocles. T'es une artiste, mais une artiste flippante. Je te jure, jamais je ne voudrais tomber entre tes mains dans des circonstances pareilles. C'est du sabotage psychologique de haut vol, ce que tu viens de lui faire.
J'ai passé un bras possessif autour des épaules de ma rousse, sentant encore la chaleur qui émanait de son corps après l'effort.
— T'inquiète pas, mon beau Milo, je l'ai rassuré avec un clin d'œil. Tu sais bien que Soline est une peau de vache avec les méchants et une véritable fournaise avec ses amis. Un jour ou l'autre, tu auras droit toi aussi à ses faveurs, le talent, ça se partage.
— T'inquiète pas, mon beau Milo, je l'ai rassuré avec un clin d'œil. Tu sais bien que Soline est une peau de vache avec les méchants et une véritable fournaise avec ses amis. Un jour ou l'autre, tu auras droit toi aussi à ses faveurs, le talent, ça se partage.
Soline a pris un air faussement outré, les mains sur les hanches, une mèche rousse barrant son front.
— Ça va les gars ? Je vous dérange pas trop dans votre vestiaire ? C'est moi qui me farcis l'haleine putride de Vauquelin, sa petite bite de moineau et son foutre qui pue la mort et les produits chimiques, pendant que ces messieurs font des spéculations sur mes futures conquêtes ? Vous voulez pas un café et des cigares non plus ?
— Ça va les gars ? Je vous dérange pas trop dans votre vestiaire ? C'est moi qui me farcis l'haleine putride de Vauquelin, sa petite bite de moineau et son foutre qui pue la mort et les produits chimiques, pendant que ces messieurs font des spéculations sur mes futures conquêtes ? Vous voulez pas un café et des cigares non plus ?
On a éclaté de rire tous les trois, mais j'ai bien vu que Milo n'en menait pas large. Le pauvre bougre essayait de faire bonne figure, mais ses pupilles dilatées trahissaient son trouble. Il mourait d'envie de découvrir les fameux talents de Soline. Ça le changerait de sa régulière, une sainte femme qui devait le pomper trois fois par an, les jours d'anniversaire et de fête nationale, et qui n'ouvrait les jambes que par obligation chrétienne, avec l'enthousiasme d'une porte de prison rouillée.
— Allez, on rigole mais l'horloge tourne, j'ai repris en redevenant sérieux. Milo, va checker tes jerrycans d'antidote. Soline, va te décrasser et prépare les fringues de "misère". Moi, je vais aller voir Valentin.
Je me suis dirigé vers le centre nerveux des transmissions. Valentin était là, entouré de ses écrans, les doigts courant sur ses claviers comme un pianiste de jazz sous amphétamines.
— Valentin, il me faut un topo complet sur les abords de la distillerie à Gennevilliers. Je veux que tu t'assures que le périmètre est "clean" de leur côté. Pirate-moi toutes les vidéos de surveillance du coin, les caméras de la ville, celles des entrepôts voisins, tout ! Je ne veux pas qu'on se jette dans la gueule du loup sans savoir combien de crocs il a.
— Valentin, il me faut un topo complet sur les abords de la distillerie à Gennevilliers. Je veux que tu t'assures que le périmètre est "clean" de leur côté. Pirate-moi toutes les vidéos de surveillance du coin, les caméras de la ville, celles des entrepôts voisins, tout ! Je ne veux pas qu'on se jette dans la gueule du loup sans savoir combien de crocs il a.
Valentin a hoché la tête sans quitter ses écrans des yeux.
Il ne répondit pas tout de suite. Ses yeux balayaient ses six moniteurs comme s'il cherchait une aiguille dans une botte de silicium. Ses doigts, fins et nerveux, pianotaient une mélodie binaire dont lui seul connaissait le solfège.
Il ne répondit pas tout de suite. Ses yeux balayaient ses six moniteurs comme s'il cherchait une aiguille dans une botte de silicium. Ses doigts, fins et nerveux, pianotaient une mélodie binaire dont lui seul connaissait le solfège.
— Doucement les basses, patron, finit-il par lâcher sans quitter son écran des yeux. Le cryptage de la Ténébreuse, c'est pas du niveau d'un compte Instagram de starlette. Il me faut au moins dix minutes pour forcer le pare-feu du portail et synchroniser les caméras thermiques. En attendant…
Il se tourna vers moi, un petit sourire en coin, celui qui lui donne cet air de gamin de chœur qui a trop lu de revues interdites.
— En attendant, Fabrice, tu pourrais m'offrir un de tes sourires de baroudeur ? Je trouve que tu as un charme fou dans ton vieux treillis délavé, ça fait ressortir tes yeux de loup. Si un jour tu en as marre de ta rousse incendiaire, sache que j'ai une excellente collection de vins et un canapé très confortable.
Il se tourna vers moi, un petit sourire en coin, celui qui lui donne cet air de gamin de chœur qui a trop lu de revues interdites.
— En attendant, Fabrice, tu pourrais m'offrir un de tes sourires de baroudeur ? Je trouve que tu as un charme fou dans ton vieux treillis délavé, ça fait ressortir tes yeux de loup. Si un jour tu en as marre de ta rousse incendiaire, sache que j'ai une excellente collection de vins et un canapé très confortable.
Je lui ai tapoté l'épaule, un peu comme on félicite un bon toutou, mais en gardant la distance réglementaire.
— T'es mignon, Valentin, et t'es sûrement le meilleur derrière un clavier, mais tu sais bien que. Les mecs, c'est pas ma came, même quand ils sont aussi sympas et compétents que toi. Allez, bosse tes codes, le temps presse.
— T'es mignon, Valentin, et t'es sûrement le meilleur derrière un clavier, mais tu sais bien que. Les mecs, c'est pas ma came, même quand ils sont aussi sympas et compétents que toi. Allez, bosse tes codes, le temps presse.
Je me suis adossé au montant de la porte, laissant mon regard errer dans le vide du couloir, et c'est là, cher lecteur, qu'il faut que je te dise un truc. Ne vous méprenez pas, j'ai rien contre les gars qui préfèrent le poil au menton et les voix de basse. Chacun cherche son plaisir où il peut le trouver et grand bien leur fasse. Mais moi, Belmonte, je suis un indécrottable du genre opposé.
Un homme, c'est bien pour se couvrir en mission, pour vider des chargeurs côte à côte ou pour s'envoyer une bouteille de gnôle après avoir frôlé la camarde. On se comprend sans parler, on a les mêmes codes, la même sueur. Mais pour le reste… non. J'ai besoin de ressentir contre moi la courbe d'une hanche qui ondule, la douceur d'une peau qui sent la fleur et le péché, la résistance souple d'une poitrine qui se presse contre ma poitrine. J'ai besoin de cette électricité unique qu'on ne trouve que dans le regard d'une femme qui a décidé de vous faire perdre la tête.
Et si elles sont plusieurs, alors là, c'est le nirvana, le jackpot, la fête foraine permanente ! Un corps de femme, c'est un paysage qu'on ne finit jamais d'explorer, alors imaginez quand le paysage se multiplie. Je suis un gourmand, que voulez-vous. On ne se refait pas à mon âge, et c'est pas aujourd'hui que je vais troquer un décolleté plongeant contre une paire de bretelles, fût-elle portée par le plus sympa des informaticiens.
Valentin m'a coupé dans mes réflexions avec un cri de triomphe.
Et si elles sont plusieurs, alors là, c'est le nirvana, le jackpot, la fête foraine permanente ! Un corps de femme, c'est un paysage qu'on ne finit jamais d'explorer, alors imaginez quand le paysage se multiplie. Je suis un gourmand, que voulez-vous. On ne se refait pas à mon âge, et c'est pas aujourd'hui que je vais troquer un décolleté plongeant contre une paire de bretelles, fût-elle portée par le plus sympa des informaticiens.
Valentin m'a coupé dans mes réflexions avec un cri de triomphe.
— C'est bon ! J'ai la main sur le réseau local de la distillerie. Je t'envoie tout sur ton mobile crypté. Et pour info, le garde à l'entrée fume des Gitanes sans filtre. Un puriste.
— Parfait. On bouge.
Avant d'aller retrouver mon escouade de charme et de choc, j'ai estimé qu'un petit détour par le bureau du Vieux s'imposait. Juste pour la forme, pour lui dire que le rat avait craché sa valda et qu'on partait nettoyer les quais de Gennevilliers et par là même sauver le monde, éventuellement. Je ne voulais pas qu'il apprenne la fin du monde par la presse, le pauvre homme.
— Parfait. On bouge.
Avant d'aller retrouver mon escouade de charme et de choc, j'ai estimé qu'un petit détour par le bureau du Vieux s'imposait. Juste pour la forme, pour lui dire que le rat avait craché sa valda et qu'on partait nettoyer les quais de Gennevilliers et par là même sauver le monde, éventuellement. Je ne voulais pas qu'il apprenne la fin du monde par la presse, le pauvre homme.
J'ai poussé la porte lourde en chêne sans frapper. C'est un privilège de barbouze. Mais là, mon gars, le spectacle valait son pesant de médailles en chocolat.
Monsieur était occupé, et pas qu'un peu. Une petite blondinette, le genre qui doit faire grimper le taux de natalité à elle seule, était en train de jouer à saute-mouton sur les genoux de mon chef. Des obus de cinquante en guise de pectoraux, fermes comme des melons de Cavaillon, qui dansaient une samba endiablée sous le nez de l'ancien. Elle n'a même pas tourné la tête quand je suis entré, sûrement trop occupée à succomber aux délices que lui procurait le membre d'honneur de la République.
Monsieur était occupé, et pas qu'un peu. Une petite blondinette, le genre qui doit faire grimper le taux de natalité à elle seule, était en train de jouer à saute-mouton sur les genoux de mon chef. Des obus de cinquante en guise de pectoraux, fermes comme des melons de Cavaillon, qui dansaient une samba endiablée sous le nez de l'ancien. Elle n'a même pas tourné la tête quand je suis entré, sûrement trop occupée à succomber aux délices que lui procurait le membre d'honneur de la République.
Le Vieux m'a jeté un regard par-dessus l'épaule de la petite, un regard calme, presque paternel, tout en continuant ses va-et-vient rythmés. Je me suis assis sur la chaise en cuir, juste en face du bureau, croisant les jambes comme si j'attendais le début d'une conférence sur la géopolitique.
Sans se soucier de ma présence, le Vieux a fait pivoter la demoiselle. D'un geste de maître, il l'a installée face à moi, les pieds posés sur le rebord du bureau, les jambes écartées comme pour une visite chez le gynéco. Et c'est reparti pour une valse de "Hue Dada !" effrénée.
Voir la queue de mon chef labourer ainsi cette gamine que je n'avais encore jamais croisée dans nos couloirs, c'était un spectacle à la fois malsain et bougrement plaisant. Un vrai documentaire sur la faune sauvage de la DGSS. Je me disais en mon for intérieur, en admirant le balancier des nichons de la petite, que tout le monde baisait avec tout le monde ici. C'était le Grand Partage, la communion des corps au service de l'État. Est-ce que c'était la même chose dans les autres ministères ? À Matignon ? À l'Élysée ? Est-ce que les décisions budgétaires se prenaient entre deux orgasmes sur un bureau Louis XV ?
Quoi qu'il en soit, j'ai su à cet instant précis que c'était ici que je voulais finir ma carrière. Et quand l'heure de la retraite sonnera, je reviendrai quand même en tant que consultant, juste pour honorer les nouvelles recrues, leur prodiguer de savants conseils techniques et leur faire profiter de mon expérience de vieux loup. La transmission du savoir, y a que ça de vrai.
Sans se soucier de ma présence, le Vieux a fait pivoter la demoiselle. D'un geste de maître, il l'a installée face à moi, les pieds posés sur le rebord du bureau, les jambes écartées comme pour une visite chez le gynéco. Et c'est reparti pour une valse de "Hue Dada !" effrénée.
Voir la queue de mon chef labourer ainsi cette gamine que je n'avais encore jamais croisée dans nos couloirs, c'était un spectacle à la fois malsain et bougrement plaisant. Un vrai documentaire sur la faune sauvage de la DGSS. Je me disais en mon for intérieur, en admirant le balancier des nichons de la petite, que tout le monde baisait avec tout le monde ici. C'était le Grand Partage, la communion des corps au service de l'État. Est-ce que c'était la même chose dans les autres ministères ? À Matignon ? À l'Élysée ? Est-ce que les décisions budgétaires se prenaient entre deux orgasmes sur un bureau Louis XV ?
Quoi qu'il en soit, j'ai su à cet instant précis que c'était ici que je voulais finir ma carrière. Et quand l'heure de la retraite sonnera, je reviendrai quand même en tant que consultant, juste pour honorer les nouvelles recrues, leur prodiguer de savants conseils techniques et leur faire profiter de mon expérience de vieux loup. La transmission du savoir, y a que ça de vrai.
Le vieux a fini par pousser un grognement de satisfaction qui aurait pu faire trembler les fondations de la piscine, la petite a vibré comme un téléphone sur vibreur, et le calme est soudain revenu dans la pièce,
C'est à ce moment précis que la blondinette a ouvert les yeux. En me voyant là, stoïque, assis à deux mètres d'elle comme si j'attendais mon tour à la Sécu, elle a eu un sursaut de carpe hors de l'eau. Ses yeux se sont agrandis, elle a bafouillé une sorte d'excuse incompréhensible, cherchant désespérément à recouvrir ce que la décence appelle l'intimité.
— Je… je… monsieur… Je n'avais pas vu que… bégaya-t-elle, rouge comme une pivoine.
C'est à ce moment précis que la blondinette a ouvert les yeux. En me voyant là, stoïque, assis à deux mètres d'elle comme si j'attendais mon tour à la Sécu, elle a eu un sursaut de carpe hors de l'eau. Ses yeux se sont agrandis, elle a bafouillé une sorte d'excuse incompréhensible, cherchant désespérément à recouvrir ce que la décence appelle l'intimité.
— Je… je… monsieur… Je n'avais pas vu que… bégaya-t-elle, rouge comme une pivoine.
Le Vieux, impérial, lui a posé une main protectrice sur la hanche pour la calmer avant de faire les présentations d'un ton on ne peut plus détaché.
— Du calme, ma petite. Je vous présente Fabrice Belmonte, notre meilleur agent de terrain. Fabrice, voici Véronique. Elle vient d'être embauchée aux archives. Elle venait m'apporter un dossier urgent sur une sale affaire de stups d'il y a une dizaine d'années sur laquelle on a reçu de nouveaux éléments. Et puis, de fil en aiguille…
— Et de fil en aiguille, je l'ai interrompu avec un sourire carnassier, elle a fini à poil sur votre queue. C'est fréquent ici, faut faire gaffe mademoiselle ! Dans les couloirs de la Piscine, ce sont des choses qui arrivent régulièrement. C'est l'humidité ambiante, ça favorise les glissements.
— Du calme, ma petite. Je vous présente Fabrice Belmonte, notre meilleur agent de terrain. Fabrice, voici Véronique. Elle vient d'être embauchée aux archives. Elle venait m'apporter un dossier urgent sur une sale affaire de stups d'il y a une dizaine d'années sur laquelle on a reçu de nouveaux éléments. Et puis, de fil en aiguille…
— Et de fil en aiguille, je l'ai interrompu avec un sourire carnassier, elle a fini à poil sur votre queue. C'est fréquent ici, faut faire gaffe mademoiselle ! Dans les couloirs de la Piscine, ce sont des choses qui arrivent régulièrement. C'est l'humidité ambiante, ça favorise les glissements.
Le Vieux a lâché un petit rire gras.
— C'est mon équipe, Véronique, ils ont l'œil partout. Merci pour votre excellent travail, on se revoit vite.
— C'est mon équipe, Véronique, ils ont l'œil partout. Merci pour votre excellent travail, on se revoit vite.
La petite a commencé à récupérer ses fringues éparpillées au sol. Mais au moment où elle tendait la main vers sa culotte, un petit triangle de coton blanc d'une pureté biblique, le Vieux a été plus rapide. Il a chopé le trophée, l'a porté à son nez et a aspiré le fumet de la blondinette avec une délectation de sommelier devant un grand cru.
— Ça, c'est pour moi, lui dit-il en fourrant le sous-vêtement dans sa poche. C'est ton cadeau de bienvenue !
Je me suis marré franchement.
— C'est les nouvelles employées qui font des cadeaux à leurs chefs maintenant ? Ça devrait être l'inverse, non ?
Le Vieux s'est tourné vers Véronique, l'œil pétillant de malice :
— Belmonte a raison. Tu veux mon caleçon en cadeau ?
La pauvre gamine a manqué de rendre son petit-déjeuner à cette idée. Elle a visualisé le slip kangourou de l'ancien, probablement fatigué par des décennies de bons et loyaux services, et a reculé d'un pas.
— Non, chef… Ça ira, merci… C'est très gentil mais non !
Elle a remonté son soutif en quatrième vitesse, enfilé sa robe, sauté dans ses escarpins et a quitté le bureau en manquant de se prendre les pieds dans le tapis, sous nos regards goguenards.
— Ça, c'est pour moi, lui dit-il en fourrant le sous-vêtement dans sa poche. C'est ton cadeau de bienvenue !
Je me suis marré franchement.
— C'est les nouvelles employées qui font des cadeaux à leurs chefs maintenant ? Ça devrait être l'inverse, non ?
Le Vieux s'est tourné vers Véronique, l'œil pétillant de malice :
— Belmonte a raison. Tu veux mon caleçon en cadeau ?
La pauvre gamine a manqué de rendre son petit-déjeuner à cette idée. Elle a visualisé le slip kangourou de l'ancien, probablement fatigué par des décennies de bons et loyaux services, et a reculé d'un pas.
— Non, chef… Ça ira, merci… C'est très gentil mais non !
Elle a remonté son soutif en quatrième vitesse, enfilé sa robe, sauté dans ses escarpins et a quitté le bureau en manquant de se prendre les pieds dans le tapis, sous nos regards goguenards.
— Bon, Belmonte ? Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? me dit-il enfin en remontant son pantalon et en remettant sa chemise en place, comme si de rien n'était.
— On a l'adresse, chef. Gennevilliers. On décolle dans dix minutes pour l'assaut final.
Le Vieux m'a gratifié d'un salut militaire un peu mou, tout en tapotant sa poche où reposait le trophée de Véronique. Je suis sorti de son bureau avec un sentiment de plénitude.
— On a l'adresse, chef. Gennevilliers. On décolle dans dix minutes pour l'assaut final.
Le Vieux m'a gratifié d'un salut militaire un peu mou, tout en tapotant sa poche où reposait le trophée de Véronique. Je suis sorti de son bureau avec un sentiment de plénitude.
Je suis descendu dans la cour d'honneur, là où la vieille C15 nous attendait. Milo, Soline, Inaya et Léonie étaient déjà en cercle autour du véhicule. Soline, appuyée contre la portière rouillée, vérifiait le tranchant de son couteau de combat. Elle a levé les yeux vers moi, un sourcil arqué.
— T'étais passé où, Fabrice ? On allait finir par croire que tu t'étais perdu entre le parking et l'ascenseur.
— J'allais faire mon rapport au Vieux, j'ai répondu en grimpant côté conducteur. Et je peux vous dire que le gaillard est en pleine forme pour son âge. La petite nouvelle des archives en a eu la primeur, elle était en train de lui polir les médailles sur le bureau. Par contre, si en rentrant il veut honorer madame, il va falloir qu'il s'enfile une boîte entière de pilules bleues, parce qu'il a tout donné sur le dossier des stups.
— T'étais passé où, Fabrice ? On allait finir par croire que tu t'étais perdu entre le parking et l'ascenseur.
— J'allais faire mon rapport au Vieux, j'ai répondu en grimpant côté conducteur. Et je peux vous dire que le gaillard est en pleine forme pour son âge. La petite nouvelle des archives en a eu la primeur, elle était en train de lui polir les médailles sur le bureau. Par contre, si en rentrant il veut honorer madame, il va falloir qu'il s'enfile une boîte entière de pilules bleues, parce qu'il a tout donné sur le dossier des stups.
— Classique, a commenté Soline en vérifiant la culasse de son arme. Le Vieux a toujours eu un penchant pour le mobilier de bureau bien galbé. Tant que la petite sait classer les dossiers entre deux galipettes, la République est sauve.
Léonie, qui finissait de sangler son sac à dos rempli de gadgets électroniques, a levé la tête avec un petit sourire malicieux.
— Elle s'appelle Véronique, a précisé la gamine. C'est une amie de la sœur du voisin de ma cousine. C'est moi qui ai glissé son CV en haut de la pile quand les archives cherchaient du sang neuf. Je l'ai croisée une fois ou deux, elle est vraiment mignonne, la petite Véro. D'ailleurs, dès qu'on a fini de sauver le monde et que j'ai cinq minutes de libre, je crois bien que je vais lui proposer un petit rencard. Elle a l'air d'avoir des choses à m'apprendre sur l'organisation des dossiers…
— Elle s'appelle Véronique, a précisé la gamine. C'est une amie de la sœur du voisin de ma cousine. C'est moi qui ai glissé son CV en haut de la pile quand les archives cherchaient du sang neuf. Je l'ai croisée une fois ou deux, elle est vraiment mignonne, la petite Véro. D'ailleurs, dès qu'on a fini de sauver le monde et que j'ai cinq minutes de libre, je crois bien que je vais lui proposer un petit rencard. Elle a l'air d'avoir des choses à m'apprendre sur l'organisation des dossiers…
J'ai jeté un regard à Soline. On a échangé un sourire paternel. Léonie grandissait vite, très vite. La relève de la DGSS n'était pas seulement assurée, elle était déjà en train de chasser sur les terres du patron.
— On verra tes conquêtes plus tard, Léonie, dit-il en démarrant le moteur poussif de la C15. Pour l'instant, on a une Ténébreuse à mettre en boîte.
On a quitté la piscine dans un nuage de fumée noire qui aurait fait faire un infarctus à n'importe quel militant écolo. La C15 sautait sur les pavés, les suspensions criant grâce à chaque nid-de-poule, mais on s'en foutait. L'adrénaline commençait à saturer l'habitacle, plus forte encore que l'odeur de vieux tabac froid qui imprégnait les sièges.
— On verra tes conquêtes plus tard, Léonie, dit-il en démarrant le moteur poussif de la C15. Pour l'instant, on a une Ténébreuse à mettre en boîte.
On a quitté la piscine dans un nuage de fumée noire qui aurait fait faire un infarctus à n'importe quel militant écolo. La C15 sautait sur les pavés, les suspensions criant grâce à chaque nid-de-poule, mais on s'en foutait. L'adrénaline commençait à saturer l'habitacle, plus forte encore que l'odeur de vieux tabac froid qui imprégnait les sièges.
Pendant que je conduisais, Soline s'est tournée vers l'arrière, où Inaya et Léonie finissaient de s'équiper dans le noir.
— Dis-moi, ma petite fée binaire, a lancé Soline avec un petit rire, ton plan avec Véronique, c'est pour l'organisation des dossiers ou pour vérifier si elle classe aussi bien les horizontales que les verticales ?
Léonie a rougi jusqu'aux oreilles, mais elle n'a pas baissé les yeux. Elle a fini de charger son dernier chargeur avec un claquement sec.
— Un peu des deux, Soline. Faut bien s'occuper entre deux missions, non ? Et puis, le Vieux a l'air d'avoir validé le matériel, alors je me dis que c'est une valeur sûre. Si c'est assez bon pour le chef, c'est largement assez bon pour moi.
— Dis-moi, ma petite fée binaire, a lancé Soline avec un petit rire, ton plan avec Véronique, c'est pour l'organisation des dossiers ou pour vérifier si elle classe aussi bien les horizontales que les verticales ?
Léonie a rougi jusqu'aux oreilles, mais elle n'a pas baissé les yeux. Elle a fini de charger son dernier chargeur avec un claquement sec.
— Un peu des deux, Soline. Faut bien s'occuper entre deux missions, non ? Et puis, le Vieux a l'air d'avoir validé le matériel, alors je me dis que c'est une valeur sûre. Si c'est assez bon pour le chef, c'est largement assez bon pour moi.
J'ai jeté un coup d'œil dans le rétro. On aurait dit des anges de l'apocalypse prêts à tomber sur une kermesse.
— On en reparlera si on s'en sort, j'ai coupé en prenant le virage serré vers les quais de Gennevilliers. Concentration, les filles. On arrive dans la zone rouge. Le prochain qui rigole, c'est qu'il a une balle dans le buffet.
— On en reparlera si on s'en sort, j'ai coupé en prenant le virage serré vers les quais de Gennevilliers. Concentration, les filles. On arrive dans la zone rouge. Le prochain qui rigole, c'est qu'il a une balle dans le buffet.
J'ai éteint les phares à cinq cents mètres de l'entrée de la distillerie. Le silence est retombé sur la camionnette, lourd comme une chape de plomb. Dans l'obscurité, on n'entendait plus que le tic-tac du moteur brûlant et le bruit métallique des percuteurs qu'on arme.
Le spectacle allait pouvoir commencer.
A suivre
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