00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Maitre_L La Chrysalide Noire XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

La Chrysalide Noire — Chapitre 11 · Episode XI

25 minutes
1.9k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Maitre_L
Maitre_L
Histoires publiées
37
Abonnés
81
J'aime cumulés
1.5k

La Chrysalide Noire

Chapitre 11 · Episode XI

LA CHRYSALIDE NOIRE
ÉPISODE XI
La porte blindée du repaire s'est refermée dans un claquement sinistre. La Cheffe ne courait plus, elle titubait. Sa main gantée de cuir était plaquée contre sa joue gauche, mais le sang arrivait à se frayer un chemin entre ses doigts, maculant son col d'une traînée pourpre. Elle a balancé son Glock sur une table de verre qui a failli voler en éclats.
Vauquelin était là, figé comme un piquet de clôture, les binocles embuées par l'humidité ambiante. En le voyant, la rage de la Cheffe a trouvé son exutoire. Elle s'est approchée de lui, lui a saisi le revers de sa blouse blanche et lui a balancé une gifle monumentale de sa main libre.
— Espèce de petit avorton ! a-t-elle craché, la voix déformée par la plaie qui lui tiraillait la mâchoire. Ton Suc de Circé est en train de virer à la flotte de vaisselle ! Marco est mort et j'ai failli y rester !
— Mais… mais Madame…, a bafouillé Vauquelin en ramassant ses lunettes, j'ai suivi les protocoles ! Si l'antidote a été versé, c'est que la sécurité a été percée !
— Ta gueule ! J'ai besoin de me vider la tête. Si je ne peux pas tuer cette rousse tout de suite, je vais au moins me servir de ce que j'ai sous la main.
Elle n'eut pas le temps de faire un pas de plus vers son "jouet" humain qu'une voix fraîche, presque enfantine mais tranchante comme un rasoir, s'éleva du fond de la pièce restée dans la pénombre.
— Du calme, ma chérie. La colère fait transpirer, et la sueur gâte le maquillage. Déjà que ta joue ressemble à un steak tartare mal préparé, n'en rajoute pas.
La Ténébreuse se figea, les muscles de son dos se tendant sous son cuir noir. Vauquelin, lui, devint livide, manquant de laisser retomber ses lunettes.
Julie Brûlefersortit de l'obscurité, balançant avec une grâce insolente ses hanches callipyges moulées dans un pantalon de satin blanc qui jurait avec la noirceur du repaire. Ses cheveux blond platine captaient la moindre lueur des écrans, encadrant un visage d'ange aux yeux vert émeraude qui semblaient sonder les âmes à la recherche de leurs fêlures.
— Brûlefer… cracha la Cheffe en se retournant. Qu'est-ce que tu fous là ? C'est mon secteur ici.
— Ton secteur est en train de devenir une annexe de la morgue, répliqua Julie avec un sourire qui ne touchait pas ses yeux. La Direction s'impatiente. Tes petits jeux avec Belmonte et sa rousse amusent la galerie, mais le calendrier ne souffre aucun retard. Si tu n'es plus capable de tenir tes nerfs, je reprendrai les rênes.
La Ténébreuse serra les poings, une lueur de haine pure traversant son regard, mais elle ne répondit rien. Il y avait dans le calme de la petite blonde quelque chose de bien plus terrifiant que ses propres accès de violence.
Julie s'approcha de Vauquelin, lui effleura la joue d'un doigt ganté, faisant sursauter le scientifique. 
— Travaille bien, mon petit docteur. Le Suc de Circé doit être prêt. Si tu échoues, je te promets que tu serviras de cobaye pour la version bêta.
Puis, sans un regard pour le carnage émotionnel qu'elle laissait derrière elle, elle pivota sur ses talons et s'éloigna. En passant devant un miroir, elle rajusta une mèche blonde et, d'un geste machinal que personne ne vit, elle tapota trois fois son oreille. Un signal. Le monde pouvait bien brûler, Julie Brûlefer, elle, gardait le contact avec l'invisible.
 
Elle a fait un signe sec, presque un ordre de mise à mort, à l'un des "nettoyeurs" qui montait la garde près de la porte blindée. C'était un grand balèze mutique, une machine à tuer aux yeux vides dont le seul but dans l'existence était d'obéir. D'un geste rageur, elle a arraché sa propre combinaison de cuir, les crans de la fermeture éclair hurlant sous la force. Le cuir a glissé au sol, révélélant un corps de déesse de marbre, d'une blancheur presque surnaturelle, seulement souillé par cette plaie béante à la joue qui continuait de perler sur son épaule.
— À genoux, les chiens ! a-t-elle rugi.
Elle a poussé Vauquelin sur le canapé de velours noir. Le binoclard tremblait tellement qu'on aurait dit un vibreur en fin de batterie. Elle s'est campée devant eux, les jambes écartées, et a empoigné leurs sexes d'une main ferme, presque brutale. Elle les a détaillés avec un dégoût non feint, un sourire cruel étirant sa joue blessée.
— Regardez-moi ça… C'est avec ces petits asticots que vous espérez conquérir le monde ? a-t-elle ricané en désignant le membre rétracté de Vauquelin. C'est grotesque. On dirait une erreur de la nature.
Elle les a forcés à se tenir l'un à côté de l'autre. Elle s'est agenouillée, prenant l'un puis l'autre en bouche dans une alternance frénétique. Ce n'était pas une fellation, c'était une agression. Ses dents frôlaient la peau, elle aspirait avec une force qui leur tirait des gémissements de douleur. Elle humiliait Vauquelin en comparant sa médiocrité à la raideur stupide du garde, les traitant de moins que rien, de déchets organiques dont elle disposait selon son bon plaisir.
Soudain, elle s'est redressée et a agrippé Vauquelin. Elle l'a balancé sur le dos et s'est positionnée à cheval sur lui. Elle s'est emparée de son sexe flasque et, d'un coup de rein autoritaire, elle s'est empalée dessus, s'enfonçant jusqu'au trognon. Vauquelin a poussé un cri étouffé, les yeux révulsés. Une fois bien au fond, sentant cette présence médiocre en elle, elle a fait un signe impérieux au garde resté debout.
— Derrière ! Maintenant !
Le colosse ne s'est pas fait prier. Il s'est positionné et a forcé le passage, s'engouffrant dans son cul avec la délicatesse d'un bulldozer. La Cheffe a jeté sa tête en arrière, sa blessure à la joue s'ouvrant un peu plus sous l'effort. Elle espérait que cette double pénétration, ce choc brutal des chairs, allait réparer son ego froissé. Elle voulait être déchirée, remplie, pour oublier l'échec de Choisy. Mais ça ne suffisait pas. Elle sentait le petit sexe de Vauquelin qui peinait à tenir la cadence sous elle.
— Changez de place ! Inversion ! a-t-elle ordonné dans un souffle rauque.
Elle s'est retournée, offrant son cul à Vauquelin tandis qu'elle accueillait le garde entre ses cuisses. Le scientifique essayait désespérément de satisfaire "Sa Seigneurie", mais son petit attribut semblait se perdre dans les profondeurs de la Ténébreuse. Elle l'insultait à chaque mouvement, lui criant qu'il n'était même pas capable de remplir un orifice correctement. Pourtant, sous l'assaut répété du garde et la maladresse humiliante de Vauquelin, elle a fini par jouir. Un orgasme de haine, violent, qui l'a laissée tremblante.
Elle s'est dégagée d'eux et s'est mise à genoux sur le velours, le visage tourné vers le haut, les yeux fixés sur le plafond comme si elle y voyait déjà sa vengeance.
— Finissez-en. Souillez-moi. Je veux sentir votre médiocrité sur mon visage.
Les deux hommes se sont exécutés, déversant leurs semences dans sa bouche et sur ses seins dans un ultime râle. Elle est restée un instant immobile, maculée, puis elle s'est levée d'un bond, ignorant le liquide qui coulait le long de son corps de marbre. Elle a désigné la porte au garde d'un geste dédaigneux.
— Dégage. Toi, Vauquelin, tu restes.
Elle a ramassé sa combinaison, s'est rhabillée sans même se nettoyer, emprisonnant le foutre et la sueur sous le cuir noir comme une armure de mépris. Elle a rajusté son col, a masqué sa plaie avec un pansement de fortune et a fixé Vauquelin qui tentait de reprendre contenance.
— Maintenant que tu as vidé tes couilles, tu vas remplir ta mission. Prends ton kit d'analyse. On va aux réservoirs de Montsouris. Et si tu me déçois encore une fois, ce ne sera pas ton cul que je déchirerai, mais ta gorge. Allez, bouge !
Vauquelin s'était engouffré dans la berline noire, le cul encore endolori par les assauts de la Cheffe et l'esprit embrumé par ce mélange de terreur et de dévotion. Il maudissait cette femme, il haïssait chaque centimètre de sa peau de marbre qui l'humiliait plus bas que terre, mais il ne pouvait s'empêcher de vibrer au moindre de ses ordres. C'était son drame : elle parvenait à le faire jouir sur commande, comme un automate bien huilé, tout en piétinant ce qui lui restait de dignité. Dans la voiture qui le menait vers son destin, il vérifiait nerveusement ses éprouvettes et ses réactifs, les mains tremblantes.
La voiture se gara à quelques mètres des réservoirs de Montsouris. Vauquelin sortit, sa mallette serrée contre lui. Sur le trottoir, une vieille dame promenait son caniche, un genre de rat à poil frisé qui reniflait les crottes avec passion.
— Bonsoir, monsieur, lança-t-elle avec la politesse des gens qui s'ennuient.
Vauquelin ne tourna même pas la tête. Il l'ignora royalement, le regard fixe, fuyant vers la grille d'entrée. La vieille resta plantée là, une lueur de méfiance dans les yeux. 
— Quel malotru, maugréa-t-elle. Et avec cette tête-là, il ne prépare sûrement pas une kermesse pour les orphelins…
Elle attendit de tourner dans la rue parallèle pour sortir son vieux téléphone et appeler la poulaga.
Au standard du commissariat le plus proche, le planton, un brave brigadier nommé Pichon[, prit l'appel en soupirant. Il commença par vouloir l'envoyer paître, habitué aux dénonciations de complots extraterrestres par les mamies du quartier. Mais elle insista tant, décrivant la mine patibulaire et l'air fuyant du type à mallette, que Pichon sentit un petit picotement derrière les oreilles.
— Bon, d'accord, Madame. Je transmets au commissaire de garde.
Il raccrocha, prit son courage à deux mains et se dirigea vers le bureau du patron. Le commissaire de garde, c'était pas Jojo le rigolo. Et son adjoint, c'était encore moins de la tarte à la crème. Le bruit courait dans les couloirs qu'il avait la baffe facile et la tartine de phalanges généreuse. Pichon n'avait aucune envie de goûter à la cuisine du gros.
Il frappa doucement. Un grondement de tonnerre, sourd et caverneux, émergea de derrière le battant. — Bordel de merde ! On peut pas pioncer tranquille dans cette baraque ?
— Ta gueule, Gros ! répondit une voix plus calme, plus chantante, mais non moins autoritaire. On est là pour bosser, pas pour faire la sieste sur le budget de l'État ! Entrez !
Pichon entra, la tête dans les épaules. Derrière le bureau, un homme élégant, la cravate impeccable et l'œil vif : le commissaire San-Antonio. Sur le divan fatigué qui criait grâce, une masse de viande impressionnante, le ventre débordant du pantalon, la trogne rubiconde et les cheveux en bataille : l'inspecteur Alexandre-Benoît Bérurier.
— M'sieur le commissaire, bafouilla Pichon, je viens de recevoir un appel pour un type louche aux réservoirs de Montsouris. Une vieille dame prétend qu'il a une tête de rat et qu'il manipule des trucs bizarres.
— Merci, Pichon. C'est noté. Vous pouvez disposer, dit San-A avec un petit sourire.
Dès que le planton eut fermé la porte, le Gros grogna de plus belle en se retournant sur son sofa. — Reviens pas nous faire chier avec tes conneries, mon gars ! J'suis en pleine digestion, j'ai les boyaux qui font la java !
— Putain, tu vas pas la fermer, Gros ? lança San-A en se levant. Tu vois pas que ça peut être important ?
— J'vois rien quand j'ai pas mangé, San-A, tu le sais bien ça ! s'emporta Bérurier en se grattant l'estomac. Faut que je bouffe, que je baise, et après seulement j'ai les connexions qui se font dans ma caboche, pas avant ! Là, j'ai le cerveau qui baigne dans le jus de saucisse !
— Oui, bah tu vas attendre, Béru. Si je me fie à mon intuition, c'est très louche ce truc. Ça ressemble vachement au portrait-robot du type que poursuit Belmonte. Je vais le prévenir, ça mange pas de pain.
San Antonio prit son téléphone, fit défiler son répertoire et appuya sur l'appel. Ça sonna une fois… deux fois… et enfin, à la troisième fois.
— Belmonte ? C'est San-A. On a un rat de laboratoire qui joue de l'éprouvette aux réservoirs de Montsouris. Une tête de vainqueur, le genre qui s'excuse d'exister mais qui pourrait empoisonner la moitié de la France pour un sourire de sa patronne. C'est pour toi ou je laisse Béru lui expliquer la vie avec ses grosses pognes ?
— Garde ton Gros au chaud, San-A. C'est mon client. On arrive. Je te revaudrai ça en bouteilles de Morgon, et des bonnes !
Je raccroche. Une lueur sauvage s'allume dans mes prunelles. Le rat est sorti du trou. Mais avant de foncer, je dois récupérer mes troupes. Je me dirige vers le bureau de Léonie, là où les trois gazelles sont censées terminer leurs rapports. J'avais voulu leur foutre la paix à leur retour, laisser la pression retomber dans les chaussettes. Rien de tel que de rédiger de la paperasse administrative pour ressouder une équipe après qu'elle a frôlé la correctionnelle.
J'arrive devant la porte de la petite Geek. Je m'apprête à frapper, juste par principe, quand un son me cloue sur place. Des gémissements. Pas des râles d'agonie, non. Des petits cris de plaisir, étouffés, humides, qui sentent bon la réconciliation charnelle. Je n'hésite qu'une demi-seconde — le temps de me dire que je suis un grand indélicat  et je pousse la porte.
Le spectacle qui se joue sous mes yeux est une merveille qui ferait passer le Louvre pour une brocante de village. Les trois filles sont là, nues comme des vers, allongées sur le tapis épais du bureau. Elles forment un triangle magique que même les mathématiciens les plus distingués de la fondation sciences et mathématiques de Paris n'auraient jamais osé mettre en équation. Je ne te parle pas de Milo là, non, je parle des vrais pontes, ceux qui ont des diplômes et des cravates. Ils n'auraient rien trouvé à redire à cette figure géométrique parfaite.
Elles se bouffent le minou mutuellement, une ronde de chairs blanches et ambrées où les langues et les doigts s'activent avec une gourmandise de naufragés. Soline, la rousse incendiaire, a la tête entre les cuisses d'Inaya, dévorant son sexe sombre avec une ferveur de dévote. Inaya, elle, est arc-boutée, une main dans les cheveux de Soline et l'autre enfouie jusqu'à la garde dans l'intimité de Léonie. La petite hackeuse, le visage inondé de larmes de joie et de sueur, est en train de prendre sa revanche sur la peur. Elle chevauche le visage de Soline tout en se laissant labourer par les doigts experts d'Inaya.
C'est un festival d'orifices offerts, une symphonie de claquements humides. Leurs peaux se collent, s'arrachent, se frottent dans un parfum de musc et de plaisir pur. Chacune savoure les caresses de l'autre, chacune explore les profondeurs de ses partenaires dans une solidarité que seul le danger partagé peut engendrer. Elles se préparent à leur façon pour la suite : en se gorgeant de vie.
Je reste là, le cigare aux lèvres, admirant la cambrure des reins, le balancement des seins qui s'écrasent les uns contre les autres, et l'éclat des sexes humides sous les néons tamisés. C'est beau comme une victoire.
— Bon, les filles, je grogne avec une tendresse bourrue, j'ai l'impression que le rapport de mission avance bien. Mais va falloir ranger les jouets. On a un rat à cueillir à Montsouris, et Soline, tu vas avoir besoin de tes dents pour autre chose que le clitoris d'Inaya.
Soline relève la tête, un filet de cyprine brillant sur sa lèvre supérieure, les yeux perdus dans le vague. Elle me décoche un sourire de prédatrice satisfaite.
— On arrive, Fabrice. Laisse-nous juste finir le dessert…
Les voir ainsi, en plein corps-à-corps gémissant, avait réveillé la bête qui sommeillait dans mon pantalon. Mon sexe ne demandait qu'à participer à ce magnifique tableau, à apporter sa touche finale à ce chef-d'œuvre de chair. Sautant sur l'occasion, je leur ai lancé avec ma finesse habituelle :
— En parlant de dessert, mes jolies, si vous voulez un peu de crème, j'ai du stock frais en magasin !
Léonie fut la première à réagir. Elle délaissa ses copines de jeux et s'avança vers moi à quatre pattes, ondulant comme une louve affamée. Son regard perçait mon caleçon comme une balle de neuf millimètres traverse le buffet d'un voyou avant de l'envoyer voir si l'herbe est plus verte chez Lucifer.
— Très bonne idée, ça, Fabrice, murmura-t-elle en s'agrippant à mon cuir, dégraffant ma ceinture et ma braguette d'une main experte pour libérer la bête.
Le falzar sur les chevilles, j'ai laissé mon engin jaillir, sombre et orgueilleux. La petite a émis un sifflement d'admiration devant le calibre de l'objet. Sans attendre son reste, elle l'a engouffré dans sa bouche avec la ferveur d'une Éthiopienne devant un sac de riz de la Croix-Rouge. Elle fut rapidement rejointe par Inaya, qui ne voulait pas laisser sa part aux chiens.
Soline, elle, resta un peu en retrait. Elle connaissait la musique, elle savait par cœur la dureté de l'objet de leurs envies, chaque centimètre de peau, chaque veine saillante que leurs lèvres découvraient. Elle savait le goût de mon plaisir qui allait bientôt inonder leurs palais délicats. En bonne copine, elle les laissa savourer l'instant, se contentant de me décocher un sourire complice tout en reprenant ses caresses sur leurs deux culs simultanément. Elle avait deux mains, quatre trous à disposition ; le calcul était vite fait, c'était largement assez pour l'occuper.
Leurs gémissements devinrent plus intenses, étouffés par mon mandrin plongé entre leurs lèvres et secoués par les doigts agiles de Soline qui les labouraient sans trêve. Les deux demoiselles décollent pour le firmament en même temps, m'emmenant avec elles dans un râle de gorille en rut. Je libérai ma semence, une giclée épaisse et brûlante, dans leurs bouches savoureuses. Il y en avait largement assez pour rassasier ces deux voraces.
Quand la source fut tarie, Léonie se tourna vers Soline, la bouche encore pleine de mon offrande, et l'embrassa à pleine bouche. Elles partagèrent le liquide visqueux dans un échange de langues passionné, une communion de salives et de foutre avant que la petite ne l'avale goulûment, les yeux brillants.
Soline se redressa alors, réajustant ses cheveux en bataille : 
— Laissons ces deux bombasses reprendre leurs esprits, Fabrice. Elles ont eu assez d'émotions pour ce soir. Laisse-moi le temps de me rhabiller et je suis à toi.
Je remballai le matos, au grand regret de ces demoiselles qui auraient volontiers prolongé le banquet jusqu'à l'aube. — Je t'attends dans mon bureau, ma rousse. Et mesdemoiselles, bravo encore pour la mission de ce soir. Vous avez assuré comme des chefs, mais maintenant, il faut vous reposer. Vous l'avez mérité.
Je sortis du bureau, le pas plus léger mais l'esprit déjà tourné vers Montsouris. Dix minutes plus tard, Soline me rejoignait, glissée dans un jean serré et un blouson de cuir noir qui dissimulait son Glock. Elle sentait encore le parfum des filles et le mien, un cocktail de phéromones qui aurait fait dresser les poils d'un ours polaire.
— Prête pour la chasse au rat ? Je lui ai demandé en vérifiant mon propre chargeur.
— J'ai toujours une petite place pour le ramassage des ordures, a-t-elle répondu avec ce petit éclat sauvage dans le regard que j'aime tant.
On a filé vers le parking souterrain. Inaya avait déjà sorti la DS noire, la discrète, celle qui se fond dans les ombres de Paris comme une larme dans la Seine. Direction le sud, les réservoirs de Montsouris. Le pauvre Vauquelin ne savait pas encore que sa soirée, déjà bien entamée par les caprices de sa patronne, allait se terminer dans les mains beaucoup moins tendres de la DGSS.
On a quitté la Piscine avec le sentiment du devoir accompli, mais l'image de ces trois gazelles restait gravée sur ma rétine comme une brûlure de cigarette sur un canapé en cuir. En remontant dans la DS, je ne pouvais m'empêcher de repenser à leurs visages une fois la tempête passée.
C'est un truc que les jeunes loups de la nouvelle école ne comprendront jamais, trop occupés qu'ils sont à compter leurs exploits comme on compte des points au flipper. Il y a une beauté sacrée dans le visage d'une femme qui vient de rendre les armes devant le plaisir, une sorte de paix sauvage que rien d'autre au monde ne peut égaler. Voir leurs traits se décrisper, la tension s'évaporer pour laisser place à cette langueur un peu absente, c'est presque aussi jouissif que de les voir le prendre, ce plaisir. 
C'est le moment où le masque tombe, où l'agent secret, la hackeuse ou la pilote s'efface pour laisser place à la vérité nue des sens. Leurs regards deviennent vitreux, d'un éclat perlé qui rappelle la rosée du matin sur une carrosserie de voiture de sport. Il y a cette petite moue de satisfaction au coin des lèvres, un demi-sourire qui en dit plus long sur la condition humaine que tous les bouquins de philosophie de la Sorbonne. On y lit une gratitude muette, une complicité qui se passe de mots et qui vous lie plus sûrement qu'un contrat de mariage. Leurs pommettes sont encore roses, irriguées par ce sang qui a battu la chamade, offrant au monde un spectacle de vitalité pure. C'est la récompense suprême du mâle, ce calme plat après l'ouragan, cette certitude d'avoir éteint l'incendie pour un temps. 
On se sent alors comme un conquérant qui contemple son empire, non pas avec orgueil, mais avec une tendresse infinie pour cette vulnérabilité magnifique. C'est le moment où elles sont les plus belles, parce qu'elles sont enfin rassasiées, calmes, débarrassées des scories de la peur et de la trahison. On pourrait passer des heures à les regarder ainsi, à guetter le retour de la respiration normale, à savourer cette parenthèse d'éternité dans un monde qui part en couilles. C'est la seule vraie victoire que l'on emporte vraiment avec soi, un trésor de guerre qu'aucune hiérarchie ne peut vous confisquer. Et à voir Soline à mes côtés, encore un peu habitée par cette grâce post-orgasmique, je me disais que pour des moments pareils, je serais prêt à recommencer la guerre de Cent Ans.
Mais la nostalgie, c'est comme le bon vin : faut pas en abuser si on veut garder l'œil clair. Je me suis reconcentré sur la route. Paris défilait, sombre et mystérieuse, comme une catin qui cache ses rides sous le maquillage des réverbères.
— Tu penses à quoi, Fabrice ? m'a demandé Soline en ajustant son étui sous son bras. T'as le regard d'un gosse devant une vitrine de jouets.
— Je pense à la beauté du monde, ma rousse. Et au fait que le rat de Montsouris va nous gâcher la fin de soirée si on ne se dépêche pas.
On est arrivés devant les grilles du réservoir. L'endroit était sinistre, une architecture de fer et de pierre qui semblait attendre son sacrifice. La berline de Vauquelin était là, moteur coupé, comme un reproche. On a aperçu la silhouette du binoclard qui s'agitait près d'une bouche d'accès, sa petite lampe frontale balayant l'obscurité comme un phare borgne.
On est sortis de la DS avec la souplesse des ombres. Soline est passée par la gauche, moi par la droite. Le pauvre type était tellement concentré sur ses analyses qu'il ne nous a pas entendus arriver. Il tenait une éprouvette avec une sorte de fétichisme dégoûtant, murmurant des chiffres entre ses dents.
Soline est apparue la première, son Glock calé contre la tempe du scientifique.
— Alors, Monsieur le Professeur ? On fait ses petites expériences nocturnes sans demander l'autorisation à la mairie ?
Vauquelin a sursauté, manquant de s'étouffer avec sa propre salive. Son éprouvette a failli lui échapper des doigts. Il a tourné la tête, ses lunettes glissant sur son nez plein de sueur.
— Vous ! a-t-il piaillé. Mais… que faites-vous ici ?
Je suis sorti de la pénombre, mes mains croisées derrière mon dos, l'air d'un inspecteur des impôts qui vient annoncer un redressement fiscal définitif.
— On vient prendre des nouvelles de la santé publique, Vauquelin. Et comme t'as l'air d'avoir la main légère sur les dosages, on s'est dit qu'on allait t'aider à réviser tes classiques.
Je lui ai balancé une première mandale, une vraie, de celles qui vous remettent les idées en place et les vertèbres en vrac. Il a basculé en arrière, ses lunettes volant dans le caniveau dans un petit bruit de cristal brisé.
— Allez, hop, au coffre ! j'ai ordonné. Soline, aide ce monsieur à s'installer confortablement. On rentre à la piscine. On a une petite "conférence" à huis clos qui l'attend. Et je sens qu'il va être très, très bavard.
 
On a chopé le binoclard par la peau du cou et le fond du pantalon. Il se débattait comme un gardon hors de l'eau, piaillant des excuses qui nous faisaient l'effet d'une pluie de grêle sur une plaque d'égout.
— Allez, hop ! J'ai grogné. Au placard, le savant fou !
D'un geste qui ne souffrait aucune discussion, on l'a balancé sans ménagement dans le coffre de la DS. Soline a dû forcer un peu sur ses jambes pour que le couvercle puisse se rabattre. On l'a calé entre la roue de secours, une vieille caisse de grenades fumigènes et un bidon d'huile de vidange entamé. J'ai claqué le coffre d'un coup sec, étouffant net son dernier gémissement.
— Voilà qui est mieux, a soupiré Soline en s'essuyant les mains sur son jean. Il sera au frais pour réfléchir à ses péchés.
Je me suis glissé derrière le volant de la DS, faisant ronronner le moteur avec cette satisfaction sourde du prédateur qui rentre au bercail avec son trophée. Soline s'est installée à mes côtés, s'enfonçant dans le cuir du siège passager avec un soupir de contentement. On était seuls, enfin.
J'ai engagé la première et la DS a quitté les abords de Montsouris comme une ombre sur un tapis de velours. Le silence s'est installé dans l'habitacle, si on faisait abstraction des petits coups sourds que le rat donnait contre la tôle du coffre de temps en temps.
Soline s'est calée contre moi, sa tête reposant sur mon épaule. Je sentais encore la chaleur de sa peau sous son blouson, un contraste saisissant avec la froideur de la carlingue et la violence de la nuit.
— Tu sais, Fabrice…, murmura-t-elle, les yeux fixés sur les lumières de Paris qui défilaient sur le pare-brise. J'éprouve une drôle d'affection pour cette petite Léonie. Elle a un truc… une pureté que le terrain n'a pas encore réussi à flinguer. Si je n'y prenais pas garde, je pourrais presque tomber amoureuse d'elle, si je me laissais vraiment aller.
Je l'ai serrée un peu plus fort contre moi, sentant son parfum de femme et de poudre se mêler à l'odeur du tabac froid.
— Tu aurais tort de te priver, ma rousse. Elle est très bien cette petite. Mais c'est impossible. Elle arrive trop tard.
Elle a relevé la tête, un sourcil arqué, avec ce petit air de défi qui me fera toujours craquer.
— Ah bon ? Et pourquoi donc, Monsieur le Grand Sage ?
— Parce que tu es déjà amoureuse de moi, et je ne suis pas sûr que Léonie soit partante pour un ménage à trois perpétuel. Sans compter que la polygamie est formellement interdite en France, ma belle. Tu ne peux pas te marier avec elle, pour la simple et bonne raison que tu seras déjà mariée avec moi.
Soline a marqué un temps d'arrêt, puis elle a éclaté de ce rire cristallin qui me fera toujours monter les larmes aux yeux, un rire franc et superbe qui a dû résonner jusque dans le coffre pour désespérer un peu plus Vauquelin.
Puis, redevenant sérieuse, elle m'a glissé à l'oreille, d'une voix chargée d'une promesse plus forte que tous les serments de la République :
— C'est une demande officielle, ça ? Une vraie demande en mariage entre deux giclées de sang et un kidnapping ?
— C'est ce que j'ai de plus officiel en magasin, ma rousse. À prendre ou à laisser.
— Je prends, a-t-elle murmuré en m'embrassant sur la joue. Mais seulement si c'est San-A qui nous sert de témoin et Béru qui prépare le banquet.
— Accordé.
La DS a fendu la nuit en direction de la Piscine. On avait le rat dans le coffre, l'amour à l'avant, et une guerre à finir. Paris pouvait dormir tranquille.
 
 
À suivre…
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 12 · Episode XII
22 minutes
2.4k
7
1
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer le commentaire
SetS_5
16 février 2026 à 19:01
J’en redemande encore et encore…. une saga façon Frédéric Dard.

Merci pour ces bons moments de lecture.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Villou Les lucioles XSTORY
Les lucioles
Chapitre unique
Par Villou
82
4
17.9k
Bi
✦ yug0lit0 Succube XSTORY
Succube
Chapitre 3
Par yug0lit0
36
1
4.4k
Hétéro
✦ Jane Does Leçon d'humilité XSTORY
Leçon d'humilité
Chapitre 4
Par Jane Does
47
3
3.6k
Hétéro
✦ Jane Does Au fil des jours XSTORY
Au fil des jours
Chapitre 2
Par Jane Does
78
7
2.7k
Hétéro
✦ Baranja95 Les garces XSTORY
Les garces
Chapitre 1
Par Baranja95
45
1
7.2k
Hétéro
✦ theo246leretour Gang et perversités XSTORY
Gang et perversités
Chapitre unique
Par theo246leretour
45
0
7.7k
Hétéro
✦ Sin-A-Moon Chroniques de Nemopolis XSTORY
Chroniques de Nemopolis
Chapitre unique
Par Sin-A-Moon
68
59
2.7k
Hétéro
✦ Korbak76 Amoureuse de ma famille XSTORY
Amoureuse de ma famille
Chapitre 7
Par Korbak76
59
0
5.1k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio