Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Chrysalide Noire — Chapitre 14 · Episode XIV
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Chrysalide Noire
Chapitre 14 · Episode XIV
LA CHRYSALIDE NOIRE
ÉPISODE XIV
Le grand cirque officiel a fini par débarquer avec ses flonflons de gyrophares et ses types en combinaisons de cosmonautes qui s'agitaient autour des cuves comme des fourmis sur un morceau de sucre. Mirabeau avait dû passer quelques coups de fil bien sentis, car les flics du secteur nous ont regardés passer sans poser de questions, avec ce mélange de respect et de trouille qu'inspirent les types qui bossent pour les services dont on ne prononce pas le nom.
On s'est retrouvés deux heures plus tard dans notre nouvelle planque : un ancien atelier d'artiste sous les toits de Belleville. Un truc avec de grandes verrières qui laissaient entrer une lune blafarde et assez de poussière pour étouffer un régiment de hussards.
Soline était en train de maugréer contre sa mâchoire quand le silence de l'atelier a volé en éclats. Ce ne fut pas un bruissement, mais un fracas de verre trempé. La verrière centrale a littéralement explosé sous l'impact d'une silhouette sombre qui a traversé l'espace comme un boulet de canon.
En un éclair, le décor a changé. Inaya a fait culbuter sa chaise et a épaulé son Accuracy dans un mouvement fluide, le doigt déjà sur la détente. Soline, malgré sa joue en compote, a bondi sur ses pieds, son Beretta pointé droit sur l'intruse. Même Léonie s'était jetée derrière son bureau, le souffle court.
En un éclair, le décor a changé. Inaya a fait culbuter sa chaise et a épaulé son Accuracy dans un mouvement fluide, le doigt déjà sur la détente. Soline, malgré sa joue en compote, a bondi sur ses pieds, son Beretta pointé droit sur l'intruse. Même Léonie s'était jetée derrière son bureau, le souffle court.
Au milieu des débris de verre qui scintillaient comme des diamants sous la lune, la silhouette s'est redressée.
Elle n'avait pas bougé, ignorant superbement les trois bouches à feu braquées sur son matricule.
Elle a lissé son trench de cuir beige d'un geste d'une lenteur provocante, laissant ses yeux vert émeraude sonder l'obscurité avant de s'ancrer dans les miens.
— On se calme, les enfants, lança-t-elle d'une voix qui avait la texture de la soie et le tranchant d'un scalpel. Si j'avais voulu vous transformer en passoires, vous seriez déjà en train de refroidir sur le parquet.
— Qui t'es, la blonde ? a craché Soline, le cran de sûreté de son flingue claquant dans le silence. Donne-moi une seule raison de ne pas te refaire le portrait, tout de suite.
Elle n'avait pas bougé, ignorant superbement les trois bouches à feu braquées sur son matricule.
Elle a lissé son trench de cuir beige d'un geste d'une lenteur provocante, laissant ses yeux vert émeraude sonder l'obscurité avant de s'ancrer dans les miens.
— On se calme, les enfants, lança-t-elle d'une voix qui avait la texture de la soie et le tranchant d'un scalpel. Si j'avais voulu vous transformer en passoires, vous seriez déjà en train de refroidir sur le parquet.
— Qui t'es, la blonde ? a craché Soline, le cran de sûreté de son flingue claquant dans le silence. Donne-moi une seule raison de ne pas te refaire le portrait, tout de suite.
Julie a esquissé un sourire glacé. Elle a levé les mains, mais sans aucune soumission, juste pour montrer qu'elle était à vide.
— Je m'appelle Julie Brûlefer. Je bosse pour une section dont l'existence même est un secret d'État, alors ne me demandez pas ma carte de visite. Disons que je suis votre ange gardien, celui qui n'aime pas que la France se transforme en laboratoire à ciel ouvert.
— Je m'appelle Julie Brûlefer. Je bosse pour une section dont l'existence même est un secret d'État, alors ne me demandez pas ma carte de visite. Disons que je suis votre ange gardien, celui qui n'aime pas que la France se transforme en laboratoire à ciel ouvert.
Elle a fait un pas en avant, la botte crissant sur le verre brisé. Inaya a raffermi sa prise, l'œil collé à la lunette.
— Pose ton jouet, la grande, a repris Julie sans même la regarder. Je ne suis pas là pour vous piquer votre mission, mais pour m'assurer que vous la terminiez. Ma section ne peut pas intervenir officiellement sans déclencher une guerre civile au sommet. Alors, j'ai besoin de types comme vous. Des électrons libres. Des poètes de la gâchette qui n'ont rien à perdre.
— Pose ton jouet, la grande, a repris Julie sans même la regarder. Je ne suis pas là pour vous piquer votre mission, mais pour m'assurer que vous la terminiez. Ma section ne peut pas intervenir officiellement sans déclencher une guerre civile au sommet. Alors, j'ai besoin de types comme vous. Des électrons libres. Des poètes de la gâchette qui n'ont rien à perdre.
Elle m'a fixé, un éclat d'ironie dans ses émeraudes.
— Belmonte, vous avez le Suc de Circé aux trousses et une armée de cinglés qui s'apprête à faire sauter le verrou mondial. Je vous apporte la cible sur un plateau d'argent. On peut se flinguer ici si ça vous chante, ou on peut aller s'occuper de celle qui vous a humilié à la distillerie.
— Tu parles de qui ? a grogné Soline, un peu moins tendue mais toujours méfiante.
— De la femme qui vous a cueillie, ma grande. Elle se nomme Olympe de La Tour-Sanglante. Une aristocrate passée au service de la Chrysalide. Elle est en route pour son haras en Normandie, et c'est là que tout va se jouer.
— Belmonte, vous avez le Suc de Circé aux trousses et une armée de cinglés qui s'apprête à faire sauter le verrou mondial. Je vous apporte la cible sur un plateau d'argent. On peut se flinguer ici si ça vous chante, ou on peut aller s'occuper de celle qui vous a humilié à la distillerie.
— Tu parles de qui ? a grogné Soline, un peu moins tendue mais toujours méfiante.
— De la femme qui vous a cueillie, ma grande. Elle se nomme Olympe de La Tour-Sanglante. Une aristocrate passée au service de la Chrysalide. Elle est en route pour son haras en Normandie, et c'est là que tout va se jouer.
Le silence est retombé, pesant. On se regardait en chiens de faïence, le sang battant encore dans les tempes. Mais Julie dégageait une assurance, une sorte de vérité brute qui commençait à fissurer notre méfiance.
Julie Brûlefer laissa planer un silence lourd de sous-entendus, ses yeux d'émeraude ne quittant pas les miens. Elle savait exactement quel effet sa présence et son cuir produisait sur le mâle Belmonte. Elle sentait le courant électrique qui me parcourait l'échine.
D'un geste qui tenait plus de la provocation que de la pudeur, elle défit la fermeture de son trench. Le cuir s'ouvrit dans un râle de soie, révélant une guêpière de dentelle noire qui semblait avoir été sculptée à même sa peau de porcelaine. Ses seins, deux bombes de nacre aux sommets arrogants, défiaient la pesanteur et ma santé mentale.
D'un geste qui tenait plus de la provocation que de la pudeur, elle défit la fermeture de son trench. Le cuir s'ouvrit dans un râle de soie, révélant une guêpière de dentelle noire qui semblait avoir été sculptée à même sa peau de porcelaine. Ses seins, deux bombes de nacre aux sommets arrogants, défiaient la pesanteur et ma santé mentale.
Soline accuse le coup. Elle vit mon regard s'attarder une fraction de seconde de trop sur la courbe des hanches de la blonde, et je sentis ses griffes se planter dans mon bras. Mais ma rousse est une pragmatique de la volupté. Puisqu'on devait pactiser avec l'ennemie, autant le faire en explorant toutes les options diplomatiques.
Elle se leva, arracha son propre t-shirt d'un geste furieux, libérant sa poitrine incendiaire qui palpitait de rage et d'envie. Elle se posta face à Julie, le nez à deux pouces du sien.
— Je ne te fais pas confiance, la blonde, siffla Soline. Ton matricule est peut-être classé secret défense, mais ton cul, lui, il est bien réel. Et si tu crois que tu vas nous mener par le bout du pif avec ton numéro de strip-tease…
— Je ne te fais pas confiance, la blonde, siffla Soline. Ton matricule est peut-être classé secret défense, mais ton cul, lui, il est bien réel. Et si tu crois que tu vas nous mener par le bout du pif avec ton numéro de strip-tease…
Elle n'acheva pas sa phrase. Elle plaqua ses mains sur les joues de Julie et l'embrassa avec une violence de possédée. Et ca, mes amis , c'était une perquisition buccale. Julie répondit avec une ferveur égale, ses mains de fée tueuse s'égarant déjà sous la ceinture de Soline.
Je n'attendis pas le carton d'invitation. Ma braguette rendit l'âme dans un craquement victorieux et mon instrument de justice, gonflé comme une voile de galion par vent de force neuf, jaillit dans la lumière crue de la lune. Il était là, rouge d'impatience, battant la mesure contre mon ventre.
Ce fut une joute magnifique, une boucherie de luxe. Soline se jeta sur le corps de Julie avec une gourmandise agressive, ses lèvres de feu parcourant la peau laiteuse de la blonde avec une faim de louve. Elle lui dévorait les seins, ses dents agaçant les tétons sombres de Julie qui durcissaient sous l'assaut, tandis que ses doigts s'enfonçaient déjà avec fureur dans la toison d'or de la "petite" de la Section 9. On entendait le bruit mouillé des caresses, ce clapotis de luxure qui vous fait bouillir le sang.
Ce fut une joute magnifique, une boucherie de luxe. Soline se jeta sur le corps de Julie avec une gourmandise agressive, ses lèvres de feu parcourant la peau laiteuse de la blonde avec une faim de louve. Elle lui dévorait les seins, ses dents agaçant les tétons sombres de Julie qui durcissaient sous l'assaut, tandis que ses doigts s'enfonçaient déjà avec fureur dans la toison d'or de la "petite" de la Section 9. On entendait le bruit mouillé des caresses, ce clapotis de luxure qui vous fait bouillir le sang.
Julie ne restait pas en reste. Elle s'agenouilla devant moi, ses yeux d'émeraude brillant d'un défi provocateur. Elle empoigna mon membre à pleines mains, sa peau fraîche contrastant avec ma chaleur de brasier, et l'engloutit d'un coup. Je sentis la succion experte, la chaleur de sa gorge, le jeu de sa langue qui me parcourait le gland avec une précision de mécanicienne de pointe.
Soline, pendant ce temps, s'était glissée derrière la blonde. Elle lui labourait la croupe de ses mains rousses, ses doigts explorant l'autre entrée avec une autorité de propriétaire. Mais elle ne me lâchait pas du regard. À chaque fois que je laissais échapper un râle de plaisir sous la langue de Julie, Soline se rapprochait, m'agrippait, m'ancrant dans sa propre chair, ses doigts s'enfonçant dans ma cuisse pour me rappeler qui tenait les rênes.
— Tu aimes ça, hein, Belmonte ? grogna Soline, sa propre main s'agitant avec frénésie entre ses jambes alors qu'elle s'offrait à mes yeux. Tu aimes la goûter, cette blondasse ?
— Tu aimes ça, hein, Belmonte ? grogna Soline, sa propre main s'agitant avec frénésie entre ses jambes alors qu'elle s'offrait à mes yeux. Tu aimes la goûter, cette blondasse ?
Elle s'empara de moi, écartant Julie pour s'empaler sur mon soc de charrue avec une sauvagerie qui faillit me faire tout lâcher d'un coup. On était un seul bloc de viande vibrante, de sueur et de cris. Julie, loin d'être en reste, s'allongea sous nous, ses mains pétrissant ses propres seins laiteux, sa bouche attendant le moindre centimètre de peau à dévorer.
Le final, Ne fut pas une explosion, c'était Hiroshima dans un bocal à cornichons. J'ai déchargé ma purée de mômes avec un hurlement de goret qu'on égorge, aspergeant les nichons de la blonde et la devanture de ma rousse comme si je voulais repeindre le plafond à la chaux. C'était du grand art, de la fresque pour église de débauche. Les deux gazelles se sont frotté les airbags l'une contre l'autre pour étaler la sauce, luisantes comme des sardines à l'huile sous le loupiot de la lune.
L'atelier puait la marée, le musc et la baise de haut vol. Le silence est retombé, lourd comme un couvercle de cercueil.
Léonie, d'ordinaire si sage derrière ses écrans, avait complètement abandonné ses lignes de code. Elle était accroupie par terre, le dos contre le radiateur, ses lunettes de vue un peu de travers. Elle ne perdait pas une miette de la gymnastique, ses petits doigts agiles s'égarant avec une cadence frénétique sous son short en jean, les yeux écarquillés devant le va-et-vient de mon piston de justice qui s'enfonçait tour à tour dans la chair d'albâtre de Julie et la cambrure volcanique de Soline. Elle respirait par saccades, les joues rouges comme une pomme d'amour, le souffle court à chaque râle qui s'échappait de la mêlée.
Inaya, elle, restait campée près de la fenêtre, son Accuracy à portée de main. Elle surveillait la rue, certes, mais son regard sombre faisait des allers-retours incessants vers le centre de la pièce. Sa main libre descendait le long de sa cuisse d'ébène, faisant remonter sa jupe tactique pour aller explorer ses propres jardins secrets. Elle restait droite, impériale, mais ses narines frémissaient à l'odeur du sexe et de la sueur qui saturait l'air. Elle se léchait les lèvres avec une lenteur de fauve qui attend son heure, ses yeux noirs brillant d'une envie qui aurait fait fondre un glacier.
Quand le calme est revenu, laissant derrière lui une mare de plaisir et trois corps enchevêtrés, Léonie a laissé échapper un long soupir, presque un sanglot de frustration.
Quand le calme est revenu, laissant derrière lui une mare de plaisir et trois corps enchevêtrés, Léonie a laissé échapper un long soupir, presque un sanglot de frustration.
— Patron… a-t-elle murmuré d'une voix étranglée, c'est pas humain de nous laisser sur le banc de touche avec un film pareil. J'ai la tablette qui surchauffe, et c'est pas à cause du processeur.
Inaya a lâché sa garde, sa main encore humide se posant sur ma hanche alors qu'elle s'approchait du groupe, majestueuse de désir contenu.
— La patience est une vertu, commissaire, a-t-elle glissé de sa voix de velours profond. Mais même les meilleures vertus ont leurs limites.
— La patience est une vertu, commissaire, a-t-elle glissé de sa voix de velours profond. Mais même les meilleures vertus ont leurs limites.
J'ai redressé la tête, essuyant une goutte de sueur qui me brûlait l'œil. J'ai regardé mes deux guerrières qui réclamaient, elles aussi, de passer à la casserole de l'amour.
— Du calme, les filles, ai-je grogné avec un sourire de vieux loup satisfait. Chaque chose en son temps. La Normandie, c'est long, et les nuits sont fraîches dans les haras. Je vous promets que dès qu'Olympe aura mordu la poussière, ce sera votre tour de passer au débriefing. Et je vous garantis qu'on ne fera pas dans le travail de bureau.
Julie a lancé un clin d'œil complice à Léonie en se rhabillant.
— Écoute-le, petite. Le patron a de la réserve. Et je me ferai un plaisir de l'aider à tenir ses promesses.
— Écoute-le, petite. Le patron a de la réserve. Et je me ferai un plaisir de l'aider à tenir ses promesses.
Soline s'est étirée, magnifique de nudité dans la lueur bleue de la nuit, jetant un regard presque tendre à ses deux comparses.
— Allez, rhabillez-vous. On a une aristocrate à éparpiller. Mais Fabrice a raison : après la bagarre, on se fera une séance de rattrapage collective. Personne ne rentrera à Paris avec les mains vides… ou les reins légers.
— Allez, rhabillez-vous. On a une aristocrate à éparpiller. Mais Fabrice a raison : après la bagarre, on se fera une séance de rattrapage collective. Personne ne rentrera à Paris avec les mains vides… ou les reins légers.
Julie s'est relevée la première, rajustant son cuir sur sa peau encore trempée de mon nectar. Elle s'est essuyée d'un revers de main, retrouvant sa tronche de porte-flingue de la haute en moins de deux. Elle a fouillé dans son fourbi et a fait tinter un truc sur la table basse : une clé USB dorée, clinquante comme un lingot du Crédit Lyonnais.
— Tenez, Belmonte. C'est le sésame pour l'abattoir normand. Plans, codes, fréquences… y'a tout le pédigrée du haras. Olympe n'y fait pas que de la saillie de percherons, elle y cuisine la fin du monde dans sa cave de luxe.
Léonie a sauté sur le bitoniau comme un mort de faim sur un jambon-beurre. Julie s'est tournée vers la verrière éclatée, le vent de la nuit lui faisant claquer le cuir sur les fesses.
— Écoutez-moi bien, les loulous. On est à Paname, et le Calvados, ça se gagne à la force du jarret. Il vous faut trois plombes de route, et je veux pas de gueules de bois au volant. Allez vous pieuter. Reposez-vous, bouffez de la bidoche, astiquez vos pétoires. On va pas se pointer à l'aube comme des cons, c'est le meilleur moyen de finir en pâté de campagne.
— Écoutez-moi bien, les loulous. On est à Paname, et le Calvados, ça se gagne à la force du jarret. Il vous faut trois plombes de route, et je veux pas de gueules de bois au volant. Allez vous pieuter. Reposez-vous, bouffez de la bidoche, astiquez vos pétoires. On va pas se pointer à l'aube comme des cons, c'est le meilleur moyen de finir en pâté de campagne.
Elle m'a lancé un regard d'émeraude qui m'a fait frétiller l'asticot une dernière fois.
— Je vous donne rendez-vous demain, quand le soleil sera allé se coucher ailleurs, devant les grilles du château. L'obscurité, y a que ça de vrai pour niquer les radars de La Tour-Sanglante. Soyez pas à la bourre, Belmonte. J'ai horreur de faire le poireau dans le brouillard normand.
Elle a fait un clin d'œil à Soline qui la surveillait toujours avec une envie de lui refaire la façade malgré le plaisir et elle a sauté dans le vide.
Ma rousse s'est laissée couler sur le velours, les yeux dans les choux.
— Je vous donne rendez-vous demain, quand le soleil sera allé se coucher ailleurs, devant les grilles du château. L'obscurité, y a que ça de vrai pour niquer les radars de La Tour-Sanglante. Soyez pas à la bourre, Belmonte. J'ai horreur de faire le poireau dans le brouillard normand.
Elle a fait un clin d'œil à Soline qui la surveillait toujours avec une envie de lui refaire la façade malgré le plaisir et elle a sauté dans le vide.
Ma rousse s'est laissée couler sur le velours, les yeux dans les choux.
— À la nuit tombante, hein… Elle manque pas de toupet, la blondasse. On va aller roupiller, Fabrice. Mais demain, quand on sera dans le pays du cidre, on va leur apprendre à ces aristos ce que ça coûte de nous avoir chauffé la couenne !
Une fois que la Brûlefer eut mis les bouts par la fenêtre, nous laissant avec nos hormones en vrac et une clé USB qui brillait comme un œil de cyclope sur la table, l'atmosphère est retombée d'un cran. Mais attention, pas une retombée de soufflé raté, non, une de ces langueur d'après-match où l'on sent chaque muscle hurler son contentement.
— Bon, c'est pas le tout de s'être envoyé en l'air comme des perdreaux de l'année, a grogné Soline en se relevant péniblement, mais je pue la sueur, le stupre et le verre brisé.
La planque de Belleville, c'était pas le Ritz, mais pour un squat de luxe, ça se posait là. Deux piaules séparées avec des lits larges comme des pistes d'atterrissage et une salle de bain où la baignoire avait la taille d'un pédalo. Sans oublier la cuisine, un vrai petit temple de la gastronomie pour célibataire endurci, avec des fourneaux qui ne demandaient qu'à chauffer.
On a commencé par la douche. Une douche collective, évidemment, parce qu'on n'allait pas gâcher de la flotte et que j'avais encore quelques recoins de Soline et d'Inaya à inspecter de près pour vérifier qu'elles n'avaient pas de bleus mal placés. On s'est savonnés avec une ferveur de bigots à Lourdes, l'eau chaude nous décrassant l'âme autant que le cuir. Inaya, sous le jet, ressemblait à une statue de bronze liquide, tandis que ma rousse retrouvait ses couleurs de flamme.
Une fois rhabillés de frais, ou du moins dans des fringues qui ne sentaient pas la poudre, on a entendu un bruit de casseroles qui faisait de la musique dans la cuisine.
C'était Léonie. Elle avait troqué ses claviers contre une cuillère en bois. Et là, mon vieux, on a découvert que la gamine n'avait pas que des octets dans la tête, elle avait aussi un sacré coup de patte pour la tambouille.
— Vous asseyez pas là comme des ronds de cuir, nous a-t-elle lancé avec un aplomb qui nous a sciés. Le patron a besoin de calories, et vous aussi, sinon vous allez nous faire une syncope au premier coup de feu.
C'était Léonie. Elle avait troqué ses claviers contre une cuillère en bois. Et là, mon vieux, on a découvert que la gamine n'avait pas que des octets dans la tête, elle avait aussi un sacré coup de patte pour la tambouille.
— Vous asseyez pas là comme des ronds de cuir, nous a-t-elle lancé avec un aplomb qui nous a sciés. Le patron a besoin de calories, et vous aussi, sinon vous allez nous faire une syncope au premier coup de feu.
Elle nous a pondu un truc simple, mais qui te remettait un mort debout : des linguine au citron et à la boutargue, avec une pointe de piment oiseau pour réveiller les morts et un filet d'une huile d'olive qui devait coûter le prix d'un pneu de Jaguar. C'était raffiné, fondant, avec ce petit goût de reviens-y qui te titille les papilles et te fait oublier que la fin du monde est prévue pour demain.
On a dégusté ça en silence, le cul sur des tabourets dépareillés, avec un petit blanc de derrière les fagots que j'avais déniché au fond d'un placard et qui se laissait boire comme du petit-lait.
— Dis donc, la petite, a soufflé Soline en s'essuyant les lèvres, si jamais tu lâches l'informatique, je t'ouvre un resto. C'est de la dynamite, ton plat.
— Dis donc, la petite, a soufflé Soline en s'essuyant les lèvres, si jamais tu lâches l'informatique, je t'ouvre un resto. C'est de la dynamite, ton plat.
Léonie a rougi jusqu'aux oreilles, mais ses yeux brillaient. Elle nous regardait, sa famille d'emprunt, ses compagnons de galère, et je voyais bien qu'elle savourait ce moment autant que nous. Inaya, d'ordinaire si réservée, s'est même fendue d'un "Merci, petit génie" qui valait toutes les médailles du mérite.
On était là, au chaud, le ventre plein, la peau propre, tandis que dehors, Paris continuait de ronronner sans se douter que son salut tenait dans une clé USB dorée et l'estomac de quatre hurluberlus.
— Bon, ai-je dit en vidant mon verre, maintenant qu'on a fait le plein de super, on va jeter un œil à ce que la blonde nous a laissé sur son bitoniau. Léonie, fais chauffer la bécane. On va décortiquer le château de la Tour-sanglante avant d'aller s'y faire inviter.
— Bon, ai-je dit en vidant mon verre, maintenant qu'on a fait le plein de super, on va jeter un œil à ce que la blonde nous a laissé sur son bitoniau. Léonie, fais chauffer la bécane. On va décortiquer le château de la Tour-sanglante avant d'aller s'y faire inviter.
— Allez, ma grande, ai-je soufflé en lui posant une main paternelle sur l'épaule. Fais-nous voir le menu du réveillon chez les aristo.
Léonie a glissé la clé dorée dans le port de son ordinateur portable, un engin boosté aux stéroïdes qui pèse le poids d'une enclume et qui pourrait pirater la Maison Blanche entre deux parties de Tetris. L'écran a d'abord craché une série de lignes de code vertes qui défilaient à une vitesse de Formule 1, puis un logo est apparu : une tête de cheval stylisée enserrée dans un pentagramme de barbelés. L'emblème des haras de la Tour-Sanglante.
— C'est pas protégé par un petit mot de passe de pucelle, votre truc, a marmonné Léonie en pianotant furieusement. Y a du cryptage militaire là-dedans, du 256 bits qui vous verrouille le système plus vite qu'un douanier face à une valise de schnouf. Mais la blonde nous a laissé le passe-partout…
Soudain, l'image a basculé. Un plan 3D d'une précision diabolique a surgi sur l'écran, flottant dans le noir de la pièce comme un spectre numérique.
— Voilà le morceau, a dit Inaya en s'approchant, son regard de panthère scrutant chaque détail.
C'était pas un haras, c'était une forteresse médiévale revue par la CIA. Le bâtiment principal, une vieille bâtisse du XVIIIᵉ siècle avec des colombages et des toits d'ardoise, n'était que la partie émergée de l'iceberg. Léonie a fait pivoter le plan d'un coup de souris, révélant les entrailles de la bête.
— C'est pas protégé par un petit mot de passe de pucelle, votre truc, a marmonné Léonie en pianotant furieusement. Y a du cryptage militaire là-dedans, du 256 bits qui vous verrouille le système plus vite qu'un douanier face à une valise de schnouf. Mais la blonde nous a laissé le passe-partout…
Soudain, l'image a basculé. Un plan 3D d'une précision diabolique a surgi sur l'écran, flottant dans le noir de la pièce comme un spectre numérique.
— Voilà le morceau, a dit Inaya en s'approchant, son regard de panthère scrutant chaque détail.
C'était pas un haras, c'était une forteresse médiévale revue par la CIA. Le bâtiment principal, une vieille bâtisse du XVIIIᵉ siècle avec des colombages et des toits d'ardoise, n'était que la partie émergée de l'iceberg. Léonie a fait pivoter le plan d'un coup de souris, révélant les entrailles de la bête.
— Regardez-moi ça, ai-je grogné. Les écuries… elles sont reliées à un complexe souterrain. Trois niveaux de béton vibré, des sas de décontamination, et une usine de conditionnement.
— C'est là, a pointé Soline de son doigt encore tremblant. C'est là qu'elle prépare sa mixture. Le suc de Circé.
— C'est là, a pointé Soline de son doigt encore tremblant. C'est là qu'elle prépare sa mixture. Le suc de Circé.
Le plan détaillé affichait des zones rouges clignotantes : les senseurs. Des détecteurs de mouvement, des caméras thermiques, et des capteurs de pression dans le sol. Même un chat de gouttière ne pourrait pas traverser la pelouse sans déclencher l'alarme et se faire transformer en steak tartare par les tourelles automatiques dissimulées dans les faux nids de cigognes.
— La Brûlefer ne nous a pas menti, a repris Léonie en ouvrant un sous-dossier nommé "PROJET CHRYSALIDE". Y a la liste du personnel de garde. Cinquante mercenaires, des types de la pire espèce, des anciens des forces spéciales russes et des mercenaires sud-africains. Des gars qui ne connaissent pas le mot "pitié" et qui dorment avec leur flingue sous l'oreiller.
J'ai senti un froid me parcourir les vertèbres, et c'était pas à cause du courant d'air. Le tableau était sombre. On était quatre, plus la blonde mystérieuse, contre une armée privée dans un bunker imprenable.
— Et le "Cerveau" ? ai-je demandé. Il est localisé ?
— Et le "Cerveau" ? ai-je demandé. Il est localisé ?
Léonie a zoomé sur le niveau -3. Une cellule d'isolement, protégée par une porte blindée de vingt centimètres d'acier. — Il est là. Au centre du réacteur. C'est là qu'ils injectent les dernières souches du virus dans les cuves de diffusion. Si on ne les arrête pas avant demain soir, le Suc sera chargé dans des drones d'épandage masqués en avions de tourisme.
Soline a croisé les bras sur sa poitrine, son regard vert lançant des éclairs.
— On a les plans, on a les codes, mais on n'a pas de chars d'assaut. Comment on rentre là-dedans sans se faire dessouder à l'entrée ?
— Par le trou de la serrure, ma rousse, ai-je répondu en désignant une conduite de ventilation qui débouchait près des boxes des étalons. Julie nous a donné les fréquences pour brouiller les radars pendant dix minutes. Dix minutes pour traverser le parc et s'enfourner dans les boyaux de la forteresse.
— On a les plans, on a les codes, mais on n'a pas de chars d'assaut. Comment on rentre là-dedans sans se faire dessouder à l'entrée ?
— Par le trou de la serrure, ma rousse, ai-je répondu en désignant une conduite de ventilation qui débouchait près des boxes des étalons. Julie nous a donné les fréquences pour brouiller les radars pendant dix minutes. Dix minutes pour traverser le parc et s'enfourner dans les boyaux de la forteresse.
On est restés là, des heures durant, à décortiquer chaque couloir, chaque recoin, chaque angle mort. On apprenait par cœur la géographie de notre futur tombeau ou de notre gloire éternelle. Inaya vérifiait les portées de tir, Soline mémorisait les codes de sécurité, et Léonie préparait ses virus informatiques pour paralyser les tourelles.
Vers trois heures du matin, la fatigue a fini par nous cueillir. Les yeux nous brûlaient comme si on y avait frotté du piment.
— Bon, ça suffit pour ce soir, ai-je tranché. On connaît le terrain. Maintenant, tout le monde au pieu. Je veux que vous dormiez comme des loirs. Demain, on joue la gagne, et je n'accepterai aucune bavure.
— Bon, ça suffit pour ce soir, ai-je tranché. On connaît le terrain. Maintenant, tout le monde au pieu. Je veux que vous dormiez comme des loirs. Demain, on joue la gagne, et je n'accepterai aucune bavure.
Soline m'a regardé, une lueur de défi encore présente dans ses prunelles.
— Tu crois vraiment qu'on va pouvoir fermer l'œil, Fabrice ? Après ce qu'on vient de voir ?
— On n'a pas le choix, ma belle. C'est le sommeil ou le cercueil.
— Tu crois vraiment qu'on va pouvoir fermer l'œil, Fabrice ? Après ce qu'on vient de voir ?
— On n'a pas le choix, ma belle. C'est le sommeil ou le cercueil.
On s'est traînés vers les chambres. Inaya et Léonie ont pris la première, s'effondrant sur les matelas sans même se déshabiller. Soline et moi, on a pris la seconde. On s'est glissés sous les draps frais, nos corps se cherchant encore une fois, non pas pour la luxure, mais pour se rassurer, pour sentir la chaleur de la vie avant de plonger dans l'ombre du lendemain.
— Je la déteste, ta blonde, a murmuré Soline dans mon cou avant de sombrer. Mais si sa clé nous sauve la vie, je lui paierai peut-être un verre… ou une autre séance de massage.
— Je la déteste, ta blonde, a murmuré Soline dans mon cou avant de sombrer. Mais si sa clé nous sauve la vie, je lui paierai peut-être un verre… ou une autre séance de massage.
Ah, le petit vertige de la jalousie ! Tu l'as senti, n'est-ce pas, mon vieux pote ? Ce n'est pas un simple courant d'air qui vient de nous bousculer les certitudes, c'est un séisme de force huit sur l'échelle de l'amour-propre. Ce frisson-là, il ne vient pas de la verrière qui s'est pris un éclat, mais du regard émeraude de la petite Julie qui s'est planté dans le mien comme un harpon dans le lard d'une baleine.
Ma Soline, d'ordinaire si sûre de son charme incendiaire et de son calibre de précision, vient de se manger une rivale qui ne boxe pas dans la catégorie des dactylos à lunettes ou des secrétaires de direction qui sentent l'eau de Cologne et la frustration. Non, là, c'est du lourd, du calibre 50 en guêpière. Elle l'a mauvaise, ma rousse. Elle a la mâchoire en vrac à cause de l'autre aristo de La Tour-Sanglante, mais elle a l'orgueil en lambeaux à cause de cette poupée de cuir, fraîche comme un gardon sorti du vivier et souple comme une liane de la jungle amazonienne. Voir débarquer cette Julie, avec sa morgue de blonde et son assurance de tueuse d'élite, ça lui a fait l'effet d'une giclée de vitriol sur une plaie à vif.
Parce que la jalousie, mon pote, faut que je t'explique : c'est le cancer de l'âme, le ver solitaire dans le fruit de la passion qui te bouffe le bonheur par les deux bouts. C'est ce petit démon vicelard, planqué derrière ton lobe d'oreille, qui te susurre que l'herbe est forcément plus grasse ailleurs, surtout quand l'herbe a les yeux d'une pierre précieuse et un fessier qui défie les lois de la gravité universelle.
Ça commence par un silence un peu trop épais, une moue qui se crispe comme un élastique trop tendu, et ça finit en scène de ménage apocalyptique au-dessus d'une caisse de munitions de 9 mm. C'est un poison plus lent que le suc de Circé, mais autrement plus mortel pour l'harmonie des ménages. Ça te grignote la confiance jusqu'à l'os, ça transforme un compliment sincère en insulte diplomatique et un simple regard en déclaration de guerre mondiale.
Ma Soline, d'ordinaire si sûre de son charme incendiaire et de son calibre de précision, vient de se manger une rivale qui ne boxe pas dans la catégorie des dactylos à lunettes ou des secrétaires de direction qui sentent l'eau de Cologne et la frustration. Non, là, c'est du lourd, du calibre 50 en guêpière. Elle l'a mauvaise, ma rousse. Elle a la mâchoire en vrac à cause de l'autre aristo de La Tour-Sanglante, mais elle a l'orgueil en lambeaux à cause de cette poupée de cuir, fraîche comme un gardon sorti du vivier et souple comme une liane de la jungle amazonienne. Voir débarquer cette Julie, avec sa morgue de blonde et son assurance de tueuse d'élite, ça lui a fait l'effet d'une giclée de vitriol sur une plaie à vif.
Parce que la jalousie, mon pote, faut que je t'explique : c'est le cancer de l'âme, le ver solitaire dans le fruit de la passion qui te bouffe le bonheur par les deux bouts. C'est ce petit démon vicelard, planqué derrière ton lobe d'oreille, qui te susurre que l'herbe est forcément plus grasse ailleurs, surtout quand l'herbe a les yeux d'une pierre précieuse et un fessier qui défie les lois de la gravité universelle.
Ça commence par un silence un peu trop épais, une moue qui se crispe comme un élastique trop tendu, et ça finit en scène de ménage apocalyptique au-dessus d'une caisse de munitions de 9 mm. C'est un poison plus lent que le suc de Circé, mais autrement plus mortel pour l'harmonie des ménages. Ça te grignote la confiance jusqu'à l'os, ça transforme un compliment sincère en insulte diplomatique et un simple regard en déclaration de guerre mondiale.
Soline est en train de macérer dans son propre jus de rousseur, les neurones en ébullition. Et je te fiche mon billet de mille, là, tout de suite, que la prochaine fois qu'on croise la Brûlefer sur notre route, ce n'est pas contre les sbires de la Chrysalide que ma belle va dégainer son artillerie, mais contre cette blonde qui a eu l'audace d'être un peu trop "providentielle" et beaucoup trop appétissante.
Le drame, le vrai, celui qui te troue le cul, c'est que la jalousie, ça rend plus aveugle qu'une taupe un jour de brouillard. Ça t'empêche de voir que Julie, avec son trench et ses mystères, c'est peut-être notre unique planche de salut avant que le monde ne se transforme en partouze géante de monstres.
Mais va expliquer ça à une femme qui a vu une autre déesse frotter ses nibards contre son homme… Autant essayer de vendre des chauffages solaires en enfer.
Mais va expliquer ça à une femme qui a vu une autre déesse frotter ses nibards contre son homme… Autant essayer de vendre des chauffages solaires en enfer.
J'ai souri dans le noir. Paris s'éteignait doucement, indifférente aux drames du cœur et de la chair. On avait rendez-vous avec l'histoire, ou avec le diable. Et dans les deux cas, on comptait bien lui faire mordre la poussière.
A suivre...
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Commentaires ()
Je me bouche les oreilles, mais j'entends encore ta voix. Rien que de penser que je ne te reverrai jamais. Ça fait si mal.
Dans quel monde cruel vivons-nous ?
La pureté triomphe de la débauche.
L'ennemi utilise des forces oppressives.
Des forces oppressives.
Oui, va en paix, mon amour, sois auprès de Dieu.
Je sais qu'un jour je te retrouverai.
Merci, mon amour, attends-moi !
Merci, mon amour, attends-moi !
Vous jouez avec mes nerfs, vivement le grand debrief !
Le dénouement est proche, et la suite arrivera très bientôt.
Merci pour tous vos commentaires élogieux. Ils me touchent sincèrement.
Vous trouvez que c est pas déjà assez chaud là ?
😉 😀